שולחן ערוך — יורה דעה

Shoul’han aroukh — Yoré Déa

Trad. de R. Benjamin Mossé (1864-1865)

Lois sur les malades, les médecins, les mourants et les agonisants — הלכות ביקור חולים ורפואה ונוטה למות וגוסס

Siman 335. Visiter un malade et prière — בִּקּוּר חוֹלִים (10 articles)

מצוה לבקר חולים הקרובים והחברים נכנסים מיד והרחוקים אחר ג’ ימים ואם קפץ עליו החולי אלו ואלו נכנסים מיד. (טור בקיצור מס’ ת״ה להרמב״ן):

335.1
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §335.1

C’est un devoir de faire visite au malade R.B.M.soit pour lui faire connaître un remède pour son mal ou lui désigner des médecins capables de le guérir, soit pour l’assister, s’il est dans la privation, soit enfin pour prier pour lui. Les parents et les amis entrent auprès de lui, dès le début de sa maladie, et les étrangers seulement au bout de trois jours. Si toutefois son mal s’aggrave soudain, les uns et les autres doivent lui faire visite immédiatement.

אפי’ הגדול ילך לבקר הקטן ואפילו כמה פעמים ביום ואפילו בן גילו וכל המוסיף ה״ז משובח ובלבד שלא יטריח לו: הגה י״א דשונא יכול לילך לבקר חולה (מהרי״ל קצ״ז) ולא נראה לי אלא לא יבקר חולה ולא ינחם אבל שהוא שונאו שלא יחשב ששמח לאידו ואינו לו אלא צער. כן נראה לי (ש״ס פ’ כ״ג):

335.2
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §335.2

Le grand doit faire visite au petit, même plusieurs fois par jour et quand même il soit du même âge. Plus on fait de visites au malade, plus on est méritant, pourvu toutefois qu’on ne le fatigue point. הגה · Rema On doit même aller visiter son propre ennemi malade ou en deuil, pour le guérir ou le consoler : visite qui devient le sujet d’une réconciliation. On peut toutefois s’en abstenir, si l’on présume que le malade ou l’affligé, ne la prenne en mauvaise part et n’en éprouve une fâcheuse impression. R.B.M.Dans ce cas, il est sage de lui faire demander s’il consent à vous recevoir.

המבקר את החולה לא ישב ע״ג מטה ולא ע״ג כסא ולא ע״ג ספסל אלא מתעטף ויושב לפניו שהשכינה למעלה מראשותיו: הגה ודוקא כשהחולה שוכב על הארץ דהיושב גבוה ממנו אבל כששוכב על המטה מותר לישב על כסא וספסל (ב״י בשם הר״ן והגהות מיימוני ותוס’ והג״א) וכן נוהגין:

335.3
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §335.3

En allant voir un malade il faut s’asseoir près de lui avec recueillement, car la présence divine plane sur sa tête.

[הגה — Glose du Rema présente dans le texte hébreu, non traduite par B. Mossé]

אין מבקרין החולה בג’ שעות ראשונות של יום מפני שכל חולה מיקל עליו חליו בבקר ולא יחוש לבקש עליו רחמים ולא בג’ שעות אחרונות של יום שאז מכביד עליו חליו ויתייאש מלבקש עליו רחמים (וכל שביקר ולא ביקש עליו רחמים לא קיים המצוה) (ב״י בשם הרמב״ן):

335.4
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §335.4

Il ne faut pas lui faire visite, pendant les trois premières heures du jour, ni pendant les trois dernières ; car le matin, sa souffrance lui étant toujours plus légère on est moins porté à la compassion pour lui, et le soir, au contraire, sa souffrance lui étant plus pénible, on désespère d’obtenir pour lui miséricorde. R.B.M.Visiter un malade, sans implorer sa guérison, c’est ne pas faire son devoir.

כשמבקש עליו רחמים אם מבקש לפניו יכול לבקש בכל לשון שירצה ואם מבקש שלא בפניו לא יבקש אלא בלשון הקדש:

335.5
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §335.5

Si l’on implore sa guérison, auprès de lui, on peut le faire en toute langue ; si c’est après l’avoir quitté, il faut que ce soit en langue hébraïque.

