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Traductions rabbiniques en grec du Tanakh

Inventaire bibliographique

Les traductions rabbiniques en grec du Tanakh

Il existe plusieurs traductions grecques du TaNaKh entreprises par des Juifs. La plus connue est la traduction dite de la Septante issue de la communauté juive d’Alexandrie. Il existe également d’autres traductions réalisées en partie en Palestine — dont la traduction d’Aquila — qui ont eu pour vocation de remplacer la Septante en proposant une version plus conforme aux textes hébreux et aux attentes des Rabbins.

Bibliographie générale
1990Francine KaufmannPDF
  • « Un exemple d’approche théologique de la traduction : les jugements sur la Septante », Traduction, terminologie, rédaction (TTR) n°3(2), 1990, p. 33–51.
1999Dorival, Harl, Munnich
  • La Bible grecque des Septante : Du judaïsme hellénistique au christianisme ancien, Ed. du CNRS, 1999.
2007Francine KaufmannLien
  • « Traditions et principes de la traduction biblique dans l’Antiquité juive », Théologiques, 15(2), 2007, p. 15–45.
2015Simon Claude Mimouni
  • Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, des prêtres aux rabbins, Presses Universitaires de France, 2015.
2019Francine KaufmannLien
  • « Concepts et locutions talmudiques concernant la traduction biblique », Tsafon, n°77, 2019.
2020Sébastien MorletLien
  • « La Bible grecque des Septante : histoire du texte et de sa réception juive et chrétienne », Annuaire de l’EPHE, Section des sciences religieuses, 127, 2020.
La Septante

La Septante doit son nom au soixante-dix — ou soixante-douze — traducteurs juifs qui auraient travaillé sur une traduction de la Torah en grec pour les besoins des communautés juives hellénophones d’Égypte et d’Alexandrie en particulier. L’histoire de cette traduction est rapportée par plusieurs traditions dont on retrouve les échos dans le Talmud et des auteurs juifs hellénophones. Au sens strict, la Septante ne désigne que les livres de la Torah. Dans un sens large, la Septante désigne l’ensemble des livres du TaNaKh qui ont été traduits en grec et auxquels s’ajoutent des additions (à Jérémie, à Daniel, à Esther et aux Psaumes) ainsi que des textes apocryphes qui ne font pas partie du canon juif (1 Esdras, Macchabées, Siracide, Sagesse, Judith, Tobit et Psaumes de Salomon). La datation de la traduction en grec du TaNaKh s’échelonne du IIIe siècle jusqu’à la fin du IIe siècle avant l’ère commune.

Les éditions françaises de la Septante
1. L’édition de Pierre Giguet [1865–1872]

Pierre Giguet (1794–1883) est un helléniste français, traducteur de plusieurs ouvrages au XIXe siècle dont l’Iliade et l’Odyssée d’Homère, les Histoires d’Hérodote et la Septante.

1865–1872Pierre Giguet
  • La Sainte Bible : traduction de l’Ancien Testament d’après les Septante, Poussielgue, Paris :
  • Tome 1, 1865 : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome, Josué, Juges, Ruth. [archive.org]
  • Tome 2, 1865 : I–IV Règnes, I–II Paralipomènes, Esdras, Néhémie, Tobit, Judith, Esther. [archive.org]
  • Tome 3, 1872 : Job, Psaumes, Proverbes, Ecclésiaste, Cantique, Sagesse, Siracide, Petits Prophètes. [archive.org]
  • Tome 4, 1872 : Isaïe, Jérémie, Baruch, Lamentations, Ezéchiel, Daniel, I–II Macchabées. [archive.org]
2. L’édition du Cerf — Bible d’Alexandrie [depuis 1986]

Depuis 1986, une équipe réunie autour de Marguerite Harl, Gilles Dorival, Olivier Munnich et Cécile Dogniez travaille sur une édition complète accompagnée de nombreuses notes dans la collection « Bible d’Alexandrie » aux éditions du Cerf. Les auteurs tiennent un carnet en ligne : La Bible d’Alexandrie. Version grecque des Septante.

