שולחן ערוך — יורה דעה

Shoul’han aroukh — Yoré Déa

Trad. de Pavly & Neviasky (1898)

Lois sur l’abattage des animaux — הלכות שחיטה

Siman 1. Des personnes admises à pratiquer l’abatage — מִי הֵם הַכְּשֵׁרִים לִשְׁחֹט (14 articles)

הכל שוחטין לכתחלה אפילו נשים: הגה יש אומרים שאין להניח נשים לשחוט. שכבר נהגו שלא לשחוט וכן המנהג שאין הנשים שוחטות: (ב״י בשם האגור): ועבדים וכל אדם אפילו אין מכירין אותו שמוחזק לשחוט שלא יתעלף וגם אין יודעין בו שהוא מומחה ויודע הלכות שחיטה מותר ליתן לו לכתחלה לשחוט ומותר לאכול משחיטתו שרוב הרגילין לשחוט הם בחזקת מומחין ומוחזקין. בד״א בשאינו לפנינו אז מותר לאכול משחיטתו וסומכים על החזקה. אבל אם הוא לפנינו צריך לבדקו אם הוא מומחה ויודע הלכות שחיטה אבל אין צריך לשאלו אם נתעלף: הגה וי״א שאין לסמוך על החזקה אלא בדיעבד אבל לכתחלה אין לסמוך על חזקה במקום דיכולין לבררו (מרדכי והגהות אשר״י ואגור בשם א״ז ושאלתות פ’ בהעלותך) וכל זה מיירי באחרים שאינן בקיאין ויודעין אם זה השוחט בקי או לאו אבל השוחט עצמו לא ישחוט אע״פ שיודע הלכות שחיטה ומומחה עד ששחט ג״פ בפני חכם ומומחה בהלכות שחיטה שיודע שהוא רגיל וזריז שלא יתעלף (טור בשם הרמב״ם) ולכן נוהגין שאין אדם שוחט אלא א״כ נטל קבלה לפני חכם (אגור בשם הלכות א״י) ואין החכם נותן לו קבלה עד שידע בו שהוא יודע הלכות שחיטה ובקי ביד. ולכן נוהגין שכל הבאין לשחוט סומכין עליהם לכתחילה ולא בדקינן אותם לא בתחילה ולא בסוף. דכל המצויין אצל שחיטה כבר נטלו קבלה לפני חכם (ד״ע) ובקצת מקומות נוהגין להחמיר עוד דהמקבל נוטל כתב מן החכם לראייה שנתן לו קבלה. וכל שוחט אע״פ שנטל קבלה יראה שיחזור לפרקים הלכות שחיטה שיהיו שגורים בפיו ובלבו שלא ישכחם (מהר״ר יעקב הלוי בשם מהר״ש). וכמו שהדין בהלכות שחיטה ובמי שבא לשחוט כך הוא הדין בהלכות בדיקות הריאה ובמי שבא לבדוק. ודינם ומנהגם שוה בכל זה (ד״ע) ויש לב״ד לחקור ולדרוש אחר הבודקים והשוחטים ולראות שיהיו בקיאים ומומחים וכשרים (מהרי״ו סי’ נ’) כי גדול איסור המכשלה בשחיטות ובדיקות המסורים לכל ואם בדקו איזה שוחט ובודק ונמצא שאינו יודע. אם נטל פעם אחת קבלה אין מטריפין למפרע מה ששחט דאמרינן השתא הוא דאתרע (חדושי אגודה) אבל אם לא נטל קבלה מעולם כל מה ששחט טריפה גם כל הכלים שבשלו בהן מה ששחט צריכין הכשר (רשב״א סימן רי״ח):

1.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §1.1

Toutes[1] les personnes ont la faculté de procéder à l’abatage, de propos délibéré[2] : même les femmes[3] הגה · RemaD’aucuns[4] opinent qu’il ne faut guère admettre les femmes à pratiquer l’abatage, attendu qu’elles n’ont pas coutume d’y procéder[5]. Et en effet, il est d’usage de ne pas les y admettre. et les esclaves[6]. Et[7] l’on peut, de propos délibéré, confier à tout homme des animaux à abattre et en manger ensuite la viande, alors même que l’on ne sait pas si l’homme à qui on confie l’abatage est assez habile pour le pratiquer sans se lasser pendant l’opération[8], ni s’il est adroit et versé dans les lois de l’abatage ; car la plupart des gens ayant coutume d’abattre sont censés habiles et adroits. Il[9] ne s’agit pourtant ici que du cas où l’individu en question n’est plus présent, c’est alors qu’on peut manger la viande de l’animal abattu, en se basant sur la probabilité ; mais quand il est présent, il faut l’examiner s’il est adroit et versé dans les lois concernant l’abatage ; on[10] n’a pas besoin toutefois de lui demander s’il ne s’est point lassé pendant l’opération. הגה · RemaD’aucuns[11] opinent qu’il ne faut se baser sur la probabilité qu’en cas de fait accompli, mais non pas de propos délibéré, quand on peut s’assurer de façon positive. Il[12] n’est cependant question ici que des personnes qui ignorent si le praticien-boucher est exercé ou non. Quant[13] au praticien-boucher lui-même, il ne doit procéder à l’abatage, alors même qu’il est versé dans les lois et habile, sans avoir préalablement opéré à trois reprises devant un Rabbin exercé dans les lois concernant l’abatage, et sans avoir été reconnu par celui-ci apte et capable d’opérer sans se lasser. C’est[14] pourquoi l’usage veut que personne n’accomplisse l’acte d’abatage sans avoir obtenu l’agrément d’un Rabbin, lequel ne l’accorde qu’après avoir acquis la certitude que le candidat est versé dans les lois touchant l’abatage et adroit. Aussi a-t-on coutume de se fier, de propos délibéré, à tous ceux qui procèdent à l’abatage, sans les examiner ni avant, ni après l’opération, attendu que tous ceux qui y procèdent ont déjà obtenu l’agrément d’un Rabbin. En[15] certaines contrées il est d’usage de se montrer plus rigoureux sous ce rapport, en exigeant que le candidat se pourvoie, comme preuve de l’autorisation obtenue, d’un certificat du Rabbin. Chaque[16] praticien-boucher, bien qu’autorisé par un Rabbin, est tenu de répéter, de temps à autre[17], les lois concernant l’abatage, afin qu’il les apprenne par cœur et ne les oublie pas. Le[18] règlement concernant les lois d’abatage et le praticien-boucher s’applique également aux lois de l’examen du poumon et à l’examinateur ; les prescriptions et les usages étant identiques sous ce rapport pour les deux opérations. C’est[19] à l’autorité rabbinique à s’informer exactement des qualités des examinateurs et des praticiens-bouchers et à veiller à ce que ceux-ci soient instruits, habiles et vertueux ; car la prohibition de faire trébucher son prochain[20] acquiert une gravité toute particulière lorsqu’il s’agit d’abatage ou d’examen du poumon, dont l’exercice est confié au premier venu. Si[21], en interrogeant un praticien-boucher ou un examinateur du poumon, on vient de constater qu’il est ignorant, cette constatation n’a pas d’effet rétroactif si l’individu a eu une fois l’autorisation du Rabbin, et, partant, on ne déclare pas immangeable la viande provenant de ses opérations précédentes ; car on suppose que c’est au moment même de l’interrogation qu’il a oublié les lois[22] ; mais, s’il n’a jamais eu une autorisation d’un Rabbin, toute la viande provenant de ses opérations précédentes est immangeable, et même les marmites ayant servi à la cuisson de cette viande ont besoin du nettoyage prescrit par la loi[23].

אין צריך שידע כל חילוקי הדינים אלא אם אומר על דבר זה הייתי מסתפק ושואל קרינן ביה שפיר יודע עד שאומר על האסור מותר: הגה ובודקין אותו בדיני הלכות שחיטה שיתבארו לקמן ריש סימן כ״ג ובדין בדיקת הסכין ובדין בדיקת הסימנים לאחר שחיטה כמו שיתבאר לקמן סימן כ״ה. (הגהות אשיר״י והגהות מיימוני פ״ד מה״ש) ואם שחט וליתיה קמן למבדקיה מ״מ יבדקו בסימנים אם נשחטו רובן. דכל מה דאפשר למיבדק בדקינן (הר״ן בשם בעל הלכות וד״ע לדעת הרא״ש ע״ל סכ״ה סי״ג) וכל זה במקומות שלא נהגו ליטול קבלה אבל במקומות שנוהגין ליטול קבלה כגון בני אשכנז והנמשכין אחריהם. אין נוהגין לבדוק אחריו כלל וכמו שנתבאר: (ד״ע):

1.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §1.2

Il[24] n’est pas indispensable que le praticien-boucher connaisse toutes les nuances qu’offrent les lois ; pourvu qu’il réponde : « Si un pareil cas s’était présenté, j’aurais hésité et demandé l’avis du Rabbin », on le considère comme un homme sachant bien la loi ; à moins qu’il ne déclare permise une chose défendue. הגה · RemaOn[25] l’interroge sur les lois d’abatage, expliquées plus loin, au commencement du § 23, et sur l’examen du couteau et des artères prescrit après l’abatage, ainsi que cela est expliqué plus loin, § 25. S’il[26] vient de partir après l’opération, de sorte qu’on ne peut plus l’interroger, il faut examiner si la plupart de la circonférence des artères a été tranchée ; car on doit toujours procéder à l’examen des choses qui en sont susceptibles. Il[27] n’est question ici que des contrées où les praticiens-bouchers n’ont pas l’usage de se pourvoir d’une autorisation du Rabbin. Dans les pays, au contraire, où ceci est d’usage, ainsi que cela se pratique chez les Allemands et autres, on n’a pas coutume de procéder à aucun examen, ainsi qu’on l’a déjà dit précédemment[28].

מי שיודעין בו שאינו יודע הלכות שחיטה אפילו שחט לפנינו ד’ או ה’ פעמים שחיטה הגונה וראוי’ ושחט אח״כ בינו לבין עצמו שחיטתו פסול’ אפי’ שאלו לו עשית כך וכך ומתוך תשובתו נראה ששחט כראוי אין לסמוך עליו ואפי’ אמר ברי לי ששחטתי יפה: הגה ומי שדרכו להתעלף ואנו יודעים שאינו מוחזק ושחט ואמר ברי לי שלא נתעלפתי נאמן מאחר שיודע הלכות שחיטה (ב״י לדעת הרמב״ם): מי שיודעים בו שאינו יודע הלכות שחיטה יכולי’ ליתן לו לשחוט אם אחר עומד על גביו ובלבד שיראה אותו מתחילת שחיטה עד סופה: הגה ויש מחמירין ואוסרין ליתן לו לכתחלה לשחוט מאחר שא״י הלכות שחיטה (ב״י בשם הגהות אשיר״י בשם א״ז ובמרדכי) והכי נהוג:

1.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §1.3

L’opération[29] d’abatage pratiquée sans assistance d’un homme capable par un individu reconnu ignorant est invalide, alors même qu’il a déjà opéré précédemment quatre ou cinq fois devant nous de façon correcte et conforme à la loi. Il[30] ne faut pas se fier à lui, alors même que de la réponse donnée aux questions qu’on lui pose, s’il a agi de telle ou telle façon, on peut conclure qu’il a opéré correctement, et alors même qu’il dit : « Je suis certain d’avoir bien opéré. » הגה · RemaSi[31] un homme, sujet à se lasser et notoirement reconnu inhabile, vient de pratiquer l’abatage et affirme ensuite qu’il ne s’est pas lassé, on ajoute foi à son affirmation, puisqu’il connaît les lois concernant l’abatage[32]. On[33] peut charger de l’abatage un homme reconnu ignorant, si une autre personne l’assiste ; mais à condition que la personne assistante le surveille dès le commencement de l’opération jusqu’à la fin. הגה · RemaD’aucuns[34] se montrent plus sévères en pareil cas et défendent de le charger de l’abatage, puisqu’il ignore les lois. Il est d’usage de se conformer à cette opinion.

אם אבדו גדייו ותרנגוליו או שנגנבו ומצאם שחוטים כראוי במקום שרוב ישראל מצויים (וגם רוב גנבי העיר ישראלים) מותרים בין שמצאם בשוק בין שמצאם באשפה שבבית אבל אם מצאם באשפה שבשוק אסורים:

1.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §1.4

Si[35] des chèvres ou des poules égarées ou volées viennent d’être retrouvées saignées conformément à la loi, dans une contrée dont la plupart des passants sont Israélites, הגהEt[36] dont la plupart des voleurs sont également Israélites. elles sont mangeables[37], n’importe l’endroit où elles furent retrouvées : soit au marché, soit dans les balayures derrière la maison ; mais elles sont immangeables si on les trouve dans les balayures du marché[38].

חרש שאינו שומע ואינו מדבר ושוטה דהיינו שהוא יוצא יחידי בלילה. או מקרע כסותו או לן בבית הקברות. או מאבד מה שנותנים לו אפילו באחת מאלו אם עושה אותם דרך שטות. וקטן שאינו יודע לאמן ידיו לשחוט אין מוסרין להם לשחוט לכתחילה אפי’ אחרים עומדים על גביהם. ואם שחטו שחיטתן כשרה אם אחרים עומדים על גביהם ואין מוסרין להם לכתחילה לשחוט בשאין אחרי’ עומדים על גביהם אפי’ אם רוצים להאכיל לכלבים. ואם הקטן יודע לאמן ידיו אם אחרים עומדים על גביו שוחט לכתחילה. ומותר לאכול משחיטתו: הגה אבל אם שחט בינו לבין עצמו שחיטתו פסולה אע״פ שיודע הלכות שחיטה (הגהות אשיר״י רפ״ק ורשב״א ות״ה וא״ז) ומקרי קטן לענין זה עד שנעשה בר מצוה דהיינו בן י״ג שנים ויום א’ (ב״י בשם עיטור וא״ז בשם ר’ יואל) ויש מחמירין שלא ליתן קבלה למי שהוא פחו’ מבן י״ח שנה (מרדכי בשם הלכו’ א״י והגהות אלפסי החדשים) דאז גברא בר דעת הוא ויודע ליזהר:

1.5
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §1.5

On[39] ne doit pas, de propos délibéré, charger de l’abatage les individus suivants, même assistés d’autres personnes : un sourd qui ne peut ni entendre ni parler ; un insensé qui sort seul de nuit[40], ou qui lacère ses vêtements, ou qui passe la nuit au cimetière[41], ou qui perd tout ce qu’on lui donne — et[42] même s’il ne commet qu’une seule de ces extravagances, pourvu qu’il le fasse par sottise — enfin un enfant qui ne sait manipuler avec adresse. Ont-ils déjà pratiqué l’abatage, celui-ci est valide, si d’autres personnes assistaient à l’opération. Sans[43] l’assistance d’autres personnes, il ne faut pas, de propos délibéré, les charger de l’abatage, alors même qu’on a l’intention de ne se servir ensuite de la viande qu’uniquement pour nourrir les chiens[44]. Mais[45] un enfant qui sait manipuler avec adresse peut, s’il est assisté d’autres personnes, pratiquer l’abatage, de propos délibéré, et il est permis de manger ensuite la viande provenant de cet abatage. הגה · RemaMais[46] s’il a pratiqué l’abatage sans l’assistance de personne, son opération est sans valeur, alors même qu’il connaît les lois de l’abatage. On[47] est considéré comme enfant sous ce rapport jusqu’à l’âge qui impose l’observation des lois, c’est-à-dire jusqu’à l’âge de treize ans et un jour. D’aucuns[48] se montrent plus sévères et défendent d’accorder l’autorisation à un homme moins âgé de dix-huit ans ; car ce n’est qu’à cet âge que l’on devient vraiment judicieux et capable d’agir avec circonspection.

חרש המדבר ואינו שומע לא ישחוט מפני שאינו שומע הברכה. ואם שחט אפילו בינו לבין עצמו שחיטתו כשרה:

1.6
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §1.6

Un[49] sourd qui parle mais ne peut pas entendre, ne doit pas pratiquer l’abatage, puisqu’il ne peut pas entendre la formule de l’action de grâce[50] ; mais a-t-il déjà pratiqué cette opération, celle-ci est valide, alors même que personne n’y assistait.

השומע ואינו מדבר אם הוא מומחה שוחט אפי’ לכתחלה אם אחר מברך:

1.7
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §1.7

Celui[51] qui entend mais ne peut pas parler peut, de propos délibéré, pratiquer l’abatage, si un autre prononce à sa place la formule de l’action de grâce.

שיכור שהגיע לשכרותו של לוט דינו כשוטה ואם לא הגיע לשכרותו של לוט שוחט לכתחילה: הגה וי״א ששכור לא ישחוט שרגיל לבא לידי דרסה. (הגהות מיי’ בשם סמ״ג פ״ג מהלכות שחיטה ובה״ג וכל בו בשם סה״ת וס’ יראים סימן קל״ז):

1.8
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §1.8

Un[52] ivrogne dont l’ébriété atteint le degré de l’ivresse de Loth[53], équivaut sous ce rapport à un insensé ; mais si son ébriété n’atteint pas le degré mentionné, il peut, de propos délibéré, pratiquer l’abatage. הגה · RemaD’aucuns[54] opinent qu’un ivrogne ne doit pas pratiquer l’abatage, parce qu’il est coutumier de faire une pression[55] pendant l’opération.

סומא לא ישחוט לכתחילה אלא א״כ אחרים רואין אותו ואם שחט שחיטתו כשרה:

1.9
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §1.9

Un[56] aveugle ne doit pas pratiquer l’abatage, de propos délibéré, sans l’assistance d’autres personnes ; l’a-t-il déjà fait, son opération est valide.

ערום לא ישחוט לכתחילה מפני שאינו יכול לברך:

1.10
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §1.10

Un[57] homme nu ne doit pas pratiquer l’abatage, de propos délibéré, puisqu’il ne peut pas prononcer la formule d’action de grâce[58].

אם הטילו הקהל חרם שלא ישחוט אלא טבח ידוע ושחט אחר י״א ששחיטתו אסורה: הגה ואם נתבטלה התקנה כל השוחטים בחזקת כשרות כמו בראשונה (פסקי מהרא״י סי’ קע״ז):

1.11
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §1.11

D’aucuns[59] opinent que si une communauté vient de faire un vœu solennel[60] au terme duquel la pratique de l’abatage soit défendue à tout autre qu’au praticien-boucher désigné par elle, l’abatage pratiqué par toute autre personne est invalide. הגה · RemaMais[61] si l’ordonnance de la communauté vient d’être révoquée, tous les praticiens-bouchers redeviennent aptes à pratiquer comme auparavant.

השוחט בפני עדים בהמה לעובד כוכבים וכשבא ישראל לקנות ממנה אמר לא תקנה ממנה כי לא שחטתיה אינו נאמן ומיהו לדידיה אסורה דהא שויא אנפשיה חתיכה דאיסורא (וע״ל סי’ קכ״ז בדין עד א’ נאמן באיסורין):

1.12
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §1.12

Si[62] quelqu’un, qui a pratiqué l’abatage en présence des témoins pour le compte d’un païen, dit à un Israélite qui vient pour acheter de la viande : « N’en achète pas, car ce n’est pas moi qui ai pratiqué l’abatage », on ne lui croit pas. Cependant, lui-même ne doit plus manger de cette viande, car il l’a rendue à son usage comme un morceau défendu[63]. הגה · RemaV. plus loin, § 127, au sujet de la suffisance d’un seul témoin en fait de rits.

טבח שעשה סימן בראש הכבש השחוט שיהא נראה שהוא טריפה וגם היה אומר שהוא טריפה ואח״כ אמר שכשר היה ולא אמר כן אלא כדי שלא יקחו אותו וישאר לו ליקח ממנו בשר כיון שנתן אמתלא לדבריו נאמן (וע״ל סימן קכ״ז סעיף א’ בהג״ה):

1.13
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §1.13

Si[64] un praticien-boucher, après avoir fait une marque à la tête d’une brebis abattue afin d’indiquer qu’elle est immangeable, et après avoir même expressément prétendu qu’elle est immangeable, vient de déclarer qu’elle est bien mangeable et qu’il n’avait prétendu le contraire auparavant qu’à ces seules fins que la viande restât à sa disposition, faute d’autres acheteurs, on lui croit, attendu qu’il donne une explication plausible[65]. הגה · RemaV. plus loin, § 127, Glose du premier article.

שוחט שהעיד עליו עד אחד ששחט שלא כהוגן והוא מכחישו עד אחד בהכחשה לאו כלום והעד עצמו מותר לאכול מכאן ולהבא ומכ״מ הכל לפי מה שהוא אדם:

1.14
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §1.14

Si[66] un praticien-boucher conteste l’affirmation faite par un témoin, selon laquelle l’abatage aurait été mal pratiqué, l’affirmation d’un témoin unique est nulle quand elle est contestée[67]. Aussi le témoin lui-même peut-il à l’avenir manger de la viande provenant de l’abatage du praticien-boucher contre lequel il vient de témoigner. Cependant[68] tout dépend de la moralité du témoin[69].

Siman 2. De l’abatage pratiqué par un païen ou un réfractaire — מוּמָר וְעוֹבֵד כּוֹכָבִים (11 articles)

שחיטת עובד כוכבים נבילה אפי’ הוא קטן ואפי’ אינו עובד עבודת כוכבים (כגון גר תושב טור) ואפילו אחרים רואין אותו:

2.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §2.1

La[70] viande provenant de l’abatage pratiqué par un païen est exécrable[71], même quand le païen est encore un enfant[72], même quand il n’est pas idolâtre[73] הגהPar exemple, un converti par raison de résidence[74], et même quand d’autres personnes assistaient à l’abatage.

מומר אוכל נבילות לתיאבון ישראל בודק סכין ונותן לו ומותר לאכול משחיטתו אפי’ ישחוט בינו לבין עצמו והוא שיודעין בו שיודע הלכות שחיטה. לא בדק ישראל הסכין קודם שחיטה אסור לאכול ממנה אא״כ בדקו אחר שחיטה. אפי’ אם מומר זה עומד לפניו אסור לכתחלה למסור לו לשחוט עד שיבדוק הכשר הסכין ולא יאמר אבדוק לאחר שחיטה: הגה ואם שחט פ״א ונמצא שחיטתו פסולה אם אינו רגיל בכך מ״מ מותר לאכול משחיטתו מכאן ואילך (מהרי״ק סי’ ל״ג) והכל לפי ראות עיני הדיין ואם הוחזק בכך ויש לחוש לדבר יש לנדותו (שם):

2.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §2.2

Il[75] est permis à un Israélite d’examiner un couteau et de le remettre à un réfractaire à la loi[76] qui mange de la viande exécrable par esprit de débauche, afin que celui-ci s’en serve pour pratiquer l’abatage ; et il est permis de manger de la viande provenant de cet abatage, alors même qu’il a été pratiqué sans l’assistance d’autres personnes ; mais[77] à condition toutefois que le réfractaire ait été reconnu versé dans les lois d’abatage. N’a-t-on[78] pas examiné le couteau avant l’abatage, il est défendu de manger la viande, à moins qu’on ne l’ait pas fait après l’abatage. Alors[79] même que le réfractaire est assisté d’une personne vertueuse, il est défendu de le charger, de propos délibéré, de pratiquer l’abatage sans que la personne vertueuse ait préalablement examiné le couteau ; mais il ne faut pas en différer l’examen en se proposant de le faire après l’abatage. הגה · RemaSi[80] un praticien-boucher a pratiqué une fois l’abatage de façon incorrecte et rendu ainsi la viande de l’animal abattu immangeable, on peut quand même, s’il n’en est point coutumier, manger de la viande provenant de ses abatages postérieurs. Tout[81] dépend cependant de la manière de voir du Rabbin. Si le praticien-boucher s’est déjà rendu coupable de pareille faute et s’il y a lieu de croire à sa culpabilité, on le destitue.

מומר לתיאבון ששחט אפילו נשבע ששחט בסכין יפה אינו נאמן:

2.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §2.3

On[82] se méfie d’un réfractaire à la loi par esprit de débauche qui vient de pratiquer un abatage, alors même qu’il jure de s’être servi à cet effet d’un bon couteau.

