אגרת יהושע אלורקי
Lettre de Joshua ha-Lorki
Trad. de B. H. (Metz, 1849)
L’auteur et la lettre
Joshua ha-Lorki (יהושע הלורקי), fils de Joseph Ibn Vives, est un médecin juif originaire de Lorca, près de Murcie. Il aurait étudié dans sa jeunesse à Alcañiz auprès de Salomon ha-Lévi, rabbin de Burgos, qui se convertit au christianisme vers 1390-1391 et devint Pablo de Santa María, futur évêque de Burgos. Après avoir lu la lettre de Pablo à Joseph Orabuena sur l’accomplissement des prophéties messianiques en Jésus, Lorki écrivit à son ancien maître pour lui exposer ses doutes et analyser les causes de sa conversion. Sous l’apparence d’un disciple humble qui demande à être instruit, la lettre passe en revue les motifs possibles de l’abjuration, puis énumère huit « doutes » tirés des prophéties messianiques et pose deux questions sur le devoir d’examiner sa propre religion. Pablo y répondit brièvement. La tradition identifie l’auteur à Jerónimo de Santa Fe. Selon cette tradition, Lorki resta juif jusqu’en 1412, se convertit alors sous l’influence du dominicain Vicente Ferrer et prit au baptême le nom de Hieronymus de Sancta Fide, avant de mener la partie chrétienne à la dispute de Tortosa (1413-1414). L’identification a pourtant été contestée. Richard Gottheil faisait valoir que sa seule preuve est une note ajoutée au manuscrit de la lettre, selon laquelle l’auteur devint ensuite chrétien, note qui pourrait être d’un copiste trompé par la ressemblance des noms. La recherche récente admet généralement l’identification, mais invite à lire la lettre comme une composition rhétorique savante plutôt que comme le témoignage direct d’une crise de foi. Voir : jewishvirtuallibrary et wikipedia.
L’édition de Metz (1849)
Le texte hébreu est publié pour la première fois dans le Sefer Divré Ḥakhamim (ספר דברי חכמים), recueil de textes médiévaux réuni par Eliezer Ashkenazi de Tunis et imprimé à Metz en 5609 (1849), avec une lettre-préface de Salomon Munk. Cette édition est le point de départ de la diffusion moderne de la lettre, reprise ensuite notamment par J. D. Eisenstein dans son Oṣar ha-Wikkuḥim (1922). Le volume contient une partie française. On y trouve la traduction annotée des Yesodot ha-Maskil de David ibn Bilia par le rabbin S. Klein de Rixheim, puis la traduction de la lettre de Lorki, signée seulement « B. H. ». Ce traducteur n’a pas pu être identifié. Les seules interventions sont la transcription en caractères carrés de l’hébreu, imprimé en écriture dite « de Rachi » dans l’édition de Metz
Sources — Texte hébreu : « נוסח כתב ששלח הרב ר׳ יהושע אלורקי ז״ל לדון שלמון הלוי », dans Eliezer Ashkenazi (éd.), Sefer Divré Ḥakhamim (ספר דברי חכמים), Metz, impr. J. Mayer Samuel, 5609 [1849], pp. מא-מו · Traduction française : « Lettre envoyée par rabbi Josué Alorki à don Salomon Halévy, dans laquelle il lui reproche d’avoir abjuré sa religion, la foi d’Israël », traduction de B. H., ibid., partie française, pp. 19-28 · Exemplaire consulté : réimpression photographique de l’édition de Metz, [Tel-Aviv], 1970 [Bibliothèque nationale d’Israël, domaine public] · Police hébraïque : Ezra SIL (SIL, OFL).