בחינות עולם — עם בקשות המ״מין

L’Examen du Monde suivi de la Prière des Memine

R. Yedayah ben Abraham Bedersi — HaPenini (v. 1270-v. 1340)

Traduction de Jacques Schwab (1864)

Chant IV. De Dieu

Chapitre 13

חֲמָסִי עַל מַעֲשַׂי וְעַל פּוֹעַל יָדַי וּמָה אֶזְעַק וַאֲשַׁוֵּעַ:

13:1

Trad. Schwab — 13:1

Le tort que l’on me fait, le mal dont je me plains
Vient de mes actions, des œuvres de mes mains
Dont le relâchement ou bien la violence,
Ne me cause jamais que regrets et souffrance,
Et j’ose attribuer mon infortune au ciel !


וּמַה יְיָ אֱלֹהִים אֶדְרוֹשׁ מִמְּךָ חַיִּים וָחֶסֶד אִם חָפֵץ לְבָבִי לַהֲמִיתֵנִי:

13:2

Trad. Schwab — 13:2

C’est mon cœur qui me veut porter le coup mortel ;
Et c’est à toi, Seigneur, que dans ma sotte audace,
Je demande la vie, en implorant ta grâce !


אִם אֵין אֲנִי לְעַצְמִי מִי אִתִּי:

13:3

Trad. Schwab — 13:3

Dois-tu donc, malgré moi, prendre soin de mon sort ?


מַה־בֶּצַע בְּאוֹתָהּ חִבָּה יְתֵרָה שֶׁתּוֹדִיעַ לְנַפְשִׁי אִם אָנֹכִי שְׂנֵאתִיהָ:

13:4

Trad. Schwab — 13:4

De quoi peut me servir ce bienveillant transport
Dont de ta part mon âme a lieu d’être certaine,
Si je lui fais sentir les effets de ma haine ?


אִם יָדַי עִצְּבוּנִי הִכְעִסוּנִי בְּהַבְלֵיהֶן מַה תְּשַׂמְּחֵנִי יְיָ בְּפָעֳלֶךָ:

13:5

Trad. Schwab — 13:5

Par tes œuvres, pourquoi me réjouir, Seigneur,
Quand mes frivoles mains aigrissent ma douleur ?


וְאִם סְעִפַּי גּוֹזְלֵי כְבוֹדִי בְּהִלּוֹ נֵרוֹ מַה תַּעֲנִיקֵנִי יְקָר וּגְדוּלָּה:

13:6

Trad. Schwab — 13:6

Et comment me combler d’une gloire d’élite,
Lorque mes passions m’enlèvent tout mérite ?


וְאִם אֲנִי אֲנִי הוּא הַמּוֹנֵעַ מִמֶּנִּי הַטּוֹב בִּרְבוֹת הַטּוֹבָה יְיָ אֱלֹהַי מַה תִּתֶּן לִי:

13:7

Trad. Schwab — 13:7

Que me profite enfin ton immense bonté,
Alors que je m’oppose à ma félicité ?


יְיָ אֱלֹהִים אַתָּה יָדַעְתָּ אֶת הָאִישׁ וְאֶת שִׂיחוֹ בָּחַנְתָּ בַּנְתָּה לְרֵעוֹ תְּתָאֵר כָּל גְּבוּלָיו:

13:8

Trad. Schwab — 13:8

Ah ! Seigneur, tu connais l’homme et son caractère ;
Pour toi de ses pensers aucun n’est un mystère ;
C’est toi qui dessinas tous ses linéaments ;


חַדְרֵי יְצוּרָיו וּסְתָרָיו אַתָּה חוֹפֵשׂ כִּי מִשַּׁשְׁתָּ אֶת כׇּל כֵּלָיו:

13:9

Trad. Schwab — 13:9

Tu plonges ton regard dans ses compartiments,
Et fais l’inspection de son moindre ustensile.


עֲלִיּוֹת הָעוֹלֶה עַל רוּחוֹ מְרֻוָּחִים כַּוָּנֵי כַוָּנָתוֹ פְּתוּחִים שְׁקוּפִים אֶל מוּל פְּנֵי מַדָּעָךְ:

13:10

Trad. Schwab — 13:10

De son entendement l’éminent domicile
Se tient tout ostensible à ton attention,
Et tu vois le travail de sa réflexion.


