הקדמה לפירוש ספר ישעיהו
Préface au commentaire sur Isaïe
Isaac Abravanel (1437-1508)
Trad. Olry Terquem (1838)
La longue liste des beaux esprits, des excellents écrivains qui ont donné une si juste célébrité à l’école rabbinique espagnole, est glorieusement close par don Isaac ben Juda Abrabanel. Son Commentaire sur Isaïe est aussi l’inventaire des opinions, des passions orthodoxes, qui animaient et agitaient cette partie du monde israélite, alors la plus instruite et la plus malheureuse. La préface à ce commentaire en est le résumé. Je l’ai traduite, comme offrant un spécimen de la dialectique théologique du temps, et aussi comme présentant une vue synoptique de l’ensemble des prophéties isaïques, et leur donnant une unité, sinon rationnelle, du moins systématique, et comme telle, favorable à la mémoire ! On remarque que toutes les bonnes productions, et elles sont nombreuses, sorties de cette école, portent l’empreinte de la direction méthodique, didactique et philosophique, qu’elle doit à son chef, l’illustre auteur du Moré[1]. Dans la péninsule hispanique, on était en voie de concilier, de rendre compatibles les enseignements de la religion avec les pensées du savant, avec les occupations du vulgaire, problème sur lequel méditent encore les esprits les plus graves. Malheureusement, les proscriptions du rusé, du perfide et pourtant stupide Ferdinand, mettant une fin violente à ces études, portèrent un coup funeste à la philosophie religieuse, dont elle n’a commencé à se relever que trois siècles après, dans une région hyperboréenne, sur les bords de la Sprée. En expulsant follement la crème de sa population, les Arabes et les Juifs ; se dépeuplant de familles intelligentes, actives, industrielles, pour se peupler de célibataires, fanatiques, ignorants, fainéants, l’Espagne a fait des incisions cruelles dans ses propres entrailles, des blessures qui saignent encore aujourd’hui. Rendue à des institutions libérales, puisse cette grande et héroïque nation en jouir bientôt avec sécurité, sagesse et modération. Alors, reprenant sa place parmi les peuples civilisés, elle fera sans doute disparaître les dernières traces d’une législation barbare, et par conséquent antichrétienne. Rappeler dans son sein, non des croyances soi-disant orthodoxes, mais des hommes utiles, c’est le seul moyen de remédier à la pauvreté en population, en productions, en connaissances ; à cette misère politique, intellectuelle et financière qu’elle doit aux moines d’Europe et aux mines d’Amérique.
On remarque une différence entre l’ordre des livres prophétiques, tel qu’il est usité aujourd’hui chez les Israélites, et l’ordre indiqué par le Talmud. En effet, on lit dans le Talmud Baba Bathra[2] : « Ordre des livres prophétiques : Josué, les Juges, les Rois, Jérémie, Ézéchiel, Isaïe, les douze petits prophètes, » et l’on y donne cette raison : « Le livre des Rois se termine par une catastrophe, tout Jérémie est rempli de catastrophes ; Ézéchiel débute par une catastrophe et finit par une consolation ; tout Isaïe est plein de consolations ; on a donc réuni dans un ordre suivi, catastrophe à catastrophe et consolations avec consolations. » Toutefois, nos prédécesseurs, comme nous enfants de l’exil, n’ont pas adopté cet ordre : ils ont placé Isaïe avant Jérémie, ensuite Ézéchiel, puis les douze petits prophètes ; en y réfléchissant bien, je trouve qu’on a bien fait de donner le premier rang à Isaïe, et cela par cinq raisons. La première est purement chronologique, les quatre autres sont qualitatives : je vais les dire comme je le pense :
Première raison de prééminence. — Âge.
Celui qui précède dans l’ordre des temps doit être mentionné le premier ; or on sait qu’Isaïe a prophétisé longtemps avant Jérémie et Ézéchiel, donc il est convenable que le livre d’Isaïe précède ceux des deux autres ; c’est par le même motif que Josué doit être placé avant les Juges, ceux-ci avant Samuel, et celui-ci avant les Rois ; ils se succèdent selon l’ordre des dates. D’ailleurs les trois prophètes se rattachent aux Rois : Isaïe a prophétisé sous Aziah, Jotham, Achas, Ézéchias, rois de Juda ; Jérémie a prophétisé ensuite sous Josiah, Jehoyakem et Sédécias ; Ézéchiel a prophétisé pendant l’exil de Jehochon ; on a donc dû placer ces prophètes dans le même ordre que les événements de ces règnes sont racontés dans le livre des Rois. Quant à la raison de réunir ensemble ce qui est catastrophe et ce qui est consolation, elle n’est pas convaincante, car Isaïe n’est pas entièrement consolant ; il prédit la ruine du premier temple par Nabuchodonosor, et même celle du second temple. Dans Jérémie on rencontre beaucoup de prophéties concernant la délivrance d’Israël ; il n’est donc pas toujours prophète de malheur ; par conséquent il n’est pas nécessaire, par le motif allégué de similitude, d’intervertir l’ordre des temps.
Dans le même endroit le Talmud dit « qu’Osée a prophétisé avant Isaïe, Amos et Michée, car il est dit תחלת דבר י״י בהושע le commencement de la parole de Dieu était à Osée (Osée 1, 2) ; Moïse et tant d’autres prophètes ayant existé avant Osée, comment Dieu aurait-il parlé en premier à Osée ? À cela le rabbi Iochanon répond : En premier aux quatre prophètes qui ont existé en ces temps » ; mais cette raison n’est pas non plus péremptoire ; de ce qu’Isaïe et Osée ont prophétisé sous les mêmes rois, il ne s’ensuit pas qu’Osée ait prophétisé avant Isaïe. Raschi dit que l’application que le Talmud fait ici du verset 2, chapitre 1 d’Osée, est fondée sur une interprétation traditionnelle (מדרש הגדה) ; le sens propre est que la première parole que Dieu dit à Osée fut קח לך אשת זנונים prends une femme prostituée, etc. C’est ainsi que l’ont expliqué tous les interprètes ; on peut objecter contre cette interprétation que le vav de ויאמר montre qu’il s’agit d’une nouvelle proposition, et qu’il aurait fallu dire תחלת דבר י״י בהושע אמר י״י et encore l’accent tonique (אתנחתא) sous le mot בהושע indique un repos, une interruption, et que par conséquent on a ici deux propositions différentes et non deux membres d’une même proposition ; ces objections ne sont pas fondées, car il y a beaucoup d’exemples où le second membre d’une proposition commence par un vav.
Premier exemple : בראשית ברא אלהים את השמים ואת הארץ : והארץ היתה au commencement Dieu créa le ciel et la terre, et la terre était (Gen. 1, 1, 2)[*]. Selon Raschi, le mot והארץ est un membre de la proposition précédente.
Deuxième exemple : ויהי ביום דבר י״י משה בארץ מצרים ce fut au jour que Iehovah parla à Mosché au pays d’Égypte (Exode, 6, 28). Il y a ici un repos sous מצרים et immédiatement après לאמר et וידבר י״י אל משה c’est le second membre de la proposition avec un vav et un repos. Aben Esra dit même que ce repos est surprenant.
Troisième exemple : ויהי אחרי המגפה ויאמר י״י אל משה c’était après la peste . . . Iehovah dit à Mosché (Nomb. 25, 19). Il n’y a pas de doute que ויאמר ne soit subordonné au premier verset.
Quatrième exemple : ויהי כאשר תמו כל . . . . מקרב העם וידבר י״י אלי et lorsque. . . . . furent consumés du milieu du peuple, Iehovah me dit (Deutér. 2, 16). Il y a ici un simple accent tonique d’interruption entre העם qui est le sujet et וידבר qui est le régime de la proposition.
Il en est donc de même ici dans Osée ; on n’a pas placé de סוף פסוק sous בהושע pour montrer qu’il y a ici deux propositions séparées, et il ne s’ensuit pas qu’Osée ait prophétisé le premier des quatre prophètes ; voici la véritable signification : on dit dans le premier verset qu’Osée a prophétisé sous Osiah, Jotham, Achaz, Ézéchias, rois de Juda, et sous Jéroboam, fils de Joas, roi d’Israël ; nous savons qu’Osiah a régné pendant la vingt-septième année du règne de Jéroboam, fils de Joas (II Rois, 15, 1) ; il aurait donc fallu aussi dire les rois d’Israël contemporains aux trois autres rois de Juda. En effet Osée le prophète a fonctionné jusqu’à Osée, fils d’Alah, dernier roi d’Israël ; mais les autres rois d’Israël sont supprimés, pour nous apprendre qu’Osée a commencé à prophétiser sous Jéroboam, fils de Joas ; ainsi la proposition תחלת דבר י״י בהושע se lie à ce qui précède et non à ce qui suit, et il n’y a pas à s’étonner de ce que la fin du verset (סוף פסוק) est après ישראל et non après בהושע, car nous avons vu par divers exemples que le second membre de la proposition vient quelquefois après le סוף פסוק ; nous trouvons même souvent deux propositions dans le même verset. De tout cela il ressort pour nous qu’Osée n’a pas prophétisé avant Isaïe[3].
On lit dans les Paralipomènes : ויתר דברי עזיהו הראשנים והאחרנים כתב ישעיהו בן אמוץ הנביא (דברי הימים ב׳ כ״ו כ״ב) le reste des faits d’Ouziah, les premiers et les derniers, Isaïe, fils d’Amos, le prophète, les a écrits. Ainsi Isaïe a prophétisé au commencement du règne d’Osiah, par conséquent avant Osée, et à plus forte raison avant Jérémie et Ézéchiel ; les anciens ont donc eu raison de mettre Isaïe avant Osée ; mais pourquoi ont-ils mis Jérémie et Ézéchiel avant Osée ? parce que les douze étant de petits prophètes, ils les ont mis ensemble dans un même volume. De même Amos a prophétisé deux ans avant la tempête (Amos, 1, 10) שנתים לפני הרעש ; ainsi il n’a pas précédé Isaïe ; car celui-ci a peut-être commencé sa carrière prophétique avec le règne d’Osiah, et la tempête a été la vingt-septième année d’Osiah, qui a régné cinquante-deux ans.
Deuxième raison. — Naissance.
La prééminence d’Isaïe, fils d’Amos, sur tous les autres prophètes, quant à la noblesse de la famille[4] ; car on lit dans le Talmud (מגילה) : « Rabbi Jossé dit : C’est une tradition de nos ancêtres qu’Amos et Amaziah étaient frères. » Ainsi Isaïe était d’extraction royale et prince du sang, neveu de roi. On voit aussi dans tous ses discours qu’il avait le cœur haut placé, qu’il n’espérait et ne craignait rien de personne, et quoiqu’il dise (50, 6) : גוי נתתי למכים ולחיי למורטים j’ai abandonné mon dos aux flagellants, et mes joues aux épilateurs de barbe, il ne faut pas prendre ces paroles dans le sens propre, comme exprimant une action réelle ; c’est une métaphore par laquelle le prophète exprime son dévouement à Dieu et sa confiance en sa puissance ; ainsi il ajoute : ואדני יהוה יעזר לי על כן לא נכלמתי על כן שמתי פני כחלמיש ואדע כי לא אבוש (ibid. v. 7) mais le Seigneur Iehovah m’assistera, c’est pourquoi je n’ai pas à rougir ; c’est pourquoi j’ai fait de mon visage un rocher, je sais que je ne serai pas confondu. Le prophète n’a jamais souffert affront et injure de personne ; sa haute naissance se découvre encore dans l’élégance de son style, dans la beauté de la diction ; les hommes de cour et les hommes d’État s’expriment ordinairement avec plus de pureté et de politesse que d’autres. Aussi le Talmud dit : qu’Isaïe dans sa vision qu’il décrit l’année de la mort d’Osiah, est encore citadin, et qu’Ézéchiel, dans la vision qu’il a eue sur l’Euphrate, est déjà campagnard. Pourquoi donc le livre d’Isaïe serait-il placé après le livre des autres prophètes qui n’étaient pas d’une si bonne extraction ?
Les Écritures nous donnent des preuves nombreuses que quand il s’agit d’honneurs, la préséance est due à la naissance. Ainsi parmi les enfants de Jacob, Dieu a désigné Juda pour chef ; aussi en toute occasion les descendants de Juda prennent le premier rang, et ont le pas sur les autres tribus.
1° Enseignes (דגלים) (Nomb. 2, 3) והחנים קדמה מזרחה דגל מחנה יהודה et camperont en avant, à l’orient, la bannière de Iehouda, etc. (Ibid. 10, 14) ; ויסע דגל מחנה בני יהודה בראשנה la bannière du camp des enfants de Iehouda partit la première ; ce qui était un grand honneur.