Commentaire R.B.M. — §335.5

Ce précepte ressort de la croyance que voici, établie par le docteur Méïr, (traité Schabbat, f. xii, c. 1, et Sota, f. xxxiii, c. 1.) : « La présence de Dieu planant sur le malade il n’est pas besoin que les anges, messagers divins, se chargent de la prière que l’on prononce pour sa guérison, auprès de son chevet ; tandis que si l’on prie pour lui après l’avoir quitté, il est nécessaire que les anges s’en chargent pour l’élever eux-mêmes à Dieu ; or ils ne peuvent la saisir que si elle est faite dans le langage sacré. »

יכלול אותו בתוך חולי ישראל שיאמר המקום ירחם עליך בתוך חולי ישראל ובשבת אומר שבת היא מלזעוק ורפואה קרובה לבא:

335.6
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §335.6

La prière que l’on fait pour un malade doit être comprise dans une prière collective pour tous les malades d’Israël ; il faut lui dire : « Que Dieu ait pitié de toi, comme de tous ceux qui souffrent en Israël.» R.B.M.Le mérite de tous ceux qui souffrent, dit Raschi, pourra lui être ainsi compté pour sa guérison. Si c’est un samedi : jour de repos, que l’on fait visite au malade, il faut lui dire : « Puissent tes gémissements prendre du repos, puisse ta guérison venir prochainement ! »

אומרים לו שיתן דעתו על ענייניו אם הלוה או הפקיד אצל אחרים או אחרים הלוו או הפקידו אצלו ואל יפחד מפני זה מהמות:

335.7
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §335.7

[Article non traduit par B. Mossé dans cette édition]

אין מבקרין לא לחולי מעים ולא לחולי העין ולא לחולי הראש וכן לכל חולי דתקיף ליה עלמא וקשה ליה דיבורא אין מבקרין אותו בפניו אלא נכנסין בבית החיצון ושואלים ודורשין בו אם צריכין לכבד ולרבץ לפניו וכיוצא בו ושומעין צערו ומבקשים עליו רחמים:

335.8
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §335.8

On ne doit pas faire visite à celui qui souffre des intestins, des yeux ou de la tête, ni à celui que la présence du monde ou que la causerie fatigue ; dans ce cas, on se borne à entrer dans sa maison, pour s’informer de ses nouvelles, pour faire ses offres de service, et pour implorer sa guérison, aux cris de ses souffrances.

מבקרין חולי עובדי כוכבים מפני דרכי שלום:

335.9
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §335.9

On doit les mêmes égards indistinctement aux malades de tous les cultes, pour l’entretien des liens qui doivent unir tous les hommes.

בחולי מעים אין האיש משמש את האשה אבל האשה משמשת את האיש: הגה י״א שמי שיש לו חולה בביתו ילך אצל חכם שבעיר שיבקש עליו רחמים (נ״י פ’ י״נ) וכן נהגו לברך חולים בב״ה לקרא להם שם חדש כי שינוי השם קורע גזר דינו ניחום אבלים קודם לבקור חולים (כל בו) :

335.10
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §335.10

Pour certaines maladies, l’homme ne doit point servir la femme par décence, comme par exemple, pour les maladies d’intestins ; mais dans ce cas même, la femme peut servir l’homme. הגה · Rema Quiconque a un malade dans sa famille, doit aller trouver le rabbin ou l’homme le plus pieux de l’endroit, afin qu’il prie pour sa guérison. Il est d’usage de bénir les malades dans les temples, de leur donner un nom nouveau : le changement de nom pouvant produire, d’après cette croyance, un changement de destinée, en écartant une sentence fatale. R.B.M.cette prière peut se faire le samedi. La consolation que l’on doit aux affligés, passe avant la visite que l’on doit aux malades R.B.M.la raison en est que l’une est un acte de bienfaisance et envers les morts et envers les vivants, tandis que l’autre, ne l’est seulement qu’envers les vivants.