אַתָּה הִצַּבְתָּ מוֹקְשֵׁי חֲרוֹנְךָ יִלְכְּדֻנּוּ בְּעָרְמָתוֹ אַתָּה מוֹשֵׁל בְּגַאֲוָתוֹ:

13:11

Trad. Schwab — 13:11

Aussi c’est au moyen de sa propre finesse,
Qu’il est pris aux filets que ton courroux lui dresse.
Son orgueil sous ta main apprend à s’assouplir.


תִּסּוֹב פְּלָכָיו נְסִיכָיו מַטְרִיפֵי חֻקָּיו נוֹתְנֵי לַחְמוֹ פִּשְׁתּוֹ שַׁמְנוֹ וְשִׁקּוּיָו:

13:12

Trad. Schwab — 13:12

Pour qu’à tous ses besoins il puisse subvenir,
Du sol de ses états tu fixas la limite.


אַתָּה כוֹנַנְתָּ דְּרָכָיו מַעֲרָכָיו חֲנִיכָיו יְלִידֵי בֵיתוֹ:

13:13

Trad. Schwab — 13:13

Tu traces ses chemins, veilles sur sa conduite.
Sa maison tient de toi l’ordre et le personnel ;


כַּנְפֵי שַׁחֲרָיו תִּשָּׂא יָמָיו וְלֵילָיו אַתָּה יָסַדְתָּ וּמִסְפַּר רְגָעָיו תַּגִּיד:

13:14

Trad. Schwab — 13:14

Tu lui règles le temps par la marche du ciel ;
Pour lui le jour brillant succède à la nuit sombre,
Et de tous ses instants tu lui marques le nombre.


תָּשִׂים שְׁפָלִים מִבּוֹר תַּחְתִּיּוֹת לַמָּרוֹם וּגְבוֹהִים עֲלֵיהֶם צוֹלְלִים בִּמְצוּלָה:

13:15

Trad. Schwab — 13:15

Tu tires les petits de leurs profonds fossés
Jusqu’au faîte ; et sous eux les grands sont abaissés.


תַּפִּיל מִשָּׁמַיִם אֶרֶץ נְדִיבֵי אֶרֶץ בְּשֵׁבֶט עֶבְרָתֶךָ תִּתֵּן מְחַבֵּק אַשְׁפַּתּוֹת רוֹכֵב שָׁמַיִם בְּעֶזְרֶךָ:

13:16

Trad. Schwab — 13:16

Tu fais tomber les rois de leur trône sublime,
Par ton terrible sceptre, au plus bas de l’abîme.
Et celui qui naguère embrassait le fumier,
Secouru par toi, monte et marche le premier.


אַתָּה חִזַּקְתָּ בְּרִיחֵי שַׁעֲרֵי שׁוֹמְרֵי תוֹרָה נוֹצְרֵי מִשְׁפָּט אַתָּה שִׁבַּרְתָּ רָאשֵׁי עַם הָאָרֶץ:

13:17

Trad. Schwab — 13:17

De ta religion les adhérents fidèles
Sont gardés aussi bien que dans des citadelles.
Tu garnis de verrous et mets en sûreté,
Les maisons des humains observant l’équité.
Aux mortels corrompus tu fracasses la tête.


אַתָּה רוֹאֶה כְּלָיוֹת וָלֵב וּמֵבִין אֶת כָּל מַעֲשֵׂיהֶם:

13:18

Trad. Schwab — 13:18

Tu vois les cœurs, les reins et leur œuvre complète.


הֲדוֹמְךָ מְרוֹם עוֹלָם עַל גַּפֵּי מְרוֹמֵי הַיְּצִירוֹת יַאֲרִיכוּ רָאשָׁיו לְהַפְלִיא כָּבוֹד לְיַחֵד מֶמְשָׁלָה:

13:19

Trad. Schwab — 13:19

Au haut du ciel se tient l’escabeau de tes pieds,
Que portent sur leurs dos les êtres les premiers ;
Ils allongent la face, en retournant la vue
Pour distinguer ta gloire et ta force absolue.


