שולחן ערוך — יורה דעה
Shoul’han aroukh — Yoré Déa
Trad. de Pavly & Neviasky (1899)
Lois sur la viande avec du lait — הלכות בשר בחלב
Siman 87. Des espèces de viande qu’il est défendu de mêler avec du lait et de l’explication du terme biblique de « cuire » — אִסּוּר בִּשּׁוּל בָּשָׂר בְּחָלָב (11 articles)
כתוב בתורה לא תבשל גדי בחלב אמו ג’ פעמים אחד לאיסור בישול ואחד לאיסור אכילה ואחד לאיסור הנאה והוציא אכילה בלשון בישול לומר שאינו אסור מן התורה אלא דרך בישול אבל מדרבנן אסור בכל ענין (כל בשר בחלב שאינו אסור מן התורה מותר בהנאה (טור וארוך כלל ל’) .
87.1L’Écriture[1] réitère trois fois le précepte négatif : « Ne fais point cuire le chevreau dans le lait de sa mère », afin de nous indiquer la triple défense appliquée à la mixtion de viande et de lait : D’abord la défense de la cuire, ensuite celle d’en manger, et, enfin, celle d’en tirer un profit quelconque. L’Écriture se sert du terme de « cuire » pour la défense de manger, pour nous apprendre que, selon la loi biblique, la mixtion de viande et de lait n’est défendue qu’autant qu’elle est à l’état des aliments en cuisson, c’est-à-dire chaude ; mais elle est défendue de toutes façons, en vertu d’une ordonnance rabbinique. הגהIl est permis de tirer profit de toute mixtion qui n’est pas défendue en vertu d’une loi biblique.
גדי לאו דוקא דהוא הדין שור שה ועז ולא שנא בחלב אם לא שנא בחלב אחרת אלא שדבר הכתוב בהווה:
87.2Le[2] terme biblique de « chevreau » ne doit pas être pris à la lettre ; on entend sous cette expression également le bœuf, la brebis et la chèvre ; de même il n’y a aucune différence entre le lait de la mère de l’animal et un autre lait ; l’Écriture parle simplement de ce qui arrive le plus fréquemment.
אינו נוהג אלא בבשר בהמה טהורה בחלב בהמה טהורה אבל בשר טהורה בחלב טמאה או בשר טמאה בחלב טהורה מותרי’ בבישול ובהנאה ובשר חיה ועוף אפילו בחלב טהורה מותר בבישול ובהנאה ואף באכילה אינו אסור אלא מדרבנן אבל דגים וחגבים אין בהם איסור אפילו מדרבנן: הגה ונהגו לעשות חלב משקדים ומניחים בה בשר עוף הואיל ואינו רק מדרבנן אבל בשר בהמה יש להניח אצל החלב שקדים משום מראית העין כמו שנתבאר לעיל סי’ ס״ו לענין דם (ד״ע):
87.3La[3] défense de la mixtion ne s’applique qu’à celle de viande et de lait provenant d’un animal pur : si l’un des deux provient d’un animal impur, la cuisson ainsi que la jouissance en sont permises. La cuisson et la jouissance sont permises, si la chair provient d’un animal sauvage ou d’une volaille, alors même que chair et lait proviennent tous les deux d’animaux purs. Une telle mixtion n’est même défendue à manger qu’en vertu d’une ordonnance rabbinique. Tandis que la chair des poissons et des sauterelles n’est même défendue par ordonnance rabbinique. הגה · RemaIl est d’usage de mettre de la chair de volaille dans du lait d’amandes, vu qu’une telle mixtion, quand même le lait serait réel, n’est défendue que par ordre rabbinique ; mais quand il s’agit de chair de bœuf, il faut laisser quelques amandes dans le lait, afin d’éviter la suspicion, ainsi que cela est dit précédemment, § 66, au sujet du sang.
אסור לבשל בחלב אשה מפני מראית העין ואם נפל לתוך התבשיל בטל ואין צריך שיעור: הגה ונראה לפי זה דכל שכן דאסור לבשל לכתחלה בחלב טמאה או בשר טמא בחלב טהור (ד״ע) ודוקא בשר בהמה אבל בעוף דרבנן אין לחוש:
87.4Il[4] est défendu de cuire de la viande dans le lait d’une femme, en raison de la suspicion ; si un tel lait se mêle avec un aliment, il est considéré comme dissous, sans que l’aliment ait besoin de présenter une certaine quantité. הגה · RemaIl en résulte apparemment qu’il est d’autant plus défendu de cuire, de propos délibéré, une mixtion dont l’un des éléments provient d’un animal impur. Mais seulement la chair du bœuf ; tandis que celle de la volaille ne présente aucun inconvénient, sa défense n’étant que rabbinique.
ביצים הנמצאים בעופות אם הם גמורות דהיינו שיש להם חלבון וחלמון אע״פ שהיא מעורה בגידים הרי זה גמורה ומותר לאכלה בחלב אבל אם אין לה אלא חלמון אסור לבשלם בחלב אבל אם אכלם בפני עצמם מותר לאכול אחריהם גבינה או חלב:
87.5On[5] peut manger ensemble avec du lait les œufs trouvés dans la volaille, même adhérés à l’ovaire, pourvu qu’ils soient développés, c’est-à-dire que le blanc et le jaune en soient déjà formés ; mais il est défendu de les cuire avec du lait, s’ils n’ont encore que le jaune. Pourtant on peut manger du fromage ou du lait après avoir mangé de tels œufs.
המעושן והמבושל בחמי טבריה אין לוקין עליו וכן המבשל בשר במי חלב או בחלב מתה או בחלב זכר או שבישל דם בחלב פטור ואין לוקין על אכילתו משום בשר בחלב: הגה וחלב זכר לא מיקרי חלב כלל ואם נפל לתוך קדירה של בשר אינו אוסר אבל חלב מתה ומי חלב אוסרים המאכל כמו חלב עצמה ואפילו בבישול יש לאסור לכתחלה (כן משמע בארוך כלל ל״א) י״א דאסור לחתות האש תחת קדירה של עובד כוכבים לפי שהם מבשלים בהם פעמים חלב פעמים בשר והמחתה תחת קדירה שלהם בא לידי בישול בשר בחלב (הגהת מרדכי פ’ כל הצלמים) עוד כתבו דאין לערב מים שהדיחו בהם כלי בשר עם מים שהדיחו בהם כלי חלב וליתן לפני בהמה דאסורים בהנאה (מהרי״ו) עוד כתבו דהכלי שעושין בו מים לחפיפת הראש אין לשמש בו דעושין אותה מאפר שעל הכירה ורגילות הוא להתערב שם בשר וחלב (מהרי״ל) ולכן יש לאסור גם כן להשתמש מן הקדרות של התנורים שבבית החורף משום דנתזים עליהם לפעמים בשר וחלב מן הקדרות שמבשלים בתנורים (מהרי״ו) ובדיעבד אין לחוש בכל זה ואף לכתחלה אין בזה אלא חומרות בעלמא והמיקל לא הפסיד:
87.6On[6] n’encourt point la peine de flagellation pour avoir mangé la mixtion fumée ou cuite dans des eaux thermales ; il en est de même de la mixtion de viande et de petit lait, de lait provenant d’un animal mort, de lait d’un mâle ou de la mixtion de sang et de lait. הגה · RemaLe lait provenant d’un mâle n’est nullement considéré comme du lait, de sorte qu’il ne rend pas défendu l’aliment de viande dans lequel il vient à tomber. Mais le lait provenant d’un animal mort ainsi que le petit lait rendent bien l’aliment défendu, comme le lait réel ; de propos délibéré, la cuisson même en est défendue. D’aucuns opinent qu’il ne faut pas attiser le feu allumé sous la marmite appartenant à un païen, parce que celui-ci y cuit tantôt de la viande, tantôt du lait, de manière qu’en attisant le feu sous une telle marmite, on cuit la mixtion. Les mêmes auteurs défendent également de mêler les eaux employées à laver la vaisselle servant aux aliments de viande avec les eaux employées à laver la vaisselle servant aux aliments lactés, et de les donner à boire aux bêtes, la jouissance de la mixtion étant également défendue. Enfin, les mêmes auteurs opinent qu’il ne faut faire aucun autre usage du vase contenant l’eau qui sert à frictionner la tête, attendu que cette eau contient de la cendre dans laquelle se mêlent souvent de la viande et du lait. C’est pour la même raison qu’on devrait défendre l’usage des récipients aménagés dans les fours, vu que des gouttes de viande et de lait jaillissent souvent sur ces récipients. Lorsqu’on se trouve en présence d’un fait accompli, on n’a pas à tenir compte de ces opinions aggravantes, et, en passant outre, on ne commet aucun acte répréhensible.
המבשל שליל בחלב חייב וכן האוכלו אבל המבשל שליא או עור וגידים ועצמות ועיקרי קרנים וטלפים הרכים פטור וכן האוכלם פטור:
87.7On[7] encourt une peine en faisant cuire ou en mangeant un fœtus avec du lait ; mais on n’encourt aucune peine, ni en faisant cuire, ni en mangeant l’utérus, la peau, les tendons, les os, les racines des cornes ou les parties molles des cornes des pieds avec du lait.
יש מי שאומר דנסיובי דחלבא (פי’ חלב המתמצת מקפאון הגבינה) אינם בכלל מי חלב ואסור מן התורה אלא מי חלב היינו אחר שעושים הגבינה מבשלים הנסיובי והאוכל צף מלמעלה ולא נשאר בו אלא מים בעלמא זהו הנקרא מי חלב:
87.8Un[8] certain auteur opine que la caséine n’est pas assimilable au petit lait et qu’elle est défendue de par la loi biblique. On entend par petit lait le liquide qui, après la préparation du fromage, se sépare du lait caillé qui nage à la surface ; ce lait, étant très aqueux, est désigné sous le nom de petit lait.
חלב הנמצא בקיבה אינו חלב ומותר לבשל בו בשר אפילו בצלול שבה (טור בשם רי״ף ורמב״ם) ויש מי שאוסר (תוס’ ורא״ש ור״ת ורשב״א ור״ן) (וכן נוהגין):
87.9Le[9] lait trouvé dans la caillette, et même sa partie liquide, n’est pas considéré comme lait ; on peut, partant, le cuire avec de la viande. Un certain auteur le défend. הגהTel est, en effet, l’usage.
חלב הנמצא בקיבה (לכתחלה אין להניחו בקיבה עד שיצטנן החלב בתוך הקיבה (ארוך כלל י״ח בשם רבי שמחה והג״ה אשיר״י) אבל בדיעבד אין לחוש עד) שנמלח בקיבתה או שעמד בו יום אחד (ואז) אסור להעמיד בו: הגה ואם העמיד בו אם הוא הצלול אוסר כל הגבינות עד שיהא ס’ בחלב שהעמיד נגד הקיבה האסורה ואם היה ס’ בחלב הכל מותר ואם היה הקיבה קרושה אינה אוסרת כלום אפי’ לא היה ס’ בחלב נגד הקיבה (לדעת ר״ת) ואם היה הקיבה צלול מתחילה ונקרש יש לו דין צלול (בית יוסף בשם רשב״א ובשם הפוסקים) ויש מקילין בזה (ש״ד ובית יוסף בשם המרדכי) ובמקום הפסד יש להקל עור הקיבה לפעמים מולחים אותו ומייבשין אותו ונעשה כעץ וממלאים אותו חלב מותר דמאחר שנתייבש הוי כעץ בעלמא ואין בו לחלוחית בשר (ב״י בשם שבולי לקט):
87.10Le[10] lait trouvé dans la caillette הגהDe propos délibéré, il ne faut pas l’y laisser se refroidir ; mais, en cas de fait accompli, il n’y a point d’inconvénient à cela., qui a été salé ensemble avec la caillette, ou qui y a séjourné un jour, ne doit plus servir de présure. הגה · RemaSi on s’est servi de sa partie liquide pour faire cailler le lait, tous les fromages sont défendus, à moins qu’ils ne présentent une quantité soixante fois supérieure à celle de la caillette ; mais si on s’est servi de la partie solide, les fromages ne sont pas défendus et, partant, n’ont pas besoin de la quantité mentionnée. Lorsque la partie liquide est devenue solide, on la considère comme liquide. D’aucuns sont plus modérés sous ce rapport ; et en cas de grande perte, on peut se baser sur cette opinion. Il arrive parfois qu’on sale la caillette, qu’on la sèche jusqu’à la rendre semblable au bois, et qu’on la remplit ensuite de lait ; un tel procédé est permis, vu que la peau, dans ce cas, est tellement sèche qu’elle n’a rien de viande.
אם העמיד גבינה בעור קיבת כשרה יש בה טעם בשר אסורה ואם לאו מותרת אבל המעמיד בעור קיבת נבילה וטריפה ובהמה טמאה אוסר בכל שהוא: הגה משום דדבר האסור בעצמו ומעמיד אפילו באלף לא בטיל (כ״כ ב״י לדעת הרשב״א ור״ן) ודוקא שלא היה שם מעמיד אחר רק האסור אבל אם היה שם ג״כ מעמיד היתר הוי זה וזה גורם ומותר אם איכא ס’ נגד האסור (ממשמעות המרדכי) .
