שולחן ערוך — יורה דעה

Shoul’han aroukh — Yoré Déa

Trad. de Pavly & Neviasky (1898)

Lois sur le sang — הלכות דם

Siman 65. Des veines défendues en raison du sang ou de la graisse et du tendon jumeau — חוּטִין הָאֲסוּרִין מִשּׁוּם דָּם (14 articles)

יש חוטין שאסורים משום דם שבהם כגון חוטין שביד ושבכתף ושבלחי התחתון שבצד הלשון מכאן ומכאן ובלשון ובצואר וחוטי הלב וחוטי העוקץ וחוטי הדקין שהם בתוך שומן הדקין כמו בית עכביש מסובכין זה בזה: הגה ונוהגין להסיר ג״כ ג’ חוטי אורך אצל החזה מבפנים (א״ו הארוך) וכן נוטלין חוטין אחורי האזנים (סדר הניקור וארוך ואינו אלא חומרא בעלמא) (ד״ע): וקרום של המוח שבקדקד וקרום שעל הביצים ומליחה לא מהני בהו אם לא שיחתכם תחלה (וחתוך לתחת) (ר״ן בשם הראב״ד ורשב״א בת״ה וטור סי’ ס״ו בשם יש גאוגים) ואח״כ ימלחם והני מילי לבשלם בקדרה אבל לצלי אינם צריכים לא חתיכה ולא מליחה משום דנורא מישאב שאיב ויש מי שאומר דדוקא כשפני החוטין על פני האש אבל אם הם מובלעים בתוך הבשר אין האש שואב אלא אם כן יחתכם (רשב״א וע״ל סימן ס״ז בב״י): הגה ואם לא נטלן ובשלם בלא חתיכה צריך ששים נגד כל החוטין (רשב״א) ובצלי סגי בקליפה (הגהות אשיר״י והגהות ש״ד בשם מהרא״י סי’ ל״ג) ועיין לעיל סימן כ״ב:

65.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §65.1

Il[1] y a certaines veines qui sont défendues en raison du sang qu’elles renferment ; telles sont par exemple les veines des pieds de devant, celles de l’épaule, celles de la mâchoire inférieure, disposées de tous les deux côtés de la langue, celles de la langue et du cou, celles du cœur, celles de la région lombaire, celles des intestins, situées dans l’appendice graisseux de l’épiploon et affectant la forme d’un réseau aux filaments flexueux הגהIl[2] est d’usage d’enlever également les trois veines qui longent le sternum, ainsi que les veinules situées derrière les oreilles ; on n’agit ainsi que par surérogation, la méninge qui enveloppe le cerveau, et la tunique érythroïde des testicules. Le[3] salage n’est d’aucune utilité à ces veines défendues ; à moins qu’elles n’eussent été préalablement ouvertes הגהet[4] placées de manière que l’entaille se trouve en dessous et salées ensuite. Il[5] ne s’agit ici que de la cuisson de ces veines ; mais si l’on veut les griller, elles n’ont besoin ni d’une ouverture, ni de salage, attendu que le feu en absorbe le sang[6]. Quelqu’un[7] opine que le feu n’absorbe le sang des veines qu’autant que celles-ci touchent directement au feu, mais non pas quand elles sont situées dans l’épaisseur des muscles. הגה · RemaSi[8] on n’a pas enlevé ni ouvert ces veines avant la cuisson, il faut que la marmite où elles étaient cuites contienne une quantité d’aliments soixante fois aussi grande que celle des veines[9]. Si elles étaient grillées, il suffit de ratisser la viande à l’endroit où les veines étaient situées. V. plus haut, § 22.

הרוצה לצאת ידי חתיכת חוטין אלו לא יסמוך על חתיכת הבשר אלא יחתוך הבשר והעצם לשנים: הגה וחוטי הצואר לא מהני בהו אם חתכם רק שיחתוך המפרקת לשנים (ארוך וא״ז):

65.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §65.2

Celui[10] qui désire se conformer au règlement touchant l’entaille des veines, ne doit pas se contenter d’une entaille pratiquée au muscle, mais il est tenu de couper le muscle et l’os en deux morceaux. הגה · RemaPour[11] les veines du cou, l’entaille ne suffit pas, mais il faut sectionner le cou.

גף העוף כיד הבהמה והלכך צריך לחתוך עצם האגפים ולמלחם וכן עצם הלחיים בעוף: הגה ויש אומרים שאין צריכים ליטול בעוף חוטין אלו משום שדקין הם והדם יוצא משם על ידי מליחה (ר״ן פרק השוחט בשם י״א) וכן המנהג שאין נוטלין מן העוף שום חוטין רק חוטי הצואר ובאותן יש ליזהר ליטלן משם או יחתכם עם המפרקת לשנים מיהו בדיעבד אם הוסר רק הראש מן העוף סגי (ארוך בשם א״ז) ונוהגין לחתוך בירכי העופות בפרק הארכובה התחתונה משום שלפעמים נמצאים חוטים אדומים ברגלי העופות ואם לא עשה כן מותר בדיעבד אפילו נתבשלו כך אע״פ שנמצאו חוטין אדומים (הכל במרדכי פג״ה) שאינו אלא שומן בעלמא:

65.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §65.3

L’aile[12] de la volaille est assimilée au pied de devant des animaux quadrupèdes, et par conséquent on doit en couper l’os avant le salage. Il en est de même de l’os maxillaire de la volaille. הגה · RemaD’aucuns[13] opinent que chez la volaille on n’a pas besoin d’enlever les veines mentionnées, vu que, grâce à leur ténuité, le sang s’en écoule à l’aide du salage. Il est, en effet, d’usage de ne pas enlever, chez la volaille, d’autres veines que celles du cou ; mais il faut faire attention d’enlever ces dernières, ou de les couper en deux avec le cou. Lorsqu’on se trouve[14] en présence d’un fait accompli, il suffit qu’on ait enlevé la tête de la volaille. Il est d’usage de couper les pattes des volailles à la région de la dernière articulation, parce qu’on y trouve parfois des fibres rouges. Lorsqu’on n’a pas agi ainsi, la viande est permise, si l’on se trouve en présence d’un fait accompli, alors même que les pattes étaient cuites sans avoir été préalablement coupées, et alors même qu’on y trouve ensuite des fibres rouges, attendu que ces fibres ne sont que des filaments graisseux.

