בחינות עולם — עם בקשות המ״מין

L’Examen du Monde suivi de la Prière des Memine

R. Yedayah ben Abraham Bedersi — HaPenini (v. 1270-v. 1340)

Traduction de Jacques Schwab (1864)

Chant V. De l’Âme

Chapitre 14

אַתָּה הִרְכַּבְתָּ אֱנוֹשׁ מֵרֹאשׁ. מִגְּוִיָּה שְׁפָלָה סְכָלָה שְׁכוּלָה הַצּוֹלֶלֶת הִיא בִּתְהוֹמוֹת נְקָמוֹת וּמְאֵרוֹת:

14:1

Trad. Schwab — 14:1

Seigneur, tu composas dès l’abord, le mortel,
Être participant de la terre et du ciel,
D’un corps vil et grossier, plongé dans l’ignorance
Et dans un gouffre affreux de mort et de souffrance ;


וְרוּחַ יְקָרָה יוֹדַעַת בֵּינֵינוּ מַה טוֹב אֲצוּלָה מִכָּבוֹד הָעוֹלָה הִיא לְמַעֲלָה וְהָיְתָה לִמְאוֹרוֹת:

14:2

Trad. Schwab — 14:2

Et d’un exquis esprit nous enseignant le bien,
Et dont l’honneur en nous est un reflet du tien.
Aussi lorsqu’il s’élève à sa source première,
C’est alors qu’il devient rayonnant de lumière.


יְיָ אֱלֹהָי בִּתְבוּנַת מְלֶאכֶת מַעֲרֶכֶת תַּבְנִית יְצוּרַי גָּדַלְתָּ מְאֹד נִפְלָאִים מַעֲשֶׂיךָ בְּנַפְשִׁי הַיּוֹדָעַת:

14:3

Trad. Schwab — 14:3

Dans la construction des membres de mon corps
Et dans l’arrangement de mes subtils ressorts,
Dans tout l’ensemble enfin de mon économie,
Tu déployas, Seigneur, un surprenant génie.
Mon âme intelligente est une œuvre dont l’art
Dénote ta grandeur d’une manière à part.


אַתָּה עָשִׂיתָ לָנוּ אֶת הַנֶּפֶשׁ הַזֹּאת גְּנוּבַת הֵיכְלֵי מֶלֶךְ שְׁכוּנָה בָאֳהָלִים:

14:4

Trad. Schwab — 14:4

Cette âme est ton ouvrage ; elle était habitante,
Avant d’être ici-bas, de la céleste tente ;
Mais du temple divin ravie un certain jour,
Elle vint s’établir en ce profond séjour :


עֶלְיוֹנָה בְּמוֹרַד מִתְגּוֹרֶרֶת שׁוֹשַׁנַּת הָעֲמָקִים:

14:5

Trad. Schwab — 14:5

Rose odoriférante en une humble vallée !


אַתָּה הִקְצֵיתָ לְשִׁבְתָּהּ מַצַּע קָצֵר בְּכִסְלִי חָשַׁךְ מִשְּׁחוֹר תָּאֳרוֹ:

14:6

Trad. Schwab — 14:6

C’est par tes propres soins qu’elle fut installée
Dans un gênant espace, entre les reins placé,
Et par qui du charbon le noir est surpassé.


פִּנִּיתָ הַבַּיִת הֲכִינוֹתָ כִּסֵּא לָהּ מִשְׁכַּן עֲלָטָה בְּצַלְעִי:

14:7

Trad. Schwab — 14:7

Tu préparas pour elle une demeure creuse
Dans le fond de ma côte étroite et ténébreuse ;


וַתַּעֲשֶׂה לָהּ רְגָבִים וְרָקָב מְחֻלָּקִים בַּקָּו מִסְגֶּרֶת טֹפַח סָבִיב:

14:8

Trad. Schwab — 14:8

Et tu fis son logis de pourrissant gravier,
Le tiras au cordeau, le fermas tout entier.


וַתְּכַסֶּהָ בְחֶלְאָה וְקַדְרוּת מְצֻפִּים עַל חֶרֶס וַתַּחְמְרָהּ בַּחֹמֶר וּבַזָּפֶת:

14:9

Trad. Schwab — 14:9

Tu le couvris d’argile et le noircis d’écume,
Tu l’enduisis enfin de poix et de bitume.


זֹאת כְּבוּדָה בַּת מֶלֶךְ פְּנִימָה תִּזְכּוֹר יְקַר מִשְׁפַּחְתָּהּ וּבֵית אָבִיהָ וְלֹא יָדְעָה מִי הֱבִיאָהּ הֲלוֹם:

14:10

Trad. Schwab — 14:10

Glorieuse au-dedans, l’âme, fille de Roi,
Rappelle la grandeur de sa naissance, en soi,
Ainsi que la maison de son auguste père :
Ignorant quelle main l’amena sur la terre[1].


בְּשַׁנְנָהּ רַעְיוֹנָהּ בְּעֹז חֶבְיוֹנָהּ וְשַׂגְּבָהּ מַחֲשָׁבָה בְּמַחֲצָבָהּ לֹא יַחֲרִידוּהָ הֶעֱדֵר וְכָלָה וּכְכַלָּה תַעֲדֶה כְּלִי יְקָר:

14:11

Trad. Schwab — 14:11

Loin de craindre la mort et la destruction,
Lorsqu’elle se reporte à son extraction,
Et que son origine occupe sa pensée,
Elle met ses atours comme une fiancée.


וּבְתִתָּהּ עַל לֵב כִּי שֻׁלְּחָה מִמְּנוּחָה לְאַף וְחֵמָה לַעֲבוֹד אֶת הָאֲדָמָה:

14:12

Trad. Schwab — 14:12

Mais vient-elle à songer que d’un repos si doux
Elle est tombée en proie à la haine, au courroux
D’un sol qu’elle cultive ;


וְכִי גֹּרְשָׁה מֵחֲצַר הַמַּלְכוּת לְלַקֵּט בַּשָּׂדֶה וּלְבַקֵּשׁ טַרְפָּהּ בְּזֵעַת אַפָּהּ:

14:13

Trad. Schwab — 14:13

et que du ciel bannie,
Elle traîne, en sueur, une pénible vie,
En glanant dans les champs,


לְחַבֵּק אַשְׁפָּה כּוֹכְבֵי נִשְׁפָּהּ וְלִשְׂבּוֹעַ בְּחֶרְפָּה בִּימֵי חָרְפָּהּ:

14:14

Trad. Schwab — 14:14

en baisant le pavé
Lorsque l’astre du soir déjà même est levé ;
En regorgeant d’affronts aux jours de sa jeunesse,


תִּתְעַצֵּב בְּמַעֲצֵבָה כִּי הִכְלִימָהּ אָבִיהָ תִּתְכַּס בִּצְעִיף אַלְמְנוּתָהּ וְתִתְעַלָּף:

14:15

Trad. Schwab — 14:15

Aussitôt elle éprouve une intime tristesse.
Vite elle se revêt de ses habits de deuil
Et se voile la face.