87.11Lorsque[11] le lait est caillé à l’aide de la peau d’une caillette provenant d’un animal permis, il est défendu, s’il a le goût de la viande, et permis, s’il en est autrement. Mais si la caillette provient d’un animal nebelâ ou terephâ ou d’un animal impur, un seul atome rend le lait défendu. הגה · RemaParce que tout aliment défendu servant de présure ne se dissout pas entre mille autres. Mais il n’est question ici que du cas où il n’y a qu’une seule présure ; si, au contraire, il y a encore une autre présure permise, alors il y a deux agents actifs et, partant, le lait est permis s’il présente une quantité soixante fois supérieure à celle de la présure défendue.
Siman 88. De la défense de servir de la viande et du fromage sur la même table — אִסּוּר הֶעָלָאַת בָּשָׂר וּגְבִינָה עַל שֻׁלְחָן אֶחָד (2 articles)
אפילו בשר חיה ועוף אסור להעלותו על שלחן שאוכל עליו גבינה שלא יבא לאכלם יחד אבל בשלחן שסודר עליו התבשיל מותר ליתן זה בצד זה:
88.1Il[12] est défendu de servir sur une même table de la viande, même celle provenant d’animaux sauvages ou de volailles, et du fromage, de crainte qu’on ne les mange ensemble. Mais on peut les poser ensemble sur la crédence.
הא דאסור להעלותו על השלחן דוקא בשני בני אדם המכירים זה את זה אפילו הם מקפידים זה על זה אבל אכסנאים שאין מכירין זה את זה מותר ואפי’ המכירים אם עשו שום היכר כגון שכל אחד אוכל על מפה שלו או אפילו אוכלים על מפה אחת ונותנים ביניהם פת להיכירא מותר: הגה ודוקא שאין אוכלין מן הפת המונח ביניהם להיכר אבל אם אוכלין ממנו לא הוי היכר דבלאו הכי הפת שאוכלין ממנו מונח על השלחן (ארוך והגהות אשיר״י) אבל אם נתנו ביניהם כלי ששותין ממנו ובלאו הכי אין דרכו להיות על השלחן הוי היכר אעפ״י ששותין מן הכלי (ב״י בא״ח סי’ קע״ג) וכל שכן אם נתנו שם מנורה או שאר דברים שעל השלחן דהוי היכר ויהיו זהירים שלא לשתות מכלי אחד משום שהמאכל נדבק בכלי (הג״ה אשיר״י ואו״ה) וכל שכן שלא יאכלו מפת אחד וכן נוהגין ליחד כלי של מלח לכל אחד בפני עצמו כי לפעמים טובלים במלח ונשארו שיורי מאכל במלח:
88.2Cette[13] défense ne s’applique qu’au cas où les deux personnes auxquelles ces deux aliments différents sont servis se connaissent, alors même qu’elles sont en mauvais termes ; mais cela est permis lorsqu’il s’agit de deux étrangers qui ne se connaissent guère. Même dans le premier cas, cela est permis, lorsqu’on sépare les aliments d’une façon ostensible, par exemple, lorsque chacun des convives se sert d’une nappe spéciale, ou bien lorsqu’on pose un pain au milieu. הגה · RemaMais, dans ce dernier cas, il faut que les convives ne mangent pas du pain posé au milieu de la table, sans quoi il serait pris pour le pain servant au repas. Mais si c’est un vase à boire qui sert de séparation, les convives peuvent en boire, si d’habitude ce vase n’est pas placé à cet endroit de la table. La séparation est d’autant plus valable, lorsqu’elle est faite à l’aide d’une lampe ou d’un autre objet. Les convives doivent observer de ne pas boire d’un même vase, car l’aliment y adhère ; ils ne doivent, à plus forte raison, manger du même pain. Il est également d’usage de servir à chaque convive une autre salière, en raison des miettes qui y restent parfois en y plongeant les aliments.
Siman 89. De la défense de manger du fromage après avoir mangé de la viande — אִסּוּר אֲכִילַת גְּבִינָה אַחַר בָּשָׂר (4 articles)
אכל בשר אפילו של חיה ועוף לא יאכל גבינה אחריו עד שישהה שש שעות ואפילו אם שהה כשיעור אם יש בשר בין השינים צריך להסירו והלועס לתינוק צריך להמתין: הגה ואם מצא אחר כך בשר שבין השינים ומסירו צריך להדיח פיו קודם שיאכל גבינה (הר״ן פכ״ה) ויש אומרים דאין צריכין להמתין שש שעות רק מיד אם סלק ובירך ברכת המזון מותר על ידי קנוח והדחה (תוס’ ומרדכי פכ״ה והגהות אשיר״י והג״ה מיימוני פ״ט דמ״א וראבי״ה) והמנהג הפשוט במדינות אלו להמתין אחר אכילת הבשר שעה אחת ואוכלין אחר כך גבינה מיהו צריכים לברך גם כן ברכת המזון אחר הבשר (ע״פ הארוך והגהות ש״ד) דאז הוי כסעודה אחרת דמותר לאכול לדברי המקילין אבל בלא ברכת המזון לא מהני המתנת שעה ואין חילוק אם המתין השעה קודם ברכת המזון או אחר כך (ד״ע ממהרא״י ולאפוקי או״ה) ואם מצא בשר בין שיניו אחר השעה צריך לנקרו ולהסירו (ד״ע ממשמעות הר״ן הנ״ל) ויש אומרים דאין לברך ברכת המזון על מנת לאכול גבינה (ארוך בשם מהר״ח) אבל אין נזהרין בזה ויש מדקדקים להמתין שש שעות אחר אכילת בשר לגבינה וכן נכון לעשות:
89.1Après[14] avoir mangé de la viande, même celle provenant d’un animal sauvage ou d’une volaille, il ne faut pas manger du fromage avant l’intervalle de six heures ; et même après cet intervalle, il faut curer les dents, s’il y a des restes de viande dans les interstices. L’intervalle doit être également observé quand on a mâché la viande pour la donner à un enfant. הגה · RemaAprès le curage des dents, il faut rincer la bouche avant de manger le fromage. D’aucuns opinent que l’intervalle de six heures n’est pas nécessaire, mais qu’on peut manger le fromage après avoir enlevé les plats, récité la bénédiction de la fin du repas, et nettoyé et lavé la bouche. Dans nos pays, il est d’usage d’attendre une heure après le repas de viande, avant de manger le fromage ; mais il faut que la bénédiction mentionnée soit récitée ; car alors seulement les deux repas sont distincts, sans quoi non. Il n’est aucune différence si l’heure servant d’intervalle est observée avant ou après la bénédiction. Les restes de viande trouvés dans les interstices doivent être enlevés, même après l’intervalle. D’aucuns opinent que la bénédiction du milieu ne doit pas être récitée expressément dans le but de manger ensuite du fromage ; on n’en tient guère compte. Certains observent rigoureusement l’intervalle de six heures ; il convient d’en faire autant.
אכל גבינה מותר לאכול אחריו בשר מיד ובלבד שיעיין ידיו שלא יהא שום דבר מהגבינה נדבק בהם ואם הוא בלילה שאינו יכול לעיין אותם היטב צריך לרחצם וצריך לקנח פיו ולהדיחו והקינוח הוא שילעוס פת ויקנח בו פיו יפה וכן בכל דבר שירצה חוץ מקימחא ותמרי וירקא לפי שהם נדבקים בחניכין (פי’ מקום למעלה מבית הבליעה קרוב לשינים) ואין מקנחים יפה ואחר כך ידיח פיו במים או ביין במה דברים אמורים בבשר בהמה וחיה אבל אם בא לאכול בשר עוף אחר גבינה אינו צריך לא קינוח ולא נטילה: הגה ויש מחמירין אפילו בבשר אחר גבינה (מרדכי בשם מהר״ם וב״י בא״ח סי’ קע״ג) וכן נוהגין שכל שהגבינה קשה אין אוכלין אחריה אפילו בשר עוף כמו בגבינה אחר בשר (וכן הוא בזוהר) ויש מקילין ואין למחות רק שיעשו קנוח והדחה ונטילת ידים מיהו טוב להחמיר:
89.2Après[15] le fromage, on peut incontinent manger de la viande, pourvu qu’on examine les mains si aucun reste de fromage n’y adhère ; la nuit où cet examen est impraticable, il faut les laver, ainsi que nettoyer et laver la bouche. Le nettoyage s’opère en mâchant du pain ou tout autre aliment, excepté la farine, les dattes ou les légumes, qui adhèrent aux gencives et ne nettoient pas bien. On lave ensuite la bouche avec de l’eau ou du vin. Cela ne s’applique qu’à la viande des animaux domestiques ou sauvages ; mais on peut manger de la viande de volaille après le fromage, sans nettoyage, ni lavage préalable. הגה · RemaD’aucuns défendent également de manger la viande après le fromage. Il est, en effet, d’usage de ne pas manger de la viande, même celle de volaille, après un fromage dur, de même qu’inversement. D’autres le permettent. On ne s’y oppose pas, pourvu qu’on nettoie et qu’on lave la bouche et les mains. Mais il convient d’être sévère à ce sujet.
אכל תבשיל של בשר מותר לאכול אחריו תבשיל של גבינה והנטילה ביניהם אינה אלא רשות (ויש מצריכים נטילה) (שערים והגהות ש״ד) אבל אם בא לאכול הגבינה עצמה אחר תבשיל של בשר או הבשר עצמו אחר תבשיל של גבינה חובה ליטול ידיו: הגה ושומן של בשר דינו כבשר עצמו (רשב״א סימן ש״י ומרדכי והגהת ש״ד) ונהגו עכשיו להחמיר שלא לאכול גבינה אחר תבשיל בשר כמו אחר בשר עצמו ואין לשנות ולפרוץ גדר (ארוך וב״י) מיהו אם אין בשר בתבשיל רק שנתבשל בקדירה של בשר מותר לאכול אחריו גבינה (שם) ואין בו מנהג להחמיר וכן נוהגין לאכול בשר אחר תבשיל שיש בו גבינה או חלב מיהו יש ליטול ידיו ביניהם ואפי’ לא יאכל בשר ממש רק תבשיל של בשר אחר תבשיל של גבינה אם נגע בהן בידיו (בשערים והג״ה שערי דורא) שמש המשמש בסעודה ונוגע באוכלין אינו צריך נטילה דלא הצריכו נטילה רק לאוכלים (ב״י בשם רש״י):
89.3Après[16] un aliment de viande, on peut manger un aliment lacté ; le lavage intermédiaire n’est, en ce cas, que facultatif. הגהD’aucuns exigent le lavage. Mais si l’on veut manger du fromage même après un aliment de viande, ou inversement, le lavage devient obligatoire. הגה · RemaLa graisse de viande est assimilée à la viande même. De nos jours, il est d’usage de ne pas manger de fromage même après un aliment de viande, de même qu’après la viande même. Il ne faut pas déroger à cet usage et ouvrir la porte aux abus. Cependant si l’aliment ne contient pas de viande, mais qu’il est cuit dans une marmite servant à la viande, on peut manger du fromage ensuite, sans que l’usage s’y oppose. Tel est, en effet, l’usage de manger de la viande après les aliments lactés, seulement on lave les mains dans l’intervalle ; il en est de même quand on mange un aliment de viande après un aliment lacté qu’on a touché avec les mains. Celui qui sert les plats n’a pas besoin du lavage quand il touche aux aliments, le lavage n’étant prescrit que pour les convives.
מי שאכל גבינה ורוצה לאכול בשר צריך לבער מעל השלחן שיורי פת שאכלו עם הגבינה ואסור לאכול גבינה על מפה שאכלו בה בשר (וכן להפך אסור) (כן משמע בארוך) וכל שכן שאסור לחתוך גבינה אפי’ צוננת בסכין שרגילין לחתוך בשר ולא עוד אלא אפילו הפת שאוכלים עם הגבינה אסור לחתוך בסכין שחותכין בה בשר: הגה וכן להפך נמי אסור מיהו על ידי נעיצה בקרקע קשה שרי (ב״י בשם א״ח וכל בו) אבל כבר נהגו כל ישראל להיות להם שני סכינים ולרשום אחד מהם שיהא לו היכר ונהגו לרשום של חלב ואין לשנות מנהג של ישראל:
89.4Après[17] le repas au fromage, il faut enlever les miettes de pain de la table, avant de servir la viande. Il est, en outre, défendu de servir le fromage sur la même nappe que la viande, הגהde même inversement. Il est d’autant plus défendu de couper du fromage, même froid, avec un couteau servant à couper la viande ; et même le pain qu’on mange avec le fromage, ne doit pas être coupé avec le couteau servant à couper la viande. הגה · RemaIl est également défendu d’agir inversement. Mais il suffit d’enfoncer le couteau dans de la terre durcie. Mais il est d’usage parmi les Israélites d’avoir deux couteaux différents et d’en marquer l’un, afin de le reconnaître. L’usage est de marquer le couteau servant aux aliments lactés ; et on ne doit pas déroger aux usages établis en Israël.