ביצי זכר כל זמן שלא היה לו שלשים יום מותרים לקדרה בלא קליפה אפילו אם יש בהם כמו חוטין אדומים ואם היה לו שלשים יום אם יש בהם כמו חוטין אדומים אסורין לקדרה בלא קליפה אבל לצלי מותרים: הגה ונהגו לנקר הביצים אף כשהם פחותים משלשים יום וכן להסיר משם גיד הגדול ולחתוך בהם הרבה חתיכות (א״ו הארוך) ונהגו ליקח מן הכתף הבשר שקורין דרי״ז (סדר הניקור) ואין בו איסור רק הוא משום מיאוס. עוד נהגו בלונבי״ל שקורין לידווי״ץ לצלותו ולא לבשלו ואין בו איסור אם מבשלו ואפילו לכתחלה מותר (ב״י וארוך) וכן נוהגין להסיר העינוניתא דורדא ולהשליכה ולא לאכלה ואין איסור בדבר (א״ו הארוך) וכן נהגו לחתוך בין הפרסות של רגלי הבהמה ולהסיר משם בשר לבן ודק משום מיאוס ואם לא עשה כן אין לחוש (ד״ע):

65.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §65.4

Lorsque[15] l’animal saigné n’a pas encore l’âge de trente jours, on peut en cuire les testicules sans les dépouiller de la tunique albuginée qui les enveloppe, alors même qu’on y aperçoit déjà les vaisseaux flexueux, lesquels, vus à travers la couche fibreuse qui les revêt, ressemblent à des filaments rouges[16]. Mais lorsque l’animal est déjà âgé de trente jours, il est défendu d’en cuire les testicules sans les avoir préalablement dépouillés de la tunique albuginée, si l’on y aperçoit déjà les vaisseaux mentionnés. Cependant on peut les griller. הגה · RemaIl[17] est d’usage d’enlever les vaisseaux sanguins testiculaires, alors même que l’animal n’est pas âgé de trente jours, ainsi que les parois du canal déférent, et de pratiquer dans les testicules plusieurs entailles. Il est également d’usage d’enlever de l’épaule les glandes qui s’y forment parfois et qu’on appelle « druesen » en allemand ; l’élimination de ces morceaux n’a pas lieu par suite d’une défense, mais simplement par répugnance. Il est en outre d’usage de griller l’ombilic, mais de ne point le cuire ; pourtant il n’est pas défendu si on l’a cuit, et on peut même le cuire de propos délibéré. Il[18] est aussi d’usage d’enlever le lobule du poumon, de le jeter et de ne point le manger ; cependant il n’est pas défendu. Enfin, il est d’usage de pratiquer une entaille à la fourchure des pieds des ruminants, et d’enlever la chair blanchâtre et aplatie qui se forme en cet endroit, parce qu’elle est répugnante ; mais il n’y a pas d’inconvénient si on n’a pas agi ainsi.

גיד הנשה נוהג בבהמה וחיה אפי’ אם אין כף שלהם עגול ונוהג בירך של ימין ובירך של שמאל ואינו נוהג בעוף מפני שאין כף שלו עגול אבל אם נמצא לו כף עגול נוהג בו ואין צריך לבדוק אחריו אם הוא עגול: הגה ואין חילוק בין חיה לבהמה בכל דבר האסור משום גיד או משום דם וכן בעוף אם היה לו כף ולכן כל דבר שמנקרין בבהמה צריך לנקר בחיה ג״כ (מרדכי פג״ה) רק מה שאסור משום חלב אין צריך לנקר בחיה:

65.5
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §65.5

La[19] défense du tendon jumeau s’applique aux animaux domestiques et aux animaux sauvages, alors même que la tête du fémur n’est pas arrondie[20] ; elle s’applique, en outre, à la cuisse droite aussi bien qu’à la cuisse gauche. Mais elle ne s’applique pas à la volaille, vu que chez la volaille la tête du fémur n’est pas arrondie. Cependant[21] si, par exception, on trouve chez une volaille la tête du fémur arrondie, la défense du tendon s’applique également à elle. On n’est pas tenu toutefois d’examiner si la tête du fémur de chaque volaille qu’on veut manger est arrondie ou non. הגה · RemaDans[22] tout ce qui concerne la défense de certaines parties de l’animal à cause du tendon ou du sang, il n’y a aucune différence entre un animal sauvage, un animal domestique et une volaille dont la tête du fémur est arrondie. Il s’en suit que tout ce qu’on enlève chez un animal domestique doit être également enlevé chez un animal sauvage, excepté les parties défendues par raison de la graisse, qu’on n’a pas besoin d’enlever chez un animal sauvage[23].

נוהג בכוי:

65.6
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §65.6

La[24] défense du tendon s’applique au mouflon.

אינו נוהג בשליל כל שאינו טעון שחיטה וי״א שנוהג בו אם שלמו לו חדשיו ומצאו חי (ונהגו להחמיר כסברא האחרונה) (קבלת ר״י בן חביב):

65.7
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §65.7

La[25] défense du tendon ne s’applique point à un fœtus qu’on n’est pas tenu de saigner selon les prescriptions relatives à l’abatage. D’aucuns[26] opinent que la défense s’applique à un fœtus arrivé au terme de la vie intra-utérine et vivant. הגה · RemaIl est d’usage de se montrer sévère sous ce rapport en se conformant à cette dernière opinion.

שני גידים הם בירך אחד פנימי סמוך לעצם והשני חיצון סמוך לבשר ושניהם אסורים וצריך לחטט אחריהם אלא שהפנימי אסור מן התורה והוא הפושט בכל הירך והחיצון אסור מדבריהם וקנוקנות שבשניהם אסורים מדבריהם וצריך לחטט אחריהם ושומנם ישראל קדושים הם ונהגו בו איסור: הגה וראשי הקנוקנות נכנסים בראשי העצמות על כן המנקר צריך לשבור ראשי העצמות כדי להסיר הקנוקנות מעיקרן (ב״י בשם הגהות אשיר״י) ואין ללמוד סדר הניקור רק במראית העין מן המומחה הבקי בניקורו (ד״ע):

65.8
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §65.8

Il[27] y a deux tendons dans la cuisse, dont l’un est situé du côté de l’os, l’autre du côté des muscles. Tous les deux sont défendus, et on doit explorer la cuisse pour les en extraire. Pourtant ce n’est que le tendon intérieur, celui qui longe toute la hauteur de la cuisse, qui est défendu en vertu de la loi biblique ; alors que l’extérieur n’est défendu qu’en vertu d’une ordonnance rabbinique. Les[28] veinules distribuées entre les tendons sont également défendues par ordonnance rabbinique. Quant[29] aux appendices graisseux qui entourent ces veinules, les Israélites, en zélés qu’ils sont, les considèrent comme défendus. הגה · RemaLes[30] bouts de ces veinules s’insérant aux extrémités des os, celui qui en pratique l’extraction doit couper les extrémités des os, afin de parvenir à extraire les veinules radicalement. Il[31] convient de ne pas apprendre les règlements de l’extraction que par la pratique, et chez un maître éminent et expérimenté dans la pratique de l’extraction.