מַה זֹּאת עָשָׂה אֱלֹהִים לָהּ לְהַעְתִּיק אָהֳלָהּ מִזְּבוּלָהּ לָגוּר בֵּין נָכְרִים אֲשֶׁר לֹא יָדָעָה:

14:16

Trad. Schwab — 14:16

Ah ! c’est que son orgueil
Est trop humilié par l’auteur de son être !
Pourquoi se conduisant en arbitraire maître,
De son lieu primitif l’a-t-il fait déloger,
Pour qu’elle aille habiter un pays étranger ?


לְשַׁלַּח לַעֲזָאזֵל אַיֶּלֶת רְחוֹקִים אֲשֶׁר לֹא נִסְּתָה כַף רַגְלָהּ הַצֵּג עַל הָאָרֶץ:

14:17

Trad. Schwab — 14:17

Pourquoi relègue-t-il dans l’exil solitaire
La biche qui jamais n’a mis le pied à terre ?


אִם צוּרָהּ מְכָרָהּ וְעוֹשָׂהּ הִכְעִיסָהּ. וַיָשֶׁת עָפָר לַחְמָהּ וּרְגָבִים הִטְעִימָהּ. לְבַעֲבוּר הַרְעִימָהּ הֲלֹא תֵבוֹשׁ וְתֵאָלֵם:

14:18

Trad. Schwab — 14:18

Quoi ! c’est son créateur, son protecteur divin,
Qui l’abreuve de fiel et lui donne pour pain
Des mottes, du gravier ?


וְאָבִיהָ יָרֹק יָרַק בְּפָנֶיהָ הֲלֹא תִכָּלֵם:

14:19

Trad. Schwab — 14:19

Cruelle conjoncture
Quand un père est celui qui vous jette l’injure !
Que faire alors ? se taire et de honte gémir.


וּבֵין כֹּה וָכֹה יִהְיֶה בָּשְׁתָּהּ מְבַעִתָּהּ וְהַכָּרַת טֻמְאָתָהּ יַחֲזִיק בְּשׁוּלֶיהָ לֵאמֹר:

14:20

Trad. Schwab — 14:20

Pour elle, elle ne peut s’empêcher de frémir
En se voyant déchue, en découvrant l’ordure
Qui, comme une infamie, adhère à sa bordure.


אִם גֻּנֹּב גֻּנַּבְתִּי מִמְּקוֹם שְׁלֵמוּת וְכָבוֹד וְגַם פֹּה לֹא עָשִׂיתִי מְאוּמָה לְהַשְׁלִים חֶסְרוֹנִי הֲלֹא טוֹב לִי עוֹד אָמְנָה עִם אֲשֶׁר עֲדֶן לֹא הָיָה:

14:21

Trad. Schwab — 14:21

Mais enfin reprenant de calmes sentiments,
Elle tient ces discours sensés, attendrissants :
« Hélas ! il est trop vrai, l’on m’a fait violence
En m’expulsant du lieu si pur de ma naissance,
Cependant je serais indigne d’exister,
Ingrate envers le sol qui veut bien m’adopter,
Si je ne tâchais pas de réparer ma perte,
En domptant les défauts de la matière inerte.


בְּכָל כֹּחִי אֶעֱבוֹד אֶת אֱלֹהָי אֶעֱלֶה אֶל בֵּית אָבִי בְּתִימְרוֹת עֲשַׁן הַקְּטֹרֶת הַמּוּרָח לְאַפִּי מֵרֵיחוֹ:

14:22

Trad. Schwab — 14:22

Oui, de tout mon pouvoir je servirai mon Dieu !
Les nuages d’encens, les colonnes de feu
Que je sens émaner des hauteurs paternelles,
Pour m’élever vers lui me prêteront leurs aîles.


בְּכָל יְכָלְתִּי אֶדַּמֶּה לָעֶלְיוֹן אוֹחֲזָה בְסַנְסַנֵּי הַהַנְּהָגָה הַיּוֹרֶדֶת מִכּוֹכְבֵי רְקִיעָיו:

14:23

Trad. Schwab — 14:23

Au type du parfait, à l’idéale loi
Je vais me conformer autant qu’il est en moi,
Et saisir ces jalons que la céleste voûte
Me tend obligeamment pour me montrer la route.


יָדַעְתִּי כִּי לְמִחְיָה שְׁלָחַנִי אֱלֹהִים לְיוֹשְׁבֵי הָאָרֶץ כִּי כֻלָּם פְּגָרִים מֵתִים:

14:24

Trad. Schwab — 14:24

Eh ! je n’ignore pas dans quelle intention
Dieu m’assigne ici-bas mon habitation.


לֹא כִי כִוְּנָה הַחָכְמָה לַהֲמִיתֵנִי אֲבָל לְהַחְיוֹתָם:

14:25

Trad. Schwab — 14:25

Il est loin, je le sais, d’en vouloir à ma vie,
Et son but seulement est que je vivifie
Les êtres de la Terre ou plutôt ses objets :
Sans moi, les corps étant insensibles, muets.


אַף לֹא לְהַשְׁפִּיל כְּבוֹדִי כִּי אִם לְהַרְבּוֹת בִּיקָרָם:

14:26

Trad. Schwab — 14:26

Ils se meuvent par moi : ce qui fait leur noblesse,
Et cette mission n’a rien qui me rabaisse.


וְאִם נְשָׂאַתְנִי רוּחַ אֱלֹהִים וַיַשְׁלִיכֵנִי בְאַחַת הַגֵּאָיוֹת עוֹד יַעַטְּרֵנִי רָצוֹן אַחַר שִׁלּוּחִי כְּכֹחִי אָז כֹּחִי עַתָּה לַעֲמוֹד בְּהֵיכָלוֹ:

14:27

Trad. Schwab — 14:27

Bien plus, l’esprit sacré dont le souffle divin
Me lança dans les flancs d’un si profond ravin,
M’illumine toujours de sa grâce ineffable.
Au sein de mon exil je suis encor capable
D’établir avec lui mes rapports d’autrefois.
Assez grand est le jour par lequel je le vois.