Siman 90. Du pis — דִּין הָעֲטִינָה (4 articles)
הכחל (פי’ הדד של הבהמה) אסור מדברי סופרים שאין בשר שנתבשל בחלב שחוטה אסור מן התורה לפיכך אם קרעו ומירק החלב שבו מותר לצלותו ולאוכלו ואם קרעו שתי וערב וטחו בכותל עד שלא נשאר בו לחלוחית חלב מותר לבשלו עם הבשר וכחל שלא קרעו בין של קטנה שלא הניקה בין של גדולה אסור לבשלו ואם עבר ובשלו בפני עצמו (וכ״ש אם צלאו) מותר לאכלו ואם בשלו עם בשר אחר משערין אותו בששים וכחל מן המנין כיצד אם היה הכל עם הכחל כמו ששים בכחל הכחל אסור והשאר מותר ואם היה בפחות מששים הכל אסור בין כך ובין כך אם נפל לקדירה אחרת אוסר אותה ומשערין בו בס’ כבראשונה שהכחל עצמו שנתבשל נעשה כחתיכה האסורה ואין משערין בו אלא כמות שהוא בעת שנתבשל לא כמו שהיה בשעה שנפל: הגה ויש אומרים דאם נפל תחילה לקדירה שאין בה ס’ ונאסר הכחל אם נפל אחר כך לקדירה אחרת אין הכחל מצטרף לס’ (טור בשם הרשב״א וד״ע לר״ן דלא כב״י לר״ן) וכן עיקר:
90.1Le[18] pis est défendu par ordre rabbinique, attendu que, d’après la loi biblique, la viande cuite dans du lait provenant d’un animal saigné n’est pas défendue. Aussi peut-on griller et manger le pis après l’avoir découpé et débarrassé du lait qu’il renferme. Si on l’a découpé en forme de croix et pressé contre le mur, de manière qu’il n’y reste plus aucune trace de lait, on peut le cuire ensemble avec d’autre viande. Lorsque le pis n’est pas découpé au préalable, qu’il provienne d’un animal jeune qui n’a pas encore tété ou d’un animal développé, il est défendu de le cuire. Si l’on a transgressé ce précepte et cuit le pis seul הגהet d’autant plus si on l’a grillé, on peut le manger ; si on l’a cuit avec d’autre viande, il faut que celle-ci présente une quantité soixante fois supérieure à celle du pis, en y comprenant le pis, c’est-à-dire, si le tout présente une telle quantité, le pis est défendu et le reste permis ; sinon, tout est défendu. Dans tous les cas, s’il tombe dans une autre marmite, tout est défendu, à moins que ladite marmite ne présente une quantité de viande soixante fois supérieure à celle du pis, de même que précédemment, car le pis cuit constitue, lui-même, un morceau défendu ; on évalue d’après son volume au moment de la cuisson, et non de celui qu’il avait au moment d’y tomber. הגה · RemaD’aucuns opinent que si la première marmite dans laquelle le pis est tombé ne contenait pas la quantité mentionnée, celui-ci n’est pas compris dans l’évaluation pour la seconde marmite. Cette opinion est la plus fondée.
נהגו שלא לבשלו עם בשר כלל ולבשלו בלא בשר בטיגון או בפשטיד״א מצריכין קריעה שתי וערב וטיחה בכותל ולצלי קריעה שתי וערב הגה ואם עבר ובשלו אם קרעו שתי וערב וטחו בכותל יש להתיר בדיעבד (סה״ת והמרדכי והג״ה מיימוני והטור וע״פ עת״ח) במקום הפסד מרובה אבל בלאו הכי אין להתיר ומה שנהגו לקורעו ולחתכו כמה פעמים שתי וערב על פני כולו עדיף ומהני יותר מטיח’ בכותל (ת״ה סי’ קפ״ב) ולצלי נוהגין לכתחלה לקורעו שתי וערב וטיחה בכותל (ארוך כלל י״ח) מיהו אם עבר וצלאו אפי’ בלא קריעה שרי אם נצלה לחוד בלא בשר עמו (הג״ה מיימוני וש״ד והטור וע״פ) ואם נצלה עם בשר עמו אם נקרע שתי וערב וטחו בכותל שניהם מותרים ואם לאו העליון מותר והתחתון אסור (בית יוסף בשם תוס’ והרא״ש ומרדכי וארוך) ואין לאסור שניהם שמא נתהפך השפוד דבדיעבד לא מחזקינן איסורא (או״ה) אבל לכתחלה אין לצלותו עם בשר כלל ולקדירה בלא בשר נוהגין בו איסור לכתחלה (רש״י והפוסקים) וה״ה לטגן אפי’ בלא בשר (בית יוסף) ואפי’ נתייבש הכחל (או״ה) ואם עבר ובשלו בקדירה לבדו בדיעבד מותר אם נקרע שתי וערב וטחו בכותל (רש״י וראב״ן וש״ד ומרדכי וע״פ) מיהו אם נתייבשה דהיינו לאחר שלשים יום אם עבר ובשלו אפילו עם בשר מותר בדיעבד (ש״ד והג״ה והר’ יחיאל) ולעשות פשטיד״א מן הכחל בלא בשר נהגו בו היתר אם אין אופין הפשטיד״א במחבת אבל במחבת דינו כמו בשול בקדירה (מהרא״י בהג״ה וארוך כלל י״ח) ויש פרושים המחמירים בכל פשטיד״א אם לא נתייבש הכחל תחילה. יש מחמירין שלא לאפות פשטיד״א כחל עם של בשר בתנור קטן רק יש להניח אחד בפי התנור (ת״ה סימן קפ״ב) וטוב ליזהר לכתחלה אף כי אינו אלא חומרא בעלמא (ב״י וארוך):
90.2Il[19] est d’usage de ne pas cuire le pis avec d’autre viande. Lorsqu’on veut le frire seul, ou dans des pâtés, il faut le découper préalablement en forme de croix et le presser contre le mur ; mais, pour le griller, il suffit de le découper préalablement en forme de croix. הגה · RemaEn cas où, transgressant la loi, on l’a cuit avec d’autre viande, on le déclare permis si l’on se trouve déjà en présence d’un fait accompli et s’il s’agit d’une grande perte ; autrement non. L’usage de pratiquer sur le pis plusieurs incisions cruciales est préférable à celui de le presser contre le mur. Pour le griller, on le prépare, de propos délibéré, de la façon précédente ; mais en présence d’un fait accompli, il est permis, même sans préparation aucune, s’il était grillé seul. S’il l’était, dans ces conditions, avec d’autre viande, on déclare permis le seul morceau situé au-dessus ; tout ce qui se trouve placé au-dessous est défendu. Mais on ne déclare pas tous les morceaux défendus, de crainte que la broche ne se soit retournée, attendu qu’en présence d’un fait accompli, on n’appréhende rien. De propos délibéré, on s’abstient de le cuire ou frire dans une marmite, même sans autre viande et même quand il est séché. En présence d’un fait accompli, il est permis si, avant la cuisson, il a été préparé de la manière indiquée. S’il est séché depuis trente jours, il est permis, même cuit avec d’autre viande. Il est d’usage d’employer le pis pour des pâtés cuits dans le four, mais non pas pour ceux cuits dans une poêle, car la poêle est assimilable à la marmite. Certains hommes zélés s’abstiennent de l’employer pour toutes sortes de pâtés, s’il n’est pas séché. D’aucuns défendent de cuire ensemble dans un petit four les pâtés préparés au pis avec ceux préparés autrement, et exigent qu’on place les uns près de l’ouverture du four. Bien que ce ne soit qu’un simple acte de surérogation, il convient de tenir compte de cela de propos délibéré.
מותר לחתוך כחל רותח בסכין שחתכו בו בשר (וכל שכן כחל חי אע״פ שהיא מלאה חלב) (תא״ו ני״א) וכן מותר לחתוך בשר בסכין שחתכו בו כחל וכן הדין לאכול זה בכלי שאכלו בו זה: הגה וה״ה לצלות זה בשפוד שצלו בו זה והוא הדין דמותר להניחו בקערה עם בשר צלי אפילו שניהם חמים דלאחר צליית הכחל דינו כשאר בשר לכל דבר (ב״י בשם הרשב״א והארוך) ודוקא שנצלה כדינו דהיינו שקרעוהו תחילה שתי וערב וטחוהו בכותל אבל אם עבר וצלאו בלא קריעה או קריעה מועטת כל דברים אלו לכתחלה אסורים (טור וב״י) ובדיעבד הכל מותר ואם קרעוהו כדינו וצלאו אע״פ שמצא אח״כ גומות מלאות חלב אין לחוש (ארוך כ’ י״א) וכן אם הניחו כך שלם קודם צלייתו עם חלבו יום שלם מותר ולא אמרינן כבוש כמבושל בכי האי גוונא. (שם) :
90.3Il[20] est permis de couper un pis chaud avec un couteau servant à découper la viande. הגהÀ plus forte raison un pis cru, même rempli de lait. Il en est de même inversement. La vaisselle de l’un peut également servir à l’autre. הגה · RemaOn peut employer pour l’un la broche qui a servi à l’autre. Il est, en outre, permis de les placer, même chauds, sur un seul plat ; car, une fois grillé, le pis est assimilable à d’autre viande. Mais alors seulement qu’il a été préparé de la façon mentionnée ; sinon, tous ces cas sont défendus, de propos délibéré, et permis en présence d’un fait accompli. On ne tient pas compte des excavations remplies de lait qu’on trouve dans le pis préparé conformément à la loi et grillé ; de même on ne tient pas compte du séjour du lait dans le pis durant un jour avant d’être grillé ; car, en pareil cas, le séjour dans un liquide n’est pas assimilable à la cuisson.
לצלות כחל או למולחו עם הבשר דינו כדין צליית או מליחת כבד עם בשר ויש מי שמתיר למלוח כחל על הבשר: הגה ואין למלחו עם בשר אבל בדיעבד בכל ענין מותר (ארוך כלל י״ח) עור הקיבה לאחר שהוסר חלבו מתוכו והודח יש לו דין שאר בשר ומותר למלחו עם שאר בשר ואין לו דין כחל כלל (שם):
90.4Pour[21] griller ou saler le pis ensemble avec d’autre viande, on se conforme à la loi relative au foie. Un certain auteur permet de saler le pis avec d’autre viande. הגה · RemaIl ne faut pas le saler avec d’autre viande, mais c’est permis en présence d’un fait accompli. La caillette, une fois débarrassée du lait et lavée, est assimilable à d’autre viande, et peut, partant, être salée ensemble, n’ayant aucune analogie avec le pis.
Siman 91. Du mélange de viande et de lait — דִּין תַּעֲרֹבֶת בָּשָׂר וְחָלָב (8 articles)
בשר וגבינה שנגעו זה בזה מותרים אלא שצריך להדיח מקום נגיעתן ומותר לצור אותם במטפחת אחת ולא חיישינן שמא יגעו זה בזה:
91.1Le[22] contact de viande et de fromage n’offre point d’inconvénient ; en pareil cas, il faut laver les surfaces par lesquelles les aliments se touchaient. Il est permis d’envelopper ces deux aliments dans une même serviette, et on n’appréhende pas le contact.
כל מידי דבעי הדחה כגון להניח בשר היתר צונן בקערה של איסור צונן אסור לכתחלה דילמא אכיל בלא הדחה ודוקא מבושל דלאו אורחי’ בהדחה אבל מידי דאורחיה בהדחה כגון בשר חי וכיוצא בו שרי לכתחילה: הגה ודוקא דבר שיש בו לחלוחית קצת אבל דבר יבש ממש אם לא בלע הכלי רק בצונן מותר להניח בו דבר יבש בלא הדחה כלל (ד״ע) וע״ל סימן קכ״ב:
91.2Il[23] est défendu de mettre, de propos délibéré, les aliments dans un état qui rendrait un lavage indispensable, par exemple, de mettre de la viande froide dans un plat défendu et froid également, de crainte qu’on n’omette le lavage. Mais seulement des aliments qu’on ne lave pas d’habitude, tels que des aliments cuits ; tandis qu’il est permis d’agir ainsi, même de propos délibéré, avec des aliments qu’on lave ordinairement, par exemple, de la viande crue ou quelque aliment semblable. הגה · RemaIl n’est question ici que d’aliments un peu liquides ; mais il est permis de déposer des aliments complètement solides dans un vase défendu, s’il est froid, et on n’a besoin d’aucun lavage. V. plus loin, § 122.