2° Inauguration de l’autel : ויהי המקריב ביום הראשון את קרבנו נחשון בן עמינדב למטה יהודה celui qui apporta son sacrifice le premier jour, fut Nachschon ben Aminadab de la tribu de Iehouda (Ibid. 7, 12).
3° Noms des chefs désignés pour le partage : ואלה שמות האנשים למטה יהודה כלב בן יפנה voici les noms de ces hommes, Caleb ben Iefuneh, de la tribu de Iehouda (Ibid. 34, 19).
4° Partage de la terre de Canaan : יהודה יעמד על גבולו מנגב Iehouda aura sa part au midi (Josué, 18, 5) ; il est nommé le premier.
5° Avant-garde de l’armée. À la mort de Josué on consulta Dieu pour savoir qui doit marcher en premier, Dieu répond : יהודה יעלה הנה נתתי את הארץ בידו que Iehouda monte, je mettrai le pays en son pouvoir (Juges, 1, 2). Le pays a été donné à tous les Israélites, mais il s’agit de faire ressortir la tribu de Juda.
Nous trouvons encore dans les Juges combien on attache d’importance à la naissance et au mérite des ancêtres. Dans la parabole que Jotham, fils de Gidéon, adresse aux Sichémites, ses compatriotes, les arbres s’adressent en premier à l’olivier pour lui offrir la royauté : ויאמרו לזית מלכה עלינו ils dirent à l’olivier, règne sur nous (Juges, 9, 8) ; nul doute qu’ils n’ont donné le premier rang à l’olivier, parce que son fruit est durable et de nature persistante, et mérite ainsi la préférence ; ainsi nous lisons dans le Talmud (ברכות) : « Ayant des olives et des raisins à manger, on prononce seulement la bénédiction pour les olives, et l’on est dispensé pour les raisins ; car ceux-ci ont le troisième rang parmi les fruits de la terre et ceux-là le second rang. » Aussi l’olivier répond : החדלתי את דשני אשר בי יכבדו אלהים ואנשים est-ce que je renoncerai à mon suc, dont s’honorent Dieu et les hommes (Juges, 9, 9). L’écrivain emploie le mot honneur pour l’olivier, à cause de sa perfection et de la noblesse de son espèce durable et se propageant toujours, et voulant dire par là que les fils de Gidéon étaient plus dignes de la royauté qu’Abimélech, fils d’une esclave.
Nous lisons encore que lorsque Nabuchodonosor marcha contre Jérusalem, au temps du roi Jehochon, il ordonna à Aschpenas, chef des eunuques, להביא מבני ישראל ומזרע המלוכה ומן הפרתמים de lui envoyer des enfants d’Israël, de la race royale et des princes (Daniel, 1, 3), ילדים אשר אין בהם כל מאום וטובי מראה enfants qui n’aient aucun défaut et soient de belle figure (Ibid. 1, 4).
On donna la préférence dans le service aux descendants des princes et de la famille de David sur le reste du peuple ; l’ordre de Nabuchodonosor fut exécuté dans cet esprit.
ויהי בהם מבני יהודה דניאל חנניה מישאל ועזריה il y eut des beni Iehouda, Daniel, Chanania, Mischael et Azariah (Ibid. 1, 6). À cause de la noblesse de leur famille, l’écrivain les désigne comme enfants de roi, et même après mille générations, la famille davidique doit primer en dignité et en honneur tous les autres Israélites. En effet le Talmud dit (סנהדרין פ׳ חלק) : « Dans l’avenir Dieu rétablira un autre David, car il est écrit : אחר ישובו בני ישראל ובקשו את י״י אלהיהם ואת דוד מלכם après que les Israélites retourneront, ils chercheront leur Dieu, et David leur roi (Osée, 3, 5). Et il est encore dit : ביום ההוא אקים את סכת דוד הנפלת dans ce jour je relèverai la cabane de David, qui était tombée (Amos, 9, 11) : on ne dit pas קם il a relevé, אקים je relèverai ; donc il y a un autre David. Rab Papa demande à Abaï : Il est écrit pourtant : ודוד עבדי נשיא להם לעולם David, mon serviteur, est leur prince pour toujours (Ézéch. 37, 25) ; celui-ci répond : L’un est César, et l’autre est son adjoint ou co-César. Rab Assé dit : Parmi les vivants, c’est comme Juda le saint ; parmi les morts c’est comme Daniel. Rab Nachman, fils d’Isaac, dit : Parmi les vivants c’est comme Anan ; car il est écrit : והיה אדירו ממנו et sa force sera plus que la nôtre (Jérém. 30, 2). Nous apprenons de là, que pour l’honneur et la suprématie, la maison de David doit toujours passer avant toute autre ; Jacob a déjà prophétisé : לא יסור שבט מיהודה ומחוקק מבין רגליו le sceptre ne sera pas enlevé à Jehouda, ni le législateur d’entre ses pieds (Genèse, 49, 10), et comme l’interprètent nos chachamim, le sceptre, etc., ce sont les chefs de l’exil, en Babylonie, qui ont droit de coercition sur le peuple ; et le législateur, etc., ce sont les descendants de Hillel, qui enseignent la Torah au public, ce qui veut dire, que même dans l’exil il y aura toujours un chef et des supérieurs de cette famille auguste. Ainsi, au temps des Machabées, et sous le règne d’Hérode, il y avait toujours à Jérusalem un chef de la race davidique, comme le témoigne l’histoire de Joseph ben Gorion. De cette race étaient :
Hillel l’ancien, rabbon Siméon, son fils ; rabbon Gamliel, fils du précédent ; rabbon Siméon II ; rabbon Gamliel le vieux ; rabbon Gamliel II, fils du précédent ; rabbon Siméon, fils du précédent, et rabbi Jehouda le saint. Tous étaient nassis et chefs d’Israélites ; voyez combien les chachamim ont attaché d’importance à la noblesse et à la race : lorsque le rabbon Gamliel a été déclaré déchu de la dignité de nassi, pour les raisons mentionnées dans le Talmud, les chachamim cherchant quelqu’un pour le remplacer, on propose le rabbi Akiba ; il ne fut pas admis, parce qu’il n’avait pas pour lui le mérite des ancêtres (זכות אבות), cela veut dire, qu’il n’était point d’une bonne famille ; car il était descendant de prosélytes ; ainsi il n’était pas digne d’être nassi ; enfin le choix tomba sur Éléazar ben Azariah, dixième descendant d’Esdras ; il fut nommé nassi à cause de sa noble extraction, jointe à une haute intelligence, c’est pourquoi on lit dans le Midrasch Keheleth : דברי קהלת בן דוד מלך בירושלים paroles de l’Ecclésiaste, fils de David, roi à Jérusalem (Ecclés. 1, 1). Rabbi Ascha dit au nom de rabbi Alexandrin : « Roi, fils de roi, sage, fils de sage ; prophète, fils de prophète, heureux l’homme qui possède un clou où il peut attacher à volonté l’honneur de ses parents et l’excellence de sa famille. » C’est pourquoi ils ont dit : Dieu ne repose son esprit que sur les familles nobles en Israël. Voyez encore jusqu’où nos chachamim ont scruté ce qui concerne la noblesse et l’honneur des familles, car on lit dans le Talmud (כתובות) : Rabbi (Jehouda le saint) négociait le mariage de son fils avec une fille du rabbi Aschaïe ; au moment de dresser le contrat, la jeune fille mourut. Rabbi dit : À Dieu ne plaise qu’il y ait ici quelque vice qui rendît la fille indigne de mon fils ! On fit des recherches, il se trouva que Rabbi descendait de Saphatiah, fils d’Abathiel, fils de David, tandis que le rabbi Aschaïe descendait de Samah, frère de David ; le fils de Rabbi était de sang royal, tandis que la fille n’était pas fille de roi : alors Dieu ne permit pas cette alliance, parce que les conjoints n’étaient pas d’égale noblesse, d’égale extraction ; ainsi Isaïe, étant près du trône comme neveu de roi, aurait eu le pas sur tous les prophètes de leur vivant ; car Jérémie était des sacerdotes qui demeuraient à Énatath ; Ézéchiel était fils de Bouzi le sacerdote, gens pauvres, bas, traînant dans les granges et les greniers ; vivants, ils n’auraient pas précédé Isaïe ; alors pourquoi, après leur mort, leurs ouvrages seraient-ils placés avant ceux d’Isaïe ? Ainsi, ayant égard à l’auteur et à sa supériorité nobiliaire, il est convenable et indispensable que le livre d’Isaïe soit avant le livre des autres prophètes.
Troisième raison. — Forme.
Tirée de la prophétie d’Isaïe, comparée à la forme des prophéties des autres prophètes. Il faut savoir, ainsi que dit Maïmonide, dans son livre מורה (Moré) : les prophéties sont de deux espèces : le songe, et la vision. C’est ainsi également qu’on explique ce verset : אם יהיה נביאכם י״י במראה אליו אתודע בחלום אדבר בו s’il y a un prophète de vous (autres moi) Iehovah, je me fais connaître à lui en vision ; je lui parle en songe (Nomb. 12, 6). Maïmonide ne dit pas dans son ouvrage pourquoi on met ici une différence entre songe et vision ; mais d’après les principes de ce rabbin sur l’état prophétique, nous savons que relativement à l’agent de la cause inspirante, il n’y a aucune différence entre ces mots חזון, מחזה, חולם ; songe et vision ; c’est toujours Dieu qui est auteur de l’inspiration ; il n’y a pas non plus de différence relativement à celui qui reçoit l’inspiration ; elle s’opère toujours par l’intermédiaire de deux facultés, de l’entendement et de l’imagination. Il ne faut pas croire non plus que la différence consiste dans l’état du prophète ; que dans le songe, les sens sont endormis comme dans le sommeil, et que dans la vision, les sens sont éveillés, car, selon l’opinion de Maïmonide, dans les accès prophétiques, l’âme est toujours mise en relation avec les êtres supérieurs, et le prophète est dans l’impossibilité de faire aucun usage des sens. Il n’y a d’excepté que Moïse, et pour preuve Maïmonide cite ce verset de Daniel : ואראה את המראה הגדולה הזאת ולא נשאר בי כח והודי נהפך עלי למשחית ולא עצרתי כח . . . ואני הייתי נרדם על פני ופני ארצה je vis cette grande vision-ci ; il ne resta dans moi aucune force ; ma figure fut toute décomposée ; il ne me resta aucune force . . . . . ; je fus renversé sur la face ; ma face touchait la terre (Daniel, 10, 8, 9). De là Maïmonide conclut que dans la vision aussi les sensations sont anéanties. Il n’y a donc d’autre différence entre le songe et la vision que celle qui provient de l’état du prophète, lorsque l’accès arrive ; s’il est endormi, alors la prophétie est dite songe (חלום), s’il est éveillé, c’est la vision ; (מראה חזון מחזה) ; il résulte de là que le songe est inférieur à la vision ; car dans l’état de sommeil, l’imagination n’est pas contenue, n’est pas réglée par l’entendement ; c’est pour cela que les images sont désordonnées et qu’il s’établit des liaisons entre des objets tout à fait hétérogènes. Aussi les prophéties sous l’influence de cet état sont de difficile compréhension, remplies de paraboles, d’énigmes qui exigent de longues explications, à cause du désordre de l’imagination qui reçoit l’inspiration, tandis que dans la vision, le prophète étant éveillé, l’entendement peut gouverner et dompter l’imagination ; celle-ci étant bien ordonnée, bien dirigée, les prophéties sont claires, nettes et explicites. Aussi les talmudistes disent que Moïse n’a jamais eu un accès prophétique la nuit, car il est dit : ביום דבר י״י אל משה Dieu a parlé à Moïse, le jour (Exode, 6, 28) ; pour nous apprendre que Dieu ne lui a jamais parlé en songe, genre de prophétie inférieure. Ce qui précède fait bien comprendre ce que dit Maïmonide dans l’ouvrage cité (פרק מ״א ח״ב) ; voici ses paroles : « Je n’ai pas besoin de dire ce que c’est que le songe (חלום) ; mais bien ce que c’est que la vision (מראה), dont il est question dans le verset (Nomb. 12, 6) : ‘‘La vision est quelque chose de solennel, de terrible, qui s’attache au prophète, celui-ci étant dans l’état de veille (בעת הקיצה)’’. » Cette dernière expression établit bien la différence que j’ai indiquée ci-dessus.
