הקדמה לפירוש ספר יחזקאל
Préface au commentaire sur Ézéchiel
Isaac Abravanel (1437-1508)
Trad. Olry Terquem (1841)
Première préface : l’excellence du prophète
Isaac Abarbanel dit : J’ai cru devoir faire précéder de deux préfaces ce livre profond et difficile, c’est-à-dire le livre des prophéties d’Ézéchiel, la paix sur lui : de ces deux préfaces, l’une traitera de l’excellence du prophète et de son rang, l’autre du sens des visions célestes.
Ézéchiel, Isaïe et Jérémie
Je dirai d’abord dans la première préface, que le prophète Ézéchiel a, quant aux sujets qu’il traite et à ses prophéties, quatre points de ressemblance avec le prophète Isaïe ; quatre différences aussi les séparent. De même il a quatre points de ressemblance avec le prophète Jérémie, la paix sur lui, et quatre différences qui l’en séparent. Le prophète Ézéchiel ressemble à Isaïe : 1° en ce que tous les deux ont eu des visions divines, et comme disent nos maîtres, de bienheureuse mémoire : Tout ce qu’Ézéchiel a vu Isaïe l’a vu ; 2° tous les deux ont prophétisé au sujet de la résurrection des morts, avec clarté et énergie ; 3° tous les deux ont été un pronostic (מופת) pour Israël, car Isaïe a dit, 8, 17 : הנה אנכי והילדים אשר נתן לי אלהים לאותות ולמופתים וגו׳ voici, moi et les enfants que Iehovah m’a donnés, nous sommes des signes et des pronostics, et dans Ézéchiel, 24, 24 : והיה יחזקאל לכם למופת Ié’hezkel sera pour vous un pronostic ; 4° tous les deux, Isaïe et Ézéchiel, ont commencé leurs prophéties par l’annonce de la ruine de Jérusalem et de la maison de Juda, et y ont consacré les deux tiers de leurs livres, sans grande variation, et le dernier tiers de leurs livres est consacré à l’annonce d’un bonheur futur, et par là ils ont terminé leurs livres. Ainsi comme on le voit, Ézéchiel a quatre points de ressemblance avec Isaïe.
Voici les quatre points par lesquels il se distingue de Jérémie. Ce dernier : 1° n’a pas vu de visions divines du genre de celles que nous trouvons ici ; 2° il ne s’est pas étendu à prophétiser longuement sur la résurrection ; 3° il n’était pas un pronostic pour la maison d’Israël ; 4° la fin de son livre contient des malheurs et la ruine du temple, mais non un secours, une délivrance, une rédemption future. Voici maintenant quatre autres points par lesquels Ézéchiel ressemble à Jérémie : 1° Ézéchiel a prophétisé avant et après la destruction, comme les sages, de bienheureuse mémoire, disent sur le verset היה היה דבר י״י אל יחזקאל (1, 3), elle fut, elle fut la parole de Iehovah à Ézéchiel, elle fut, parce qu’elle fut déjà, car ces deux prophètes ont prophétisé dans la terre sainte et aussi hors de la terre sainte et après la destruction ; 2° Ézéchiel a été exilé à Babel, avec Iehoyachine, roi des Iehouda, exilé par Nebouchadnetsar, roi de Babel ; Jérémie aussi y a été exilé, car après la ruine de Jérusalem, il se rendit en Égypte parmi les exilés, et lorsqu’ensuite Nebouchadnetsar est venu et a subjugué l’Égypte et qu’il a exilé les Juifs, au milieu desquels il trouva Jérémie et son disciple Barouch, fils de Neria, il les emmena avec les autres Juifs captifs à Babel ; 3° Ézéchiel a prophétisé la ruine des nations qui se sont réjouis de la chute des fils de Iehouda et de la ruine de Jérusalem, à laquelle ils ont contribué ; il a mentionné à part chaque nation, comme l’a fait Jérémie ; il a également prophétisé sur eux ; seulement Jérémie a prophétisé à la fin la ruine de Babel, tandis qu’Ézéchiel n’a pas prophétisé cette dernière ruine : la raison en est que Jérémie a fait cette prophétie sur Babel, étant en Palestine ; mais Ézéchiel qui a prophétisé à Babel, s’il en avait alors prédit la ruine et les malheurs, les Juifs n’auraient pas manqué d’en instruire les Chaldéens, et le prophète se serait trouvé en grand danger. C’est pourquoi Dieu n’a pas fait voir à Ézéchiel la ruine de Babel comme il l’a fait voir à Jérémie ; 4° tous les deux, Jérémie et Ézéchiel, sont morts hors de la Terre sainte et dans le pays de Babel, car on sait que Jérémie y a été exilé et y est mort ; de même Ézéchiel est mort à Babel, du vivant de Nebouchadnetsar. Aujourd’hui encore on trouve sa sépulture, près de laquelle il y a une grande synagogue : l’endroit s’appelle Synagogue d’Ézéchiel. Cet endroit a d’un côté l’Euphrate et de l’autre le fleuve Chebar ; à l’endroit où est la synagogue, il y a environ soixante tours ; entre chaque tour il y a une synagogue. Dans la cour de la synagogue d’Ézéchiel est construite l’arche et derrière la synagogue est la tombe d’Ézéchiel ; là-dessus il y a une grande colonne (כיפה cippus) très belle construction faite par le roi Iehoyachine ; car à la mort de Nebouchadnetsar, à qui succéda son fils Evilmerodach, qui fit sortir Iehoyachine de la prison, celui-ci vint avec trente-cinq mille Juifs près de la tombe d’Ézéchiel qui était en cet endroit. Alors Iehoyachine, qui avait reçu d’Evilmerodach des terres, des villages et d’autres propriétés pour l’entretien de tous, les légua après sa mort à la synagogue d’Ézéchiel, et lui, avec la multitude de Juifs qui étaient avec lui, ornèrent magnifiquement la synagogue d’Ézéchiel et la colonne qui était sur son tombeau. Jusqu’à ce jour on voit gravé sur la muraille (le nom de) Iehoyachine et (de) tous ceux qui sont venus avec lui dans l’exil de Babel, c’est-à-dire Iehoyachine en tête et Ézéchiel à la fin. Ce lieu de la synagogue d’Ézéchiel est très vénéré des Israélites qui y viennent prier des pays les plus éloignés, depuis Rosch Haschana (jour de l’an israélite), jusqu’à Iom Kipour (jour du pardon)[1], car le prophète est mort en ce temps ; il s’y est établi une grande foire qu’on appelle פריאה (feriae) ; et chaque année le Iom Kipour, on sort dans la synagogue d’Ézéchiel un Sépher Tora[2] de l’étui qui le renferme ; il est de l’écriture d’Ézéchiel le prophète, et on y fait ce jour une lecture. Une lampe brûle nuit et jour sur le tombeau d’Ézéchiel. Il y a une grande maison dépendante du sanctuaire, remplie de livres, venant du premier et du second temple, et tout Juif qui meurt sans enfants, dans quelque pays que ce soit, lègue ses livres à cette bibliothèque.