צריך ליזהר שלא יגע בשר בלחם שאם יגע בו אסור לאכלו עם גבינה וכן יזהר שלא יגע בו גבינה שאם יגע בו אסור לאכלו עם בשר:
91.3Il[24] faut faire attention que la viande ne touche pas le pain, car il serait défendu, le cas échéant, de manger ce pain avec du fromage. Il en est de même du fromage, dont le contact rendrait le pain défendu d’être mangé avec de la viande.
בשר וחלב רותחין שנתערבו יחד ואפי’ בשר צונן לתוך חלב רותח או חלב צונן לתוך בשר רותח הכל אסור משום דתתאה גבר אבל חלב רותח שנפל על בשר צונן או בשר רותח שנפל לתוך חלב צונן קולף הבשר ושאר הבשר מותר (ובמקום שהבשר צריך קליפה אם לא קלפוהו ובשלו כך מותר בדיעבד) (ארוך כלל כ״ט) והחלב מותר כולו (רמב״ם ור״ח ור״י וע״פ) ואם נפלו זה לתוך זה צוננין מדיח הבשר ומותר:
91.4Lorsque[25] de la viande et du lait, tous les deux chauds, sont mêlés ensemble, ou même lorsque l’un est froid et tombe sur l’autre qui est chaud, tous les deux sont défendus, car c’est toujours l’aliment de dessous qui l’emporte ; mais lorsque c’est l’aliment chaud qui tombe sur l’aliment froid, on ratisse la viande et le reste en est permis. הגהDans tous les cas où la viande a besoin d’un ratissage, elle est permise lorsqu’on se trouve en présence d’un fait accompli, qu’elle a été cuite sans ratissage. Le lait est tout permis. Si tous les deux sont froids, il suffit de laver la viande.
מליח שאינו יכול ליאכל מחמת מלחו דהיינו כעין מליח שמולחים לקדירה ושהה כדי מליחה לקדירה כל זמן שלא הדיחו מיקרי אינו נאכל מחמת מלחו: הגה וי״א דלאחר ששהה במלחו שיעור מליחה לא מקרי אח״כ רותח (תוס’ והרא״ש פכ״ה וסמ״ג לחד שינוייא) ולצורך גדול כגון בהפסד מרובה והוא לצורך סעודת מצוה יש לסמוך אמקילין אבל בלאו הכי אין להקל כלל (ת״ה סימן קנ״ט) אפי’ לא נמלח הבשר משני צדדיו רק מצד אחד כל שנמלח מליחה שאינו נאכל מחמת מלחו מחשב רותח (ב״י בשם תשובת הרשב״א סי’ רס״ה) אבל כל שלא נמלח כל כך מחשב צונן אפי’ נמלח משני צדדין וי״א דאנן אין בקיאים בדבר ויש לנו לחשוב אפילו מליחת צלי כרותח (ארוך כ״י) וטוב להחמיר במקו’ שאין הפסד מרובה: ומליח כעין מליח דבעי לה לארחא אפי’ לאחר שהדיחו הוי אינו נאכל מחמת מלחו וכל זמן שלא שראו במים דינו כרותח לאסור כדי קליפה ואין חילוק בין מליח עליון ותפל תחתון למליח תחתון ותפל עליון לעולם המליח מבליע בתפל ואינו בולע ממנו הילכך בשר וגבינה המלוחים שנגעו זה בזה צריך לקלוף שניהם מקום נגיעתם ואם אחד מהם מלוח והשני תפל המלוח מותר בהדחה והתפל צריך קליפה: הגה וי״א דבכל מליחה אנו משערין בס’ (רוב המורים קמאי ובתראי) ועיין לקמן סימן ק״ה כיצד נוהגין והא דטהור מלוח וטמא תפל שרי היינו שהטמא יבש אבל אם הוא דבר צלול נאסר הטהור מאחר שאינו נאכל מחמת מלחו בולע האיסור שאצלו ושניהם אסורים (כן משמע במרדכי וכ״כ בהגהו’ מיימוני וש״ד וסמ״ג והגהת מרדכי) ודוקא שהטהור לח קצת אבל אם הוא יבש לגמרי אינו בולע מדבר לח שאצלו. ואם הם יבשים אפילו הם מלוחים או לחים ולא מחמת מליחה סגי בהדחה: הגה כל ציר מבשר שנמלח אפילו לא נמלח רק לצלי חשוב רותח (הגהות מיימוני פ״ט בשם מ״כ וש״ד והג״א מא״ז ואגודה פכ״ה) ולכן אם נפלה ציר על הגבינה או על כלי אוסר (ארוך) אפילו במקום שאין הבשר אוסר דלא נחשב רותח מכל מקום הציר חשיב אינו נאכל מחמת מלחו. וציר של בשר שאוסר שנפל על הכלי צריך הגעלה ואם הוא כלי חרס צריך שבירה (ש״ד שם ואו״ה) ואם לא נפל רק על מקום אחד בכלי עץ וכיוצא בו קולף מקומו ודיו (או״ה וע״ל ס״ד הג״ה א’):
91.5Tout[26] aliment salé à un tel degré qu’on ne peut plus le manger, par exemple, le salage de la viande avant la cuisson, et qui a séjourné dans le sel le délai réglementaire pour la viande, est considéré, aussi longtemps qu’il n’est pas lavé, comme aliment qu’on ne peut manger par suite du sel. הגה · RemaD’aucuns opinent qu’après le délai réglementaire, l’aliment n’est plus considéré comme chaud. En cas de grande perte et à l’occasion d’un repas prescrit par la loi, on peut se baser sur cette opinion ; autrement non. La viande est considérée comme chaude alors même qu’elle n’est salée que d’un seul côté. Mais si elle n’est pas salée au degré mentionné, elle est considérée comme froide, même salée de tous les deux côtés. D’aucuns opinent que, n’étant pas à même de faire cette distinction, nous devons considérer la viande comme chaude alors même qu’elle n’est salée que pour être grillée. Il convient de tenir compte de cette opinion quand il ne s’agit pas d’une grande perte. Le salage pratiqué sur les aliments destinés à être emportés en voyage rend les aliments chauds, même après le lavage, de sorte qu’on est obligé de ratisser les aliments, aussi longtemps qu’ils ne sont trempés dans l’eau. Il n’y a aucune distinction à faire si l’aliment salé est placé sur l’aliment non salé, ou inversement ; attendu que c’est toujours l’aliment salé qui communique sa saveur à l’aliment non salé, mais n’en absorbe guère. Aussi, quand la viande et le fromage qui se touchent sont tous les deux salés, faut-il les ratisser tous les deux, à l’endroit du contact ; si l’un seul est salé, il suffit de laver celui-ci, et l’autre non salé doit être ratissé. הגה · RemaD’aucuns opinent qu’en fait de salage, il faut toujours évaluer d’après la quantité soixante fois supérieure. V. § 105, relatif à l’usage. On ne déclare permis quand l’aliment permis est salé et que l’aliment défendu n’est point salé, qu’autant que ce dernier est solide ; mais s’il est liquide, il rend l’autre également défendu ; car ne pouvant être mangé par suite du sel, il absorbe la saveur de l’autre, de sorte que tous les deux sont défendus. Mais seulement quand l’aliment permis est un peu liquide ; tandis qu’il n’absorbe jamais la saveur de l’autre s’il est complètement solide. Si tous les deux sont solides, même salés, ou humides par une autre cause que le sel, il suffit de les laver. הגה · RemaLa saumure de viande salée, même salée pour être grillée, est considérée comme chaude. Il s’ensuit que la saumure rend défendu le fromage ou le vase sur lequel elle tombe ; même dans le cas où la viande n’en fait pas autant, parce qu’elle n’est pas considérée comme chaude, la saumure l’est bien. Le vase touché de la saumure défendue a besoin d’être échaudé ; s’il est en terre, il faut le briser. Si la saumure n’a touché le vase qu’à un seul endroit, et si celui-ci est en bois ou une matière semblable, il suffit de ratisser cet endroit.
היכא אמרינן דאינו אוסר אלא כדי קליפה כשאין שום אחת מהחתיכות שמינה שאם היתה שמינה כולה אסורה (ע״ל סימן ק״ה סי״א) וכן חברתה אסורה כולה מפני שהשומן מפעפע (ועיין לקמן סימן ק״ה):
91.6Le[27] ratissage ne suffit qu’autant qu’aucun des morceaux n’est gras, car s’il en est ainsi, tout le morceau est défendu, ainsi que le morceau voisin, car la graisse se répand dans toute l’épaisseur הגהV. plus loin, § 105..
הא דמפלגינן בין נאכל מחמת מלחו לאינו נאכל מחמת מלחו הני מילי בבשר חי אבל צלי רותח שנפל למליח אפילו נאכל מחמת מלחו בעי קליפה (עיין ס״ק כ’) ואם יש בו בקעים או שהוא מתובל בתבלין והוא צלי רותח כולו אסור: הגה וה״ה אפוי ומבושל (מהרא״י בהגהו’ ש״ד והגהת מרדכי וסמ״ק ורש״ל) וי״א דאפילו הם צוננים דינא הכי (ב״י לדעת הרא״ש ובת״ה וטור) וכן יש לנהוג אם אין הפסד מרובה:
91.7La[28] distinction entre les divers degrés de salage ne s’applique qu’à de la viande crue ; mais la viande grillée et chaude qui tombe dans des aliments salés, même à un faible degré, a besoin d’un ratissage ; et si elle a des excavations, ou si elle est épicée, elle est entièrement défendue. הגה · RemaDe même si elle est frite ou cuite. D’aucuns opinent qu’il en est de même, quand les aliments sont froids. Il convient de s’y conformer quand il ne s’agit pas d’un cas de grande perte.
אין בשר בחלב נאסר ע״י מליחה או ע״י כבוש אלא באכילה אבל לא בהנאה:
91.8La[29] viande salée avec du lait, ou trempée dedans, n’est défendue qu’à être mangée ; mais la jouissance en est permise.
Siman 92. Du lait tombé dans une marmite de viande — חָלָב שֶׁנָּפַל לְקְדֵרָה שֶׁל בָּשָׂר (9 articles)
כזית בשר שנפל לתוך יורה של חלב רותח טועם העובד כוכבים הקדירה אם אמר שיש בה טעם בשר אסורה ואם לאו מותרת אפי’ בפחות מששים ואותה חתיכה אסורה במה דברים אמורים בשקדם והוציא החתיכה קודם שתפלוט חלב שבלעה דהיינו קודם שתנוח היורה מרתיחה אבל אם לא הספיק לסלקו עד שתוכל לפלוט החלב שבלעה אע״פ שטעמו עובד כוכבים ואין בו טעם כלל אסור אא״כ יש בו ס’: הגה וע״ל סימן צ״ח דאין אנו נוהגין לסמוך אטעימת עובד כוכבים ובעינן ס’ בכל ענין:
92.1Lorsqu’un[30] morceau de viande de la grandeur d’une olive vient à tomber dans un récipient contenant du lait chaud, on fait déguster le lait à un païen ; si celui-ci y constate la saveur de la viande, le lait est défendu ; sinon, il est permis, alors même qu’il n’offre pas une quantité soixante fois supérieure à celle de la viande. Mais le morceau de viande est défendu. Pourtant, il n’en est ainsi qu’autant que le morceau de viande en a été extrait avant qu’il n’ait rendu le lait absorbé, c’est-à-dire qu’il a été extrait avant la cessation de l’ébullition ; mais s’il n’en était extrait que plus tard, alors même que le païen n’y constate en le dégustant aucune saveur de viande, il est défendu, à moins qu’il ne présente une quantité soixante fois supérieure à celle de la viande. הגה · RemaV. plus loin, § 98, où il est dit que nous n’avons pas coutume de nous en remettre à la dégustation d’un païen, et que, partant, nous exigeons, dans tous les cas, une quantité soixante fois supérieure.