Or comme l’esprit prophétique d’Isaïe était très élevé, jamais il n’a eu d’inspiration en songe, mais toujours en vision (מראה מחזה) ; c’est pourquoi son livre commence par ces mots חזון ישעיהו בן אמוץ אשר חזה vision d’Isaïe ben Amots, qu’il a vue, etc. Aussi ses paroles sont-elles extrêmement élégantes, explicites, mêlées de très peu de paraboles et d’énigmes, comme le comporte son genre de prophétie.
Maintenant je vous apprendrai sur cette matière une chose importante, qui mérite toute votre attention : Dans Ézéchiel, Jérémie et autres prophètes, on rencontre souvent ces locutions : ויהי דבר י״י אלי לאמר, ויהי דבר י״י אל פלוני — la parole de Dieu était à moi, pour annoncer ; la parole de Dieu était à un tel ; jamais cette locution ne fut employée par Moïse ; on ne lit pas : ויהי דבר י״י אל משה ou דבר י״י אל משה la parole de Dieu fut à Moïse, etc. La raison est que cette façon de parler n’est usitée que pour les prophètes en songe, et même à un état encore inférieur, qui indique des intermédiaires nombreux ; c’est comme si le prophète nous disait qu’il n’a pas vu Dieu, qu’il n’en a pas reçu une parole ; mais qu’elle lui est parvenue par l’intermédiaire d’un autre ; mais Moïse ayant prophétisé sans aucun intermédiaire, alors ces locutions ne lui sont pas applicables. Maïmonide aussi a déjà découvert que cette expression ויהי דבר י״י se rapporte à l’état de songe (voir Moré, part. 2, ch. 45). Jérémie, Ézéchiel et les autres prophètes ont souvent eu des inspirations en songe, alors ces locutions sont souvent employées pour eux, tandis qu’Isaïe n’ayant eu ses inspirations que dans l’état de veille, on n’y trouve cette locution qu’une seule fois, à l’occasion de la maladie d’Ézéchias : ויהי דבר י׳ אל ישעיהו לאמר la parole de Dieu vint à Isaïe pour annoncer (Isaïe, 38, 4). Peut-être qu’alors, inquiet au sujet d’Ézéchias, il était accablé de soucis, et fatigué, il tomba endormi dans la cour du palais, et alors il eut une inspiration pendant le sommeil ; aussi y trouve-t-on la locution qui est relative à ce genre prophétique. Ainsi l’esprit prophétique d’Isaïe est donc supérieur à celui des autres prophètes. Toutefois dans Bereschit Rabbah (ב״ר) on lit, qu’il existe dix espèces de langages prophétiques : le plus dur est la vision (חזון), car il est écrit : חזות קשה הוגד לי une vision dure m’a été annoncée (Isaïe, 21, 2) ; d’après cela, la vision (חזון) indiquerait non la supériorité, mais la gravité de la prophétie. Cette acception du mot ne me paraît pas satisfaisante, car nous connaissons des prophéties très bonnes qui sont désignées par le mot vision ; ainsi nous lisons חזון עובדיה, vision d’Obadiah, et c’est une bonne prophétie. Joël fait une bonne annonce, en ces termes : זקניכם חלומות יחלומון ובחוריכם חזינות יראו vos vieillards songeront des songes, et vos jeunes gens verront vos visions (3, 1). Il ne saurait être question ici de mauvaises prédictions, de prophéties dures ; mais le verset mentionne les deux genres de prophéties, et même le verset cité par le Bereschith Rabbah prouve en notre faveur. En effet : חזות קשה הוגד לי il m’a dit des visions dures, parce qu’il y a des visions qui sont bonnes et d’autres qui sont mauvaises, on a donc été obligé de préciser et de dire l’espèce de vision. Au reste, dans ma préface aux douze petits prophètes je reviendrai là-dessus. De tout ceci ressort qu’Isaïe étant supérieur sous le rapport de la forme prophétique, son ouvrage mérite aussi la priorité.
Quatrième raison. — Matière.
La prééminence de la matière du livre. Elle s’établit de deux manières :
a) Par l’excellence du livre : cette excellence est déterminée par le nombre plus ou moins grand des prophéties que le livre contient, favorables à Israël. Or le livre d’Isaïe contient plus de consolations, plus d’annonces de rédemption, qu’aucun autre prophète ; c’est ce qui a fait dire à nos chachamim, en généralisant, qu’Isaïe était entièrement consolateur. Dans mon ouvrage sur la rédemption future intitulé משמיע ישועה[5], j’ai énuméré toutes les prophéties qui ont rapport à cet événement ; en voici le relevé :
| Moïse | 4 |
| Bileam | 1 |
| Jérémie | 6 |
| Ézéchiel | 10 |
| Osée | 1 |
| Joël | 1 |
| Amos | 1 |
| Obadiah | 1 |
| Michée | 2 |
| Habacuc | 1 |
| Saphaniah | 1 |
| Haggi | 1 |
| Zacharie | 4 |
| Malachie | 1 |
Et dans Isaïe j’ai trouvé quinze prophéties manifestes et claires sur la rédemption future ; c’est peut-être pour cette raison que par délibération, et par le conseil de personnages pieux, il a été nommé dès sa naissance Jeschaiah ישעיה, pour dire qu’il annoncera le secours de Dieu, et la délivrance du peuple, et encore pour avertir qu’il donnera quinze prophéties sur la rédemption ; car les lettres finales יה valent ensemble quinze.
b) Pour les circonstances concernant la rédemption ; Isaïe en donne plus que les autres prophètes. Ces circonstances sont au nombre de quatorze.
1° Vengeance exercée de Dieu sur tous les peuples qui ont maltraité les Israélites, voir :
| Prophétie | Chapitre |
|---|---|
| 11e | 18 |
| 12 | 19 |
| 20 | 24 |
| 23 | 34 |
| 9 | 51 |
| 35 | 66, v. 12. |
2° La vengeance tirée d’Édom et de la cité de Botsrah sera plus grande que celle que l’on exercera sur les autres peuples ; voir prophétie vingt-troisième, ch. 34, prophétie trente-troisième, chap. 63.
3° Secours apportés à Israël et sa délivrance ; la réunion des exilés, voir :
| Prophétie | Chapitre |
|---|---|
| 8e | 11, v. 11. |
| 11 | 18. |
| 20 | 26. |
| 23 | 83, v. 3. |
| 25 | 40. |
| 28 | 49, v. 8. |
| 29 | 51, v. 11. |
| 31 | 54. |
| 33 | 60. |
| 34 | 65, v. 8. |
| 53 | 66, v. 10. |
4° Retour des tribus déportées par Sanchérib en Assyrie ; il n’y aura plus désormais de captivité à craindre.
| Prophétie | Chapitre |
|---|---|
| 8e | 11, v. 11. |
| 20 | 24, v. 16 et suiv. |
| 28 | 49, v. 12. |
5° La délivrance future ressemblera en beaucoup de circonstances à la délivrance d’Égypte, quant à la vengeance à exercer sur des antagonistes puissants comme jadis Pharaon ; quant à la totalité de la délivrance, il ne restera aucun exilé dans le pays de l’exil, non plus qu’il est resté d’Israélites en Égypte ; quant au chef de la délivrance, ce sera un prophète conduit par le don prophétique et par des miracles, comme jadis Moïse, au passage de la mer Rouge.
Voir :
| Prophétie | Chapitre |
|---|---|
| 8e | 11, v. 11. |
| 19 |
6° Temps déterminé, fixé de Dieu pour la délivrance : il ne manquera pas de venir ; destruction des pécheurs et des impies ; les méchants seront anéantis pendant les tribulations des jours messianiques, et les justes auront la terre sainte en héritage.
Voir :
| Prophétie | Chapitre |
|---|---|
| 23e | 34, v. 8. |
| 24 |
7° L’exil sera long et très prolongé ; la délivrance n’arrivera qu’après un temps très éloigné ; voir prophétie vingt-huitième, chapitre 49, v. 14.
8° Au temps de la délivrance, Dieu et l’esprit prophétique résideront de nouveau en Israël, la science et la sagesse s’y multiplieront :
| Prophétie | Chapitre |
|---|---|
| 8e | 11, v. 9. |
| 11 | 18, v. 4. |
| 25 | 40. |
| 33 | 60. |
9° Au temps de la rédemption, reviendront à Dieu tous les impies en Israël qui avaient quitté la foi et s’étaient mêlés avec les autres peuples, soit par force, soit par erreur ; ils se repentiront et retourneront au Dieu de leurs ancêtres, car ils étaient du peuple-troupeau de Dieu ; sortis du troupeau, ils y rentreront :
| Prophétie | Chapitre |
|---|---|
| 26e | 43. |
| 32 | 59, v. 20. |
| 35 | 66, v. 20. |
10° Au temps de la rédemption, il régnera un roi de la maison de David, homme de science, homme juste : Prophétie huitième, chapitre 11.
11° Jamais, après cette rédemption, les Israélites ne retourneront de nouveau en exil, car Dieu purifiera leur cœur, ils ne feront plus de folie ni de péché, ils seront tous des hommes justes, et posséderont le pays à tout jamais.
| Prophétie | Chapitre |
|---|---|
| 29e | 51, v. 22. |
| 31 | 54, v. 9. |
| 33 | 60, v. 18. |
| 34 | 65, v. 12. |
12° Après la rédemption, le plus grand nombre des peuples adopteront la foi de Dieu, et ne serviront qu’un seul Dieu.
| Prophétie | Chapitre |
|---|---|
| 21e | 2. |
| 11 | 18. |
| 12 | 19. |
| 33 | 60. |
13° Après la rédemption et la vengeance accomplies, il y aura à tout jamais paix dans le monde, et on ne s’appliquera plus aux arts de la guerre.
| Prophétie | Chapitre |
|---|---|
| 2e | 2, v. 4. |
| 8 | 11, v. 6. |
| 12 | 19, v. 22. |
| 24 |
14° Au temps de la rédemption, ou près de ce temps, Dieu fera des prodiges extraordinaires, ressuscitera les morts.
| Prophétie | Chapitre |
|---|---|
| 2e | |
| 28 | 49, v. 14. |
| 35 | 66, v. 10. |
Tels sont donc les quatorze faits principaux qu’Isaïe a prédits devoir arriver à l’époque de la rédemption ; nul doute donc que la faculté divine n’ait été très forte chez lui[6] ; or, les autres prophètes ont seulement touché quelques-uns de ces faits ; mais aucun d’eux ne s’est élevé à la hauteur d’Isaïe, et n’a parlé de tous les quatorze. Nous allons énumérer le nombre et le genre de ces faits pour chaque prophétie :
| Jérémie | 8 | Savoir : 1, 2, 3, 4, 7, 8, 10, 11. |
| Ézéchiel | 10 | 1, 2, 3, 4, 8, 10, 11, 12, 13, 14. |
| Osée | 8 | 1, 3, 4, 5, 8, 10, 11, 12. |
| Joël | 7 | 1, 2, 3, 6, 8, 11, 12. |
| Amos | 5 | 1, 2, 3, 5, 11. |
| Obadiah | 5 | 1, 2, 3, 4, 8. |
| Michée | 11 | 1, 2, 3, 4, 5, 6, 8, 10, 11, 12, 13. |
| Habacuc | 6 | 1, 2, 3, 6, 7, 8. |
| Saphaniah | 8 | 1, 2, 3, 6, 7, 8, 11, 12. |
| Haggi | 4 | 1, 3, 8, 13. |
| Zacharie | 11 | 1, 3, 4, 5, 6, 8, 10, 11, 12, 13, 14. |
| Malachie | 4 | 1, 4, 12, 14. |
| Jonas | 0 | |
| Nahum | 0 |
Car le verset de Nahum : הנה על ההרים רגלי מבשר les pieds de l’annonciateur sont sur les montagnes (2, 1), est relatif à la construction du second temple ; c’est ce qui est évident par la fin du même verset : חגי יהודה חגי שלמי נדריך וגו׳ célèbre tes solennités, Iehouda, acquitte tes vœux, etc.
Ainsi, tout ce que les prophètes ont prédit, Isaïe l’a prédit avant eux, et il a annoncé beaucoup de faits que les autres n’ont pas indiqués ; il est vrai qu’Ézéchiel parle de l’agrandissement futur de la terre d’Israël et de Jérusalem, du partage de la terre entre les tribus, de la construction du temple à venir, Jérémie parle aussi de cet agrandissement, et encore quelques autres prophètes ; mais tout cela n’était pas inconnu à Isaïe, car il a dit : הרחיבו מקום אהלך élargis l’enceinte de ta tente (54, 2). — Il a dit : כי ימין ושמאל תפרצי car tu t’étendras à droite et à gauche (54, 3).
