קול קורא
Kôl Kôré — La Bible, le Talmud et l’Évangile
Eliyahou Soloveitchik (1805–1881)
Trad. R. Lazare Wogue (1870)
Présentation
Kôl Kôré — « la voix qui appelle », en écho au « je suis la voix de celui qui crie dans le désert » — est une œuvre sans équivalent : le commentaire d’un rabbin orthodoxe sur les Évangiles, et le seul ouvrage rabbinique à défendre la compatibilité du judaïsme et de la Bible chrétienne.
Soloveitchik part d’un constat qu’il formule dès ses préfaces : Juifs et chrétiens se lisent mutuellement « comme des aveugles dans les ténèbres ». Les uns méprisent un Talmud qu’ils ignorent, les autres referment l’Évangile comme un livre scellé ; de cette double méconnaissance naît une inimitié millénaire que rien ne justifie. Son ambition est de la dissiper en démontrant, texte contre texte, que le Nouveau Testament ne contredit pas les croyances d’Israël mais les professe, souvent dans les mêmes termes que la Bible et le Talmud.
La méthode est constante : reprenant les treize articles de foi de Maïmonide — de l’unité de Dieu jusqu’à la résurrection —, il confronte pour chacun le témoignage de l’Évangile à celui du Talmud pour en faire ressortir la concordance. Il consacre des pages audacieuses à l’origine du dogme de la Trinité et s’emploie à distinguer le Jésus des chrétiens des homonymes du Talmud. L’œuvre s’inscrit dans la voie tracée par Jacob Emden, qui reconnaissait à Jésus le mérite d’avoir confirmé la Loi de Moïse.
Son épigraphe en donne la clé : la mission d’Élie, dit la Mischna, est « de rapprocher les cœurs, non de les diviser ». Rédigé en hébreu et portant sur les Évangiles de Matthieu et de Marc, Kôl Kôré fut traduit en français par le grand rabbin Lazare Wogue, dont les notes accompagnent le texte.
Eliyahu Zvi Soloveitchik — connu aussi sous le nom d’Elias Soloweyczyk — naquit vraisemblablement à Slutsk, en Russie, en 1805, et mourut à Londres en 1881. Petit-fils de Rabbi Hayyim de Volozhin, fondateur de la célèbre yéchiva du même nom, il y fut formé et appartient ainsi, dès sa première génération, à l’illustre dynastie rabbinique des Soloveitchik — bien avant les figures qui la rendront célèbre, de Hayyim de Brisk à Joseph Dov Soloveitchik.
Sa vie fut en grande partie itinérante, entre Lituanie, Russie, Allemagne, Pologne, France et Angleterre. Juif orthodoxe et maïmonidien convaincu, formé à la tradition de Volozhin, il se consacra ensuite à l’étude du Nouveau Testament et au dialogue avec les missionnaires chrétiens. C’est de cette double culture qu’est né Kôl Kôré, œuvre d’un homme resté fidèle à la tradition tout en cherchant, seul de son espèce, à jeter un pont entre les deux religions (voir biographie complète)
Sommaire
Sources — קול קורא / Kôl Kôré (vox clamantis). La Bible, le Talmud et l’Évangile. Par le Rabbin Elie Soloweyczyk. Traduit de l’hébreu par Lazare Wogue. Paris (Imprimerie de E. Brière), 1870. [Version numérisée : Google].