גופו של גיד אינו אלא כעץ שאין בו טעם ואף עפ״כ אסרתו תורה לפיכך אינו אוסר תערובתו בפליטתו והקנוקנות והשומן יש בהם טעם לפיכך אוסרין תערובתן בפליטתן:

65.9
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §65.9

La[32] substance du tendon jumeau ne ressemble qu’à celle du bois, en ce sens que le tendon n’a aucune saveur. En dépit de cette circonstance, l’Écriture l’a défendu. Il s’ensuit qu’en cas de mélange du tendon avec d’autres aliments, ceux-ci ne sont pas défendus en raison de l’exhalation[33]. Mais les veinules situées entre les tendons ainsi que les appendices graisseux qui les entourent ont bien une saveur. Aussi rendent-ils, en cas de mélange avec d’autres aliments, ces derniers défendus en raison de l’exhalation.

גיד הנשה מותר בהנאה:

65.10
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §65.10

La[34] jouissance[35] du tendon jumeau est permise.

שולח אדם לעובד כוכבים ירך וגיד הנשה בתוכה בין שלימה בין חתוכה ואם נותנה לו בפני ישראל ואומר לו שהיא כשרה לא יתננה לו כשהיא חתוכה אלא אם כן ניטל גידה:

65.11
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §65.11

On[36] peut offrir à un païen une cuisse d’animal, entière ou découpée, renfermant le tendon jumeau[37]. Mais lorsqu’on l’offre au païen en présence d’un Israélite et qu’on lui dit que cette cuisse est permise d’après le rite juif, il ne faut la remettre découpée qu’après en avoir préalablement extrait le tendon[38].

וכל ירך שיצא מתחת יד ישראל מחותכת כדרך שמחתכין אותה מנקרי בשר היא בחזקת שניטל גידה:

65.12
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §65.12

Toute[39] cuisse d’animal provenant d’une maison juive et découpée de la façon habituelle chez les hommes qui pratiquent l’extraction, est censée dépourvue du tendon jumeau.

מי שניקר והלך לו ואין אנו יודעים אם הוא בקי בניקור ואין כאן מי שהוא בקי בניקור להראות לו מותר: הגה ודוקא שיודעים שהשלים ניקורו ואם לאו הכי אסור שמא לא השלים הניקור (ר״ן בשם ריב״א) ואם אפשר להראות לבקי אין לסמוך על המנקר (ב״י ממשמעות הרא״ש) אם לא ידעינן אותו בקי בניקור ומוחזק בכשרות ואע״ג דרוב המצוין אצל ניקור מומחים הם מכל מקום טוב להחמיר (ב״י בשם הרשב״א) ועיין לעיל סימן א’ גבי רוב מצוין אצל שחיטה וכו’:

65.13
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §65.13

Lorsque[40] la personne qui a pratiqué l’extraction est partie après l’opération, sans que nous sachions si elle a les aptitudes nécessaires, et qu’il n’y a pas un maître expérimenté que nous puissions consulter à ce sujet, la viande est permise. הגה · RemaMais[41] à condition seulement qu’il soit avéré que la personne qui vient de partir a achevé l’opération ; sans quoi la viande est défendue, de crainte que l’opération n’ait été interrompue. Pourtant, lorsqu’on a l’occasion de consulter un maître expérimenté, il ne faut pas se rapporter à l’opération pratiquée par un homme dont nous ignorons les aptitudes et les qualités morales. Bien que la plupart des personnes qui pratiquent l’extraction soient habiles, il convient de se montrer sévère sous ce rapport. V. plus haut, § 1[42], au sujet de la plupart des personnes qui procèdent à l’abatage.

הטבחים נאמנים על גיד הנשה ומיהו אין לוקחין בשר מכל טבח ששוחט לעצמו ומוכר לעצמו אלא אם כן היה מוחזק בכשרות:

65.14
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §65.14

On[43] accorde foi au dire des bouchers pour ce qui concerne l’extraction du tendon jumeau. Mais[44] il ne faut pas acheter de la viande chez un boucher qui saigne les animaux et en vend la viande pour son propre compte[45], à moins qu’il ne soit un homme d’une piété notoire.

Siman 66. Des aliments défendus en raison du sang — דָּם הָאָסוּר (10 articles)

דם בהמה חיה ועוף בין טמאים בין טהורים אסור. וכן דם שליל אבל דם דגים וחגבים מותר:

66.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §66.1

Le[46] sang des animaux domestiques, des animaux sauvages et des volailles, n’importe si les animaux appartiennent à la classe des animaux purs ou impurs, est défendu. Est[47] également défendu le sang d’un fœtus ; mais[48] celui des poissons et des sauterelles est permis[49].

דם ביצים אם ידוע שהוא מרוקם האפרוח (פירוש שהתחילה להתהוות בו צורת האפרוח) חייבים עליו אבל אם אינו ידוע שהוא מרוקם האפרוח אין חייבין עליו אבל חכמי’ אסרוהו:

66.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §66.2

On[50] encourt une peine quand on mange un œuf atteint d’une tache sanguine, surtout s’il est reconnu que cette tache constitue un germe de poussin ; mais on n’encourt pas de peine, si ce fait n’est pas constaté. Pourtant une ordonnance rabbinique défend l’œuf atteint d’une tache sanguine dans tous les cas.

