אגרת רב שרירא גאון

Épître de Rav Sherira Gaon

Trad. de Léo Landau (1904)

Épître de Rav Sherira Gaon

Présentation de l’édition en ligne

Sherira ben Hanina (vers 906 – vers 1006), désigné par l’acronyme Rashag (רש״ג), fut l’une des grandes figures du judaïsme babylonien. Issu, tant par son père que par sa mère, de familles prestigieuses qui avaient compté plusieurs Gueonim, il faisait remonter sa généalogie au célèbre amora Rabba bar Abouha, et au-delà jusqu’à Zorobabel et à la dynastie davidique. Après avoir exercé la charge d’Ab-beth-Din (président du tribunal), il dirigea pendant une trentaine d’années l’académie talmudique de Poumbedita, alors seul grand foyer d’étude babylonien depuis le déclin de Sora. Sous sa direction, l’académie retrouva son rayonnement et son autorité s’étendit sur l’ensemble de la diaspora, contribuant à asseoir la primauté du Talmud de Babylone.

Vers 987, Jacob ben Nissim de Kairouan adressa au Gaon, au nom de sa communauté, une série de questions sur la formation de la Loi orale : comment et quand la Mishna avait-elle été rédigée, qui en était l’auteur, quelle était l’origine de la Tosefta, des baraïtot, du Talmud, et comment comprendre la succession des Sages et leurs divergences. Ces interrogations reflétaient sans doute l’inquiétude des rabbanites face à la critique karaïte, qui voyait dans le Talmud une œuvre humaine ancrée dans l’histoire. La réponse de Sherira prit la forme d’une longue lettre, l’Iggeret (אגרת רב שרירא גאון), composée pour moitié en araméen et pour moitié en hébreu.

L’Épître se divise en deux grandes parties : la première retrace l’histoire de la littérature rabbinique — de la Mishna jusqu’au Talmud — en recourant de façon pionnière à une analyse critique des sources ; la seconde dresse une chronique des Exilarques et des Gueonim, vraisemblablement fondée sur les archives de l’académie, jusqu’à l’époque de l’auteur. Pour la période post-talmudique, ce témoignage est souvent notre unique source : sans lui, des pans entiers de l’époque gaonique nous demeureraient inconnus. À ce titre, l’Épître est considérée comme l’un des classiques de l’historiographie juive.

Le texte nous est parvenu sous deux recensions. La version dite « française » — en réalité un manuscrit damascène conservé en France —, rédigée surtout en araméen, est tenue par les spécialistes pour la plus proche de l’original ; elle considère que la Mishna fut transmise oralement par Rabbi Juda le Prince. La version « espagnole », comportant une plus forte proportion d’hébreu, affirme au contraire que la Mishna fut mise par écrit. C’est la recension française qui est présentée ici, traduite par Léo Landau.

Léo Landau était, au moment de cette publication, « professeur de langues » et « traducteur-juré près le Tribunal de 1re Instance » d’Anvers. Sa traduction, Épître historique du R. Scherira Gaon, parut chez l’imprimeur Léon Bary à Anvers en 1904. Elle s’accompagne d’un appendice très dense consacré aux aspects philologiques et historiques de la lettre du Gaon, que nous n’avons pas repris dans cette édition en ligne.

Sommaire

Introduction du traducteur Épître historique du R. Scherira Gaon. Traduite de l’hébreu moderne-araméen et commentée avec une introduction par Léo Landau, Imp. Léon Bary, Anvers, 1904. [Version numérisée : archive.org].
Épître de Rav Sherira Gaon אגרת רב שרירא גאון Trad. de Léo Landau (1904)
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