מומר לתיאבון ששחט בינו לבין עצמו ויש עמו סכין יפה ושאינו יפה ואומר שביפה שחט נאמן: ואפילו אם נמצא בשר בידו אם יש מומחין בעיר ואמר מפלוני קניתיהו נאמן:

2.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §2.4

On[83] ajoute foi à l’affirmation d’un réfractaire par esprit de débauche qui, ayant pratiqué l’abatage sans l’assistance d’autres personnes et ayant en sa possession un bon et un mauvais couteau, assure d’en avoir employé le bon[84]. On[85] ajoute également foi à son affirmation quand il s’agit de viande trouvée en sa possession qu’il désigne comme étant de la provenance d’un abatage pratiqué par un praticien-boucher habile ; à condition toutefois qu’il y en ait un tel dans la ville.

מומר להכעיס אפי’ לדבר אחד או שהוא מומר לעבודת כוכבים או לחלל שבת בפרהסיא או שהוא מומר לכל התורה אפילו חוץ משתים אלו דינו כעובד כוכבים: הגה האוכל נבילות שלא לתיאבון אלא להכעיס דינו כמומר להכעיס אע״פ שאינו מכוין להכעיס (כן משמע מהרא״ש ופי’ הב״י):

2.5
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §2.5

Un réfractaire par esprit de révolte, ne fût-ce qu’à l’égard d’une seule loi, soit qu’il est réfractaire au précepte négatif de l’idolâtrie ou à celui de la profanation du sabbath en public[86], soit qu’il est réfractaire à toutes les lois bibliques excepté les deux préceptes négatifs précités, est considéré par la loi comme un païen. הגה · RemaCelui[87] qui mange de la viande exécrable, non pas par esprit de débauche, mais parce qu’il ne se soucie guère des lois de l’abatage, est considéré par la loi comme un réfractaire par esprit de révolte, bien que lui ne le fasse pas par révolte.

מומר לאחד משאר עבירות א״צ לבדוק לו סכין ולהרמב״ם צריך ודוקא במומר לעבירה אבל מי שהוא פסול לעדות בעבירה מעבירות של תורה אין צריך לבדוק לו אפי’ לרמב״ם: הגה אבל מי שנפסל לעדות באכילת נבילות אע״פ שאינו מומר ממש לאיסור זה הרי הוא כמומר לכך שחשוד על הנבילות (שך סי״ח ס״ק כ’ ושם קכ״ז):

2.6
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §2.6

On[88] n’a pas besoin d’examiner le couteau dont veut se servir le réfractaire à une loi pour pratiquer l’abatage. Selon l’opinion de Maïmonide[89], il le faut bien. Il[90] ne s’agit pourtant ici que d’un réel réfractaire à une loi ; mais on n’a pas besoin, même selon l’opinion de Maïmonide, d’examiner le couteau dont veut se servir pour pratiquer l’abatage un individu incapable de servir de témoin pour avoir une fois violé une loi biblique[91]. הגה · RemaMais[92] si un individu est devenu incapable de servir de témoin pour avoir mangé de la viande exécrable, bien qu’il ne soit pas réellement réfractaire à ce précepte négatif, la loi le considère comme tel, attendu qu’il est soupçonné de manger de la viande exécrable[93].

מומר לערלות דינו כמומר לעבירה אחת. ואם אינו ערל אלא מפני שמתו אחיו מחמת מילה הרי הוא כשאר ישראל כשר:

2.7
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §2.7

Un[94] réfractaire à la loi de la circoncision est considéré par loi comme un réfractaire à une autre loi unique[95]. Mais[96] si quelqu’un a enfreint la loi de la circoncision par la seule raison que ses frères en sont morts, il est considéré comme un Israélite vertueux.

כותי האידנא דינו כעובד כוכבים:

2.8
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §2.8

Les[97] Couthéens maintenant sont considérés par la loi comme des païens.

צדוקי ובייתוסי (הם הנמשכים אחר צדוק ובייתוס מתלמידי אנטיגנוס איש סוכו שיצאו לתרבות רעה ואינם מאמינים בתורה שבע״פ) שחיטתן פסולה אא״כ אחרים עומדים על גביהם ואחרים בדקו סכין: הגה מסור דינו כמומר ולפיכך שחיטתו פסולה ויש אומרים שחיטתו כשרה ע״ל סי’ קי״ט:

2.9
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §2.9

L’abatage[98] pratiqué par des Saducéens et des Caraïtes est invalide, à moins que ces derniers n’aient été assistés, pendant l’opération, d’autres personnes et que le couteau n’ait été examiné également par d’autres personnes. הגה · RemaUn[99] délateur est considéré comme un réfractaire à la loi, et, par conséquent, l’abatage pratiqué par lui est invalide. D’aucuns[100] opinent que l’abatage d’un tel individu est bien valide. V. plus loin, § 119.

התחיל פסול לשחוט וגמר הכשר או שהתחיל הכשר וגמר הפסול פסולה במה דברי’ אמורים שהתחיל הפסול בדבר שעושה אותו נבילה כגון בוושט שאם ניקב כל שהוא פסול או שחתך רוב הסימנים. אבל אם התחיל הפסול וחתך חצי הקנה וגמר הכשר כשרה:

2.10
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §2.10

Si[101] l’opération de l’abatage a été commencée par un incapable et achevée par un capable, ou inversement, elle est invalide. Il n’en est pourtant ainsi que quand l’opération commencée par l’incapable consistait dans une insection telle que, si une pareille entaille de l’organe se fût produite fortuitement chez l’animal, la viande en serait devenue exécrable[102] ; par exemple si l’incapable a touché l’œsophage, ou tranché la plupart de la circonférence de la trachée. Mais si son acte consistait seulement dans la section de la moitié de la circonférence de la trachée, et si un capable a achevé l’opération, elle est valide.

היו ישראל ופסול אוחזין בסכין ושוחטין פסולה ואין צריך לומר אם כל א’ סכינו בידו: (שחיטת קוף פסולה) (א״ז והוא בתוספות פ״ק דחולין):

2.11
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §2.11

Si[103] un Israélite et un incapable tiennent tous les deux ensemble un couteau et pratiquent l’abatage, celui-ci est invalide ; il en est de même à plus forte raison si chacun des deux a un couteau particulier. הגה · RemaL’abatage[104] pratiqué par un singe est invalide.

Siman 3. L’opération de l’abatage n’exige pas l’intention — שְׁחִיטָה אֵינָהּ צְרִיכָה כַּוָּנָה (1 article)

שחיטת חולין אינה צריכה כוונה. אפילו מתעסק בעלמא לחתוך או שזרק סכין לנועצה בכותל ושחט כהלכתה (ס״א בהליכתה ועיקר) כשרה והוא שראה שלא החליד (פי’ ענין נעיצה ותחיבה מלשון חולדה שנכנסת בחורין ובסדקין) הסכין בין סימן לסימן. או תחת העור. ואם מצא הנוצה או השער חתוכים ודאי לא החליד ואפילו הפיל הסכין בידו או ברגלו שלא בכוונה כלל ושחט שחיטתו כשרה. אבל אם נפלה מעצמה פסולה דבעינן כח גברא (ע״ל סי’ ז’) וכן אם היה הסכין מונח בחיקו או בידו ונפלה מידו או מחיקו שלא בכוונה כנפלה מעצמה דמי ופסולה:

3.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §3.1

L’abatage[105] des animaux non consacrés[106] ne demande pas à être pratiqué avec intention. Si donc quelqu’un, ayant été occupé à pratiquer simplement une entaille, ou bien ayant lancé le couteau contre le mur afin de l’y enfoncer, vient de pratiquer sans le vouloir un abatage ayant les conditions requises par la loi, celui-ci est valide. Il[107] faut cependant examiner si l’abatage ne s’était accompli par transfixion[108], c’est-à-dire si le couteau ne s’était pas enfoncé entre l’œsophage et la trachée, ou entre les artères et la peau. Si[109] l’on constate une entaille des plumes chez la volaille ou du poil chez le bétail, on peut en conclure avec certitude qu’il n’y a pas eu de transfixion. L’abatage[110] est également valide si quelqu’un vient de l’accomplir en faisant tomber le couteau avec la main ou avec le pied, sans nulle intention[111]. Mais[112] l’abatage est invalide s’il vient d’être accompli avec un couteau tombé de lui-même, car il faut que l’abatage s’accomplisse par la force impulsive de l’homme[113]. De[114] même l’abatage accompli avec un couteau tombé accidentellement d’entre les mains ou du sein de quelqu’un équivaut à un abatage accompli avec un couteau tombé de lui-même[115] ; il est, par conséquent, invalide.

Siman 4. De l’abatage pratiqué en l’honneur des idoles ou autres divinités — שוחט לשם עבודת כוכבים (7 articles)

השוחט לשם עבודת כוכבים אפלו לא חשב לעבדה בשחיטה זו אלא חשב בשעת שחיטה לזרק דמה או להקטיר חלבה לעבודת כוכבים הרי זה זבחי מתים. ואסורה בהנאה:

4.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §4.1

Si[116] quelqu’un pratique l’abatage en l’honneur des idoles, quand[117] même il n’aurait pas l’intention d’adorer l’idole par l’acte même de l’abatage, mais qu’il penserait pendant l’opération se servir ensuite du sang de l’animal pour l’aspersion, ou de la graisse pour offrir un sacrifice en l’honneur des idoles[118], l’animal ainsi abattu est considéré comme une offrande faite aux morts[119] ; la jouissance en est, par conséquent, défendue[120].

שחט סתם ואח״כ חשב לזרק דמה או להקטיר חלבה לעבודת כוכבים הרי זה ספק זבחי מתים:

4.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §4.2

Si[121], après avoir pratiqué l’abatage sans nulle intention, on forme le dessein d’employer le sang de l’animal à l’aspersion ou la graisse au sacrifice en l’honneur des idoles, l’animal est considéré comme une douteuse[122] offrande faite aux morts[123].

ישראל ששחט בהמת עובד כוכבים אפלו חשב העובד כוכבים לעבודת כוכבים כשרה ואם ישראל חשב שיזרק העובד כוכבים לעבודת כוכבים פסולה: (ואסורה בהנאה) (ב״י):

4.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §4.3

L’animal[124] appartenant à un idolâtre et abattu par un israélite est mangeable, quand même l’idolâtre aurait pensé à ses idoles pendant l’opération[125]. Mais[126] si l’israélite a eu le dessein que l’idolâtre se servît du sang de l’animal pour l’aspersion en l’honneur des idoles, l’animal devient immangeable. הגהEt[127] la jouissance en est défendue.

ישראל ששחט בהמת חברו לעבודת כוכבים לא אסרה. שודאי לא כון אלא לצערו. ואם יש לו שתפות בה יש אומרים שאוסר גם חלק חברו. ויש אומרים דגם בזה אינו מכון אלא לצער שתפו ולא לאסר: הגה ואם התרו בו ועבר התראה הרי זה אוסר כשאר מומרים (טור). (וע״ל סימן קמ״ה):

4.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §4.4

Un[128] israélite ne rend pas l’animal appartenant à son prochain immangeable en en pratiquant l’abatage en l’honneur des idoles ; car il est évident que s’il agit de la sorte, ce n’est que pour contrarier son prochain. Mais s’il est co-propriétaire de l’animal, alors il rend, selon les uns[129], immangeable même la part de son prochain ; selon les autres[130], on présume dans ce cas également qu’il n’avait l’intention que de contrarier son associé, mais non pas de rendre la viande de l’animal immangeable[131]. הגה · RemaSi[132], préalablement averti de ne pas agir de la sorte, il n’en fit pas cas, son abatage rend la viande immangeable, semblable à l’abatage pratiqué par d’autres réfractaires à la loi. V. plus loin, § 145[133].

השוחט לשם הרים וגבעות לשם חמה ולבנה כוכבים ומזלות ימים ונהרות אין לו דין תקרבת עבודת כוכבים לאסרה בהנאה אבל שחיטתו פסולה אף על פי שלא נתכון לעבדם אלא לרפואה וכיוצא בה מדברי הבאי שאומרים העובדי כוכבים:

4.5
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §4.5

Celui[134] qui pratique l’abatage en l’honneur des montagnes, des vallées, du soleil, de la lune, des étoiles, des planètes, des mers ou des lacs, ne rend pas l’animal abattu tout à fait semblable aux offrandes faites aux idoles, au point que la jouissance en soit défendue[135] ; cependant l’abatage est invalide, alors[136] même que l’acte n’avait nullement le culte de latrie pour mobile, mais simplement le culte de dulie, inspiré par le désir d’obtenir une guérison[137] ; ou bien par quelqu’autre des superstitions accréditées chez les idolâtres.

שחט לשם שר של הר או לשם שר אחד משאר הדברים בין ששחט לשם מיכאל השר הגדול בין ששחט לשם שר של שלשול קטן שבים (פי’ מין תולעת) הרי זה זבחי מתים ואסור בהנאה:

4.6
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §4.6

Celui[138] qui pratique l’abatage en l’honneur du génie des montagnes, ou de celui de quelqu’autre des objets précités[139], — qu’il s’agisse du puissant ange Michel, ou de l’ange protecteur du plus petit mollusque de la mer — rend l’animal abattu semblable à une offrande faite aux morts ; la jouissance en est donc défendue.

ישמעאלים שאינם מניחים ישראל לשחט אלא אם כן יהפך פניו לא״ל קיבל״א (דהינו שיהפך פניו נגד מזרח) כמנהג חקותיהם אינו דומה לשוחט לשם הרים. ומכל מקום ראוי לבטל המנהג ההוא ולגער במי שעושה כן (הואיל ומקפידים על כך) (רשב״א סימן שמ״ה):

4.7
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §4.7

L’usage[140] des Ismaélites de ne pas permettre à un israélite de pratiquer l’abatage qu’en se tournant vers la Kaaba[141] הגהc’est-à-dire en se tournant vers l’Orient, conformément à leurs rites, n’a rien de commun avec un abatage pratiqué en l’honneur des montagnes[142]. On ferait bien cependant de supprimer cette coutume et de réprimander celui qui la pratique. הגה · RemaAttendu que les Ismaélites y attachent tant d’importance[143].

Siman 5. De l’abatage pratiqué avec l’intention de sacrifier — שוחט לשם קדשים (3 articles)

השוחט לשם קדשים שמתנדבים ונודרים כמותם אפלו היא בעלת מום. שחיטתו פסולה. שזה כשוחט קדשים בחוץ. שחט לשם קדשים שאינם באים בנדר ונדבה שחיטתו כשרה (ל’ הרמב״ם פ״ב מה״ש). כיצד השוחט לשם עולה לשם תודה לשם פסח. שחיטתו פסולה הואיל והפסח יכול להפרישו בכל שעה שירצה. דומה לנדר ונדב. שחט לשם חטאת לשם אשם ודאי לשם אשם תלוי לשם בכור לשם מעשר לשם תמורה שחיטתו כשרה. ואם נודע שעבר עברה שחיב עליה חטאת או אשם ואומר זו לחטאתי או לאשמי פסולה: הגה ויש פוסלין באשם תלוי בכל ענין משום דסבירא להו דבא בנדר ונדבה (טור) (וכן משמע דעת הראש סוף פרק השוחט ור’ ירוחם עין שם ורשב״א בת״ה) ויש להחמיר:

5.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §5.1

L’abatage[144] pratiqué avec l’intention que l’animal serve d’un de ces sacrifices qu’on peut offrir volontairement ou à la suite d’un vœu, est invalide, alors même que l’animal abattu a un défaut[145] ; parce que cet acte équivaut à une immolation des victimes hors de l’enceinte du temple[146]. Mais[147] l’abatage est valide s’il est pratiqué avec l’intention que l’animal serve d’un de ces sacrifices qu’on ne peut pas offrir volontairement ou à la suite d’un vœu. Ainsi l’abatage pratiqué avec l’intention d’offrir un holocauste[148], une oblation d’action de grâces[149] ou le sacrifice de la pâque[150] est invalide, attendu que l’agneau pascal, pouvant être choisi à toute heure de l’année[151], ressemble aux oblations qu’on peut offrir volontairement ou à la suite d’un vœu. Mais l’abatage est valide s’il est pratiqué avec l’intention d’offrir un sacrifice expiatoire[152], une oblation d’absolution certaine[153] ou celle d’absolution douteuse[154], un sacrifice du premier-né ou du dixième[155], ou une offrande de substitution[156]. Cependant[157] l’abatage est invalide si la personne qui le pratique, étant notoirement passible d’offrir un sacrifice expiatoire ou une oblation absolutoire pour un péché commis, dit pendant l’opération : Voici la victime pour mon sacrifice ou pour mon oblation[158]. הגה · RemaD’aucuns[159] opinent que l’intention d’offrir une oblation d’absolution douteuse rend, dans tous les cas, l’abatage invalide, parce qu’ils sont d’avis qu’une telle oblation peut être offerte volontairement ou à la suite d’un vœu. Il convient de procéder en pareil cas avec rigueur.

שחט תרנגולים ואוזים וכיוצא בהם מינים שאינם ראויים להקרבה כשרים והוא הדין לתורים קטנים ובני יונים גדולים:

5.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §5.2

L’intention[160] de sacrifier ne rend pas invalide l’abatage des poules, des oies ou d’autres volailles semblables qui ne sont pas susceptibles d’être offertes comme oblation. Il[161] en est de même des petites tourterelles et des grandes colombes[162].

שנים ששוחטין בין שאוחזין בסכין אחד בין שכל אחד סכינו בידו ונתכון אחד מהם לשם דבר הפוסל הרי זו פסולה וכן אם שחטו זה אחר זה ונתכון אחד מהם לשם דבר הפוסל פסול במה דברים אמורים כשהיה לו בה שתפות אבל אם אין לו בה שתפות אינה אסורה שאין אדם מישראל אוסר דבר שאינו שלו שאין כונתו אלא לצערו: הגה ויש אוסרים בכל ענין משום מראית העין (ב״י בשם הראש והטור) ויש להחמיר:

5.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §5.3

L’abatage[163] est invalide si, pratiqué par deux personnes, soit avec un seul couteau, soit avec deux couteaux différents, une des deux personnes a eu une intention qui l’invalide. Il[164] en est de même si, pratiqué successivement par deux personnes, l’abatage est accompli par la seconde personne avec l’intention mentionnée. Il[165] ne s’agit pourtant ici que du cas où la personne qui invalide par son intention est co-propriétaire de l’animal abattu ; sinon, elle ne peut pas invalider, attendu qu’aucun Israélite ne peut par son intention rendre défendue la chose d’autrui, parce qu’il est certain que l’intention en l’occurrence n’avait d’autre but que de contrarier le propriétaire. הגה · RemaD’aucuns[166] opinent que l’intention invalide en tout cas, à cause de l’apparence. Il convient d’agir en pareil cas avec rigueur.

Siman 6. Des objets tranchants pouvant servir à l’opération de l’abatage — בׇמ׆ה שוֹחֲטִין (4 articles)

בכל דבר התלוש שוחטין בין בסכין בין בצור בין בקרומית של קנה האגם הנקרא אישפד״ניא (ושן וצפורן יחידי) (טור) וכיוצא בהם מדברים החותכים. והוא שיהיה פיו חד ולא יהיה בו פגם: הגה ואסור לשחוט בשאר קנים או זכוכית שקסמים נבדלין מהם ויש לחוש לנקיבת הסימנים. (ב״י בשם רש״י וכ״כ הר״ן): סכין שצדו א’ מגל. וצדו השני יפה. לא ישחוט בצד היפה לכתחלה. גזירה שמא ישחוט בצד האחר. ואם שחט הואיל בצד היפה שחט שחיטתו כשירה: הגה וה״ה בסכין ארוך שיש בו פגימה ונשאר בו שיעור שחיטה בלא פגימה דאסור לשחוט בו אפילו במקום היפה אפילו אם כרך מטלית על הפגימה (טור) ואם שחט בו ואמר ברי לי שלא נגעתי במקום הפגימה שחיטתו כשרה. (מרדכי ספ״ק דחולין ואשר״י ותא״ו נט״ז וכל בו ורוקח ומהרי״ל) אפילו לא כרך מטלית על הפגימה ובי״ט שאי אפשר להשחיז הסכין (טור ואשר״י ור״פ עב״י) וכן בחול בשעת הדחק מותר לשחוט לכתחלה אם כורך מטלית על הפגימה. (טור וב״י שסמך על העיטור ור״ן וסה״ת וסמ״ג והגה״מ) (וע״ל סימן י״ח ס״י) ולכתחילה יש ליזהר אפילו אין לסכין פגימה רק בין הקתא לסכין לא ישחוט בו. (מצא בשחיטות ישנים) (ד״מ סימן י״ח סוף ס״ב):

6.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §6.1

On[167] peut pratiquer l’abatage avec tout objet détaché[168], tel qu’un couteau, une pierre aiguisée[169], un fragment de roseau[170] הגהune[171] dent ou un angle unique, ainsi que tout objet tranchant ; à condition toutefois que le tranchant en soit bien affilé et qu’il n’ait point de brèches. הגה · RemaIl[172] est défendu de pratiquer l’abatage avec les fragments d’autres cannes ou de verre[173], à cause des échardes qui s’en détachent et qui font craindre une perforation des artères. Il[174] ne faut pas, de propos délibéré, pratiquer l’abatage, avec un couteau à double tranchant dont l’un est bon, l’autre denté en scie, alors même qu’on entend se servir du bon tranchant, de crainte qu’on ne se serve de l’autre. Mais si l’opération est déjà faite avec un tel couteau, elle est valide, puisqu’on s’est servi du bon tranchant. הגה · RemaDe[175] même, lorsqu’un couteau a une brèche et est assez long pour qu’on puisse pratiquer l’abatage avec le reste non ébréché de la lame, il est défendu de se servir de la partie non ébréchée, alors même qu’on entoure la partie ébréchée d’un torchon. Mais[176] si l’opération est déjà faite, elle est valide, alors même qu’on n’a pas entouré la partie ébréchée d’un torchon, pourvu que le praticien-boucher dise : « Je suis certain de ne pas avoir touché avec la partie ébréchée. » Si l’on entoure la partie ébréchée d’un torchon, on peut, de propos délibéré, pratiquer l’abatage en un jour férié[177], où l’on ne peut pas aiguiser le couteau, ou même en un jour ouvrable en cas de nécessité absolue[178]. Alors même qu’un couteau n’a de brèches qu’entre le manche et la lame, il ne faut pas s’en servir pour pratiquer l’abatage de propos délibéré.

השוחט בדבר המחובר לקרקע. או לגוף. כגון צפורן ושן המחוברין בבהמה. שחיטתו פסולה. ובתלוש מן הקרקע ולבסוף חברו בקרקע לא ישחוט ואם שחט שחיטתו כשרה ואפילו אם בטלו והוא שלא יהא נשרש בארץ אחר שבטלו:

6.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §6.2

L’abatage[179] pratiqué avec un objet attaché au sol ou à un corps, par exemple un ongle ou une dent adhérents à un animal, est invalide. Il ne faut pas non plus pratiquer l’abatage avec un objet qui, après avoir été détaché du sol, y fut de nouveau rattaché. Mais si l’abatage est déjà pratiqué, il est valide, alors même que l’objet a été rattaché au sol de manière définitive ; pourvu toutefois qu’il n’ait pris racine après avoir été définitivement attaché au sol[180].

חתך מבהמה לחי שיש בו שינים חדים ושחט בהם שחיטתו פסולה מפני שהם כמגל אבל בשן אחד הקבוע בלחי שוחט בו לכתחלה (וה״ה בציפורן הקבוע ביד התלושה מן הגוף) (ב״י):

6.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §6.3

L’abatage[181] pratiqué avec une rangée de dents aiguës adhérentes à une mâchoire détachée d’un animal est invalide, parce que le tranchant formé par les dents ressemble à une scie. Mais on peut, de propos délibéré, pratiquer l’abatage avec une dent unique adhérente à une mâchoire. הגהAinsi qu’avec un ongle adhérent à une main détachée du corps.