Mahomet, prophète des Ismaélites, a confirmé à la synagogue toutes les prérogatives dont elle jouissait, et elles existent encore jusqu’à ce jour. Cela se trouve dans le livre des voyages de Benjamin de Tudèle, du royaume de Navarre, qui a parcouru plusieurs pays lointains et a mis par écrit tout ce qu’il a vu jusqu’à son retour en Portugal, l’année 4933 de la création (1173) ; j’ai vu un livre écrit par un brave guerrier originaire d’une île appelée l’Angleterre, ce qui veut dire extrémité de la terre, qui a parcouru la plus grande partie du monde habité ; il a fait une relation écrite de tout ce qu’il a vu ; il parle en termes généraux du tombeau d’Ézéchiel, et sa relation est conforme à celle de Benjamin de Tudèle : le nom de cet écrivain est Moussan Gouan di Mondreville (מושן גואן די מונדרבילא)[3].
Voilà les quatre points de ressemblance entre Ézéchiel et Jérémie, la paix sur eux. Cela constitue évidemment sa dissemblance avec Isaïe ; ce dernier : 1° n’a pas prophétisé après la ruine du temple ; 2° pas dans un pays autre que la Palestine (בח״ל) ; 3° il n’a pas été exilé à Babel ; 4° il n’a pas prophétisé la ruine individuelle de chacune des nations, et il n’est pas mort et enterré hors de la Palestine, à Babel.
Les cinq avantages d’Ézéchiel
Par là nous voyons l’excellence d’Ézéchiel, qui a ressemblé à ces deux prophètes, illustres dans le monde ; on verra encore l’excellence du prophète Ézéchiel, par ses prophéties au-dessus de tous les autres prophètes, par l’ensemble des objets (traités), qu’il a étendus et perfectionnés, mieux que tous les autres prophètes. Ces avantages sont au nombre de cinq.
Le premier la vengeance sur les nations à l’époque future (לעתיד לבא), comme on le voit par la troisième et la huitième prophétie, sur Gog Magog, où il a détaillé les nations objets de la vengeance ; détails qu’on ne trouve pas chez les autres prophètes.
Le deuxième, la rédemption, la réunion des exilés qu’il prédit à la fin de la huitième prophétie, 39, 28 : ולא אותיר עוד מהם שם je n’en laisserai pas là[4], c’est-à-dire que pas un seul Israélite ne restera dans aucun pays des nations, car il n’en sera pas comme lors de la réunion à l’époque du second temple. Cela non plus aucun autre prophète ne l’a dit d’une manière si absolue.
Le troisième, dans la délivrance future : toutes les dix tribus, ainsi que Juda et Benjamin, reviendront, comme il le dit dans la dernière prophétie ; il mentionne toutes les tribus, l’une après l’autre par leur nom, nulle ne manque ; aucun autre prophète n’est entré dans ces détails.
Le quatrième, il régnera un roi de la maison de David sur toutes les tribus ensemble, comme il est dit, 37, 22 : ולא יהיו עוד לשני גוים ולא יחצו עוד לשתי ממלכות ils ne formeront plus deux nations et ne seront plus divisés en deux royaumes. Puis il dit, ibid. v. 24 : ועבדי דוד מלך עליהם ורועה אחד יהיה לכולם et mon serviteur David roi sur eux et un seul pasteur pour eux tous.
Le cinquième, la résurrection des morts, qu’il explique en disant, ibid. verset 12 : הנה אני פותח את קברותיכם והעליתי אתכם מקברותיכם עמי voici que j’ouvre vos tombeaux, et je vous ferai monter de vos tombeaux, mon peuple[5]. On voit donc que dans ces cinq principes, le prophète Ézéchiel a augmenté l’explication et le développement plus qu’aucun autre de tous les prophètes.
Outre cela, il a prophétisé sur la vengeance (à tirer) d’Édome et sur le retour de la prophétie et de la majesté divine en Israël comme autrefois ; qu’ils ne seront plus exilés ; que Dieu circoncira leur cœur, et que les nations adopteront la croyance de Dieu, béni soit-il ; mais en cela il n’a fait ni plus ni moins qu’Isaïe et les autres prophètes.
Tu verras ensuite qu’Ézéchiel, a prophétisé et qu’il a établi d’autres points que n’a vus ni fixé aucun autre des prophètes : c’est la construction du temple, son élargissement, son agrandissement, ses parties, ses portes, ses fenêtres, ses degrés, ses élévations, ses avant-corps, ses vestibules, ses chambres, ses cellules et les autres choses qu’il a vues de la construction du temple futur. Il a vu de même l’agrandissement de Jérusalem, dans sa construction et ses places libres, que toutes les tribus y auront une part, et une porte pour chaque tribu. Dans la division du pays, il a vu une nouveauté remarquable : qu’il sera divisé en treize parties égales, tant pour une tribu populeuse, que pour celle qui avait peu de monde ; qu’il y aura douze zones et douze parts pour douze tribus ; que les étrangers demeurant parmi les Israélites auront leur part comme eux. La treizième part sera une oblation sainte prélevée par toutes les tribus de tout le pays, comme oblation à Iehovah : là sera Jérusalem. C’est pourquoi toutes les tribus y auront une part ; là sera la montagne et le temple ; là sera l’héritage des cohenime et la propriété des lévites, et là sera la propriété du nassi (prince), le roi, le Messie, qui rassemblera les exilés et soumettra le pays.
Dans cette zone, il aura une part et une propriété pour lui et ses enfants, comme récompense de son travail. Il vit également l’oblation que donneront annuellement pour le roi tous les peuples de la terre ; de leur blé, du froment, de l’orge, de l’huile et du troupeau, pour qu’il puisse s’en nourrir pendant ses fonctions, et pour les divers sacrifices qu’il aura à faire pour le peuple israélite, les sabbats, les néoménies et toutes les fêtes de Dieu.
Le prophète vit aussi l’inauguration de l’autel et les jours de consécration qu’on célébrera au temps à venir : combien il y aura de ces jours, les sacrifices qu’on y fera ; il a prophétisé sur toutes ces choses dans la dernière de ses prophéties ; certainement aucun autre prophète n’a prédit cela : ce sont de grands points qui forcément (בהכרח) s’accompliront, puisqu’ils ne se sont pas encore accomplis. Nous avons donc, dans les prophéties de ce saint prophète des prophéties et des assurances par lesquelles il ressemble aux autres prophètes ; car il a vu ce que les autres prophètes ont vu, plus d’autres prophéties qu’il a expliquées et développées mieux que tous les autres prophètes, et d’autres prophéties qu’il a vues et prophétisées seul, et non aucun des autres prophètes.
Le nom des prophètes
Et puisque ce prophète a, par ses prophéties, soutenu et fortifié (חזק) le cœur des Israélites, il a reçu, par l’effet de la providence divine, dès sa naissance, le nom de יחזקאל, c’est-à-dire force de Dieu et sa puissance lors de la délivrance future, car il ne faut pas croire que les noms des prophètes leur soient donnés par le choix et la volonté des auteurs de leurs jours, c’est du ciel, par voie providentielle que leurs noms leur sont donnés, conformément à leurs actions et à leurs œuvres, car Isaïe doit son nom, ainsi que je l’ai expliqué dans la préface de ce prophète, à ce qu’il a fait beaucoup de prophéties et donné des assurances concernant la future délivrance. Il y a dans son livre quinze prophéties sur la rédemption et la délivrance future.
