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Tafsir Rasag : Job (chapitres 11-20)

Traduction partielle en français du Tafsir du Rabbin Saadia Gaon (Rasag) publiée sous la direction de Joseph Derenbourg (1893-1899) accompagné du texte hébraïque traduit par le Rabbinat français dir. Zadoc Kahn (1899-1906).


En noir, traduction française du texte hébraïque par le Rabbinat français. En vert, traduction française du Tafsir de R. Saadia Gaon éditée par Joseph Derenbourg.

21:1

Job reprit la parole et dit :

TR

Alors Job commença et dit :

 
21:2

Daignez écouter mes paroles : je ne vous demande pas d’autres consolations.

TR

Écoutez, écoutez mes paroles, et que cela soit votre manière de me consoler.

 
21:3

Faites-moi un peu crédit pour que je puisse parler, et quand j’aurai fini, libre à vous de me railler.

TR

Permettez-moi de vous parler et, quand j’aurai parlé, vous vous moquerez de moi, si je le mérite.

 
21:4

Est-ce donc contre des hommes que mes plaintes sont dirigées ? Dès lors pourquoi ma patience ne serait-elle pas à bout ?

TR

Est-ce que ma plainte s’adresse à un autre homme qui soit avec moi ? Pourquoi ma patience ne serait-elle pas à bout ?

 
21:5

Tournez-vous vers moi et soyez stupéfaits, et posez la main sur la bouche.

TR

Tournez-vous vers moi et soyez stupéfaits ; mettez la main sur votre bouche.

 
21:6

Moi-même, en évoquant mes souvenirs, je suis consterné, et un frisson d’horreur s’empare de mon corps.

TR

Et avec cela, quand je me rappelle une chose, je m’en effraie, et un tremblement saisit mon corps.

 
21:7

Pourquoi les méchants demeurent-ils en vie ? Pourquoi vont-ils progressant et croissant en puissance ?

TR

Pourquoi les méchants vivent-ils, deviennent-ils gros et gras et leur richesse augmente-t-elle ?

 
21:8

Leur postérité est fortement établie devant eux, avec eux : leurs descendants sont là sous leurs yeux.

TR

Leur race subsiste devant eux, en même temps qu’eux, et leurs rejetons restent sous leurs yeux.

 
21:9

Leurs maisons sont en paix, à l’abri de toute crainte ; la verge de Dieu ne les atteint pas.

TR

Leurs maisons sont à l’abri de la crainte, et la verge de Dieu ne leur inflige pas de maladies.

 
21:10

Leurs taureaux s’accouplent et ne sont pas stériles ; leurs génisses mettent bas et ne perdent pas leurs petits.

TR

Leur taureau dans la saillie ne glisse pas, leur vache n’avorte pas en vêlant.

 
21:11

Ils envoient dehors leurs jeunes garçons comme un troupeau de brebis, et leurs enfants se livrent à leurs ébats.

TR

Ils laissent aller leurs garçons comme les troupeaux, et bondir leurs enfants.

 
21:12

Ils entonnent des chants en s’accompagnant du tambourin et du luth, et ils s’égaient aux sons de la flûte.

TR

Ils portent le tambourin et le luth et se réjouissent au son de la flûte.

 
21:13

Ils consument leurs jours dans le bonheur et, en un instant, ils descendent au Cheol.

TR

Ils passent leurs jours dans une vie de plaisirs, en un clin d’œil ils descendent dans la tombe sans maladie.

 
21:14

Et pourtant ils disent à Dieu : « Laisse-nous, nous n’avons nulle envie de connaître tes voies.

TR

Pourtant ils ont dit au Tout-Puissant : Laisse-nous ! nous ne voulons pas connaître tes voies,

 
21:15

Qu’est-ce que le Tout-Puissant, que nous le servions ? Quel profit aurons-nous à lui adresser des prières ? »

TR

Qu’est-ce que Celui qui se suffit, pour que nous le servions ? Quel profit aurons-nous en nous adressant à lui ?

 
21:16

Assurément, ce n’est pas à leurs mains28 qu’ils sont redevables de leur bien-être. (Puisse toutefois le conseil des méchants être loin de moi !)

TR

Et voici que les justes n’ont pas leur bonheur entre leurs mains et son décret contre les méchants est éloigné d’eux.

 
21:17

Arrive-t-il souvent que la lampe des impies s’éteigne, que le malheur fonde sur eux et que [Dieu] leur assigne dans sa colère le sort qu’ils méritent ?

TR

Car ils disent : Quand s’éteindra la lampe des méchants ? Quand la ruine les atteindra-t-elle et recevront-ils une part de la colère divine, ainsi qu’on répartit les lots ?

 
21:18

Arrive-t-il souvent qu’ils soient comme la paille emportée par le vent, comme le chaume qu’enlève la tempête ?

TR

Quand deviendront-ils semblables à la paille chassée par le vent, au chaume emporté par le tourbillon ?

 
21:19

Dieu dira-t-on réserve à ses enfants le châtiment de ses crimes : — mais qu’il l’inflige donc à lui-même, pour qu’il s’en ressente !

TR

Dieu réserve-t-il aux enfants du méchant sa vengeance ? C’est lui que Dieu doit punir pour qu’il sache,

 
21:20

Que ses propres yeux soient témoins de sa chute et qu’il s’abreuve de la colère de Dieu !

TR

pour que ses yeux voient sa ruine et qu’il boive la colère de Celui qui se suffit.

 
21:21

Car quel intérêt peut-il porter à sa maison, quand il ne sera plus, puisque le nombre de ses années est fixé d’avance ?

TR

Mais que peut-il désirer pour sa maison après lui, alors que le nombre de ses mois lui a été dévolu ?

 
21:22

Est-ce à Dieu qu’on enseignera ce qui est raisonnable, à lui qui juge avec une autorité souveraine29 ?

TR

L’homme enseignera-t-il la science à Dieu qui décide d’en haut ?

 
21:23

Celui-ci meurt au fort de sa vigueur, en pleine quiétude, en pleine paix,

TR

Qu’un tel meure dans la force de sa santé après avoir passé toute sa vie en parfaite tranquillité,

 
21:24

alors que ses récipients débordent de lait, et que la moelle de ses os est abondamment pourvue.

TR

ses baquets étant remplis de lait, et ses membres trempés de moelle ;

 
21:25

Celui-là meurt, l’âme rassasiée d’amertume, sans avoir goûté le bonheur.

TR

et que tel autre meure dans l’amertume de son âme, et sans avoir goûté aucun bien ;

 
21:26

Et tous deux sont couchés dans la poussière et deviennent également la proie de la pourriture.

TR

tous deux sont couchés ensemble dans la poussière, et la pourriture les couvre tous deux.

 
21:27

Eh quoi ! Je connais vos intentions et les arrière-pensées que vous nourrissez injustement contre moi,

TR

H semble que je connaisse vos pensées et les opinions par lesquelles vous m’accablez,

 
21:28

quand vous dites : « Où est la maison de l’homme important30 ? Où, la tente habitée par les méchants ? »

TR

à savoir que vous dites : Où est la maison de l’homme généreux et où sont les demeures des méchants ? Tu les as rendues égales entre elles.

