מילות הגיון
Traité de Logique
R. Moïse ben Maïmoun — Maïmonide (1138-1204)
Texte édité et traduit de l’hébreu par Moïse Ventura (1935)
Chapitre 4 — שער ד׳
כל שני משפטים נשואם ונושאם אחד בעצמו, זולת שאחד מהם מחיב והאחר שולל, הנה נקרא שני אלו המשפטים: מתנגדים. ונקרא החיוב והשלילה: התנגדות. דמיון זה אמרנו: ראובן חכם, ראובן אינו חכם, או האדם כותב, האדם אינו כותב, הנה שני אלו המשפטים נקראם: מתנגדים. וכן כל מה שדומה להם.
4:1
Deux propositions ayant le même sujet et le même prédicat, mais dont l’une est affirmative, l’autre négative, nous les appelons : opposées et nous désignons sous le nom d’opposition, le fait même à la fois de cette affirmation et de cette négation. Ex. : Ruben est sage, Ruben n’est pas sage ; l’homme a la faculté d’écrire, l’homme n’a pas la faculté d’écrire. Ces propositions ainsi que toutes celles qui leur ressemblent sont respectivement opposées.
ואולם אם היתה ההתנגדות בין שני משפטים בעלי הקפים, הנה זה יש לו שם ייחדהו. וזה כי שני המשפטים המתנגדים, אם חובר בכל אחד משניהם הקף כללי, כאמרנו: כל אדם חי, ואין אדם אחד חי, הנה שני אלו המשפטים נקראם: מתהפכים, וזאת ההתנגדות נקראה: הפך.
4:2
Lorsque les propositions opposées sont marquées de signes, leur opposition est désignée sous des noms spéciaux, à savoir :
Si les deux propositions opposées sont accompagnées du signe universel, p. ex. : tout homme est animal, nul homme n’est animal ; nous les appelons contraires[1] et l’opposition elle-même, le contraire.
ואם חובר בכל אחד משניהם הקף חלקי כאמרנו: קצת האדם כותב, קצת האדם אינו כותב, הנה נקראם: תחת המתהפכים.
4:3
Si les propositions opposées sont accompagnées du signe particulier, p. ex. : quelques hommes ont la faculté d’écrire, quelques hommes n’ont pas la faculté d’écrire, nous les appelons subcontraires[2].
ואם חובר באחד משניהם הקף כללי ובאחר הקף חלקי, הנה נקראם: משפטים סותרים. וזה הענין נקראהו: סתירה. ואלו שני מינים: המין האחד, שיהיה המשפט האחד, מחיב כללי; והאחר, שולל חלקי; כאמרנו: כל אדם חי, אין כל אדם חי, הנה אלו השנים סותרים. והמין השני, שיהיה המשפט האחד שולל כללי והאחר מחיב חלקי; כאמרנו: לא אדם אחד מעופף, קצת האדם מעופף, ושני אלו גם כן, סותרים.
4:4
Si l’une est accompagnée du signe universel ; l’autre, du signe particulier ; nous les appelons contradictoires[3]. Celles-ci se présentent sous deux formes :
1° L’une des propositions est affirmative universelle, l’autre, négative particulière ; par ex. : tout homme est animal, quelques hommes ne sont pas animaux. Ces deux propositions sont contradictoires.
2° L’une des propositions est négative universelle ; l’autre, affirmative particulière ; par ex. : nul homme n’est oiseau, quelques hommes sont oiseaux. Ces deux propositions sont également contradictoires.
ומן הידוע כי כל מה שתחיב דבר לענין מה או שללת אותו ממנו לא יחסר הדבר ההוא אשר תחיבהו או תשלול אותו מהיותו מחויב אליו, או אפשר לו, או נמנע ממנו. דמיון זה אמרנו: כל אדם חי, הנה נקרא זה המשפט: מחויב. ואם אמרנו: כל אדם מעופף, נקרא זה המשפט: נמנע, ואם אמרנו: קצת האדם כותב, נקרא זה המשפט אפשרי. ואנחנו נקרא המחויב והנמנע: הכרחיים. כי אנחנו נאמר: האדם חי בהכרח, והאדם אינו מעופף בהכרח.
4:5
Il est avéré que chaque fois que l’on affirme ou que l’on nie une chose d’une autre, ce rapport d’affirmation ou de négation doit être apodictique, possible ou enfin impossible ; p. ex. : la proposition : tout homme est animal, nous la qualifions d’apodictique ; celle-ci : tout homme est oiseau, nous la qualifions d’impossible ; celle-ci : quelques hommes ont la faculté d’écrire, nous la qualifions de possible.
Nous groupons sous le vocable nécessaire, ce qui est à la fois apodictique et ce qui est impossible. Car nous disons : l’homme est nécessairement animal et au même titre : nécessairement l’homme n’est pas oiseau[4].
וכאשר אמרנו מראובן דרך משל כהולדו: ראובן זה כותב, או ראובן זה אינו כותב, אז נקרא זה המשפט אפשרי באמת. ואולם כאשר אמרנו כן מעזרא הסופר, דרך משל, בעת מציאותו: עזרא סופר, הנה לא נקרא זה המשפט אפשרי, אבל נקראהו: משפט מוחלט או משפט נמצא; כי כל אפשר, אמנם הוא אפשר על האמת בעתיד, קורם שתצא מציאות אחד משני האפשרים; אבל אחר צאת מציאות מה שיצא, הנה הסתלק אותו האפשר כי ראובן העומד אצלנו הוא עומד ואין העמידה אז לו אפשרית, אבל ידמה הדבר המחויב בו אז.
4:6
Lorsque, en parlant de Ruben p. ex. aussitôt après sa naissance, nous disons qu’il a ou qu’il n’a pas la faculté d’écrire, nous énonçons des propositions réellement possibles. Tandis qu’une affirmation de ce genre appliquée à Ezra le Scribe à l’époque où il exerçait, ne serait pas une proposition possible ; mais plutôt absolue ou actuelle[5]. Car une proposition possible est avant tout éventuelle. Elle est possible avant que l’un des termes de la possibilité se soit réalisé ; mais après sa réalisation, la proposition qui l’énonce ne peut plus être considérée comme possible[6]. Car lorsque nous affirmons de Ruben, p. ex. pendant qu’effectivement il se lève devant nous : Ruben se lève, cela n’implique nullement une possibilité à son égard, mais plutôt quelque chose de semblable à une affirmation apodictique.
כלל השמות שעניניהם מפורשים בזה השער, שלשה עשר, והם: ההתנגדות, ההפך, הסתירה, המתנגדים, המתהפכים, הסותרים, תחת המתהפכים, המשפט המחויב, המשפט הנמנע, המשפט ההכרחי, המשפט המוחלט, המשפט הנמצא, המשפט האפשרי.
4:7
Les termes interprétés dans ce chapitre sont au nombre de treize :
L’opposition, le contraire, la contradiction, les (propositions) opposées, les contraires, les contradictoires, les subcontraires, la proposition apodictique, la proposition impossible, la proposition nécessaire, la proposition absolue, la proposition actuelle, la proposition possible.
Sources — Maïmonide. Makala Fi Sana’at Al-Mantik. מילות הגיון. Terminologie Logique. Édition critique par Moïse Ventura. Librairie Lipschutz, Paris, 1935. [Version numérisée : AIU].