C’est pourquoi il s’appelle ישעיה Ieschaïahou, qui revient à אראנו בישע אלהים je le verrai par le secours de Dieu, Ps. 50, 23. ou bien le י et le ה qui terminent son nom signifient quinze et ישע (Iescha), secours, comme s’il y avait Iescha quinze, nombre de ses prophéties sur la délivrance.
Le nom de ירמיהו (Jérémie) provient de ce qu’il voulait se soustraire à la mission de prophétiser, et qu’il n’y est allé que par crainte de Dieu, parce que Dieu avait dit : אל תחת מפניהם פן אחיתך לפניהם ne tremble pas devant eux, de peur que je ne te confonde devant eux 1, 17. C’est pourquoi son nom fut ירמיה = ירא מיה il a craint Iah ; de même יחזקאל[6] חזק האל force de Dieu, car il a donné l’assurance de la puissance de Dieu, de sa force, de son pouvoir et de sa puissance future.
De même הושע (Hosée), parce qu’il a terminé sa prophétie par la Parascha : שובה ישראל עד י״י אלהיך reviens Israël à Iehovah ton Dieu. (14, 14), qui est une assurance de salut ; son nom fut הושע.
יואל (Joël), parce qu’il a prédit l’avenir : que Dieu se réjouira encore de nous en bien, au chapitre[7] qui commence par והיה — כל בשר ; ainsi יואל signifie Dieu voudra (יאל אל), et consentira à avoir encore compassion de nous.
עמוס (Amos) a eu ce nom, parce qu’il balbutiait et avait les lèvres embarrassées[8].
עובדיה (Obadiah), parce qu’il fut prosélyte édomite et qu’il est venu servir Dieu עובד יה = עבד יה serviteur de Dieu.
יונה (Jonas), parce qu’il est allé dans un pays lointain, à Ninive (ננוה), a eu le nom de יונה et aussi בן אמתי (fils d’Amitaï), parce que sa prophétie s’est vérifiée, comme je l’ai expliqué en son lieu.
מיכה (Michah), à cause de ce qu’il prédit, 4, 1 et 6 ; 5, 6 ; prophéties qui indiquent la puissance et la force de Dieu à l’avenir ; c’est pourquoi son nom fut מיכה (מי כה שם), qui est comme Dieu ?
נחום (Na’houm), parce qu’il a prédit la ruine de San’hérib (ch. 2), ce qui est une consolation pour Israël dans ses malheurs[9], par ces mots חגי יהודה חגיך שלמי נדריך וגו׳
חבקוק (‘Habacouc), parce qu’il a élevé une dispute et une contestation, pour discuter avec Dieu la prospérité de Nebouchadnetsar, comme s’il avait lutté contre Dieu ; חבקוק de חבק prendre sous le bras.
צפניה (Tsephaniah), parce que, chapitre 3, verset 9, il a révélé des choses cachées et mystérieuses.
חגי (‘Haggaï)[10], parce qu’il a prédit la ruine du second temple ; que le peuple reviendra à Jérusalem rebâtir la maison de Dieu : c’était une joie, une fête כליל התקדש חג comme en la nuit d’une fête solennelle, Isaïe, 30, 29. חגי de חוגג qui recherche la maison de Dieu.
זכריה (Zachariah), parce qu’il a eu de grandes intuitions des œuvres de Dieu et qu’il en a rappelé la puissance ; il a le nom de זכריה il a rappelé Dieu et ses œuvres par ses prophéties.
מלאכי (Malachie), parce que dans sa prophétie il dit : הנני שלח מלאכי (ch. 3, 1), et הנה אנכי שלח לכם וגו׳ (ibid. v. 22) ; il a lui-même le nom de מלאכי, c’est-à-dire, ange de Dieu, qu’il a annoncé. Ainsi il est clair que les noms de tous les prophètes indiquent des circonstances qui les concernent et enseignent leurs prophéties. שמואל (Schemouel) vient de ce que sa mère l’a demandé à Dieu (voy. I Sam. 1). נתן (Nathan) pour avoir donné à David une prophétie concernant les actions de ce dernier. גד lui a dit la parole de Dieu. אחיה (A’hiah) était comme un frère du roi. Enfin אליהו (Éliohou) et אלישע (Élischa) leurs noms indiquent leur sainteté : אליהו comme s’il disait de soi-même אלי יה Iah est mon Dieu. אלישע signifie Dieu m’aidera, אלהי יושיעני. Ainsi, en examinant tous les noms des prophètes, on les trouve appropriés à leurs œuvres et à leurs prophéties. Tout cela prouve que le nom de יחזקאל (Ie’hezkel) le prophète lui vient, parce que Dieu l’a fortifié par ses prophéties, ou parce qu’il a raconté et prophétisé la force et la puissance de Dieu, comme je l’ai dit. Tout cela indique l’excellence de son rang dans la prophétie et dans la perfection. Il est certain que le prophète Ézéchiel n’était pas versé (בקי) dans la langue sainte et dans la manière de l’écrire, comme je l’ai mentionné dans Jérémie. C’est pourquoi il y a chez lui des mots barbares (מלות זרות) et tantôt des lettres de trop, ou des lettres manquantes, très fréquemment, comme :
תעוגנה לעיניהם tu le feras cuire à leurs yeux (4, 12) ; יען המנכם מכל הגוים parce que vous avez été plus tumultueux que les nations (5, 7) ; בהזרותיכם בארצות quand vous serez dispersés dans les pays (6, 8) ; ולא מהמהם ni de leur multitude (7, 11) ; והבאתי רעי גוים je ferai venir les plus méchants des peuples (ibid. 24) ; ולא הד הרים pas le refrain joyeux des montagnes (7, 7) ; מוהם עושים (Nous ne savons ce que signifient ces mots). ומעלות רוחכם ce qui s’élève dans votre esprit (11, 5).
Il écrit דניאל sans י (14, 14 ; 28, 3), et autres semblables. או נשיש שבט בני מואסת כל עץ ou nous réjouirons-nous la tribu de mon fils méprise tout bâton (21, 15) ; כי בחן ומה אם גם שבט מואסת לא יהיה car c’est une épreuve, mais que quand même le fléau qui méprise (tout) ne sert à rien (ibid. 18) ; נתתי אבחת חרב je placerai l’effroi du glaive (ibid. 20) ; סרוחי טבולים בראשיהם des turbans flottants sur leurs têtes (23, 15) ; שאנוך בנפש (peut-être שאטך) dans ton dédain cordial (25, 6) ; האיין pour האיים (26, 15, 18 ; 27, 3, 6, 7, 15, 35 ; 39, 6) ; התנים pour התנין 29, 3 ; 32, 2, et plusieurs autres, comme tu le trouveras en cherchant ; j’en fais la remarque en leur endroit en expliquant les versets. Et comme R. David Kim’hi a, dans son commentaire, très bien parlé sur la partie grammaticale, conformément aux règles de la langue sainte, je m’en rapporterai à lui, et je ne m’en occuperai guères ; ceci étant déjà fait, il est inutile d’y revenir pour répéter la même chose. Mais quant à l’explication des versets et à leurs rapports entre eux, je parcourrai ce livre saint avec la lumière du scrutateur, autant que je le pourrai et que Dieu m’inspirera. Voici la première introduction, pour ce qui concerne le prophète et sa qualité.