נמצא עליה קורט דם זורק את הדם ואוכל את השאר והוא שנמצא בחלבון. אבל אם נמצא בחלמון כל הביצה אסורה: הגה וי״א דאם נמצא על קשר החלבון וגם מבחוץ דהיינו שנתפשט מן הקשר דכל הביצה אסורה (הרא״ש ורשב״א ורש״י ותוס’ וע״פ. וכתב רא״ש וטור ור’ ירוחם שיש להחמיר כב’ השיטות) ויש מחמירין עוד דכל שנמצא על הקשר של חלבון אפילו לא נתפשט כלל אסור (א״ו הארוך ריש כלל מ״ב ומהרא״י ש״ד) ומזה נתפשט המנהג במדינות אלו לאסור כל ביצה שיש בה דם ואין מחלקין בין חלמון לחלבון ובמקום דנוהגין להקל לזרוק הדם ולהתיר הביצה במקום דמותר צריך ליטול כדי קליפה עם הדם כשזורקו (ארוך שם בשם סמ״ג):

66.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §66.3

Lorsqu’on[51] trouve sur un œuf une goutte de sang, on jette le sang et on mange le reste de l’œuf ; mais[52] alors seulement que la goutte est située sur le blanc d’œuf ; tandis que l’œuf est entièrement défendu, lorsque la goutte se trouve sur le jaune d’œuf. הגה · RemaD’aucuns[53] opinent que lorsque la goutte de sang est située sur la grosse extrémité du blanc d’œuf en s’étendant sur les parties circonvoisines de la surface, tout l’œuf est défendu[54]. D’autres[55] sont encore plus sévères et déclarent l’œuf défendu quand la goutte de sang se trouve sur la grosse extrémité du blanc, alors même qu’elle ne s’étend pas sur les parties circonvoisines. De là l’usage, dans nos pays, de déclarer défendu tout œuf taché d’une goutte de sang, sans distinction si la goutte est située sur le jaune ou sur le blanc. Dans[56] les endroits où il est d’usage de jeter le sang et de manger le reste de l’œuf, il faut ratisser l’œuf à l’endroit où la goutte de sang est située.

ביצים הטרופות בקערה ונמצא דם על חלמון של אחד מהם אף על פי שזרקו החלמון שעליו הדם אסורות מפני שמאחר שהן טרופות בקערה החלבון שהוא דק מתערב ביחד והכל אסור אבל ביצים שבורות יחד בקערה ולא טרופות ונמצא דם בחלבון של אחד מהם יקח החלמונים הכשרים כל אחד ואחד בפני עצמו והם מותרין וישאיר אותה אשר בה הדם בקערה עם חלבוני השאר ויזרקם: הגה וכל זה כשידעינן שהיה הדם במקום האוסרו אבל אם היה ספק אם היה במקום האוסרו או לא יש להתיר התערובות (סברת עצמו בפי’ תשובת הרא״ש) הואיל ובלאו הכי חד בתרי בטיל אבל אם הביצה לבד אסור וכן אם נתבשלה או נצלה ביצה ולא ידעינן אם הוא במקום האסור (הכל מאו״ה ועיין ת״ח כלל ס״ב דין ג’):

66.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §66.4

Lorsque[57], parmi plusieurs œufs brouillés dans une écuelle, on trouve une tache sanguine sur le jaune de l’un d’entre eux, tous les œufs sont défendus, alors même qu’on a jeté le jaune d’œuf portant la tache ; car le blanc étant trop délayé, il en résulte que celui de l’œuf défendu se confond avec ceux qui sont permis, en sorte que la séparation devient impossible. Mais[58] lorsque, au lieu d’être brouillés, les œufs dans l’écuelle sont simplement cassés et que l’on trouve sur le blanc d’un d’entre eux une tache sanguine, on enlève un à un les jaunes d’œufs permis, dont on peut se servir, et on jette le jaune de l’œuf qui porte la tache, ainsi que les blancs de tous les autres œufs. הגה · RemaLe[59] règlement ci-dessus énoncé ne s’applique qu’au cas où l’on est certain que la tache sanguine se trouve à cette partie de la surface à laquelle seule elle rend, d’après la loi, l’œuf défendu ; mais, en cas de doute, il convient de déclarer les œufs mélangés permis, attendu que, même en cas de certitude, tout aliment défendu mêlé avec un aliment permis et d’une quantité deux fois aussi grande est considéré par la loi comme dissous[60]. Mais[61] lorsqu’un pareil cas se présente chez un seul œuf[62], celui-ci est défendu ; il en est de même, lorsque l’œuf est déjà cuit, soit dans l’eau, soit dans la cendre, et que l’on ignore à quelle partie de la surface se trouvait la tache sanguine.

נמצא הדם בביצה במקום שאינו אוסר את כולה ולא זרק הדם ושכח וטרף הביצה עם הדם נראה לי שהוא מותר:

66.5
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §66.5

Lorsque[63] la tache sanguine se trouve à une partie de la surface où il suffit, d’après la loi, de jeter le sang et de manger le reste et que, au lieu de se conformer à la loi, on a brouillé l’œuf sans enlever préalablement la tache sanguine, l’œuf est, à mon avis, permis.

נמצא דם בביצה ששמוה על החמין להצטמק כיון שאין במקום הביצה רוטב מותר כל החמין:

66.6
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §66.6

Lorsqu’on[64] jette un œuf qu’on veut cuire à la coque, dans un liquide chaud et que l’on trouve ensuite sur l’œuf une tache sanguine, le liquide est permis, puisqu’il n’a pas touché l’œuf qu’à travers la coque.

ביצים המוזרות (פירוש שנפסדו ונעשו כעין מטוה) אפילו ישבה התרנגולת עליהם ימים הרבה מותר לאכלם ובלבד שיזרוק הדם:

66.7
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §66.7

Les[65] œufs impropres à l’incubation ne sont pas défendus quand on trouve sur leurs surfaces des taches sanguines, alors même qu’ils étaient déjà couvés pendant quelques jours, pourvu qu’on jette les parties tachées.

מותר לאכול ביצים צלויות אף על פי שאינם יכולות ליבדק: הגה וכן א״צ לבדוק הביצים אם יש בהם דם דסומכין על רוב ביצים שאין בהם דם (הגהות מיימוני וארוך) ומכל מקום נהגו להחמיר כשעושין מאכל עם ביצים ביום שרואין בהם אם יש בהם דם:

66.8
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §66.8

Il[66] est permis de manger des œufs cuits, bien que l’on ne puisse les examiner préalablement[67]. הגה · RemaDe[68] même on n’a pas besoin d’examiner les œufs avant de s’en servir, car on se base sur la plupart des œufs qui n’ont pas de taches sanguines. Il est pourtant d’usage de les examiner, quand on les ouvre pendant le jour et qu’on peut les examiner à la lumière du jour.

