שולחן ערוך — יורה דעה

Shoul’han aroukh — Yoré Déa

Trad. de Pavly & Neviasky (1899)

Introduction des traducteurs : De la viande avec du lait הלכות בשר בחלב

Le précepte négatif : « Ne fais point cuire le chevreau dans[1] le lait de sa mère » étant par trois fois réitéré dans l’Écriture (Exode, XXII, 19 ; ibid., XXXIV, 26, et Deutér., XIV, 20), le Talmud (traité Kiddoushin, 57b et traité ‘Houlin, 115b) voit dans cette réitération l’indice d’une triple défense : 1° défense de cuire ensemble de la viande avec du lait, alors même qu’on n’a pas l’intention d’en manger ; 2° défense d’en manger ; 3° défense d’en tirer un profit quelconque. Si l’Écriture, dit le Talmud (traité ‘Houlin, 108a), se sert toutes les trois fois du terme de cuire, c’est pour nous indiquer que la mixtion de viande et de lait n’est défendue que lorsqu’elle est cuite, ou plutôt lorsqu’elle est chaude : דֶּרֶךְ בִּישׁוּל אָסְרָה תּוֹרָה ; tandis qu’elle n’est défendue qu’en vertu d’une ordonnance rabbinique, lorsqu’elle est froide (Rachi au traité ‘Houlin, 104b, s. v. מַתְקִיף לַהּ רַב שֵׁשֶׁת). V. § 87, art. 1.

Les cabalistes (Zohar, section Mishpatim, et ‘Etz ha’hayyim, III, Netiv, 16) expliquent le précepte négatif concernant la mixtion de viande et de lait par une raison d’humanité ; c’est contre le sentiment d’humanité, disent-ils, de faire mourir le nourrisson dans la liqueur qui lui a donné la vie. C’est dans le même ordre d’idées que le Talmud (traité ‘Houlin, 113a) déclare défendue non seulement la chair du chevreau avec du lait, mais la chair de tout animal qui tette ; tandis que la mixtion de chair de volaille avec du lait n’est défendue qu’en vertu d’une ordonnance rabbinique (§ 87, art. 3). En assimilant la chair des animaux sauvages à celle des volailles, le Talmud semble partager l’opinion d’Aristote (De coelo, IV, 3) d’après laquelle la plupart des animaux sauvages pourraient vivre sans l’allaitement de la mère, opinion combattue par Simplicius dans son commentaire à Aristote, l. c.

La matière qui, pour tout autre, pouvait se résumer en un seul article, devait nécessairement prendre plus d’extension chez des esprits vétilleux tels que les talmudistes. On a défendu de servir de la viande et du lait sur une même table, de crainte qu’on ne mêle ces deux aliments ensemble (§ 88) ; on a défendu de manger des aliments lactés avant que la viande mangée auparavant ne soit digérée (§ 89). Il s’agissait ensuite de savoir de quelle façon il faut cuire la mamelle, organe sécréteur du lait (§ 90), comment il faut s’y prendre en cas de mélange de viande et de lait (§ 91), de la ligne de conduite à suivre en cas de mélange de la vaisselle servant aux aliments de viande avec celle destinée aux aliments lactés (§§ 92–96). Ce sont ces détails qui constituent le présent traité.

SourcesRituel du judaïsme, traduit pour la première fois sur l’original chaldéo-rabbinique et accompagné de notes et remarques de tous les commentateurs, par Jean de Pavly avec le concours de M. A. Neviasky. Quatrième traité : Des animaux purs et impurs. Orléans, 1899 [archive.org, domaine public].

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