Seconde préface : la vision de la Mercaba
La seconde introduction a pour objet la vision qu’eut Ézéchiel, la paix sur lui, au commencement de sa prophétie, et qui lui a été renouvelée ; elle est mentionnée aussi à la fin de sa prophétie : chez nos saints maîtres elle s’appelle Mercaba, parce qu’elle lui a apparu sous la forme d’un char, dans lequel sortent les rois, traîné ordinairement par quatre bêtes féroces ou quatre animaux, et roulant par le moyen des roues. Sur le char s’étend une place occupée par le trône, sur lequel s’assied le roi. Ainsi le prophète vit quatre ‘Haïoth (bêtes féroces), qui traînaient le char ; les Ophanime (roues), sur lesquelles il roulait ; le ciel étendu sur les ‘Haïoth ; le trône qui est au-dessus du ciel, et une ressemblance d’homme par dessus. Et comme le prophète a expliqué que rien de cela n’avait été une vue réelle, mais une vision prophétique, comme il dit (1, 1) : ואראה מראות אלהים je vis des visions divines, c’est pourquoi nos sages, tant anciens que modernes, se sont livrés à un examen approfondi, pour connaître la signification de ce parabole (משל) des ‘Haïoth, de leurs faces, leurs ailes, leurs mains et leurs pieds ; ce que sont les Ophanime, le ciel qui est sur eux, le trône et le ‘Haschmal ? J’ai vu sur cela trois explications : l’une cabalistique, de nos sages, de bienheureuse mémoire ; la seconde scientifique et philosophique, de Maïmonide, et la troisième simple (דרך הפשט), et désignant les quatre royaumes. Les sages des Notscrime (chrétiens) ont adopté cette dernière ; j’en ai fait mention dans le livre (מעייני הישועה) les Sources du salut, que j’ai composé pour l’interprétation du livre de Daniel. Je vais exposer les trois explications selon que j’ai pu les saisir et selon leur contenu.
L’explication cabalistique
La première explication est cabalistique : Les ‘Haïoth, ce sont les anges spirituels, qui se tiennent dans la maison de Dieu ; intelligences dégagées de toute matière, serviteurs exécutant sa volonté. Les Ophanime sont aussi des intelligences pures ; mais, selon une opinion, d’un plus haut rang que les saints ‘Haïoth, et selon une autre, ils sont au-dessous des ‘Haïoth, car ils reçoivent une émanation des ‘Haïoth, comme il est dit (1, 20) : l’esprit du ‘Haïa est dans les Ophanime, et (ibid. 21) : quand ceux-ci marchaient, ceux-là marchaient, car les intelligences pures sont nombreuses et de divers degrés, comme dit Daniel (7, 10) : אלף אלפים ישמשונה mille fois mille le servent ; et comme les Ophanime et les ‘Haïoth sont tous de divers ordres d’intelligences pures, les hommes de la grande Synagogue ont institué qu’il faut dire dans la prière de Iotsèr (matin) והאופנים . . . . ממקומו les Ophanime et les saints ‘Haïoth s’élèvent avec un grand bruit à la hauteur des Séraphins, louant et disant en chœur : louée soit la gloire de Iehovah en son lieu. Il a vu les ‘Haïoth et les Ophanime au nombre de quatre, parce que selon la tradition, les intelligences pures, malgré leur grand nombre, forment quatre camps qui entourent le trône de la gloire (כסא הכבוד), et comme il est dit dans les chapitres divins du R. Éléazar le grand[11] : les sages ont été jusqu’à dire que Michaël, est le chef du premier camp, Gabriel, celui du deuxième, Nouriel, celui du troisième, et Raphaël, celui du quatrième. Il y a des cabalistes qui ont dit, que le prophète appelle ici ‘Haïoth les intelligences pures chefs des camps, première émanation du premier (de Dieu), béni soit-il, car ces sages n’ont pas appris que l’intermédiaire entre ces esprits, soit (directement) de Dieu, qui est le premier, à la première cause (עלול) et de là à la seconde, et ainsi de suite, mais que les quatre intelligences pures sont comme des chefs de troupes, que Dieu a instituées ensemble telles qu’elles sont (במהותם) comme causes, c’est elles que le prophète appelle ici ‘Haïoth, et que les Ophanime sont les intelligences inférieures, figurant dans leurs camps comme effets.
Quant à ce que signifient les mots visage, ailes, plante des pieds, les sages, de bienheureuse mémoire, ont aussi là-dessus par tradition des connaissances étonnantes. Pour ce qui est du ‘Haschmal, ils l’ont expliqué ainsi de Dieu, béni soit-il, cause des causes, et les saints de bienheureuse mémoire, ont grandement averti de ne pas faire des recherches sur le maassé mercaba, même seul, et ils ont énuméré les graves dangers (הכנות)[12], provenant de cette recherche, jusqu’à en interdire l’enseignement public ; mais ils n’ont pas également interdit toutes les parties de la vision, car ils ont fait une différence entre le commencement de la vision jusqu’à וארא כעין חשמל je vis comme l’aspect d’un ‘Haschmal (1, 27) et ce qui suit ; il y a des opinions : selon les unes, il est permis d’enseigner complètement et publiquement jusqu’au dernier וארא qui est וארא כעין חשמל (verset cité), parce qu’il s’agit là des intelligences pures ; de là plus loin, où il s’agit du ‘Haschmal, on ne les transmet que sommairement (ראשי פרקים), parce que l’homme perçoit difficilement ces intelligences ; car l’esprit humain ne perçoit que par le moyen des sens et de la comparaison ; c’est pourquoi il est difficile à l’intelligence de percevoir les esprits purs que le sens ne saisit pas et que la comparaison ne perçoit pas. Déjà Ounklousse, par son interprétation, a expliqué cela, en disant sur ופני לא יראו que ma face ne soit pas vue, Exode, 33, 23, ודקדמי לא יתחזון ce qui est devant moi ne doit pas être vu ; il appelle דקדמי ce qui est devant moi, les esprits, à cause de l’excellence de leur rang, comme s’ils étaient toujours devant Dieu, béni soit-il, qu’on ne peut pas non plus saisir tels qu’ils sont, comme dit l’auteur du Moré. Aussi en les apprenant, on les transmet sommairement ; mais non tout complètement ; mais de là plus loin, du ‘Haschmal, on n’en apprendra rien du tout, ni explicitement, ni sommairement ; mais il est permis de chercher à comprendre par soi-même, autrement, non ; car ceci est compris dans le principe : celui qui ne ménage pas l’honneur de son créateur, etc. La première opinion est plus admissible : aussi toutes les défenses que les saints ont faites à ce sujet, se rapportent à l’examen du ‘Haschmal, qui est celui de Dieu lui-même, surtout si celui qui l’examine est jeune ; alors l’examen de ce point tout divin ne lui convient pas. C’est pourquoi ils ont constamment mentionné dans leur entretien le danger de se livrer à l’examen du ‘Haschmal, et un sage, à qui on avait dit de l’enseigner, répondit : il n’y a pas encore parité ; voulant dire que dans ce sujet il y avait faiblesse de conception et profondeur de l’objet à concevoir, et comme tout cela est expliqué dans le Talmud ‘Haguiga, chapitre : On ne doit pas examiner.