דם דגים אף על פי שהוא מותר אם קבצו בכלי אסור משום מראית עין לפיכך אם ניכר שהוא מדגים כגון שיש בו קשקשים מותר:

66.9
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §66.9

Bien[69] que le sang des poissons soit permis, il est défendu d’en faire usage quand il est cueilli dans un vase, à cause de l’apparence[70]. Il s’ensuit qu’on peut bien en faire usage quand tout le monde peut constater que le sang provient du poisson, par exemple, quand il contient des écailles.

דם אדם אם פירש ממנו אסור משום מראית עין לפיכך אם נשך הככר בשיניו ויצא דם משיניו ע״ג הככר צריך לגרדו אבל שבין השינים מוצצו: הגה וכל דם דגים ודם אדם הואיל ומדינא שרי אינו אוסר תערובתו (מיימוני פ״ז דמאכלות אסורות בשם רשב״א והוא בת״ה בית ג’ שער ה’):

66.10
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §66.10

Le[71] sang provenant d’un saignement des gencives est défendu aussitôt qu’il a quitté la bouche, à cause de l’apparence. Il en résulte qu’il faut ratisser le morceau de pain sur lequel on trouve, après l’avoir entamé, une trace de sang, mais qu’il est permis de sucer le sang resté aux gencives. הגה · RemaLe[72] sang des poissons ainsi que celui provenant d’un saignement des gencives, étant permis selon la loi, ne rend pas défendu l’aliment avec lequel il vient à se mêler.

Siman 67. De divers aliments défendus à cause du sang — דְּבָרִים הָאֲסוּרִין מִשּׁוּם דָּם (6 articles)

בדם בהמה וחיה נמי אין איסור כרת אלא בדם הנפש שהנשמ’ יוצאת בו אבל דם האברים אינו אלא בלא תעשה והני מילי כשפירש מן האבר ויצא לחוץ או שנצרר בחתיכה או שפירש ממקומו ונתעורר לצאת ונבלע במקום אחר אבל אם לא פירש ולא נצרר מותר:

67.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §67.1

On[73] ne se rend coupable d’un péché mortel qu’en mangeant le sang qui constitue la source de la vie ; mais on ne fait que simplement transgresser la loi, quand on mange le sang contenu dans les veinules qui traversent les divers organes. En[74] outre, le sang n’est défendu qu’autant qu’il a été séparé de la chair, qu’il est coagulé ou qu’il s’est écoulé d’une partie de la surface de la chair et s’est infiltré dans une autre[75] ; mais s’il n’est ni séparé de la chair, ni coagulé, il est permis.

לפיכך מותר לאכול בשר חי בהדחה בלא מליחה ובלבד שלא יהא בו מהחוטין שדם בהם שהדם שבחוטין הוא ככנוס ועומד בכלי (וע״ל סי’ ע״ו):

67.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §67.2

C’est[76] par cette raison qu’il est permis de manger de la viande crue, après l’avoir lavée, même sans salage préalable : pourvu[77] toutefois qu’elle ne contienne pas des veines, car le sang contenu dans les veines est assimilé à celui cueilli dans un vase.

השובר מפרקתה של בהמה אסו’ לאכול מבשרה חי אא״כ מולחו יפה וע״י מליחה מותר אפי’ לקדרה ולצלי מותר אפי’ בלא מליחה: הגה ונהגו להחמיר לחתכו ולמולחו אף בצלי וה״ה אם חותך בשר מבית השחיטה קודם שתצא נפשה (ר״ן) י״א שיש ליזהר לכתחלה לשבור מפרקת הבהמה או לתחוב סכין בלבה כדי לקרב מיתתה משום שמבליע דם באברים (בנימין זאב וב״י בשם שבולי לקט):

67.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §67.3

[78] Il est défendu de manger la viande crue provenant d’un animal dont on a détaché la tête du tronc immédiatement après l’opération de la saignée[79], à moins qu’on ne l’ait préalablement salée, dans quel cas on peut même la cuire : mais il est permis de la griller, même sans salage préalable. הגה · RemaIl[80] est pourtant d’usage de découper et de saler la viande, alors même qu’on veut la griller ; il en est de même lorsqu’on coupe un morceau de viande à l’endroit de la plaie produite par l’opération de la saignée, avant que l’animal n’ait expiré. D’aucuns[81] opinent qu’il faut s’abstenir, de propos délibéré, de sectionner la moelle cervicale ou d’en foncer un couteau dans le cœur de l’animal afin d’en hâter la mort, parce que de tels procédés ont pour effet de faire absorber le sang par la chair[82].

נצרר הדם מחמת מכה אסור לבשלו עד שיחתוך המקום וימלחנו יפה אבל מותר לצלותו בין בשפוד בין על גבי גחלים אפילו בלא חיתוך ומליחה: הגה וי״א דמשום זה יש להחמיר לקלף בית השחיטה או לחתוך באותו בשר קודם מליחה הואיל ונצרר שם הדם בשעת שחיטה (ארוך כלל א’ וכל בו):

67.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §67.4

Lorsque[83] le sang vient à se coaguler à la suite d’une plaie, il est défendu de cuire la viande, sans avoir préalablement coupé cette partie du morceau et bien salé le reste ; mais il est permis de griller la viande, soit à la broche, soit aux charbons, même sans découpage ni salage préalables. הגה · RemaD’aucuns[84] en déduisent qu’il convient, avant de saler la viande, de ratisser ou de couper la chair à l’endroit de la plaie produite par l’opération de la saignée, attendu qu’à cet endroit le sang se coagule.

בשר שלא נמלח ונתנוהו בחומץ כדי להצמית דמו בתוכו אם נתאדם הבשר זהו סימן שנעקר הדם ממקומו והחומץ אסור וגם הבשר אסור לאכלו חי ואין לו היתר אלא בצלי ואם לקדרה צריך חתיכה ומליחה ואם לא נתאדם הבשר החומץ מותר וגם הבשר מותר לאכלו חי:

67.5
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §67.5

Lorsqu’on[85] a trempé la viande dans du vinaigre pour en chasser le sang, on examine la couleur de la viande : si elle est rouge, on en conclut que le sang a changé de place ; le vinaigre est par conséquent défendu et la viande ne doit plus être mangée crue, mais grillée seulement ; mais si la viande n’a pas pris une couleur rouge, le vinaigre est permis et la viande aussi peut être mangée crue.