שָׁם חֶבְיוֹן עֻזֶּךָ שָׁמָּה מַרְכְּבוֹת כְּבוֹדֶךָ לֵאמֹר אֲנִי וְאַפְסִי עוֹד:

13:20

Trad. Schwab — 13:20

De ton pouvoir c’est là l’endroit mystérieux,
Là c’est l’emplacement de tes chars glorieux,
Par qui tu dis : « Je suis et hors de moi personne » !


שָׁמָּה צָפַנְתָּ דּוֹדֶיךָ הַגְּדֻלָּה וְהַגְּבוּרָה וְהַמִּתְנַשֵּׂא לֵאמֹר אֲנִי אֶמְלוֹךְ:

13:21

Trad. Schwab — 13:21

Ce que ta majesté le plus affectionne :
La grandeur, la puissance et l’élévation
Là se cachent aux yeux de l’indiscrétion.
Et c’est là que tu dis : « Seul à jamais je règne ! »


גָּבַהְתָּ מִכָּל יֵשׁ הִתְרוֹמַמְתָּ מִכָּל נִמְצָא וְעֵינֵי רְצוֹנְךָ בִּשְׁפַל מַצָּבֵינוּ יְשׁוֹטְטוּ מֵרֵאשִׁית שְׁנוֹתֵינוּ בָּהֶם עַד אַחֲרִיתָם:

13:22

Trad. Schwab — 13:22

Ta hauteur est extrême : il n’est rien qui l’atteigne.
Sur notre infime état tes regards bienveillants,
Sont fixés du début à la fin de nos ans.


גָּדַלְתָּ מְאֹד מֵהֶבְלֵי פְעָלֵינוּ וְהֶבְלֵי פְעָלֵינוּ תִּבְחָן:

13:23

Trad. Schwab — 13:23

Quoique fort au-dessus de nos œuvres fragiles,
Tu n’en scrutes pas moins nos actions futiles.


נוֹרָאוֹת נִפְלֵאתָ עַל כָּל הַמַּעֲשִׂים וְזֵכֶר כָּל הַמַּעֲשִׂים לְפָנֶיךָ בָּא:

13:24

Trad. Schwab — 13:24

Ton prestige remplit tes ouvrages d’effroi,
Et de tous, la pensée arrive jusqu’à toi.


הַיֵּעָשֶׂה יְיָ אֱלֹהִים דָּבָר בִּלְתִּי אִם נִגְלֶה לְךָ סוֹדוֹ טֶרֶם הֵעָשׂוֹתוֹ:

13:25

Trad. Schwab — 13:25

Que se fait-il, Seigneur, sans qu’avant de se faire
Cela ne t’ait laissé pénétrer son mystère ?


הֲתַעֲלֶה עַל רוּחִי בְּחַדְרֵי מִשְׁכָּבִי גְדוֹלָה אוֹ קְטַנָּה וְאַתָּה אֲדֹנִי הַמֶּלֶךְ לֹא יָדָעְתָּ:

13:26

Trad. Schwab — 13:26

Dans la chambre où je couche, un penser si petit
Qu’il puisse t’échapper, vient-il à mon esprit ?


שִׂכְלְךָ הַגָּבוֹהַּ גּוֹבַהּ גָּבְהֵי שָׁמַיִם שָׁפְלוּ בְעֶרְכּוֹ יָדַע אֶת כׇּל אֲשֶׁר נַעֲשֶׂה בְּעֵמֶק מְצוּלָתֵנוּ אֲשֶׁר הִיא תַּכְלִית תַּחְתִּית כָּל עָמוֹק:

13:27

Trad. Schwab — 13:27

Ta raison, haute au point que des cieux la limite
Soit bien au-dessous d’elle, est néanmoins instruite
De tout ce qui se passe en notre lieu profond,
Lequel des profondeurs forme le dernier fond.


וְאֵין עָלֵינוּ לְהַפְלִיא אֵיךְ וְאֵיכָכָה אַתָּה לְבַדְּךָ תֵּדַע:

13:28

Trad. Schwab — 13:28

Ne recherchons pas d’où tu tiens cette science[1]
Ni pourquoi toi tout seul en as la connaissance ?