L’explication de Maïmonide et les neuf objections
La seconde explication a été trouvée par l’auteur du Moré et par sa philosophie ; il dit que le prophète a eu trois perceptions distinctes, et c’est pourquoi il dit dans la vision trois fois וארא je vis ; d’abord celle des ‘Haïoth, car il dit (1, 45) : וארא והנה רוח סערה je vis et voici un ouragan… . . . ומתוכה דמות ארבע חיות et du milieu une image de quatre ‘Haïoth. Maïmonide dit que les quatre ‘Haïoth, sont l’emblème des quatre causes célestes (גרמים), et comme elles sont vivantes intelligentes (משכילים), il dit : דמות אדם להנה elles ont la forme humaine. La seconde est celle des Ophanime ; il dit (verset 12) : וארא החיות והנה אופן אחד בארץ je vis les ‘Haïoth et voici qu’un Ophane était sur la terre ; puis (verset 16) : מראה האופנים l’aspect des Ophanime, etc. Le premier Ophane, dit Maïmonide, qu’on mentionne ici, indique la matière première, et les quatre Ophanime sont l’emblème des quatre éléments (יסודות) simples, car la première matière se trouve alliée à toutes les autres. La troisième est celle du ‘Haschmal, comme il est dit (verset 27) : וארא כעין חשמל je vis comme l’aspect d’un ‘Haschmal. Maïmonide pense que ceci s’applique à l’existence des intelligences pures, et comme tout cela est expliqué dans les sept premiers chapitres de la troisième partie[13] de son livre ; ces explications se trouvent aussi éparses dans d’autres chapitres des autres parties de son livre. L’opinion de Maïmonide est que le sens de cette prophétie est celui qu’il expose et que c’est aussi ce qu’en ont pensé les sages d’Israël et ses saints. Aussi, selon lui, l’étude de la Mercaba a dû être extrêmement mystérieuse ; on doit en quelque sorte y toucher sans y toucher, découvrant un tépha’h[14] et en couvrant deux, et il a averti ceux qui méditent son livre, d’en agir ainsi partout, pour ne pas transgresser la défense des sages ; tous les philosophes de notre peuple qui sont venus après Maïmonide ont adopté cette opinion quant à la Mercaba ; il n’en est pas ainsi de moi : je ne puis adopter l’opinion de Maïmonide sur ce point ; j’en suis bien éloigné, et cela par les raisons suivantes : 1° Ie’hezkel a prophétisé au temps de la ruine de Jérusalem ; toutes ses prophéties se rapportaient donc aux péchés d’Israël, à la ruine de Jérusalem, à l’exil de son peuple et à la délivrance future. Qu’avait-il donc, au commencement de ses prophéties, à s’occuper des corps célestes, des éléments, de ce qui fait agir ces corps ? quel rapport ont-ils à la ruine et à l’exil ? Puis tout de suite après il dit (1, 29 ; 2, 3) à la fin de la vision : ואשמע קול מדבר j’entendis la voix de quelqu’un qui parlait. בן אדם שולח אני אותך אל בני ישראל אל גוים המורדים fils de l’homme, je t’envoie vers les fils d’Israël, vers ces peuples de rebelles, ce qui est une annonce de la ruine ; et quel rapprochement y a-t-il entre cela et les contemplations physiques et métaphysiques dont il est question dans la vision ?
2° Nous ne trouvons pas que les autres prophètes aient eu, au commencement de leur mission, des connaissances profondes (עיוניות) de l’ordre de celles dont il s’agit ici ; même Moïse, notre maître, n’en a rien vu au commencement de sa mission de prophète, et pourquoi toutes ces connaissances auraient-elles été révélées maintenant à Ie’hezkel ? Il est vrai qu’Élie a eu des visions divines et de même Ieschaïahou ; mais ce n’était pas au commencement de leur mission prophétique. À Ie’hezkel, au contraire, Dieu fait voir ces connaissances au commencement de sa mission et sans nécessité. Ces deux difficultés (ספקות) ne concernent pas l’explication que nos sages ont donnée du maassé mercaba ; car nous ne connaissons pas le fond de leur explication et leur manière d’interpréter la Mercaba, telle qu’elle est.
3° Si Ie’hezkel avait vu ce que Maïmonide croit qu’il a vu, nos maîtres n’auraient pas tant prescrit le mystère et défendu de l’enseigner à un autre qu’à un vieillard, inquiet ; ils n’auraient pas défendu de l’enseigner à un Goï (non Israélite), et autres interdictions ; car dans toutes les écoles des Goïm et dans leurs maisons d’étude, on se livre à l’étude de la métaphysique et de la philosophie, des corps célestes, de leur mouvement, des éléments simples, et tout cela, devant des multitudes d’auditeurs, jeunes et vieux, ce qui prouve que ce que Ie’hezkel a vu, ce ne sont pas ainsi que le pense l’auteur du Moré, ces connaissances dont les hommes de recherche se sont occupés. Déjà cette objection a été élevée par le R. ‘Hasdaï, de bienheureuse mémoire.
4° Si les ‘Haïoth indiquaient les objets célestes, les Ophanime les éléments, et le ‘Haschmal les intelligences pures, pourquoi ces perceptions ne sont-elles pas suivies dans un ordre, soit de ce qui est postérieur à ce qui est antérieur, comme Jacob a eu la vision de l’échelle, d’en bas en haut ; pour cela il aurait fallu commencer par les Ophanime, passer de là aux ‘Haïoth et ensuite au ‘Haschmal, soit de ce qui est antérieur à ce qui est postérieur, comme la vision d’Isaïe ; il aurait alors fallu commencer par le ‘Haschmal, mentionner ensuite les ‘Haïoth et après les Ophanime ; mais ainsi ne fit point Ie’hezkel : d’abord il mentionne les ‘Haïoth, qui, selon lui, sont les Galgalime, puis les Ophanime, qui, selon lui, sont les éléments, et à la fin le ‘Haschmal, qui désigne les esprits purs. Déjà l’auteur du Moré a été frappé de ce doute, à la fin du chap. 5, troisième partie, et il est dit qu’il a fait précéder la contemplation des ‘Haïoth, parce qu’ils sont d’une qualité et d’un degré supérieurs aux Ophanime ; qu’il a mentionné le ‘Haschmal à la fin, parce que les deux contemplations postérieures précèdent nécessairement la troisième contemplation ; voilà ses paroles, mais cela ne lève pas le doute ; car nous ne connaissons que deux manières : du postérieur à l’antérieur, ou de l’antérieur au postérieur ; le mélange des deux est une confusion qui ne convient pas.
5° Si les ‘Haïoth indiquent les Galgalime, comment le prophète en a-t-il vu quatre. L’auteur du Moré dit lui-même dans le quatrième chapitre de la seconde partie, qu’il y en a neuf. À la vérité il a voulu obvier à ce doute, par ce qu’il dit chapitre neuf de la seconde partie, savoir : que c’était une opinion primitive (דעת קדום) que Noga et Cochab (Vénus et Mars), étaient au-dessus du soleil, contrairement à ce que les modernes ont décidé ; ceux-ci ont perfectionné ces études et ont approfondi la vérité de cet objet. Maïmonide dit là : D’après cela, les cercles tracés sont au nombre de quatre ; celui de la lune et celui du soleil qui est au-dessus, le cercle des autres cinq planètes et celui des étoiles fixes. C’est ainsi que l’auteur du Moré a pensé expliquer les quatre ‘Haïoth de Ie’hezkel ; mais c’est en vérité une idée nulle (דעת בטל) et qui n’est pas exacte ; car comment le fondement de la prophétie peut-il être une opinion que lui-même ne trouve pas vraie, savoir : que Noga et Cochab soient au-dessus du soleil, et quand même il en serait ainsi, pourquoi les sphères seraient-elles quatre, car de même qu’il compte celui de la lune pour une et celui du soleil pour une, pourquoi chacune des cinq planètes ne compterait-elle pas aussi pour une ? Pourquoi Noga, Cochab, Schabtaï, Tsedek et Maadime ne compteraient-ils pas chacun pour une sphère aussi bien que la lune et le soleil ? Qui a inventé de compter cinq étoiles pour une sphère, et une constellation seule pour une autre sphère ? Nul des anciens n’a ainsi compté les sphères.