נפל חלב לתוך קדירה של בשר טועמין החתיכה שנפל עליה החלב אם אין בה טעם חלב הכל מותר ואם יש בחתיכה מטעימת חלב נאסרה אותה חתיכה (ולדידן דאין סומכין אעובדי כוכבים בעינן ששים בחתיכה ואם לאו כולה אסורה) ומשערין בכולה אם היה בכל מה שיש בקדירה מהחתיכת והירק והמרק והתבלין כדי שתהא חתיכה זו אחד מששים מהכל החתיכה אסורה והשאר מותר במה דברים אמורים בשלא ניער הקדרה בתחילה כשנפל החלב אלא לבסוף ולא כיסה אבל אם ניער מתחילה ועד סוף או שכיסה משעת נפילה ועד סוף הכל מצטרף לבטל טעם החלב: הגה וכן אם לא ניער כלל לא בתחילה ולא בסוף ולא כיסה כלל אם יש ס’ בקדירה נגד טיפת חלב שנפל אינו אסור רק החתיכה לבד ושאר הקדירה מותר (בית יוסף בשם הראב״ד והמגיד משנה בשם הרמב״ם) וכן אם ניער בתחלה או כסה מיד אע״ג דלא ניער ולא כיסה לבסוף כל הקדירה מצטרף והוא שניער וכיסה מיד שנפל שם האיסור (טור וב״י בשם ר״י ן’ חביב): וכן אם נפל לתוך המרק או לחתיכות ולא נודע לאיזו חתיכה נפל נוער את הקדירה כולה עד שישוב ויתערב הכל אם יש בקדירה כולה טעם חלב אסורה ואם לאו מותרת ואם לא נמצא עובד כוכבים שיטעום ונסמוך עליו משערים בששים (עכ״ל רמב״ם): הגה ויש חולקין וסבירא להו דאינו מועיל מה שנוער הקדירה אם לא שניער מיד שנפל האיסור (טור) והכי נהוג:
92.2Lorsque[31] du lait vient à tomber dans une marmite de viande, on déguste le morceau touché par le lait : si on ne constate aucune saveur de lait, tout est permis ; le cas échéant, ce morceau est défendu. הגהNous, qui ne nous en remettons guère à la dégustation d’un païen, nous exigeons que le morceau offre une quantité soixante fois supérieure à celle du lait, sans quoi tout est défendu. On évalue tout le contenu de la marmite ; si tout le contenu de la marmite, y compris les autres morceaux, les légumes, la sauce et les épices, présente une quantité soixante fois supérieure à celle du morceau touché par le lait, ce morceau seul est défendu et le reste est permis ; il n’est question ici que du cas où la marmite n’a pas été remuée dès le commencement et où elle n’a pas été couverte ; mais s’il en est ainsi, tout son contenu contribue à dissoudre le lait. הגה · RemaDe même si elle n’a été remuée ni au commencement ni à la fin, ni n’a été couverte, on ne déclare défendu que le morceau seul, mais le reste est permis, si le contenu de la marmite présente une quantité soixante fois supérieure à celle de la goutte de lait y tombée. Il en est de même lorsque la marmite a été remuée ou couverte au commencement sans l’être à la fin, pourvu qu’elle ait été remuée ou couverte aussitôt après que l’aliment défendu y est tombé. De même lorsque le lait tombe dans la partie liquide de la marmite, ou sur un morceau qu’on ne peut pas distinguer, on remue la marmite pour en confondre tous les morceaux ; si on y constate une saveur de lait, le contenu de la marmite est défendu ; sinon, il est permis. Lorsqu’on ne trouve pas un païen pour lui faire déguster, on évalue d’après la quantité mentionnée. הגה · RemaD’aucuns contestent cet avis, en prétendant que l’acte de remuer la marmite n’a d’utilité qu’autant qu’il est accompli immédiatement après que l’aliment défendu y est tombé. Tel est, en effet, l’usage.
כשנאסרה החתיכה מחמת החלב נעשית כל החתיכה איסור ואם בשלה עם אחרות צריך ששים לבטל כולה ואם מכירה משליכה והאחרות מותרות ואם אינו מכירה הרוטב מותר וכל החתיכות אסורות אם חתיכת האיסור ראויה להתכבד:
92.3Lorsqu’un[32] morceau de viande devient défendu par suite du contact avec du lait, la défense s’étend sur toutes les parties du morceau, de sorte que, si on le cuit avec d’autres morceaux, il faut que ceux-ci représentent une quantité soixante fois supérieure à celle du morceau entier. Si on le reconnaît, on le jette, et les autres morceaux sont permis ; sinon, la partie liquide est permise, tandis que tous les morceaux sont défendus, si le morceau y tombé est présentable.
לא אמרו חתיכה עצמה נעשית נבילה אלא בבשר בחלב אבל לא בשאר איסורים כגון כזית חלב שנבלע בחתיכה ואין בה ששים לבטלו ונאסרה ואחר כך בישלה עם אחרות אין צריך אלא ששים כדי כזית חלב ואז אפילו חתיכה עצמה חוזרת להיות מותרת: הגה וי״א דאמרינן בכל האסורים חתיכה נעשית נבילה (תוס’ וסמ״ג וסמ״ק ומרדכי והאחרוני’) וכן המנהג פשוט ואין לשנות ודוקא אם האסור דבוק בחתיכת היתר או שהחתיכה כולה חוץ לרוטב ונפל עליה איסור אבל אם מקצת החתיכה תוך הרוטב ואין האיסור דבוק בו לא אמרינן חתיכה נעשית נבילה ומצטרף כל הקדירה לבטל האיסור ומכל מקום יש להחמיר לאסור אותה חתיכה (ארוך כלל כ״ח) וכל זה בשאר איסורים אבל בבשר בחלב אע״פ שאין האסור דבוק ומקצת החתיכה תוך הרוטב אמרינן חתיכה נעשית נבילה יש אומרים דלא אמרינן חתיכה נעשית נבילה אם נתערב איסור לח בהיתר לח ואחר כך נתערב הכל בהיתר אחר ואין צריכים רק ששים נגד האיסור שנפל (מרדכי פכ״ה ורשב״א ור״ן בשם ראב״ד) ויש לסמוך על זה בשאר אסורים לצורך הפסד גדול אבל לא בבשר בחלב ואם נתערב יבש ביבש לא אמרינן בשום איסור חתיכה נעשית נבילה. וע״ל סימן צ״ט ס״ק ט״ו מדין חתיכה נעשית נבילה כלי הנאסר מבליעת איסור לא אמרינן ביה חתיכה נעשית נבילה ולא בעינן ס’ רק נגד האיסור שבלע (מרדכי פג״ה וע״ל סימן צ״ח):
92.4La[33] loi relative à l’extension de la défense ne s’applique qu’au mélange de viande et de lait, mais non pas aux autres défenses. Ainsi lorsqu’un morceau absorbe de la graisse défendue le volume d’une olive et ne présente pas la quantité exigée pour dissoudre la graisse, il suffit, quand ce morceau vient à être cuit avec d’autres, que ces derniers présentent une quantité de soixante olives, c’est-à-dire, soixante fois autant que la graisse, pour que le morceau même qui l’a absorbée devienne permis. הגה · RemaD’aucuns opinent que la loi relative à l’extension de la défense s’applique à toutes sortes de défenses. Tel est l’usage, et il ne faut pas y déroger. Mais à la condition que la défense soit adhérente au morceau, ou que celui-ci s’élève entièrement au-dessus de la partie liquide ; mais si une de ces conditions n’est pas remplie, la loi relative à l’extension ne s’y applique pas, donc tout le contenu de la marmite contribue à dissoudre la défense. Il convient pourtant de déclarer le morceau même défendu. Mais seulement chez les autres genres de défenses ; tandis que chez un mélange de viande et de lait, la loi mentionnée s’applique, alors même qu’aucune des conditions susdites n’est remplie. D’aucuns opinent que la loi relative à l’extension ne s’applique pas aux aliments liquides. On peut se baser sur cette opinion chez les autres genres de défenses, en cas de grande perte, mais non pas chez le mélange de viande et de lait. Chez les aliments solides, la loi d’extension ne s’applique à aucun genre de défense. V. plus loin, § 99, art. 15, au sujet de la loi d’extension. À un vase qui a absorbé une défense on n’applique pas la loi d’extension ; donc, il suffit d’une quantité soixante fois supérieure à la défense absorbée par le vase.
טיפת חלב שנפלה על הקדירה שאצל האש מבחוץ אם נפלה כנגד התבשיל אין צריך אלא ס’ כנגד הטיפה שמפעפעת לפנים והוי כאילו נפלה בתבשיל ואם נפלה במקום הריקן והיא מפעפעת בדופן הקדירה עד סמוך לרוטב כל כך שאין ס’ כנגד הטיפה הרי נאסר אותו מקום הקדירה ואם יערה התבשיל דרך מקום הקדירה שנאסר הרי יאסר התבשיל וזה תקנתו שיניחנה כך ולא יגע בה עד שתצטנן: הגה ודוקא אם הקדרה ישנה אבל אם היא חדשה בכל ענין א״צ ס’ רק נגד הטיפה שנפל עליה כדלקמן סי’ צ״ד גבי כף:
92.5Lorsqu’une[34] goutte de lait vient à tomber sur la surface extérieure d’une marmite de viande près du feu, il suffit que le contenu de la marmite présente une quantité soixante fois supérieure à la goutte de lait, si celle-ci est tombée sur la paroi au-dessous du niveau formé par les aliments, car, dans ce cas, la goutte de lait se répand dans l’intérieur de la marmite, et est assimilable à une goutte tombée dans les aliments mêmes. Mais si elle est tombée sur la partie de la paroi au-dessus du niveau, elle se répand dans l’épaisseur de la paroi et atteint la partie liquide renfermée dans la marmite ; or, cette partie de la paroi ne présentant pas une quantité soixante fois supérieure à celle de la goutte, elle devient défendue, de sorte qu’elle rendrait défendus les aliments qui y toucheraient en vidant la marmite. Il n’y a donc, en pareil cas, aucun autre moyen que de laisser la marmite se refroidir avant d’y toucher. הגה · RemaMais seulement quand la marmite a déjà servi ; tandis que, quand elle est neuve, il suffit, dans tous les cas, d’une quantité soixante fois supérieure à la goutte, ainsi que cela est le cas plus loin, § 94, au sujet d’une cuillère.
נהגו העולם לאסור כשנפלה על הדופן שלא כנגד הרוטב ודוקא כשנופל באותו צד שאינו כנגד האש אבל אם נפל כנגד האש מותר שהאש שורפו ומייבשו (ואז הקדירה נמי שרי) (הגהות ש״ד וארוך כלל ל״א) ודוקא בדבר מועט כגון טיפה אבל אם נפל הרבה אין להתיר אפי’ אם נפל כנגד האש אא״כ כנגד הרוטב וע״י ס’: הגה ואז הקדירה הוי אסורה אפילו יש ס’ בתבשיל נגד הטיפה שנפלה ויערה מיד התבשיל ממנו בצד אחר שלא כנגד הטיפה ואם בשלו בקדירה תבשיל אחר דינו כמו בפעם הראשון (ארוך כלל ל״א):
92.6Il[35] est d’usage de déclarer défendu quand la goutte est tombée sur la partie de la paroi de la marmite au-dessus du niveau, mais seulement du côté opposé au feu ; tandis que le feu sèche la goutte, si elle tombe de son côté. הגהDans quel cas, la marmite est également permise. Pourtant il n’est question que d’une goutte ; mais s’il tombe du lait en plus grande quantité, même du côté du feu, on ne déclare permis qu’autant qu’il tombe au-dessous du niveau des aliments et que ceux-ci présentent une quantité soixante fois supérieure à celle du lait. הגה · RemaLa marmite reste alors défendue, même s’il y a la quantité exigée ; il faut donc vider immédiatement la marmite du côté opposé à celui où est tombé le lait. Pour une seconde cuisson dans cette même marmite, on procède comme pour la première.
יש מי שמתיר בשעת הדחק כגון בערב שבת אפי’ שלא כנגד הרוטב אפילו שלא כנגד האש על ידי ס’: הגה והכי נהוג (ארוך) ואם נשפך חלב או שאר איסור רותח על גבי קרקע והעמידו עליו קדירה חמה אם מה שנשפך אינו אצל האש לא הוי רק כלי שני ולכן הקדירה אסורה דבולע קצת והתבשיל מותר דתתאה גבר (הגהת ש״ד סימן כ״ה) וקלוח מן הקדירה רותחת שהלך אל קדירה צוננת אם נפסק הקלוח מן הקדירה הרותחת קודם שהגיע אל הצונן הוי נמי ככלי שני (כך משמע בשערים מתשובת מוהר״ם) ואם לא נפסק הוי כעירוי והקדירה הצוננת נאסרה אם היד סולדת בקלוח הנוגע בקדירה (ת״ה סי’ קפ״ה) והתבשיל שבתוכה שרי דאין עירוי אוסר רק כדי קליפה אבל אם הקדירה היא חמה והוא כלי ראשון וכ״ש עומד אצל האש אפי’ הקלוח הוא צונן הכל אסור דתתאה גבר והוי כצונן לתוך חם דכולו אסור (כך משמע מב״י) כמו שנתבאר לעיל סי’ צ״א. טפה הנופל’ על גבי כיסוי קדירה דינה כנפלה על גבי קדירה נגד הרוטב והוא שהתחיל הקדירה להרתיח דאז עולה הזיעה תמיד ומגיע אל הכיסוי ויורד משם אל הרוטב (ארוך כלל ל״א וש״ד):
92.7Un certain auteur[36] déclare, dans un cas pressant, par exemple à la veille du Sabbath, les aliments permis s’ils présentent la quantité mentionnée, alors même que le lait est tombé au-dessus du niveau et sur le côté opposé au feu. הגה · RemaTel est l’usage. Lorsqu’on vient à poser une marmite chaude sur du lait ou un autre liquide défendu chaud et répandu par terre, le lait ou le liquide défendu n’est considéré que comme un second vase, s’il n’est pas près du feu ; donc, la marmite est défendue, parce qu’elle absorbe un peu ; alors que les aliments qu’elle renferme sont permis, attendu que c’est le dessous qui l’emporte. Lorsqu’un liquide s’épanche d’une marmite chaude et va atteindre une autre marmite froide, on le considère également comme un second vase, s’il y a solution de continuité ; sinon, on le considère comme un jet ; la marmite froide devient donc défendue si le liquide qui l’atteint est assez chaud pour brûler la main, tandis que les aliments y renfermés sont permis ; car le jet ne nécessite qu’un ratissage. Mais si la marmite est chaude et un premier vase, et à plus forte raison si elle est près du feu, tout est défendu, alors même que le liquide qui l’atteint est froid, car c’est le dessous qui l’emporte ; donc ce cas ressemble à un aliment froid tombé dans un aliment chaud, où tout est défendu, ainsi que cela est dit précédemment, § 91. Une goutte tombée sur le couvercle du pot est assimilable à une goutte tombée au-dessous du niveau du liquide renfermé dans le pot ; mais à la condition que le pot ait déjà commencé à bouillir, car alors la vapeur monte au couvercle et retombe dans le liquide.