 
21:29

Eh bien ! Interrogez ceux qui parcourent le monde et ne méconnaissez pas les preuves qu’ils apportent :

TR

N’avez-vous pas interrogé ceux qui passent sur la route et n’avez-vous pas reconnu comme vraies leurs indications ?

 
21:30

c’est qu’au jour du désastre le méchant est épargné ; au jour des violentes colères, il est tiré du danger.

TR

Certes, jusqu’au jour de la ruine le méchant est épargné, et on le pourvoit jusqu’au jour de la résurrection.

 
21:31

Qui lui jettera sa conduite à la face ? Et ce qu’il a fait, qui le lui paiera ?

TR

Maintenant, qui lui exposera en face sa conduite, qui le rétribuera pour ce qu’il a fait ?

 
21:32

On le porte en pompe au lieu de sépulture, et on veille sur son mausolée.

TR

Car lui, il est amené, pourvu de tout, vers les tombeaux et l’on veille sur leurs mausolées,

 
21:33

Légères lui sont les glèbes de la vallée ; tout le monde se traîne à sa suite ; comme il a été précédé d’une innombrable multitude.

TR

comme si les mottes de la vallée lui étaient douces ; tout le monde est entraîné après lui et ceux qui l’ont précédé sont innombrables.

 
21:34

Comment donc m’offrirez-vous de vaines consolations ? De toutes vos répliques il ne demeure qu’une criarde injustice.

TR

Comment donc m’offrez-vous des consolations vaines, quand vos réponses sont parentes de la mauvaise foi.

 
 

Chapitre 22

22:1

Eliphaz prit la parole et dit :

TR

Alors Eliphaz le Témanite prit la parole, et dit :

 
22:2

Est-ce à Dieu que l’homme rend service ? C’est lui-même que sert le sage.

TR

Est-ce que l’homme peut se tenir en face du Tout-Puissant pour qu’un (juge) intelligent se dresse devant tous deux ?

 
22:3

Qu’importe au Tout-Puissant que tu sois juste ? Quel profit pour lui, si tu mènes une, conduite sans reproche ?

TR

Celui qui se suffit désire-t-il que tu sois juste, ou a-t-il intérêt à ce que tu perfectionnes ta conduite ?

 
22:4

Serait-ce en raison de ta piété qu’il te châtie et entre en jugement avec toi ?

TR

Est-ce qu’il te réprimandera pour ta piété ou te citera pour elle en justice ?

 
22:5

Certes, il faut que ta perversité soit grande et innombrables tes méfaits.

TR

Certes ta méchanceté était grande et tes méfaits étaient innombrables,

 
22:6

Car, sans motif, tu confisquais le bien de tes frères et dépouillais les gens de leurs vêtements jusqu’à les mettre à nu.

TR

Par exemple, tu demandais sans raison un gage à ton frère et tu dépouillais de leurs vêtements les gens en sorte qu’ils restaient nus.

 
22:7

Tu ne donnais pas d’eau à boire à l’homme altéré, à l’affamé tu refusais du pain.

TR

Tu ne donnais point à boire à l’homme épuisé ; à l’affamé tu refusais la nourriture.

 
22:8

L’homme à poigne serait-il seul maître de la terre ? Celui qui a du crédit aurait-il seul le droit de l’occuper ?

TR

À l’homme au bras puissant tu abandonnais la terre, et tu y soutenais par injustice l’homme considérable.

 
22:9

Les veuves, tu les congédiais les mains vides, et les bras des orphelins étaient brisés [par toi].

TR

Jadis tu renvoyais les veuves les mains vides, et tu rendais plus faibles les bras des orphelins.

 
22:10

C’est pourquoi tu es environné de pièges et assiégé de terreurs subites.

TR

Voilà pourquoi les pièges t’entourent, et des terreurs subites t’épouvantent.

 
22:11

Ou bien ce sont des ténèbres qui masquent ta vue, un déluge d’eaux qui te recouvre.

TR

Ou bien tu seras dans l’obscurité sans rien voir, ou bien l’averse d’eau te couvrira.

 
22:12

Dieu [, dans ta pensée,] n’est-il pas relégué dans les hauteurs célestes ? Tu es frappé de l’éloignement des étoiles qui sont à une si grande distance !

TR

Dieu n’est-il pas dans les hauteurs du ciel ? Regarde la situation des astres, combien elle est élevée !

 
22:13

Et tu dis : « Qu’est-ce que Dieu peut savoir ? Exerce-t-il sa justice à travers la brume épaisse ?

TR

Comment donc peux-tu dire : Que saura le Tout-Puissant ? Comment t’étonnes-tu qu’il juge à travers les ténèbres,

 
22:14

Les nuages lui forment une retraite mystérieuse, l’empêchant de voir, et il ne fait que parcourir la circonférence des cieux ! »

TR

parce que les nuées le couvrent et qu’il ne voit pas, et que le rideau du ciel se meut au-dessous de lui ?

 
22:15

Prétends-tu donc suivre l’antique route que foulaient les hommes d’iniquité,

TR

Gardes-tu les opinions des partisans de l’éternité (du monde), qu’ont suivies les hommes d’iniquité ?

 
22:16

qui étaient emportés avant le temps, et dont les fondements ressemblaient à un torrent qui s’écoule,

TR

Ils furent emportés avant le temps, et leurs fondements s’écoulèrent comme le torrent.

 
22:17

qui disaient à Dieu : « Laisse-nous ! » Car que pouvait bien faire contre eux le Tout-Puissant ?

TR

Ils disaient au Tout-Puissant : Laisse-nous ! et dédaignaient les bienfaits de Celui qui se suffit.

 
22:18

C’est pourtant lui qui avait rempli leurs maisons de bien-être ! (Puisse le conseil des méchants être loin de moi !)

TR

C’est cependant lui qui avait rempli leurs maisons de biens et, leur accordant un répit, avait éloigné d’eux le décret lancé contre les méchants.

 
22:19

Les justes ont été témoins [de leur ruine] et s’en sont réjouis ; l’homme honnête s’est raillé d’eux :

TR

Les justes les verront et se réjouiront et l’innocent se moquera d’eux,

 
22:20

« Eh bien, disaient-ils, nos adversaires sont anéantis, le feu a dévoré leurs biens ! »

TR

à moins que leurs personnes n’aient disparu, et que le feu n’ait consumé leur postérité.

 
22:21

Ah ! De grâce, réconcilie-toi avec Dieu, et tu vivras en paix ; par là le bonheur renaîtra pour toi.

TR

Donc, appuie-toi sur Dieu, et tu seras sauvé, par là te viendra le bonheur.

 
22:22

Accueille donc l’enseignement émanant de sa bouche, et dépose ses paroles en ton cœur.

TR

Accepte les prescriptions qu’il te fait, et place ses paroles dans ton cœur.

 
22:23

Reviens au Tout-Puissant et tu seras restauré, éloigne l’injustice de ta tente.

TR

Si tu reviens à Celui qui se suffit, tu seras rétabli, en éloignant l’iniquité de ta demeure.

 
22:24

Jette à la poussière ton métal précieux, et aux cailloux des torrents ton or d’Ophir !

TR

Mets au niveau du sol la forteresse, et compte comme les cailloux des torrents l’or d’Ophir.