Pentateuque Livres historiques Sagesses Prophètes

1. La Genèse, par Marguerite Harl, 1986

2. L’Exode, par Alain Le Boulluec et Pierre Sandevoir, 1989

3. Le Lévitique, par Paul Harlé et Didier Pralon, 1988

4. Les Nombres, par Gilles Dorival, 1994

5. Le Deutéronome, par Marguerite Harl et Cécile Dogniez, 1992

Le Pentateuque d’Alexandrie : texte grec et traduction, Cécile Dogniez, Marguerite Harl et al., Cerf, 2001

6. Jésus (Josué), par Jacqueline Moatti-Fine, 1996

7. Les Juges, par Paul Harlé, 1999

8. Ruth, par Isabelle Assan-Dhôte et Jacqueline Fine, 2009

9.1. Premier Livre des Règnes, par Michel Lestienne et Bernard Grillet, 1997

9.2. Deuxième Livre des Règnes

9.3. Troisième Livre des Règnes, par Philippe Lefèbvre et Philippe Hugo

9.4. Quatrième Livre des Règnes, par Valérie Duval-Poujol, Matthieu Richelle

10.1. Premier Livre des Paralipomènes, par Bruno Meynadier

10.2. Deuxième Livre des Paralipomènes, par Hugues Cousin et al.

11.1 Esdras I, par André Canessa

11.2. Esdras II (Esdras-Néhémie), par Timothy Janz, 2010

12. Esther, par Claudine Cavalier, 2012

13. Judith, par Reinhart Ceulemans et Marie-Françoise Baslez

14. Tobit, par Jean-Marie Auwers et Madeleine Petit

15.1–2. Maccabées I–II, par Isabelle Assan-Dhôte, Jacqueline Moatti-Fine, Marie-Françoise Baslez

15.3. Troisième Livre des Maccabées, par Joseph Mélèze Modrzejewski, 2008

16.1. Les Psaumes. Vol. 1, Psaumes 1-40, par Gilles Dorival, 2021

16.2. Les Psaumes. Vol. 2, Psaumes 41-71, par Gilles Dorival, 2024

17. Proverbes, par Marc d’Hamonville, 2000

18. L’Ecclésiaste, par Françoise Vinel, 2002

19. Cantique des cantiques, par Jean-Marie Auwers, 2019

20. Job, par Dominique Mangin

21. La Sagesse de Salomon, par Jérôme Moreau et Alexis Leproux

22. Le Siracide, par Françoise Vinel

23.1. Les Douze Prophètes. Osée, par Jan Joosten, Eberhard Bons et Stephan Kessler, 2002

23.2-3. Amos ; Michée

23.4-9. Joël, Abdiou, Jonas, Naoum, Ambakoum, Sophonie, par Marguerite Harl et al., 1999

23.10-11. Aggée, Zacharie, par Marguerite Harl, Michel Casevitz et Cécile Dogniez, 2007

23.12. Malachie, par Laurence Vianès, 2011

24. Isaïe, par Alain Le Boulluec et Philippe Le Moigne

25.1. Jérémie

25.2. Baruch, Lamentations, Lettre de Jérémie, par Isabelle Assan-Dhôte et Jacqueline Moatti-Fine, 2005

26. Ezéchiel

27. Daniel et ses suppléments

Appendix : 15.4. Quatrième Livre des Maccabées, par Monique Alexandre, Cyrille Crepey, Raphaëlle Ziadé

Les références dans les sources rabbiniques

Plusieurs sources rabbiniques évoquent la traduction de la Septante. Les avis des rabbins semblent évoluer d’un sentiment d’approbation vers un sentiment de rejet surtout après l’appropriation de la Septante par les chrétiens. Les différentes sources rabbiniques sont données dans Dorival, Harl, Munnich, La Bible grecque des Septante, Ed. du CNRS, 1999, p. 50 :

  • IIe siècle : une Baraïta du TB Megilla 9a
  • IIIe siècle : Sefer Torah 1, 8-9 et Mekhilta de rabbi Yishmaël sur Exode 12, 40
  • Ve siècle : le TJ Megilla 1, 71d
  • Après 400 : Genèse Rabba 8, 11 ; 10, 9 ; 38, 10 ; 48, 17 ; 98, 5
  • Entre le IVe et le IXe siècle : Tanhuma Shemot 22 et Tanhuma Buber Shemot 19 (69)
  • Avant le VIIIe siècle : Abot de rabbi Natan recension B chapitre 37
  • Au milieu du VIIIe siècle : Massekhet Soferim 1, 7-8 et Megillat Ta’anit 13
  • Avant le XIIe siècle : Exode Rabba 5, 5
  • Au XIIIe siècle : Leqah Tob sur Genèse 1, 1 et Deutéronome 4, 9, ainsi que Midrash ha-Gadol sur Deutéronome 4, 19
Les références dans les sources juives hellénophones

La traduction de la Torah en grec est rapportée par plusieurs auteurs juifs hellénophones :

  • Le pseudo-Aristée (première moitié du IIe siècle avant notre ère) dans La lettre d’Aristée à Philocrate — auteur juif se faisant passer pour un Grec, véritable apologie de la traduction de la Septante (voir : Laurence Vianès, Naissance de la Bible grecque, Les Belles Lettres, 2017).
  • Aristobule (philosophe juif péripatéticien, première moitié du IIe siècle avant notre ère) cité dans : Eusèbe, Préparation évangélique XIII, 12, 1-2
  • Philon d’Alexandrie (milieu du Ier siècle de notre ère) dans La Vie de Moïse II, 25-44.
  • Flavius Josèphe (fin du Ier siècle de notre ère) dans Antiquités juives XII, 2, 1-15
La traduction grecque d’Aquila