L’acquisition du pays comprend le partage, et le séjour de la divinité comprend la future construction du temple.
Ainsi il est donc prouvé que, par la matière, le livre d’Isaïe l’emporte sur les livres des autres prophètes.
Cinquième raison. — But.
Le but du livre est d’annoncer à l’homme sa véritable destination, de lui faire connaître la destruction du monde, sa fin. Or, relativement à la destination de l’homme, il règne parmi les savants de notre nation une diversité d’opinions. Maïmonide croit que les récompenses et les peines sont particulières à l’âme dès sa séparation d’avec le corps et dans le monde des âmes ; avec cela il admet aussi la résurrection des morts, c’est-à-dire, que par une voie miraculeuse les âmes seront de nouveau réunies aux corps[7]. Il y a un passage dans Isaïe qui se rapporte à cette opinion.
Dans la prophétie trente-troisième (55, 2) ; שמעו שמוע אלי ואכלו טוב ותתענג בדשן נפשכם écoutez-moi bien, et vous mangerez ce qui est bon, et votre âme se délectera de moelle, etc.
On voit par là que la récompense consiste dans la volupté réservée à l’âme après qu’elle s’est séparée du corps ; telle est la première opinion. La seconde est que la récompense ne consiste pas uniquement dans celle qui est réservée à l’âme dans le monde des âmes, mais qu’elle consiste principalement dans la volupté réservée à l’âme et au corps réunis, après la résurrection des morts, c’est le temps qui suit la résurrection qu’on appelle עולם הבא monde à venir. À la tête de ceux qui soutiennent cette seconde opinion sont, le Gaôn rabbi Saadia, Raschi, le Ramban dans son ouvrage intitulé שער הגמול[8]. Cette seconde opinion se trouve aussi dans Isaïe (58, 11) ונחך י״י תמיד והשביע Iehovah te conduira toujours. Puisque la récompense est dans le monde de la résurrection, le prophète a réuni dans ce verset les deux opinions.
Maïmonide a consigné son opinion d’une manière très concise, dans son commentaire sur la Mischnah[9], et aussi dans une lettre qui traite spécialement de la résurrection. Mais les savants ne sont pas d’accord avec lui sur une partie de ses principes, tels qu’il les a énoncés ; Saadia[10], dans son ouvrage ספר האמונה, a accumulé sur cette matière beaucoup d’arguments, de questions et de réponses ; mais ce qu’il dit est encore sujet à bien des doutes ; il en est de même des écrivains postérieurs : le Ramban, le rabbi Chasdaï et d’autres. Moi, dans mon ouvrage intitulé צדק עולמים[11] Justice des siècles, j’ai étendu mes recherches, j’ai examiné toutes les parties et embranchements, discuté les objets, et j’ai séparé dans les opinions ce qui est exact de ce qui ne l’est pas. Dans mon ouvrage נחלת אבות Héritage des pères (chapitre 4)[12], j’ai établi quatorze principes fondamentaux relatifs à la résurrection ; ils y sont consignés au chap. 4 sur la Mischnah : הילודים למות והמתים להחיות les enfants sont destinés à la mort, et les morts à revivre (Aboth, ch. 4, § 21) ; c’est pourquoi qu’ici j’en ferai seulement mention, et j’insisterai sur les explications de ces principes qu’Isaïe a donnés ; mais il ne faut pas s’attendre à ce que je développe les arguments, les preuves, les objections, les réponses et les opinions des savants, sur chaque principe : mon but est seulement de faire voir combien de principes Isaïe a indiqués. Il a vu sur la résurrection plus que tous les autres prophètes ensemble ; il a prophétisé sur cette matière en six endroits :
| Prophétie | Chapitre | |
|---|---|---|
| 1 | 2e | chap. 2, v. 2. |
| 2 | 11e | ch. 18. |
| 3 | 20e | ch. 24, v. 15. |
| 4 | 27e | ch. |
| 5 | 28e | ch. 49, v. 14. |
| 6 | 35e | ch. 66, v. 5. |
Il est évident pour moi que dans ces six endroits Isaïe a prophétisé la résurrection, ainsi que je le démontrerai dans mon commentaire ; de ses paroles il résulte quatorze principes : je vais les rassembler ici un à un, et m’étendre là-dessus.
Principe premier. — L’essence de la résurrection.
Les âmes reviendront pour ranimer les corps des morts : Prophétie vingtième יחיו מתיך נבלתי יקומון הקיצו ורננו שכני עפר tes morts ressuscitent, les cadavres se relèvent, les endormis dans la poussière s’éveillent et jubilent (26, 19). C’est ainsi que l’ange dit à Daniel ורבים מישני אדמת עפר יקיצו beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière s’éveilleront (Daniel, 12, 2). L’épithète endormis nous apprend qu’ils sont dans le tombeau comme livrés au sommeil, que les âmes reviendront : et ils seront comme les autres vivants, c’est relativement à ceci que le prophète dit : ואוספו אספה אסיר על בור וסוגרו על מסגר captifs ils seront amoncelés dans la prison et renfermés dans la geôle (Is. 24, 22) ; cela signifie qu’ils seront dans le même état que s’ils n’étaient pas morts ; seulement ils étaient enchaînés dans une prison, et en sont sortis ; il dit בלע המות לנצח il détruit la mort pour jamais (25, 8). Cela veut dire que la mort n’est pas un état absolu, mais transitoire et détruit par la résurrection.
Deuxième principe. — Identité.
La résurrection ne consiste pas dans le retour de l’âme dans un corps quelconque, différent de celui qu’occupait l’âme précédemment, comme le croient les savants chrétiens ; car, s’il en était ainsi, la résurrection ne serait qu’une transmigration ; l’opinion orthodoxe est que la même âme retournera dans le corps formé identiquement des mêmes éléments que le premier : c’est ce que le prophète annonce dans deux endroits : prophétie onzième כי כה אמר י״י אלי אשקוטה ואביטה במכוני car ainsi m’a parlé Iehovah : Assis tranquillement dans ma demeure, je regarde (18, 4). Le prophète se repose, c’est-à-dire meurt, et puis regarde son séjour ; c’est-à-dire, revoit son premier corps ; et il définit cette nouvelle vie : כחם צח עלי אור כעב טל בחם קציר par un temps serein à la clarté du soleil, par un temps de fine pluie, dans l’ardeur de la moisson (18, 4) ; et prophétie vingtième כי ארבות ממרום נפתחו וירעשו מוסדי ארץ car les fenêtres des cieux seront ouvertes ; les fondements de la terre seront ébranlés (24, 18). Quand l’âme reviendra, la terre sera ébranlée, cela veut dire, que les éléments du corps se réuniront de nouveau ; l’effet résultant, les forces développées dans ces combinaisons sont désignées par le mot רעש ébranlement ; là-dessus, il ajoute : רעה התרועעה ארץ פור התפוררה ארץ de secousses est secouée la terre, de crevasses se crevasse la terre (24, 19).
Principe troisième. — L’agent de la résurrection est Dieu.
D’anciens philosophes indiens ont établi et admis la résurrection. Mais ils pensent qu’elle est une conséquence nécessaire des lois de la nature, du mouvement et de la position des planètes et des étoiles ; lorsque cette position redevient la même, tout dans la nature reprend sa première face ; et ils ont avancé des opinions étranges sur la durée de cette période. Les uns donnent au monde une durée de 4 320 000 années[13] ; d’autres 36 000 années et d’autres encore 360 000 années ; il y en a qui lui assignent 12 000 ans ; autant de mille années que de constellations zodiacales ; ou bien encore 49 000 années, autant que de planètes, chacune des sept devant gouverner 7 000 ans ; d’autres enfin 7 000, chaque planète ne devant gouverner que 1 000 ans : voir l’ouvrage du Nassi rabbi Abraham ben Chaie, intitulé מגלת המגלה ; il rapporte et réfute ces assertions victorieusement ; ainsi, selon ces philosophes, la résurrection ne serait qu’un effet naturel, et l’état des choses reviendrait naturellement au même point que lors de la création, tandis qu’Isaïe, qui était dans les secrets de Dieu, nous apprend que la résurrection s’opère miraculeusement, et que Dieu seul, et non l’ordre naturel des choses, en sera l’agent ; ainsi, prophétie vingtième והיה ביום ההוא יפקד י״י על צבא המרום במרום en ce jour Iehovah punira les puissances d’en haut en haut (24, 19). C’est par cette raison que la résurrection est appelée יום י״י le jour de Iehovah ; parce qu’elle aura lieu par une voie miraculeuse, par la volonté divine, comme la création ; et non pas selon les lois ordinaires de la nature.
Principe quatrième. — Mode de la résurrection.
Il s’est élevé chez les anciens beaucoup de doutes sur le mode de la résurrection, non seulement parmi les Musulmans et les Chrétiens, mais encore parmi les savants israélites. Comment est-il possible de rétablir le premier corps, dont tous les éléments sont détruits ou dispersés en tous sens ? Les pieds de quelques-uns de nos savants modernes ont glissé sur cette matière. Ils ont dit que la résurrection des morts n’était qu’une parabole, ayant rapport à la réunion des exilés ; et que ce verset : הקיצו ורננו שכני עפר réveillez-vous et poussez des cris d’allégresse, vous qui demeurez dans la poussière (26, 19), est analogue à ce verset : מקימי מעפר דל qui relève de la poussière le pauvre (Ps. 113, 7), et que la résurrection doit s’entendre comme dans ce v. : יחיינו מיומים ביום השלישי יקמנו ונחיה לפניו il nous ranime après deux jours, le troisième jour il nous relève, pour que nous vivions devant lui (Os. 6, 2). Mais cette assertion est contraire à l’essence de l’Écriture sainte ; c’est une véritable négation, car la résurrection est établie par la Torah, et a été admise par les autres peuples. Mais comment le corps peut-il revenir dans son premier état ? Voilà là-dessus l’opinion du Gaôn (Saadiah) : Le corps de l’homme en mourant ne retourne pas dans la masse des éléments, pour se mêler avec eux en totalité ; mais certaines particules du corps, choisies, distinguées, restent en réserve ; les autres, résidus, de rebut, n’entrent pas dans le corps ressuscité. Dans un autre endroit, le Gaôn émet une opinion plus satisfaisante. Il dit qu’au temps de la résurrection Dieu renouvellera et créera des corps, en faisant tomber la rosée céleste sur la poussière, comme il a fait pour Adam ; ces corps seront comme les premiers, ni plus ni moins, et de la même composition ; et comme le caractère et les facultés sont une conséquence de la composition, il s’ensuit que les corps seront comme les premiers, sans aucun changement ; et il en sera de l’âme comme de la partie matérielle. La même différence individuelle caractérisera cette âme, comme celle qui existait ou animait le corps la première fois ; c’est ce que dit le prophète : כי כה אמר י״י אלי אשקטה ואביטה במכוני כחום צח עלי אור כעב טל בחם קציר car ainsi m’a parlé Iehovah : assis tranquillement dans ma demeure, je regarde par un temps serein à la clarté du soleil, par un temps de fine pluie dans l’ardeur de la moisson. Sa demeure, son corps aura même chaleur, même humidité naturelles ; en général, les mêmes forces, les mêmes facultés ; il dit encore : יחיו מתיך נבלתי יקומון הקיצו ורננו שוכני עפר כי טל אורות טליך וארץ רפאים תפיל que tes morts revivent, que tes cadavres se relèvent ; réveillez-vous et poussez des cris d’allégresse, vous qui demeurez dans la poussière, car ta rosée est une rosée vivifiante, la terre rejette tes ombres (Isaïe, 26, 19). Il nous apprend ici qu’une rosée descendra des cieux sur la poussière, que cette rosée aura une vertu virile génératrice, et que Dieu douera la poussière d’une faculté femelle conceptrice et formatrice.
Principe cinquième. — Le but de la résurrection.