 
22:25

Et le Tout-Puissant sera pour toi un amas de trésors, un monceau d’argent.

TR

Par contre, que Celui qui se suffit soit ta forteresse et ta fortune visible ;

 
22:26

Car alors tu trouveras tes délices dans le Tout-Puissant, et tu pourras relever ton front vers Dieu.

TR

car alors tu te délecteras en lui et tu lèveras ta face vers lui pour l’implorer.

 
22:27

Tu l’invoqueras et il t’entendra, et tu t’acquitteras de tes vœux.

TR

Tu l’imploreras et il t’exaucera, et tu t’acquitteras de tes vœux.

 
22:28

Tu formeras des projets et ils s’accompliront en ta faveur, la lumière brillera sur tes routes.

TR

Tu décideras une chose, et elle te réussira ; sur tes chemins brillera la lumière.

 
22:29

On voudra t’abaisser, mais tu diras : « Debout ! » Car Dieu vient en aide à qui baisse humblement les yeux.

TR

Et tu sauras que (tes amis) se sont abaissés devant toi, eux dont tu as dit : Voici de l’orgueil ! (Dieu) secourt celui qui a les yeux baissés,

 
22:30

Il sauvera même celui qui n’est pas sans faute ; oui, celui-ci sera sauvé par la pureté de tes mains.

TR

et il sauve l’innocent ; toi de même, tu seras sauvé par la pureté de tes mains.

 
 

Chapitre 23

23:1

Job reprit la parole et dit :

TR

Alors Job prit la parole et dit :

 
23:2

Aujourd’hui encore ma plainte est traitée de révolte ; [pourtant] ma main se fatigue à comprimer mes soupirs.

TR

Aujourd’hui aussi ma plainte est en révolte et le coup qui me frappe s’est aggravé avec mon gémissement.

 
23:3

Que ne m’est-il donné de savoir où le trouver ! Je voudrais pénétrer jusqu’à son siège.

TR

Si seulement je pouvais trouver celui que je connais et arriver à son séjour !

 
23:4

J’exposerais ma cause devant lui, ayant la bouche pleine d’arguments.

TR

Alors j’exposerais devant lui ma cause et je remplirais ma bouche d’arguments,

 
23:5

Je connaîtrais les réponses qu’il m’opposerait et me rendrais compte de ce qu’il me dirait.

TR

en sorte que je susse quelle sera sa réponse, et que je comprisse ce qu’il me dira.

 
23:6

Jetterait-il le poids de sa force dans sa discussion avec moi ? Non, mais il me prêterait quelque attention.

TR

Est-ce par la grandeur de sa force qu’il lutte avec moi ? Ce n’est pas lui seul qui s’acharne contre moi.

 
23:7

C’est un homme droit qui se trouverait alors en face de lui, et pour toujours je serais quitte envers mon juge.

TR

Là, je me poserais devant lui en homme juste, de manière à échapper pour toujours à mon adversaire.

 
23:8

Mais quoi ! Je me dirige vers l’Orient : il n’y est pas ! — vers l’Occident, je ne le remarque point !

TR

Mais voici que je vais à l’orient et il n’y est point, à l’occident et je ne l’aperçois pas ;

 
23:9

Exerce-t-il son action au Nord ? Je ne le vois pas ; se retire-t-il au Sud ? Je ne l’aperçois pas.

TR

s’il occupe le nord, je ne le vois pas, et s’il se tourne vers le sud, je ne le découvre pas ;

 
23:10

Car il connaît la conduite que je mène : s’il me jetait au creuset, j’en sortirais pur comme l’or.

TR

car il sait que la voie de la justice est de mon côté, et que de l’épreuve qu’il m’a fait subir, je suis sorti pur comme l’or.

 
23:11

Mon pied s’est attaché fidèlement à ses traces ; j’ai suivi ses voies sans dévier.

TR

Mon pied s’est attaché au pas de son prophète ; je me suis maintenu dans sa voie sans dévier.

 
23:12

Des préceptes de ses lèvres je ne me suis pas écarté ; plus qu’à mes propres inspirations, j’ai obéi aux paroles de sa bouche.

TR

Je ne me suis point écarté de l’ordre qu’il a donné ; plus que de mes propres desseins, je me suis souvenu de ses paroles.

 
23:13

Mais lui, il demeure immuable : qui pourrait le faire changer d’avis ? Ce qui lui plaît, il l’accomplit.

TR

Lui, il est unique ; qui peut lui résister ? Ce que son âme a voulu, il le fait,

 
23:14

Assurément, il exécutera jusqu’au bout ce qu’il a décrété contre moi : il nourrit encore beaucoup de desseins semblables.

TR

et certes, il accomplira ses décisions à mon égard ; il en a pris beaucoup de semblables.

 
23:15

C’est pourquoi je me sens troublé devant sa face ; en y réfléchissant, j’ai peur de lui.

TR

C’est pourquoi je suis effrayé devant lui et, toutes les fois que je réfléchis, c’est par lui que je suis saisi de terreur.

 
23:16

Dieu a découragé mon cœur, le Tout-Puissant m’a rempli d’épouvante,

TR

Et le Tout-Puissant a amolli mon cœur, et Celui qui se suffit m’a consterné,

 
23:17

puisque [d’une part], il ne m’a pas anéanti par les ténèbres qui m’accablent, et que [d’autre part] il n’a pas voulu me mettre à l’abri de cette sombre nuit31.

TR

alors que je n’ai pas péri devant les ténèbres, et que l’obscurité n’a pas tout effacé devant moi.

 
 

Chapitre 24

24:1

Pourquoi les temps [des représailles] ne sont-ils pas réglés par le Tout-Puissant, et ses fidèles ne voient-ils pas se lever ses jours de justice ?

TR

Je dirai : Pourquoi n’a-t-on pas aperçu les heures assignées par Celui qui se suffit, et pourquoi ceux qui le connaissent n’ont-ils pas vu les jours annoncés

 
24:2

Il en est qui reculent les bornes, qui ravissent des troupeaux et les conduisent au pâturage.

TR

pour les gens qui déplacent les bornes, et font paître le troupeau qu’ils ont enlevé,

 
24:3

Ils emmènent l’âne des orphelins et saisissent comme gage le bœuf de la veuve.

TR

qui poussent devant eux l’âne des orphelins, et prennent en gage le bœuf de la veuve,

 
24:4

Ils forcent les indigents à se détourner du chemin ; les faibles dans le pays sont tous obligés de se cacher.

TR

qui détournent les pauvres de leur chemin, et obligent les faibles du pays à se cacher devant eux,

 
24:5

Voyez, tels des ânes sauvages dans le désert, [ces malheureux] se mettent en campagne pour leur besogne, recherchant quelque nourriture : la lande leur fournit du pain pour leurs enfants.

TR

comme s’ils étaient dans le désert des bêtes sauvages, sorties pour leur œuvre ‘en cherchant une proie et à qui la steppe est aussi familière que le pain aux enfants,

 
24:6

Dans les champs, ils recueillent leurs provisions ; ils ramassent quelques herbes dans la vigne du méchant.

TR

qui moissonnent dans les champs leur fourrage et s’attachent aux vergers des scélérats ?

 
24:7

Ils passent la nuit tout nus, faute de vêtements ; ils n’ont pas de couverture pour se garer du froid.