חומץ שנתנו בו בשר פעם אחת להצמיתו לא יצמית בו בשר פעם אחרת מפני שכבר תשש כחו אבל כל שלא חלטו בו כלל מותר לחלוט בו אף על פי שאינו חזק: הגה יש אומרים בזמן הזה אין בקיאין בחליטה ואסור לצמת בחומץ (רבינו ירוחם כ״כ בית יוסף בשמו) וכן נוהגין במדינות אלו שאין מצמיתין בשר בחומץ קודם מליחה ואין לשנות ומ״מ בדיעבד מותר. ועיין לקמן סימן ע״ג:

67.6
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §67.6

Le[86] vinaigre qui a déjà servi une fois à la macération de la viande ne doit plus servir à une nouvelle macération, car il est déjà devenu faible. Mais on peut macérer la viande dans du vinaigre qui n’a pas encore servi, alors même que celui-ci n’est pas fort. הגה · RemaD’aucuns[87] opinent que de nos jours nous ne sommes pas à même de macérer la viande convenablement, et que cette opération est, par conséquent, défendue. Tel est, en effet, l’usage dans nos pays, où l’on ne trempe point la viande dans du vinaigre avant le salage : il ne faut pas déroger à cet usage. La viande est cependant permise lorsqu’on se trouve en présence d’un fait accompli. V. plus loin, § 73[88].

Siman 68. Du flambage des têtes d’animaux et des volailles — מְלִיגַת הָרֹאשׁ וְהָעוֹפוֹת (15 articles)

הטומן הראש לצלותו צריך שיכוין שיהא בית השחיטה למטה כדי שיזוב הדם דרך שם ואם הניחו על הצדדים המוח והקרום אסורים אא״כ נקב עצם המוח והיה הנקב למטה לפי שהדם זב דרך שם: הגה ולכתחלה נהגו להחמיר שלא לצלות שום ראש שלם אפילו רוצה להניחו אבית השחיטה דחיישינן שמא יתהפך אצדדיו (תשובת רא״ש כלל כ’ ומביאו ב״י סי’ ע״א):

68.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §68.1

En[89] flambant la tête d’un animal, il faut la disposer de telle façon que la surface formée par la décapitation se trouve en dessous, afin que le sang puisse s’y écouler. Mais[90] si l’on a placé la tête sur l’une des autres surfaces, la cervelle et la méninge sont défendues, à moins que l’on n’ait pratiqué un trou dans le crâne et que l’on n’ait disposé la tête de façon que le trou se trouve en dessous, de manière que le sang puisse s’y écouler. הגה · RemaIl[91] est d’usage de ne jamais flamber, de propos délibéré, une tête entière[92], même en la disposant sur la face formée par la décapitation, de crainte qu’elle ne se tourne sur une autre surface pendant l’opération.

הניחו על נחיריו אם נעץ בו קנה או דבר אחר מותר ואם לאו אסור המוח והקרום:

68.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §68.2

Lorsqu’on[93] dispose la tête de manière que les fosses nasales se trouvent au-dessous, la cervelle et la méninge sont permises, si l’on a écarquillé, à l’aide d’un morceau de bois ou autre objet, les parois des fosses nasales[94] ; sinon, la cervelle et la méninge sont défendues.

יש מי שכתב דלהסיר את השיער בלבד אפי’ [אם] הניחו על הצדדין מותר ויש מי שאוסר (רשב״א בשם י״א): הגה והסברא הראשונה היא עיקר וכן נוהגין לחרוך הראש להסיר השיער וכן עופות משיורי נוצות שעליהם דהואיל ואינו מונח על מקום אחד אלא מעבירו הנה והנה לא חיישינן שנבלע בו הדם ואינו אסור אלא הטמנה ושמונח תמיד במקום אחד (ר״ן ור’ ירוחם והארוך כלל י״ז) ונוהגין לחרוך על קש ותבן שאין להם חמימות כל כך לבשל הדם (בא״ו הארוך) ומכל מקום יעבירם על האש תמיד שלא ישהה במקום אחד הרבה:

68.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §68.3

Quelqu’un[95] écrit que lorsqu’il s’agit simplement de dépiler la tête on peut la disposer même avec un des côtés transversaux en bas. Un autre auteur[96] défend ce procédé. הגה · RemaLa[97] première opinion est la plus juste, et l’usage est de s’y conformer, car il est certain que lorsqu’il ne s’agit que de dépiler la tête de l’animal ou la volaille, le sang n’a pas le temps de pénétrer dans la chair qu’on déplace constamment au-dessus de la flamme ; la chair n’absorbe le sang qu’autant qu’on ne la remue pas. Il[98] est d’usage de flamber à l’aide de la paille allumée, qui ne dégage pas une grande chaleur. Il faut pourtant remuer la viande et ne point la laisser longtemps sur une même place.

אם בישל הראש שלם הכל אסור אלא אם כן יש ס’ כנגד המוח וקרומו (ה״ה בשם הרמב״ם ורמב״ן ור’ ירוחם וע״פ): הגה ואם צלאו כך שלם ולא אותביה אבית השחיטה או אנחיריו ודץ ביה מידי הקרום והמוח אסור והשאר מותר (המ״מ בשם הרמב״ן) ולכתחלה נוהגין ליטול המוח קודם המליחה מתוך הגלגולת ולחתוך הגלגולת שתי וערב שאז מתחתך הקרום היטב ויש מסירים הקרום ובדיעבד אם חתכו שתי או ערב סגי אפילו לא הסיר המוח קודם המליחה ואפילו בשלו כך (ועיין לקמן סי’ ע״א וסי’ ע״ב וצ״ב) אם הראש נאסר אי אמרינן חתיכה נעשית נבילה דהוי בזה כשאר איסורין (הגהת ש״ד):