Il est de la nature de tout agent d’avoir un but déterminé ; à plus forte raison quand les actions ont Dieu pour auteur, l’existence d’un but est de toute certitude ; nous devons donc rechercher quel peut être le but d’un fait si prodigieux ; pourquoi l’âme, après avoir été dans la région spirituelle pour recevoir sa peine et la récompense qui lui est due, pourquoi résidera-t-elle une seconde fois dans un corps détruit depuis qu’elle en sortit ? Maïmonide n’a pas pu trouver de réponse à cette question (voir sa lettre sur la résurrection). Le Gaôn dit, que l’ouvrier complet étant une synthèse de corps et d’âme, le but de la résurrection est de traiter cet ouvrier complet, selon ses œuvres, bonnes ou mauvaises. Le Ramban, rabbi Chisdaï et les autres savants, se sont rangés de cet avis ; mais dans mon ouvrage צדק עלמים, j’ai fait voir le vide de cette opinion. Est-ce que les récompenses et les punitions sont seulement pour l’âme ? Est-ce que les corps n’y sont pas assujettis ? et s’il est absolument nécessaire que le corps soit puni, pourquoi ne serait-ce pas dès ce monde-ci ? Est-il nécessaire d’avoir recours à une résurrection ? C’est pourquoi je dis, qu’il y a dans ce fait un but particulier aux Israélites et un but général pour eux et tous les peuples, le but particulier aux Israélites est que les justes d’entre eux qui sont morts malheureux, contrits, pendant l’exil, puissent jouir des douceurs de la délivrance future. C’est ce que mentionne Isaïe dans sa vingtième prophétie ; מתים בל יחיו רפאים בל יקומון ils sont morts, ne revivent plus ; des ombres, et ne se relèvent plus (26, 14). À cette plainte, Dieu répond : יחיו מתיך נבלתי יקומון tes morts revivent, tes cadavres se relèvent ; ainsi que nous l’expliquerons en son lieu amplement. De même le prophète dit : מי שמע כזאת ומי ראה וגו׳ qui a entendu cela ? qui a vu ? etc. (66, 8).
But général pour tous les peuples.
Tous ont des croyances défectueuses, des coutumes vicieuses ; les uns adorent le soleil, la lune ; les autres, autres choses qu’ils qualifient divines ; tous manquent au vrai but pour lequel ils sont créés. Afin donc que le genre humain ne soit pas créé pour rien, pour chose vaine, Dieu a voulu montrer à ces peuples la voie qu’ils doivent suivre, les actions qu’ils doivent faire ; c’est pourquoi Dieu fera une innovation sur la terre en faisant revivre les morts. Parmi ceux-ci on verra des hommes parfaits, des prophètes, des savants distingués dont le nom est répandu dans le monde ; et aussi des méchants, des rois, des empereurs, les grands de la terre ; on y verra ceux qui sont morts récemment et qui seront connus de plusieurs ; tous déposeront d’une voix unanime : « Iehovah est Dieu, Iehovah est un, et son nom est un ; nos ancêtres nous ont transmis rien que mensonge ; vanité, inutilité ; Moïse et sa loi sont la vérité. » Quand les hommes verront donc ces œuvres de Dieu, comme elle est terrible ; quand les ressuscités publieront les récompenses décernées aux justes, et les punitions des méchants et des pécheurs, les cœurs des hommes seront émus ; ils quitteront leurs idoles et la fausseté de leur culte ; ils écouteront les paroles des ressuscités et ne suivront plus leurs anciens errements ; c’est là le grand jour de Iehovah, annoncé par les prophètes :
ביום ההוא נכון יהיה הר בית י״י בראש ההרים en ce jour la montagne de la maison de Iehovah s’avancera à la tête des montagnes (2, 2).
והלכו עמים רבים plusieurs peuples partiront (ibid. 3).
כי יום לי״י צבאות על כל גאה ורם car c’est le jour de Iehovah Tsebaoth, sur tout ce qui est orgueilleux et haut (ibid. 12).
מכנף הארץ זמירות שמענו צבי לצדיק de l’extrémité de la terre nous entendons des chants : « Gloire au juste ! » (ibid. 24, 16).
ובלע בהר הזה פני הלוט וגו׳ il détruit sur cette montagne le voile qui couvre, etc. (ibid. 25, 7).
Tout ce chapitre sera expliqué dans ce sens, celui dans lequel il a été sans contredit écrit.
Principe sixième. — La matière de la résurrection.
Qui sera ressuscité ? seront-ce tous les hommes qui ont vécu depuis la création jusqu’à cette époque ? Impossible, il n’y aurait pas assez de place pour eux sur la terre. Et si tous ne se relèvent pas, la résurrection se fera-t-elle au hasard, arbitrairement ? Le Gaôn, Maïmonide, le Ramban, le rabbi Chisdaï et ses disciples, ont tous dit et conclu que les justes en Israël ressusciteront seuls et pas d’autres. Ils s’appuient sur ce que disent nos sages dans Bereschit Rabbah ; (בראשית רבה) גבורת גשמים לצדיקים ולרשעים אבל תחיית המתים לצדיקים לבד. la pluie sert aux bons et aux méchants ; mais la résurrection sera pour les justes seuls. Cette opinion paraît étrange, car l’Écriture dit : ורבים מישני אדמת עפר יקיצו אלה לחיי עולם ואלה לחרפות לדראון עולם beaucoup d’entre les dormeurs dans la poussière s’éveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour la honte et la putréfaction éternelle. (Dan. 12, 2). Si les justes seuls ressuscitaient, nul doute qu’ils ne seraient fort comptables, un enfant pourrait les écrire, et comment dans ce sens peut-on expliquer le mot רבים, beaucoup ? D’autant moins que le v. proclame que les uns seront pour la vie, et les autres pour la honte éternelle, et Isaïe dit : ויצאו וראו בפגרי הפושעים בי ils sortiront et verront les cadavres des hommes qui ont prévariqué (66, 24).
Ce verset montre donc que les méchants aussi seront ressuscités pour recevoir leur punition ; ce dogme a même pris racine chez les autres nations ; là-dessus ils professent la vérité. Quant au passage du Bereschit Rabbah, il ne réserve pas la résurrection aux bons en excluant les méchants, mais il établit pour eux une différence dans le résultat. La pluie est également utile aux bons et aux méchants ; elle fait germer les fruits des uns et des autres : il n’en sera pas ainsi de la résurrection ; l’avantage sera entièrement pour les justes et non pour les méchants, qui confesseront leurs péchés, et leur punition sera publiée devant tout le monde.
Nous pouvons dire aussi que ce passage du Bereschith Rabbah, cité comme venant du rabbi Abahou (רבי אבהו) dans le Talmud (מסכת תעניות), n’est pas admis par tous les sages : le rabbin Jossef le combat, et ce Rab dit : Comme cette doctrine équivaut à une résurrection des morts, ils l’ont rattachée à la résurrection, et le Talmud admet ce qu’il y a d’essentiel dans les paroles du rabbi Jossef, ainsi que je l’ai expliqué dans mon ouvrage צדק עולמים Tsedek olamim. Le prophète Isaïe dit même que des justes d’entre les autres nations se réveilleront dans toutes les contrées et régions de la terre, c’est-à-dire dans toute contrée, il ressuscitera des hommes choisis comme témoins dignes de confiance, pour publier la foi et les dogmes de Dieu : c’est le contenu de la onzième prophétie : הוי ארץ צלצל כנפים וגו׳ ah ! pays sous l’ombrage des voiles (18, 1).
Dans la prophétie vingtième, il dit au même sujet : ועשה י״י צבאות לכל העמים בהר הזה משתה שמנים משתה שמרים Iehovah Tsebaoth prépare pour tous les peuples sur cette montagne un repas d’aliments gras, un repas de vieux vins (Isaïe, ch. 25, v. 6).
Dans l’ouvrage intitulé פרקי דרבי אליעזר les sages interprètent ainsi le verset suivant : יחיו מתיך נבלתי יקומון que tes morts revivent, que les cadavres se relèvent (26, 18) ; tous les morts ressusciteront, excepté les contemporains du déluge ; car il est dit : מתים בל יחיו רפאים בל יקומו (26, 14), ce sont les peuples dont les cadavres sont ceux des animaux ; יקומו ils se relèveront, mais לא יחיו ils ne vivront pas ; et dans la prophétie vingt-septième il dit, parlant de la résurrection, ainsi que je l’expliquerai en son lieu : כל הנקרא בשמי ולכבודי בראתיו וגו׳ quiconque est appelé par mon nom, que pour mon honneur j’ai créé (43, 7) ; כל הגוים נקבצו יחדיו ויאספו לאומים que toutes les nations se rassemblent, et que les peuples se réunissent (ibid. v. 9) ; car les ressuscités publieront la vérité de la foi de Dieu, et de ses punitions dans l’enfer ; c’est pourquoi il dit : יתנו עדיהם ויצדקו וישמעו ויאמרו אמת אתם עדי נאם י״י ועבדי אשר בחרתי בו qu’ils produisent leurs témoins et se justifient, pour qu’on entende et dise : c’est vrai ! Vous êtes mes témoins, dit Iehovah, et mon serviteur que j’ai choisi (9 et 10) ; il veut dire par là, vous, vous êtes témoins pour les peuples, et les serviteurs que j’ai choisis sont témoins pour Israël.
Principe septième. — Figure et maintien des ressuscités.
Le corps de l’homme change de jour en jour, d’après les aliments et les objets qui lui viennent du dehors : des changements s’opèrent en lui depuis la naissance jusqu’à la puberté, de là à la maturité, de là à la vieillesse et à la caducité. Il est donc convenable de savoir dans lequel de ces divers états revivra l’homme, est-ce comme jeune homme ? comme vieillard ? La réponse à cela est que l’homme renaîtra dans le même état qu’il était lors de sa mort ; nos sages vont jusqu’à dire que les hommes renaîtront avec les infirmités qu’ils avaient lors de la mort, afin qu’ils soient plus faciles à reconnaître, et que leurs paroles fassent plus d’impression ; c’est là le sens du verset : והשיב לב אבות על בנים ולב בנים על אבותם il tournera le cœur des pères vers les fils, et le cœur des fils vers leurs pères (Malach. 3, 24). Isaïe dit : ובלע בהר הזה פני הלוט הלוט על כל העמים il détruit sur cette montagne le voile, le voile qui couvre tous les peuples (25, 7). Cela veut dire, que Dieu découvrira ceux qui sont cachés dans la poussière, c’est pourquoi on répète הלוט הלוט pour dire, ils se relèveront là tout comme ils étaient couchés là.
Principe huitième. — La reconnaissance des parents et des amis.
La connaissance que nous avons des personnes est fondée sur l’extérieur, sur les apparences corporelles. Or, comme les ressuscités revivent identiquement les mêmes en corps et en âme, ils seront facilement reconnus, et produiront plus d’effets ; c’est pourquoi, ainsi qu’il a été dit ci-dessus, ils reviendront avec leurs défectuosités. Les sages ont dit : והקמנו עליו שבעה רועים ושמנה נסיכי אדם j’établirai sur lui sept bergers et [huit] princes d’Édom. Qui sont ces sept bergers ? Nous savons par tradition que c’est David, ayant à sa droite Seth, Enoch, Mathousalem, et à sa gauche, Abraham, Jacob, Moïse. Qui sont ces huit chefs ? Nous savons par tradition que ce sont Jessé, Saül, Samuel, Amos, Zaphanie, Ézéchiel, Élie, le Messie : à ce sujet Isaïe dit : אתם עדי נאם י״י ועבדי אשר בחרתי vous êtes mes témoins, dit Iehovah, et mon serviteur que j’ai choisi. Les ressuscités reconnaîtront ceux qui sont d’Israël et ceux qui sont des autres nations.
Principe neuvième. — Manière de vivre des ressuscités.
Ils mangeront, boiront et se serviront de tous les sens ; telle est l’opinion de Maïmonide ; ils n’auront pas des membres et des sens pour rien, c’est ce qu’annonce Isaïe dans la prophétie trente-cinquième : למען תינקו ושבעתם משוד תנחומיה למען תמוצו והתענגתם מזיו כבודה afin que vous suciez le sein de ses consolations et en soyez rassasiés, pour que vous le pressiez et soyez délectés de l’éclat de sa gloire (66, 11) ; il dit ailleurs : וראיתם ושש לבכם ועצמותיכם כדשא תפרחנה vous le verrez, votre cœur sera réjoui, vos os se ranimeront comme l’herbe (ibid. v. 14). Pour nous apprendre qu’ils jouiront des plaisirs des sens dans la terre d’élite.
Principe dixième. — Punition des méchants.
Les méchants et les gens des autres nations en ressuscitant seront punis corporellement aux yeux de tout le monde, et justice publique sera faite sur eux, afin que les hommes apprennent par les châtiments, que ces gens n’avaient proféré que le mensonge et méritaient ainsi leur sort : à ce sujet Isaïe dit dans sa dernière prophétie : ויצאו וראו בפגרי האנשים הפושעים וגו׳ ils sortiront, etc. (ibid. v. 24).
Principe onzième. — Fin de l’orgueil.