Siman 336. Les lois concernant le médecin — דִּין הָרוֹפֵא (3 articles)

נתנה התורה רשות לרופא לרפאות ומצוה היא ובכלל פיקוח נפש הוא ואם מונע עצמו הרי זה שופך דמים ואפי’ יש לו מי שירפאנו שלא מן הכל אדם זוכה להתרפאות ומיהו לא יתעסק ברפואה אא״כ הוא בקי ולא יהא שם גדול ממנו שאם לא כן הרי זה שופך דמים ואם ריפא שלא ברשות בית דין חייב בתשלומין אפי’ אם הוא בקי ואם ריפא ברשות ב״ד וטעה והזיק פטור מדיני אדם וחייב בדיני שמים ואם המית ונודע לו ששגג גולה על ידו:

336.1
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §336.1

La loi autorise le médecin à appliquer des remèdes aux malades ; c’est même pour lui un devoir, qui entre dans la catégorie de ceux que l’on a à remplir envers les personnes en danger de mourir. De sorte que s’il refuse lui-même de soigner un malade, il commet moralement un homicide, quand même le malade ait un autre médecin auprès de lui, car tout médecin n’a pas la même habileté et ne réussit pas également à guérir. Chaque matin avant d’aller faire ses visites, le médecin doit faire une prière spéciale, par laquelle il demande à Dieu, de l’éclairer et de le garder de toute fatale erreur. Personne ne doit faire fonction de médecin à moins d’être apte à remplir ces fonctions ; d’être le meilleur médecin de l’endroit : sans ces deux conditions, on est moralement homicide. Un médecin qui remplit ses fonctions, sans y être autorisé par le tribunal compétent, est passible d’une amende, bien qu’il soit apte à les remplir. Si malgré l’autorisation du tribunal il se trompe dans ses cures, il n’est point répréhensible aux yeux de la loi humaine, mais il l’est à ceux de la loi divine. S’il donne la mort, ou qu’il soit convaincu lui-même que c’est par sa faute, il doit s’expatrier spontanément.

הרופא אסור ליטול שכר החכמה והלימוד אבל שכר הטורח והבטלה מותר:

336.2
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §336.2

Le médecin ne doit pas accepter le salaire de sa science ni de ses études, il ne lui est permis que d’accepter le dédommagement de sa peine et de son temps perdu.

מי שיש לו סמנים וחבירו חולה וצריך להם אסור לו להעלות בדמיהם יותר מן הראוי ולא עוד אלא אפילו פסקו לו בדמיהם הרבה מפני צורך השעה שלא מצאו סמנין אלא בידו אין לו אלא דמיהם אבל אם התנה בשכר הרופא הרבה חייב ליתן לו שחכמתו מכר לו ואין לו דמים: הגה ואע״פ שיש מצוה עליו לרפאותו שכל מצות עשה דרמיא אכולי עלמא אם נזדמנה לא’ ולא רצה לקיימה אלא בממון אין מוציאין הממון מידו ולא מפקיעין מידו חיוב שלהן (טור):

336.3
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §336.3

Quiconque a chez lui des remèdes qui sont nécessaires à un malade, doit les lui donner sans en exagérer la valeur, et quand même, le besoin pressant de ses remèdes pousserait son prochain qui n’en trouve pas ailleurs à les lui payer outre-mesure, il ne doit en accepter que le juste prix.

[הגה — Glose du Rema présente dans le texte hébreu, non traduite par B. Mossé]

Commentaire R.B.M. — §336.3

Dès que la vie du malade est en danger l’on ne doit pas hésiter à se servir pour remèdes, des objets prohibés par la loi. Et si l’on se sert de ces objets autrement que pour leur usage habituel, on ne doit pas non plus hésiter à les employer pour remèdes même quand le malade est sans danger.