Déjà Abn Sina a écrit dans son livre באלנג״י que c’étaient les substances célestes, et que s’il y en a plusieurs, on les divise en quatre. Ainsi le Galgal des constellations (מזלות) fait mouvoir l’orbite de la terre, et le Galgal des cinq planètes fait mouvoir l’élément de l’air (יסוד האויר) ; le Galgal du soleil, fait mouvoir l’élément du feu (יסוד האש) ; le Galgal de la lune, fait mouvoir l’élément de l’eau (יסוד המים). L’auteur du Moré a écrit cela et l’a pris de là ; c’est pourquoi il a admis que Noga et Cochab sont au-dessus du soleil ; car comment peuvent-ils compter cinq étoiles dans une sphère faisant mouvoir l’élément de l’atmosphère et entre elles le soleil qui fait mouvoir le feu. Toi, lecteur, tu vois que tout cela est une imagination et des paroles sans clarté (דברים שאין להם שחר) ; car comment le Galgal des constellations peut-il faire mouvoir le fond de la terre dont il est éloigné par une énorme distance, tandis que toutes les cinq étoiles qui sont au-dessous, ne font mouvoir que l’élément de l’air seul, le soleil qui est sous eux, l’élément du feu et la lune qui est près de lui, ferait mouvoir le fond de l’eau ? Est-ce que c’est selon la place qu’occupent les éléments, savoir : la terre en haut, l’atmosphère dessous, le feu au-dessous de l’atmosphère, et l’eau rapproché, sans intermédiaire avec le feu, car ces forces mouvantes devraient se trouver dans le même ordre que les éléments mis en mouvement ; c’est que tout cela est une confusion de pensées, sans accord avec l’existence des sphères. On peut demander ensuite, pourquoi ne compte-t-il pas au nombre des sphères le neuvième Galgal, qui n’a pas de planètes, et il dit qu’il n’a vu que quatre sphères, puis il ne parle plus des Ophanime ; ensuite il parle du firmament, qui est selon lui, la sphère supérieure qui fait le tour de tous les autres. Que le maître me réponde pourquoi il ne l’a pas mentionné avec les ‘Haïoth et dans leur nombre, puisque ce sont tous des sphères ? pourquoi n’appelle-t-il pas le firmament ‘Haïa, comme les autres sphères ? Et il ne me répond pas en ce qu’il dit que cela est ainsi admis par les sages, de bienheureuse mémoire, qui ont compté deux firmaments ; car on a pu avoir compris toutes les constellations dans un firmament, et le Galgal sans étoile, comme un autre firmament, mais non parce qu’il fait une différence entre un objet (מצוייר) et un autre, en en comptant un pour une sphère, et les cinq autres tous ensemble pour une sphère. Enfin, ce nombre quatre dans les corps célestes, l’auteur du Moré l’a inventé, mais c’est sans solidité.
6° Si les ‘Haïoth sont les Galgalime visibles, et le firmament le Galgal supérieur qui n’a pas d’étoile, comment le prophète dit-il (1, 24) : ואשמע את קול כנפיהם j’entendis le bruissement de leurs ailes, et (v. 25) ויהי קול מעל לרקיע אשר על ראשם il y eut une voix au-dessus du firmament qui était au-dessus de leur tête, comment a-t-il attribué une voix aux corps célestes ? L’auteur du Moré dit lui-même, chapitre 8, deuxième partie, que c’est une opinion fausse basée sur ce que le Galgal serait fixe et les constellations tournantes, que les sages d’Israël s’y sont trompés et ont été vaincus par les autres peuples ; et comme le maître ne mentionne pas là la nécessité de ce chapitre, il n’y a pas de doute qu’il l’a cité pour faire connaître que cette erreur existe aussi dans la pensée de Ie’hezkel ; il en résulterait que sa vision prophétique n’aurait été qu’une recherche et une méditation, puisqu’il y a des erreurs, des fautes et des faussetés dans le nombre des Galgalime et leurs dispositions ; que Dieu nous préserve de cette pensée. Ensuite, si les Galgalime dans leur mouvement font entendre une voix, pourquoi l’attribuer aux ailes, lesquelles, selon l’opinion du maître, sont la cause du mouvement, c’est-à-dire la sphéricité du Galgal, son âme, son intelligence et son désir, choses qui ne font pas entendre de voix : il aurait fallu dire : j’entendis la voix des ‘Haïoth, ou le bruit de leur mouvement, non la voix de leurs ailes, surtout quand il dit : ויהי קול מעל לרקיע אשר על ראשם il y eut une voix au-dessus du firmament qui était sur leur tête, car on sait que sur le Galgal supérieur il n’y a pas de corps qui fasse entendre une voix. On peut donc demander pourquoi ne mentionne-t-il pas cette voix plus haut dans la contemplation des ‘Haïoth, et la mentionne-t-il du firmament, après avoir parlé des Ophanime ? Tout cela prouve que les ‘Haïoth, le firmament, la voix, les Ophanime ne sont pas ce qu’en pense Maïmonide.
7° Si les Ophanime signifient les éléments, comment y fait-il entrer le firmament, qui, selon lui, est ce premier Galgal qui fait le tour de tous dans la contemplation des Ophanime ? comment cette contemplation s’est-elle confondue avec celle des éléments dont la contemplation est du domaine de la physique (מחכמת הטבע), le reste est divin. Quel rapport y a-t-il du maassé Bereschith avec le maassé mercaba ?