מחבת של חלב שנתנו בכירה תחת קדירה של בשר הזיעה עולה ונבלע בקדיר’ ואוסרת’: הגה אם היה חלב במחבת בעינן ס’ בתבשיל שבקדירה נגד החלב שבמחבת (ד״ע) וכל זה מיירי שהמחבת מגולה והזיעה עולה מן המאכל עצמו לקדירה שעליה (ארוך) וגם מיירי שהוא בקרוב כל כך שהיד סולדת בזיעה במקום שנוגע בקדירה אבל אם אין היד סולדת בזיעה הכל שרי ולכן תולין בשר לייבש על קדירות של חלב ולא חיישינן לזיעה שעולה (פסקי מהרא״י סימן ק״ג) וכן אם המחבת מכוסה הכל שרי מידי דהוי אשתי קדירות נוגעות זו בזו דאין אוסרין זו את זו בנגיעה כל שכן בזיעה (מרדכי פרק כ״ה) מיהו לכתחלה יש ליזהר בכל זה (הגהות ש״ד):
92.8Lorsqu’on[37] pose une casserole de lait dans le four au-dessous d’un pot de viande, la vapeur de la casserole monte et rend le pot défendu. הגה · RemaSi la casserole contient du lait, il faut que le pot de viande présente une quantité soixante fois supérieure à celle du lait. Mais alors seulement que la casserole est découverte, de façon que la vapeur monte directement du lait au pot, et alors seulement que les vases sont aussi rapprochés que la vapeur brûle la main quand on la tient à la hauteur du vase supérieur ; mais tout est permis s’il en est autrement. C’est pourquoi il est d’usage de suspendre de la viande, pour la sécher, au-dessus des pots de lait, et on ne se préoccupe pas de la vapeur. De même lorsque la casserole est couverte, tout est permis, car le cas est semblable à deux pots qui se touchent ; or, puisque le contact n’offre pas d’inconvénient, il en est ainsi, à plus forte raison, de la vapeur. Pourtant, de propos délibéré, il faut éviter tout cela.
נר של חלב עשוי כנר של שעוה שנטף ממנו טפה על כלי אין צריך כי אם גרידה אבל חלב מהותך חם שנפל ממנו טפה על כלי צריך הגעלה:
92.9Lorsqu’une[38] goutte d’une chandelle de suif, faite à l’instar des chandelles de cire, vient à tomber sur un vase, il suffit de ratisser le vase ; mais si une goutte de suif chaud et fondu vient à tomber sur un vase, celui-ci a besoin d’être échaudé.
Siman 93. De la défense de cuire le lait dans un pot ayant servi à la viande — אִסּוּר בִּשּׁוּל חָלָב בְּקְדֵרַת בָּשָׂר (1 article)
קדירה שבשל בה בשר לא יבשל בה חלב ואם בישל בה בתוך מעת לעת אסור בנותן טעם (וצריך לשער נגד כל הקדירה) אבל אם שהה מעת לעת קודם שבישל בה הוי ליה נותן טעם לפגם ומותר התבשיל אבל הקדרה אסורה לבשל בה לא בשר ולא חלב: הגה אבל שאר דברים מותר (ריב״ש סימן קכ״ו בשם סמ״ק ובהגמי״י פ״ו) ודין כסוי קדרה כדין קדירה עצמה (ד״ע ואו״ה) ויש מחמירים בכיסוי לומר דאע״פ שאינו בן יומו דינו כאילו היה בן יומו (בהגהות ש״ד בשם קובץ) וכן נוהגין בקצת מקומות וכן אני נוהג מפני המנהג והוא חומרא בלא טעם (ד״ע) ומכל מקום במקום שיש שום צד להתיר בלאו הכי או שהוא לצורך שבת או הפסד יש להתיר אם אין הכיסוי בן יומו כמו בקדירה עצמה ואם לקחו כיסוי רותח מקדירה של בשר ונתנו אותו על קדירה של חלב אם שניהם חמים שניהם אסורים אם יש מאכל בקדירה של בשר וחלב ואם הכיסוי צונן והקדירה חמה נמי שניהם אסורים אם התחיל להזיע תחת הכיסוי דתתאה גבר (או״ה) ואם הכיסוי חם והקדירה צוננת הכל שרי (שם) רק המאכל צריך קליפה (לדעת הגהת ש״ד ולא כאו״ה שם) אם אפשר לקלפו ואם לאו הכל שרי ואם לא היה מאכל בקדירה הכל שרי דהוי כשתי קדירות שנגעו זו בזו (הכל ד״ע לסברת הארוך):
93.1Il[39] ne faut pas cuire du lait dans un pot ayant servi à la cuisson de la viande ; si cela est fait dans un espace de vingt-quatre heures, le second aliment est défendu s’il a la saveur du précédent. הגהOn évalue la quantité exigée sur le pot entier. Mais s’il y avait un intervalle de vingt-quatre heures entre une cuisson et l’autre, la saveur communiquée est altérée ; donc, l’aliment est permis, mais le pot ne peut plus servir ni à la cuisson de la viande, ni à celle du lait. הגה · RemaMais on peut y cuire d’autres aliments. Le couvercle du pot est assimilable au pot même. D’aucuns sont plus sévères et assimilent la cuisson après l’intervalle à celle effectuée avant l’intervalle. Tel est l’usage en certains pays, et, moi-même, j’ai coutume d’agir ainsi, en suivant l’usage établi. Mais ce n’est qu’un acte surérogatoire, sans fondement légal. Aussi lorsque d’autres circonstances militent en faveur du cas, ou bien lorsque les aliments doivent servir au repas du Sabbat, ou enfin lorsqu’il s’agit d’un cas de grande perte, déclare-t-on permis si le couvercle n’a servi qu’après l’intervalle, ainsi que cela est le cas chez le pot même. Lorsqu’on couvre un vase de lait avec le couvercle chaud d’un vase de viande, si tous les deux sont chauds et si tous les deux contiennent des aliments, tous les deux sont défendus ; il en est de même lorsque le couvercle est froid et le vase chaud, si le vase répand de la vapeur, car c’est celui de dessous qui l’emporte ; mais inversement, tout est permis, seulement il faut ratisser les aliments, si cela est possible ; sinon, tout est permis. Si le pot ne contient pas d’aliments, tout est permis, car ce cas est assimilable à celui de deux pots qui se touchent.
Siman 94. D’une cuillère servant aux aliments lactés plongée dans un pot de viande — כַּף שֶׁל חָלָב שֶׁנָּפַל לְקְדֵרַת בָּשָׂר (9 articles)
התוחב כף חולבת בקדרה של בשר או איפכא משערים בכל מה שנתחב ממנו בקדירה (אם הכף בן יומו דהיינו ששמשו בו בכלי ראשון תוך מעת לעת) (ארוך כלל ל״ז) ויש מי שאומר שאם הכף של מתכת משערים בכולו משום דחם מקצתו חם כולו (וסברא ראשונה עיקר וכן נוהגין) (מרדכי וש״ד והגהותיו וארוך) (וע״ל סי’ צ״ח):
94.1Lorsqu’on[40] plonge une cuillère servant aux aliments lactés dans un pot de viande, ou inversement, on évalue d’après la partie de la cuillère plongée. הגהSi la cuillère est du jour, c’est-à-dire, si elle a servi à un premier vase dans l’intervalle de vingt-quatre heures. Un certain auteur prétend que lorsque la cuillère est en métal, on évalue d’après la cuillère entière, car le chauffage d’une partie profite à la totalité. הגהLa première opinion est la plus fondée. Tel est, en effet, l’usage.
אם תחב הכף בקדירה שני פעמים ולא נודע בנתים צריך ב’ פעמים ששים (וי״א דסגי בפעם א’ ששים וכן נוהגים) (ת״ה סימן קפ״ג והגהות ש״ד וארוך):
94.2Lorsqu’on[41] a plongé la cuillère deux fois dans le pot sans s’en apercevoir, il faut que le contenu du pot présente deux fois la quantité exigée. הגהD’aucuns opinent qu’il suffit d’une seule fois. Tel est, en effet, l’usage.
אם יש ס’ לבטל הכף הקדירה והתבשיל מותרים אבל הכף אסור בין עם בשר בין עם חלב לפי שהיא בלועה מבשר בחלב ואפילו בדיעבד אוסרת אם חזרו ותחבוה בין בבשר בין בחלב כל זמן שהיא בת יומא ואם אין ס’ הכל אסור בהנאה אפי’ הקדרה אך מותר לתת לתוכה פירות או צונן כיון שאינו נהנה מגוף האיסור:
94.3Lorsqu’il[42] y a la quantité exigée pour dissoudre la cuillère, le pot et les aliments sont permis, mais la cuillère ne peut plus servir, ni à la viande, ni au lait, attendu qu’elle a déjà absorbé de tous les deux ; aussi rend-elle défendu un aliment aussi bien que l’autre, même en cas d’un fait accompli, si on y plonge dans l’intervalle de vingt-quatre heures. Mais s’il n’y a pas la quantité exigée, la jouissance du tout est défendue, même celle du pot ; il est pourtant permis d’y mettre des fruits ou des aliments froids, attendu qu’en pareil cas on ne profite pas directement de la chose défendue.
אם אין הכף בן יומו הקדרה והתבשיל מותרים והכף אסור לכתחלה בין עם בשר בין עם חלב ומ״מ בדיעבד אינה אוסרת כיון שלא היתה בת יומא:
94.4Si[43] la cuillère n’est pas du jour même, le pot et les aliments sont permis, mais la cuillère ne peut plus servir, de propos délibéré, ni à la viande, ni au lait. Pourtant, en présence d’un fait accompli, elle ne rend pas défendus les aliments dans lesquels elle est plongée, attendu qu’elle n’est pas du jour.
אם בשלו מים בקדרה חדשה ותחבו בה כף חולבת ואחר כך חזרו ובשלו בה מים פעם אחרת ותחבו בה כף של בשר ושתי הכפות היו בני יומן ובשום אחד מהפעמים לא היו במים ששים אסור להשתמש בקדירה לא בשר ולא חלב אבל שאר דברים מותר לבשל מאחר שהיתה חדשה שלא בשלו בה מעולם: הגה מיהו אם עבר ובישל בה בשר או חלב מותר דהוי נותן טעם בר נותן טעם (הגהות מיימוני פ״ט) קדרה שבשלו בה ירקות או מים ותחבו בה כף בן יומו והקדירה אינה בת יומה או להפך או שיש במאכל ששים הכל שרי ונוהגין להחמיר לאכול המאכל כמין הכלי שהוא בן יומו ולאסור הכלי שאינו בן יומו (ארוך כלל ל״ז) ואינו אלא חומרא בעלמא כי מדינא הכל שרי:
94.5Lorsqu’on[44] a bouilli de l’eau dans un pot neuf à deux reprises différentes et qu’on y a plongé chaque fois une cuillère, la première fois une cuillère servant aux aliments lactés, et la seconde fois une cuillère servant aux aliments de viande, et que l’eau n’avait, ni la première fois, ni la seconde fois, la quantité exigée, il est défendu d’employer ce pot ni à la viande, ni au lait ; mais on peut y cuire autre chose, attendu qu’il est neuf, n’ayant jamais servi. הגה · RemaMais si on y cuit de la viande ou du lait, c’est permis, attendu que la saveur absorbée a passé par un intermédiaire. Lorsqu’on plonge une cuillère du jour dans un pot rempli de légumes ou d’eau, mais qui n’est pas du jour, ou inversement, tout est permis, s’il y a la quantité exigée. Il est d’usage de considérer les aliments comme appartenant à la nature de l’ustensile qui est du jour, et de déclarer défendu l’ustensile qui n’est pas du jour. Cela n’est qu’un acte surérogatoire, car, d’après la loi, tout est permis.