הֵן עוֹד הַיּוֹם גָּדוֹל בְּהִשָּׁקַע הַדְרָתִי בִּיוֵן מְצוּלָה יִזַּל כַּטַּל סָבִיב מַחֲנוֹתַי כְּבוֹד אֱלֹהִים מֵאִיר עֵינֵי חֶשְׁכָּתִי:

14:28

Trad. Schwab — 14:28

Même dans le limon où je suis enfoncée,
La divine splendeur, pareille à la rosée,
De ma sombre prison perce l’obscurité,
Et se montre à mes yeux inondés de clarté.


וְאַף כִּי שָׂמוּ אֹתִי בַבּוֹר שִׁפְעַת אֲנִי רוֹאֶה שֶׁפַע שְׂבַע רָצוֹן מְמַלֵּא כָל גְּדוֹתַי יַסְפִּיק בְּרֹחַב שִׁעוּרוֹ לַעֲבוֹד מִמֶּנִּי לְזוּלָתִי מֵהַכֹּחוֹת הַשְּׁכֵנִים אֵלַי:

14:29

Trad. Schwab — 14:29

Et jusque dans la fosse où le destin m’enchaîne,
De mes faveurs la coupe est si vaste et si pleine
Que je puis aisément pourvoir à l’entretien
Des forces dont le siége est à côté du mien[2].


עַד הַרְגִּילִי גְּוִיָּתִי גַם הוּא הַקָּרוֹב אֶל בֵּיתִי בְּמִכְסַת נְפָשׁוֹת לְבִלְתִּי הִשְׁתַּמֵּשׁ בְּמֻשָּׂגֵיהֶם אוֹ לַעֲשׂוֹת כָּל מְלָאכָה כִּי אִם חָפֵץ בָּהּ הַשֵּׂכֶל לְהֵעָזֵר בְּהַצְלָחָה:

14:30

Trad. Schwab — 14:30

Il n’est pas jusqu’au corps, mon compagnon intime,
Qui voyant son néant si moi je ne l’anime,
Ne se soumette enfin à mes commandements,
Au point de n’oser plus se servir de ses sens,
Ni de rien entreprendre, à moins de l’assistance
Et du consentement de mon intelligence.


לְכֻלָּם חָלַקְתִּי מִכְּבוֹדִי אִישׁ לְפִי אָכְלוֹ וּבְנִרְדֵּי הוֹדִי הִתְבַּשְּׂמוּ וְגַם שָׂמוּ בִּכְלֵיהֶם:

14:31

Trad. Schwab — 14:31

Je fais part de ma gloire à l’organisme entier.
Et ses moteurs ont soin, pour se fortifier,
De se parfumer tous à mon foyer d’essence
Qui fournit à chacun plus que de suffisance.


וְיוֹם הִתְרַשְּׁלָם מֵהִתְאַמֵּץ לְעֶזְרָתִי כִּי יְפַתּוּם אֲהָבִים מַרְהִיבִים וּמְחוּגוֹת תַּעֲנוּגוֹת יִתְהַלְּכוּ לְהִתְעַלֵּס בְּעִצְבֵי עֶשְׂבֵּי עֲדָנִים:

14:32

Trad. Schwab — 14:32

Mais lorsqu’à me servir ils ne s’empressent pas,
Surtout lorsque cédant aux séducteurs appâts
Des plaisirs de la danse et de l’amour superbe,
Ils s’en vont se rouler sur l’âcre et piquante herbe,


לְהַשְׂבִּיעַ נֶפֶשׁ בְּהֶמְתָּם וְלִרְעוֹת רוּחָם הַמְּרַחֶפֶת עַל שַׁלְהֶבֶת תַּאֲוָתָם:

14:33

Trad. Schwab — 14:33

Dans le but d’apaiser leurs esprits animaux,
Et d’amortir le feu de leurs instincts brutaux,


אַחֲלִיק לָהֶם אֲמָרִים אֱמֶת לְבִלְתִּי לֶכֶת אַחֲרֵי מְהָרְסַי וְלָשׁוּב מֵאַחֲרֵי מַחֲרִיבַי אֲשֶׁר בָּחֲרוּ לֵאמֹר:

14:34

Trad. Schwab — 14:34

J’ose leur adresser de mérités reproches,
Et leur recommander d’éviter les approches
De mes dévastateurs dont ils avaient fait choix,
Et qu’ils ne suivront plus s’ils écoutent ma voix.


מַה לָכֶם רֵעַי לְבַקֵּשׁ אַחַר רָעַתְכֶם וְלָתוּר אַחַר שֹׂנְאֵיכֶם מְנַדֵּיכֶם:

14:35

Trad. Schwab — 14:35

« Pourquoi vous êtes-vous à vous-mêmes contraires,
« Amis, en recherchant vos mortels adversaires ?


הַנִּיחוּ גָּבִישׁ וְרָאמוֹת לָאֱוִיל הַיְּדַעְתֶּם כִּי לָנוּ חָכְמוֹת רָמוֹת:

14:36

Trad. Schwab — 14:36

« Laissez, leur dis-je, aux sots les sottes vanités ;
« Pour nous, vous le savez, des saintes vérités
« Le précieux trésor nous échut en partage :


וַאֲנַחְנוּ מַחְשִׁים מִמְּשׁוֹל בְּחֶמְדָּתָם וּמְצָאָנוּ עָוֹן:

14:37

Trad. Schwab — 14:37

« Le négliger serait vouloir notre dommage.


הִנְנִי בְתוֹכְכֶם כְּגִזַּת צָמֶר שׁוֹכֶבֶת בְּאֶרֶץ צְמֵאָה בְּרֶדֶת שִׁכְבַת הַטַּל בֶּאֱמֶת עַל הַגִּזָּה יִהְיֶה טַל וְעַל הָאָרֶץ יִהְיֶה חֹרֶב:

14:38

Trad. Schwab — 14:38

« Vous plaît-il d’écouter une comparaison ?
« Me voici parmi vous ainsi qu’une toison
« Qu’on serre en l’étendant sur un terrain aride.
« La rosée, en tombant, rendra la laine humide.
« Quant aux lieux sur lesquels les flocons sont couchés,
« Non moins qu’auparavant ils seront desséchés.


אַחַר הִתְנַעֵר רְסִיסֶיהָ עַל מְקוֹם מוֹשָׁבָהּ יִרְטַב גַּם הוּא מְעַט בִּתְמִידוּת שְׁכוּנָתָהּ:

14:39

Trad. Schwab — 14:39

« Cependant au moyen d’un plus long voisinage,
« La terre reçoit même enfin quelqu’arrosage.


אֲבָל בִּהְיוֹת חֹרֶב עַל הַגִּזָּה עִם רִפְיוֹנָהּ וּסְפוֹגִיּוּתָהּ אֵיךְ עַל הָאָרֶץ הָעֲיֵפָה יִהְיֶה טָל:

14:40

Trad. Schwab — 14:40

« Mais si l’étoffe aussi souffre d’aridité,
« Comment le sol jamais sera-t-il humecté ?