וְאֵיךְ תֵּדַע הַהֲפָכִים וְהַמִּינִים הַשּׁוֹנִים בִּידִיעָה אַחַת לְבַד מִכָּל צַד:

13:29

Trad. Schwab — 13:29

Eh ! tu sais plus !… tu sais, d’un savoir absolu
Duquel de toutes parts le multiple est exclu,
L’ensemble des objets, en leur nature adverses,
Et les individus d’espèces si diverses.


וּפְרָטִים מִתְחַדְּשִׁים מִשְׁתַּנִּים בְּלִי תַכְלִית בְּמִסְפָּר בְּמַדַּע אֶחָד קַיָּם וּמַקִּיף עַל כֻּלָּם:

13:30

Trad. Schwab — 13:30

Les cas particuliers changeant à l’infini,
Ton esprit les embrasse en un total uni.


וְהַדְּבָרִים הָעֲתִידִים אֲשֶׁר לֹא יָצְאוּ אֶל הַמְּצִיאוּת בִּידִיעָה אֲמִתִּית בְּלִי הִתָּלוֹת בְּהֶעֱדֵר:

13:31

Trad. Schwab — 13:31

Tu sais d’une manière au dernier point exacte,
Les accidents futurs avant qu’ils soient en acte.


וְהַצּוֹדֵק מִשְּׁנֵי קְצוֹת הָאֶפְשַׁר בֶּעָתִיד בְּהַכְרָעָה סְגֻלִּית נִפְלָאָה מַשְׁאֶרֶת טֶבַע אֶפְשְׁרוּתָם:

13:32

Trad. Schwab — 13:32

Des deux bouts du Possible enfin, dans l’avenir,
Tu vois lequel au juste un jour devra venir,
Sans que pour aucun d’eux le libre caractère
De Possibilité, par ton coup-d’œil s’altère.


מִי יָדַע בְּכָל אֵלֶּה זוּלָתֶךָ:

13:33

Trad. Schwab — 13:33

Est-il encor quelqu’un qui sache tout cela ?


וִידִיעוֹתֵינוּ בָּלוֹת וּמְטֻלָּאוֹת קָצְרוּ מֵהַשִּׂיג אֵיךְ יְדַעְתָּנוּ עִם רֹחַק הַיַּחַשׂ בֵּינוֹתֵינוּ מִצִּדְּךָ וּמִצִּדֵּנוּ:

13:34

Trad. Schwab — 13:34

Notre raison, bien loin d’atteindre jusque-là,
Ne saurait s’expliquer sa propre connaissance :
Ainsi de nous à toi quelle énorme distance !


וְאוּלָם כָּל אֲשֶׁר יָצָא אֶל הַיֵּשׁ אַתָּה יְצַרְתּוֹ וְכָל אֲשֶׁר אַתָּה רוֹאֶה לְךָ הוּא הַנִּסְתָּרוֹת לָנוּ וְהַנִּגְלוֹת:

13:35

Trad. Schwab — 13:35

Rien ne s’est avancé vers la réalité
Qui n’ait été formé grâce à ta volonté.
Et tout ce que tu vois, que nous, pour le connaître
Ayons la force ou non, toi seul en es le maître.


וְאֵיזֶה לְבַב חָכָם יִתְפַּלֵּא כִּי תָשׁוּב תִּתְפַּלֵּא בְּמַעֲשֵׂה יָדֶיךָ:

13:36

Trad. Schwab — 13:36

Nul sage ne croira qu’en ton propre travail
Tu puisses ignorer le plus mince détail.


הֲיִפָּלֵא מֵהַיּוֹצֵר דָּבָר מִמְּלֶאכֶת הַחֹמֶר וּמַעֲשֵׂהוּ:

13:37

Trad. Schwab — 13:37

Un artisan peut-il sans se montrer étrange,
Ne pas savoir comment son œuvre à lui s’arrange ?