Au siècle de la résurrection, il n’y aura plus ni orgueil ni superbe chez les hommes. En voyant les ressuscités ils s’humilieront et reconnaîtront que leurs pensées étaient vides, et leurs actions salies ; que le salut, le vrai bonheur consiste dans la foi complète, à servir Dieu et à l’aimer ; ainsi les honneurs, les grandeurs paraîtront vils à leurs yeux. Au jour de la mort il n’y a plus de sultan ; c’est ce qu’Isaïe déclare dans la seconde prophétie : כי יום לי״י צבאות על כל גאה ורם וגו׳ car c’est le jour de Iehovah Tsebaoth sur tout ce qui est orgueilleux et haut (2, 12). ושח גבהות האדם ושפל רום אנשים ונשגב י״י לבדו ביום ההוא l’orgueil de l’homme sera dompté, l’arrogance des superbes humiliée, Iehovah seul sera exalté en ce jour (ibid. v. 17).
Principe douzième. — Égalité universelle.
Au siècle de la résurrection il n’y aura plus ni rois, ni seigneurs : il y aura égalité universelle comme au siècle d’Adam. À quoi bon les rois ? est-ce pour faire des guerres ? mais la paix régnera sur toute la terre ; on ne craindra personne. Est-ce pour exercer la justice ? Mais la justice émane de Dieu ; Dieu sera le seul roi sur la terre : והיה י״י למלך על כל הארץ Iehovah sera roi sur toute la terre (Zach. 14, 9). Dieu sera roi sur toute la terre ; à ce sujet Isaïe dit : כי מציון תצא תורה ודבר י״י מירושלם ושפט בין הגוים וגו׳ car de Tsione provient la doctrine, et de Ierouschalaïme la parole de Iehovah. Il devient juge parmi les nations (Is. 2, 3, 4).
Principe treizième. — Fin de l’idolâtrie.
Au siècle de la résurrection, toute espèce d’idolâtrie, le culte des images des sculptures seront détruits ; car les ressuscités verront que c’est la cause de leurs condamnations. Isaïe dit là-dessus : והאלילים כליל יחלוף וגו׳ quant aux idoles, c’est entièrement fait d’eux (Is. 2, v. 18), et ensuite ישליך האדם את אלילי כספו ואת אלילי זהבו וגו׳ l’homme jettera ses idoles d’argent et ses idoles d’or, etc. (Ibid. v. 20). Il s’explique aussi sur la foi de Jésus : on cessera d’y croire, de la suivre ; car c’était un homme, comme chacun de nous : אשר נשמה באפו כי במה נחשב הוא dans les narines duquel est un souffle, de quelle valeur est-il donc ? (ibid. v. 22) Il dit sur le même sujet : מכנף הארץ זמירות שמענו צבי לצדיק וגו׳ de l’extrémité de la terre, nous entendons les chants : « Gloire au juste ! » Le mot כנף signifie quelque chose qui est caché ; c’est ainsi que s’explique Maïmonide, comme dans ce verset : ולא יגלה כנף אביו ne découvre pas le pan (de la couverture) de son père (Deut. 23, 1) ; les peuples que cachait la terre diront : Nous avons entendu des chants. Honneur au juste ! c’est-à-dire, dans le monde des âmes, il y aura une grande récompense, grande gloire pour le juste, qui est Israël ; c’est pourquoi les peuples se lamenteront : רזי לי רזי לי אוי לי בוגדים בגדו la misère pour moi ! la misère pour moi ! malheur à moi ! les pillards pillent (24, 16). Ce sont les fondateurs de leur culte et les savants venus après eux qui les entraînent derrière eux dans des voies fausses et des croyances fallacieuses.
Principe quatorzième. — Époque.
Le temps de la résurrection sera au temps de la rédemption ou très près ; c’est pourquoi le prophète rapprochait toujours la mention de la résurrection de celle de la rédemption ; ainsi, dans la onzième prophétie, Isaïe dit : אשקטה ואביטה במכוני assis tranquillement dans ma demeure, je regarde (18, 4), et auparavant il a dit : כי לפני קציר כתם פרח ובסר גמל יהיה נצה וכרת הזלזלים וגו׳ mais avant la moisson, quand le bourgeon s’épanouit, la fleur devient un raisin mûrissant, il (Iehovah) coupe les sarments, etc. (ibid. v. 5). Et dans la vingtième prophétie, après avoir dit : והיה יחיו מתיך וגו׳ il ajoute de suite : וביום ההוא יתקע בשופר גדול il arrivera en ce jour qu’il fera sonner avec la grande trompette (27, 13) ; et dans la prophétie vingt-septième : אל תירא עבדי יעקב כי אתך אני ממזרח אביא זרעך וגו׳ ne crains rien, mon serviteur Jacob, car je suis avec toi ; de l’orient je ramène ta race (44, 2, et 43, 5) ; et après : כל הנקרא בשמי ולכבודי בראתיו יצרתיו אף עשיתיו quiconque est appelé par mon nom, que pour mon honneur j’ai créé, j’ai formé et (aussi) achevé (43, 7) ; et les autres versets de ce chapitre ainsi qu’ils seront expliqués.
Tels sont donc les quatorze principes qu’Isaïe a établis sur la résurrection, de même qu’il a fait quatorze témoignages relativement à la rédemption. Dans cette matière aussi la main de Dieu était avec lui ; c’est ce qu’on ne rencontre chez aucun autre prophète ; quoique Ézéchiel ait parlé de la résurrection, ainsi que Zacharie et Malachie, toutefois ils n’en ont expliqué que peu de principes. De tout ceci il résulte bien clairement que le prophète Isaïe, relativement à la destinée de l’homme, a vu des choses que n’ont vues ni Ézéchiel ni les autres prophètes.
Quant à la destinée du monde, c’est-à-dire, à sa destruction, à sa fin, Isaïe prédit que le monde périra. Dans la prophétie vingt-huitième il dit : שאו לשמים עיניכם והביטו אל הארץ מתחת כי שמים כעשן נמלחו והארץ כבגד תבלה ויושביה כמו כן ימותון וגו׳ élevez vos yeux vers le ciel, et prolongez-les en bas, vers la terre, car les cieux se dissipent comme la nuée ; la terre s’effile comme un vêtement ; ses habitants périssent également (51, 6) ; et dans la prophétie trente et unième : כי ההרים ימושו והגבעות תמוטינה que les montagnes s’éloignent, que les collines chancellent (54, 10) ; il a prédit la fin du monde, ce que n’a fait aucun autre prophète. Ainsi, sous le rapport de la perfection, son livre méritait d’être placé avant les autres, à cause de ces cinq motifs ci-dessus rapportés ; et les anciens ont donc très bien placé Isaïe en tête des autres livres prophétiques, et moi aussi j’ai suivi cette marche, en commentant Isaïe le premier ; et afin d’aider la mémoire, j’ai classé les prophéties, comme on le verra ci-dessous, selon leur contenu et leur liaison ; j’ai considéré chaque prophétie à part, et j’ai préparé sur chacune six questions, méthode que j’ai déjà suivie pour les premiers livres prophétiques.
Au commencement de chaque prophétie j’en explique le sens, et lorsqu’il fallait s’étendre, je n’ai pas cru nécessaire d’abréger. Il faut que j’avertisse de suite qu’on rencontre dans Isaïe plusieurs prophéties et de nature diverse, sur le même objet ; par exemple, il prédit plusieurs fois l’avènement de Sanchérib et la chute de Babylone ; il en est de même de la rédemption, de la résurrection, mais chacune de ces prophéties a une intention particulière. Les autres prophètes ont agi de même ; ainsi Jérémie prédit à diverses reprises la ruine de l’Égypte, selon que les idées variaient dans l’esprit du prophète, les expressions variaient aussi. Cette multiplicité de prophéties dépose de la vérité du témoignage et de la générosité du Tout-Puissant.
On trouve aussi chez tous les prophètes que tantôt ils désignent un peuple d’un nom masculin, comme peuple, et tantôt au féminin, comme une réunion d’hommes, tantôt au singulier et tantôt au pluriel, tantôt à la seconde personne, tantôt à la première, selon les convenances des sujets ; tantôt ils portent au passé des choses à venir ; dans leur transport prophétique, les événements futurs paraissent déjà accomplis, et tantôt ils transportent le passé dans l’avenir ; car le futur sert (en hébreu) à désigner le présent ; les prophètes se croient contemporains du passé.
Après avoir, avec le secours de Dieu, fait connaître tout cela, je vais passer à la classification mnémonique des prophéties contenues dans ce livre, ensuite je les expliquerai comme le ciel me l’inspirera : je mettrai mon espoir en Dieu, comme s’exprime l’excellent poète : טוב טעם ודעת למדני כי במצותיך האמנתי enseigne-moi l’intelligence et l’expérience, car je crois à tes commandements (Ps. 119, 66).
Matière, ordre et sections des trente-cinq prophéties d’Isaïe.
Prophéties.
1° Reproches adressés aux beni Juda sur leurs mauvaises actions, leur ingratitude envers Dieu ; exhortation à revenir vers Dieu, pour éviter le sort des dix tribus.
| cinq sections : | Chapitre 1 | v. 1. |
| Ibid. | v. 9. | |
| Ibid. | v. 17. | |
| Ibid. | v. 21. | |
| Ibid. | v. 25. |
2° Tous les peuples honoreront Dieu et observeront sa loi : destruction de l’idolâtrie, résurrection des morts.
| trois sections : | Chapitre 2 | v. 1. |
| Ibid. | v. 5. | |
| Ibid. | v. 12. |
3° Mauvaise vie des chefs et des habitants, hommes et femmes, de Juda et de Jérusalem.
| cinq sections : | Chapitre 3 | v. 1. |
| Ibid. | v. 13. | |
| Ibid. | v. 15. | |
| Ibid. | v. 25. | |
| Chapitre 4 | v. 2. |
4° Exil des dix tribus, ruine de Samarie ; les causes.
| sept sections : | Chapitre 5 | v. 1. |
| Ibid. | v. 8. | |
| Ibid. | v. 11. | |
| Ibid. | v. 18. | |
| Ibid. | v. 20. | |
| Ibid. | v. 21. | |
| Ibid. | v. 23. |
5° Vision céleste du prophète ; grandeur de Dieu ; vocation du prophète ; châtiments. Sans sections.
6° Expédition [de] Retzine, roi d’Aram, et de Pekach ben Ramaliah, contre Jérusalem ; annonce de l’arrivée de Sanchérib et de sa défaite par Ézéchias ; prospérité au temps d’Ézéchias ; ruine de Damas et de Samarie.
| douze sections : | Chapitre 7 | v. 1. |
| Ibid. | v. 3. | |
| Ibid. | v. 7. | |
| Ibid. | v. 10. | |
| Ibid. | v. 18. | |
| Ibid. | v. 21. | |
| Chapitre 8 | v. 1. | |
| Ibid. | v. 6. | |
| Ibid. | v. 9. | |
| Ibid. | v. 11. | |
| Ibid. | v. 15. | |
| Ibid. | v. 18. |
7° Crime qui a amené l’exil des Israélites de Samarie, pour avoir abandonné Dieu et s’être livrés à l’idolâtrie ; avertissement successif qui lui a été donné de Dieu, mais toujours en vain ; châtiments divers jusqu’à l’exil ; exil par le roi d’Assur ; punition de celui-ci, à cause de son orgueil.
| sept sections : | 1 | Chapitre 9 | v. 7. |
| 2 | Ibid. | v. 14. | |
| 3 | Ibid. | v. | |
| 4 | Chapitre 10 | v. 1. | |
| 5 | Ibid. | v. 10. | |
| 6 | Ibid. | v. 10. | |
| 7 | Ibid. | v. 24. |
8° Il existe une grande diversité d’opinions sur la matière de cette prophétie : il y en a trois principales :
Première opinion. La prophétie se rapporte au roi Ézéchias : c’est de lui qu’on peut dire qu’il était : חטר מגזע ישי un rejeton du tronc de Iischaï (11, 1) ולא למראה עיניו ישפוט ולא למשמע אזניו יוכיח ne jugera pas d’après la vue de ses yeux, ne décide pas d’après le bruit qui vient à ses oreilles (v. 3) ושפט בצדק דלים il juge avec droiture les pauvres (v. 4), mais d’après beaucoup de recherches et de discussions ; le verset וגר זאב עם כבש le loup habitera avec la brebis (v. 6), fait allusion à la profonde paix qui régnait au temps de ce roi ; et à raison du merveilleux de ses actions, on dit de lui : שרש ישי אשר עמד לנס עמים le rejeton de Iischaï, placé comme une bannière pour les peuples (v. 10), et comme il vivait avec ses voisins dans une paix honorable, on dit : והיתה מנוחתו כבוד la magnificence sera sa demeure (ibid.). Les sciences et les connaissances étant alors très répandues, on dit : כי מלאה הארץ דעה car le pays est rempli de la connaissance, etc. (v. 9).