TR

Leurs victimes passent la nuit sans vêtements et sans couverture pendant le froid,

 
24:8

Ils sont trempés par les averses des montagnes ; manquant d’abri, ils s’accrochent au rocher.

TR

sont trempées par le torrent des montagnes et ont fréquenté le rocher faute d’abri.

 
24:9

On enlève l’orphelin du sein de sa mère, et on pressure le pauvre.

TR

Ceux qui sont accoutumés au pillage violentent l’orphelin, et prennent des gages aux pauvres,

 
24:10

On les réduit à circuler nus, sans vêtements à transporter des gerbes tout en souffrant la faim,

TR

qui marchent nus sans vêtements, portent leurs gerbes en restant affamés,

 
24:11

à extraire l’huile dans l’enclos de leurs exploiteurs, à fouler les pressoirs tout en étant altérés de soif.

TR

passent l’heure de midi entre leurs murs, foulent leurs pressoirs tout en souffrant de la soif.

 
24:12

De l’enceinte des villes la population fait entendre un concert de plaintes, l’âme des victimes crie vengeance, et Dieu n’a pas de flétrissure pour ces crimes !

TR

On entend constamment dans les villes les habitants gémir, et les victimes appeler au secours. Or, Dieu n’amène pas la sottise.

 
24:13

Ces bandits détestent la lumière, n’en connaissent pas les voies et n’en suivent pas les sentiers.

TR

Et ces gens sont de ceux qui, lorsque la lumière (du jour) baisse, ne semblent ni connaître les voies de Dieu, ni se reposer dans ses sentiers pour le respecter ;

 
24:14

À l’approche du jour, le meurtrier se lève, assassine le pauvre et l’indigent ; la nuit, il se comporte en voleur.

TR

mais, pendant le jour, l’assassin se lève et tue le faible et le pauvre et, pendant la nuit, il imite le voleur.

 
24:15

Les yeux de l’adultère guettent le crépuscule du soir : « Nul ne me verra », dit-il, et il se couvre le visage d’un voile.

TR

L’œil d’un autre, de l’adultère, épie le crépuscule, disant : Nul œil ne m’apercevra, et il s’arrange pour rester caché aux faces.

 
24:16

À la faveur de l’obscurité, il entre par effraction dans les maisons ; le jour, il se tient claquemuré : il ne sait ce que c’est que la lumière.

TR

Un autre, le voleur pénètre pendant l’obscurité dans des maisons qui étaient scellées dans la journée. Ces gens n’ont pas égard à la lumière

 
24:17

Pour tous ces gens, la nuit noire est un clair matin, tant ils sont familiarisés avec l’horreur des ténèbres.

TR

et, pour eux tous, le jour est considéré comme les ténèbres ; ils connaîtront tous la punition avec les ténèbres.

 
24:18

Parfois ils sont une épave légère flottant sur l’eau32, leur sort est maudit sur terre ; ils cessent de prendre le chemin des vignes33.

TR

Et combien sera-t-elle rapide ! elle semblera courir sur la surface de l’eau, lorsque leur bande sera réprouvée dans le pays, et qu’aucun chemin dans la terre habitée ne les ramènera,

 
24:19

Le sol altéré, la chaleur engloutissent les eaux de neige ; de même le Cheol — ceux qui ont prévariqué.

TR

jusqu’à ce qu’ils arrivent à un désert brûlant, où l’eau de la neige leur fera défaut. Combien seront-ils malheureux dans la tombe !

 
24:20

Ils sont vite oubliés du sein qui les porta, la vermine se repaît’ d’eux avec délices ; plus jamais il n’est fait mention d’eux : l’iniquité est brisée comme un arbre.

TR

Les plus proches parents oublieront (le méchant) et la pourriture semblera lui être douce, jamais on ne se souviendra plus de lui et son iniquité sera brisée comme le bois !

 
24:21

Ils exploitaient la femme stérile, qui n’a pas d’enfants34, et ne faisaient pas de bien à la veuve.

TR

Car il fraie avec la femme stérile qui ne peut enfanter ; il lui fait tort et ne fait pas de bien à la veuve.

 
24:22

Mais trop souvent il fait durer les tyrans par sa force : ils se redressent, alors qu’ils n’attendaient plus rien de la vie.

TR

Il lutte de force avec les nobles, il se lève sans être sûr de sa vie.

 
24:23

Il leur donne de quoi vivre en sécurité et avec une entière confiance ; ses yeux sont ouverts sur leurs voies.

TR

Certes, Celui qui lui donne la confiance, en sorte qu’il soit assuré, a les yeux ouverts sur toutes leurs voies.

 
24:24

Élevés de la sorte, en peu de temps ils disparaissent ; ils s’évanouissent, ravis par la mort, comme tout le monde, et se flétrissent comme la tête d’un épi35.

TR

Débarrassez-nous donc de vos discours ! Bientôt ceux-là disparaîtront et seront affaiblis comme les autres méchants, et, ainsi que la tête des épis, ils seront coupés.

 
24:25

N’en est-il pas ainsi ? Qui osera me démentir et réduire à néant mes paroles ?

TR

S’il n’en est pas ainsi, qui me démentira et répondra à ma parole : Ce que tu dis n’est pas ?

 
 

Chapitre 25

25:1

Bildad de Chouha prit la parole et dit :

TR

Alors Bildad le Schouhite prit la parole, et dit :

 
25:2

À lui appartiennent l’empire et la redoutable puissance ; IL établit la paix dans ses demeures sublimes.

TR

L’empire et la terreur lui appartiennent, et il fait la paix dans sa hauteur.

 
25:3

Ses milices peuvent-elles se compter ? Sur qui ne se lève pas sa lumière ?

TR

Y a-t-il un nombre à ses bataillons, et sur qui sa lumière ne se fixe-t-elle pas ?

 
25:4

Comment donc le mortel serait-il juste devant Dieu ? Comment le fils de la femme serait-il innocent ?

TR

Quelle lutte l’homme peut-il engager avec Dieu ? Comment serait-il pur, lui qui est né d’une femme ?

 
25:5

Eh quoi ! L’éclat de la lune elle-même se ternit, et les étoiles ne sont pas sans tache à ses yeux.

TR

Voici que la lune même ne brille pas, et que les étoiles ne sont pas claires en sa présence ;

 
25:6

À plus forte raison en est-il ainsi du mortel qui n’est que pourriture, du fils d’Adam qui n’est qu’un vermisseau !

TR

combien plus l’homme qui est pourriture, le fils de l’homme qui est un ver !

 
 

Chapitre 26

26:1

Job reprit la parole et dit :

TR

Alors Job prit la parole et dit :

 
26:2

Comme tu sais secourir la faiblesse, soutenir les bras défaillants !

TR

Par ma vie, tu n’as pas secouru celui qui n’a pas de force, et tu n’as pas soutenu un bras qui est sans puissance ;

 
26:3

Comme tu sais conseiller l’ignorance et répandre la science à profusion !

TR

tu n’as pas conseillé celui qui manque de sagesse, et tu ne lui as pas enseigné la science ;

 
26:4

À l’adresse de qui as-tu débité ton discours et de qui l’inspiration a-t-elle passé par ta bouche ?