אַתָּה הִמְצֵאת כָּל אֲשֶׁר רָאֲתָה הַחָכְמָה לְהַמְצִיאוֹ וַתִּתֵּן בְּטֶבַע מַדָּעֵנוּ אֵלּוּ הַמְּסָכִים וְהַמְּנִיעוֹת:

13:38

Trad. Schwab — 13:38

Tout ce que ta raison a jugé bienséant
Ton verbe créateur l’a tiré du néant.
Tu couvris nos esprits de voiles et d’obstacles,


וְסוֹדָם הִשְׁאַרְתָּ רָשׁוּם בְּחוֹתָם כְּתַב אֲמִתֶּךָ:

13:39

Trad. Schwab — 13:39

Et fermas de ton sceau l’écrit de tes oracles ;


הָאֱמֶת אַתָּה הוּא יְיָ אֱלֹהֵינוּ וְהָאֱמֶת הוּא אָתָּה:

13:40

Trad. Schwab — 13:40

Mais la vérité c’est : « Toi seul es notre Dieu. »
De tout autre savoir celui-ci nous tient lieu.


הֲתִוָּדַע לְמוֹשַׁב לֵצִים הֲתִגָּלֶה לִפְנֵי בְנֵי עַוְלָה:

13:41

Trad. Schwab — 13:41

Ton ineffable essence est-elle révélée,
Aux prévaricateurs, à l’inique assemblée ?


הִנֵּה הַמַּלְאָכִים לֹא עָמְדוּ עַל סוֹד מִכְתָּבְךָ הָאֲמִתִּי הֶחָרוּת בְּלוּחוֹתֵיהֶם וְאֵיךְ נַעֲמֹד אֲנַחְנוּ דִּי לָא אִיתַי אֱנַשׁ דִּי כְתָבָא יָכִיל לְמִקְרֵא:

13:42

Trad. Schwab — 13:42

Les anges n’ont pas su l’interprétation,
Des signes dont leur sein porte l’inscription ;
Et nous dont pas un seul ne lit ces caractères,
Nous en déchiffrerions les sublimes mystères !


הֵן בִּקְדוֹשֶׁיךָ אֲשֶׁר בְּךָ יַאֲמִינוּ לְעוֹלָם לֹא תַאֲמִין וְאֵיךְ תַּשְׁמִין בְּשִׁפְעֲךָ בּוֹעֵט בְּמַלְכּוֹ וּבֵאלֹהָיו:

13:43

Trad. Schwab — 13:43

Aux croyants éprouvés tu n’ajoutes pas foi,
Et tu t’attacherais l’homme sans foi, ni loi ?


אוֹ אֵיךְ יִתּוּשׁ נוֹאָשׁ יִמְצָא חֵן בְּעֵינֶיךָ וְיֵדָעֶךָ:

13:44

Trad. Schwab — 13:44

Une mouche à laquelle on ne songe pas même,
Serait seule à jouir de ta faveur suprême !
Elle pourrait trouver tant de grâce à tes yeux,
Qu’elle te concevrait et t’atteindrait le mieux.


תַּכְלִית מַה שֶׁנֵּדַע בְּךָ שֶׁלֹּא נֵדָעֶךָ:

13:45

Trad. Schwab — 13:45

[2] Au bout de nos efforts par rapport à ton Etre,
Que savons-nous ? sinon qu’on ne peut te connaître.


וְאוּלָם נֵדַע הֱיוֹתְךָ נִמְצָא זֶה חֶלְקֵנוּ מִכָּל עֲמַל הַהִשְׂתַּכְּלוּת וִיגִיעַת הַהַשְׁקָפָה:

13:46

Trad. Schwab — 13:46

Ton existence aussi nous est un fait acquis
De nos réflexions ce sont là les profits.


לְבַד בְּהַשָּׂגַת קְצַת שׁוֹלְלִיּוֹת יִלְבַּשׁ צְדָקָה מְבַקֵּר בְּהֵיכָלֶיךָ וּבַהֲבָנַת הַהַרְחָקוֹת יִקְרַב אִישׁ לְהִשְׁתַּחֲוֹת לָךְ:

13:47

Trad. Schwab — 13:47

D’attributs négatifs les notions discrètes,
Sont les biens que le sage obtient en tes retraites.
Pour s’approcher de toi l’homme a fait de grands pas,
Du moment qu’il comprend tout ce que tu n’es pas.


וְאֵיךְ יֵעָלֵם מְצִיאוּתְךָ עִם גּוֹדֶל פִּרְסוּם פִּלְאֵי מַעֲשֶׂיךָ וְהִגָּלוֹתָם:

13:48

Trad. Schwab — 13:48

Pour ta réalité, qui la dira cachée ?
Par tes œuvres étant, en tous lieux affichée.