וְכֵן כָּל אֲשֶׁר תִּתְיַשֵּׁר דַּרְכִּי וְאָרוּץ לְהִקָּשֵׁר בַּשֶּׁפַע אָמַרְתִּי אֲנִי בְצִלּוֹ אֶחְיֶה:

14:41

Trad. Schwab — 14:41

« Si donc, vous me laissez une route aplanie
« Pour me désaltérer aux sources de la vie,
« Je garderai toujours ma première fraîcheur ;


וְגַם אַתֶּם יִיטַב לָכֶם בַּעֲבוּרִי וִחְיִיתֶם בִּגְלָלִי:

14:42

Trad. Schwab — 14:42

« Et vous, participant à ma propre faveur,


כִּי הָיְתָה בִרְכַּת יְיָ בְּכׇל אֲשֶׁר לִי וִיבָרֵךְ אֶתְכֶם לְרַגְלִי:

14:43

Trad. Schwab — 14:43

« Aux bénédictions qui marchent à ma suite,
« Vous apprendrez combien mon bonheur vous profite.


אָכֵן בִּנְטוֹתְכֶם מֵעָלַי לְהִתְכַּסּוֹת בַּאֲפֵר תִּפְאֶרֶת הָעִתִּים לְהִתְפַּלֵּשׁ בָּאֵפֶר אוֹפִיר לְעַפֵּר בְּעַפְרוֹת זָהָב:

14:44

Trad. Schwab — 14:44

« Tandis qu’en renonçant à ma société
« Pour porter le manteau de la frivolité,
« Pour vous donner les airs de l’opulence altière
« Et semer du Pérou [3] la brillante poussière,


וְנֶהְפַּכְתֶּם אֶל הָרוֹדֵף וִהְיִתֶם לִי לְאוֹיְבִים:

14:45

Trad. Schwab — 14:45

« Vous favoriserez le camp de mes jaloux,
« Et me ferez bientôt sentir vos propres coups.


מַה נָקֵל לָכֶם לְהַפְסִיק חוּט הַחֶסֶד הַמָּשׁוּךְ עָלַי כִּי בִמְהֵרָה יִנָּתֵק לְחֻלְשָׁתוֹ:

14:46

Trad. Schwab — 14:46

« Hélas ! vous n’aurez pas de grands efforts à faire
« Pour que du ciel et moi l’union se desserre,
« Le fil qui nous relie étant si délicat !


וּמְצָאוּנִי עוֹד הַמּוֹנְעִים הַהַכְרֵחִים הַיּוֹשְׁבִים מִמֻּלִי וּמִכְשׁוֹלֵי הַזְּמָן הַסּוֹבְבִים בָּעִיר הָעוֹטְרִים עַל חֲמוּדוֹתַי לְתָפְשָׂם:

14:47

Trad. Schwab — 14:47

« Et puis, pour achever ce triste résultat,
« Vous trouverez encor d’ardents auxiliaires
« Dans les empêchements d’inhérentes misères
« Qui ne cessent jamais de me contrarier,
« Et dans les contretemps rôdant pour épier
« À me dévaliser le moment favorable.


וְהָיָה כָּל מַחְמַד עֵינַי יָשִׂימוּ בְיָדָם וְלָקָחוּ:

14:48

Trad. Schwab — 14:48

« Mais quand ils m’auront pris tout ce que j’ai d’aimable,


וַאֲבַדְתֶּם מְהֵרָה אַתֶּם רִאשׁוֹנָה הַמּוּטְבָּעִים בְּהֶפְסֵד וְהָיְתָה לִי חֶבְרַתְכֶם לְמוֹקֵשׁ לְהַאֲבִידֵנִי גַּם אֲנִי עִמָּכֶם:

14:49

Trad. Schwab — 14:49

« Vous, surgis du néant où s’enfoncent vos pieds,
« Vous ne tarderez pas à périr les premiers.
« Et moi, prise au filet de votre compagnie,
« Peu de temps après vous je quitterai la vie.


וְכִי יֵהָפֵךְ לְבַבְכֶם וּקְרָאתֶם לִי לִתְשׁוּעָה מֵאַיִן אוֹשִׁיעֲכֶם:

14:50

Trad. Schwab — 14:50

« En vain, vous repentant sur le point de mourir,
« Vous me crîrez à moi d’aller vous secourir :
« Avec quoi voulez-vous que je vous vienne en aide ?


הַמִגָּרְנֵי תְבוּנוֹת אֲשֶׁר סִכָּלְתִּי אוֹ הֲמִיִּקְבֵי גְּבוּרוֹתַי אֲשֶׁר שִׁכָּלְתִּי:

14:51

Trad. Schwab — 14:51

« Faudra-t-il vous chercher un souverain remède
« Dans les greniers remplis des fruits de mon erreur,
« Dans les pressoirs taris par mon défaut d’ardeur ?


כִּי אִם הַטּוֹב לֹא נְקַבֵּל מֵאֵת הָאֱלֹהִים גַּם לִי גַּם לָכֶם לֹא יִהְיֶה:

14:52

Trad. Schwab — 14:52

« Ainsi notre dédain pour la bonté céleste,
« Fera que vous et moi nous n’aurons rien de reste. »


מַלְכִּי וֵאלֹהָי אֵלֶּה דִּבְרֵי אֲמָתְךָ נַפְשִׁי הַדַּבָּרִית אֲשֶׁר יָצַרְתָּ לְצַחֶק בִּי לְפָנֶיךָ בְּכָל עֵת בְּהַנְהָגַת אוֹדוֹתֶיהָ וְתוֹכַחַת שְׁכֵנֶיהָ:

14:53

אֲשֶׁר נָתַתָּ עִמָּדִי לַעֲבֹד עֲבוֹדָתָהּ וְלִשְׁמוֹר מִשְׁמַרְתָּהּ:

14:54

Trad. Schwab — 14:53-54

Ce sont là les discours, ô mon Seigneur et Roi,
De ta servante l’âme, oratrice [4] qu’en moi
Tu mis pour que toujours elle te réjouisse
Par l’accomplissement de son propre service,
Et la direction qu’avec habileté
Elle sait imprimer à chaque faculté.


מַה טֹּבוּ אֹהָלֶיהָ כִּי תִבְחַר מִסְחַר הָעֲבוֹדָה וְהַמַּדָּע כִּי תֶאֱהַב זְהַב הַפְּרִישׁוּת וְהָעִיּוּן:

14:55

Trad. Schwab — 14:55

Ah ! combien brillera sa simple résidence,
Si le culte divin, l’amour de la science
En forment avant tout les nobles ornements.
Si l’abstinence d’or, les examens fervents
S’y rencontrent plutôt que toute autre parure !