TR

tu n’as appris à personne à parler, et aucune sagesse n’est sortie de toi.

 
26:5

Les ombres des trépassés se prennent à trembler au-dessous des eaux et de leurs habitants36.

TR

Voici que les braves sont terrassés dans les îles de la mer et dans le reste du monde habité

 
26:6

Le Cheol est à nu devant lui et l’abîme n’a pas de voile.

TR

par Celui pour qui la tombe est à nu et la mort sans voile ;

 
26:7

Il étend le Septentrion sur le vide, il suspend la terre sur le néant.

TR

qui étend le ciel sur un abîme et qui suspend la terre sur le néant ;

 
26:8

Il emmagasine les eaux dans ses nuages, sans que la nuée crève sous leur poids.

TR

qui renferme les eaux dans ses nuages, sans que les nues se déchirent sous elles ;

 
26:9

Il dérobe la vue de son trône, en déroulant sur lui sa nuée.

TR

qui maintient la face du trône et y assemble sa nuée.

 
26:10

Il a tracé un cercle sur la surface des eaux, jusqu’au point où la lumière confine aux ténèbres.

TR

Il a tracé son rideau sur la surface de l’eau jusqu’à la disparition de la lumière ainsi que des ténèbres.

 
26:11

Les colonnes du ciel frémissent et s’effarent sous sa menace.

TR

Les colonnes du ciel s’ébranlent et s’étonnent à sa menace.

 
26:12

Par sa force, il dompte la mer et, par sa sagesse, il en brise l’orgueil37.

TR

Par sa puissance il a effrayé la mer, et par sa sagesse il en a affaibli l’agitation.

 
26:13

Par son souffle, le ciel s’éclaircit ; sa main transperce le serpent aux replis tortueux38.

TR

Par son ordre les cieux se sont embellis et sa main a fait trembler le Dragon circulaire.

 
26:14

Eh bien ! Ce n’est là qu’une partie de ses actes ; quel faible écho nous en avons recueilli ! Mais le tonnerre de ses exploits, qui pourrait le concevoir ?

TR

Voici quelques-uns de ses attributs. Mais qu’a-t-on entendu de ce qui le concerne et qui comprend la terreur de sa puissance ?

 
 

Chapitre 27

27:1

Job, poursuivant l’exposé de son thème, dit :

TR

Job reprit encore sa parabole et dit :

 
27:2

Par le Dieu vivant, qui a supprimé mon droit, par le Tout-Puissant qui m’a rempli d’amertume !

TR

Par la vérité du Tout-Puissant, qui m’a dénié la justice, et de Celui qui se suffit, qui a rempli mon âme d’amertume,

 
27:3

Tant que j’aurai la force de respirer, et que le souffle de Dieu sera dans mes narines,

TR

tant que mon âme restera en moi, et que le souffle de Dieu sera dans mes narines,

 
27:4

mes lèvres ne diront pas d’injustice, ma langue ne proférera pas de fausseté.

TR

mes lèvres ne proféreront point d’injustice, et ma langue ne méditera pas de ruse.

 
27:5

À Dieu ne plaise que je vous donne raison ! Jusqu’à mon dernier soupir, je ne dépouillerai point mon intégrité ;

TR

Je me garderai bien de vous innocenter, et, jusqu’à ce que j’expire, je ne cesserai pas d’être sincère dans mes paroles.

 
27:6

je m’accroche à ma vertu, sans lâcher prise ; ma conscience ne me fait honte d’aucun de mes jours.

TR

J’ai tenu ferme dans ma vertu et je ne l’affaiblirai pas, de même que de ma vie mon cœur n’a jamais chancelé.

 
27:7

Qu’il en soit de mon ennemi comme du méchant, de mon adversaire comme du malfaiteur !

TR

Comment donc mon ennemi agit-il en méchant ou mon adversaire en criminel ?

 
27:8

Car quel sera l’espoir de l’impie lorsque Dieu arrachera, ravira son âme ?

TR

Et quel est l’espoir de l’homme souillé lorsqu’il a un désir ? Dieu consolera-t-il son âme ?

 
27:9

Ses cris seront-ils entendus de Dieu, lorsque les tourments viendront l’assaillir ?

TR

Ou bien ses cris, Dieu les entendra-t-il, quand l’angoisse viendra fondre sur lui ?

 
27:10

Trouvera-t-il du réconfort dans le Tout-Puissant ? Osera-t-il l’invoquer en tout temps ?

TR

Ou bien se délectera-t-il dans Celui qui se suffit ? Ou invoquera-t-il Dieu en tout temps ?

 
27:11

Je vais vous montrer à l’œuvre la main de Dieu, et les desseins du Tout-Puissant, je ne les cacherai point.

TR

Moi, je vous montrerai la force du Tout-Puissant, et je ne vous cacherai pas Je plan de Celui qui se suffit.

 
27:12

Mais quoi ! Vous avez tous vu ce qu’il en est ! Pourquoi donc tenir de si vains discours ?

TR

Vous avez tous vu ce spectacle ; pourquoi vous laisser égarer ?

 
27:13

Voici la part que Dieu assigne à l’homme impie, l’héritage que les violents reçoivent du Tout-Puissant :

TR

Certes, telle est la part que l’homme méchant reçoit de Dieu, et l’héritage que les pervers obtiennent de Celui qui se suffit.

 
27:14

si ses enfants se multiplient, c’est pour le glaive ; ses descendants n’auront pas de quoi manger à leur faim.

TR

Si ses fils se multiplient, c’est pour le glaive ; ses rejetons ne seront pas rassasiés de nourriture.

 
27:15

Les siens qui auront survécu, la peste les enterrera, et ses veuves ne pleureront pas.

TR

Les survivants seront enterrés après avoir été assassinés, et ses veuves ne le pleureront pas, étant occupées par d’autres malheurs.

 
27:16

S’il amasse de l’argent comme la poussière, s’il entasse des vêtements comme le limon,

TR

Amasse-t-il de l’argent comme la poussière, fait-il provision de vêtements comme l’argile,

 
27:17

il pourra les entasser, mais c’est le juste qui les endossera, c’est l’homme de bien qui se partagera son argent.

TR

ce dont il a fait provision, le juste s’en revêtira, et son argent, l’homme intègre le partagera.

 
27:18

La maison qu’il s’est bâtie est comme celle de la teigne, comme la hutte construite par le guetteur.

TR

Il a bâti sa maison comme l’araignée, et il l’a construite en roseaux comme l’abri d’une cabane.

 
27:19

En pleine opulence il succombe et n’est pas enseveli39 ; il ouvre les yeux, et il n’est déjà plus.

TR

Et, s’il s’étend sur son lit étant riche, il ne sera pas enlevé avant d’avoir ouvert les yeux, et il ne l’était plus.

 
27:20

Les frayeurs l’atteignent comme une trombe d’eau ; de nuit, l’ouragan l’enlève.

TR

Le châtiment l’atteindra aussi rapidement que l’eau, comme si le tourbillon l’avait emporté pendant la nuit,

 
27:21

Le vent d’Est l’emporte et le fait disparaître ; il l’arrache violemment de sa demeure.

TR

ou bien, comme si le vent d’orient l’avait ravi à l’improviste, il disparaît, entraîné hors de sa place.

