אבן תיבון

Bibliographie française des Tibbonides

Sud de la France · XIIe – XIIIe siècles

Bibliographie française des Tibbonides (Ibn Tibbon)

La famille Ibn Tibbon (אִבְּן תִּיבּוֹן), dont les membres sont aussi appelés les Tibbonides, est une famille de rabbins provençaux qui se sont spécialisés dans la traduction des œuvres judéo-arabes en hébreu. La plus grande période d’activité de la famille se déroule entre le début du XIIe siècle et la fin du XIIIe siècle.

Bibliographie générale
« Ibn Tibbon », article Wikipédia
1989Jean-Pierre Rothschild
2002Max Lebhar
2009Danièle Iancu-Agou et Élie Nicolas (éd.)
  • Des Tibbonides à Maïmonide. Rayonnement des Juifs andalous en pays d’Oc médiéval, coll. Nouvelle Gallia Judaica, Beauchesne, Paris, 2009.

Des Tibbonides à Maïmonide

1. Juda ibn Tibbon (1120–1190)

Juda ben Saul ibn Tibbon est né à Grenade en 1120. Il quitte l’Espagne en 1150, probablement à la suite de la conquête almohade, et s’établit à Lunel, en Provence, où il inaugure la tradition familiale de traduction (voir biographie complète).

1.1. Les traductions de Juda ibn Tibbon disponibles en français
Les Devoirs des cœurs de Bahya ibn Paquda

Les Devoirs du Cœur est une œuvre théologique rédigée par le Rabbin Bahya ibn Paquda en judéo-arabe sous le titre Al hidaya ûlfara’id al qûlûb vers 1080. Cette œuvre fut traduite en hébreu par Juda ibn Tibbon vers 1161–1180 sous le titre Hovot ha-Levavot.

2018Reouven Frajerman
  • Les devoirs du cœur / Hovot haLevavot de Ba’hié ibn Pékouda. Texte intégral hébreu/français. Traduction hébraïque d’Ibn Tivon. Traduction française de Reouven Frajerman. Éditions Salomon, 2018 (2 volumes).
Les devoirs du cœur
1952André Chouraqui
  • Bahya Ibn Paquda, Introduction aux Devoirs des Cœurs. Traduit et présenté par André Chouraqui. Préface de Jacques Maritain. Desclée De Brouwer, Paris, 1952. — Traduction réalisée depuis le texte judéo-arabe.
Le Kuzari de Juda Hallévi

Le Kuzari est une œuvre philosophique rédigée en judéo-arabe par R. Juda Hallévi vers 1140 et traduite en hébreu par Juda ibn Tibbon à Lunel en 1167 sous le titre de Séfer haKouzari. La traduction française ci-dessous est réalisée à partir de l’édition judéo-arabe mais mentionne les apports de la traduction de Juda ibn Tibbon :

1994Grand Rabbin Charles Touati
  • Juda Hallévi, Le Kuzari, Apologie de la religion méprisée. Introduit, annoté et traduit du texte original arabe (confronté avec la version hébraïque) par le Grand Rabbin Charles Touati. Verdier, coll. Les Dix Paroles, 1994.

Le Kuzari, Verdier

Le Livre des Parterres fleuris de R. Yona ibn Jannah

Le Kitab al-Tanḳiḥ de Yona ibn Jannah (990–1050) fut traduit en hébreu par Juda ibn Tibbon sous le titre Mahberet HaDiqdouq. Sa première partie grammaticale, intitulée Kitab Al Luma (hébr. Sefer Harikma, soit le Livre des Parterres fleuris), a été traduite en français à partir de la version judéo-arabe :

1889R. Mose Metzger

Livre des parterres fleuris, ibn Jannah

1.2. Les œuvres personnelles
Les prologues aux traductions
1998Paul B. Fenton (trad.)
  • Prologue à la trad. hébraïque des Devoirs des cœurs de Bahya Ibn Paqûda (éd. A. Zifroni, Jérusalem, 1928). Traduction française dans : « De l’arabe à l’hébreu », Encyclopédie philosophique universelle, vol. IV, Paris, PUF, 1998, p. 1099-1100. [lien externe]
  • Prologue à la traduction du Kitâb al-Luma d’Ibn Janâh, Séfer ha-riqmâh (éd. M. Wilensky, Jérusalem, 2e éd., 1964). Traduction française dans : « De l’arabe à l’hébreu », Encyclopédie philosophique universelle, vol. IV, Paris, PUF, 1998, p. 1110-1101. [lien externe]
Le testament spirituel

La tzava’a de Juda ibn Tibbon a été rédigée peu avant son décès et s’adresse à son fils Samuel. Il lui livre ses conseils concernant sa vie professionnelle, sa vie religieuse et sa santé.

