יסודות המשכיל

Principes des hommes intelligents

David, fils de Yom Tob, fils de Bilia

Traduit de l’hébreu par S. Klein (1849)

Présentation de l’édition en ligne

L’auteur et son ouvrage

David ben Yom Tob ibn Bilia est un philosophe juif portugais qui vécut entre la fin du XIIIe et le XIVe siècle. On ne connaît ni ses dates exactes ni la ville où il vécut ; le titre de son traité le dit seulement « du royaume de Portugal » (Wikipedia (en)).

Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont la plupart sont perdus ou ne subsistent qu’en partie : un commentaire du Pentateuque, le Me’or ‘Enayim, connu par les citations qu’en firent Joseph Caspi, Gersonide et surtout Samuel Zarza, qui en jugeait souvent les interprétations trop mystiques ; un traité de morale, les Ẓiyyurim ; un traité de logique, les Kelalé ha-Higgayon, dont il ne reste qu’un fragment ; et la traduction d’un traité latin sur les vertus médicinales de la peau de serpent. Certains savants, dont Moritz Steinschneider, l’avaient identifié avec un David ben Yom Tob auteur d’un traité d’astrologie médicale ; on considère aujourd’hui qu’il s’agit de deux personnes distinctes.

Les Yesodot ha-Maskil (« Fondements de l’homme intelligent »), que Salomon Klein a traduits sous le titre Principes des hommes intelligents, s’adressent à une élite de lecteurs : ceux qui étudient les philosophes sans renoncer à la Torah, et ne retiennent de la philosophie que ce qui s’accorde avec les dogmes de la création, de la prophétie et de la Providence.

L’auteur y propose treize principes qui s’ajoutent aux treize articles de foi de Maïmonide. Ensemble, ils forment vingt-six principes, nombre égal à la valeur numérique du Tétragramme. Chaque principe est énoncé en une phrase, brièvement justifié, puis appuyé sur un verset de l’Écriture, l’auteur ayant choisi, dit-il, de ne pas recourir à la démonstration logique.

Les treize principes portent sur :

  1. l’existence des intelligences pures, c’est-à-dire des anges ;
  2. la nouveauté du monde, créé par la pure volonté de Dieu ;
  3. le monde à venir ;
  4. l’émanation des âmes humaines à partir de Dieu ;
  5. la diversité des âmes et leur existence individuelle ;
  6. la distinction entre l’âme reçue à la naissance et celle qui quitte l’homme à la mort ;
  7. la vraie récompense, réservée à l’âme ;
  8. la punition du pécheur, qui l’atteint dans son désir et non dans son savoir ;
  9. la supériorité de la Torah sur les discussions philosophiques ;
  10. le sens caché de la Torah, au-delà de son sens naturel ;
  11. la perfection de la Torah, qui n’a pas besoin de correction ;
  12. la récompense de la bonne action, qui est la bonne action même ;
  13. l’insuffisance des seules bonnes actions pour atteindre la perfection humaine.

L’ouvrage mêle ainsi la philosophie aristotélicienne, telle que la transmettent Avicenne et Maïmonide, à des thèmes que développera la Kabbale, comme le sens ésotérique de l’Écriture ou la préexistence des âmes.

Le traducteur et l’édition de 1849

Salomon Klein (1814-1867), né à Bischheim, en Alsace, fit ses études talmudiques en Alsace et à Dürkheim, puis obtint le baccalauréat de philosophie à Strasbourg (1838) et le diplôme de grand rabbin à Metz (1839). Rabbin à Dürmenach puis à Rixheim (1848), il devint en 1850 grand rabbin de Colmar et du Haut-Rhin, charge qu’il occupa jusqu’à sa mort. Défenseur résolu de l’orthodoxie, il s’opposa aux réformes de la Conférence des grands rabbins de 1856 et fut candidat au grand rabbinat de France en 1866. On lui doit notamment une Nouvelle Grammaire hébraïque raisonnée et comparée (1846) et un Guide du traducteur du Pentateuque (1851). Sa traduction annotée des Principes des hommes intelligents de David ibn Bilia parut en 1849 dans le recueil Dibre Ḥakamim d’Eliezer Ashkenazi (Metz).

Le texte hébreu et la traduction française de Salomon Klein parurent en 1849 à Metz, dans le recueil Dibre Ḥakamim. Klein accompagne sa traduction de notes abondantes, qui situent chaque principe dans la tradition philosophique et rabbinique : Maïmonide, Nachmanide, Juda Halévi (le Cosri), Joseph Albo (les Ikarim), le Zohar, le Talmud et Philon d’Alexandrie. Le texte se clôt sur la souscription d’un copiste, Barsilaï Maïmon, fils d’Ihia.

Sources : Judaïsme d’Alsace et de Lorraine ; Wikipedia.

Sources — « יסודות המשכיל Principes des hommes intelligents » (traduction de S. Klein), p.iii-19, dans Eliezer Ashkenazi (éd.), Sefer Divré Ḥakhamim (ספר דברי חכמים), Metz, impr. J. Mayer Samuel, 5609 [1849], pp. iii-19 · Exemplaire consulté : réimpression photographique de l’édition de Metz, [Tel-Aviv], 1970 [Bibliothèque nationale d’Israël, domaine public].

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