Aquila est un païen originaire du Pont-Euxin qui a vécu sous le règne d’Hadrien (117-138). Il s’est converti au judaïsme puis est devenu un élève de Rabbi Akiva. Les spécialistes débattent de son lien avec Onqelos, l’auteur de la traduction araméenne de la Torah. La traduction grecque d’Aquila est considérée comme « littéraliste » car très proche de la version hébraïque dont elle reprend plusieurs tournures grammaticales. Elle supplanta la version des Septante dans l’usage des communautés juives hellénophones.

Bibliographie générale
1963Dominique Barthélemy
  • Les devanciers d’Aquila : première publication intégrale du texte des fragments du Dodécapropheton…, Brill, 1963.
1974Dominique Barthélemy
  • « Qui est Symmaque ? », The Catholic Biblical Quarterly, vol. 36, n°4, 1974, p. 451-465.
1999Dorival, Harl, Munnich
  • La Bible grecque des Septante, Ed. du CNRS, 1999, p. 143-147.
2016André Paul
  • « La Bible grecque d’Aquila et l’idéologie du judaïsme ancien », dans : Wolfgang Haase (éd.), Band 20/1. Halbband Religion, De Gruyter, 2016, p. 221-245.
L’œuvre d’Aquila

La traduction du TaNaKh réalisée par Aquila est perdue et n’est connue que par des fragments très épars :

  • Les Hexaples d’Origène (avant 245) — œuvre également perdue, connue à travers des fragments et des citations.
  • Les citations des Pères de l’Église : Eusèbe de Césarée (Démonstration évangélique, Livre II) ; Théodoret de Cyr (Commentaire sur Isaïe, 3 vol., Cerf, 1980-1984) ; Jérôme de Stridon (voir les Œuvres complètes trad. par l’abbé Bareille, 18 vol., 1878-1885).
  • Des fragments égyptiens : papyrus du Fayyoum et manuscrits de la Gueniza du Caire (voir : Dorival et alii, p. 144). Non traduits en français.
  • Présence dans la Septante : Aquila aurait traduit certains livres dont l’Ecclésiaste (voir : Dorival et alii, p. 145).
Aquila dans les sources rabbiniques

Les sources rabbiniques comportent quelques informations sur la vie personnelle d’Aquila et des citations de sa traduction. Références d’après Jenny R. Labendz, Aquila’s Bible Translation in Late Antiquity, Harvard Theological Review, 102, 2009, p. 355-365 :

  • Éléments sur sa vie personnelle : Genèse Rabba 70:5 ; Talmud de Jérusalem Hagigah 2:1, 77a ; Tanhuma Bereshit 5 ; Talmud de Jérusalem Megillah 1:8, 71 a–b
  • Sur son travail de traduction en grec : Genèse Rabba 46:3 ; TJ Qiddushin 1:1, 59a ; TJ Sukkah 3:5, 53d ; Lévitique Rabba 30:8 ; TJ Shabbat 6:4, 8b ; Eichah Rabbah 1:1 ; Lévitique Rabba 33:6 ; TJ Megillah 2:4, 73b ; Lévitique Rabba 33:1 ; Genèse Rabba 93:3 ; TJ Yoma 3:8, 41a ; Genèse Rabba 21:1
La traduction de Symmaque

Depuis D. Barthélemy, il est établi que Symmaque est un Juif (plus précisément un Samaritain converti au judaïsme) et que sa traduction grecque du TaNaKh reflète l’exégèse rabbinique. Sa traduction est datée des années 150 de l’ère commune. Un débat existe quant à son identification avec Sumkhos ben Joseph, le disciple de Rabbi Méir. La traduction de Symmaque concilie le respect de l’exégèse rabbinique et une plus grande intelligibilité pour un public grec. Le travail de Symmaque est également perdu et ne subsiste que de manière fragmentaire.

Bibliographie générale
1910Charles WesselyLien
  • « Un nouveau fragment de la version grecque du Vieux Testament par Aquila » (en fait Symmaque), Mélanges É. Châtelain, Paris, 1910, p. 224-229.
1974Dominique Barthélemy
  • « Qui est Symmaque ? », The Catholic Biblical Quarterly, vol. 36, n°4, 1974, p. 451-465.
2010Michaël N. van der MeerLien
  • « Entre Léontopolis et Byzance. La version de Symmaque comme étape intermédiaire entre le Vieux Grec d’Isaïe et l’interprétation d’Eusèbe de Césarée », Semitica et Classica, 2010, p. 67-83.
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