68.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §68.4

Lorsqu’on[99] a cuit la tête intégralement, toutes les parties en sont défendues, à moins que la chair adhérente à la tête ne représente une quantité soixante fois[100] aussi grande que celle de la cervelle et de la méninge. הגה · RemaMais[101] si, au lieu de la cuire, on a grillé la tête intégralement, alors même qu’on ne l’a pas disposée sur la face formée par la décapitation ou sur les fosses nasales écarquillées, la chair est permise, mais la cervelle ainsi que la méninge sont défendues. Il est d’usage de sortir, de propos délibéré, la cervelle de la boîte crânienne et de pratiquer ensuite sur la boîte une incision cruciale, car de cette façon la méninge s’ouvre bien. D’aucuns enlèvent la méninge. Lorsqu’on se trouve en présence d’un fait accompli, il suffit d’avoir pratiqué l’incision cruciale, même si on n’a pas enlevé la cervelle avant le salage et la cuisson. V. plus loin, §§ 71, 72 et 92, au sujet de l’extension de la défense sur tout le morceau par suite de l’adhérence d’une partie défendue[102]. Dans le cas donc où la cervelle est déclarée défendue, la défense s’étend sur toute la tête à laquelle la cervelle adhère.

הבא למלוג הראש צריך לחתוך חוטין שבלחי קודם מליגה וכן צריך להדיח בית השחיטה כדי שלא יהא שם שום דם וכן כשמולגי’ העוף (הר״ן): הגה ואפילו אם חורך רק להסיר השיער דינו הכי (בארוך כלל י״ז) ומכל מקום בדיעבד אינו נאסר בחרוך בעלמא אם לא הסיר החוטין ולא הדיחום:

68.5
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §68.5

Avant[103] le flambage de la tête, il faut ouvrir les veines de la mâchoire ; il faut, en outre, laver la plaie déterminée par la saignée, de manière qu’il n’y reste aucune trace de sang[104]. Il en est de même pour le flambage des volailles. הגה · RemaAlors[105] même qu’il ne s’agit que de dépiler, il faut procéder de la sorte. Pourtant lorsqu’on se trouve en présence d’un fait accompli, la tête n’est pas défendue quand on l’a dépilée sans avoir préalablement ouvert les veines et sans l’avoir lavée.

כשמולגים ראש או רגלים (א״צ) (מרדכי ר״פ ג״ה) למלחם תחילה: הגה ומולחם אחר כך אבל אם רוצה למלחם תחילה קודם המליגה סגי ליה בהכי ואין השערות מעכבין הדם לפלוט (טור סי’ ע״א בשם הרשב״א) ואין צריך לחזור ולמלחם אחר המליגה וכן נוהגין ועיין לקמן סימן ע״א:

68.6
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §68.6

Quand[106] on veut flamber la tête ou les pieds d’un animal, on n’a pas besoin de les saler préalablement. הגה · RemaMais on les sale après. Pourtant[107] rien ne s’oppose à ce qu’on le fasse avant, car les poils n’empêchent pas le sang de s’écouler à la suite du salage. Aussi n’a-t-on pas besoin de les saler de nouveau après le flambage. Tel est, en effet, l’usage. V. plus loin, § 71[108].

המשימין רגלי הבהמה על האש להסיר הטלפים ולחרוך השיער בלא מליחה תחלה מותר ויש מחמירין וחותכין ראשי הטלפים מעט ומניחים החתך למטה כדי שיזוב הדם (והכי נהוג):

68.7
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §68.7

Il[109] est permis de passer les pieds de l’animal par le feu pour en faire tomber les cornes et pour les dépiler, et on n’a pas besoin de les saler d’abord. D’aucuns[110] sont plus sévères et exigent qu’on coupe les bouts des cornes et que l’on place les pieds avec les bouts coupés en bas, afin que le sang puisse s’écouler. הגהTel est l’usage.

פרסות הרגל שנמלחו בקליפתן ולא חתך ראשן לא נאסרו: הגה ויש אוסרים מה שבתוך הקליפה דהיינו הטלפים אבל השאר מותר (הגה’ מי״י בשם סמ״ק והגה’ ש״ד והארוך) והכי נהוג והוא הדין אם הטמינם ברמץ אבל בחרוך שער בעלמא שמעבירו על האש ומשנה מקומו תמיד הכל מותר (ארוך ומהרי״ל):

68.8
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §68.8

Le[111] pied n’est pas défendu quand on l’a salé pourvu de la corne et sans en avoir coupé le bout. הגה · RemaD’aucuns[112] déclarent dans ce cas défendue la partie du pied renfermée dans la corne ; mais le reste est permis. Tel est l’usage. Il en est de même lorsque le pied a été déposé dans la cendre chaude. Mais il est permis intégralement[113] lorsqu’on n’a fait que le passer par le feu pour le dépiler.

מותר למלוג תרנגולת ברמץ (פי’ אפר חם) או להבהב באור והוא שידיח בית השחיטה תחלה יפה יפה (וכן שאר דם אם דבק בו בעין) (ב״י בשם רבינו ירוחם) ואם היא לקדרה יזהר שלא ישהנה כל כך באש כדי שיוכל הלב והכבד להתחמם ולהפליט (רשב״א בתה״א דף ע״ה ור״ן): הגה ולא נהגו עכשיו למלוג כלל ברמץ אפילו תרנגולת (ת״ה סי’ קמ״ח) מיהו אם עבר ועשאו בעוף הראש כולו אסור והשאר מותר (מרדכי פג״ה והארוך כלל י״ו ורשב״א שם וש״ד) ובבהמה לא נאסר הראש כולו רק הקרום והמוח אם לא הניחו על בית השחיטה או אנחיריו ולא דץ ביה מידי ואם לא הדיח בית השחיטה או שאר דם בעין שעליו צריך ליטול או לקלוף מקום הדם והשאר שרי:

68.9
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §68.9

Il[114] est permis de dépouiller une volaille de son duvet en la mettant dans la cendre chaude ou en la passant par le feu, pourvu qu’on lave bien la plaie déterminée par l’opération de la saignée. הגהAinsi que les autres traces de sang. Quand[115] on veut cuire la volaille, il faut faire attention que le flambage ne la chauffe pas au point de faire évacuer le sang du cœur ou du foie[116]. הגה · RemaDe[117] nos jours, il n’est pas d’usage de mettre les volailles dans de la cendre chaude. Mais[118] si on vient d’agir ainsi, la tête seule de la volaille est défendue, mais le reste est permis. Chez[119] une bête à cornes en pareil cas, ce ne sont que la cervelle et la méninge qui sont défendues quand la tête n’a pas été déposée sur la face formée par la décapitation ou sur les fosses nasales écarquillées[120]. Si on n’a pas lavé la plaie déterminée par la saignée, ou les autres traces de sang, il suffit de ratisser l’endroit où le sang se trouvait, et le reste est permis.