Siman 337. Un malade à qui il est arrivé un décès dans sa famille — חוֹלֶה שֶׁמֵּת לוֹ מֵת (1 article)

חולה שמת לו מת אין מודיעין אותו שמא תטרף דעתו עליו ואין קורעין חלוקו ואין בוכין ואין מספידין בפניו שלא ישבר לבו ומשתיקין את המנחמין מפניו:

337.1
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §337.1

Un malade, dont un parent vient à mourir, on ne doit point le lui faire savoir de peur que son esprit n’en soit dangereusement frappé ; on ne doit pas, non plus, le soumettre à la déchirure du vêtement, d’usage pour le deuil ; on ne doit ni pleurer, ni regretter le mort en sa présence, de crainte qu’il n’en soit trop vivement impressionné ; on doit enfin devant lui imposer silence aux consolateurs.

Commentaire R.B.M. — §337.1

On ne doit pas même l’informer de la mort de son père ou de sa mère, fût-il capable de dire pour eux le Kadisch : sanctification que les fils disent pour le repos de l’âme des auteurs de leurs jours. Si pendant la maladie il apprend la mort d’un de ses proches, il n’est pas tenu à sa guérison de s’acquitter des actes de privation que le deuil impose puisqu’il y a été déjà soumis en partie, par le fait de sa maladie. Mais il doit s’en acquitter, s’il n’apprend cette mort que lorsqu’il est déjà guéri.

Siman 338. La confession du malade — וִדּוּי שְׁכִיב מְרַע (2 articles)

נטה למות אומרים לו התודה ואומרים לו הרבה התודו ולא מתו והרבה שלא התודו ומתו ובשכר שאתה מתודה אתה חי וכל המתודה יש לו חלק לעולם הבא ואם אינו יכול להתודות בפיו יתודה בלבו (ואם אינו יודע להתודות אומרים לו אמור מיתתי תהא כפרה על כל עונותי) (טור) וכל אלו הדברים אין אומרין לו בפני ע״ה ולא בפני נשים ולא בפני קטנים שמא יבכו וישברו לבו:

338.1
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §338.1

Dès que le malade est en danger de mourir, on doit l’exhorter à faire sa confession à Dieu, et le rassurer contre cet acte, en lui rappelant qu’un grand nombre ont fait leur confession sans en mourir et qu’un grand nombre au contraire sont morts sans l’avoir faite, de plus que la confession peut lui valoir de rester encore en vie ici-bas et dans tous les cas, lui assure sa part heureuse au monde futur. S’il ne peut se confesser de vive-voix, il doit le faire en son cœur. (S’il ne sait pas se confesser, on lui fait dire ces seules paroles : « puisse ma mort me servir à expier mes fautes ! », Tur) Ces exhortations à la confession, ne doivent pas lui être faites, en présence de gens ignorants, des femmes, ou des enfants, car leurs pleurs pourraient le décourager.

סדר וידוי שכיב מרע מודה אני לפניך ה’ אלהי ואלהי אבותי שרפואתי ומיתתי בידך יהי רצון מלפניך שתרפאני רפואה שלימה ואם אמות תהא מיתתי כפרה על כל חטאים ועונות ופשעים שחטאתי ושעויתי ושפשעתי לפניך ותן חלקי בגן עדן וזכני לעוה״ב הצפון לצדיקים. (ואם רוצה להאריך כוידוי יו״כ הרשות בידו) (כל בו):

338.2
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §338.2

La confession, R.B.M.telle que nous l’a transmise l’école des Hassidim : hommes pieux, est la suivante : « Je te rends hommage, ô Éternel mon Dieu et Dieu de mes pères, toi qui tiens en ta main ma guérison et ma mort ! « Daigne m’accorder une guérison complète et si je meurs, puisse ma mort me servir à expier les crimes, les fautes, les péchés que j’ai commis devant toi ! Daigne me donner une place au jardin des délices : Gan-Eden, une part heureuse au monde futur que tu réserves aux âmes justes ! » (Le malade peut, s’il en a la force, prolonger sa confession comme celle du jour d’expiation : jour de Kippour, Kol Bo).

Commentaire R.B.M. — §338.2

L’exhortation que l’on fait au malade de se confesser, est tellement méritoire, qu’une légende rapportée dans le livre de la vie, assure qu’au sanctuaire céleste, une belle récompense sera donnée, à ceux qui engagent le malade à faire son examen de conscience et sa confession.