בצלים או ירקות שבלועים מבשר ובשלם בקדרה חולבת אם ידוע כמה בשר בלוע בבצלים ובירקות אין צריך ס’ אלא כנגד הבשר: הגה דלא שייך לומר חתיכה נעשית נבילה הואיל ועדיין כולו היתר ולכן אין צריך לשער רק נגד מה שבלע וכל שכן בקדירה של חלב שבשלו בה מים תוך מעת לעת ואח״כ בשלו בה בשר לא אמרינן דצריך לשער נגד כל המים רק נגד החלב שבלע הקדירה (משמעות הטור וב״י):
94.6Lorsqu’on[45] cuit dans un pot servant au lait des oignons ou des légumes qui ont absorbé de la viande, il ne faut que soixante fois autant que la viande contenue dans les oignons ou légumes, si on en connaît la quantité. הגה · RemaCar la loi d’extension ne s’applique pas à ce cas, attendu que tout est encore permis. Il en est de même à plus forte raison lorsqu’on cuit de la viande dans un pot ayant servi au lait et dans lequel on a bouilli de l’eau entre une cuisson et l’autre ; il ne faut donc pas soixante fois autant que l’eau bouillie, mais soixante fois autant que le lait absorbé par le pot.
בשר רותח שחתכו בסכין חולבת כל החתיכה אסורה אם אין בה ששים כנגד מקום הסכין שחתך הבשר אבל אם אינו בן יומו או אם אינו יודע שהוא בן יומו אינו אוסר אלא כדי קליפה : הגה וכל זה בבשר רותח בכלי ראשון ואז אם הסכין בן יומו ואין ס’ בבשר נגד הסכין הכל אסור ואף הסכין צריך הגעלה אבל אם הוא כלי שני הבשר צריך קליפה והסכין נעיצה בקרקע (ארוך כלל ל״ז) וכן נוהגין ואפילו אין הסכין בן יומו יש לקלוף הבשר מעט משום שמנונית הסכין (טור וב״י בשם סמ״ק):
94.7Lorsqu’on[46] coupe de la viande chaude avec un couteau ayant servi aux aliments lactés, tout le morceau est défendu s’il ne présente une quantité soixante fois supérieure à celle des faces formées par la coupure. Mais si le couteau n’est pas du jour, ou en cas de doute, il suffit de ratisser les faces formées par la coupure. הגה · RemaMais il n’est question ici que d’une viande provenant d’un premier vase, c’est alors que tout est défendu si le couteau est du jour et s’il n’y a pas la quantité exigée ; même le couteau, en pareil cas, doit être échaudé. Mais si la viande provient d’un second vase, il faut ratisser la viande et enfoncer le couteau dans de la terre. Tel est l’usage. Même quand le couteau n’est pas du jour, il faut ratisser un peu la viande, à cause des substances grasses qui adhèrent au couteau.
אם נפל לתנור פנאד״ש גבינה אפי’ לחה וכן גבינה חמה בקערת בשר בת יומא אינו אוסר אלא כדי קליפה:
94.8Lorsque[47] du fromage, même un peu liquide, tombe sur une poêle, ou lorsque du fromage chaud tombe sur un plat ayant servi à la viande ce jour même, il suffit de le ratisser.
בשלו דבש במחבת של בשר בת יומא והריקוהו חם בקערה של חלב בת יומא מותר משום דהוי נותן טעם בר נותן טעם דהיתירא (ד״ע):
94.9Lorsqu’on[48] a cuit du miel dans un pot ayant servi ce jour même à la viande, et qu’on l’a transvasé chaud dans un pot ayant servi ce jour même au lait, il est permis, attendu que la saveur absorbée a passé par un intermédiaire permis.
Siman 95. S’il est permis de manger avec du fromage les poissons et les œufs cuits dans un pot de viande — דָּגִים וּבֵיצִים שֶׁנִּתְבַּשְּׁלוּ בִּקְדֵרַת בָּשָׂר (7 articles)
דגים שנתבשלו או שנצלו בקדירה של בשר רחוצה יפה שאין שום שומן דבוק בה מותר לאכלם בכותח משום דהוי נותן טעם בר נותן טעם דהיתירא ואם לא היתה רחוצה יפה אם יש בממש שעל פי הקדירה יותר מאחד בששים בדגים אסור לאכלם בכותח:
95.1Il[49] est permis de manger avec des aliments lactés les poissons cuits ou frits dans un vase ayant servi à la viande, mais bien lavé, de façon qu’il n’y reste adhérée aucune substance grasse, attendu que la saveur absorbée passe, en pareil cas, par un intermédiaire permis. Mais lorsque le vase n’est pas bien lavé et que les poissons ne représentent pas soixante fois autant que la substance grasse adhérente à la paroi du vase, il est défendu de les manger avec des aliments lactés.
ביצה שנתבשלה במים בקדירה חולבת מותר לתת אותה בתוך התרנגולת אפילו לכתחלה אבל אם נתבשלה בקדרה עם בשר ואפילו בקליפה אסור לאכלה בכותח: הגה ויש מחמירים בצלייה ובישול לאסור נותן טעם בר נותן טעם (ריב״ן בשם רש״י ובארוך כלל ל״ד הביא המרדכי וא״ז) והמנהג לאסור לכתחילה ובדיעבד מותר בכל ענין (ארוך) ודוקא לאכול עם חלב והבשר עצמו אבל ליתנן בכלי שלהם מותר לכתחלה (באיסור והיתר הארוך) וכן נהגו וכן אם לא נתבשלו או נצלו תחילה רק עלו בכלי של בשר מותר לאכלן עם חלב עצמו וכן להפך (סברת עצמו) וכן אם היה הכלי שנתבשלו או נצלו בו לפגם שלא היה בן יומו נוהגין היתר לכתחילה לאכלן עם המין השני (שם בארוך) וכל זה כשהמאכל אינו דבר חריף אבל אם היה דבר חריף כגון שבשלו דברים חריפים בכלי של בשר אפי’ אינו בן יומו או שדכו תבלין במדוך של בשר אם אכלו בחלב אוסר אפילו בדיעבד עד דאיכא ס’ נגד הבשר הבלוע בהם (בארוך כלל כ״ד וכן משמע בתשובת הרשב״א סי’ תמ״ט וב״י סי’ צ״ו בשם סה״ת והגהו’ ש״ד סי’ ס״ב בשם מהר״ש ואגור בשם מרדכי) ומכל מקום לא מקרא מאכל דבר חריף משום מעט תבלין שבו רק אם כולו הוא דבר חריף ורובו ככולו וע״ל סימן צ״ו:
95.2Il[50] est permis de farcir une volaille, même de propos délibéré, avec un œuf cuit dans un vase servant au lait ; mais il est défendu de manger avec des aliments lactés un œuf cuit, même avec la coque, dans un pot contenant de la viande. הגה · RemaD’aucuns sont plus sévères sous ce rapport et défendent chez les aliments grillés ou cuits même la saveur passée par un intermédiaire. L’usage est de déclarer ce cas défendu de propos délibéré, et permis lorsqu’on se trouve en présence d’un fait accompli. Mais seulement pour les manger ensemble avec du lait ou de la viande, tandis qu’il est permis, même de propos délibéré, de les mettre dans le vase servant à l’un ou à l’autre aliment. Tel est l’usage. De même lorsqu’ils n’étaient pas cuits ou grillés, mais simplement mis dans un vase de viande, on peut les manger avec du lait, et inversement. Lorsque le vase n’est pas du jour et communique une saveur altérée, il est d’usage de les manger, de propos délibéré, avec l’autre aliment. Mais à condition que les aliments ne soient pas épicés ; si, au contraire, on a cuit des aliments épicés dans un vase de viande, même s’il n’est pas du jour, ou si on a pilé des piments dans un mortier servant aux aliments de viande, il est défendu de les manger avec du lait, même en cas de fait accompli, à moins qu’ils ne présentent une quantité soixante fois supérieure à celle de la viande absorbée. On n’appelle pas l’aliment épicé quand il n’y a que peu d’épice ; il faut que l’aliment en soit composé entièrement ou en grande partie. V. § 96.
קערות של בשר שהודחו ביורה חולבת בחמין שהיד סולדת בהן אפילו שניהם בני יומן מותר משום דהוה ליה נותן טעם בר נותן טעם דהתירא והוא שיאמר ברי לי שלא היה שום שומן דבוק בהן ואם היה שומן דבוק בהן צריך שיהא במים ס’ כנגד ממשות שומן שעל פי הקערה: הגה ויש אוסרים אפילו אין שומן דבוק בהן (טור בשם סה״ת וסמ״ג וסמ״ק וש״ד והר״ף ותוס’ ומרדכי ור״ן והגמ״יי ופסקי מהרא״י ואו״ה) אלא א״כ אחד מן הכלים אינן בני יומן מבליעת כלי ראשון ואז כל הכלים מותרים והמים נוהגין בהן איסור לכתחילה אבל אם שניהם בני יומן והדיח אותן ביחד בכלי ראשון הכל אסור והכי נוהגין ואין לשנות ודוקא שהודחו ביחד ובכלי ראשון אבל אם הודחו זה אחר זה או בכלי שני אפילו ביחד הכל שרי (בארוך כלל ל״ד) ואם עירה מכלי ראשון של בשר על כלי חלב דינו ככלי ראשון ואוסר אם היה בן יומו אבל אם עירה מים רותחים שאינן של בשר ולא של חלב על כלים של בשר ושל חלב ביחד ואפילו שומן דבוק בהם הכל שרי דאין עירוי ככלי ראשון ממש שיעשה שהכלים שמערה עליהם יבלעו זה מזה (שם) . ואם נמצא קערה חולבת בין כלי בשר לא חיישינן שמא הודחו ביחד בדרך שנאסרים (הגהות ש״ד ואו״ה):
95.3Lorsqu’on[51] lave des plats servant à la viande dans une chaudière servant au lait et remplie d’eau chaude qui brûle la main, tous les deux sont permis, la chaudière et les plats, alors même qu’ils sont du jour, attendu que la saveur absorbée a passé par un intermédiaire permis. Mais à condition que la personne qui les a lavés assure qu’il n’y avait aucune substance grasse sur les plats ; s’il y en avait, il faut que l’eau contienne soixante fois autant que la substance. הגה · RemaD’aucuns défendent même, en cas d’absence de toute substance grasse, à moins que l’un des vases n’ait servi comme premier vase avant vingt-quatre heures, dans quel cas tous les vases sont permis. De propos délibéré, on déclare l’eau défendue. Mais si tous les deux sont du jour, tous sont défendus si on les lave ensemble dans un premier vase. Tel est l’usage auquel il ne faut pas déroger. Mais à condition qu’ils étaient lavés ensemble et dans un premier vase ; alors qu’ils sont permis s’ils étaient lavés l’un après l’autre ou dans un second vase. Le jet d’un premier vase de viande sur un vase de lait est assimilable à un premier vase, et rend défendu s’il est du jour. Mais si l’eau chaude et neutre est versée sur des vases servant aux deux aliments, tous sont permis, même s’ils présentent des restes de substances grasses ; car le jet n’est pas tout à fait semblable au premier vase pour provoquer l’absorption entre les vases. Lorsqu’on trouve un plat servant au lait parmi les plats servant à la viande, on n’appréhende guère qu’ils aient été lavés ensemble de façon prohibée.
יראה לי שאם נתנו אפר במים חמין שביורה קודם שהניחו הקדירות בתוכה אע״פ שהשומן דבוק בהן מותר דע״י האפר הוא נותן טעם לפגם:
95.4Il[52] me semble que si on a mis de la cendre dans l’eau avant d’y plonger les plats, ceux-ci sont permis, même couverts des substances grasses ; car la cendre en altère la saveur.
אין מניחין כלי שיש בו כותח אצל כלי שיש בו מלח אבל מותר להניחו אצל כלי שיש בו חומץ: הגה ודוקא אם הכלים מגולים ואפי’ הכי אם עבר ונתנן ביחד מותר ולא חיישינן שמא נפל אל המלח (הגהות ש״ד וארוך):
95.5Il[53] ne faut pas déposer un plat contenant un aliment lacté près d’un vase contenant du sel, mais il est permis de le déposer près d’un vase contenant du vinaigre. הגה · RemaCette défense ne s’applique qu’à des vases découverts, et même dans ce cas, c’est permis, si on se trouve en présence d’un fait accompli, et on n’appréhende guère que quelques gouttes du vase soient tombées dans le sel.
מותר ליתן בתוך תיבה כד של בשר אצל של חלב: הגה ויש מחמירין לכתחילה (הגהות אשיר״י בשם א״ז) וטוב ליזהר לכתחילה במקום שאינו צריך:
95.6Il[54] est permis de placer, dans un garde-manger, un vase de viande à côté d’un vase de lait. הגה · RemaD’aucuns défendent cela de propos délibéré. Si ce n’est pas indispensable, il faut s’en abstenir de propos délibéré.