8° Si les Ophanime désignent les quatre éléments simples, comment dit-il ici (verset 18) : וגביהן וגובה להם וכו״ leur dos, etc., puisque les éléments n’ont pas d’élévation, ils sont la circonférence (מרכז) et la partie basse du monde ils n’ont pas de יראה ; puisqu’ils, n’ont rien de figuré, ils n’ont pas d’yeux. Les explications de Maïmonide sont à mes yeux du néant, d’autant plus que dans la seconde vision il dit (10, 12) : וכל בשרם וגביהם וידיהם וכנפיהם et l’on sait que dans l’opinion de Maïmonide ces deux expressions ne se disent pas des Ophanime si ce sont les éléments, puisque ce sont des êtres matériels (גשמים), corps morts sans âme, sans intelligence, sans penchant (ציור החשק). On y dit aussi (verset 14) : וארבעה פנים לאחד וכו״ chacun avait quatre faces, etc. Ces diverses figures sont attribuées aux ‘Haïoth, et il paraît que Maïmonide s’est aperçu de ce grand doute, parce qu’il dit chapitre trois, troisième partie : il répète la description des mêmes figures et de leurs mouvements pour montrer que les ‘Haïoth et les Chroubime sont la même chose. Maïmonide pense que les mains, les ailes et les faces mentionnés en parlant des Ophanime, ne s’appliquent pas à elles, mais aux ‘Haïoth ; mais les versets sont contre cette explication, puisqu’on a parlé d’abord des Ophanime, comme il est dit (v. 9) : והנה ארבעה אופנים et voici les quatre Ophanime ; puis (verset 12) : וכל בשרם וגביהם et (verset 13) : לאופנים להם קורא הגלגל ; ensuite (v. 14) il dit : וארבעה פנים ; peut-on n’appliquer cela qu’aux Ophanime, qui auraient eu toutes ces choses ? La preuve convaincante (qu’il n’en est pas ainsi), est qu’ensuite en parlant des Chroubime il dit (verset 20) : היא החיה וכו״, ce qui montre que les faces dont il est question plus haut, s’appliquent aux Ophanime ; c’est pourquoi en parlant des Chroubime, qui sont les ‘Haïoth, il faut qu’on dise qu’ils avaient des mains, des faces, des ailes, et que ce sont ces faces qu’il a vues sur le Chebar. Si les faces mentionnées dans le verset précédent s’appliquent aux ‘Haïoth, comme dit Maïmonide, le dernier verset serait superflu et tout à fait inutile, car pourquoi mentionnerait-il de nouveau la face des ‘Haïoth, si ce n’est que dans le premier verset il mentionne la face des Ophanime, et dans le second celle des ‘Haïoth. Tout cela montre que les Ophanime ne sont pas l’emblème des éléments, ni les ‘Haïoth celui des Galgalime, et que le prophète Ie’hezkel n’a pas voulu faire de la philosophie, et que certes nos sages, les saints, n’ont rien soupçonné de cela ; loin de là !
9° Si les Ophanime sont les éléments, des corps morts, comment dit-il ensuite (verset 20) : כי רוח החיה באופנים le vent du ‘Haïa était dans les Ophanime ? Ils n’ont pas non plus de voix pour louer, comment dit-il donc : וקול האופנים לעומתם la voix des Ophanime dans leur direction ? et comment les hommes de la grande Synagogue ont-ils institué de dire והאופנים וחיות הקדש וכו״ ?
Outre les neuf objections que je viens d’énumérer pour combattre l’opinion de Maïmonide, j’y reviendrai dans l’explication des versets de la vision, en citant des passages qui détruisent totalement son explication.
L’explication historique : les quatre empires
La troisième explication est historique : On sait que Nebouchadnetsar, roi de Babel, est monté contre Ierouschalaïme, et Iehoyachine, roi de Iehouda, est sorti au devant de lui avec sa mère, ses serviteurs et ses eunuques. Nebouchadnetsar l’a exilé à Babylone, avec tout ce qu’il y avait de grand et d’humble ; Ie’hezkel était du nombre des exilés. (Voy. II Rois, 24, 14, 15, 16), et comme Iehoyachine avait écouté les paroles de Yirmiahou, qui avait prédit la servitude sous le roi de Babylone, c’est pourquoi il est allé au-devant de celui-ci, lequel pourtant n’eut pas pitié de ceux qui sortaient vers lui. Le surplus du peuple est resté paisible à Jérusalem ; Tsidkiahou y devint roi. Alors Iehoyachine et tous les exilés devinrent tristes et se repentaient beaucoup de leur soumission volontaire. C’est pourquoi Ie’hezkel eut cette prophétie sur le fleuve Chebar, pour consoler les tristes exilés : Dieu lui fit savoir que sa main était encore levée sur Jérusalem, qui bientôt devait être détruite. Ainsi il vit d’abord un ouragan (verset 4) venant du nord, pour dire que le malheur viendra de là, que le roi de Babel retournera à Jérusalem pour la détruire. Le feu qu’il vit (ibid.), signifiait que la maison de Dieu, celle du roi, et toutes celles des grands de Jérusalem, seront réduites en cendres. Il vit le ‘Haschmal du milieu du feu, pour indiquer que tout se fera par l’ordre de Dieu, béni soit-il, désigné par le ‘Haschmal ; car Dieu juge par le feu. Il vit les quatre ‘Haïoth (verset 5), pour désigner quatre chefs supérieurs qui gouverneront les quatre royaumes qui existeront alors, et qui les gouverneront avec fermeté ; ce sont les chefs du royaume de Babylone, celui du royaume de Perse, celui de la Grèce, et celui de Rome, qui tous seront les adversaires des Israélites. On dit qu’ils avaient la forme d’un homme (ibid.), pour dire que ces chefs étaient des hommes intelligents ; c’est pourquoi il les compare à des hommes. Il voit les ‘Haïoth attachés l’un à l’autre (verset 9), pour dire que ces chefs s’élevaient l’un après l’autre sans interruption. Il dit (ibid.) : ils marchaient chacun du côté de sa face, cela signifie que chacun de ces chefs se dirigeait selon qu’il l’entendait, sans se concerter avec un autre : la face du lion était à droite (verset 10), ce qui désigne le chef de Babel. C’est pourquoi Nebouchadnetsar s’appelle lion, car il est dit (Jérémie, 4, 7) : עלה אריה מסבכו le lion s’élance de son épaisseur, car il déchirait, était inique et violent comme le lion : la face de l’homme, c’est le chef des rois de Perse ; leur domination n’a pas été pénible pour Israël, puisque c’est eux qui ont ramené Israël dans sa patrie et lui ont accordé la permission et un secours considérable pour rebâtir le temple ; ils ont rendu aux Israélites les vases sacrés que Nebouchadnetsar avait enlevés de la maison de Dieu, comme écrit Josèphe, fils de Gorion : l’assujettissement des Israélites aux rois de Perse était doux. C’est pourquoi le prophète a vu les chefs des autres peuples sous la figure d’animaux cruels et carnassiers, tandis que le chef de la Perse figurait sous l’image d’un homme doux et miséricordieux : la face du bœuf, c’est le royaume de la Grèce, car Alexandre le Macédonien, premier roi absolu, avait une figure étrange semblable à la face d’un bœuf ; il heurtait aussi de ses cornes comme un bœuf, tous les rois de la terre : la face de l’aigle, c’est l’empire romain ; tous les empereurs romains ont eu aussi jusqu’à ce jour une aigle peinte sur leur bannière. Outre cela le peuple romain proférait contre le Dieu puissant des paroles arrogantes et adressait des paroles contre le Très-Haut, comme prophétise Daniel (11, 36) sur ce peuple. C’est pourquoi Ie’hezkel vit le chef de Rome comme un aigle volant vers le ciel ; mais les autres empires n’ont pas insulté le ciel, c’est pourquoi il les vit sous la figure d’un lion, d’un bœuf et d’un homme, qui marchent sur la terre. Il dit : chacun marchait du côté de sa face, pour dire que chacun de ces peuples se conduit selon la face sous laquelle est représenté son chef : Babylone déchirant et volant comme un lion ; la Perse pleine de miséricorde comme un homme, et ainsi les autres ; chacun marche devant soi, par ses œuvres et selon l’indication de sa face. Il mentionne en eux des ailes puisqu’ils descendent d’une mer à l’autre, et que du fleuve ils volent aux extrémités de la terre. Et comme ces chefs supérieurs reçoivent l’émanation de ceux qui leur sont supérieurs, c’est pourquoi il dit (verset 11) : que leurs ailes étaient séparées en haut. Il mentionne en eux des mains, pour indiquer leur force ; des pieds, pour désigner la légèreté de leur mouvement à subjuguer des empires. Et comme tout est par l’ordre de Dieu, béni soit-il, il dit (verset 20) : où le vent allait, ils allaient, c’est-à-dire la volonté divine. Peut-être qu’il a voulu indiquer un esprit d’orgueil ; que ces empires auront un esprit qui les portera à faire ce qui leur viendra à l’idée, et non pas un esprit soumis à Dieu ; il dit (verset 13) : leurs figures étaient comme des charbons de feu, etc., pour dire que toute leur domination sera soutenue par de fortes guerres, par le carnage, le feu et le sang partout, comme moyens d’acquérir la gloire et la domination ; c’est ce qu’il dit (ibid.) : le feu avait de l’éclat, etc. ; car la gloire, comparée à l’éclat du feu, attire le feu des guerres et des calamités. Par là ils inspirent la terreur redoutable comme l’éclair, sur toutes les nations. Et comme ces empires seront toujours agités, tantôt montant et tantôt descendant, il dit (verset 14) : les ‘Haïoth couraient et revenaient, etc. Tout ce que le prophète dit des ‘Haïoth, est un emblème des chefs supérieurs qui régneront au ciel sur les quatre empires, car chaque nation a un chef et une constellation déterminés au ciel, ainsi que le disent les astrologues (חכמי התכונה) et la Torah divine (Deutér. 4, 19) : אשר חלק ה׳ אלהיך אותם לכל העמים תחת כל השמים ceux que l’Éternel ton Dieu a donnés en partage à tous les peuples sous le ciel.