שְׁנֵיהֶם מַדְרֵגוֹת לְסֻלָּם עֲלוֹתָהּ לִמְעוֹנָהּ וַעֲרוּגוֹת מַטָּעָהּ לְהַשְׁקוֹת גַּן עֶדְנָהּ אַחֲרֵי בְלוֹתָהּ לְחַדֵּשׁ עֶדְנָה וּמִתּוֹכָם לִתְשׁוּעָה בְשֹׂרָה מֹצֵאת וּבְתוֹכָם יְיָ:

14:56

Trad. Schwab — 14:56

C’est par de tels degrés qu’elle prend son allure
Vers son doux Paraclet dans l’éternel Eden ;
Ces vertus sont la source arrosant le jardin
Qu’elle ira cultiver lorsque, perdant ses rides,
Elle rajeunira semblable aux chrysalides,
Et d’où ses pas légers se porteront au lieu
Que remplit de bonheur la présence de Dieu.


זֹאת הַמְּלָאכָה וְזֶה פִּרְיָהּ לַהֲקִימָהּ מֵעֲפָרָהּ עַד עֲלוֹתָהּ בְּשָׁלוֹם עֲלִיָּה לֹא תֵרֵד תָּמִיד אַחֲרֶיהָ וְשָׁבָה אֶל בֵּית אָבִיהָ כִּנְעוּרֶיהָ:

14:57

Trad. Schwab — 14:57

Et ce sont ces travaux dont le juste salaire
Sera de redresser l’âme de la poussière,
Pour qu’elle monte en paix, sans retour, dans le ciel,
Et rentre, en jeune fille, au logis paternel.


וְכָל הַיָּמִים אֲשֶׁר הִתְחַבְּרָה בַּת הַמֶּלֶךְ אֶל הַגּוּף הַנָּגוּף הַלָּז מָה רָגְשׁוּ רַעְיוֹנֶיהָ מַה גָּדַל צַעֲרָהּ כִּי חָזַק הֶעֱדַר הַהַסְכָּמָה בֵּינֵיהֶם:

14:58

Trad. Schwab — 14:58

Mais pendant tout le temps de sa terrestre vie,
Où sa sublime essence est au vil corps unie,
Un grand chagrin ternit de ses pensers le cours.


וְיִנָּצוּ שְׁנֵיהֶם וְיֵרָגְנוּ בְאָהֳלֵיהֶם וְאֵין מוֹשִׁיעַ לָהֶם:

14:59

Trad. Schwab — 14:59

Le désaccord allant en s’augmentant toujours
Entre son compagnon et sa propre nature.
Leur tente retentit de cris et de murmure,
Et nul ne se présente en conciliateur.


אוֹי לְבַיִת כִּי יִשָּׂא עֹל מְרִיבַת אִישׁ וְאִשְׁתּוֹ:

14:60

Trad. Schwab — 14:60

Ô ! que sur la maison repose le malheur
Lorsque les deux époux la transforment en scène
De disputes sans fin, de colère et de haine ;


כָּל יְמוֹתָם מַזְעִימִים הָאֶחָד לְרֵעֵהוּ שָׁרְשֵׁי רְתָמִים זְעוּמִים וַאֲסוֹנִים:

14:61

Trad. Schwab — 14:61

Lorsqu’ils sont l’un à l’autre ainsi que des brandons
Attisés par la rage et les afflictions.


מְעַנִּים אִישׁ אֶל רֵעֵהוּ קוֹצִים מְקִיצִים וְשִׂכִּים מְצִיקִים:

14:62

Trad. Schwab — 14:62

Ils s’infligent entr’eux des tortures affreuses
Avec des dards aigus, des ronces épineuses.


וְסִפּוּר דִּבְרֵיהֶם כְּקוֹל סִירִים מַפְצִירִים וַחֲבָלִים מְחַבְּלִים:

14:63

Trad. Schwab — 14:63

Comme des chardons verts dans l’âtre pétillant,
Ainsi résonne au loin leur démêlé bruyant
Qu’accompagnent toujours les coups et les blessures.


וּרְאוֹת פְּנֵיהֶם כִּרְאוֹת שָׁמִיר וָשַׁיִת מְקוֹם יְפֵה פְרִי זַיִת אוֹ אֵשׁ אוֹכֶלֶת בְּפִנּוֹת הַבָּיִת:

14:64

Trad. Schwab — 14:64

Et l’effet que produit l’aspect de leurs figures
Est celui qu’on éprouve en voyant le buisson
Au champ où l’olivier donnerait sa moisson,
Ou l’aile d’un palais atteinte par la flamme.


כֵּן מְרִיבַת הָרוּחַ וְהַגְּוִיָּה כָּל יְמֵי הֱיוֹתָם יַחְדָּו בַּמְּצוּדָה:

14:65

Trad. Schwab — 14:65

Eh bien, telle est la lutte entre le corps et l’âme,
Tout le temps qu’ici-bas ils se trouvent unis.


זֶה יֶאֱהַב הַצַּיִד וְזֹאת תֵּשֵׁב אֹהָלִים:

14:66

Trad. Schwab — 14:66

Lui se plaît à la chasse, elle reste au logis.


זֹאת דְּבֵקָה בַיָי מִתְקַדֶּשֶׁת מִטֻּמְאַת הָעוֹלָם אֲשֶׁר נְתָנוֹ בְלִבָּהּ:

14:67

Trad. Schwab — 14:67

Elle s’attache à Dieu, se retire du monde
En se purifiant de tout contact immonde ;


וְזֶה יִנָּזֵר לְבֹשֶׁת דֶּרֶךְ כְּרָמִים נִבְדָּל מִצּוּרוֹ מִצֵּאתוֹ מֵרֶחֶם כִּי נְזִיר אֱלֹהִים יִהְיֶה מִן הַבָּטֶן:

14:68

Trad. Schwab — 14:68

Et lui, s’affranchissant des lois de la pudeur,
Prend des sentiers déserts et fuit son créateur,
Du moment que ses yeux s’ouvrent à la lumière :
Comme un enfant perdu dès le sein de sa mère.


וְהוּא בִּכְבוּדוֹת יִתְקַלָּס יַעֲשֶׂה לוֹ בְּבַהַט וָשֵׁשׁ רִצְפָּה וּבְיָדוֹ רִצְפָּה לְשַׁלַּח רִשְׁפָּהּ לְבַעֵר הַקֹּדֶשׁ מִן הַבָּיִת:

14:69

Trad. Schwab — 14:69

Lui, fier de ses honneurs, promène en sa maison,
Qu’il parqueta de marbre, un enflammé tison,
Pour la débarrasser de tout sacré vestige ;


וְהִיא עֲצוּבַת רוּחַ יוֹצֵאת לִשְׁאֹב מַיִם טְהוֹרִים מִן הַמִּקְדָּשׁ לְכַבּוֹת אֶת הַשְּׂרֵפָה:

14:70

Trad. Schwab — 14:70

Elle, triste à l’aspect de ce trait de vertige,
Va puiser de l’eau pure au temple de Sion,
Afin de mettre un terme à la combustion.