נעץ סכין בכותל (או בדבר התלוש) והעביר הצואר עד שנשחט שחיטתו כשרה (ל’ הרמב״ם פ״ב מה״ש דין ח’) והוא שיהיה צואר הבהמה למטה והסכין למעלה שאם היה צואר בהמה למעלה מהסכין שמא תרד הבהמה בכובד גופה ותחתוך בלא הולכה והבאה ואין זו שחיטה. ואפילו אמר ברי לי שלא דרסתי שחיטתו פסולה (טור ופוסקים) לפיכך אם היה עוף בין שהיה צוארו למעלה מהסכין הנעוצה. או למטה ממנה שחיטתו כשרה :

6.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §6.4

L’abatage[182] est valide si on le pratique en passant la gorge d’un animal sur le tranchant d’un couteau fixé à un mur הגהou à un autre objet détaché du sol. Mais[183] à condition toutefois que la gorge de l’animal soit au-dessous du couteau ; car si la gorge se trouve au-dessus du couteau, il est à craindre que, étant donné le poids de l’animal, celui-ci ne tombe lourdement sur le couteau et ne produise la section du cou sans un mouvement en avant et en arrière, ce qui ne serait pas un abatage conforme à la loi[184]. Un[185] abatage pratiqué de telle façon est invalide, alors même que le praticien-boucher assure n’avoir fait aucune pression. C’est[186] par la même raison que l’abatage est valide dans tous les cas — que la gorge ait été placée au-dessous du couteau ou au-dessus — lorsqu’il s’agit de volaille[187].

Siman 7. D’un couteau fixé à une roue — סַכִין במוֹכְנִי (1 article)

יכול אדם לקבוע סכין בגלגל של אבן או של עץ ומסבב הגלגל בידו או ברגלו. ומשים שם צואר הבהמה או העוף עד שישחט בסביבת הגלגל. ואם המים הם המסבבים את הגלגל ושם הצואר כנגדו בשעה שסבב ונשחט הרי זו פסולה (ל’ הרמב״ם שם דין י״ג) ואם פטר אדם את המים עד שבאו וסבבו את הגלגל ושחט בסביבתו הרי זה כשרה בדיעבד שהרי מכח אדם בא במה דברים אמורים בסביבה ראשונה שהיא מכח האדם אבל מסביבה שנייה ולאחריה פסולה שהרי אינה מכח האדם אלא מכח המים בהילוכן:

7.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §7.1

On[188] peut fixer un couteau à la périphérie d’une roue en pierre ou en bois qu’on tourne avec la main ou avec le pied, de telle sorte qu’elle sectionne la gorge de la bête ou de la volaille qu’on en approche. L’abatage[189] est invalide si on approche la gorge de l’animal d’un couteau fixé à une roue mue par la force motrice de l’eau. Si l’on se trouve en présence d’un fait accompli, on peut considérer comme valide l’abatage pratiqué avec une roue mue par l’eau, quand c’est un homme qui fait couler l’eau en ouvrant l’abée, puisque dans ce cas c’est l’homme qui donne la première impulsion au mouvement circulaire de la roue[190]. Il n’en est ainsi qu’autant que la section a été pratiquée par le premier mouvement rotatoire qui se produit par l’impulsion de l’homme ; mais l’opération est invalide si elle n’est pratiquée qu’à partir du second mouvement[191], car dans ce cas, ce n’est plus par l’impulsion de l’homme que la roue se meut, mais bien par l’eau qui coule.

Siman 8. De la longueur du couteau — שִעוּר הַסַכִין (1 article)

כמה הוא אורך הסכין ששוחט בו כל שהוא (רק) שלא יהא דבר דק שנוקב ואינו שוחט כמו ראש האזמל הקטן וכיוצא בו. ובמחט אפילו הוא רחב קצת כאותן של רצענים שחותכין בו החוט אין שוחטין בו (טור) . וכיון דלא ידעינן שיעורא השוחט בסכין קטנה צריך ליזהר ולשער לפי אומד דעתו שכשיוליך ויביא בה שלא ידרוס. אבל בקטנה יותר מדאי לא ישחוט : הגה ומי שלא יוכל לשער יקח סכין כמלא אורך ב’ צוארין של אותו דבר ששוחטין (מרדכי בשם ר״ח) וי״א לשער בי״ד אצבעות ורמז לזה שנאמר ושחטתם בז״ה מנין י״ד. (שם ושחיטות ישנים):

8.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §8.1

Quelle[192] doit être la longueur d’un couteau propre à l’abatage ? N’importe laquelle, pourvu que le couteau ne soit pas si petit qu’il perfore les artères au lieu de les sectionner, par exemple la pointe d’un petit rasoir ou quelque chose de semblable. Il[193] ne faut pas pratiquer la section avec une aiguille, alors même qu’elle a une certaine largeur, semblable à celles dont se servent les cordonniers pour couper le ligneul. Puisque nous n’avons pas de règlement précis concernant la longueur du couteau, il est du devoir de celui qui pratique l’abatage avec un petit couteau, de calculer d’abord si, d’après son estimation, le couteau est assez long pour permettre de faire le mouvement en avant et arrière sans pression[194]. Mais il ne faut pas pratiquer l’abatage avec un couteau trop petit[195]. הגה · RemaCelui[196] qui n’est pas en mesure de faire l’estimation mentionnée doit se servir d’un couteau dont la longueur égale deux fois la largeur du cou de l’animal qu’il veut saigner. D’aucuns[197] indiquent une longueur de quatorze pouces ; ils trouvent une allusion à cette mesure dans les paroles de l’Écriture[198] : « Saignez-les avec ceci[199] » ; la valeur du mot avec-ceci est de quatorze[200].

Siman 9. D’un couteau chauffé à blanc — שוֹחֵט בסַכִין שֶלוּהָב (1 article)

אם שחט בסכין מלובנת שחיטתו פסולה ויש מכשירין (אם ידע שהיא מלובנת ונזהר שלא נגע בצדדים):

9.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §9.1

L’abatage[201] pratiqué avec un couteau chauffé à blanc est invalide[202]. Selon d’autres[203], il est bien valide. הגה · RemaSi l’opérateur sait que la lame est chauffée et s’il fait attention que le plat de celle-ci ne touche un des côtés de la plaie béante formée par la section.

Siman 10. D’autres règlements relatifs au couteau — דִינֵי הַסַכִין (3 articles)

סכין של משמשי עבודת כוכבים חדש או ישן שאין בו משום גיעולי עבודת כוכבים מותר לשחוט בו בהמה בריאה מפני שהוא מקלקל. ואסור לשחוט בו מסוכנת מפני שהוא מתקן. סכין של עובד כוכבים שהשחיזו ברחיים שלו (ע״ל ס״ס קכ״א) . או אם היה יפה שאין בו פגימות ונעצו בקרקע קשה עשר פעמים ואח״כ שחט בו מותר ואם שחט בו בלא שום הכשר מדיח בית השחיטה ואם קלף הרי זה משובח ועל כן יש לקלפו (רוב הפוסקים): הגה ובמקום הדחק שאין לו סכין אחרת מותר לשחוט בו כה״ג לכתחלה אבל לא ישחוט על מנת לקלוף אח״כ (טור בשם הרא״ש ור’ ירוחם):

10.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §10.1

Un[204] couteau employé au culte de l’idolâtrie peut, s’il est neuf, ou même s’il est vieux, pourvu qu’il n’ait pas besoin du nettoyage prescrit pour la vaisselle provenant d’un païen[205], servir à l’abatage d’un animal sain[206], parce que c’est un acte préjudiciable ; mais il est défendu de s’en servir pour l’abatage d’un animal malade et en danger de mort, parce que c’est un acte profitable. L’abatage[207] pratiqué avec un couteau appartenant à un idolâtre est valide si on l’a préalablement aiguisé sur une meule, ou bien si, étant conforme à la loi, c’est-à-dire n’ayant aucune brèche, on[208] s’est contenté de l’enfoncer à dix reprises différentes dans la terre durcie. Mais[209] si on a pratiqué l’abatage sans avoir préalablement soumis le couteau à aucun nettoyage, il faut laver la plaie qu’a touchée le couteau ; il vaut mieux encore ratisser la plaie[210]. הגה · RemaC’est pourquoi il faut la ratisser. הגה · RemaEn[211] cas de nécessité absolue, on peut, de propos délibéré, se servir d’un tel couteau pour l’abatage si l’on n’en a point d’autres. Mais il ne faut pas s’en servir[212] en se proposant de ratisser ensuite.

סכין ששחט בו כשרה אע״פ שהוא מלוכלך בדם מותר לשחוט בו פעם אחרת אבל אסור לחתוך בו רותח ומותר לחתוך בו צונן על ידי הדחה שידיחנו תחלה: הגה ואם רוצה להגעילו לאכול בו רותח סגי ליה בהגעלה ע״י עירוי אע״פ שאינו ככלי ראשון (או״ה כלל נ״ח בשם מהר״ם):

10.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §10.2

Le[213] couteau dont on s’est servi pour l’abatage d’un animal reconnu après examen mangeable, peut servir, alors même qu’il est encore tout taché de sang, à un nouvel abatage[214]. Mais il est défendu de s’en servir pour couper les mets chauds ; il suffit de le laver préalablement pour couper avec lui des mets froids[215]. הגה · RemaSi[216] l’on désire nettoyer le couteau afin de pouvoir s’en servir pour des mets chauds, il suffit de l’échauder, en versant de l’eau bouillante dessus ; bien que ce mode de nettoyage ne vaille pas celui de plonger l’objet à nettoyer dans un premier vase[217].

סכין ששחט בו טריפה אסור לשחוט בו עד שידיחנו בצונן או יקנחנו בדבר קשה. ונוהגין עתה לקנחו יפה בשיער הבהמה בין כל שחיטה ושחיטה ושפיר דמי ואם שחט בו בלא הדחה ידיח בית השחיטה ואם רגיל לשחוט בו טריפות תדיר צריך נעיצה עשר פעמים בקרקע קשה:

10.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §10.3

Il[218] est défendu de pratiquer l’abatage avec un couteau ayant servi à l’abatage d’un animal reconnu après examen immangeable, à moins de l’avoir préalablement lavé avec de l’eau froide ou nettoyé avec un corps dur. Il est d’usage maintenant de bien essuyer le couteau sur le poil de l’animal entre une opération et l’autre[219], et cela suffit. Si[220] on a pratiqué l’abatage sans avoir lavé le couteau préalablement, il faut laver la plaie produite par la section. Si on se sert souvent d’un couteau pour l’abatage d’animaux immangeables[221], il faut, avant de l’employer à une nouvelle opération, l’enfoncer à dix reprises dans de la terre durcie.

Siman 11. Des heures propres à l’abatage et de l’écoulement du sang dans l’eau — זְמַן הַשְּחִיטָה (4 articles)

לעולם שוחטין בין ביום ובין בלילה במה דברי’ אמורים כשאבוקה כנגדו. אבל אם אין אבוקה כנגדו או ביום במקום אפל לא ישחוט ואם שחט שחיטתו כשרה (וב’ נרות חשובים אבוקה) (מהרי״ל ואגודה):

11.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §11.1

L’abatage[222] peut être pratiqué à toute heure, soit du jour, soit de la nuit ; cependant[223] l’abatage pratiqué la nuit doit avoir lieu à la clarté d’un flambeau[224]. Mais il ne faut pas opérer la nuit sans flambeau, ou même pendant le jour dans un lieu obscur. Si l’opération a déjà eu lieu dans de telles conditions, elle est valable. הגה · RemaDeux[225] chandelles équivalent à un flambeau.

השוחט בשבת וביו״כ אע״פ שאילו היה מזיד בשבת מתחייב בנפשו והיה לוקה ביו״כ שחיטתו כשרה:

11.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §11.2

L’abatage[226] pratiqué le jour de Sabbath ou de Grand-Pardon est valide, bien que l’opérateur encoure, s’il le fait intentionnellement, la peine de mort pour son acte en un jour de Sabbath, ou celle de la flagellation en un jour de Grand-Pardon[227].

אין שוחטין לתוך ימים ונהרות שלא יאמרו לשר של ים הוא שוחט ולא לתוך הכלים שלא יאמרו מקבל הדם לזורקו לעבודת כוכבים ואם יש בכלי מים שאז אין הדם ראוי לזריקה אם הם צלולים לא ישחוט בו שלא יאמרו לצורה הנראית במים שוחט ואם הם עכורי’ מותר וכן אם יש בכלי עפר מותר לשחוט בתוכו:

11.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §11.3

Il[228] ne faut pas faire écouler le sang dans la mer ou dans un fleuve, pour ne pas faire soupçonner un abatage en l’honneur du génie de la mer ; de même il ne faut pas recueillir le sang, au moment de l’opération, dans des vases, afin que l’on ne puisse croire qu’on recueille le sang dans le but de s’en servir ensuite pour l’aspersion en l’honneur des idoles. Si[229] le vase contient de l’eau, de sorte que le sang qu’on y verse devient impropre à l’aspersion, il ne faut pas quand même y faire écouler le sang si l’eau est transparente, pour que l’on ne dise pas que c’est en l’honneur de l’image répétée dans l’eau[230] qu’on pratique l’abatage ; mais on peut bien y faire écouler le sang si l’eau est trouble, ou si le vase contient de la terre.

היה בספינה ואין לו בה מקום פנוי לשחוט יכול לשחוט על גבי כלים והדם שותת ויורד לתוך המים או מוציא ידו חוץ לספינה ושוחט על דפנותיה והדם שותת ויורד לתוך המים ואינו חושש: הגה מקצת שוחטין נזהרין שלא לשחוט שום אווז בטבת ושבט אם לא שאוכלין מלבה משום שקבלה היא שיש שעה אחת באותן חדשים אם שוחט בה אווז ימות השוחט אם לא אוכל ממנה ונוהגין לאכול מן הלב (תשב״ץ בשם ר״י חסיד):

11.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §11.4

Celui[231] qui se trouve sur un navire et n’a pas d’endroit disponible pour y faire écouler le sang, peut, sans qu’il ait à craindre la suspicion, pratiquer l’abatage au-dessus de la face extérieure des vases, d’où le sang s’écoulera ensuite dans l’eau, ou bien allonger le bras hors du navire et opérer au-dessus de la poupe, d’où le sang s’écoulera également dans l’eau. הגה · RemaCertains[232] praticiens-bouchers prennent garde de ne pas saigner des oies durant les mois de Tébefh et Shebat sans en goûter le cœur, parce que dans ce laps de temps, il existe, d’après la légende, un certain moment dans lequel la saignée d’une oie causerait la mort du praticien-boucher s’il n’en mangeait pas ; aussi est-il d’usage d’en goûter du cœur.

Siman 12. De l’écoulement du sang dans une fossette — דְנֵי שְחִיטַת הַדָם (2 articles)

אין שוחטין לתוך הגומא אפילו בבית ואם לא היה רוצה ללכלך ביתו בדם עושה מקום מדרון חוץ לגומא ושוחט שם והדם שותת ויורד לגומא ובשוק לא יעשה כן:

12.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §12.1

Il[233] ne faut pas faire couler le sang, pendant l’opération, dans une fossette[234], même si celle-ci se trouve dans l’intérieur d’une maison[235]. Si[236] l’on ne veut pas tacher la maison de sang, on pratique hors de la fossette une rigole creusée en pente et on opère au-dessus de la rigole d’où le sang s’écoulera dans la fossette[237] ; mais il ne faut pas en faire autant si on opère dans la rue.

י״א שאם שחט בגומא בשוק אסור לאכול משחיטתו עד שיבדקו אחריו. שמא אפיקורס הוא (רמב״ם פ״ב מה״ש ועיטור) ויש אומרים שמותר בדיעבד ואין צריך בדיקה (רשב״א ומרדכי בשם רא״מ) : הגה ובזמן הזה דאין דרך עובדי כוכבים בכך יש להתיר בדיעבד (א״ז ובשחיטות הר״מ ממדלינגן):

12.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §12.2

D’aucuns[238] opinent qu’il ne faut pas manger la viande provenant de l’abatage pratiqué de telle façon que le sang s’écoule dans une fossette se trouvant dans la rue, sans s’enquérir préalablement de la moralité de l’opérateur, car il est à craindre qu’il ne soit un idolâtre. Selon l’avis d’autres[239], on peut, si l’opération est déjà faite, manger la viande, même sans enquête préalable. הגה · RemaDe[240] nos jours, où il n’y a plus d’idolâtres qui agissent de la sorte, on peut déclarer l’abatage valide, s’il est déjà pratiqué[241].

Siman 13. Des êtres vivants qui n’ont point besoin d’une saignée conforme à la loi — בְהֵמה וְחַיָה וְעוֹף (6 articles)

בהמה חיה ועוף טעונין שחיטה דגים וחגבים אין טעונין שחיטה: הגה ומותר לאוכלם מתים. או לחתוך מהם אבר ולאכלו. אבל אסור לאכלן חיים משום בל תשקצו (הגהות מיימוני פ״א הגהות מרדכי ותוס’):

13.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §13.1

Les[242] animaux domestiques, les animaux sauvages et la volaille ont besoin d’une saignée conforme à la loi ; les poissons[243] et les sauterelles[244] n’en ont point besoin. הגה · RemaEt[245] l’on peut manger ceux-ci lorsqu’ils sont morts de mort naturelle, ou bien on peut en couper un membre et le manger ; mais[246] il est défendu de les manger quand ils sont encore vivants, en raison du précepte négatif[247] : « Ne souillez point vos âmes. »

השוחט את הבהמה ונמצאת כשרה ומצא בה עובר בן ח’ בין חי בין מת. או בן ט’ מת. מותר באכילה ואינו טעון שחיטה ואם מצא בה בן ט’ חי אם הפריס על גבי קרקע טעון שחיטה אבל שאר טרפות אינו אוסר אותו ואם לא הפריס על גבי קרקע אינו טעון שחיטה. ואם פרסותיו קלוטות פי’ שפרסתו כולה א’ ואינה סדוקה (או שהיה בו שום שאר דבר תמוה) (הגהות אשירי) אף על פי שהפריס על גבי קרקע אינו טעון שחיטה ויש מגמגמין בדבר:

13.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §13.2

Le[248] fœtus trouvé dans l’utérus d’un animal saigné et reconnu mangeable, soit qu’il est de huit mois — et dans ce cas il peut être déjà vivant ou privé encore de vie — soit qu’il est de neuf mois — et dans ce cas il faut qu’il soit encore privé de vie — peut être mangé et n’a point besoin d’une saignée conforme à la loi[249]. Si[250] le fœtus est de neuf mois[251] et déjà vivant, il a besoin d’une saignée, s’il a déjà mis les pieds à terre[252], et même dans ce cas il ne devient pas impropre à être mangé par aucune des raisons qui rendent ordinairement les animaux immangeables[253]. Mais il n’a pas besoin d’une saignée s’il n’a pas encore mis les pieds à terre. Si[254] le fœtus a des pieds unis[255] הגהou quelqu’autre anomalie surprenante, il n’a pas besoin d’une saignée, alors même qu’il a déjà mis les pieds à terre[256]. D’aucuns[257] se montrent indécis à ce sujet.

אם לא שחט האם אלא קרעה. וכן אם שחטה ונתנבלה בידו או שנמצאת טריפה. אם העובר (הנמצא בה) בן ט’ חי טעון שחיטה לעצמו וניתר בה. ואם הוא בן ט’ מת או בן ח’ אפילו חי הרי זה אסור: הגה ועכשיו אין להתיר שום ולד הנמצא בבהמה אם האם טריפה. (הגהות מיימוני בשם סמ״ג סוף לאוין קל״ו ואו״ה סוף כלל נ״ה) ולא מהני לו שחיטת עצמו דחיישינן שמא אינו בן ט’:

13.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §13.3

Si[258] le fœtus est trouvé dans l’utérus d’un animal qui n’était point saigné mais déchiré, ou bien qui était mal saigné et devenu par conséquent nebēlà[259], ou encore qui était bien saigné mais reconnu ensuite terēphà, il a besoin d’être saigné[260]. Cependant une saignée ne le rend mangeable que lorsqu’il est de neuf mois et vivant ; mais il reste immangeable s’il est de neuf mois et privé encore de vie, ou s’il est de huit mois, alors même qu’il est déjà vivant[261]. הגה · RemaDe[262] nos jours, il ne faut déclarer mangeable aucun fœtus dont la mère est terēphà, sa propre saignée ne lui étant d’aucune utilité, de crainte qu’il ne soit inférieur à neuf mois[263].

בן ט’ חי שנמצא במעי שחוטה כשרה וגדל ובא על בהמה דעלמא והוליד אותו הולד אין לו תקנה בשחיטה ואם בא על בת פקועה כיוצא בו הרי בנו ובן בנו עד סוף כל הדורות כמוהו וכולם צריכים שחיטה מדבריהם ואין הטרפות פוסל בהם:

13.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §13.4

Si[264] un fœtus, trouvé dans l’utérus d’un animal saigné et reconnu mangeable, grandit, s’accouple à un animal ordinaire et met bas un petit, ce petit ne peut jamais devenir mangeable par une saignée[265]. Mais s’il s’est accouplé à un autre fœtus grandi, semblable à lui-même, les petits qu’il met bas, et aussi les petits de ses petits et ainsi de suite sont pareils à leur mère[266]. Cependant, par ordonnance rabbinique[267], ils ont tous besoin d’être saignés pour devenir mangeables ; mais aucune des raisons qui rendent ordinairement les animaux immangeables ne les rend impropres à être mangés[268].

השוחט את הבהמה ומצא בה דמות עוף. אע״פ שהוא עוף טהור. הרי זה אסור באכילה. לא הותר מן הנמצא בבהמה אלא מה שיש לו פרסה: הגה וי״א דאפילו פרסותיו קלוטות רק שיהא דומה לבהמה שבמינה מין שיש לו פרסה (עיין ס״ק ך’):

13.5
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §13.5

Si[269] l’on trouve dans l’utérus d’un animal saigné, de race bovine, un fœtus ayant la conformation d’une volaille, même d’une volaille permise, il est défendu de manger ce fœtus ; car on n’a permis de manger le fœtus trouvé dans l’utérus d’un animal de race bovine, qu’autant que ce fœtus a des pieds fourchus[270]. הגה · RemaD’aucuns[271] opinent qu’un fœtus est mangeable alors même qu’il a les pieds unis, pourvu qu’il soit du même genre d’animaux dont une certaine espèce a les pieds fourchus[272].

השוחט את הבהמה ומצא בה בריה שיש לה שני גבין ושני שדראות אסור:

13.6
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §13.6

Si[273] l’on trouve dans l’utérus d’un animal saigné un monstre ayant deux dos et deux colonnes vertébrales[274], il est immangeable.

Siman 14. D’un fœtus trouvé dans l’utérus d’un animal — בֶן פְקוּעָה (6 articles)

המקשה לילד והוציא העובר את ראשו אעפ״י שהחזירו הרי הוא כילוד ואינו ניתר בשחיטת אמו לפיכך אם הוא בן ח’ חי או מת או בן ט’ מת אסור. ואם הוא בן ט’ חי ניתר בשחיטת עצמו:

14.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §14.1

Si[275], par suite d’un vêlement lent et difficile de la mère, le petit allonge la tête hors de l’utérus, alors même qu’il l’a retirée ensuite, il est considéré comme mis bas, et ne devient pas, par conséquent, mangeable par la saignée pratiquée sur la mère. C’est pourquoi il reste pour toujours immangeable s’il est de huit mois et vivant ou privé encore de vie, ou s’il est de neuf mois et privé encore de vie[276]. Mais s’il est de neuf mois et vivant, il devient mangeable par sa propre saignée.

הוציא ידו והחזירה (פי’ קודם שחיטה) מה שיצא מן האבר לחוץ אסור. אבל מה שנשאר ממנו בפנים ומקום חתך מותר. לא החזירה קודם שחיטה גם מקום החתך אסור אבל מה שבפנים מותר אפילו הוא מיעוטו: הגה וכל זה לא איירי אלא לענין שיהא ניתר בשחיטת אמו כשאר עובר הנמצא בה אבל אם ילדה אותה הבהמה אח״כ גם האבר שיצא והחזירו שרי דשחיטת עצמו מתיר הכל (כך העלה הב״י ור״י ן’ חביב וכל בו בשם י״א וכן הוכיח מהרש״ל פרק בהמה המקשה סי’ א’ וכן משמעות הפוסקים והוא פשוט):

14.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §14.2

Si[277] le petit allonge son pied de devant hors de l’utérus et le retire avant la saignée de la mère, la partie du membre qui était dehors reste immangeable[278], mais ce qui est resté dedans, y compris la surface formée par la coupure, est mangeable. S’il n’a pas retiré la partie du membre allongé dehors avant la saignée de la mère, même la surface formée par la coupure est immangeable ; mais la partie du fœtus qui est restée dans l’utérus est mangeable, alors même qu’elle ne constitue que la plus petite part de la totalité. הגה · RemaIl[279] ne s’agit ici que du cas où l’on veut déclarer le petit mangeable en raison de la saignée de la mère, comme tout fœtus trouvé dans le corps d’un animal. Mais dans le cas où la mère met bas le petit, tout est mangeable, même le membre allongé hors de l’utérus ; car la propre saignée du petit en rend mangeables toutes les parties.