Siman 339. Les lois concernant l’agonisant — דִּינֵי הַגּוֹסֵס (5 articles)

דיני הגוסס (ואמירת צידוק הדין) ומה הם הסימנים היפים [מהסימנים נשמטו בשו״ע ונמצאו בטור יו״ד ע״ש]. ובו ה’ סעיפים:
הגוסס הרי הוא כחי לכל דבריו אין קושרין לחייו ואין סכין אותו ואין מדיחין אותו ואין פוקקין את נקביו ואין שומטין הכר מתחתיו ואין נותנין אותו על גבי חול ולא על גבי חרסית ולא על גבי אדמה ואין נותנין על כריסו לא קערה ולא מגריפה ולא צלוחית של מים ולא גרגיר של מלח ואין משמיעין עליו עיירות ואין שוכרין חלילין ומקוננות ואין מעמצין עיניו עד שתצא נפשו וכל המעמץ עם יציאת הנפש ה״ז שופך דמים ואין קורעין ולא חולצין ולא מספידין עליו ולא מכניסין עמו ארון לבית עד שימות ואין פותחין עליו בצדוק הדין עד שתצא נפשו: הגה וי״א דאין חוצבין לו קבר אע״פ שאינו עמו בבית עד אחר שימות (ריב״ש סי’ קי״ד) ואסור לחצוב שום קבר להיות פתוח עד למחר שלא יקברו בו המת באותו היום ויש סכנה בדבר (רבינו ירוחם בשם ר״י החסיד ז״ל) וכן אסור לגרום למת שימות מהרה כגון מי שהוא גוסס זמן ארוך ולא יוכל להפרד אסור להשמט הכר והכסת מתחתיו מכח שאומרים שיש נוצות מקצת עופות שגורמים זה וכן לא יזיזנו ממקומו וכן אסור לשום מפתחות ב״ה תחת ראשו כדי שיפרד אבל אם יש שם דבר שגורם עכוב יציאת הנפש כגון שיש סמוך לאותו בית קול דופק כגון חוטב עצים או שיש מלח על לשונו ואלו מעכבים יציאת הנפש מותר להסירו משם דאין בזה מעשה כלל אלא שמסיר המונע (הכל בהגהת אלפסי פ’ אלו מגלחין):

339.1
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §339.1

L’agonisant est considéré comme vivant pour toutes choses. Aussi est-il défendu de le soumettre à aucune des opérations purificatrices auxquelles on soumet les cadavres ; de retirer son chevet, de le déposer sur du sable, de l’argile ou sur la terre ; d’éprouver par les divers moyens d’usage, s’il a réellement cessé de vivre ; de faire entendre aucune plainte ; de payer des joueurs de flûtes et des pleureuses d’usage pour mener le deuil ; de lui fermer les yeux, avant que son âme l’ait complètement abandonné. Quiconque ferme les yeux à un agonisant au moment où son âme le quitte, est considéré comme homicide R.B.M.car dit Maïmonide, il se pourrait qu’il ne fût qu’évanoui ; c’est, disent les docteurs, comme une lumière qui s’épuise goutte à goutte, le moindre attouchement l’éteint ! De même, il est défendu, pour un agonisant, de prendre les signes du deuil, tels que déchirure du vêtement, déchaussement des chaussures ; de faire son oraison funèbre ; d’introduire son cercueil dans sa maison ; de réciter la prière du Tsidouc-Hadin. הגה · Rema On ne doit pas non plus lui creuser sa fosse, avant sa mort, bien qu’elle ne soit pas dans sa maison. On ne doit pas même creuser une fosse la veille du jour où le cadavre y sera déposé. Il est également défendu d’accélérer par quelque moyen que ce soit la mort d’un mourant dont l’agonie est longue et douloureuse. Toutefois, si cette opiniâtreté d’agonie, est due à un objet quelconque, il est permis de le faire disparaître, pour abréger la souffrance du patient.

מי שאמרו לו ראינו קרובך גוסס היום שלשה ימים צריך להתאבל עליו (דודאי כבר מת) :.