עַד כִּי חֹזֶק עֲמָלָהּ בְּפָעֳלָהּ וְטוּב שִׂכְלָהּ בְּמֶחְקָרָהּ שַׁלֵּם יְשַׁלֵּם אֶת הַבְּעֵרָה:

14:71

Trad. Schwab — 14:71

À force de travaux et grâce à son génie
Elle répare enfin les maux de l’incendie.


וְלֹא יַעַצְרֶנָּה הַגֶּשֶׁם מֵהַשְׁקוֹת בְּגֶשֶׁם נְדָבוֹת הֲדַסֶּיהָ בִּמְצוּלָה:

14:72

Trad. Schwab — 14:72

Humblement elle fait, malgré le poids du corps,
Pour cultiver le bien, de généreux efforts.


וְלֹא יַטְרִידוּהָ דְּאָגוֹת וּשְׁאָגוֹת וַהֲמוֹן תּוּגוֹת מֵהֲגוֹת לִבָּהּ תְּבוּנוֹת:

14:73

Trad. Schwab — 14:73

Les soucis, les chagrins et la grande misère
De l’étude du vrai ne sauraient la distraire.


תָּצִיץ מֵחֲרַכֵּי מְצוּקֵי חֶלְדָּהּ תַּשְׁגִּיחַ מֵחַלּוֹנוֹת קְלוֹנוֹת זְמַנָּהּ צֹהַר תַּעֲשֶׂה לְגֵוָהּ:

14:74

Trad. Schwab — 14:74

Elle rompt les liens des intérêts mondains,
Dissipe les brouillards des préjugés humains,
Introduit dans le corps le jour qu’il lui dérobe ;


בְּעַד הָאֶשְׁנָב נִשְׁקָפָה כְּמוֹ שָׁחַר לָדַעַת עֶרְכָּהּ בִּיצִירוֹת הֲטוֹבָה הִיא אִם רָעָה בְּעֵינֵי אֲדוֹנֶיהָ יַעֲשֶׂה לָהּ שָׁלוֹם בִּמְרוֹמָיו:

14:75

Trad. Schwab — 14:75

Alors elle examine à la clarté de l’aube
Quelle place elle tient dans les êtres créés ;
Si ses actes de Dieu sont ou non agréés ;
Si le ciel lui réserve une paix glorieuse.


תִּתְעוֹרֵר מִשְּׁנָתָהּ תִּלְטוֹשׁ אִישׁוֹנֶיהָ מֵאֲרֻבּוֹת חֹרֵי עָפָר וְכֵפִים הִקִּיפוּהָ:

14:76

Trad. Schwab — 14:76

De son inaction elle devient honteuse,
Elle ouvre enfin les yeux et lance ses regards
À travers les barreaux et les épais remparts
Dont elle est entourée.


תְּשַׁלַּח עֵינַי בְחִינָתָהּ מִן הַחֹרִים אֲשֶׁר נִתְחַבְּאוּ שָׁם:

14:77

Trad. Schwab — 14:77

Et voilà que sa vue
Échappe aux murs étroits qui l’avaient retenue.


וְהָיָה שְׂכָרָהּ אֶשְׁכָּרָהּ וִיקָרָהּ מְקוֹרָהּ כְּפִי מִמִּכְרָהּ וְתַגְמוּלָהּ מִמֻּלָהּ כְּפִי מִפְעָלָהּ:

14:78

Trad. Schwab — 14:78

Un salaire important, digne de sa valeur,
Dès lors, ne tarde pas à payer son labeur.
La douce récompense est même déjà prête,
Qui doit de son mérite équilibrer la dette.


פַּעַם מְחִיר כֶּלֶב מַעֲדַנֵּי עוֹלָמָהּ עֶדְנָהּ וַעֲלֻמָהּ נִצְחָהּ אֶתְנַן הַקְּדֵשָׁה הַסוֹרָרֶת:

14:79

Trad. Schwab — 14:79

Pour l’âme cependant dont un sordide gain
Solde cyniquement l’attachement mondain,
Il n’est plus de bonheur : La vile mercenaire
De son salut futur a touché l’honoraire.


וּפַעַם סַחֲרָהּ וְאֶתְנַנָּה קֹדֶשׁ לַיָי:

14:80

Trad. Schwab — 14:80

Ce n’est qu’en consacrant ses biens à l’Éternel
Que l’âme jouira des délices du ciel,


פַּעַם עַל כַּנְפֵי שַׂרְפֵי שַׂגִּיא כֹחַ אֱלֹהֵי הָעִבְרִים אֶל הַמְּנוּחָה וְאֶל הַנַּחֲלָה תִנָּשֵׁא:

14:81

Trad. Schwab — 14:81

Vers où des séraphins, de la sainte cohorte,
L’aile alerte et puissante, à son départ, l’emporte.


וּפַעַם אֲשֶׁר יוֹרִישֶׁנָּה כְמוֹשׁ אֱלֹהֵי הָעִוְרִים אוֹתוֹ תִירָשׁ:

14:82

Trad. Schwab — 14:82

Mais lorsqu’elle se laisse absorber par le corps,
L’âme aussi le suivra dans l’empire des morts.


אַתָּה יָסַדְתָּ בִּזְבֻלֶךָ חֲדָרִים עִלִּיִּים וּמְכוֹנִים מְכֻוָּנִים נְכוֹנִים לְאֵידָהּ וְלִכְבוֹדָהּ:

14:83

Trad. Schwab — 14:83

Pour la grandeur de l’âme ou bien pour son supplice,
Tu préparas, Seigneur, dans ton propre édifice,
Des siéges élevés, de superbes réduits.