2021Michel Garel
  • Au nom du père pour le fils : le testament spirituel de Judah Ibn Tibbon. Traduction de Michel Garel. Lis & parle éditions, Bagnolet, 2021.

Testament de Juda ibn Tibbon

2. Samuel ibn Tibbon (1150–1230)

Samuel ben Juda ibn Tibbon est un rabbin, médecin et philosophe juif provençal né à Lunel en 1150 et mort à Marseille en 1230. Il poursuit l’œuvre de traduction de son père et engagea une correspondance avec Maïmonide dont il traduisit en hébreu une partie des œuvres rédigées en judéo-arabe (voir biographie complète).

2.1. Les traductions de Samuel ibn Tibbon disponibles en français
Le Livre des Perles d’Ibn Gabirol

Le Mukhtar al-Jawahir est un recueil de sagesses attribué à Ibn Gabirol, traduit en hébreu par Samuel ibn Tibbon sous le titre Séfer Mivhar haPeninim (Livre des Perles) :

2014Dan Scher
  • Le Livre des Perles. Traduit et introduit par Dan Scher à partir de la traduction hébraïque de Shmuel ben Tibbon (Sefer Mivkhar ha-Pninim). Coll. Manatel, Waterloo, 2014. — Extrait sur le site de l’éditeur.

Livre des Perles, Gabirol

Les traductions de Maïmonide
Le Guide des Égarés

Samuel ibn Tibbon acheva sa traduction du dalālat al-ḥā’irīn le 30 novembre 1204 à Lunel sous le titre de More Nevoukhim. La traduction française de Salomon Munk se fonde sur l’édition judéo-arabe mais y ajoute de nombreuses notes faisant référence à la traduction d’ibn Tibbon :

1856–1866Salomon Munk
  • Le Guide des Égarés. Traité de Théologie et de Philosophie par Moïse Ben Maimoun dit Maïmonide. Traduit pour la première fois sur l’original arabe et accompagné de notes critiques, littéraires et explicatives. A. Franck, Paris, 3 volumes, 1856–1866.
Le Traité de Logique

Le Sinâ’at al-Mantiq fut traduit en hébreu par Samuel ibn Tibbon sous le titre de Millot ha-Higgayon. Une édition commentée et traduite en français a été réalisée par M. Ventura :

1935M. Ventura (éd.)
  • Terminologie Logique. Édition critique du texte hébreu traduit et commenté en français, avec Introduction et Lexique hébreu, arabe, grec, latin, allemand, anglais et français. Édition de l’original arabe des chapitres existants par M. Ventura. Lipschutz, Paris, 1935.
Épître sur la résurrection des morts

L’Épître sur la Résurrection des morts, rédigée en judéo-arabe, fut traduite en hébreu par Samuel ibn Tibbon (Maamar Tekhiyat HaMetim). Elle est disponible dans la compilation suivante :

1983Jean de Hulster
  • Épîtres, trad. de Jean de Hulster, Gallimard, coll. Tel, Paris, 1983.

Note : Les lettres disponibles dans cet ouvrage ont été traduites du judéo-arabe vers l’hébreu par d’autres traducteurs que les Tibbonides.

Le Roman d’Alexandre (?)

Deux manuscrits (Jews’ College Library, MS 145, Londres, et MS héb. 671.5, Bibliothèque nationale) pourraient être les traductions hébraïques d’une même version arabe. Le manuscrit de Londres contient un colophon mentionnant le travail de Samuel ibn Tibbon. À la fin de son article, Israël Lévi propose une traduction française de ce texte sous le nom de « Version de Samuel ibn Tibbon » (p. 269-271). L’identification de Samuel ibn Tibbon comme traducteur réel est cependant discutée et remise en cause par les historiens1.

1881Israël Lévi
2.2. Œuvres personnelles
Les prologues aux traductions
1899Jules Wolff (trad.)
1998Paul B. Fenton (trad.)
  • Samuel ibn Tibbon, Prologue à la traduction du Guide des Égarés de Maïmonide, Varsovie, 1930, fol. 1a-2a. Traduction française dans : « De l’arabe à l’hébreu », Encyclopédie philosophique universelle, vol. IV, PUF, Paris, 1998, p. 1103-1105. [lien externe]
2.3. Correspondance avec Maïmonide
1998Paul B. Fenton (trad.)
  • Moïse Maïmonide, « Lettre à Samuel Ibn Tibbon » [1199], dans : Épîtres (Iggerôt ha-Rambam), t. II, éd. Y. Shilat, Jérusalem, 1988, p. 530-534. Traduction française dans : « De l’arabe à l’hébreu », Encyclopédie philosophique universelle, vol. IV, PUF, Paris, 1998, p. 1101-1103. [lien externe]
3. Moïse ibn Tibbon (1195–1274)

Moïse ibn Tibbon naît à Marseille en 1195. Il poursuit l’œuvre de son père, Samuel ibn Tibbon, en traduisant d’autres ouvrages de Maïmonide, tout en produisant une œuvre personnelle (voir biographie complète). Pour une présentation de sa pensée philosophique, voir : Colette Sirat, « La pensée philosophique de Moïse Ibn Tibbon », Revue des Études Juives, CXXXVIII, 1979, p. 505-515 [article n°47 sur le site de Colette Sirat].