339.2
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §339.2

En général, l’agonisant succombe à sa maladie ; aussi, si l’on apprend qu’un parent était à l’agonie, trois jours auparavant, on est tenu de se mettre en deuil.

אומרים צידוק הדין עם יציאת נשמה וכשמגיע לדיין אמת קורע האבל:

339.3
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §339.3

Il est d’usage de réciter la prière du Tsidouc-Hadin, au moment où l’on voit que l’âme quitte le corps ; arrivé aux paroles où l’on proclame la justice et la vérité divines, l’affligé doit déchirer son vêtement.

כיון שנטה אדם למות אין רשאין ליפרד ממנו כדי שלא תצא נפשו והוא יחידי. (ומצוה לעמוד על האדם בשעת יציאת נשמה שנאמר ויחי עוד לנצח לא יראה השחת כי יראה חכמים ימותו וגו’) (תהלים מ״ט) (הגהות אלפסי שם):

339.4
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §339.4

Quand une personne est à l’agonie, on ne doit pas la quitter, afin qu’elle ne soit pas seule, au moment où son âme l’abandonne. R.B.M.C’est là un devoir sacré, dont l’accomplissement réjouit l’âme du mourant. On ne doit pas permettre aux pères et mères d’embrasser leurs enfants, une fois qu’ils sont morts.

מנהג לשפוך כל המים שאובים שבשכונת המת:

339.5
Yoré Déah — Benjamin Mossé — §339.5

Il est d’usage, de jeter l’eau que l’on a chez soi, dans le voisinage du défunt à une distance de trois maisons.

Commentaire R.B.M. — §339.5

signe conventionnel pour indiquer que quelqu’un vient de mourir et pour empêcher que l’on annonce cette mauvaise nouvelle de vive voix. À cet usage cependant se rattache une légende curieuse que voici : Une fois une personne but de l’eau qui se trouvait dans une maison où quelqu’un venait de mourir : un docteur de la loi, qui en fut témoin, lui reprocha sévèrement cet acte ; une heure après, l’individu mourut à son tour. On demanda au docteur, la cause de sa remontrance : c’est, dit-il, que j’ai vu l’ange de la mort, tremper son glaive, dans l’eau qui se trouvait dans cette maison, au moment où le défunt venait d’y succomber. Ceux qui assistent à une mort, doivent s’occuper à des choses saintes, afin que l’âme qui s’envole, en emporte le parfum. C’est d’après ce principe, que l’on récite des prières auprès de l’agonisant et que lorsque l’heure fatale est arrivée, on se lève et l’on prononce à son chevet les paroles suivantes : « L’Éternel est le maître, il l’a été, et le sera toujours !
« Béni soit à jamais le nom de son règne glorieux !
« C’est l’Éternel qui est Dieu !
« Écoute, ô Israël ! L’Éternel est notre Dieu ! L’Éternel est Un. » On ne cesse de répéter ces paroles, pendant les derniers moments du mourant. D’après le rit portugais, on ajoute : « Moïse et sa loi sont la vérité !
« Éternel, j’espère en ton secours !
« Daigne réjouir l’âme de ton serviteur !
« C’est vers toi, ô divin maître que je l’élève !
« En ta main je confie mon esprit.
« Accueille-moi, Éternel, Dieu de vérité ! Le mourant ayant expiré, les assistants disent :
« Gloire au juge intègre ! » Le fils aîné ou le plus proche parent du défunt, lui ferme alors les yeux. D’après le rit allemand, les assistants, après la mort, chantent lentement et avec tristesse, les hymnes suivantes : Adon Olam, Igdal, Tsidouc-Hadin.

Sources — Texte hébreu : Ashlei Ravrevei : Choulhan Aroukh Yoré Déah, Lemberg, 1888, numérisé par la Bibliothèque nationale d’Israël, via Sefaria [domaine public] · Traduction française : Benjamin Mossé, « Lois traditionnelles », dans : La Famille de Jacob, Vol. 6 (1864–1865) : p. 104–107 ; p. 138–144 ; p. 167–170 [domaine public] · Police hébraïque : Ezra SIL (SIL, OFL)

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