בְּיַשְׁרָהּ תְּבִיאֶנָּה בְסוֹד קְדוֹשִׁים עוֹמְדִים מִמָּעַל בְּעִוּוּתָהּ תְּכַלֶּנָּה מִלְמָעְלָה:

14:84

Trad. Schwab — 14:84

Si ses chemins sont droits, toi-même la conduis
Dans la haute assemblée où les saints ont leurs places.
Mais lorsqu’elle est perverse, indigné, tu la chasses ;


הִפְקַדְתָּ עָלֶיהָ בְּכִסְלָתָהּ מַלְאָךְ אַכְזָרִי יְצַוֶּה מַשְׁחִיתִים מְחַבְּלִים אֲשֶׁר בַּעֲלוֹתָהּ מְרוֹם הָרִים לְתַחְתִּיּוֹת יְרִיצוּהָ וְיֹאמַר שִׁמְטוּהָ וְיִשְׁמְטוּהָ:

14:85

Trad. Schwab — 14:85

La livrant, en retour de sa stupidité,
Aux mains d’un ange ayant, sous son autorité,
D’autres anges cruels autant qu’il l’est lui-même.
Et quand elle gravit dans un élan suprême
Les sommités du ciel, ces démons destructeurs
La repoussent au bord des noires profondeurs.
Enfin la voix du chef commandant à sa suite,
Dit : « Précipitez-la ! » Puis on la précipite.


וְאֵיךְ אֶעֱשֶׂה בְנַפְשִׁי שֶׁקֶר לְהַסְגִּירָהּ בְּיַד אַכְזָרִים לֹא יַחְמוֹלוּ:

14:86

Trad. Schwab — 14:86

Que s’il en est ainsi, comment pourrai-je, moi,
Agir envers mon âme avec mauvaise foi,
En la constituant l’inévitable proie
De méchants dont le cœur sur rien ne s’apitoie ?


וְאִם בְּיָדִי הִפְקַדְתָּ רוּחֲךָ לָשֶׁבֶת בְּצִלִּי לִהְיוֹת אֶצְלִי בִּזְרוֹעִי תִנָּשֵׁא וּבְחֵיקִי תִשְׁכָּב וַתְּהִי לִי לְאֵשֶׁת נְעוּרִים:

14:87

Trad. Schwab — 14:87

Ne me l’as-tu donc pas confiée en dépôt
Pour que jamais mon bras ne lui fasse défaut ;
Pour être à mes côtés et partager ma vie,
Suivant les droits sacrés d’une épouse chérie.


הַאֶבְגּוֹד בְּאַהֲבַת כְּלוּלוֹת הַאֶשְׁכַּח יְמִינִי לַהֲסִירָהּ מִגְּבִירָה לְשַׁלְּחָהּ לַחֲרָפוֹת:

14:88

Trad. Schwab — 14:88

Et moi, je trahirais nos parfaites amours,
Ma main de ses destins détournerait le cours !
Je la ferais tomber de son rang de maîtresse
En un affreux état de honte et de détresse !


הִנֵּה מַה טּוֹב וּמַה נָּעִים הַעֲלוֹתִי יִקְרָתָהּ שְׁמֵי שָׁמַיִם לְכַלְכְּלָהּ שָׁם מֵהַשְׁפִּילִי כְּבוֹדָהּ לְעֵמֶק עָכוֹר לְהֻמָּהּ וּלְאַבְּדָהּ:

14:89

Trad. Schwab — 14:89

Combien est-il meilleur et plus délicieux,
De porter sa splendeur jusqu’au faîte des cieux,
Afin qu’elle y savoure un bonheur plein de charmes,
Que de plonger sa gloire en un vallon de larmes,
Où l’attendent le trouble et la perdition !


מַה נָכוֹן הָשִׁיבִי מַחֲמוּדֶיהָ קְרוּאִים אֶל עָל מִשּׂוּמָם בְּכִסְלֵי שְׂנוּאִים וּנְזוּפִים:

14:90

Trad. Schwab — 14:90

Et combien plus conforme est-il à la raison
De la restituer au ciel qui la réclame,


טוֹב תִּתִּי אֹתָהּ לָךְ מִתִּתִּי אוֹתָהּ לְגִדּוּפִים:

14:91

Trad. Schwab — 14:91

Que de l’approprier à mon usage infâme !
Daigne donc, ô Seigneur, daigne la recevoir,
Et qu’un autre jamais ne l’ait en son pouvoir !


אַתָּה תִרְאֶה לַלֵּבָב וְלָעֵינָיִם לֹא יוֹנֶךָ רַב אוֹנִים גִּבּוֹר בָּאָרֶץ וְעוֹבֵד אַדְמָתוֹ חָדַל לְקַטֵּר בָּשְׂמֵי שֵׁם וְשֶׁמֶן טוֹב לִמְלֶאכֶת הַשָּׁמָיִם:

14:92

Trad. Schwab — 14:92

Tu n’as égard qu’au cœur et non à l’apparence.
Il ne peut te tromper celui dont la puissance
Consiste seulement dans la force du corps,
Et qui se fait des dieux des terrestres trésors,
En refusant l’hommage à la céleste armée
De quelques grains d’encens de bonne renommée.


לֹא יְרַמּוּךָ רָמֵי הַקּוֹמָה קְרוּאֵי שְׁאוֹל מִקֹּצֶר רוּחַ נִגְרָשִׁים מֵעֵדֶן מֵעֲבוֹדָה קָשָׁה:

14:93

Trad. Schwab — 14:93

Ne te séduisent pas non plus ces hommes fiers
Que, loin du Paradis, appellent aux enfers
Leur conduite trop dure et leur peu de prudence.


אַתָּה תִּבְחַן מַחֲשָׁבוֹת בְּלֶב אִישׁ לְהָרַע וּלְהֵיטִיב תִּשְׁפּוֹט סְתָרָיו וּמִנִּגְלֵהוּ לֹא תִתְעַלָּם:

14:94

Trad. Schwab — 14:94

De tout penser en nous tu connais la tendance.
Et les dehors de l’homme ainsi que ses secrets
Tombent également sous tes justes arrêts.


רָאֹה תִרְאֶה בְעֹנִי נִלְחָצִים עוֹבְדֶיךָ בְּלִבּוֹתָם וְאִם יֹשֶׁר לְבָבָם לֹא יִתְפַּרְסֵם:

14:95

Trad. Schwab — 14:95

Tu sais l’oppression et le mérite occulte
De tes vrais serviteurs dévoués à ton culte ;


תַכִּיר כִּזְבֵי מִתְלוֹצֵץ מְרַצֵּץ עוֹזֵב דַּלִּים וּמִתְעַנֶּה בְצוֹם וָבֶכִי:

14:96

Trad. Schwab — 14:96

Et tu n’ignores pas les feintes des jongleurs
Que l’on voit s’affliger par le jeûne et les pleurs,
Tout en persécutant le pauvre qu’on délaisse.


תְּקַלֵּל מְקַלְקֵל מַחֲשַׁבְתּוֹ מְכַלְכֵּל אֲמָרָיו:

14:97

Trad. Schwab — 14:97

Tu maudis le flatteur dont la funeste adresse
Cache la trahison sous d’affectés propos ;


בַּל תִּשְׁפּוֹת שָׁלוֹם לִשְׂפָתַיִם נָעוֹת בְּלֵב רָחוֹק:

14:98

Trad. Schwab — 14:98

Et tu n’accordes pas un durable repos
Au cœur qui ne sent pas ce que sa bouche exprime.