אין מולגין גדיים וטלאים ועופות בכלי ראשון אלא אם כן ניקר את החלב ומלחם וכן לא יערה עליהם מכלי ראשון ואם עירה די בקליפת העור ואם ראש העוף למעלה כשמערה עליו אין צריך קליפה: הגה ולא מקרי עירוי אלא כשלא פסק הקלוח מכלי הראשון כשנגע למטה אבל אם פסק כבר לא מיקרי עירוי ואינו אוסר (ר״ן ושאר פוסקים וע״ל סימן ק״ה סק״ד):

68.10
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §68.10

Il[121] ne faut pas échauder, dans un premier vase[122], des chevreaux, des agneaux ou des volailles, sans en avoir préalablement extrait les diverses parties de graisses défendues et sans les avoir salés. De[123] même il ne faut pas verser dessus de l’eau d’un premier vase[124] ; mais si on a agi ainsi, il suffit de ratisser la peau. Si[125] on a versé l’eau sur la tête de la volaille, on n’a pas besoin de ratisser la tête. הגה · RemaOn[126] considère comme un jet d’eau toute eau qui tombe d’un premier vase sur la viande, sans solution de continuité. Mais s’il y a solution de continuité, la viande n’est pas défendue.

אפילו בכלי שני י״א שלא ימלוג ואם מלג מותר: הגה דקיימא לן כלי שני אינו מבשל אפילו היד סולדת בו (מרדכי פ’ השוכר) ובדיעבד שרי אבל לכתחלה אסור (הגהת ש״ד שער י״ד) ולכן נהגו באלו המדינות שלא למלוג שום דבר רק אחר מליחה מיהו לכבוד אורחים או צורך שבת מותר להניח בכלי שני אפילו לכתחלה חתיכה מלאה קרח וכפור כדי למהר מליחתו (שם) וטוב ליזהר לכתחלה שלא להניחו רק במים שאין היד סולדת בהם ואין חלוק בין כלי חרס או כלי נחשת או שאר כלים לענין כלי שני (כן משמע לו מדברי הפוסקים):

68.11
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §68.11

D’aucuns[127] opinent qu’il ne faut pas échauder, même dans un second vase. Mais si on a échaudé dans un tel vase, la viande est permise[128]. הגה · RemaCar la cuisson ne s’opère pas bien dans un second vase, alors même que l’eau est encore si chaude qu’elle brûle la main[129]. La viande n’est permise que lorsqu’on se trouve en présence d’un fait accompli ; mais il est défendu d’agir ainsi de propos délibéré. C’est pourquoi il est d’usage, dans nos pays, de ne pas échauder aucun animal qu’après le salage. Pourtant[130] lorsqu’il s’agit d’accomplir une œuvre d’hospitalité ou lorsqu’on est à la veille de Sabbath, il est permis de tremper, même de propos délibéré, de la viande gelée, dans de l’eau chaude contenue dans un second vase, afin d’en hâter le salage. On ferait bien de la tremper dans de l’eau qui ne brûle point la main. Il[131] n’y a, sous le rapport du second vase, aucune différence entre un vase de terre ou de cuivre.

ואם מלג עובד כוכבים או שפחה שבבית ישראל עופות ולא ראה הישראל אם בכלי ראשון או בכלי שני אם העובד כוכבים יודע בטיב יהודים ויש שם נער או נערה שיודעים בטיב הענין מותר (ועיין לקמן סימן ס״ט מדין זה):

68.12
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §68.12

Lorsque[132] c’est un païen, ou une servante païenne, qui a échaudé la volaille et que l’Israélite ne sait pas si c’est dans un premier ou dans un second vase que la volaille a été trempée, celle-ci est permise, si le païen connaît les usages juifs et s’il y avait présent un enfant juif qui est également initié.

תרנגולות שנמלגו יחד בכלי שני ונמצאת אחת מהן טריפה לא נאסרו האחרות:

68.13
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §68.13

Lorsque[133] plusieurs volailles ont été échaudées ensemble dans un second vase, et que l’une d’entre elles vient à être déclarée défendue, toutes les autres sont permises.

מים שמלגו בהם יש ליזהר שלא להחזירם להרתיחם כדי למלוג בהם שנית או כדי להדיח בהם קערות (ונהגו שלא להשתמש במי מליגה כלל אפילו אינם רק צוננים) (הגהות מרדכי וש״ד וארוך):

68.14
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §68.14

L’eau[134] qui a déjà servi à échauder ne doit pas servir une seconde fois à un semblable emploi ou au lavage de la vaisselle. הגהIl est d’usage de ne pas se servir de l’eau ayant servi une fois à échauder, alors même qu’elle est froide[135].

אם נמלגה תרנגולת בכלי שני במחבת חולבת אפילו היא בת יומא הכלי והתרנגולת מותרים אם עירו המים תחלה אבל אם עירו מים על התרנגולת אם הראש למטה יש מי שאוסר ויש מי שמתיר :

68.15
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §68.15

Lorsqu’on[136] a échaudé une volaille dans un échaudoir qui a renfermé ce jour même[137] des aliments lactés, la volaille aussi bien que l’échaudoir sont permis, si l’eau était versée, la première, dans le vase. Mais lorsqu’on a mis la volaille avec la tête en bas dans l’échaudoir et qu’on a versé ensuite l’eau dessus, la volaille est défendue, d’après l’opinion d’un certain auteur[138] ; selon l’avis d’un autre auteur[139], elle est permise.

Sources — Texte hébreu : Ashlei Ravrevei : Choulhan Aroukh Yoré Déah, Lemberg, 1888, numérisé par la Bibliothèque nationale d’Israël, via Sefaria [domaine public] · Traduction française : Rituel du judaïsme, traduit pour la première fois sur l’original chaldéo-rabbinique et accompagné de notes et remarques de tous les commentateurs, par Jean de Pavly avec le concours de M. A. Neviasky. Troisième traité : Des morceaux de viande percevables par les prêtres. Orléans, 1898 [archive.org, domaine public] · Police hébraïque : Ezra SIL (SIL, OFL)

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