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Yoré Déa | יורה דעה

Des pratiques idolâtres | הלכות חקות העובדי כוכבים

Traduction R. Abel Neviasky (1911)


Dans la section des notes de fin de traité, les notes en chiffres correspondent à des notes traduites du texte hébraïque. Les notes introduites par une lettre correspondent à des notes rédigées par les traducteurs de ce traité en français.

Siman 178. De la défense de se vêtir à la mode païenne.

(Ce paragraphe contient 3 articles.)

ARTICLE 1er. — Il est interdit de suivre les coutumes des païens. (Glose : on ne doit pas ressembler aux païens.) Il ne faut pas se vêtir d’un habit dont le modèle est particulièrement usité chez les païens. On ne doit pas laisser pousser ses cheveux à la manière païenne. Il est interdit de raser ses cheveux sur le pourtour du bas de la tête et de les laisser pousser au milieu. Il est interdit de raser les cheveux autour des oreilles. Il est interdit de bâtir des châteaux pouvant recevoir de nombreux hôtes comme le font les païens. Glose : Il faut bien se distinguer des païens dans l’habillement et dans toutes les pratiques extérieures. Cet éloignement doit exister, soit que les païens veuillent se distinguer des autres par forfanterie, par exemple s’habiller de pourpre, vêtement des rois, soit qu’ils s’habillent conformément aux coutumes et mœurs de leurs ancêtres. Mais si ces païens ont une cause pour se vêtir d’une manière spéciale, par exemple si un médecin a un costume particulier pour se faire reconnaître, les Israélites peuvent adopter ce costume. De même, on peut imiter les païens, en ce qu’ils s’habillent d’une manière recherchée pour se montrer aux autres. Quand un roi meurt, on peut brûler ses vêtements de parade ; ce n’est pas là un usage païen.

ART. 2. — Les Israélites de l’entourage d’un monarque peuvent s’habiller comme les païens, et leur ressembler ainsi (a)1.

ART. 3. — Celui qui a mangé et laissé des miettes sur la table, ne doit pas apporter un pain entier et le laisser sur cette table. Glose : Il y a des endroits où il est d’usage, lorsqu’on circoncit un enfant, de dresser la table dès la veille de la circoncision, d’y placer certains mets pour le lendemain ; cela est interdit parce qu’on dresse alors la table dans une idée superstitieuse ; mais d’aucuns disent qu’il est permis de préparer le lit sur lequel se fera l’opération, avec l’idée de porter bonheur à l’enfant (b)2.


1(a) L’interdiction de suivre les coutumes païennes ou de participer aux cérémonies païennes est biblique, car on lit dans le Lévitique, XVI 11,3 : ובחקתיהם לא תלכו « et vous ne suivrez pas leurs usages ». Mais ici il s’agit d’Israélites sur lesquels pèsent des responsabilités gouvernementales ; ces Israélites sont autorisés à s’habiller comme les païens, afin de pouvoir accomplir parfaitement les devoirs de leurs charges ; le respect pour le gouvernement établi est, en effet, une règle essentielle dans le Talmud, même quand il s’agit d’un gouvernement païen.

2(b) C’était une coutume païenne de dresser la table, après le repas du soir, en l’honneur des faux dieux. Le mot « god » de notre texte, se trouve dans la Genèse, XXXII, dans la bouche de Léa, ותאמר לאה בגד (où le mot « bogod » est composé des deux mots bô god : בא גד). Léa dit « le bonheur est arrivé ». Les païens croyaient que « le bonheur » était accordé par un astre qui réglait d’avance la destinée de l’enfant ; et cela est rigoureusement interdit pour les Israélites, car le Talmud dit : אין מזל לישראל « l’Israélite ne doit pas croire à la destinée » ; le mot מזל dont les Israélites se servent dans le langage courant, avec le sens de « bonheur » ou « bonne chance » doit se comprendre dans le même sens que « l’occasion » dont parle le roi Salomon dans l’Ecclésiaste, quand il dit, III, 19 : מקרה אחד להם « l’occasion est la même pour tous » מקרה « le hasard, la chance, l’occasion », de קרה « venir, arriver », et les gens malheureux sont ceux qui manquent la bonne occasion, soit par négligence, soit par ignorance, soit par suite d’une intrigue.

Rituel du judaïsme. Traduit pour la première fois sur l’original chaldéo-rabbinique et accompagné de notes et remarques de tous les commentateurs, par M. A. Neviasky.  Neuvième traité : Des prêts à intérêt. Paris, 1911. [Version numérisée : archive.org].

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