תִּשְׂנָא מְעַוֵּל וְחוֹמֵץ גַּם כִּי יַרְבֶּה תְפִלָּה:

14:99

Trad. Schwab — 14:99

En vain celui qui vole et dont la main opprime
T’accable incessamment de supplication :
Il ne t’en est pas moins en exécration.


תִּבְחַן אֱנוֹשׁ מוֹעֲצוֹתָיו רֵיקוֹת נִמְרָקוֹת דַּקּוֹת וּשְׁדוּפוֹת עֶשְׁתֹּנוֹתָיו נִשְׁבָּרוֹת וּפְרוּסוֹת:

14:100

Trad. Schwab — 14:100

Tu sondes les mortels dont les plans sont stériles,
Les projets secs et creux et les desseins fragiles,


פַּרְסוֹתָיו פְּרוּסוֹת וּמִנָּבוֹן פְּרוּשׂוֹת וּבְמוֹתַר פְּרוּצוֹת וּמְצוּדוֹתָיו פְּרוּשׂוֹת וְכַפָּיו פְּרוּשׂוֹת הַשָּׁמָיִם:

14:101

Trad. Schwab — 14:101

Et qui, les pieds fendus, sans règle et sans frein
Tendent leurs mains au ciel et leur piége au prochain.


דַּרְכֵי עֲצָתָם תִּגְדּוֹר לְמַעַן הַאֲבִידָם וּנְתִיבוֹת תְּשׁוּבָתָם תְּעַוֵּת:

14:102

Trad. Schwab — 14:102

Tu préviens leurs conseils, leur coupes la retraite,


תָּסֵב לִבּוֹתָם אֲחוֹרַנִּית וְלֹא יִוָּשֵׁעוּ:

14:103

Trad. Schwab — 14:103

Et, leur tournant les sens, assures leur défaite ;


עֵינֵי הָאֲנָשִׁים הָהֵם תְּנַקֵּר וְלֹא יַעֲלוּ:

14:104

Trad. Schwab — 14:104

Tu répands sur leurs yeux l’esprit d’aveuglement :
Ils ne sortiront plus de leur abaissement.


מִי יַעֲלֶה לָּנוּ בַתְּחִלָּה אֶל הַר יְיָ מְקוֹם אֲשֶׁר דִּבֵּר הַמֶּלֶךְ:

14:105

Trad. Schwab — 14:105

Qui de gravir d’abord aura le privilége,
Le mont de l’Éternel où sur son trône siége,


שֶׁשָּׁם יֵשֵׁב כִּסְאוֹ לַמִּשְׁפָּט שֶׁשָּׁם הַסְּתָרִים גְּלוּיִם וְהַכֹּל צָפוּי:

14:106

Trad. Schwab — 14:106

Le Seigneur convoquant sa souveraine cour
Aux lieux où l’on voit tout, où tout est mis au jour ?


מִי מִשֶּׁלָּנוּ אֶת מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל וְסָבַב הַמִּצְפָּה וְעָלָה בֵית אֵל:

14:107

Trad. Schwab — 14:107

Qui du Roi d’Israël soutiendra la présence,
Qui pourra dans son temple entrer de préférence ?


טְהוֹר הָרַעְיוֹנִים נְקִי הַתְּשׁוּקוֹת אֶשְׁכְּלוֹת הַכִּשְׁרוֹן עַל עוֹלְלוֹת עֲלִילוֹתָיו:

14:108

Trad. Schwab — 14:108

C’est l’homme aux pensers purs, aux nobles passions,
Et qui sur l’équité règle ses actions ;


שָׂמֵחַ לְנֹכַח הַשּׁוֹאוֹת מִמֶּרְיוֹ מָרוֹרוֹ וּמְכַלְכֵּל אֲמִירֵי אֲמָרָיו:

14:109

Trad. Schwab — 14:109

Qui, prenant les dégoûts dont le destin l’abreuve
Pour une juste peine ou bien pour une épreuve,
S’y résigne avec joie et pèse ce qu’il dit ;


קוֹשֵׁר עַל זְמַנּוֹ עוֹבֵד אֶת אֱלֹהָיו בְּכָל סְעִפֵּי סְעִפָּיו:

14:110

Trad. Schwab — 14:110

Qui soumet, non au Temps, mais à Dieu son esprit.


זֶה יָבֹא אֶל בֵּיתוֹ לְשָׁרְתוֹ בִּמְחִיצָתוֹ לַעֲבוֹד עֲבוֹדָתוֹ:

14:111

Trad. Schwab — 14:111

C’est lui qui franchira de la sainte demeure,
Pour servir et prier, l’enceinte intérieure.


יָדָיו מִפְּרִי עֵץ הַדַּעַת כְּפִי אָכְלוּ לָקָטוּ וְשָׁלַח יָדוֹ גַּם אֶל עֵץ הַחַיִּים בְּלֵב נִשְׁבָּר וְנִכְלָם וְאָכַל וָחַי לְעוֹלָם:

14:112

Trad. Schwab — 14:112

L’arbre de la science a, de ses fruits secrets,
Calmé la vive ardeur de ses désirs discrets ;
Et voilà que goûtant, d’un cœur confus et triste,
De l’arbre de la vie, à jamais il existe !


גַּם אָנֹכִי אֲשַׁנֵּן כִּלְיוֹתַי וְאָסִיר טִיחַ טָפֵל מִטּוּחוֹתַי:

14:113

Trad. Schwab — 14:113

Pour moi, ceignant mes reins, ôtant de mon esprit
L’ombre dont l’épaisseur le trouble et l’obscurcit,


וְדִבְרֵי תוֹכָחוֹת אֲחַבֵּר אֲנִי טֶרֶם אֲכַלֶּה לְדַבֵּר אֶל לִבִּי:

14:114

Trad. Schwab — 14:114

Je m’adresse à mon cœur, et termine mon livre
Par des avis moraux, des maximes de vivre.

Sources — Texte hébreu : Bechinat Olam, Vilna, 1879, numérisé par la Bibliothèque nationale d’Israël, via Sefaria [domaine public] · Traduction française : L’Examen du Monde, suivi de la Prière des Memine. Poèmes hébreux de Rabbi Jedaïah Hapenini, traduits en vers français par Jacques Schwab, rabbin de Rixheim. Mulhouse, imprimerie de J. P. Risler, 1864 [aucune version numérisée disponible en ligne ; transcription établie d’après l’exemplaire imprimé] · Police hébraïque : Ezra SIL (SIL, OFL)

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