Deuxième opinion. La prophétie s’est accomplie au temps du second temple ; tout ce qu’on a dit précédemment d’Ézéchias se rapporte ici à Zéroubabel (זרובבל).
Troisième opinion. Les commentateurs chrétiens appliquent cette prophétie à Jésus : il est descendant de Jessé (v. 1) ; il avait d’excellentes qualités (v. 4) ; il a été enterré honorablement (v. 10, la fin) ; toutes les nations ont adopté sa loi (v. 6).
Toutes ces trois opinions s’éloignent plus ou moins du sens véritable de l’Écriture. En effet, à l’époque où cette prophétie a été dite, Ézéchias avait déjà vingt ans ; comment peut-on le désigner par le mot חוטר, rejeton, mot qui signifie un enfant à naître, et non un homme dans sa vingtième année ; ensuite ce roi n’a pas montré beaucoup d’énergie, et comment peut-on dire de lui : ונחה עליו . . . . גבורה sur lui reposera la force (v. 2) ? nous ne trouvons pas non plus qu’il ait fait des miracles, des prodiges, comment expliquer : והכה ארץ בשבט פיו וברוח שפתיו ימית רשע il frappe le pays avec la parole sévère de sa bouche, et par le souffle de ses lèvres il tue le méchant (v. 4) ? Ce passage ne saurait non plus avoir trait à la défaite de Sanchérib ; les paroles n’ont été pour rien dans cet événement : l’Écriture dit elle-même expressément : וגנותי על העיר הזאת להושיעה למעני ולמען דוד עבדי je protégerai cette ville pour la délivrer, à cause de moi et de David, mon serviteur (II Rois, I, 19, 34). On ne peut pas non plus appliquer aux temps d’Ézéchias le verset 8 : ושעשע יונק על חר פתן וגו׳ le nourrisson joue sur l’antre de l’aspic (v. 8) ; s’il faut entendre ceci de la continuation de la paix, alors la prophétie n’a pas eu d’accomplissement, car c’est au temps d’Ézéchias que la destruction du temple et l’exil ont été décidés, et c’est l’orgueil de ce roi qui a attiré la colère de Dieu. Il y a en outre une objection qui est sans réplique, on dit : והיה ביום ההוא יוסיף י״י שנית en ce jour l’Éternel rassemblera pour la seconde fois (v. 11). Il est question ici du retour des tribus exilées en Assyrie, et de la délivrance de Juda, car on dit : ואסף נדחי ישראל ונפוצות יהודה יקבץ rassemble les exilés d’Israël, et réunit les dispersés de Iehouda (v. 12) ; or on sait que du temps d’Ézéchias les dix tribus ne sont pas revenues d’Assyrie, et l’exil de Juda n’avait pas encore eu lieu, alors comment peut-on dire qu’on a réuni ses débris ? Et si l’empire d’Éphraïm n’était pas rétabli, comment expliquer : וסרה קנאת אפרים וצררי יהודה יכרתו אפרים לא יקנא את יהודה ויהודה לא יצר את אפרים la jalousie d’Éphraïm s’éloignera, les persécutions de Iehouda seront anéanties ; Éphraïme ne jalousera plus Iehouda, et Iehouda n’enviera plus Éphraïme (v. 13) ? On dit aussi : יבזו את בני קדם אדום ומואב משלוח ידם ובני עמון משמעתם ils pilleront les enfants de l’Orient, Édom et Moab seront leur proie, et les fils d’Amomone leurs subordonnés (v. 14). Il est connu qu’au temps du roi Ézéchias, les Israélites n’ont pas conquis les pays de ces peuples-là, ce sera dans l’avenir ; d’ailleurs le verset suivant : והחרים י״י את לשון ים מצרים Iehovah desséchera le bras de la mer de l’Égypte (v. 15), est interprété par les talmudistes en ce sens : Au temps de la rédemption, Dieu fendra miraculeusement les eaux, comme au passage de la mer Rouge ; rien de semblable n’a eu lieu du temps d’Ézéchias. On ne peut pas non plus scinder ce chapitre, appliquer les versets, depuis le premier jusqu’à l’onzième, à Ézéchias, et le reste à la rédemption future, car ces mots : והיה ביום ההוא יוסיף en ce jour, etc. (v. 12), s’opposent à cette division ; ce passage indique que tout se passa dans le même temps. Ainsi il n’est pas possible que cette prophétie ait pour but Ézéchias. Les mêmes objections existent également contre Zéroubabel ; car l’esprit de Dieu ne s’est pas non plus reposé sur lui : il n’a fait ni miracles ni prodiges, et son repos n’était pas honorable, car il est retourné à Babylone et y est mort en servitude ; et au siècle du second temple, une grande paix régnait ni chez les nations ni en Israël ; au contraire, c’était l’époque des guerres civiles, des divisions intestines, des combats que se livraient les zélateurs, et il n’y a pas eu non plus un retour de dix tribus, et celles même de Juda et de Benjamin ne sont pas revenues en totalité, le plus grand nombre est resté en Chaldée, en Égypte, chez les Ammonites, Moabites, et chez les Grecs, comme le raconte l’historien Joseph ben Gorion, et aussi en France, en Espagne et encore en d’autres pays. Au temps du second temple, le miracle de la mer Rouge ne s’est pas renouvelé, et on n’a pas pris possession du pays d’Ammon et de Moab. Tout ceci prouve que cette prophétie ne peut s’appliquer au temps du second temple.
Venons maintenant à l’opinion chrétienne : en admettant le principe fondamental de leur croyance, cette prophétie ne peut plus s’appliquer à Jésus, car si Jésus n’est pas fils de Joseph, mari de sa mère Marie, alors il n’est plus descendant de David ; la généalogie évangélique de Matthias descend bien d’homme à homme jusqu’à Joseph et non pas jusqu’à Marie. Ainsi la descendance de David n’existe pas. Les commentateurs chrétiens ont senti la difficulté. Pour la lever, ils disent que les femmes israélites ne se mariaient qu’à des hommes de leur tribu, ainsi que Moïse l’a ordonné au sujet des filles de Tselophchad (Nombres, 26, 33 ; 27 ; 6) ; il s’ensuivrait de là que Joseph étant de la race de David, Marie en était nécessairement aussi. Mais ce raisonnement n’a aucun fondement. D’abord l’ordonnance de Moïse n’est relative qu’aux filles héritières de biens-fonds. Où est-il dit que Marie fut dans cette catégorie ? Supposons même que cela soit, il s’ensuivrait qu’elle était de la tribu de Juda, mais nullement de la famille de David, car chaque tribu renfermait un nombre considérable de familles. D’ailleurs nous voyons par l’histoire, que cette ordonnance citée, ayant en vue le partage des terres, n’était point exécutée aux siècles écoulés avant la destruction du premier temple. Après la guerre contre les Benjamites, toutes les autres tribus conviennent de donner leurs filles à ces Benjamites. David, de la tribu de Juda, épouse la fille de Saül, de la tribu de Benjamin ; le roi Jehoschaphat, de la tribu de Juda, épouse Athalie, fille d’Achab, de la tribu d’Éphraïme, et plusieurs autres ; et encore moins au temps du second temple ; alors on épousait des Égyptiennes, des Édomites, etc. ; ainsi le roi Hyrcan, pontife de la maison des Asmonéens (Machabées), épouse la fille de Ptolémée, roi d’Égypte. Antipater, père d’Hérode, épousa une Édomite. Si l’on se permettait de telles infractions, sans doute que les tribus ne se faisaient pas scrupule de s’allier entre elles. D’ailleurs, au second temple, la division territoriale par tribu n’existant plus, il n’y avait plus à craindre le transport des biens d’une tribu dans une autre ; une héritière pouvait, sans infraction à la loi, épouser un Israélite quelconque. Ainsi, d’après ce qui précède, on est autorisé à demander : Comment Jésus est-il de la race de David, puisque son père n’a pas eu de commerce avec sa mère ? Pourquoi l’apôtre Matthieu, au lieu de donner la généalogie de Joseph, qui ne sert à rien, ne donne-t-il pas plutôt la généalogie de Marie ? Les Chrétiens n’ont pas de réponse à ces questions[14].
Jésus n’était pas juge en Israël, ainsi on ne peut lui appliquer le verset : ושפט בצדק דלים · לא למראה עיניו ישפוט ולא למשמע אזניו יוכיח il juge avec droiture les pauvres (v. 4) : ne juge pas d’après la vue de ses yeux, et ne décide pas, etc. (v. 3). De même, ni de son temps ni après sa mort, ne s’est vérifié le verset : וגר זאב עם כבש le loup habitera avec la brebis (v. 6), si l’on prend le verset au sens propre ; mais en prenant le figuré, une paix profonde, la prophétie n’a pas été non plus accomplie ; car de son temps il y a eu de grandes dissensions et une guerre qui s’est terminée par la destruction de Jérusalem, et après sa mort le monde était rempli de troubles, d’agitations et de guerres civiles.
Laissant ces versets de côté, que veulent faire les théologiens chrétiens du passage : יוסיף י״י שנית וגו׳ Iehovah continuera une seconde fois, où il est question de la rédemption des tribus, et de la réunion de Juda et autres choses de ce genre ? Aussi là leurs théologiens se sentent très à l’étroit, et il leur prend des vertiges dont ils ne se tirent pas. Ainsi ils disent que le verset : יוסיף י״י שנית לקנות עמו Iehovah continuera une seconde fois à racheter son peuple, doit s’entendre de la mission des apôtres ; la réunion des exilés, c’est la vocation des nations, pour accepter la nouvelle loi ; le verset ונשא נס לגוים il élèvera une bannière pour les peuples c’est la Croix ; et le verset ועפו בכתף פלשתים ils prendront leur vol du côté des Philistins, doit s’appliquer aux missionnaires, qui allèrent prêcher l’Évangile aux peuples de l’Orient, et comme ils n’ont pas trouvé d’obstacles du côté de l’Égypte, le prophète dit : והחרים י״י את לשון ים מצרים Iehovah desséchera, etc. (v. 15).
On voit bien d’après cela que leurs discours et leurs explications sont choses vaines et futiles ; aussi je ne m’en occuperai plus ; c’est un système qui se détruit par ses propres principes. J’en ai fait mention ici pour consolider la confiance du lecteur dans l’explication que nos docteurs donnent de l’Écriture sainte.
La prophétie ne pouvant s’expliquer par aucune des interprétations ci-dessus rapportées, il est clair qu’elle n’a en vue que la rédemption et l’arrivée future du Messie. Qu’il se manifeste bientôt ! C’est là l’unique matière de toute la prophétie.
| quatre sections : | 1 | Chapitre 10 | v. 32. |
| 2 | Chapitre 11 | v. 1. | |
| 3 | Ibid. | v. 10. | |
| 4 | Ibid. | v. 11. |
9° Destruction de Babylone par les Perses et les Mèdes, bouleversement de Babylone à l’instar de Sodome et de Gomorrhe, en punition du mal que les Babyloniens ont fait aux Israélites lors de la ruine de Jérusalem ; élévation et chute de Nabuchodonosor.
| trois sections : | 1 | Chapitre 13 | v. 1. |
| 2 | Chapitre 14 | v. 3. | |
| 3 | Ibid. | v. 24. |
10° Défaite des Philistins par Ézéchias, roi de Juda ; défaite des Moabites par Sanchérib, à cause du mal qu’ils ont fait aux Israélites dans la guerre de Sanchérib contre Samarie.
| quatre sections : | 1 | Chapitre 14 | v. 27. |
| 2 | Chapitre 15 | v. 1. | |
| 3 | Chapitre 16 | v. 5. | |
| 4 | Ibid. | v. 13. |
11° Cette prophétie a eu lieu lors de l’alliance du roi de Syrie et du roi des beni Israël pour aller combattre Jérusalem ; Dieu annonce que tous les deux seront punis, et deviendront la proie du roi d’Assyrie, qui détruira Damas et Samarie ; les beni Juda s’étant amendés au temps du roi Ézéchias, seront sauvés des mains de Sanchérib ; punition exemplaire de Sanchérib, on en parlera dans les temps les plus reculés et les contrées les plus éloignées ; les peuples de l’Éthiopie, en l’apprenant, épouvantés, enverront des messagers de paix à Israël.
| six sections : | 1 | Chapitre 17 | v. 1. |
| 2 | Ibid. | v. 4. | |
| 3 | Ibid. | v. 2. | |
| 4 | Ibid. | v. 12. | |
| 5 | Chapitre 18 | v. 1. | |
| 6 | Ibid. | v. 4. |
12° Ruine de l’Égypte, au temps de la future rédemption ; les Chrétiens, les Édomites vont alors pour conquérir la Terre sainte, et comme elle sera sous la puissance de l’Égypte, ils iront d’abord faire la guerre aux Égyptiens et y feront un grand carnage ; les eaux même de l’Égypte seront frappées comme au temps de l’Exode ; après Dieu détruira les Édomites rassemblés devant Jérusalem ; alors l’Égypte s’humiliera et adoptera la croyance divine tout comme les autres nations ; l’Égypte célébrera alors la fête des Tabernacles, et ils auront une grande affection pour les Assyriens, qui étaient venus pour se venger d’eux.
| quatre sections : | 1 | Chapitre 19 | v. 1. |
| 2 | Ibid. | v. 19. | |
| 3 | Ibid. | v. 20. | |
| 4 | Ibid. | v. 24. |
13e, 14e, 15e, 16e, 17e. J’ai réuni ici cinq petites prophéties qui sont liées les unes aux autres.