אם יצא רוב העובר הרי הוא כילוד ואם יצא חציו ברוב אבר או שיצא רובו במיעוט אבר הרי הוא כילוד:

14.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §14.3

Le[280] petit est considéré comme mis bas, s’il a allongé hors de l’utérus plus de la moitié de son corps, ou la moitié de son corps seulement mais plus de la moitié d’un membre quelconque, ou encore plus de la moitié du corps et moins de la moitié d’un membre quelconque[281].

הוציא אבר א’ והחזירו וחזר והוציא אבר אחר והחזירו עד שהשלים לרוב המיעוט שלא יצא מותר ואם חתך כל אבר ואבר בשעה שהוציא אותו גם המיעוט שנשאר בפנים אסור:

14.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §14.4

Si[282] le petit allonge hors de l’utérus et retire successivement divers membres de son corps, de telle sorte que, si l’on additionnait les diverses parties successivement allongées, il en résulterait que la majeure partie du corps était déjà hors de l’utérus, la partie mineure du corps qui n’était pas encore dehors est mangeable. Mais si l’on coupe les membres à mesure que chacun d’eux vient de sortir hors de l’utérus, même la partie mineure du corps qui n’est pas sortie dehors est immangeable.

עובר שהוציא אבר ונאסר האבר ואחר כך נשחטה האם והוציאו העובר והרי היא נקבה החלב שלה אסור לשתותו הואיל והוא בא מכלל האברים ויש בה אבר אחד אסור והרי זה כחלב טרפה שנתערב בחלב כשרה:

14.5
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §14.5

Si[283], après avoir allongé hors de l’utérus un membre, lequel devient de ce fait immangeable, le petit, qui est une femelle, vient d’être extrait du corps de la mère saignée, une fois grandi son lait est défendu, attendu que le lait provient d’une transformation du sang de tous les membres ; or, dans notre cas où un des membres est immangeable, le lait de cet animal équivaut à un mélange de lait défendu avec du lait permis.

המושיט ידו למעי הבהמה וחתך מן הטחול ומן הכליות וכיוצא בהן והניח החתיכות בתוך מעיה ואח״כ שחטה הרי אותן החתיכות אסורות משום אבר מן החי ואע״פ שהוא בתוך מעיה אבל אם חתך מן העובר שבמעיה ולא הוציאו ואח״כ שחטה הרי חתיכות העובר או אברו מותר הואיל ולא יצא (רמב״ם דין ט’): הגה ואם שחט עובר במעי אמו לא מיקרי שחיטה (ר״ן ובעיא פרק בהמה המקשה ולא איפשטא):

14.6
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §14.6

Si[284], après avoir enfoncé la main dans l’hypocondre de l’animal et y avoir coupé un morceau de la rate, du rein ou d’un autre viscère, on laisse ces morceaux coupés dans la cavité du corps de l’animal qu’on saigne ensuite, ces morceaux sont immangeables, tel un morceau coupé d’un animal vivant, bien qu’on les ait laissés dans la cavité du corps jusqu’à la saignée. Mais si l’on coupe et laisse à sa place un morceau du fœtus dans l’utérus d’un animal qu’on saigne ensuite, les morceaux ou les membres coupés du fœtus sont mangeables, vu qu’on ne les a pas fait sortir de l’utérus avant la saignée de la mère. הגה · RemaSi[285] l’on saigne le petit, avant qu’il ait été mis bas, dans l’utérus de la mère, cette opération n’est pas considérée comme une saignée.

Siman 15. De l’abatage des animaux n’ayant pas encore huit jours — שוֹר אוֹ כֶשְֶב אוֹ עֵז כִ\ּייוּלַד (3 articles)

אפרוח כל זמן שלא יצא לאויר העולם אסור ולאחר שיצא לאויר העולם מותר מיד:

15.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §15.1

La[286] chair du poussin avant l’éclosion est immangeable[287] ; mais aussitôt éclos, on peut en manger immédiatement[288].

בהמה שילדה אם ידוע שכלו לו חדשיו דהיינו ט’ חדשים לגסה וה’ לדקה מותר מיד ביום שנולד ולא חיישינן שמא נתרסקו (פי’ נכתשו ונכתתו) איבריו מחבלי הלידה ואם אין ידוע שכלו לו חדשיו אסור משום ספק נפל עד תחלת ליל שמיני:

15.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §15.2

Le[289] petit d’une bête à cornes est mangeable immédiatement, le jour même qu’il est mis bas, et l’on n’appréhende guère qu’il ait les membres luxés et écrasés par suite d’un vêlement douloureux de la mère, si l’on est certain qu’il a été mis bas après le terme normal, qui est de neuf mois pour le gros bétail et de cinq pour le petit bétail[290]. Mais dans le cas où l’on ignore si le petit était mis bas au terme normal, on appréhende qu’il ne l’eût été avant le terme[291] ; aussi ne peut-on en manger avant le commencement de la huitième nuit.

אין סומכין על העובד כוכבים בגדיים קטנים הנקחים ממנו ואומר שהם בני ח’ ימים (תשובת רשב״א סי’ רמ״ג):

15.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §15.3

On[292] n’ajoute pas foi à l’assurance donnée par un païen et selon laquelle les petites chèvres qu’on lui achète auraient déjà huit jours.

Siman 16. De l’abatage d’un animal et de son petit dans un même jour — אוֹתוֹ וְאֶת בְנוֹ (12 articles)

אסור לשחוט אותו ואת בנו ביום א’ לא שנא האם ואחר כך הבן או הבת לא שנא הבן או הבת ואח״כ האם:

16.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §16.1

Il[293] est défendu de saigner un animal et son petit dans un même jour, dans[294] quelque ordre que ce soit : la mère d’abord et le petit — mâle ou femelle — ensuite, ou inversement.

איסור אותו ואת בנו נוהג בנקבות שזה בנה ודאי ואם נודע ודאי שזה הוא אביו אין שוחטין שניהם ביום אחד ואם שחט אינו לוקה. שהדבר ספק אם נוהג בזכרים או אינו נוהג:

16.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §16.2

Par[295] la défense de saigner dans un même jour un animal et son petit, on entend une femelle et son petit, parce que la maternité est certaine. Mais si la paternité l’est également, il ne faut pas non plus saigner en un même jour le mâle et son petit ; si on l’a fait, on n’encourt pas de ce chef la peine de flagellation, parce qu’il est douteux si cette loi s’étend également aux mâles ou non[296].

עבר ושחט אותו ואת בנו ביום א’ מותר לאכלם ויש מי שאוסר (בו ביום לאכול האחרון):

16.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §16.3

Si[297], en dépit de la loi, on a saigné la mère et le petit dans un même jour, la viande en est mangeable. Quelqu’un[298] défend הגהde manger, le jour même, la viande de l’animal saigné le dernier.

יום אחד האמור באותו ואת בנו היום הולך אחר הלילה. כיצד הרי ששחט ראשון בתחלת ליל ד’ לא ישחוט השני עד תחלת ליל ה’ ואם שחט הראשון בסוף יום ד’ קודם בין השמשות שוחט הב’ בתחלת ליל ה’ ואם שחט הא’ בין השמשות של ליל ה’ לא ישחוט השני עד ליל ו’ ואם שחט ביום ה’ אינו לוקה:

16.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §16.4

Le[299] jour dont il est ici question fait toujours la suite de la nuit qui le précède[300]. Donc si l’on a saigné l’un des deux animaux à la tombée de la nuit de mardi, il ne faut pas saigner l’autre avant la tombée de la nuit de mercredi ; si l’on a saigné l’un au déclin du jour de mercredi, avant le crépuscule, on peut saigner l’autre à la tombée de la nuit de mercredi ; si l’on a saigné l’un pendant le crépuscule du soir de mercredi, il ne faut pas saigner l’autre avant la nuit de jeudi ; mais, si on l’a saigné le jour même de jeudi, on n’encourt pas de ce fait la peine de flagellation.

אם הוא כרוך אחריה חזקה שהיא אמו (אבל מן הספק אין חוששין) (טור):

16.5
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §16.5

Si[301] le petit montre de l’attachement pour une femelle, en courant derrière elle, celle-ci en est censée la mère. הגה · RemaMais en cas de doute, il n’y a pas de raison d’appréhension[302].

הלוקח בהמה אינו חושש שמא נשחטה אמה או בנה היום אבל על המוכר להזהיר הלוקח ולהודיעו אם שחט האם או הבן היום או אם מכרה לאחר לשחטה היום ואם הוא באחד מן ד’ זמנים שדרך שכל מי שקונה בהמה ששוחטה מיד והם ערב פסח. וערב עצרת. וערב ר״ה. וערב יום טוב האחרון של חג. צריך להודיעו שמכר היום האם או הבת ואם לא הודיעו שוחט ואינו חושש בין קנה מישראל בין קנה מעובד כוכבים ואם נודע לו אח״כ שנשחטה אמה או בתה היום הוי מקח טעות ודוקא שמוכר שניהם ביום אחד אבל אם מכר האם או הבת ביום שלפניו אין צריך להודיעו. ואם מכר האחד לחתן והשני לכלה אפי’ אם מוכר בשני ימים צריך להודיעו שודאי שניהם שוחטין ביום אחד. שנים שלקחו אותו ואת בנו ביום אחד הלוקח תחלה ישחוט ולא השני במה דברים אמורים כשלקחום שניהם מאדם א’ שמיד כשמכר לראשון לא היה יכול לשחוט את שנשאר בידו שהלוקח לקח על מנת לשחטו מיד (ולכן גם הלוקח ממנו אסור לשחוט שלא יכול למכור לו רק זכות שבידו) (טור) אבל אם לקחום משנים שניהם שוים וכל מי שישחוט תחלה זריז ונשכר:

16.6
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §16.6

Celui[303] qui achète un animal n’a pas besoin de s’enquérir si la mère ou le petit n’en a été saigné en ce jour même ; mais[304] c’est au vendeur d’informer l’acheteur, le cas échéant, qu’il a saigné, ce jour-là même, la mère ou le petit de l’animal vendu, ou bien qu’il les a vendus à quelqu’un qui s’est proposé de les saigner aujourd’hui. Si[305] l’on se trouve à une des quatre époques de l’année, où d’ordinaire chaque acheteur d’un animal le saigne immédiatement, c’est-à-dire à la veille de Pâque, de Pentecôte, du jour de l’an ou de la dernière fête des tabernacles, le vendeur est tenu d’informer, le cas échéant, l’acheteur, qu’il a vendu ce jour même la mère ou le petit de l’animal vendu. Si l’acheteur n’en était pas informé, il peut, sans scrupule, saigner l’animal qu’il a acheté soit à un Israélite ou à un païen. Si, après avoir acheté un animal, on apprend que la mère ou le petit en a été saigné ce jour même, on peut rescinder cette vente illicite. Il n’est cependant question ici que du cas où l’on vend la mère et le petit dans un même jour. Mais si l’on en a vendu l’un le jour précédent, on n’est pas tenu d’en informer l’acheteur ; toutefois, si l’on en vend l’un au fiancé et l’autre à la fiancée, alors même que la vente a lieu en deux jours différents, on est tenu d’informer le dernier acheteur, car il est évident que tous les deux saigneront leurs animaux en un même jour. Des[306] deux acquéreurs qui achètent en un même jour l’un la mère et l’autre le petit, c’est celui qui a acheté le premier qui a la prééminence de saigner son animal. Il n’en est ainsi que dans le cas où tous les deux ont acheté à une seule et même personne qui, ayant vendu au premier — et il faut supposer que chaque acheteur entend saigner l’animal immédiatement — n’avait plus le droit de saigner l’animal qui lui restait הגהdonc, celui qui lui achète après n’a pas non plus le droit de saigner en ce jour, car on ne peut jamais vendre que les droits dont on jouit soi-même ; mais s’ils ont acheté à deux personnes différentes, tous les deux acheteurs ont des droits égaux ; aussi celui qui saigne le premier montre-t-il plus de promptitude et en tire-t-il tous les avantages.

אין איסור אותו ואת בנו אלא בבהמה טהורה בלבד שנאמר ושור או שה אותו ואת בנו לא תשחטו ביום אחד ונוהג בכלאים הבא ממין כבש וממין עז:

16.7
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §16.7

La[307] défense de saigner en un même jour la mère et le petit ne s’étend que sur des animaux mangeables[308], car l’Écriture[309] dit : On ne saignera pas en un même jour, ou la vache ou la brebis, avec leurs petits. Mais elle s’étend également sur les espèces d’animaux produites par le croisement du mouton et de la chèvre.

צבי שבא על העז וילדה ושחט העז ובנה לוקה אבל העז שבא על הצביה אסור לשחוט אותה ואת בנה. ואם שחט אינו לוקה. היתה בת הצביה הזאת נקבה וילדה בן ושחט את הנקבה בת הצביה ואת בנה לוקה:

16.8
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §16.8

Quand[310] une chèvre accouplée à un cerf mâle met bas, on encourt la peine de flagellation si l’on saigne la mère et le petit en un même jour. Mais quand la femelle d’un cerf accouplée à un bouc met bas, bien qu’il ne faille pas saigner la mère et le petit en un même jour, on n’encourt pas de peine si on l’a fait. Mais si, dans ce dernier cas, le petit est une femelle qui met bas, plus tard, elle-même un autre petit, on encourt la peine mentionnée si on la saigne avec son petit en un même jour.

אין איסור אותו ואת בנו אלא בשחיטה בלבד שנאמר לא תשחטו. אבל אם ניחר (פי’ ענין הנחירה הוא שתוחב הסכין בנחיריו וחותך) את הראשון או נתנבל בידו מותר לשחוט השני לפיכך חרש שוטה וקטן ששחטו את הראשון בינם לבין עצמם מותר לשחוט השני אחריהם לפי שרוב מעשיהם מקולקלים: הגה ואם אחרים רואין ששוחטין כראוי אסור לשחוט אחריהם (טור) כן נראה לי:

16.9
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §16.9

La[311] défense d’abattre la mère et le petit en un même jour ne s’étend qu’au mode d’abatage par saignée conformément à la loi, car l’Écriture[312] dit : On ne saignera pas, etc. Mais si l’un des deux est poignardé ou s’il devient nebēlà[313] par suite d’une saignée mal pratiquée, on peut saigner l’autre le jour même. C’est[314] pourquoi il est permis de saigner un animal dont la mère ou le petit vient d’être saigné le jour même par un sourd-muet, un insensé ou un enfant sans l’assistance d’autres personnes, parce que la plupart des actes de ces individus sont mal exécutés[315]. הגה · RemaMais[316] si ces individus étaient assistés d’autres personnes, il est défendu de saigner après. Tel est mon avis.

מותר לשחוט את המעוברת עובר ירך אמו הוא ואם יצא העובר חי אחר שחיטת אמו והפריס על גבי קרקע אין שוחטין אותו ביום אחד ואם שחט אינו לוקה:

16.10
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §16.10

On[317] peut saigner une femelle pleine, car le fœtus fait partie du corps même de la mère. Mais[318] si le petit a vu le jour et mis les pieds à terre après la saignée de la mère, il ne faut pas le saigner dans le même jour ; si on l’a fait, on n’encourt pas la peine de flagellation.

עובד כוכבים שמכר שתי בהמות ואחר כך אמר מסיח לפי תומו שהן אותו ואת בנו אינו נאמן במה שאמר לאחר שמכרם ויצאו מתחת ידו ומיהו אי מהימן ליה אסור:

16.11
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §16.11

Si[319] un païen, après avoir vendu deux animaux, assure, avec un air d’impartialité, que ce sont la mère et le petit, on ne croit pas ce qu’il dit après la vente et la livraison des animaux. Mais[320] si quelqu’un y ajoute quand même foi, il ne doit pas saigner ces deux animaux dans un même jour.

בהמה שנשחטה אמה או בתה היום ונתערבה באחרות וצריך לשחוט מהם היום כיצד תקנתו נכבשינהו דניידי ממקום קביעותן ויקח מהם אחד [צ״ל אחד אחד וישחוט. (שארית יהודה)] וישחוט, דכל דפריש מרובא פריש ושנים הנותרים אסור לשחטם היום:

16.12
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §16.12

Que[321] faut-il faire quand un animal dont on vient de saigner la mère ou le petit se confond avec les animaux d’un troupeau dont on désire saigner quelques-uns ce jour même ? Voici comment on procède : On chasse le troupeau pour qu’il change de place[322], ensuite on détache un animal après l’autre et on les saigne ; car on présume de chaque animal détaché qu’il appartient à la majorité qui constitue le troupeau. Mais il est défendu de saigner, le jour même, les deux derniers animaux.

Siman 17. De l’abatage d’un animal malade et en danger de mort — בְהֵמָה שְחוּטָה שֶהִיא גוססת (3 articles)

השוחט את הבריאה ולא פרכסה (פי’ שלא נתנענעה) הרי זו מותרת אבל המסוכנת והוא כל שמעמידים אותה (בגערה או במקל) (כל בו בשם הראב״ד) ואינה עומדת אעפ״י שהיא אוכלת מאכל בריאות שחטה ולא פרכסה כלל הרי זו נבלה ולוקין עליה. ואם פרכסה הרי זו מותרת. וצריך שיהיה הפרכוס בסוף השחיטה (ולמשוך עד אחר השחיטה) (תא״ו נט״ו ח״ג לדעת רש״י) אבל בתחלתה אינו מועיל. כיצד הוא הפרכוס בבהמה דקה ובחיה גסה ודקה בין שפשטה ידה והחזירה או שפשטה רגלה אע״פ שלא החזירה או שכפפה רגלה בלבד הרי זה פרכוס ומותר אבל אם פשטה ידה ולא החזירתה הרי זו אסורה שאין זו אלא הוצאת נפש בלבד ובבהמה גסה אחד היד ואחד הרגל בין שפשטה ולא כפפה בין כפפה ולא פשטה הרי זה פירכוס ומותרת ואם לא פשטה לא יד ולא רגל ולא כפפה כלל הרי זו נבלה ובעוף אפילו לא רפרף (פי’ מענין כהרף עין) אלא בעינו ולא כשכש (פירוש נענע) אלא בזנבו הרי זה פירכוס :

17.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §17.1

Quand[323] même un animal sain que l’on saigne ne remue pas pendant l’opération, la viande en est mangeable. Mais la viande est nebēlà[324] et, en la mangeant, on encourt la peine de flagellation si la saignée ne provoque aucun tressaillement chez un animal malade et en danger de mort, c’est-à-dire qui ne peut pas se tenir debout quand on le relève, הגהen l’excitant, soit avec la voix, soit avec un bâton, alors même qu’il mange autant qu’un animal sain[325]. Mais s’il tressaillit pendant l’opération, la viande en est mangeable. La[326] convulsion doit avoir lieu au moment de l’achèvement de l’opération הגהet continuer un instant après[327] ; mais elle est sans valeur si elle a lieu au commencement de l’opération. Quel[328] est le mouvement extérieur indiquant la convulsion ? Chez le petit bétail des animaux domestiques et chez le petit et le gros bétail des animaux sauvages, le mouvement doit consister en ceci que l’animal allonge et retire un pied de devant, ou allonge, même sans le retirer, un pied de derrière ; ce mouvement indique la convulsion de l’animal dont la viande est, par conséquent, mangeable. Mais si l’animal ne fait qu’allonger un pied de devant sans le retirer ensuite, la viande en est immangeable, parce que ce mouvement n’est qu’un spasme qui survient au moment précis de la mort[329]. Chez le gros bétail, il suffit que l’animal allonge un pied de devant ou de derrière sans le fléchir, ou qu’il le fléchisse sans l’allonger ; ceci indique déjà la convulsion de l’animal dont la viande est, par conséquent, mangeable. Mais si l’animal n’allonge ni ne fléchit ni un pied de devant ni un pied de derrière, il est nebēlà. Chez[330] la volaille, un simple clignement des yeux ou un remuement de la queue indique déjà la convulsion.

השוחט את המסוכנת בלילה ולא ידע אם פרכסה הרי זו ספק נבלה ואסורה:

17.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §17.2

Si[331] l’on saigne la nuit un animal malade et en danger de mort, de sorte qu’on ne peut pas voir les mouvements faits, on le considère comme une nebēlà douteuse dont la viande est, par conséquent, défendue.

גדולי החכמים לא היו אוכלים מבהמה שממהרים ושוחטים אותה כדי שלא תמות ואע״פ שפרכסה בסוף השחיטה. ודבר זה אין בו איסור אלא כל הרוצה להחמיר על עצמו בדבר זה הרי זה משובח:

17.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §17.3

Des[332] hommes éminents avaient coutume de ne pas manger la viande d’un animal saigné précipitamment de crainte qu’il ne meure de mort naturelle[333], et alors même que l’animal remuait au moment de l’achèvement de l’opération ; ceci n’est pas précisément défendu, seulement la personne qui s’impose cette abstinence fait un acte louable[334].

Siman 18. De l’examen du couteau et des brèches — בְדִיקַת הַסַכִין (20 articles)

השוחט בסכין בדוקה ונמצאת פגומה (אפילו מן הצד) (ד״ע) הרי זה נבלה אפילו נגע בעצם המפרקת אין תולין שנפגמה בו אחר שחיטה אלא חיישינן שמא בעור נפגמה ונמצא שחט בסכין פגומה ואפי’ בעוף:

18.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.1

Si[335] l’on trouve après l’opération des brèches dont le couteau était exempt avant l’opération הגהmême[336] si ces brèches se trouvent sur le plat de la lame[337], l’animal saigné est nebēlà[338] ; alors[339] même que le couteau a touché une des vertèbres cervicales, il ne faut pas faire valoir cette circonstance pour lui attribuer la cause des brèches et admettre que celles-ci ne se sont formées qu’après l’opération, mais on appréhende, au contraire, que ce ne soit la peau qui les ait déterminées, de sorte qu’on ait opéré avec un couteau ébréché. Il[340] en est de même lorsqu’il s’agit de la saignée de la volaille[341].

שיעור הפגימה כל שהוא ובלבד שתאגור בה כל שהוא אפילו חוט השערה:

18.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.2

On[342] considère comme une brèche la moindre brisure ; il suffit qu’un objet, quelque mince qu’il soit, ou même qu’un cheveu[343] qu’on passe sur le tranchant s’y accroche.

צריך לבדוק הסכין קודם שחיטה. ואם לא בדק לא ישחוט ואם עבר ולא בדקה תחלה ואח״כ בדקה ומצאה יפה שחיטתו כשרה:

18.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.3

Il[344] faut examiner le couteau avant l’opération ; si on ne l’a pas examiné, il ne faut pas opérer. Mais si on a passé outre et opéré sans examen préalable, l’opération est valide si, en examinant le couteau ensuite, on le trouve bon.

סכין שתבדק בהולכה ולא הרגיש שיש בה פגם וכשהחזיר אותה בהבאה הרגיש שיש בה פגם וזו היא הנקראת מסוכסכת אם שחט בה דרך הולכה ולא הביא שחיטתו כשרה ואם הביא שחיטתו פסולה. והני מילי כשהרגיש בה קודם שחיטה אבל אם מצא סכינו יפה קודם שחיטה ואחר שחיטה מצא בה פגימה מסוכסכת ואמר ברי לי שלא עשיתי אלא הולכה לבד שחיטתו פסולה: הגה ויש מחמירים דכל מסוכסכת אסורה עד דקיימא ארישא דסכינא ממש אם שחט בהולכה. ואסיפא דסכינא ממש אם שחט בהבאה (הלכות שחיטות ישנים והגהות סמ״ק ופוסקים הנ״ל) ולפי שאין אנו בקיאין היכן מיקרי רישא דסכינא יש להטריף הכל (ד״ע גם הג״ה בשחיטת מהרי״ו וכן משמע במרדכי וכל בו ואגודה וכ״כ האגור שכן המנהג) והכי נהוג:

18.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.4

Si[345] l’on a opéré avec un couteau sur lequel on n’a pas senti la brèche en passant le doigt sur le tranchant de haut en bas, mais seulement en passant le doigt en sens inverse — et c’est ce qu’on appelle une brèche en forme de dent recourbée[346] — l’opération est valide si elle a été pratiquée par le seul mouvement du couteau en avant, sans celui d’en arrière[347] ; sinon, elle est invalide. Il n’en est cependant ainsi que lorsqu’on a remarqué la brèche avant l’opération ; mais lorsque quelqu’un ne remarque rien sur le couteau avant l’opération et découvre après l’opération des brèches en forme de dents recourbées, l’opération est invalide, alors même qu’il dit : Je suis certain d’avoir opéré par le seul mouvement du couteau en avant. הגה · RemaD’aucuns[348] opinent que toute brèche en forme de dent recourbée rend le couteau impropre à l’opération, excepté quand elle se trouve à la pointe du couteau et que l’opération est faite par un seul mouvement du couteau en avant, ou bien quand elle se trouve à l’extrémité opposée et que l’opération est faite par un seul mouvement du couteau en arrière. Mais puisque nous ne sommes pas à même de préciser ce qu’on doit regarder comme extrémité du couteau, il faut que nous déclarions en tous les cas invalide l’opération pratiquée avec un tel couteau. Tel est en effet l’usage.