 
27:22

Dieu l’accable, sans ménagement, de ses traits : il faut qu’il s’enfuie pour échapper à ses coups.

TR

On lance contre lui (un ennemi) qui ne lui témoigne point de pitié et devant les coups duquel il fuit,

 
27:23

On bat des mains à son sujet, et on accompagne de ricanements sa disparition.

TR

qui, pour l’insulter, frappe des mains contre lui et qui, pour le menacer, le persifle de sa place.

 
 

Chapitre 28

28:1

Certes, il existe des mines pour l’argent et des gîtes pour l’or que l’on affine.

TR

Certes un lieu d’où l’on extrait l’argent et un endroit où l’on épure l’or,

 
28:2

Le fer est extrait du sol, et la roche, fondue, donne du cuivre.

TR

où le fer est pris de son terrain et où l’airain coulait de son minerai

 
28:3

[Le mineur] a posé des limites à l’obscurité ; jusqu’aux extrêmes profondeurs il va chercher le minerai caché dans les ténèbres et l’ombre de la mort.

TR

a été mis comme terme pour la pénétration des ténèbres ; de même (Dieu) scrute toute chose périssable jusqu’à l’essence de l’obscurité et du brouillard.

 
28:4

Il perce des tranchées à l’écart des habitations ; ignoré du pied des passants, il est suspendu et ballotté loin des hommes.

TR

Le fleuve a été percé à l’endroit où il doit couler, alors que, négligée par les pieds étrangers, la population était devenue faible et avait émigré.

 
28:5

La terre d’où sort le pain, ses entrailles sont bouleversées comme par le feu.

TR

La terre, dont on tirait jadis la nourriture, a été bouleversée et complètement changée ; elle est devenue semblable au feu.

 
28:6

Ses pierres sont des nids de saphirs, et là s’offre au regard la poudre d’or.

TR

Un endroit, dont les pierres étaient des saphirs et dont le sol fournissait l’or,

 
28:7

[On y arrive] par un chemin que l’oiseau de proie ne connaît pas, que l’œil du vautour ne distingue point.

TR

un sentier que l’oiseau, en quelque sorte, n’avait pas connu et que jusqu’à l’œil de l’épervier n’avait pas aperçu,

 
28:8

Les fauves altiers ne l’ont pas foulé, le lion ne l’a pas franchi.

TR

que même les petits des lions n’avaient pas foulé de leurs pieds, et vers lequel le lionceau ne s’était pas dirigé,

 
28:9

[Le mineur] porte la main sur le granit, et il remue les montagnes jusqu’à leur racine.

TR

(Dieu) a étendu la main vers ce granit, et il a renversé les montagnes de leurs racines,

 
28:10

Il perce des galeries à travers les roches, et son œil contemple les plus rares richesses.

TR

il a percé des canaux dans ces rochers, et toute chose précieuse, il l’a connue d’avance.

 
28:11

Il aveugle les voies d’eau pour empêcher les infiltrations et amène au jour ce qui était caché.

TR

Il a retenu l’écoulement des fleuves et amené à la lumière ce qui y était caché.

 
28:12

Mais la Sagesse, où la trouver ? Où est le siège de la Raison ?

TR

Une telle sagesse, où en trouve-t-on l’origine ? À quel endroit existe cette intelligence ?

 
28:13

Le mortel n’en connaît pas le prix, elle est introuvable au pays des vivants.

TR

L’homme n’en connaît pas la valeur, et on ne la rencontre pas dans la demeure des vivants.

 
28:14

L’abîme dit : « Elle n’est pas dans mon sein ! » Et la mer dit : « Elle n’est pas chez moi ! »

TR

Si l’on pouvait interroger l’abîme, il répondrait : Elle n’est pas chez moi ; de même, si la mer pouvait parler, elle dirait : Je ne la possède pas.

 
28:15

On ne peut l’acquérir pour de l’or de choix, on ne l’achète pas au poids de l’argent.

TR

On ne l’achète pas avec l’or pur, et la richesse n’égale pas son prix ;

 
28:16

L’or d’Ophir ne correspond pas à sa valeur, ni l’onyx précieux, ni le saphir.

TR

les chatons d’Ophir ne sauraient lui être comparés, ni le béryl précieux, ni le saphir ;

 
28:17

Ni or ni verre ne peuvent rivaliser avec elle ; aucun vase d’or fin ne paie son prix.

TR

il n’y a pas rivalité entre elle et l’or, à plus forte raison entre elle et le verre ; on ne l’échange point contre tous les vases de vermeil ;

 
28:18

Ni corail ni cristal n’entrent en compte ; la possession de la sagesse vaut mieux que les perles.

TR

on ne mentionne pas à côté d’elle les coraux et le brocart, et l’extension de la sagesse vaut mieux que les perles ;

 
28:19

La topaze d’Éthiopie ne l’égale point ; on ne peut la mettre en balance avec l’or pur.

TR

la topaze d’Éthiopie n’a pas sa valeur, on ne la compare pas avec l’or pur.

 
28:20

Oui, la Sagesse d’où vient-elle ? Où est le siège de la Raison ?

TR

Une telle sagesse, où en trouve-t-on l’origine ? À quel endroit existe cette intelligence ?

 
28:21

Elle se dérobe aux yeux de tout vivant, elle est inconnue à l’oiseau du ciel.

TR

Elle a été cachée aux yeux de tous les vivants, elle a été dérobée aux oiseaux du ciel.

 
28:22

L’abîme et la mort disent : « De nos oreilles nous avons entendu parler d’elle. »

TR

Les habitants du gouffre et de la mort semblent dire : De nos oreilles, nous en avons entendu parler,

 
28:23

C’est Dieu qui en sait le chemin, c’est lui qui en connaît le siège.

TR

mais c’est Dieu qui en connaît la voie, et c’est lui qui en sait l’endroit ;

 
28:24

Car ses regards portent jusqu’aux confins de la terre ; tout ce qui est sous les cieux, il le voit.

TR

car il voit jusqu’aux confins de la terre, il aperçoit tout ce qui est sous le le ciel.

 
28:25

Lorsqu’il donna au vent son équilibre et détermina la mesure des eaux,

TR

Il a fait une balance pour le vent et il a fixé une mesure pour l’eau.

 
28:26

lorsqu’il traça sa loi à la pluie et sa voie à l’éclair sonore,

TR

Il a prescrit une règle à la pluie, il a frayé un chemin aux grondements du nuage d’où sort la foudre.

 
28:27

c’est alors qu’il l’a vue et appréciée à sa valeur, c’est alors qu’il en a marqué la place et pénétré le fond,

TR

C’est alors qu’il l’a vue et qu’il l’a révélée, qu’il l’a préparée et qu’il l’a scrutée.

 
28:28

et il a dit à l’homme : « Ah ! La crainte du Seigneur, voilà la Sagesse ; éviter le mal, voilà la Raison40. »

TR

Puis il a dit aux hommes : La crainte de Dieu, voilà de la sagesse ; fuir le mal est aussi de l’intelligence.