3.1. Les traductions de Moïse ibn Tibbon disponibles en français
Le Traité des poisons de Maïmonide

Maïmonide rédigea ce traité à la demande du Grand Vizir Al-Fadhil. Le texte original en judéo-arabe, intitulé al-Maqālah al-Fāḍiliyyah (Épître à al-Fâdil), fut traduit en hébreu par Moïse ibn Tibbon.

1865Dr I.-M. Rabbinowicz
  • Le Traité des poisons de Maïmonide. Traduit par le Dr I.-M. Rabbinowicz. A. Delahaye, Paris, 1865.
2022Frank Svensen (éd.)
  • Traité des poisons et des antidotes contre les drogues mortelles ou Épître à al-Fâdil. Édition de Frank Svensen. Préfaces d’Ariel Toledano et de Maurice-Ruben Hayoun. Les Indes savantes, 2022.

Note : Il s’agit d’une traduction révisée de celle réalisée par I.-M. Rabbinowicz en 1865.

Traité des poisons, Maïmonide

3.2. Œuvres personnelles
Le traité du Microcosme

Présentation de l’éditeur : Dans le Traité du microcosme on croise une tradition qui traverse les siècles et les cultures, tant la conception de l’homme comme microcosme, ou petit monde, résumé du macrocosme, ou grand monde, est universelle. Ce traité demeure l’unique exemple dans la littérature juive d’un exposé complet de l’analogie du microcosme et du macrocosme. L’auteur y ramasse les savoirs médicaux, cosmologiques et philosophiques de son temps, tout en dévoilant divers aspects inhérents à la tradition juive. C’est la première fois que le Traité du microcosme est édité, traduit et commenté.

2022Arlette Lipszyc-Attali et Christophe Attali
  • Moïse ibn Tibbon, Traité du microcosme / Ma’amar « Olam Qatan. Texte établi d’après les manuscrits, traduit, introduit et annoté par Arlette Lipszyc-Attali et Christophe Attali. Préface de Colette Sirat. Verdier, coll. Les Dix Paroles, 2022.
Traité du microcosme, Moïse ibn Tibbon

Voir présentation de l’ouvrage : Le Traité du microcosme, avec Arlette et Christophe Attali, Akadem Magazine, 18 janvier 2023.

Le Séfer Péa

Le Séfer Péa est un traité rédigé par R. Moïse ibn Tibbon dans le Sud de la France entre 1244 et 1274 où l’auteur présente une interprétation allégorique des aggadot du Talmud contre les critiques chrétiennes. Colette Sirat en a présenté des extraits dans deux articles :

Colette Sirat
  • « Les déraisons des Aggadot du Talmud et leur explication rationnelle : le Sefer Péa et la Rhétorique d’Aristote », Bulletin de Philosophie Médiévale, vol. 47, 2005, p. 78-86. [article n°160]
  • Extraits Séfer Péa §70 et §50 dans : « La pensée philosophique de Moïse Ibn Tibbon », Revue des Études Juives, CXXXVIII, 1979, p. 514-515. [article n°47]
Commentaire sur le Cantique des Cantiques

Le Commentaire sur le Cantique des Cantiques est une illustration de la volonté de Moïse ibn Tibbon d’apporter une explication allégorique au texte biblique. Colette Sirat en a traduit l’introduction :

1979Colette Sirat
  • Introduction au commentaire sur le Cantique dans : « La pensée philosophique de Moïse Ibn Tibbon », Revue des Études Juives, CXXXVIII, 1979, p. 508-511. [article n°47 sur le site de Colette Sirat]
4. Le procès de Samuel ben Moshé ibn Tibbon (1255)

Samuel ibn Tibbon est le fils de Moïse ibn Tibbon. Il est notamment connu à travers un procès qu’il intenta à Bionguda (fille de Bella, sœur de Moïse ibn Tibbon) dont il prétendait en avoir fait son épouse légale. Ce procès qui eut lieu à Marseille en 1255 est particulièrement bien documenté. Ces documents ont été rassemblés, traduits en français et étudiés :

1886Adolf Neubauer
1886–1888Isidore Loeb
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