סכין שיש בה פגימות הרבה אפי’ כולן מסוכסכות אפילו שחט בה בדיעבד פסולה. דמתוך שפגימותיה מרובות חיישינן שמא השיב ידו מעט ולא הרגיש:

18.5
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.5

L’opération[349] est invalide, alors même qu’on se trouve en présence d’un fait accompli, si elle a été pratiquée avec un couteau ayant de nombreuses brèches, quand même elles auraient toutes la forme des dents recourbées ; car, étant donné le grand nombre de brèches, il est à craindre que l’on n’ait fait un mouvement en arrière sans s’en apercevoir.

סכין חדה שהושחזה והרי אינה חלקה אלא מגעתה כמגע ראש השבולת שהוא מסתבך באצבע הואיל ואין בה פגם שוחטין בה (ל’ רמב״ם שם דין י״ח): הגה ואין אנו נוהגים לשחוט בו לפי שאין אנו בקיאין בדבר (אגור וב״י ומהרש״ל פ״ק סימן ל״ז):

18.6
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.6

Un[350] couteau bien affilé, qui par suite de l’aiguisage n’est plus lisse mais âpre au toucher, semblable à la barbe des épis qui picote le doigt qui la touche[351], peut servir à l’opération, puisqu’il n’a point de brèches. הגה · RemaNous[352] n’avons pas coutume de nous servir d’un tel couteau, n’étant pas à même de distinguer entre un couteau âpre au toucher et un couteau ébréché.

סכין שפיה חלק ואינה חדה הואיל ואין בה פגם שוחטין בה ואע״פ שהוליך והביא כל היום עד ששחטה שחיטתו כשרה (ל’ רמב״ם שם דין י״ז) (וע״ל סימן כ״ג דבבהמה כה״ג לפעמים טריפה וכ״כ ב״י):

18.7
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.7

Un[353] couteau dont le tranchant est uni mais non pas affilé, peut servir à l’opération puisqu’il n’a point de brèches ; et alors même qu’on doit faire durant toute une journée des mouvements en avant et en arrière pour achever l’opération, celle-ci est valide. הגה · RemaV. plus loin, § 23[354], d’où il résulte qu’une pareille opération rend parfois[355] l’animal immangeable lorsqu’il s’agit de gros bétail.

סכין שהיא עולה ויורדת כנחש ואין בה פגם שוחטין בה לכתחלה:

18.8
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.8

Un[356] couteau à tranchant onduleux, semblable à la sinuosité d’un serpent, mais sans brèches, peut, de propos délibéré, servir à l’opération[357].

בדיקת הסכין צריכה אבשרא ואטופרא ואתלת רוחתא. דהיינו שמוליכה ומביאה על בשר אצבעו ואח״כ מוליכה ומביאה על צפרנו משלש רוחותיה שהם פיה ושני צדדיה כדי שלא יהיה בה פגם כלל ויבדוק לאט ובכוונת הלב שלא יפנה לבו לדברים אחרים וצריך לשנות הצפורן אחר קצת בדיקתה שמא נפגם הצפורן בחודה של סכין. ואולי יש פגימה בצדדין שלא ירגיש בה לפי שעוברת בתוך פגימת הצפורן: הגה ולא יבדוק שני צדדי הסכין ביחד אלא כל אחד בפני עצמו (מהרי״ו):

18.9
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.9

L’examen[358] du couteau doit être fait à l’aide des sensations tactiles de la peau et de l’ongle[359], et cet examen doit avoir lieu sur les trois faces du couteau, c’est-à-dire on s’assure que le couteau n’a aucune brèche, en le passant d’abord, de toute sa longueur, de haut en bas et inversement, sur la peau du bout du doigt, et en passant ensuite, également de haut en bas et inversement, sur l’ongle sous les trois faces du couteau, c’est-à-dire le fil et les deux bords émoulus en biseau. Il faut examiner le couteau lentement et attentivement, sans détourner l’esprit à d’autres réflexions. Après l’examen de chacun des trois bords mentionnés, il faut changer la place de l’ongle sur lequel on examine, de crainte que celui-ci n’ait été ébréché par le fil du couteau, de sorte qu’il ne pourrait plus sentir une brèche sur l’un des bords émoulus en biseau, parce qu’elle passerait dans la brisure de l’ongle[360]. הגה · RemaIl[361] ne faut pas examiner à la fois les deux bords émoulus en biseau, mais séparément l’un après l’autre.

סכין שיש לה פגימה אסור לשחוט בה אפי’ אם מכוין לשחוט שלא כנגד הפגימה וביום טוב נוהגין היתר לכרוך מטלית על הפגימה כיון שאין יכול להשחיזה ואם הוא שעת הדחק שאין לו הכנה להשחיזה אפילו בחול מותר לשחוט ע״י כריכת מטלית על הפגימה: הגה וע״ל סימן ו’ ס״א. סכין שיש לה ב’ פיות צריך לבדוק שני הצדדין (טור סימן ו’):

18.10
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.10

Il[362] est défendu de pratiquer l’abatage avec un couteau qui a une brèche, alors même qu’on veut s’appliquer à opérer avec la partie non ébréchée du couteau. En un jour férié, il est d’usage de se permettre l’opération avec un tel couteau, en en entourant préalablement la brèche d’un morceau de torchon, vu qu’en ce jour on ne peut pas aiguiser. Et même en un jour ouvrable, si l’on se trouve en présence d’un cas pressant, on peut, à défaut de moyens de l’aiguiser, se servir d’un tel couteau en en entourant préalablement la brèche d’un morceau de torchon. הגה · RemaV. plus haut § 6, art. 1. Si un couteau a deux tranchants, il faut en examiner tous les deux[363].

השוחט בהמות רבות או עופות הרבה צריך לבדוק בין כל אחד ואחד שאם לא עשה כן ובדק באחרונה ונמצאת סכין פגומה הרי הכל ספק נבילות ואפילו הראשונה: הגה ומי שרוצה להכניס עצמו לספק זה אין צריך לבדוק סכין בין שחיטה לשחיטה (ת״ה סימן קפ״ד וב״י בשם בעל המאור והרשב״א ועי’ ס״ק י״ז):

18.11
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.11

Quand[364] on saigne un certain nombre de bêtes ou de volailles, il faut examiner le couteau entre chaque opération, car sans cette précaution et si on se contentait de n’examiner qu’après la dernière opération, tous les animaux abattus, et même le premier, seraient nebēlà douteux[365], si on trouvait le couteau ébréché après l’opération. הגה · RemaAussi[366] celui qui veut s’exposer à cet inconvénient n’a-t-il guère besoin d’examiner le couteau entre chaque opération[367].

אע״פ שבדק הסכין קודם שחיטה צריך לחזור ולבדוק אחר השחיטה והני מילי שהסכין לפנינו אבל אם נאבד שחיטתו כשרה הואיל ובדקה קודם שחיטה ואפילו שחט בה הרבה זה אחר זה ואם נגע במפרקת של אחת מהן יש להחמיר ולחוש לכל אותן שנשחטו אח״כ: (טור בשם הגאונים ורשב״א בשם רבותיו ור״ן):

18.12
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.12

Bien[368] que l’on ait déjà examiné le couteau avant l’opération, il faut l’examiner de nouveau après l’opération. Il n’en est ainsi que lorsqu’on est en possession du couteau ; mais si on l’a égaré, l’opération est quand même valide, alors même qu’on s’est servi du couteau pour plusieurs opérations successives, puisqu’on l’a déjà examiné antérieurement. Mais[369] si le couteau a touché la colonne vertébrale de l’un des animaux, on fera bien de craindre pour toutes les opérations faites après cet incident.

שחט בסכין בדוק ונאבד קודם שיבדקנו אחר שחיטה ואח״כ נמצא והוא פגום שחיטתו כשרה הואיל ויצא בהיתר וזה שנמצא פגום אימור שיבר בה עצמות ולאו אדעתיה דאוקי סכין אחזקתיה:

18.13
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.13

Si l’on constate des brèches sur un couteau retrouvé après avoir été examiné avant l’opération et égaré avant l’examen postérieur, l’opération est valide, vu qu’antérieurement le couteau avait été jugé en bon état ; quant aux brèches découvertes ensuite, on les attribue à des os qu’on aurait cassés après l’opération avec ce même couteau sans s’en souvenir, car on admet que pendant l’opération le couteau se trouvait dans le même état qu’auparavant.

אם לא בדק הסכין ושחט בה ונאבד אחר שחיטה שחיטתו פסולה בד״א בסתם סכין אבל טבח שיש לו סכין מיוחד לשחיטה ומקום מיוחד שמצניעו שם תמיד בחזקת בדוק הוא ואם שחט בה בלא בדיקה ונאבד שחיטתו כשרה: הגה וראוי לכל טבח שיהא לו סכין מיוחד לשחיטה ואסור לעשות בו שום דבר ויצניענו שלא יפגמנו (רש״י וכל בו והג״א ד״מ ס״ס ו’ ועיין טור וב״י שם) ומ״מ לא ישחוט בו לכתחלה בלא בדיקה (רשב״א וב״י שם):

18.14
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.14

Si[371], après avoir opéré sans un examen préalable, on égare le couteau, l’opération est invalide. Il n’en est ainsi que lorsque l’opération est faite avec un couteau ordinaire ; mais[372] le couteau que l’opérateur destine exclusivement à l’usage de la saignée et qu’il renferme toujours en un endroit réservé, est considéré comme examiné ; de sorte que, si on égare un tel couteau après avoir opéré avec lui sans examen préalable, l’opération est valide. הגה · RemaIl[373] convient que chaque opérateur ait un couteau spécial exclusivement réservé à l’opération et dont il ne fasse aucun usage ; il faut aussi le tenir enfermé pour qu’il ne s’ébrèche. Malgré ceci, il ne faut pas opérer, de propos délibéré, sans un examen préalable[374].

השוחט בסכין בדוק ואחר השחיטה שיבר בו עצמות דרך שבירה שלא בדרך הולכה והבאה (רשב״א ור״י ור’ ירוחם) ובדקו ונמצא פגום שחיטתו כשרה דאנו תולים שבשבירת העצמות נפגמה וכן כל כיוצא בזה כגון שנפל ע״ג קרקע קשה ודוקא שראינו שנפל על חודו אבל מספיקא אין תולין לומר שנפל על חודו ואם שיבר בו עצם המפרקת אפילו דרך שבירה אין תולין בו מפני שהוא רך: הגה ואין חילוק בכל זה בין שבדק הסכין תחלה סמוך לשחיטה או שהיה בחזקת בדוק תחלה ולא בדקו סמוך לשחיטה דאפ״ה מקרי סכין בדוק (ד״ע מהגהות מרדכי פ״ק דחולין והג״א ואגודה וע״פ עיין ס״ד):

18.15
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.15

Si[375], après avoir opéré avec un couteau examiné, on s’en sert pour casser des os, en les martelant[376] et non pas en les tranchant par des mouvements du couteau en avant et en arrière, l’opération est valide, si l’on trouve ensuite des brèches, car on attribue ces brèches aux os qu’on a cassés. Il en est de même lorsqu’il arrive des incidents semblables, par exemple lorsque le couteau tombe sur la terre durcie ; mais à condition toutefois que nous le voyions tomber avec le tranchant en bas ; mais si cela est douteux, il ne faut pas attribuer les brèches à cet incident en alléguant que le couteau est probablement tombé le tranchant en bas. Mais si l’on a cassé avec le couteau les os de la colonne vertébrale, alors même qu’on l’a fait en les martelant, il ne faut point attribuer les brèches à cet incident, attendu que ces os sont moins durs que les os ordinaires[377]. הגה · RemaEt[378] il n’y a, à ce sujet, aucune distinction à faire entre le cas où l’on a préalablement examiné le couteau immédiatement avant l’opération, et celui où le couteau, ayant été censé en bon état, n’a pas été examiné immédiatement avant l’opération ; car, même dans le dernier cas, le couteau est considéré comme examiné.

אם בדק הסכין אחר שחיטה והצניעו ואח״כ נמצא פגום לית לן בה דאימור בדבר אחר נפגם או שיבר בו עצמות ולאו אדעתיה:

18.16
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.16

Il[379] n’y a pas lieu de s’inquiéter si, après avoir examiné le couteau à la suite de l’opération et l’avoir enfermé, on le trouve ébréché, car on suppose qu’il s’est ébréché en raison de quelqu’autre fait, ou bien qu’on a cassé après l’opération des os avec lui sans s’en souvenir.

טבח שלא הראה סכינו לחכם (ונמצא יפה) (טור) היו מנדין אותו: הגה ואם נמצא פגום היו מנדין אותו ומעבירין אותו (טור) ובנמצא יפה יכול החכם למחול ואין צריך לנדותו (הגהות אלפסי פ״ק דחולין): והאידנא נהגו למנות אנשים ידועים על השחיטה והבדיקה ולהם מחלו חכמים כבודם כי הם זהירים וזריזים והרבה צריך ישוב הדעת ויראת שמים לבדיקת הסכין הלא תראה כי יבדוק אדם פעמיים שלש ולא ירגיש בפגימה דקה ואחר כך ימצאנה כי הכין לבו באחרונה ובחינת חוש המישוש כפי כונת הלב (רבינו יונה בס’ שער התשובה):

18.17
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.17

Si[380] un opérateur n’a pas montré son couteau au rabbin הגהalors[381] même qu’on trouve le couteau ensuite en bon état, on le met au ban. הגה · RemaMais[382] si on trouve ensuite le couteau en mauvais état, on met l’opérateur au ban et on le destitue. En[383] cas où le couteau est trouvé en bon état, le rabbin peut pardonner et n’est pas tenu de mettre l’opérateur au ban. De[384] nos jours, il est d’usage de préposer aux services de l’abatage et de l’examen des hommes connus, en faveur desquels les rabbins renoncent à l’honneur de les contrôler, vu leur circonspection et leur adresse. L’examen du couteau exige beaucoup de calme[385] et de piété, puisque nous voyons qu’un homme examine trois fois le couteau sans y apercevoir une mince brèche et qu’il finit par la découvrir en s’y appliquant avec plus d’attention. Le degré de la sensation tactile est toujours proportionné à celui de l’attention[386].

הטבח צריך שיטול שכר מן הטרפות כמו מן הכשרות: הגה שלא יבא להקל להכשיר כדי לקבל שכרו מן הכשרות (ב״י בשם ריב״ש) ולכן נהגו בקצת מקומות שאין אדם שוחט ובודק לעצמו אלא אותן הממונים מן הקהל:

18.18
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.18

L’opérateur[387] doit se faire payer aussi bien l’opération des animaux reconnus terēphà que celle des animaux reconnus mangeables. הגה · RemaAfin qu’il ne soit jamais tenté de déclarer un animal mangeable, pour se faire payer. C’est pourquoi il est d’usage dans certains pays de ne permettre à aucune personne d’opérer et d’examiner pour son usage personnel, excepté ceux qui sont préposés à ce service par la communauté.

ראובן שאמר לשמעון בדוק סכין זה ובדקו שני פעמים מהי״ב שצריך ונתנה לראובן וראובן היה הולך לשחוט ולקחו לוי מידו ומצאו פגום. (וראובן מתנצל ואומר שעדיין היה רוצה לבדקו כהוגן) (הכל בתשובת הרשב״א סימן תקצ״ד) מעשיו מוכיחים עליו שהיה די לו באותה בדיקה ולפיכך מעבירין אותו ואם נראים הדברים שהיה כעין שגגה ושהוא אדם כשר מחזירין אותו ובלבד שיקבל עליו שלא ישוב עוד לדבר כזה:

18.19
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.19

Dans[388] le cas où Ruben dit à Siméon : Examine ce couteau, et que ce dernier, après l’avoir examiné deux fois au lieu des douze fois exigées[389], le donne à Ruben qui se dispose à opérer, quand survient Lévi qui lui enlève le couteau de la main et le trouve ébréché הגהbien que Ruben s’excuse en alléguant l’intention qu’il avait d’examiner encore le couteau, on peut conclure de l’attitude de Ruben qu’il voulait se contenter de l’examen fait, et c’est pourquoi on le destitue. Mais[390] s’il appert que Ruben n’a agi de la sorte que par inadvertance et qu’il est un homme vertueux, on le réintègre ; mais il faut qu’il promette que pareil fait ne se renouvellera plus.

טבח שנמצאת פגימה בראש הסכין ואמר זאת הפגימה מפני שאני מכסה דם העופות בראש הסכין וכשאני שוחט אני נזהר שאיני נוגע בפגימה מעבירין אותו וקרוב לומר שהכלים אסורים:

18.20
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §18.20

Si[391] un opérateur, pour justifier une brèche trouvée au bout de son couteau, allègue que celle-ci provient de ce fait qu’il a l’habitude de se servir du bout du couteau pour couvrir avec de la terre le sang de la volaille, mais qu’en opérant il fait toujours attention de ne pas toucher avec la brèche, on le destitue, et il est presque opportun de déclarer impropres au service les marmites qui ont servi à la cuisson de la viande provenant de ses opérations antérieures.

Siman 19. De la formule d’action de grâce à prononcer avant l’opération — בְרָכָה עַל הַשְּחִיטָה (8 articles)

השוחט צריך שיברך קודם אשר קדשנו במצותיו וצונו על השחיטה ואם שחט ולא בירך כשרה: הגה ואם שחט דבר דאתיליד בו ריעותא וצריך בדיקה ישחטנו בלא ברכה וכשימצא כשר מברך על השחיטה ובלבד שיהא סמוך לשחיטה (בא״ז הלכות כסוי דלא כרש״י בתשובה) ואם שחט בבית המטבחים שהוא מקום מטונף יברך ברחוק ד’ אמות קודם שיכנס לשם ולא ידבר עד אחר השחיטה (הגהות שחיטות ישנים בשם אגודה):

19.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §19.1

Le[392] praticien-boucher doit prononcer avant[393] l’opération cette formule d’action de grâce : « Toi[394] qui nous as sanctifiés par tes préceptes et nous as commandé le mode d’abatage[395] ». Mais[396] s’il a opéré sans avoir préalablement prononcé la formule, l’opération est valide. הגה · RemaLorsqu’il[397] s’agit d’opérer un animal qui présente des symptômes de maladie et qui exige, partant, un examen après l’opération, il faut le saigner sans prononcer la formule, laquelle ne sera prononcée qu’après que l’animal aura été reconnu sain et mangeable[398] ; mais alors il faut qu’on la prononce tout de suite après l’opération[399]. Si[400] l’on opère dans un abattoir, il faut, vu la malpropreté du lieu, prononcer la formule avant d’y entrer et à une distance de quatre aunes, et ne[401] pas parler jusqu’à l’achèvement de l’opération.

שחט בהמות וחיות ועופות ברכה אחת לכלן:

19.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §19.2

Si[402] l’on saigne successivement des animaux domestiques, des animaux sauvages et des volailles, on ne prononce qu’une seule formule pour tous.

שנים שוחטין שני בעלי חיים יכול לברך הא’ להוציא חבירו והוא שיתכוין לצאת:

19.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §19.3

Lorsque[403] deux personnes sont sur le point d’opérer deux animaux, l’une d’elles peut prononcer la formule et en dispenser l’autre ; pourvu que la personne dispensée ait l’intention de l’être[404].

צריך ליזהר מלדבר בין ברכה לשחיטה בדבר שאינו מצרכי השחיטה ואם דבר צריך לברך פעם אחרת (אבל מותר לדבר בין השחיטה לכיסוי) (מרדכי פכ״ה בשם סה״ת) . (ומ״מ טוב שלא לדבר) (ת״ה אשירי תא״ו נט״ו ור’ ירוחם ואגודה):

19.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §19.4

Il[405] faut faire attention de ne pas parler, entre la prononciation de la formule et l’opération, des choses qui ne concernent pas l’opération ; si on l’a fait, il faut prononcer de nouveau la formule. הגה · RemaMais[406] il est permis de parler entre l’opération et l’acte de couvrir le sang ; on fera cependant bien de ne pas parler entre ces deux actes non plus.

אם רוצה לשחוט הרבה צריך ליזהר שלא לדבר בין שחיטה לשחיטה בדבר שאינו מצרכי השחיטה ואם דבר צריך לכסות דם שחיטה ראשונה ולברך פעם אחרת על השחיטה אבל על כסוי שני לא יברך: הגה משום דשחיטה לא הוי הפסק אבל אם שח בינתים הוי הפסק וצריך לחזור ולברך (כל בו ואשר״י וכל הפוסקים): ויש אומרים דשיחה בין שחיטה לשחיטה לא הוי הפסק:

19.5
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §19.5

Si[407] l’on veut opérer plusieurs animaux, il faut faire attention de ne pas parler, entre une opération et l’autre, des choses qui ne concernent pas l’opération[408] ; si on l’a fait, il faut[409] couvrir le sang provenant de la première opération, et prononcer ensuite la formule de nouveau, avant les autres opérations ; mais on n’a pas besoin de prononcer de nouveau la formule avant le second acte de couvrir le sang. הגה · RemaParce que l’opération ne constitue pas un acte d’interruption. Mais si on a parlé entre les deux actes de couvrir le sang, ceci est considéré comme une interruption et, par conséquent, il faut prononcer la formule de nouveau[410]. D’aucuns[411] opinent que parler entre une opération et l’autre ne constitue pas une interruption[412].

המברך על דעת לשחוט חיה אחת ואח״כ הביאו לו יותר יכסה דם הראשון ויברך עליו ויברך על השחיטה שנייה ולא על הכסוי והני מילי כשהביאום לו קודם שבירך על כיסוי הראשונה (ד״ע ורש״ל סכ״ה סעיף ח’): הגה וי״א דאם הביאו לו ממין הראשון ששחט א״צ לכסות הראשונה ולברך על שחיטה שנייה (טור בשם בעל העיטור) (וכן עיקר ועיין בא״ח סימן ר״ו ס״א):

19.6
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §19.6

Si[413] un praticien-boucher prononce la formule avec l’intention d’opérer un seul animal sauvage[414], et qu’on lui en apporte plusieurs, il faut qu’il couvre le sang du premier et prononce la formule prescrite pour cet acte, et qu’il prononce de nouveau la formule avant la seconde opération, mais[415] il n’a pas besoin de prononcer une seconde formule avant de procéder pour la seconde fois à l’acte de couvrir le sang. Mais il n’en est ainsi que dans le cas où on lui a apporté les autres animaux avant qu’il n’ait prononcé la formule de son premier acte de couvrir le sang. הגה · RemaD’aucuns[416] opinent qu’on n’a pas besoin de couvrir le sang du premier animal et de prononcer de nouveau la formule avant la seconde opération, si les animaux qu’on apporte à la fin sont de la même espèce que le premier. C’est cette opinion qui est en vigueur.

היו לפניו הרבה לשחוט וברך על השחיטה ואח״כ הביאו לו עוד אם כשמביאים לו האחרונות יש עדיין לפניו מאותם שהיו לפניו כשבירך אין צריך לחזור ולברך ואם לאו צריך לברך ולכתחלה טוב ליזהר להיות דעתו בשעת ברכה על כל מה שיביאו לו:

19.7
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §19.7

Si[417] un praticien-boucher a devant lui plusieurs animaux à opérer, et qu’on lui en apporte d’autres après qu’il a déjà prononcé la formule, il n’a pas besoin de prononcer de nouveau la formule avant l’opération des animaux apportés plus tard si, au moment de leur arrivée, il avait encore devant lui une partie des premiers animaux ; sinon, il faut qu’il prononce la formule de nouveau. Mais, de propos délibéré, on fera bien de stipuler mentalement au moment de prononcer la formule que celle-ci suffise pour l’opération de tous les animaux qu’on pourrait apporter dans la suite.