מלח הנתון בקערה של בשר מותר ליתנו בחלב: הגה והמחמיר גם בזה תבא עליו ברכה כי יש מחמירין לכתחילה (תוס’ וסמ״ג ואו״ה):
95.7Il[55] est permis de se servir, pour le lait, du sel placé sur un plat de viande. הגה · RemaBéni soit celui qui s’en abstient également, car d’aucuns déclarent un pareil procédé défendu de propos délibéré.
Siman 96. D’un aliment épicé coupé avec un couteau servant à la viande — דָּבָר חָרִיף שֶׁנֶּחְתַּךְ בְּסַכִּין שֶׁל בָּשָׂר (5 articles)
צנון או סילקא שחתכם בסכין של בשר בן יומו או שאינו מקונח אסור לאכלם בחלב עד שיטול ממקום החתך כדי נטילת מקום שהוא כעובי אצבע או שיטעמנו ולא יהא בו טעם בשר שאז מותר בהדחה ויש אומרים דהוא הדין לאינו בן יומו והוא מקונח. ואם לא נטל מהם כדי נטילת מקום וגם לא טעמם ובשלם בחלב צריך ששים כנגד מה שנגע מהסכין בהם וה״ה לחתכם בסכין של עובד כוכבים: הגה ואם חתכן דק דק צריך לשער ס’ נגד כל הצנון (ב״י בשם סמ״ק) וי״א שאם חתך צנון בסכין של איסור כולו אסור (רשב״א ור״ן וכן משמע בארוך כלל ל״ה) וכן אם חתכו בסכין של בשר אסור כולו בחלב וכן נוהגין לכתחילה אבל בדיעבד אין לאסור רק כדי נטילה (ב״י ואו״ה) . וכל זה אם חתך הצנון עצמו אבל אם חתך הירק שעל הצנון אין לחוש ואם יש ספק אם נחתך בסכין של איסור אזלינן לקולא (שם) לכן קונים הצנונות שיש בהן חתוכין לצד זנבותיהן כי תלינן שנעשה במרא וחצינא (שם בהג״ה ומהרא״י בהגהת ש״ד) ובמקום שאין נמצא לקנות רק החתוכים בסכין נוהגין לקנותו ולהתיר ע״י נטילת מקום:
96.1Il[56] est défendu de manger avec du lait des radis ou des raves coupés avec un couteau non essuyé ayant servi le jour même à la viande, à moins d’enlever préalablement des faces formées par la coupure l’épaisseur d’un doigt, ou d’avoir constaté à l’aide de la dégustation qu’ils n’ont aucune saveur de viande ; dans quel cas, il suffit de les laver. D’aucuns opinent qu’il en est de même lorsque le couteau n’est pas du jour ou qu’il est essuyé. Si on les a cuits avec du lait sans enlever les faces formées par la coupure, et sans les avoir dégustés, il faut une quantité soixante fois supérieure à celle de la partie que le couteau a touchée. Le même règlement s’applique au couteau d’un païen. הגה · RemaS’ils étaient coupés en tranches minces, il faut soixante fois autant que le radis entier. D’aucuns opinent que le radis est entièrement défendu s’il est coupé avec un couteau défendu, et défendu d’être mangé avec du lait, s’il est coupé avec un couteau servant à la viande. Tel est l’usage de propos délibéré ; mais, en présence d’un fait accompli, il suffit d’enlever les faces formées par la coupure. Mais seulement le radis même, tandis qu’il n’y a pas d’inconvénient si l’on n’a coupé que les feuilles adhérentes au radis. En cas de doute si on a coupé ou non avec un couteau défendu, on incline à la modération. Aussi peut-on acheter des radis dont les barbes sont coupées, car on suppose qu’elles étaient coupées avec la houe ou la pioche. Quand on ne trouve pas d’autres radis que ceux coupés avec un couteau, il est d’usage d’en acheter et de se contenter d’enlever les faces formées par la coupure.
אם חתך בו שומין ובצלים וכרישין (ותמכא שקורין קרי״ן) (הגהת ש״ד והגהת או״ה שם) וכיוצא בהם מדברים החריפים ופירות חמוצים (אורחות חיים) ודגים מלוחים דינם שוה לחתוך בו צנון (שבולי לקט): הגה ומכל מקום מותר לאכול מרקחת חריפים של עובדי כוכבים כגון זנגביל וכיוצא בו דיש להם כלים מיוחדים לכך או תולשין אותו (מרדכי ואגודה פ’ כיצד מברכין):
96.2La[57] loi en vigueur chez un couteau avec lequel on a coupé des radis l’est également chez un couteau avec lequel on a coupé de l’ail, des oignons, du raifort ou des légumes semblables, à saveur piquante, ou des fruits âcres, ou des poissons salés. הגה · RemaIl est pourtant permis de manger des sauces préparées par des païens, avec des clous de girofle, par exemple, car les païens ont des ustensiles spéciaux pour détacher les fleurs du giroflier, ou ils les arrachent avec la main.
תבלין שנדוכו במדוכה של בשר בן יומו אסור לאכלם בחלב. (וי״א אפי’ אינו בן יומו) (רשב״א סימן תמ״ט ובארוך וע״ל סימן צ״ה סוף ס״ב בהג״ה):
96.3Il[58] est défendu de manger avec du lait les piments pilés dans un mortier ayant servi ce jour même aux aliments de viande. הגהD’aucuns le défendent alors même que le mortier n’a pas servi le jour même.
מי לימוני״ש שמביאים העובדי כוכבים וכן חתיכות דג מליח שמביאים העובדי כוכבים בחביות מותרים: הגה מפני שמביאים הרבה ביחד ואף אם נאסרו מקצתן שנחתכו בראשונה עם סכין עובד כוכבים נתבטלו באחרים הנחתכים אחר כן שאינן נאסרין כי כבר נתבטל טעם הסכין בראשונים ולכן כולם מותרים וכל כיוצא בזה (בית יוסף בשם שבולי לקט) ולכן אוכלים בקצת מקומות הכרוב שקורין קומפש״ט אע״ג דפרוס וחתוך ויש מקומות שמחמירין בזה ואין לשנות המנהג (מהרי״ו סי’ מ״ט) אבל שאר דברים שאינם חריפין כגון תפוחים או לפתות יבשים וכדומה נוהגין בהן היתר כמו בלימוני״ש ואין להחמיר כלל (בארוך):
96.4Les jus[59] de citrons vendus par les païens, de même les morceaux de poissons salés renfermés dans des tonneaux et également vendus par des païens, sont permis. הגה · RemaAttendu qu’ils en apportent en grande quantité, de sorte que la partie devenue défendue par suite du couteau du païen est dissoute par le reste qui en absorbe la saveur. Aussi tout est permis. Il en est de même d’autres aliments, c’est par cette raison qu’en certains pays on mange des compotes préparées par des païens, bien que les fruits aient été pelés et coupés avec un couteau. Dans d’autres endroits, on se montre plus sévère à ce sujet, et il ne faut pas déroger à l’usage. Mais il est d’usage de déclarer permis les fruits qui ne sont pas âcres comme le citron, tels que les pommes ou les coings séchés ; il n’y a pas à hésiter pour ces fruits.
חתך קישואים בסכין של בשר מותר לאכלם בחלב בגרידה בלבד שיגרוד ממקום החתך ואם חתך בו לפת אפי’ גרידה אינו צריך אלא הדחה בעלמא ולא עוד אלא אפילו צנון שחתך אחר הלפת שרי בהדחה כמו הלפת לפי שטעם הלפת משונה ומבטל טעם הנפלט מהסכין: הגה ודוקא לפת שטעמו משונה אבל ירק או לחם ושאר דברים לא ואפי’ בלפת אין להתיר לחתוך צנון רק פעם אחת אבל לא הרבה פעמים אם לא שחתך כל פעם לפת בין חתיכת צנון לצנון (ב״י בשם סמ״ג):
96.5Il[60] est permis de manger avec du lait des calebasses coupées avec un couteau de viande, et il suffit de ratisser les faces formées par la coupure. Ce ratissage même devient inutile, lorsqu’il s’agit de melons, où un simple lavage suffit ; cela suffit même aux aliments froids coupés après les melons, attendu que la saveur des melons diffère de celle absorbée par le couteau qu’elle dissout. הגה · RemaMais il ne s’agit que des melons, mais non pas d’autres légumes, du pain ou d’aliments analogues. Et même après les melons, il n’est permis de couper des aliments froids qu’une seule fois, mais non pas à plusieurs reprises, à moins qu’on ne coupe des melons entre chaque aliment froid.
Siman 97. De la défense de pétrir le pain avec du lait — אִסּוּר עִיסָּה שֶׁנִּלּוֹשָׁה בְּחָלָב (3 articles)
אין לשין עיסה בחלב שמא יבוא לאכלה עם בשר ואם לש כל הפת אסור אפי’ לאכלה לבדה ואם היה דבר מועט כדי אכילה בבת אחת או ששינה צורת הפת שתהא ניכרת שלא יאכל בה בשר מותר כיוצא בו אין אופין פת בתנור שטחו באליה ואם אפאו דינו כעיסה שנילושה בחלב: הגה ולכן נוהגין ללוש פת עם חלב בחג השבועות גם בשומן לכבוד שבת כי כל זה מחשב כדבר מועט גם כי צורתן משונה משאר פת וכ״ש פלאד״ן או פשטיד״א דמותרין (הגהות ש״ד) ואין לאפות שום פת עם פלאד״ן או פשטיד״א בתנור דחיישינן שמא יזוב מן השומן על הפת ואם זב תחתיו דינו כאלו נילוש עמו (ב״י בשם הגהות אשיר״י) ונוהגין לשום הטפילה בפי התנור (ב״י בשם הגהת ש״ד) ואפי’ הוא במחבת נוהגין להחמיר לכתחלה:
97.1Il[61] est défendu de pétrir du pain avec du lait, de crainte que l’on ne mange plus tard ce pain avec de la viande. Si c’est déjà fait, il est défendu de manger le pain, même seul. Mais si le pain est petit, destiné à un seul repas, ou si on lui donne une forme inaccoutumée, afin de marquer qu’on ne doit pas le manger avec de la viande, il est permis. De même le pain cuit dans un four induit de graisse de la queue est assimilable au pain pétri avec du lait. הגה · RemaC’est pourquoi il est d’usage de pétrir le pain avec du lait, pendant la fête de la Pentecôte, et avec de la graisse, pour les repas du Sabbat, d’abord parce que la quantité est insignifiante, et ensuite parce qu’on donne à ces pains une forme distincte des pains ordinaires. Cela est d’autant plus permis chez les flans ou les pâtés. Il ne faut pas cuire du pain dans le four ensemble avec des flans ou des pâtés, de crainte que la graisse de ceux-ci ne coule sous le pain ; s’il en est ainsi, on considère le pain comme pétri avec de la graisse. Il est d’usage de placer le pain près de l’ouverture du four. De propos délibéré, il faut s’abstenir d’un pareil procédé, même quand on les cuit dans une poêle.
תנור שטחו באליה אין אופין בו פת עד שיסיקנו מבפנים עד שיתלבן ואפילו אם הוא של בוכיא (פירוש כלי חרס שמסיקין תחתיו ואופין עליו עוגות) אין לו היתירא על ידי היסק מבחוץ:
97.2Il[62] ne faut pas cuire le pain dans un four induit avec de la graisse de la queue, sans l’avoir chauffé à blanc intérieurement ; le chauffage extérieur ne suffit pas, alors même que le four est en maçonnerie.
פת שאפאו עם הצלי ודגים שצלאן בתנור אחד עם הבשר אסור לאכלם בחלב והני מילי בתנור קטן אבל בתנור גדול המחזיק שנים עשר עשרונים ופיו פתוח מותר ואם הצלי מכוסה וכן פשטיד״א שמכוסה הנקב שבו מותר אפילו בתנור צר (ועיין לקמן סימן ק״ח כיצד נוהגין):
97.3Il[63] est défendu de manger avec du lait le pain cuit ensemble avec de la viande grillée ou les poissons frits dans le four ensemble avec de la viande. Il n’est question ici que du cas où le four est exigu ; mais il est permis de les manger avec du lait, lorsque le four a la capacité de cinq cent et dix-huit œufs et que son orifice reste ouvert ; cela est également permis, même quand le four est exigu, lorsque la viande grillée est recouverte ou que l’ouverture du moule, dans lequel on cuit les pâtés, est fermée. הגהV. plus loin, § 108, relativement à l’usage en pareil cas.
Sources — Texte hébreu : Ashlei Ravrevei : Choulhan Aroukh Yoré Déah, Lemberg, 1888, numérisé par la Bibliothèque nationale d’Israël, via Sefaria [domaine public] · Traduction française : Rituel du judaïsme, traduit pour la première fois sur l’original chaldéo-rabbinique et accompagné de notes et remarques de tous les commentateurs, par Jean de Pavly avec le concours de M. A. Neviasky. Troisième traité : Des morceaux de viande percevables par les prêtres. Orléans, 1898 [archive.org, domaine public] · Police hébraïque : Ezra SIL (SIL, OFL)