 
 

Chapitre 29

29:1

Job, poursuivant l’exposé de son thème, dit :

TR

Job reprit encore sa parabole et dit :

 
29:2

Ah ! Que ne suis-je tel que j’étais aux temps passés, aux jours où Dieu me protégeait ;

TR

Qui me rendra tel que j’étais dans les mois anciens, comme aux jours où Dieu veillait sur moi,

 
29:3

où son flambeau brillait sur ma tête, et où sa lumière me guidait dans les ténèbres ;

TR

où il faisait briller sa lampe sur ma tête, et où, à sa lumière, je marchais dans les ténèbres ;

 
29:4

tel que j’étais aux jours de mon automne, alors que l’amitié de Dieu s’étendait sur ma demeure ;

TR

tel que j’étais aux jours de mon bonheur, lorsque la protection de Dieu planait sur ma tente ;

 
29:5

que le Tout-Puissant était encore avec moi et que j’étais entouré de mes jeunes gens

TR

quand Celui qui se suffit était encore avec moi, et que mes serviteurs m’entouraient ;

 
29:6

quand je baignais mes pieds dans la crème, et que le rocher ruisselait pour moi de flots d’huile !

TR

lorsque mes pas se baignaient pour ainsi dire dans le beurre, et que le rocher semblait faire couler pour moi des ruisseaux d’huile ?

 
29:7

Quand je me dirigeais vers la Porte, au seuil de la cité, et fixais mon siège sur la place publique,

TR

Quand je sortais vers les quartiers voisins de la voûte et que je prenais mon siège sur la place publique,

 
29:8

les jeunes, en me voyant, se cachaient ; les vieillards se levaient et se tenaient debout.

TR

à ma vue, les jeunes gens se dérobaient, les vieillards se tenaient debout ou se levaient ;

 
29:9

Les grands retenaient leurs paroles et posaient la main sur la bouche.

TR

les chefs retenaient leurs paroles et posaient leur main sur leur bouche ;

 
29:10

La voix des seigneurs expirait sur leurs lèvres, et leur langue se collait à leur palais ;

TR

la voix des chefs était éteinte et leur langue attachée à leur palais,

 
29:11

car l’oreille qui m’entendait me proclamait heureux, et l’œil qui me voyait rendait témoignage pour moi.

TR

car leurs oreilles m’écoutaient et ils me louaient ; leurs yeux me voyaient et ils rendaient témoignage en ma faveur,

 
29:12

C’est que je sauvais le pauvre, criant au secours, et l’orphelin sans soutien.

TR

parce que je sauvais tout pauvre qui me suppliait et tout orphelin sans appui ;

 
29:13

La bénédiction du désespéré allait à moi, et je mettais de la joie au cœur de la veuve.

TR

que l’appel lancé par celui qui allait périr venait à moi et que je réjouissais le cœur de la veuve ;

 
29:14

Je me revêtais d’équité comme d’une parure, mon esprit de justice était mon manteau et mon turban.

TR

que je m’habillais pour ainsi dire de l’équité devenue mon vêtement, et que la justice m’enveloppait comme un manteau ou un turban ;

 
29:15

J’étais les yeux de l’aveugle, j’étais les pieds du boiteux.

TR

qu’à l’aveugle je remplaçais les yeux et au perclus les pieds,

 
29:16

J’étais un père pour les malheureux ; la cause de l’inconnu, je l’étudiais à fond.

TR

que j’étais le père des orphelins, et que j’examinais toute cause que je ne connaissais pas.

 
29:17

Je brisais la mâchoire du malfaiteur, et j’arrachais la proie d’entre ses dents.

TR

Jadis je brisais les canines de l’injuste, et j’arrachais la proie de ses dents.

 
29:18

Et je disais : « Je finirai avec mon nid ; comme le phénix je vivrai de longs jours.

TR

Je supposais que je n’expirerais que lorsque ma demeure serait usée et que je prolongerais ma vie comme le sable,

 
29:19

Ma racine sera en contact avec l’eau, la rosée se posera, la nuit, sur mon branchage.

TR

que ma racine serait toujours ouverte à l’eau, que la rosée séjournerait éternellement dans ma plantation,

 
29:20

Ma gloire se renouvellera sans cesse, et mon arc se rajeunira dans ma main. »

TR

que mon honneur se renouvellerait avec moi et que mon arc se relayerait dans mes mains.

 
29:21

Ils m’écoutaient, pleins d’attente ; ils faisaient silence pour entendre mon avis.

TR

Le peuple m’écoutait et patientait et se taisait dans l’attente de mon conseil.

 
29:22

Quand j’avais fini de parler, ils ne répliquaient pas, et mes discours s’épandaient sur eux.

TR

Lorsque j’avais parlé, il ne répliquait pas et ma parole coulait abondamment sur lui.

 
29:23

Ils m’attendaient comme la pluie ; ils ouvraient la bouche [comme] pour l’ondée printanière.

TR

Il espérait en moi comme en la pluie, et comme s’il avait la bouche béante dans l’attente de l’averse d’automne ;

 
29:24

Je leur souriais et ils n’osaient y croire ; jamais ils n’éteignaient le rayonnement de ma face.

TR

lorsque je souriais devant eux, ils n’y croyaient pas, et n’en respectaient pas moins la lumière de ma face ;

 
29:25

Volontiers j’allais vers eux, m’asseyant à leur tête, et j’étais comme un roi dans son armée, comme quelqu’un : qui console des affligés.

TR

je choisissais parmi leurs voies celle où je pouvais me mettre en avant, je trônais comme un roi à la tête de ses troupes, et ils étaient devant moi comme devant celui qui console les affligés.

 
 

Chapitre 30

30:1

Et maintenant j’excite les moqueries de gens plus jeunes que moi, dont les pères m’inspiraient trop de mépris pour les mettre avec les chiens de mon troupeau.

TR

Et maintenant je suis la risée d’hommes plus jeunes que moi, dont je dédaignais de placer les pères avec les chiens de mon troupeau.

 
30:2

Aussi bien, à quoi m’eût servi le concours de leurs mains ? Pour eux il n’y a point de maturité.

TR

Puis je disais : À quoi m’aurait servi la force de leurs mains, puisque chez eux l’extrême vieillesse est inutile ?

 
30:3

Épuisés par les privations et la faim, ils rôdent dans le désert, lugubre région de désolation et d’horreur,

TR

Et ils sont dans le besoin, la faim et l’adversité comme s’ils s’étaient échappés d’un désert sombre, vide ou ruiné,

 
30:4

cueillant des plantes sauvages près des arbrisseaux, se nourrissant de la racine des genêts.

TR

cueillant l’herbe salée et des feuilles d’arbres, se nourrissant de racines de genêt.

 
30:5

On les chasse du milieu des hommes et on les poursuit de cris comme des voleurs.

TR

Ils sont chassés de l’intérieur des pays, on crie après eux comme après le voleur ;

 
30:6

Ils sont contraints d’habiter dans d’effrayants ravins, dans les excavations du sol et les crevasses des rochers.

TR

ils demeurent alors dans les vallées les plus effrayantes, dans les trous du sol et les rochers ;

 
30:7

Ils grognent au milieu des buissons et s’entassent sous les broussailles

TR

ils ressemblent aux animaux qui braient entre les arbres et parmi les ronces, avançant d’un pas incertain ;

 
30:8

troupe méprisable, gens sans aveu, ils se voient expulsés du pays !