היה שוחט חיה או עוף ודעתו לשחוט עוד ושכח וכיסה ובירך כשחוזר לשחוט אין צריך לחזור ולברך על השחיטה שאין הכסוי הפסק: הגה וכן הדין אם שחט חיה (או עוף) ורוצה לשחוט בהמה מכסה דם החיה וישחוט הבהמה בלא ברכה (כל בו):

19.8
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §19.8

Si[418] on a opéré un animal sauvage ou une volaille avec l’intention d’en saigner encore d’autres, et si l’on a oublié ensuite et couvert le sang après la première opération en prononçant la formule prescrite pour cet acte, on n’a pas besoin de prononcer de nouveau la formule quand on recommence l’opération, parce que l’acte de couvrir le sang ne constitue pas une interruption. הגה · RemaIl[419] en est de même lorsqu’on a opéré un animal sauvage ou une volaille et que l’on veut opérer ensuite un animal domestique[420], l’on couvre le sang provenant de la première opération, et l’on saigne ensuite l’animal domestique sans prononcer de nouveau la formule.

Siman 20. Des limites entre lesquelles la section doit être pratiquée au cou — מְקוֹם הַשְּחִיטָה (4 articles)

מקום השחיטה בצואר בקנה לצד הראש משיפוי כובע ולמטה והוא קודם שיתחיל הכובע לשפע ולעלות והיינו שייר בחיטי והוא שבסוף הקנה למעלה יש בתוך טבעת הגדולה כמו שני גרגרים מגוף שחוסי (פירוש תרגום בדל אזן הסחוס דבאודן כלומר הקשה שבאוזן) ונקראים חיטי ואם שחט בתוך החיטין ושייר מהם כל שהוא למעלה כשרה שהרי שחט משיפוי כובע ולמטה ואם לא שייר מהם כלום אלא שחט למעלה מהם הרי זה מוגרמת (פי’ הגרמה הכרעת הסכין חוץ למקום שחיטה לצד הראש או לצד הגוף) ופסולה (ולכתחלה ישחוט למטה מטבעת הגדולה) (מרדכי פ’ א״ט ומהרי״ו הלכות שחיטה ועי’ ס״ק א’) ושעורו למטה עד ראש כנף האונא כשנופחין אותה ועולה למעלה עד מקום שמגיע ראשה בקנה אז הוא המקום בעצמו שהיתה נוגעת כשהיתה חיה הבהמה והיתה רועה כדרכה כשתמשוך צוארה לרעות בלי שתאנוס עצמה למשוך צוארה ביותר. (ובעוף למטה בקנה כמו בושט) (ר״ן בשם הרא״ה) (עיין ס״ק ד’ כל הסעיף):

20.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §20.1

La[421] section peut être pratiquée, à la partie supérieure de la trachée du côté de la tête, à partir de la base oblique du couvercle[422] en bas, c’est-à-dire à partir du point en bas d’où la trachée s’élargit supérieurement et devient prismatique, pourvu qu’une partie des tubercules reste au bord supérieur de la section. Car il y a, au bout supérieur de la trachée, dans le grand anneau[423], deux noyaux cartilagineux[424] qu’on appelle tubercules. Or, si on pratique la section de la trachée au point même où se trouvent les tubercules, l’opération est valide, à condition[425] qu’une toute petite partie du moins des tubercules reste adhérente au bord supérieur de la section, car dans ce cas l’incision est réellement faite au-dessous de la base oblique du couvercle. Mais si, au contraire, l’incision est pratiquée au-dessus des tubercules dont aucune partie ne reste adhérente au bord supérieur, la section est dans ce cas déplacée et, par suite, l’opération invalide. הגה · RemaDe[426] propos délibéré, il faut pratiquer la section au-dessous[427] du grand anneau. La[428] limite inférieure de la trachée pour la section est le point jusqu’auquel peut monter le bout du lobe du poumon après insufflation, car c’est précisément la hauteur de la trachée qu’atteint le bout du poumon quand l’animal vivant allonge le cou pour paître, c’est-à-dire allonge le cou d’une façon normale sans faire des efforts pour l’allonger outre mesure. הגה · RemaChez la volaille, la limite inférieure de la trachée est la même que celle de l’œsophage.

ובוושט מתחלת המקום שכשחותכין אותו מתכויץ עד מקום שישעיר ויתחיל להיות פרצים פרצים ככרס שחט למעלה ממקום זה והוא הנקרא תורבץ הוושט או למטה ממקום זה והוא מתחלת בני מעים שחיטתו פסולה ושיעור תורבץ הוושט שאינו ראוי לשחיטה למעלה בבהמה וחיה כדי שיאחוז בשתי אצבעותיו (ל’ רמב״ם פ״א מה״ש דין ה’): הגה וי״א כדי רוחב ד’ אצבעות (טור בשם רש״י ומהרי״ו) וקבלה ביד הקדמונים שבכל בהמה וחיה השיעור עד מקום שמגיע שם אוזן הבהמה או החיה כשכופפין אותה (הגה במהרי״ו וא״ז בשם קצת פירושים וב״י בשם מ״כ): ובעוף הכל לפי גדלו וקטנו: הגה ואין חילוק בין יונה לשאר עופות דבכולן שיעורן שוה (הסכמת כל הפוסקים) (כן הוכיח בד״מ דיונה דבש״ס הוא שם מ״ד ולא עוף לאפוקי ב״י בשם מ״כ) . ולמטה עד הזפק: הגה ועוף שאין לו זפק עד בין האגפים (ב״י) ולפי שאין אנו בקיאין בשיעורין אלו נכון לשחוט באמצע הצואר לארכו דאז יוצא מידי ספק (ב״י בשם סמ״ק):

20.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §20.2

Pour[429] l’œsophage, les limites entre lesquelles l’incision doit être pratiquée sont : à partir du point où les parois commencent à se recroqueviller quand on les coupe[430], jusqu’à l’endroit où la surface interne commence à être veloutée et à former des plis semblables à ceux de la surface interne de l’estomac[431]. Si on a pratiqué la section plus haut, c’est-à-dire à l’endroit qu’on appelle le vestibule de l’œsophage[432], ou plus bas, c’est-à-dire au commencement de l’estomac, l’opération est invalide. La[433] longueur du vestibule de l’œsophage impropre à l’incision est, chez les animaux domestiques et sauvages, celle qu’on peut tenir entre deux doigts. הגה · RemaSelon d’autres[434], cette longueur est de quatre pouces. Il y a[435] une tradition des anciens qui indique pour chaque animal domestique et sauvage comme ligne de démarcation entre le vestibule et l’œsophage, le point jusqu’où peut atteindre le bout de l’oreille de l’animal en la pliant. Chez[436] la volaille, cette longueur varie selon la grandeur de la volaille. הגה · RemaIl[437] n’y a sous ce rapport aucune différence entre les pigeons et les autres volailles, chez lesquels la longueur est la même. La limite inférieure[438] est jusqu’au jabot. הגה · RemaChez la volaille qui n’a point de jabot, la limite est jusqu’au niveau des ailes. N’étant pas à même de déterminer de façon positive ces limites, nous ferons mieux de pratiquer l’incision au milieu de la longueur du cou et de prévenir ainsi toute matière à controverse.

צריך השוחט שישחוט באמצע הצואר ואם שחט מן הצדדין שחיטתו כשרה והוא שהחזיר הסימנים ויודע שחתכם קודם שחתך המפרקת כי הסימנים רכים ונדחים מן הסכין והוא הדין לשוחט מן העורף:

20.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §20.3

Le[439] praticien-boucher doit pratiquer l’incision au milieu de la largeur du cou ; s’il l’a pratiquée de côté, l’opération est quand même valide, pourvu qu’il ait également tourné les canaux de côté et qu’il soit certain de les avoir sectionnés avant les muscles cervicaux ; car les canaux sont souples et cèdent facilement à la poussée du couteau. Il en est de même s’il pratique l’incision du côté de la nuque[440].

טוב ליזהר למשמש בסימנים ולתפשם קודם שחיטה כדי שיזדמנו קודם בשר הצואר וביונים נמצאים הסימנים בצדדים וצריך אימון ידים וזהירות גדולה שאם לא ימשמש בהם ויזמינם לפניו קודם שחיטה קרוב הדבר מאד לפשוע ולחתוך המפרקת קודם הסימנים:

20.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §20.4

On[441] fera bien de palper les canaux et de les saisir avant de pratiquer l’incision[442], afin qu’ils se trouvent à la portée du couteau avant les muscles cervicaux ; cette précaution s’impose surtout pour l’opération des pigeons dont les canaux sont disposés à la partie latérale du cou et pour la section desquels il faut déployer beaucoup de dextérité et de circonspection ; car si on ne palpe pas les canaux avant l’opération afin de les mettre à la portée du couteau, on pourra très facilement manquer l’opération en sectionnant les muscles cervicaux avant les canaux.

Siman 21. De la profondeur de l’incision — שִעוּר הַשְּחִיטָה (5 articles)

כמה הוא שיעור השחיטה (של) הקנה והוושט השחיטה המעולה שיחתכו שניהם בין בבהמה ובין בעוף ולזה יתכוין השוחט ואם שחט רוב אחד מהם בעוף ורוב שנים בבהמה ובחיה שחיטתו כשרה ובלבד כשימדדו אותו ימצאו שהנשחט הוא רוב וכיון שימצאו שהנשחט יותר מחצי אפילו כחוט השערה דיו:

21.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §21.1

Quelle doit être la profondeur de l’incision de la trachée et de l’œsophage ? La[443] meilleure opération est celle de sectionner entièrement[444] tous les deux canaux, chez une bête à cornes aussi bien que chez la volaille[445] ; et c’est toujours avec l’intention de pratiquer une telle incision que le praticien-boucher doit procéder à l’opération. Mais[446] si on n’a sectionné que la plupart d’un seul canal chez la volaille, ou la plupart de tous les deux canaux chez les animaux domestiques et sauvages, l’opération est valide, pourvu qu’en mesurant la section on constate qu’elle embrasse la plupart du pourtour du canal. Si elle dépasse la moitié de la circonférence[447], ne fût-ce que de l’épaisseur d’un cheveu[448], cela suffit.

אם שחט בבהמה האחד כלו וחצי השני ובעוף שני חצאי סימנים פסולה:

21.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §21.2

Si[449] l’on sectionne un des canaux entièrement et l’autre à moitié, chez une bête à cornes, ou la moitié de chacun des deux, chez une volaille, l’opération est invalide.

לא שחט רוב הסימן במקום אחד כגון שהתחיל לשחוט ונתהפך הסימן וגמרה שם ובין שניהם רוב כשרה בין בקנה בין בוושט לא מיבעיא אם שני החתכים שוים בהיקף אחד אלא אפילו האחד לצד הראש והשני לצד מטה כשר בין אם אדם אחד שחט כך בשנים או בג’ מקומות בין ששחטו שנים בשני סכינים אבל אם הכל בצד אחד כגון שלאחר שהתחיל לשחוט מעט הניח זה המקום ושחט למטה או למעלה ממנו באותו צד צריך שיהא הרוב במקום אחד וכשיש רוב אפילו במקום השני כשר ואעפ״י שאין השחיטה מפורעת (פי’ גלויה ונכרת) :

21.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §21.3

Si[450] le canal n’a pas la circonférence sectionnée en majeure partie en un seul endroit, par exemple si, après avoir commencé à pratiquer une incision à un endroit du canal, celui-ci a tourné et qu’on en achève l’incision à l’autre côté, de telle sorte qu’en additionnant les deux sections, elles embrassent ensemble la plupart de la circonférence, l’opération est valide, quand cela se passe chez la trachée aussi bien que chez l’œsophage ; l’opération[451] est dans ce cas valide non seulement lorsque les deux sections sont pratiquées sur une seule ligne, mais aussi quand l’une est faite plus haut, l’autre plus bas : n’importe si c’est une seule personne qui a sectionné en deux ou trois endroits, ou si ce sont deux personnes qui ont opéré avec deux couteaux. Mais si ces diverses incisions ont été pratiquées sur un seul côté du canal, par exemple si, après avoir commencé à sectionner à un endroit, on abandonne cet endroit et on sectionne plus bas ou plus haut, mais du même côté, il faut qu’une de ces sections embrasse à elle seule la plupart de la circonférence du canal. S’il en est ainsi, ne fût-ce qu’à la deuxième section, l’opération est valide, bien qu’une telle section ne rende pas la plaie béante[452].

שחיטה העשהיה כקולמוס או כשיני המסרק כשר:

21.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §21.4

Si[453] la section est pratiquée de biais, en forme du bout d’une plume, ou en zigzag, en forme de la dentelure d’une étrille[454], l’opération est valide.

היה חצי הקנה חתוך ושחט בו והשלימו לרוב (ויודע שלא ניקב הוושט) (ב״י) כשר וכן אם התחיל לשחוט במקום השלם ופגע בחתך והחתוך משלימו לרוב כשר :

21.5
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §21.5

Si[455] l’on achève la section survenue accidentellement à la trachée, en la portant de la moitié à la plupart de la circonférence, l’opération est valide, הגהà[456] condition que l’on soit certain de ne pas avoir perforé l’œsophage. De même, lorsqu’en commençant à sectionner la surface saine du canal, on donne sur une incision survenue accidentellement dans les parois du canal, de telle sorte qu’en additionnant la section pratiquée et celle qui existait déjà elles embrassent ensemble la plupart de la circonférence, l’opération est valide.

Siman 22. Des espèces d’animaux dont il faut sectionner les veines jugulaires — נְקִיבַת הוֹרִידִין (2 articles)

בעוף צריך לשחוט הורידין (פי’ חוטים שמהן יוצא הדם וינ״י בלע״ז) או לנקבם בשעה שהוא מפרכס שעדיין הדם חם כדי שיצא ולא יתקרר בתוכו ואם לא עשה כן לא יצלנו שלם ואם צלאו שלם ישליך הורידין ויחתוך סביבם כדי נטילה שהוא כעובי אצבע: הגה ואם נמלח כך מסירין אח״כ החוטין ושרי (ועי’ ס״ק ו’) ויש מחמירים לקלוף סביב החוטין (אגור בשם מהר״י מווין) : ואם בשלו שלם מחטט ומנקר החוטים והשאר אם יש בכל מה שבקדרה כדי לבטל הדם שבכל החוטין בס’ מותר: הגה ואם הסירו הראש ממנו לא מקרי שלם (מרדכי והגהות אשיר״י ואגור ותשובת מהרי״ל סימן נ״ח ע״ש) ולכן נהגו להסירו מן העופות השלמות ועיין לקמן סימן ע״ו אם לא נשחטו הורידין:

22.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §22.1

Chez[457] la volaille, il faut sectionner ou perforer les veines jugulaires[458] pendant que l’animal est en convulsion et que le sang est encore tiède, pour que le sang s’écoule et ne se coagule pas[459]. Si on n’a pas agi ainsi, il ne faut pas rôtir l’animal en entier[460]. Mais si on l’a rôti en entier, il faut jeter les veines et enlever la chair autour d’elles jusqu’à la profondeur d’une tranche[461], qui équivaut à l’épaisseur d’un doigt. הגה · RemaSi[462] l’on a salé la viande avec les veines adhérentes, on enlève ensuite celles-ci et la viande est mangeable. D’aucuns[463] sont plus sévères et exigent qu’on ratisse la viande autour des veines. Si on a cuit l’animal en entier, il faut enlever les veines ainsi que la chair autour d’elles, et le reste de la viande est mangeable, si la marmite contient de matière comestible soixante fois[464] autant que le sang contenu dans toutes les veines, de manière à ce que le reste puisse dissoudre le sang. הגה · RemaLorsqu’on[465] enlève la tête à l’animal avant la cuisson, l’animal n’est plus considéré comme cuit en entier. C’est pourquoi il est d’usage d’enlever la tête à la volaille quand on veut la cuire en entier. V. plus loin § 76, au sujet de la ligne de conduite à suivre en cas où l’on n’a pas sectionné les veines jugulaires.

הבהמה אין צריך לנקוב הורידין בשעת שחיטה מפני שאין דרך לצלותה שלימה אבל אם רוצה לצלותה שלימה צריך לנקוב ורידיה בשעת שחיטה ואם לא נקבם אסור לצלותה או לבשלה שלימה: הגה ואם צלאה או בשלה שלימה דינה כמו בעוף (בית יוסף לדעת כמה פוסקים) וסתם עוף נשחטו הורידין וסתם בהמה לא נשחטו וכל זה כשיצא דם בשעת שחיטה אבל אם לא יצא דם אין חוששין לשחיטת הורידין דהא לא נתעורר הדם לצאת (ר״ן פ’ השוחט בשם רשב״א והוא במשמרת הבית דף כ’):

22.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §22.2

Chez[466] la bête à cornes, on n’a point besoin de perforer les veines jugulaires au moment de l’opération, puisque d’ordinaire on ne la rôtit pas en entier. Mais si l’on veut la rôtir entièrement, il faut perforer les veines au moment de l’opération ; si on ne l’a pas fait, il est défendu de la rôtir ou de la cuire entièrement. הגה · RemaSi on l’a rôtie ou cuite entièrement, ce cas est assujetti à la même loi qui est en vigueur chez la volaille. Ordinairement[467] on suppose, chez la volaille, que les veines jugulaires ont été sectionnées pendant l’opération, et chez les bêtes à cornes, qu’elles ne l’étaient pas. Il n’est cependant question ici que du cas où l’opération a amené un écoulement du sang ; sinon, on n’a pas besoin de se préoccuper de la section des veines jugulaires, puisque dans ce cas, le sang n’a nullement changé de place[468].

Siman 23. D’une pause pendant l’opération — שְהִייָה (6 articles)

כל טבח שאינו יודע הלכות שחיטה אסור לאכול משחיטתו ואלו הן שהייה דרסה חלדה הגרמה ועיקור:

23.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §23.1

Il[469] est défendu de manger la viande provenant de l’abatage pratiqué par tout opérateur qui ignore les lois se rattachant à l’opération. Ce sont : les règlements de la pause[470], de la pression[471], de la transfixion[472], de l’incision déplacée[473] et de l’arrachement[474].

שהייה כיצד (ל’ רמב״ם פ״ג מה״ש דין ב’) הרי שהתחיל לשחוט והגביה ידו קודם שיגמור השחיטה ושהה בין בשוגג בין במזיד בין באונס בין ברצון ובא הוא או אחר וגמר השחיטה אם שהה כדי שיגביה הבהמה וירביצנה וישחוט.) ושיעור שהייה בעוף ובבהמה דקה כדי שיגביה בהמ’ דקה וירביצנה וישחוט (עד) רוב הסימנים שהוא הכשר שחיט’ שחיטתו פסולה (עיין ס״ק ג’) . היתה בהמה דקה שיעור שהייתה כדי שיגביה בהמה דקה וירבצנה וישחוט ואם היתה גסה כדי שיגביה בהמה גסה וירביצנה וישחוט ובעוף כדי שיגביה בהמה דקה וירביצנה וישחוט ויש אומרים דשיעור שהיית עוף כדי שחיטת רוב סימן א’ בעוף בלי הגבהה והרבצה ולפי דבריהם יש ליזהר כשהתחיל לשחוט בעוף וחתך מעט עד שהדם יוצא והגביה סכינו מהצואר שלא יגמור השחיטה לפי שיש לחוש שמא שחט משהו מהושט ואפילו לא הגביה סכינו אלא מעט יש לחוש מפני ששהיית העוף מועטת מאד דכדי שחיטת רוב סימן א’ בעוף הוא נעשה מהר ואפילו אמר השוחט ברי לי שלא חתכתי כי אם העור אין סומכין עליו כיון שיצא הדם ואם בא לשאול אחר שהגביה סכינו כיצד יעשה אומרים לו שישחוט הקנה לבדו במקום אחר ואח״כ יהפוך הושט ויבדוק אותו ולענין מעשה יש להחמיר בסברא זו אלא א״כ הוא שעת הדחק או הפסד מרובה שאז יש לסמוך על סברא ראשונה: הגה והמנהג פשוט במדינות אלו להטריף כל שהייה אפי’ משהו בין בעוף בין בבהמה (מרדכי ומהרי״ו בהל’ שחיטה) ואין לשנות ואם נמצא לאחר שחיטה גמי או כיוצא בו מונח בוושט או בקנה ונשחט עמו טריפה דודאי הוצרך להשהות מעט בחתיכת הדבר ההוא לאחר ששחט הסימן והוי שהייה במשהו וטרפה (תה״ד סימן קפ״ה):

23.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §23.2

Qu’est-ce qu’une pause ? Lorsque[475] quelqu’un, après avoir commencé l’opération, retire pour un instant la main avant de l’achever, soit[476] fortuitement ou intentionnellement, forcément ou volontairement, et qu’ensuite le même individu ou un autre achève l’opération, celle-ci est invalide si la pause faite au milieu de l’opération était d’une telle durée qu’on aurait pu dans ce laps de temps relever l’animal, le renverser et en sectionner la plupart des canaux, section qui constitue d’ordinaire une bonne opération[477]. Chez[478] le petit bétail, la durée de la pause est celle pendant laquelle on pourrait relever, renverser et opérer un animal du petit bétail ; chez le gros bétail, la durée de la pause est celle pendant laquelle on pourrait relever, renverser et opérer un animal du gros bétail. Chez la volaille, la durée de la pause est la même que chez un animal du petit bétail. D’aucuns[479] opinent que chez la volaille, la durée de la pause est celle pendant laquelle on pourrait sectionner un canal d’une volaille, mais sans la relever et la renverser. Selon cette opinion, on doit faire attention, lorsqu’on a commencé à sectionner le cou d’une volaille jusqu’à la faire saigner et qu’on a levé ensuite le couteau du cou, de ne plus continuer l’opération, de crainte qu’on n’ait touché un peu l’œsophage ; cette appréhension doit exister alors même que l’on n’a levé le couteau que durant un petit instant, attendu que la pause chez la volaille est fort minime, car la durée de la section de la plupart d’un canal d’une volaille[480] est vite passée. Alors même que le praticien-boucher assure de ne pas avoir touché avec son couteau que la peau de la volaille, on ne se fie pas à lui, puisque la bête a saigné[481]. Si[482], après avoir levé le couteau, le praticien-boucher vient demander conseil au sujet de la ligne de conduite à suivre, on lui conseille de sectionner la trachée seule en un autre endroit, et de retourner[483] ensuite l’œsophage et de l’examiner. En pratique, il convient de procéder sévèrement en se conformant à la dernière opinion[484] ; excepté le cas d’une nécessité absolue ou d’une grande perte, où l’on peut se baser sur la première opinion. הגה · RemaDans[485] nos pays, il est d’usage constant de déclarer la viande immangeable, quand à l’opération une pause quelconque s’est produite, si petite fût-elle, chez la volaille aussi bien que chez la bête à cornes. Il ne faut pas déroger à cet usage. Si[486] l’on trouve après l’opération dans l’œsophage ou dans la trachée un chaume, ou quelque chose de semblable[487], que le couteau a sectionné en même temps que les parois du canal, la viande est immangeable ; car il est certain que le couteau a dû s’arrêter un peu plus longtemps pour sectionner l’objet trouvé dans le canal, il en est donc résulté une petite pause pendant l’opération, c’est pourquoi la viande est immangeable.

שחט מעט ושהה מעט וחזר ושחט מעט ושהה מעט אם כשתצטרף כל השהיות יש שיעור שהיי’ שחיטתו פסולה (ולפי המנהג בכל ענין טריפה):

23.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §23.3

Si[488], ayant commencé l’opération, on l’interrompt à plusieurs reprises, elle est invalide, si, en additionnant toutes les interruptions, elles constituent la durée d’une pause. הגה · RemaD’après l’usage précité[489], une telle opération est dans tous les cas invalide.

השוחט בהמה בסכין שאינו חד ונתעכב כשיעור שהייה בשחיטת מיעוט אחרון של סימן ראשון הרי זו פסולה:

23.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §23.4

L’opération[490] est invalide si, en opérant une bête à cornes avec un couteau qui n’est pas affilé, on s’arrête pendant la durée d’une pause, à la section de la dernière partie mineure du premier canal[491].