וְאִם תַּכְלִית הֵרָאוֹתָם מְחַיֵּב לָנוּ הֵעָלְמָם לְקִצּוּרֵנוּ לֹא בְּכָל זֹאת נֶחְדַּל לְהַכִּיר גָּדְלֶךָ:

13:49

Trad. Schwab — 13:49

Si ton excès d’éclat nous défend de te voir
N’en avouons pas moins ton splendide pouvoir.


כִּי חֹזֶק הִסָּתְרוֹ יָעִיד עָלָיו לַמְּקַצְּרִים כְּמוֹ שֶׁיְּגַלֵּהוּ חֹזֶק הֵרָאוֹתוֹ לַמַּשִּׂיגִים:

13:50

Trad. Schwab — 13:50

Leur éblouissement te prouve aux faibles vues,
Comme aux voyants le font tes clartés soutenues.


כְּמוֹ הָעֲטַלֵּף אֲשֶׁר אוֹר יְקָרוֹת לֹא רָאֲתָה עֵינוֹ לְחֻלְשַׁת כֹּחוֹ וְחוּשׁוֹ וְהוּא בְּהַכְרֵחַ מְצַיֵּר חֹזֶק נִיצוֹץ הַשֶּׁמֶשׁ אַחַר הֱיוֹתוֹ בוֹרֵחַ מִמֶּנּוּ:

13:51

Trad. Schwab — 13:51

Ainsi l’oiseau de nuit dont les débiles yeux,
N’ont jamais contemplé la lumière des cieux,
Doit avoir une idée, incomplète sans doute,
De l’ardeur du soleil qui le met en déroute,


כְּמוֹ שֶׁיְּצַיְּרֵהוּ הַנֶּשֶׁר צִיּוּר אֲמִתִּי בְּרוֹב הִתְקָרְבוֹ אֵלָיו לְהִתְעַנֵּג בְּזִיווֹ:

13:52

Trad. Schwab — 13:52

Comme le roi des airs qui, dans son vif élan,
S’approche en s’y jouant de cet astre brillant,
S’en figure l’image au modèle conforme :


וְאִם שְׁנֵי מִינֵי הַצִּיּוּר אֵין בֵּינֵיהֶם הִדָּמוֹת:

13:53

Trad. Schwab — 13:53

S’ils diffèrent entr’eux, ce n’est que pour la forme.


אַתָּה יָדַעְתָּ מִכָּל יוֹדֵעַ וּמַעֲשֶׂיךָ מוֹכִיחִים כִּי חָכָם מִכָּל חָכָם אָתָּה:

13:54

Trad. Schwab — 13:54

Tu sais plus qu’aucun autre, et tes actes font foi
Qu’il n’est plus un seul sage aussi sage que toi ;


וְעָשִׂיתָ כְּחָכְמָתְךָ מְלָאכוֹת בְּלִי נֶעֱרָכוֹת:

13:55

Trad. Schwab — 13:55

Et c’est conformément à ta propre sagesse
Que tu fis des travaux d’une infinie adresse.


נִפְלָאוֹת לֹא יְשֹׁעֲרוּ נוֹרָאוֹת לֹא יִדָּמוּ הִמְצֵאתָ בְצִיּוּר יְצִירָתִי מַעֲשִׂים אֲשֶׁר לֹא יֵעָשׂוּ עָשִׂיתָ עִמָּדִי:

13:56

Trad. Schwab — 13:56

Surtout en façonnant ma personnalité,
Tu montras ce que peut ta grande habileté.
Car tu créas en moi ce qu’on ne vit au monde :
Un merveilleux ouvrage, une œuvre sans seconde !

Sources — Texte hébreu : Bechinat Olam, Vilna, 1879, numérisé par la Bibliothèque nationale d’Israël, via Sefaria [domaine public] · Traduction française : L’Examen du Monde, suivi de la Prière des Memine. Poèmes hébreux de Rabbi Jedaïah Hapenini, traduits en vers français par Jacques Schwab, rabbin de Rixheim. Mulhouse, imprimerie de J. P. Risler, 1864 [aucune version numérisée disponible en ligne ; transcription établie d’après l’exemplaire imprimé] · Police hébraïque : Ezra SIL (SIL, OFL)

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