TR

ils sont des insensés, puis des gens sans nom, trop misérables pour avoir un pays.

 
30:9

Et à présent, ils me chansonnent ; je suis pour eux un thème à railleries.

TR

Maintenant je suis devenu comme leur chanson et je leur suis un sujet de discours.

 
30:10

Ils me témoignent leur dégoût, ils s’écartent de moi et ne se privent pas de me cracher à la figure.

TR

Ils m’ont en horreur et s’éloignent de moi, et ils n’épargnent pas les crachats à mon visage.

 
30:11

C’est que [Dieu] a brisé les rênes [que je tenais en mains], et il m’a humilié ; ces gens ont secoué le frein que je leur imposais.

TR

Lorsque Dieu a dénoué mon lien et m’a châtié, et qu’il a retiré le frein de devant moi,

 
30:12

À ma droite se lève une jeunesse insolente, qui fait glisser mes pas et se fraie vers moi ses routes de malheur.

TR

ils se sont levés à ma droite comme des épines, et ils y ont fait entrer mes pieds ; ils ont tracé contre moi les lignes de leurs chemins de ruine.

 
30:13

Ils défoncent mon chemin, coopèrent à ma ruine, sans avoir besoin d’assistance.

TR

Ils ont mis le désordre dans mon sentier, sans que mon dommage leur profitât, leur fût utile.

 
30:14

Ils montent à l’assaut comme par une large brèche, ils se précipitent au milieu du fracas.

TR

Comme une large brèche pour l’eau, ainsi ils viennent, ils se précipitent ainsi que l’ouragan des déserts.

 
30:15

Des terreurs me poursuivent, chassant comme le vent mon honneur ; ma prospérité a passé comme un nuage.

TR

C’est ainsi que les châtiments se sont renversés sur moi, et c’est ainsi que toute ma noblesse a été chassée comme par un coup de vent, et que mon salut a passé comme un nuage.

 
30:16

Et maintenant mon âme se fond en moi, les jours de misère m’ont enserré.

TR

Et maintenant mon âme se répand en plaintes, puisque les jours de malheur m’ont saisi.

 
30:17

La nuit ronge les os de mon corps, mes nerfs ne jouissent d’aucun repos.

TR

Pendant la nuit mes os sont arrachés, et mes nerfs ne trouvent point de repos.

 
30:18

Par l’extrême violence [du choc] mon vêtement se déforme : elle m’étreint comme l’encolure d’une tunique.

TR

Par un effort suprême, j’endosse mon vêtement et il me serre de même que ma tunique.

 
30:19

[Dieu] m’a plongé dans la fange, et j’ai l’air d’être poussière et cendre.

TR

Dieu m’a lancé dans la boue, au point que je ressemble à la poussière et à la cendre.

 
30:20

Je crie vers toi, et tu ne me réponds pas ; je me tiens là, et tu me regardes fixement.

TR

Si je te demande du secours, tu ne me réponds pas et, si je reste debout et que tu me comprennes,

 
30:21

Tu es devenu inexorable pour moi, tu me combats avec toute la force de ta main.

TR

c’est comme si tu te tournais contre moi dans une colère violente, comme si tu me menaçais de la puissance de ta main,

 
30:22

Tu m’enlèves sur les ailes du vent, tu m’y fais chevaucher, et tu me fais fondre dans la tempête41.

TR

que tu me portais et me faisais monter sur le vent et me ballottais par une doctrine

 
30:23

Car je sais bien que tu me mènes à la mort, au rendez-vous de tous les vivants.

TR

telle que j’ai su que tu me ramènes à la mort, au rendez-vous de tout vivant.

 
30:24

Mais est-ce qu’on n’étend pas la main42 quand on s’effondre ? Ne crie-t-on pas au secours lorsqu’on succombe au malheur ?

TR

Et certes, ce rendez-vous est une terre inculte où personne n’étend la main pour aider, et c’est un lieu de calamité où personne ne peut secourir.

 
30:25

Moi-même n’ai-je pas pleuré sur les victimes du sort ? Mon cœur ne s’est-il point serré à la vue du malheureux ?

TR

Je jure que je pleurais sur ceux dont le sort était dur et que mon âme était émue pour le pauvre.

 
30:26

J’espérais le bien, et le mal a fondu sur moi ; j’attendais la lumière, les ténèbres sont venues.

TR

Alors que j’espérais le bien, le malheur m’est échu ; j’attendais la lumière, les ténèbres sont venues.

 
30:27

Mes entrailles bouillonnent sans relâche, les jours de misère m’ont assailli.

TR

Mes entrailles bouillonnent sans se reposer, parce que les jours de malheur m’ont atteint.

 
30:28

Je marche tout noirci et non par le fait du soleil. Je me lève dans l’assemblée et pousse des cris.

TR

J’ai marché dans une obscurité sans soleil, je me suis levé dans l’assemblée pour demander du secours.

 
30:29

Je suis devenu le frère des chacals, le compagnon des autruches.

TR

Comme si j’étais devenu un frère de la vipère et un compagnon de l’autruche,

 
30:30

Ma peau, toute noircie, se détache de moi, et mes os sont brûlés par le feu de la fièvre.

TR

ma peau s’est noircie par dessus ma chair, et mes os se sont cariés par suite du vent brûlant.

 
30:31

Et ainsi ma harpe s’est changée en instrument de deuil, et ma flûte émet des sanglots.

TR

Ma guitare s’est changée en deuil, et à la place de mon luth on a entendu des sons de pleurs.

 

Notes de la traduction française du Rabbinat :

28Mais bien à Dieu.

29 רמים .Exégèse de Raschi.

30 נדיב ; d’après Ibn-Ezra.

31Nous suivons pour ce difficile verset l’exégèse de Raschi.

32Concession apparente de Job.

33Image de la vie joyeuse.

34Pour la défendre.

35Ils meurent comme tout le monde, mais avec une soudaineté qui leur épargne les souffrances. — La fin de ce chapitre manque un peu de clarté, et la suite des idées laisse à désirer.

36Job, à son tour, décrit la puissance de Dieu.

37Voir ci-dessus, IX, 13.

38Voir Isaïe, XXVII, 1, où ces mots désignent l’Égypte, assimilée au crocodile.

39 לא יֵאָסֵף ; sens douteux.

40Comparer la description de la Sagesse dans les Proverbes, VIII, 22-31.

41D’après le Kethib תשוה = תשואה ; d’après le Keri תֻּשִּׁיָה le sens pourrait être : « jusque dans la substance de mon être. »

42Vers un sauveur. — Ce verset est peu clair.

Tafsir Rasag : Version arabe du livre de Job dans : Œuvres complètes de R. Saadia ben Iosef al-Fayyoûmî, publication commencée sous la direction de Joseph Derenbourg continuée sous la direction de MM. Hartwig Derenbourg et Mayer Lambert. Volume Cinquième. Paris : E. Leroux, 1899. [Version numérisée : archive.org].

Traduction du texte hébraïque : La Bible – traduite du texte original par les membres du Rabbinat français sous la direction de M. Zadoc Kahn Grand Rabbin. Tome II : Derniers Prophètes – Hagiographes. Paris (Durlacher), 1906. [Version numérisée : National Library of Israel].

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