אחר ששחט רוב אחד בעוף או רוב שנים בבהמה אין שהייה פוסלת ולפי זה אין שהייה בקנה בעוף כלל ויש מי שאומר שכל שלא נגמרה שחיטת כל שני הסימנים פוסלת שהייה ולכתחלה יש ליזהר לחוש לדבריו: הגה ואפילו בדיעבד המנהג להטריף ולכן אם לאחר ששחט רוב שנים שוהה הבהמה או העוף למות יכנו על ראשו להמיתו ולא יחזור וישחוט (תה״ד לדעת רש״י וסמ״ק ומהרי״ו וע״פ):

23.5
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §23.5

Lorsqu’on[492] a déjà sectionné la plupart d’un canal chez la volaille, ou la plupart de chacun des deux canaux chez la bête à cornes, la pause ne rend plus l’opération invalide. Il en résulte qu’à la section de la trachée chez la volaille la pause ne peut jamais rendre l’opération invalide[493]. Selon quelqu’un[494], la pause rend toujours l’opération invalide, tant que tous les deux canaux n’ont pas été entièrement sectionnés. De propos délibéré, il faut tenir compte de cette opinion. הגה · RemaEt il est d’usage de déclarer, en pareil cas, l’opération invalide, alors même qu’on se trouve en présence d’un fait accompli. Aussi[495] quand la volaille ou la bête à cornes tarde à expirer après la section de la plupart des canaux, il faut la frapper à la tête[496] pour accélérer la mort et non pas recommencer à sectionner[497].

שחט עוף ושהה בו ואינו יודע אם ניקב הושט חוזר ושוחט הקנה לבדו במקום אחר ומניחו עד שימות והופך הוושט ובודקו מבפנים אם לא נמצא בו טיפת דם בידוע שלא ניקב וכשרה: הגה והמנהג להטריף הכל אפילו לא שהה רק במיעוט קמא דקנה (מהרי״ו ומרדכי) ואסור למוכרו לעובד כוכבים כך אלא ימיתנו ואח״כ ימכרנו לעובד כוכבים (הגהות סמ״ק ומרדכי) משום דאנן לא בקיאין בבדיקת הוושט וחיישינן לנקיבת הוושט (באגור) ומטעם זה אם תלש הנוצות מן העוף ויצא דם או חתך העור בבהמה ויצא דם ממנה יש להטריף דחיישינן לנקיבת הוושט (מהרי״ו ומהר״ם פדו״ה סימן ס״ג וכ״ה בשחיטת האחרונים) אבל אם לא יצא דם ולא חתך כל העור יש להכשיר ע״י שישחוט למעלה או למטה ולבדוק נגד מקום החתך (ב״י דלא כמהרי״ק שורש ל״ד) ולכן יש ליזהר שלא למרוט הנוצות אם יוכל לשחוט בלא זה (א״ז):

23.6
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §23.6

Lorsque[498] celui qui a fait une pause pendant l’opération d’une volaille n’est pas certain si l’œsophage n’était pas perforé, il faut qu’il sectionne la trachée à un autre endroit, qu’il attende jusqu’à ce que la mort survienne et qu’il retourne[499] ensuite l’œsophage et en examine la membrane intérieure ; s’il n’y trouve pas une goutte de sang, il peut en conclure que l’œsophage n’a pas été perforé et la volaille est, par conséquent, mangeable. הגה · RemaL’usage[500] est de déclarer toujours la volaille immangeable, alors même que la pause ne s’était produite que durant la section de la première moitié de la trachée. Il est défendu de vendre la volaille telle qu’elle est[501], à un païen[502], mais il faut la tuer d’abord et la vendre ensuite, attendu que nous ne sommes pas à même de procéder à l’examen de l’œsophage, et qu’il faut donc craindre que celui-ci ne soit perforé[503]. C’est par cette raison qu’il faut déclarer la viande immangeable lorsqu’on a arraché quelques plumes du cou d’une volaille et que celle-ci a saigné[504], ou bien lorsqu’on a sectionné la peau sur le cou d’une bête à cornes et que celle-ci a saigné[505], parce qu’il faut craindre, dans ce cas, que l’œsophage ne soit perforé. Mais[506] si l’animal n’a pas saigné et si la peau n’est pas sectionnée de part en part, on peut déclarer la viande mangeable, quand on opère l’animal à un autre endroit, plus haut ou plus bas, et qu’on examine ensuite la partie de l’œsophage située en face de l’incision qu’on a faite dans la peau avant l’opération. C’est[507] pourquoi il faut faire attention de ne pas plumer le cou de la volaille, si l’on peut opérer sans cela.

Siman 24. De la pression, de la transfixion, de l’incision déplacée et de l’arrachement — דְרָסָה חַלָדָה הַגְרָמָה עִקוּר (20 articles)

דרסה כיצד כגון שהניח הסכין על הצואר ודחק וחתך למטה כחותך צנון או קישות הרי זו פסולה ואין צריך לומר אם הכה בסכין על הצואר כדרך שמכין בסייף וחתך הסימנים בבת אחת:

24.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.1

Qu’est-ce qu’une pression ? Lorsqu’on[508] pose, par exemple, le couteau sur le cou de l’animal et que l’on pèse dessus jusqu’à ce qu’il le coupe, de la même façon que l’on coupe le radis ou la carotte, une telle opération est invalide ; elle est encore à plus forte raison invalide, lorsqu’on frappe avec le couteau sur le cou, de la même façon que l’on frappe avec un sabre, et qu’on coupe les canaux d’emblée.

שחט בהולכה או בהבאה לבד אם יש בסכין כמלא צואר וחוץ לצואר כמלא צואר (עם העור והמפרקת) (מהרי״ו) כשרה ואם לאו פסולה שכל שאין בו כשיעור הזה אי אפשר לשחוט בלא דרסה על ידי הולכה או הבאה לבד ואם הוליך והביא אפילו שחט באיזמל כל שהוא כשרה: הגה ויש מחמירין בבהמה (מרדכי ור״ן בשם ר״ת ואיכא מ״ד ברי״ף ונזכר באגודה וכל בו והג״א מא״ז) והמנהג בגלילות אלו לפסול בבהמה אפילו הוליך והביא אם אין בסכין כמלא צואר וחוץ לצואר משהו (זהו דעת מהרי״ו):

24.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.2

Si[509] l’on a opéré par un seul mouvement du couteau, en avant ou en arrière, l’opération est valide si la longueur du couteau égale deux fois la largeur du cou ; הגהy compris la peau et les muscles cervicaux ; sinon, elle est invalide, car, si le couteau n’a pas une telle longueur, il n’est pas possible de pratiquer l’opération par un seul mouvement, en avant ou en arrière, sans faire une pression. Mais si l’on a fait deux mouvements, l’un en avant et l’autre en arrière, l’opération est valide, alors même qu’elle était pratiquée avec un tout petit rasoir. הגה · RemaD’aucuns[510] se montrent plus sévères sous ce rapport, lorsqu’il s’agit de l’opération d’une bête à cornes. Dans nos régions, il est d’usage de déclarer l’opération d’une bête à cornes invalide, alors même qu’elle était pratiquée par un mouvement en avant et en arrière, si le couteau n’est pas un peu plus long que la largeur du cou[511].

שחט ב’ ראשים כא’ בהולכה או בהבאה בלבד אם יש בסכין כדי שלש צוארין כשרה ואם לאו יש לחוש ולאסור שתיהן (רמב״ן ורשב״א ור״ן ור’ ירוחם):

24.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.3

Si[512] l’on sectionne deux têtes à la fois par un seul mouvement, en avant ou en arrière, l’opération est valide si la longueur du couteau égale trois fois la largeur du cou ; sinon, il faut craindre une pression et, par conséquent, déclarer tous les deux animaux[513] immangeables.

שנים אוחזין בסכין ושוחטין אפילו זה למעלה לצד הראש וזה למטה לצד החזה שאוחזין אותו באלכסון כשרה ולא חיישינן שמא ידרסו זה על זה:

24.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.4

Si[514] deux personnes opèrent avec un seul couteau, alors même que l’une d’elles se tient du côté de la tête de l’animal et l’autre du côté de la poitrine et que la section est faite en biais, l’opération est valide, et l’on ne craint pas que l’une des personnes n’ait fait une pression.

היה שוחט וחתך כל המפרקת כשרה (מרדכי בשם מהר״מ ועיין ס״ק ה’): הגה והמנהג להטריף אפילו לא חתך רק רוב המפרקת (מהרי״ו ואגור ות״ה) ואין לשנות כי יש מרבוותא סוברין כן (דקדק ראבי״ה מפי’ רש״י):

24.5
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.5

Si[515] l’on sectionne pendant l’opération toute la colonne vertébrale, l’opération est valide. הגה · RemaIl[516] est d’usage de la déclarer invalide, alors même qu’on n’a sectionné que la plupart de la colonne vertébrale. Il ne faut pas déroger à cet usage ; car de nombreux[517] commentateurs sont du même avis.

כשאדם שוחט עוף ואוחז בסימנים בשתי אצבעותיו צריך שיאחוז אותם יפה שאם אינו אוחז אותן בטוב פעמים שיהיו נשמטין לכאן ולכאן ולא יכול לשחטן ע״י הולכה ויבא לידי דרסה: הגה וכן לא יניח האצבע על הסכין אלא יחזיק אותו בקתא כדי שלא יבא לידי דרסה (דעת עצמו מקבלת השוחטים ומהרש״ל פ’ השוחט סימן י״ב): ואפילו לא עשה דרסה אלא במשהו מן הוושט פסולה: הגה והמנהג להטריף כל דרסה בין במיעוט קמא בין במיעוט בתרא בין בקנה בין בוושט (שחיטות מהרי״ו):

24.6
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.6

Lorsqu’on[518] opère une volaille et que l’on tient les canaux entre deux doigts, il faut tâcher de les retenir solidement, car sans cela il arrive parfois que les canaux glissent d’un côté ou de l’autre, de manière qu’on ne puisse les sectionner par un seul mouvement du couteau en avant, et il en résulte une pression. הגה · RemaDe[519] même il ne faut pas appuyer le doigt sur la lame du couteau, mais on doit tenir celui-ci par le manche, afin de ne pas faire de pression[520]. L’opération est invalide alors même que la pression n’était faite que durant la section d’une toute petite partie de l’œsophage[521]. הגה · RemaIl[522] est d’usage de déclarer invalide toute opération avec pression, aussi bien lorsque cette dernière a été faite durant la section de la première moitié du canal, que lorsqu’elle a été faite durant la section de la seconde moitié ; aussi bien si elle a été faite sur la trachée que sur l’œsophage.

חלדה כיצד כגון שהכניס הסכין בין סימן לסימן בין ששחט התחתון כהלכתו מלמעלה למטה וחזר והוציאו ושחט העליון בין ששחט העליון ממטה למעלה שלא כהלכתו פסולה:

24.7
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.7

Qu’est-ce qu’une transfixion ? Lorsqu’on[523] introduit le couteau entre un canal et l’autre et, soit qu’on sectionne le canal inférieur d’abord en le coupant d’avant en arrière, conformément à la loi, et qu’on retire ensuite le couteau pour sectionner le canal supérieur, soit qu’on sectionne le canal supérieur d’abord, en le coupant d’arrière en avant, contrairement à la loi, une telle opération est invalide.

החליד את הסכין תחת העור או תחת צמר מסובך בצואר הבהמה או תחת מטלית הקשור בצוארה או שהמטלית מדובק בו בשעוה ושחט שחיטתו פסולה אבל אם המטלית פרוש על צוארה ושחט שחיטתו כשרה ויש מי שפוסל גם בזה ולכתחלה יש לחוש לדבריו: הגה וכן יש ליזהר בכבשים שיש להם צמר מסובך בצואריהם לתלוש הצמר המסובך שלא יבא לידי חלדה (מרדכי פרק השוחט ורוקח):

24.8
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.8

Si[524] l’on introduit le couteau au-dessous de la peau ou de la laine emmêlée du cou de l’animal, ou au-dessous d’un licou en étoffe attaché ou collé avec de la cire autour du cou de l’animal, l’opération est invalide. Mais si le licou est lâche autour du cou, l’opération est valide. Il y a quelqu’un[525] qui la déclare même dans ce cas invalide. De propos délibéré, il convient de tenir compte de cette opinion. הגה · RemaDe[526] même il faut faire attention, quand on opère des moutons qui ont de la laine emmêlée au cou, d’arracher cette laine emmêlée avant l’opération[527], afin de ne pas faire une transfixion.

צריך ליזהר כשאדם שוחט וחס על העור שלא יעשה בו קרע גדול ושוחט בראש הסכין ומתכסה מהעור אמנם אם שוחט באמצע הסכין אין לחוש אם ראשו מתכסה בעור כיון שהסכין במקום ששוחט בו כנגד הסימנים אינו מכוסה ויש מי שמחמיר גם בזה ויש לחוש לדבריו לכתחלה:

24.9
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.9

Lorsqu’on[528] opère avec le bout du couteau pour ménager la peau et la préserver d’une grande entaille, il faut faire attention que le bout du couteau ne soit pas caché sous la peau pendant l’opération. Mais si l’on opère avec le milieu du couteau, il n’y a pas d’inconvénient à ce que le bout en soit caché sous la peau, puisque la partie de la lame avec laquelle on opère, c’est-à-dire celle qui se trouve en face des canaux, n’est point cachée. Il y a quelqu’un[529] qui considère l’opération, même dans ce cas, comme une transfixion. De propos délibéré, il faut tenir compte de son opinion.

אם לאחר ששחט רוב הסימנים החליד הסכין תחת מיעוט הנשאר משניהם או מאחד מהם ופסקו מותר ויש מי שאוסר גם בזה וראוי לחוש לדבריו לכתחלה: הגה והמנהג להטריף כל חלדה בין במיעוט קמא בין במיעוט בתרא בין בקנה בין בוושט (שחיטת מהרי״ו):

24.10
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.10

Si[530], après avoir sectionné la plupart des canaux, on introduit le couteau au-dessous de la partie mineure non sectionnée des deux canaux ou d’un seul et on la coupe, l’opération est valide. Il y a quelqu’un[531] qui la déclare invalide, même dans ce cas. De propos délibéré, il faut tenir compte de son opinion. הגה · RemaIl[532] est d’usage de déclarer invalide toute opération avec transfixion, soit que celle-ci ait été faite durant la section de la première moitié du canal, soit de la seconde ; soit chez la trachée, soit chez l’œsophage.

אם החליד הסכין תחת מיעוט הראשון ושחטו ממטה למעלה ואח״כ גמר השחיטה כדרכה וכן אם שחט רוב סימן אחד בבהמה והחליד הסכין תחת מיעוט הנשאר ושחט סימן השני וכן אם שחט מיעוט הראשון בחלדה וגמר השחיטה שלא בחלדה הרי זו פסולה:

24.11
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.11

Lorsqu’on[533] introduit le couteau au-dessous de la partie mineure supérieure du canal qu’on coupe d’arrière en avant et qu’on achève ensuite l’opération conformément à la loi[534], ou bien lorsqu’après avoir sectionné la plupart d’un seul canal, on introduit ensuite le couteau au-dessous de la partie mineure non sectionnée et on sectionne le deuxième canal, ou enfin lorsqu’on sectionne la partie mineure du premier canal par transfixion et qu’on achève l’opération sans transfixion, l’opération est invalide.

הגרמה כיצד זה השוחט בקנה למעלה במקום שאינו ראוי לשחיטה או שהתחיל לשחוט במקום שחיטה ושחט מעט והטה הסכין חוץ למקום שחיטה למעלה וגמרה שם אבל שחט רוב חלל הקנה במקום שחיטה והטה הסכין חוץ למקום שחיטה למעלה וגמר שם חתיכת כל הקנה כשרה וה״ה אם שחט רוב שנים בבהמה במקום שחיטה והשלים השחיטה בהגרמה או בדרסה כשרה ויש מי שפוסל בדרסה ויש לחוש לדבריו לכתחלה: הגה והמנהג להטריף בין בדרסה בין בהגרמה בין במיעוט קמא בין במיעוט בתרא בין בקנה בין בוושט (ג״כ במהרי״ו):

24.12
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.12

Qu’est-ce qu’une incision déplacée ? C’est[535] lorsqu’on sectionne la trachée au-dessus de la limite propre à l’opération[536], ou bien lorsqu’on a commencé à la sectionner dans l’espace propre à l’opération et qu’on a ensuite fait dévier le couteau hors de cet espace et achevé la section au-dessus de la limite prescrite. Mais l’opération est valide si on a sectionné la plupart de la circonférence[537] de la trachée dans l’espace indiqué et qu’on a ensuite fait dévier le couteau hors de cet espace et sectionné le reste de la trachée au-dessus de la limite prescrite. De même l’opération est valide lorsqu’on a sectionné, entre les limites indiquées, la plupart des deux canaux chez une bête à cornes et qu’on a achevé ensuite l’opération par une incision déplacée ou par une pression. Il y a quelqu’un[538] qui déclare l’opération invalide s’il y avait pression. De propos délibéré, il faut tenir compte de son opinion. הגה · RemaIl[539] est d’usage de déclarer l’opération invalide, soit par suite d’une pression, soit par suite d’une incision déplacée, soit durant la première moitié du canal, soit durant la seconde, soit chez la trachée, soit chez l’œsophage.

הגרים בקנה בתחלת שליש ושחט ב’ שלישים כשרה. שחט שליש והגרים שליש וחזר ושחט שליש האחרון כשרה. הגרים שליש ושחט שליש וחזר והגרים שליש האחרון הרי זו פסולה ואם דרס או החליד בין בשליש ראשון בין בשליש אמצעי הרי זו פסולה:

24.13
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.13

L’opération[540] est valide lorsqu’on sectionne le premier tiers de la trachée par une incision déplacée et les deux derniers tiers par une incision correcte[541] ; l’opération est également valide lorsqu’on sectionne le premier tiers par une incision correcte, le second par une incision déplacée et le troisième encore par une incision correcte. Mais l’opération est invalide lorsqu’on sectionne le premier tiers par une incision déplacée, le second par une incision correcte et le troisième de nouveau par une incision déplacée[542]. Mais une pression ou une transfixion, soit durant la section du premier ou du second tiers, rend l’opération toujours invalide.

כל אלו החלוקים כשהוא ודאי שלא נגע בוושט אלא בקנה לצד מעלה אבל בוושט אפי’ שחט בו כל שהוא חוץ למקום שחיטה בין לצד מעלה בין לצד מטה וכן בקנה לצד מטה קודם גמר הכשר שחיטה אעפ״י שגמר כל השאר במקום שחיטה הרי זו פסולה מפני שנקיבת מקומות הללו במשהו (ד״ע ור’ ירוחם) והמנהג להטריף מכל מקום ואין לשנות (מהרי״ו):

24.14
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.14

Toutes[543] ces distinctions ne trouvent d’application qu’en cas où l’on est certain de ne pas avoir touché l’œsophage et où il ne s’agit que d’une incision faite à la trachée au-dessus de l’espace indiqué ; mais si l’on a fait la moindre incision déplacée à l’œsophage, soit au-dessus, soit au-dessous de l’espace indiqué pour l’opération, ou si l’on a fait, avant de terminer l’opération, une incision déplacée à la trachée au-dessous de l’espace indiqué, alors même qu’on a terminé ensuite l’opération à l’espace indiqué, elle est invalide, parce que la moindre perforation en ces endroits rend la viande de l’animal immangeable[544]. הגה · RemaIl est d’usage de déclarer, à la suite de toute sorte d’incision déplacée, l’opération invalide. Il ne faut pas déroger à cet usage.

עיקור כיצד כגון שנעקר הקנה או הוושט מהלחי ומהבשר ונשמט אחד מהם או שניהם קודם גמר שחיטה אבל אם שחט אחד בעוף או רובו ואח״כ נשמט השני שחיטתו כשרה נשמט אחד מהם ואחר כך שחט את השני שחיטתו פסולה: הגה ואנו נוהגין להטריף כל עיקור בין במיעוט קמא בין במיעוט בתרא בין בקנה בין בוושט (ע״פ מהרי״ו) ודוקא לאחר שנשחט אבל בחייו כשר אלא שאין שחיטה מועלת בו ונ״מ לענין חלבו או ביצים שלו שהם כשרות (בית יוסף מתשובת רשב״א):

24.15
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.15

Qu’est-ce qu’un arrachement ? C’est[545] lorsqu’un des canaux, la trachée ou l’œsophage, a été arraché[546] ou s’est détaché[547], avant l’achèvement de l’opération, de l’os hyoïde et des muscles qui l’entourent. Mais[548] si on a déjà sectionné un canal ou la plupart d’un canal chez la volaille quand l’autre canal se détache, l’opération est valide. Tandis que l’opération est invalide si on a sectionné un canal après que l’autre s’était déjà détaché. הגה · RemaChez nous, il est d’usage de déclarer invalide toute opération avec arrachement, soit durant la section de la première moitié, soit durant celle de la seconde, soit de la trachée soit de l’œsophage. Il[549] n’est question ici que de la viande de l’animal après l’opération ; mais aussi longtemps que l’animal est vivant, l’arrachement des canaux n’a pour l’animal aucun inconvénient, seulement il ne peut jamais plus être opéré. Il en résulte que le lait ou les œufs d’un tel animal sont mangeables.

הא דפסול בעיקור היינו כשנעקר כולו אבל אם נשתייר בו אפילו משהו כשר והוא שאותו שנשאר הוא במקום אחד אבל אם מיעוט הנשאר הוא מדולדל שהוא מעט כאן ומעט כאן פסול שניכר הדבר שנעקר בכח ומה שנשאר מחובר חיבור מדולדל הוא והוה ליה נעקר כולו ופסול. והני מילי כשנעקר רובו. אבל אם לא נעקר אלא מיעוט ורובו קיים אף על פי שרוב זה הנשאר הוא מדולדל מעט כאן ומעט כאן כשר:

24.16
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.16

L’arrachement[550] des canaux ne rend l’opération invalide que lorsque le canal est tout à fait détaché ; mais s’il reste encore attaché, ne fût-ce que par un petit bout de la paroi, l’opération est valide ; à condition toutefois que le bout qui l’attache soit uni et d’une seule pièce ; mais s’il se compose de plusieurs fils disséminés, l’un par ici l’autre par là, l’opération est invalide, parce que l’incohérence des fils qui attache le canal prouve que celui-ci a été violemment arraché, de sorte que le bout qui l’attache encore n’est pas assez solide, et on le considère, par conséquent, comme tout à fait arraché. Il[551] n’en est cependant ainsi que lorsque le canal s’est détaché dans la plupart de sa circonférence ; mais si, au contraire, la plupart de la circonférence reste encore attachée, alors même que cette partie attachée est disséminée, un peu d’ici un peu de là, l’opération est valide.

שחט אחד מהסימנים ונמצא השני שמוט ואין ידוע אם קודם שחיטה נשמט או אחר שחיטה הרי זו פסולה: הגה ואפילו זרק העוף מידו ולא אמרינן דמחמת זריקה או פרכוס נשמט (מהרי״ק שורש ל״ה) מיהו השוחט נאמן לומר שלא היה שמוט בשעת שחיטה (פסקי מהרא״י סי’ ר״ה):

24.17
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.17

Lorsque[552], après avoir opéré un des canaux, on trouve l’autre détaché, sans qu’on le sache s’il s’est détaché avant l’opération ou après, l’opération est invalide. הגה · RemaAlors[553] même qu’on a jeté la volaille par terre après l’opération, il ne faut pas attribuer à cette projection l’arrachement du canal. Mais[554] on peut se fier au praticien-boucher quand il assure que le canal n’était pas détaché pendant l’opération.

נמצא הסימן השחוט שמוט אם כששחט תפס הסימנים בידו או עור בית השחיטה מאחריו ונדחק הסימן תחת העור הרי זו פסולה ואם לאו מותר ע״י בדיקה שיביא בהמה וישחוט הסימן ואחר כך יעקרנו אם דומות שתי השחיטות זו לזו כשרה ואם השניה מאדמת יותר פסולה הראשונה ועכשיו אין אנו בקיאין בבדיקה זו הלכך בכל גוונא אסור:

24.18
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.18

Si[555], après avoir sectionné le canal, on trouve qu’il est détaché, l’opération est invalide si l’on a tenu les canaux dans la main durant l’opération, ou si l’on a tenu en main la peau de derrière le cou de sorte que celle de devant, étant trop serrée, a comprimé le canal[556] ; sinon, l’opération est valide, à condition qu’on procède à l’examen suivant : on apporte un autre animal dont on sectionne le canal qu’on arrache ensuite. Si les sections se ressemblent, l’opération est valide[557]. Mais si les contours de la seconde section sont plus rougeâtres, la première opération est invalide. De[558] nos jours, nous ne sommes plus à même de procéder à un tel examen ; l’opération est donc dans tous les cas invalide.