Avertissement aux beni Juda, qui mettent leur confiance dans les Égyptiens et les Éthiopiens, que dans peu le roi d’Assyrie réduira ces nations en esclavage, qu’alors les beni Juda auront honte de leur confiance. Il ne s’agit pas ici de Tarheca, roi d’Éthiopie, dont il est question dans le livre des Rois (II, 23, 19 et suiv.), et qui vint combattre Sanchérib assiégeant Jérusalem ; l’événement se passe trois ans avant ce siège ; le Sargon est le même que Sanchérib, qui avait plusieurs noms, comme l’enseignent nos docteurs. Tarthon est peut-être un de ses généraux, ou un roi vassal chargé d’assiéger et de prendre la ville d’Aschdade.
| huit sections : | 1 | Ch. 20 | v. 1 | Proph. 13 |
| 2 | Ib. | v. 3 | ||
| 3 | Ch. 21 | v. 1 | 14. Ruine de Babylone par les Perses et les Mèdes. | |
| 4 | Ib. | v. 6 | ||
| 5 | Ib. | v. 11 | 15. Préparatifs d’Édom pour la guerre. | |
| 6 | Ib. | v. 13 | ||
| 7 | Ib. | v. 15 | 16. Id. contre les Perses. | |
| 8 | Ch. 22 | v. 1 | 17. Destr. de Jérusalem. |
18° Découverte de la conspiration de Sebna, officier du palais d’Ézéchias, pour livrer Jérusalem à Sanchérib. Chapitre 22, v. 15.
19° Ruine de Tyr par Sanchérib ; sa restauration au bout de 70 années.
| deux sections : | 1 | Chapitre 23 | v. 1. |
| 2 | Ibid. | v. 14. |
20° Ruine future des nations ; rédemption d’Israël aux jours du Messie, résurrection des morts.
| quinze sections : | 1 | Chapitre 24 | v. 1. |
| 2 | Ibid. | v. 16. | |
| 3 | Ibid. | v. 22. | |
| 4 | Chapitre 25 | v. 1. | |
| 5 | Ibid. | v. 6. | |
| 6 | Ibid. | v. 9. | |
| 7 | Chapitre 26 | v. 1. | |
| 8 | Ibid. | v. 11. | |
| 9 | Ibid. | v. 16. | |
| 10 | Ibid. | v. 20. | |
| 11 | Chapitre 27 | v. 1. | |
| 12 | Ibid. | v. 2. | |
| 13 | Ibid. | v. 7. | |
| 14 | Ibid. | v. 12. | |
| 15 | Ibid. | v. 13. |
21° Ruine des dix tribus par l’excès de leurs crimes ; dans ce temps il y aura prospérité pour les habitants de Juda, peu après ils dévieront aussi du droit chemin et seront traités comme ils le méritent ; au temps de leur bonne conduite ils auront un roi juste dans Ézéchias, mais par leur mauvaise conduite, ils tomberont au pouvoir de Nabuchodonosor.
| onze sections : | 1 | Chapitre 28 | v. 1. |
| 2 | Ibid. | v. 4. | |
| 3 | Ibid. | v. 9. | |
| 4 | Ibid. | v. 14. | |
| 5 | Ibid. | v. 16. | |
| 6 | Ibid. | v. 23. | |
| 7 | Chapitre 29 | v. 1. | |
| 8 | Ibid. | v. 9. | |
| 9 | Ibid. | v. 13. | |
| 10 | Ibid. | v. 16. | |
| 11 | Ibid. | v. 21. |
22° Samarie n’a pas invoqué Dieu, mais le secours des Égyptiens. Samarie tombera entre les mains de Sanchérib, mais Juda en sera délivré.
| dix sections : | 1 | Chapitre 50 | v. 1. |
| 2 | Ibid. | v. 6. | |
| 3 | Ibid. | v. 15. | |
| 4 | Ibid. | v. 18. | |
| 5 | Ibid. | v. 19. | |
| 6 | Ibid. | v. 26. | |
| 7 | Ibid. | v. 29. | |
| 8 | Chapitre 31 | v. 1. | |
| 9 | Ibid. | v. 4. | |
| 10 | Chapitre 32 | v. 1. |
23° Exil, ruine du temple par Nabuchodonosor ; long exil jusqu’à nos jours ; à la fin de sa colère Dieu viendra sans manquer, et fera souffler sur nous le vent de la délivrance. Destruction d’Édom (voir page 47).
| huit sections : | 1 | Chapitre 32 | v. 9. |
| 2 | Chapitre 33 | v. 1. | |
| 3 | Ibid. | v. 2. | |
| 4 | Ibid. | v. 6. | |
| 5 | Ibid. | v. 12. | |
| 6 | Chapitre 34 | v. 1. | |
| 7 | Chapitre 35 | v. 1. | |
| 8 | Ibid. | v. 3. |
24° Défaite de Sanchérib et maladie d’Ézéchias.
| douze sections : | 1 | Chapitre 36 | v. 1. |
| 2 | Ibid. | v. 11. | |
| 3 | Chapitre 37 | v. 1. | |
| 4 | Ibid. | v. 14. | |
| 5 | Ibid. | v. 21. | |
| 6 | Ibid. | v. 32. | |
| 7 | Ibid. | v. 36. | |
| 8 | Chapitre 38 | v. 1. | |
| 9 | Ibid. | v. 4. | |
| 10 | Ibid. | v. 8. | |
| 11 | Chapitre 39 | v. 1. | |
| 12 | Ibid. | v. 3. |
25° Rédemption future et consolation sur l’exil.
| seize sections : | 1 | Chapitre 40 | v. 1. |
| 2 | Ibid. | v. 6. | |
| 3 | Ibid. | v. 9. | |
| 4 | Ibid. | v. 12. | |
| 5 | Ibid. | v. 17. | |
| 6 | Ibid. | v. 25. | |
| 7 | Ibid. | v. 27. | |
| 8 | Chapitre 41 | v. 1. | |
| 9 | Ibid. | v. 8. | |
| 10 | Ibid. | v. 14. | |
| 11 | Ibid. | v. 17. | |
| 12 | Ibid. | v. 21. | |
| 13 | Ibid. | v. 25. | |
| 14 | Chapitre 42 | v. 1. | |
| 15 | Ibid. | v. 5. | |
| 16 | Ibid. | v. 10. |
26° Causes de l’exil, assurance d’une future rédemption, résurrection des morts ; chute de Babylone ; succès de Cyrus ; reconstruction du temple.
| neuf sections : | 1 | Chapitre 42 | v. 17. |
| 2 | Chapitre 43 | v. 1. | |
| 3 | Ibid. | v. 11. | |
| 4 | Ibid. | v. 14. | |
| 5 | Ibid. | v. 16. | |
| 6 | Ibid. | v. 22. | |
| 7 | Chapitre 44 | v. 1. | |
| 8 | Ibid. | v. 6. | |
| 9 | Ibid. | v. 22. |
27° Grandeur et puissance de Dieu ; chute de Babylone ; triomphe de Cyrus ; rédemption future.
| dix-huit sections : | 1 | Chapitre 44 | v. 24. |
| 2 | Chapitre 45 | v. 1. | |
| 3 | Ibid. | v. 8. | |
| 4 | Ibid. | v. 9. | |
| 5 | Ibid. | v. 11. | |
| 6 | Ibid. | v. 12. | |
| 7 | Ibid. | v. 14. | |
| 8 | Ibid. | v. 18. | |
| 9 | Chapitre 46 | v. 3. | |
| 10 | Ibid. | v. 8. | |
| 11 | Chapitre 47 | v. 1. | |
| 12 | Ibid. | v. 3. | |
| 13 | Ibid. | v. 6. | |
| 14 | Ibid. | v. 10. | |
| 15 | Chapitre 48 | v. 1. | |
| 16 | Ibid. | v. 3. | |
| 17 | Ibid. | v. 11. | |
| 18 | Ibid. | v. 20. |
28° Vocation du prophète pour prédire le retour des dix tribus et de Juda, et vocation des peuples.
| dix sections : | 1 | Chapitre 49 | v. 1. |
| 2 | Ibid. | v. 5. | |
| 3 | Ibid. | v. 7. | |
| 4 | Ibid. | v. 8. | |
| 5 | Ibid. | v. 14. | |
| 6 | Ibid. | v. 22. | |
| 7 | Ibid. | v. 24. | |
| 8 | Chapitre 50 | v. 1. | |
| 9 | Ibid. | v. 4. | |
| 10 | Ibid. | v. 10. |
29° Rédemption future ; disparition de doute à ce sujet.
| dix sections : | 1 | Chapitre 51 | v. 1. |
| 2 | Ibid. | v. 4. | |
| 3 | Ibid. | v. 7. | |
| 4 | Ibid. | v. 9. | |
| 5 | Ibid. | v. 14. | |
| 6 | Ibid. | v. 17. | |
| 7 | Ibid. | v. 21. | |
| 8 | Chapitre 52 | v. 1. | |
| 9 | Ibid. | v. 7. | |
| 10 | Ibid. | v. 11. |
30° Prospérité de la nation après la rédemption ; extension du territoire. Chap. 52, v. 13 à chap. 54.
31° Consolation après la rédemption, plus de nouvel exil à craindre.
| quatre sections : | 1 | Chapitre 54 | v. 1. |
| 2 | Ibid. | v. 10. | |
| 3 | Ibid. | v. 12. | |
| 4 | Chapitre 55 | v. 1. |
32° Temps fixé pour la rédemption, temps raccourci si les Israélites font pénitence ; remontrances sur l’orgueil des Israélites, se croyant justes et pieux, et n’étant que pécheurs et méchants.
| huit sections : | 1 | Chapitre 55 | v. 6. |
| 2 | Chapitre 56 | v. 4. | |
| 3 | Ibid. | v. 6. | |
| 4 | Ibid. | v. 10. | |
| 5 | Chapitre 57 | v. 3. | |
| 6 | Ibid. | v. 15. | |
| 7 | Chapitre 58 | v. 1. | |
| 8 | Chapitre 59 | v. 1. |
33° Les Israélites se relèveront et serviront de phare à ceux qui marchent dans l’obscurité ; rendez-vous des nations pour adorer Dieu.
| cinq sections : | 1 | Chapitre 60 | v. 1. |
| 2 | Chapitre 61 | v. 1. | |
| 3 | Ibid. | v. 10. | |
| 4 | Chapitre 62 | v. 11. | |
| 5 | Chapitre 63 | v. 1. |
34° Péchés d’Israël, causes de leurs malheurs dans l’exil ; rappel de la sortie d’Égypte ; espoir d’un retour.
| quatre sections : | 1 | Chapitre 63 | v. 7. |
| 2 | Chapitre 65 | v. 1. | |
| 3 | Ibid. | v. 6. | |
| 4 | Ibid. | v. 13. |
35° et dernière. Deux justices exercées de Dieu : la première sur les Israélites, à cause de leurs péchés ; dévastation de leur pays et leur dispersion ; la seconde, sur les nations, pour avoir détruit la ville et le temple de Dieu, rétablissement du peuple d’Israël, des sabbaths et des fêtes.
| quatre sections : | 1 | Chapitre 66 | v. 1. |
| 2 | Ibid. | v. 5. | |
| 3 | Ibid. | v. 10. | |
| 4 | Ibid. | v. 12 à la fin du livre |
Sources —Préface d’Abrabanel à son commentaire sur Isaïe. [Traduction d’Olry Terquem]. Dans : La Bible : traduction nouvelle avec l’hébreu en regard, par S. Cahen, tome IX, Ieschaïahou (Isaïe). Paris, chez l’auteur, 1838. [Version numérisée : Gallica].