שחט העוף כדרכו בהכשר ואחר גמר שחיטה מצא טבעת מהגרגרת שלם על הסכין כשר: הגה ויש מטריפין בזה וכן עיקר (שחיטות ישנים בשם מהרא״ק גם ע״פ גיסו מהרר״י כ״ץ שאמר כך הנהיג מהר״ר משה יפה) ואין לשנות:

24.19
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.19

Lorsque[559], après avoir opéré une volaille conformément à la loi, on trouve sur la lame du couteau un cerceau entier de la trachée, l’opération est valide[560]. הגה · RemaD’aucuns[561] déclarent l’opération en pareil cas invalide. Cette[562] opinion est plus juste, contrairement à laquelle il ne faut pas agir.

השוחט תרנגול צריך ליזהר שידחוק רגלו בקרקע או יגביהנו שלא ינעוץ רגלו בקרקע כדי שלא יעקור הסימנים:

24.20
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §24.20

Quand[563] on opère une volaille, il faut faire attention d’en retenir les pattes en les serrant contre la terre[564], ou bien de tenir la volaille en l’air de manière qu’elle ne puisse s’accrocher au sol avec les pattes, afin d’éviter un arrachement des canaux.

Siman 25. De l’examen après l’opération — בְדִיקַת הַסִימָנִים (3 articles)

השוחט צריך שיבדוק בסימנים אחר שחיטה אם נשחטו רובן או שיראה בשעת שחיטה שהם שחוטין רובן ואם לא ראה שרובן שחוטין אסור: הגה ונהגו לבדוק בדרך זה שתוקף אגודל על שיפוי כובע ומתוך הדחק יפלטו הסימנים לחוץ ואז יכול לראות אם נשחטו רובן גם אם עביד שמוטה כי אם לא יכנסו אסימנים לפנים לאחר שהסיר אצבעו הוה שמוטה וטריפה (הגהות בשחיטות) מיהו אין צריך לבדוק אחר שמוטה דסמכינן ארובא כמו בשאר טריפות: ויש מי שאומר שצריך לראות שהם שחוטין במקום שחיטה בלא הגרמה: הגה ויש לבדוק אחר זה קודם שיזרוק העוף מידו (מהרי״ק שורש ל״ה בשם שחיטות אשכנזים) אבל אם לא בדקו תחלה בודק אח״כ ולא חיישינן שמא ע״י הפרכוס נתרחב החתך (סברת מהרי״ק שם):

25.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §25.1

Le[565] praticien-boucher doit examiner les canaux après l’opération et s’assurer que la plupart de leur circonférence a été sectionnée, ou bien il doit regarder pendant l’opération si la plupart de la circonférence des canaux est sectionnée ; s’il ne l’a pas fait, la viande de l’animal opéré est immangeable. הגה · RemaIl est d’usage d’examiner de la manière suivante : on appuie le pouce sur le larynx, pression qui fait saillir les canaux hors de la plaie, et alors on peut voir si la plupart de la circonférence en est sectionnée. On peut, de cette façon, voir également si un canal ne s’était détaché, car si les canaux ne retournent plus à leur position primitive après qu’on cesse de peser avec le doigt sur le larynx, ceci constitue la preuve que les canaux sont arrachés et l’opération est, par conséquent, invalide. On n’a pas besoin cependant d’examiner si les canaux ne sont pas arrachés, car on se base sous ce rapport sur la plupart des animaux, ainsi qu’on le fait[566] pour tous les autres cas qui rendent la viande immangeable. Il y a quelqu’un[567] qui opine qu’il faut aussi regarder si la section était faite entre les limites prescrites[568] et s’il n’y avait pas une incision déplacée[569]. הגה · RemaL’examen[570] doit être fait avant qu’on ne jette la volaille par terre. Mais si on n’a pas examiné avant, on examine après, et on n’a pas à craindre que l’entaille ne se soit élargie[571] par suite de la projection de la volaille.

הבודקים בנוצה לראות אם נשחט הרוב טועים הם:

25.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §25.2

Ceux[572] qui sondent avec une plume pour savoir si la plupart de la circonférence du canal est sectionnée[573], commettent une erreur[574].

נשחטה כראוי ובא זאב ונטל בני מעיה והחזירן כשהם נקובים כשרה ולא חיישינן שמא במקום נקב ניקב: הגה אבל קודם שידעינן שנשחטה כראוי בחזקת איסור עומדת (טור ע״פ הגמרא) וכל ספק שאירע בשחיטה טריפה (מהרי״ו הלכות שחיטה והוא בש״ס דחולין דף י’ וכ״ח ומוסכם מכל הפוסקים בכמה דוכתי):

25.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §25.3

Si[575], après qu’on a opéré un animal conformément à la loi, un loup en emporte l’intestin et le rapporte ensuite perforé, la viande de l’animal opéré est mangeable[576], et il ne faut pas craindre que le loup n’ait enfoncé ses dents dans des trous qui existaient déjà. הגה · RemaMais[577] si cet incident arrive avant que l’on ne sache si l’opération était bien faite, l’animal est encore censé défendu[578] et, par conséquent, chaque doute qui surgit au sujet de l’opération en rend la viande immangeable.

Siman 26. De la perforation de l’œsophage ou de l’intestin avant l’achèvement de l’opération — נִקּוּב הָוְשֶׁט (2 articles)

ניקב הוושט בשעת שחיטה כנגד המקום ששחט כבר טריפה:

26.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §26.1

Si[579] l’œsophage vient d’être perforé pendant l’opération en face de l’endroit où la section est faite, la viande de cet animal est immangeable.

שחט הקנה וניקבה הריאה קודם ששחט הוושט או ששחט הוושט וניקבו בני מעים קודם ששחט הקנה טריפה:

26.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §26.2

Si[580] le poumon vient d’être perforé après que la section de la trachée était faite et avant celle de l’œsophage, ou bien si l’intestin vient d’être perforé après la section de l’œsophage et avant celle de la trachée, la viande de cet animal est immangeable[581].

Siman 27. De ne pas couper un membre pendant que l’animal remue encore — אֵבֶר מִן הַחַי (1 article)

חתך מבהמה לאחר שנשחטה כראוי ועודנה מפרכסת אסור לאכול ממנה עד שתמות הבהמה:

27.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §27.1

Lorsqu’on[582] coupe un morceau d’un animal opéré conformément à la loi mais qui remue encore, il est défendu[583] de manger ce morceau avant que la mort de l’animal ne soit survenue[584].

Siman 28. De couvrir le sang des animaux — כִסוּי הַדָם (24 articles)

השוחט חיה או עוף צריך לכסות דמו בין צדן עתה בין שהיו מזומנים בידו: הגה והכיסוי היא מצוה בפני עצמה (כך משמע באשיר״י פרק כיסוי הדם) אבל השחיטה כשרה אף אם הזיד ולא כיסה (ב״י וכ״כ א״ח וכ״ה בכל בו):

28.1
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.1

Celui[585] qui opère un animal sauvage ou une volaille doit en couvrir le sang, sans distinction s’il vient de prendre l’animal sauvage à une chasse récente[586] ou s’il l’a déjà depuis longtemps en possession. הגה · RemaLa[587] loi de couvrir le sang est indépendante de celle de l’abatage. Aussi l’opération est-elle valide alors même qu’on a intentionnellement omis de couvrir le sang[588].

חייב לברך קודם שיכסה אשר קדשנו במצותיו וצונו על כיסוי דם בעפר: הגה מי ששחט פעם הראשון מברך שהחיינו על הכיסוי אבל לא על השחיטה דמזיק לבריה (במנהגים ישנים בשם ר’ ידידיה משפירא):

28.2
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.2

Avant[589] de couvrir, il faut prononcer cette formule d’action de grâces : « Toi[590] qui nous as sanctifiés par tes préceptes et nous as commandé de couvrir le sang avec de la terre ». הגה · RemaCelui[591] qui opère pour la première fois doit prononcer, en outre, avant de couvrir le sang, la formule de nouveauté[592], mais il ne faut pas la prononcer avant l’opération de l’abatage, parce que c’est un acte dont souffre un être vivant[593].

כוי שהוא ספק חיה וכלאים הבא מבהמה וחיה צריך לכסות דמן ואינו מברך ואין שוחטין אותם בי״ט ואם שחטן אינו מכסה דמן ובלילה אם רישומו ניכר יכסנו:

28.3
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.3

Lorsqu’on[594] opère un mouflon, animal dont on ignore la classification, c’est-à-dire s’il faut le classer parmi les animaux domestiques ou parmi les animaux sauvages[595], ou lorsqu’on opère un animal de sang mêlé, produit par le croisement d’un animal domestique et d’un animal sauvage, il faut en couvrir le sang, sans prononcer la formule prescrite. Il[596] ne faut pas saigner ces espèces d’animaux en un jour férié[597] et, si on les a saignés, il ne faut pas en couvrir le sang pendant le jour férié, mais[598] on le couvre le soir s’il en reste encore la trace.

הבו״פלו נהגו שלא לכסות דמו: הגה ויש מסתפקים בבו״פלו שהוא שור הבר שמא חיה הוא (הגאונים והערוך) על כן טוב לכסותו בלא ברכה או לשחוט עוף ג״כ ואז יוכל לברך על הכיסוי משום העוף (בהגהות מהרי״ו):

28.4
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.4

Il[599] est d’usage de ne pas couvrir le sang d’un buffle. הגה · RemaD’aucuns[600] appréhendent que le buffle qui est un bœuf sauvage, n’appartienne à la classe des animaux sauvages[601]. C’est pourquoi on fera bien d’en couvrir le sang, sans prononcer la formule, ou encore de saigner en même temps une volaille, ce qui permettra de prononcer la formule, à cause du sang de la volaille.

צריך שיהיה למטה עפר תיחוח וצריך להזמינו בפה ויש אומרים שאינו צריך:

28.5
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.5

Il[602] faut également répandre de la terre pulvérisée au-dessous du sang, laquelle terre il faut expressément et verbalement[603] destiner à cet effet. D’aucuns[604] opinent que cette destination expresse de la terre n’est pas nécessaire.

מכסה בידו או בסכין או בכלי אחר אבל לא ברגלו כדי שלא יהיו מצות בזויות עליו:

28.6
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.6

Pour[605] couvrir le sang avec de la terre on se sert de la main, du couteau[606] ou de tout autre objet, mais non pas du pied, afin de ne pas accomplir un devoir religieux d’une manière irrévérencieuse.

שחט ולא היה עפר למטה צריך לגרור הדם וליתנו בעפר תיחוח ולכסות עפר תיחוח עליו:

28.7
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.7

Si[607] on a opéré sans avoir préalablement répandu de la terre pulvérisée, il faut ramasser le sang en grattant le sol sur lequel il est tombé, le verser après sur de la terre pulvérisée et le couvrir ensuite également avec de la terre pulvérisée.

מי ששחט הוא יכסה ואם לא כיסה וראהו אחר חייב לכסות:

28.8
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.8

Celui[608] qui opère est tenu de couvrir le sang. S’il ne l’a pas fait, la personne qui l’a vu opérer est obligée de couvrir le sang[609].

שחט מאה חיות או מאה עופות או ששחט חיה ועוף במקום אחד כיסוי אחד לכולם:

28.9
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.9

Lorsqu’on[610] opère cent pièces d’animaux sauvages ou cent pièces de volailles, ou bien lorsqu’on opère un animal sauvage et une volaille à un même endroit, on couvre le sang de toutes les pièces opérées à la fois.

השוחט ונבלע הדם בקרקע אם רישומו ניכר חייב לכסות:

28.10
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.10

Lorsque[611], après l’opération, le sang vient de s’infiltrer dans la terre, on est obligé de le couvrir s’il en reste encore la trace.

כיסהו הרוח פטור מלכסות ואם חזר ונתגלה חייב לכסות אבל אם הוא עצמו כיסהו ונתגלה אינו חייב לכסותו פעם אחרת:

28.11
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.11

Si[612] le vent couvre le sang, on n’a plus besoin de le couvrir[613] ; si, après l’avoir couvert, le vent même le découvre, on est obligé de le couvrir. Mais si c’est un homme qui l’a couvert, on n’est pas obligé de le couvrir de nouveau lorsque le vent le découvre ensuite.

דם שנפל לתוך המים או מים שנפלו לתוך הדם אם יש בו מראה דם חייב לכסות ואם לאו פטור:

28.12
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.12

Si[614] le sang vient de se mêler dans de l’eau, ou si de l’eau vient de se mêler dans le sang, on est obligé de couvrir ce mélange s’il a conservé la couleur du sang ; sinon, non.

נתערב הדם ביין אדום או בדם בהמה רואים היין ודם בהמה כאלו הוא מים ואילו נתערב במים כשיעור הזה היה בו מראית דם חייב לכסות:

28.13
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.13

Si[615] le sang vient de se mêler dans du vin rouge ou dans du sang d’un animal domestique, on est obligé de le couvrir lorsque le vin rouge ou le sang de l’animal domestique est en si faible quantité que, si elle eût été de l’eau, le mélange aurait conservé la couleur de sang.

שחט עוף או חיה ושחט עליו בהמה פטור מלכסות אבל אם שחט בהמה ושחט עליה חיה או עוף חייב לכסות: הגה שחט עוף או חיה ואח״כ שחט עוד אחרת ונתנבלה בידו אם יודע שדם האחרון כסה דם הראשון פטור מלכסות אבל מסתמא חייב לכסות (בהגהות מיימוני פי״ד פסק סתם שחייב לכסות והוא מחלק אם יודע כו’ דלא תקשי אהדדי הגה זו והאי דשחט עליו בהמה דפטור):

28.14
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.14

Si[616], après avoir saigné une volaille ou un animal sauvage, on saigne un animal domestique dont le sang coule sur celui provenant des premiers animaux, on n’a pas besoin de le couvrir ; mais si ces animaux sont saignés dans un ordre inverse, on est obligé d’en couvrir le sang. הגה · RemaSi[617], après avoir saigné une volaille ou un animal sauvage, on en saigne un autre qui devient nebēlà[618], on n’a pas besoin de couvrir le sang si l’on est certain que le sang de l’animal opéré le dernier et devenu nebēlà est tombé sur celui des animaux opérés avant ; sinon, on est obligé de couvrir[619].

דם הניתז ושעל הסכין אם אין שם דם אלא הוא חייב לכסות וגורר אותו ומכסהו כדי שיתן עפר גם למטה אבל אם יש שם דם אחר אין צריך לכסותו שאין צריך לכסות כל הדם לפיכך אין צריך (להמתין) לכסות עד שיצא כל הדם: הגה מיהו ימתין עד שמתחיל לירד טיפין כדי שיכסה מקצת דם הנפש (מהרי״ל בשם מהרא״ק ושחיטות ישנים בשם מהר״ש):

28.15
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.15

Les[620] éclaboussures du sang ainsi que le sang qui reste sur le couteau doivent être couverts s’il n’y a pas d’autre sang ; et, dans ce cas, on est obligé de ramasser le sang, en le grattant, avant de le couvrir, afin que l’on puisse répandre également de la terre dessous. Mais s’il y a d’autre sang, on n’a pas besoin de couvrir, car on n’est pas obligé de couvrir tout le sang qui s’écoule. C’est pour cette raison qu’on n’a pas besoin d’attendre pour couvrir que tout le sang se soit écoulé. הגה · RemaMais[621] il faut attendre pour le couvrir que le sang commence à tomber par petites gouttes, afin que l’on puisse couvrir un peu de sang vital[622].

השוחט לחולה בשבת לא יכסה אפי’ אם יש לו דקר נעוץ ובלילה אם רישומו ניכר יכסנו. ויש מי שאומר שאם היה לו אפר מוכן לכסות בו צואה יש לכסות בו הדם אפילו בשבת:

28.16
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.16

Lorsqu’on[623] saigne un animal en un jour de Sabbath pour un malade, il ne faut pas couvrir le sang le jour même du Sabbath, alors même[624] que l’on a sous la main de la terre remuée avec une bêche ; mais on le couvre le soir s’il en reste encore la trace. Il y a quelqu’un[625] qui est d’avis que, si l’on a sous la main de la terre destinée à couvrir les ordures, il faut s’en servir pour couvrir le sang, même en un jour de Sabbath.

השוחט ונתנבלה בידו או ששחט ונמצאת טריפה פטור מלכסות וכן חרש שוטה וקטן ששחטו ואין אחרים רואים אותם חזקת שחיטתן מקולקלת ופטורה מכיסוי:

28.17
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.17

Lorsqu’on[626] opère un animal qui devient nebēlà, ou lorsque l’animal opéré vient d’être reconnu immangeable, on n’a pas besoin d’en couvrir le sang. De[627] même lorsqu’un sourd, un insensé ou un enfant ont opéré sans l’assistance d’autres personnes, l’opération de ces individus étant censée mal faite[628], on n’a pas besoin de couvrir le sang.

השוחט אע״פ שאינו צריך אלא לדם חייב לכסות כיצד יעשה נוחר או מעקר כדי שיפטר מכיסוי:

28.18
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.18

Alors[629] même que l’on ne saigne l’animal que parce qu’on en a besoin du sang, on est obligé de le couvrir. Comment faire[630] donc ? On tue, dans ce cas, l’animal en le transperçant ou en en arrachant les canaux, afin que l’on n’ait pas besoin d’en couvrir le sang.

צריך לבדוק הסימנים והסכין קודם הכיסוי כדי שלא יבא לידי ברכה לבטלה:

28.19
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.19

Il[631] faut examiner les canaux ainsi que le couteau avant de couvrir le sang, afin que l’on ne prononce pas inutilement la formule d’action de grâces qui précède cet acte[632].

השוחט חיה לא יכסה עד שיבדוק הריאה ואם נמצאת ספק טריפה מכסה בלא ברכה והוא הדין לכל פיסול שהוא מחמת ספק כגון ההיא דחיישינן שמא בעור נפגמה וכן כל כיוצא בזה: הגה אבל דבר שמדינא הוא כשר רק שמחמירים בו כגון אם חתך כל המפרקת וכיוצא בו חייבים לכסות (ת״ה סימן קפ״ד):

28.20
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.20

Lorsqu’on[633] opère un animal sauvage, il ne faut pas en couvrir le sang avant qu’on n’en ait examiné le poumon[634]. Si l’on doute si l’animal est mangeable, il faut en couvrir le sang sans prononcer préalablement la formule prescrite. Il en est de même dans tous les cas où l’animal devient immangeable à la suite d’un doute, par exemple lorsqu’on appréhende que le couteau ne se soit ébréché en sectionnant la peau du cou, ainsi que dans d’autres cas analogues. הגה · RemaOn[635] est cependant obligé de couvrir dans le cas où l’animal est mangeable d’après la loi, mais qu’on n’en mange pas quand même par pur scrupule, par exemple lorsqu’on en a sectionné entièrement la colonne vertébrale[636], ainsi que dans d’autres cas semblables.

מי שאין לו עפר לכסות לא ישחוט: הגה אלא ימתין עד שיהיה לו עפר (טור) ואם הוא הולך במדבר או בספינה ולא שוה העוף כהפסד הבגד שישרוף לאפר או הזהב שישחוק תקינו ליה רבנן לשחוט ולמצה הדם בבגד או בסנדל ומברך וכשיגיע למקום עפר יכבס הבגד או הסנדל שיצא הדם ומכסהו בלא ברכה (מרדכי בשם הגאונים) והכי נהוג (א״ז וראב״ן):

28.21
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.21

Quand[637] on n’a pas de terre sous la main pour couvrir le sang il ne faut pas opérer. הגה · RemaMais il faut attendre jusqu’à ce qu’on ait de la terre. Dans le cas où l’on se[638] trouve dans le désert ou sur un navire et que la volaille que l’on veut saigner ne vaut pas autant que le vêtement qu’il faudrait brûler pour s’en servir de la cendre afin de couvrir le sang, ou que l’or qu’il faudrait pulvériser afin de s’en servir de la poudre[639], on recourt à ce moyen inventé par les rabbins pour se tirer d’embarras. On saigne la volaille sur un vêtement pour que celui-ci en absorbe le sang, ou sur un sandal, et l’on prononce la formule prescrite, et ensuite, quand on arrive à un endroit où l’on trouve de la terre, on lave le vêtement ou le sandal afin d’en faire ressortir le sang qu’on couvre après sans prononcer la formule. Ainsi est l’usage.

השוחט חיה ועוף ולא יצא מהם דם מותרין:

28.22
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.22

Lorsqu’on[640] opère un animal sauvage ou une volaille sans que le sang s’écoule, ils sont quand même mangeables.

כל הדברים שהזרעים הנזרעים בהם מצמיחים הם בכלל עפר ומכסים בהם ואם אינם מצמיחים אם נקראו עפר מכסין בהם לפיכך מכסין בזבל ובחול הדק מאד עד שאין היוצר צריך לכתשו כלל ובסיד ובחרסית ולבינה ומגופה של חרס שכתשן ובשחיקת אבנים ובשחיקת חרסים ובנעורת של פשתן דקה ובנסורת חרשים ובאוכלים או בגדים שרופים עד שנעשו עפר ובשיחור ובכחול ובנקרות הפסולים אבל אין מכסין בזבל גם ולא בחול שהיוצר צריך לכתשו ולא בקמח וסובין ומורסן ולא בשחיקת מתכת אם אינם שרופין חוץ מבזהב שחוק שנקרא עפר דכתיב ועפרות זהב לו ואפר נקרא עפר דכתיב ולקחו לטמא מעפר שרפת החטאת (רמב״ם סוף ה״ש מפכ״ה דף פ״ח ע״ב):

28.23
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.23

Tous[641] les corps susceptibles de faire prendre racine à une semence épandue sur eux sont considérés comme terre et peuvent servir à couvrir le sang ; sinon, ils ne peuvent servir à l’acte précité que s’ils portent la dénomination de terre. C’est[642] pourquoi on peut se servir de fumier, de sable quand il est assez fin pour que le verrier n’ait plus besoin de le pulvériser, de la chaux, des tuiles, des briques ou des pots pulvérisés, de la poudre de pierres ou de tessons, de duvet de lin très fin, de la sciure de bois, des denrées comestibles ou des vêtements brûlés et réduits en cendre, de la suie, de la poudre de sarrette et enfin de la poudre formée par le frottement de la meule du moulin. Mais il ne faut pas se servir de gros fumier, de gros sable qu’un verrier aurait besoin de pulvériser s’il voulait s’en servir, de la farine, de son, de la bale, ni de la poudre de corps minéraux, à moins que ceux-ci n’aient été brûlés et réduits en cendre ; excepté toutefois l’or dont la poudre est dénommée terre, car l’Écriture dit[643] : « Et ses terres sont de l’or ». La cendre est également appelée terre[644], car l’Écriture dit[645] : « Ils prendront de la terre de la vache brûlée pour le péché. »

אין מכסין בעפר המדבר מפני שהיא ארץ מליחה ואינה מצמחת: הגה ולכן אין מכסין בעפר לחה ממים כגון מתונתא (טור וסמ״ק וסמ״ג) ואין לכסות בשלג (ב״י וא״ז בשם גאון דלא כמרדכי בשם גאון):

28.24
Yoré Déah — Pavly & Neviasky — §28.24

Il[646] ne faut pas couvrir le sang avec de la terre de désert, parce qu’elle est salée et stérile. הגה · RemaC’est[647] pour la même raison qu’il ne faut pas couvrir avec de la terre trempée dans de l’eau, telle que la terre au fond des marais. Il ne faut pas couvrir avec de la neige.

Sources — Texte hébreu : Ashlei Ravrevei : Choulhan Aroukh Yoré Déah, Lemberg, 1888, numérisé par la Bibliothèque nationale d’Israël, via Sefaria [domaine public] · Traduction française : Rituel du judaïsme, traduit pour la première fois sur l’original chaldéo-rabbinique et accompagné de notes et remarques de tous les commentateurs, par Jean de Pavly avec le concours de M. A. Neviasky. Premier traité : De l’abatage des animaux. Orléans, 1898 [archive.org, domaine public] · Police hébraïque : Ezra SIL (SIL, OFL)

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