Ensuite le prophète vit quatre Ophanime sur la terre, emblème et indication des quatre empires de la terre, recevant l’émanation des chefs mentionnés ; c’est pourquoi il les vit sur la terre, non pas comme les chefs supérieurs qui étaient au ciel ; et comme tous ces empires étaient du genre humain, il les comprend tous sous le nom d’un seul Ophane (אופן אחד). Il dit (verset 16) : tous les quatre avaient une seule forme. Leur gloire, leur qualité, sont indiquées (ibid.) par leur aspect et leur construction, etc. Comme un Ophane dans un Ophane, pour dire que la Perse et la Médie se rueront sur Babel et le subjugueront ; la Grèce en fera autant des deux premières, et Rome subjuguera tous les autres ; c’est ce que figure la rondeur de l’Ophane (roue). Leur dos d’une hauteur effroyable (verset 18), ceci indique que chaque empire aura une manière qui lui sera spéciale. גבות ce mot indique la hauteur ; c’est leur orgueil et leur désir de régner avec violence (בכפה) ויראה להם (ibid.), et pourtant ils n’échapperont pas à la crainte ; ils se craindront mutuellement ; ils auront des adversaires, c’est pourquoi leurs dos étaient pleins d’yeux ; il leur faut une grande surveillance et beaucoup de circonspection. Le règne de ces empires dépendant de la protection de leurs chefs d’en haut ; quand les ‘Haïoth marchaient les Ophanime, etc. (verset 19), et quand cette protection leur était retirée, ils tombaient. On mentionne d’abord l’abaissement, compris dans le mot הלך marcher, et puis עמד s’arrêter ; ensuite l’élévation (נשא) ; ce sont là les deux extrémités רוח החיה באופנים l’esprit du ‘Haïa est dans les Ophanime (verset 20), ce que dit le Talmud : Dieu ne punit une nation (נפרע מהאומה, littéralement ne se fait payer d’une nation), qu’après avoir puni son Dieu, comme il est dit (Isaïe, 24, 20) : יפקד ה׳ על צבא מרום במרום ועל מלכי האדמה על האדמה Dieu punira les puissances d’en haut, en haut, et les rois de la terre, sur la terre ; car lorsque la cause du bien cesse, l’objet de ce bien tombe. Comme les Ophanime désignent les empires, le prophète dit (10, 13) : les Ophanime, on les appelait Galgal (tourbillon), car leur domination était comme une roue qui tourne, tantôt en haut, tantôt en bas ; les nations sont liées à leurs chefs, comme les roues sont attachées aux animaux qui les tirent ; le firmament qu’on voit sur la tête des ‘Haïoth (1, 25), signifie que les chefs supérieurs tirent leur force de Dieu. Au-dessous du firmament, les ailes des ‘Haïoth étaient droites (ibid. verset 23) ; la force de ces chefs leur vient d’en haut. Il dit (verset 24) : j’entendis le bruissement de leurs ailes ; la voix désigne l’émanation, c’est ce que disent (ibid.) ces mots : comme le mugissement des grandes eaux, comme la voix du Tout-Puissant, comme l’émanation de Dieu, dont l’existence est immense (די במציאיתו) ; qu’elles sont belles ces paroles : קול המולה כקול מחנה le bruit d’un tumulte, comme le bruit d’un camp, mots qui conviennent à des empires : quand ils s’arrêtaient, ils laissaient tomber leurs ailes (verset 25), quand l’influence d’en haut cesse, le chef perd sa force et la nation qui en dépend tombe ; tout cela tient ensemble. C’est pourquoi il dit (verset 24), qu’au-dessus du firmament il a vu le trône de Dieu, sur lequel était comme la forme d’un homme, image de la gloire de Dieu, dont la force se répand sur les chefs, et de là vient la puissance des empires ; la volonté de Dieu abaisse les empires et les élèves. ‘Haschmal, le feu, la clarté, symboles de la puissance et de la sagesse divines.
Ainsi la vision de Ie’hezkel se rapporte aux quatre empires, de même qu’Abraham les a vus dans l’entrevue entre les pièces (במעמד בין הבתרים) et Jacob dans la vision de l’échelle (Gen. 15 et 32), et Salomon (Prov. 30, 21), quand il dit : תחת שלש רגזה ארץ ותחת ארבע לא תוכל שאת sous trois (choses) la terre est ébranlée et sous quatre elle ne peut supporter ; comme disent nos sages, de bienheureuse mémoire : de même que Nebouchadnetsar les a vus dans son premier songe, Daniel dans ses visions et Zechariahou dans ses prophéties, ainsi Ie’hezkel les a vus dans cette vision. Cette explication est conforme au contenu du livre et s’adapte à la simple interprétation des visions.
Mais moi, dans l’interprétation du livre de Ie’hezkel, je n’ai pas adopté cette explication, pour deux raisons : 1° si les ‘Haïoth désignaient les quatre empires, le prophète aurait dû nommer d’abord la face du lion, puis celle de l’homme, celle du bœuf, et en dernier celle de l’aigle, selon l’ordre chronologique de leur domination ; mais il n’en est pas ainsi ; ici on nomme toujours la figure de l’homme en premier ; 2° à la fin de son livre le prophète mentionne l’avenir (לעתיד לבוא) en prophétisant la délivrance future au temps du Messie, comme la vision qu’il a eue sur le fleuve Chebar, et comment a-t-il pu voir les quatre empires dans ce temps où ils ont cessé d’exister, car cette vision se trouve quatre fois mentionnée dans ce livre : la première fois en Chaldée, au commencement de ses prophéties, par un ouragan venant du nord ; la seconde fois dans la vallée, comme la gloire qu’il a vue sur le fleuve Chebar (chap. 10) ; la troisième fois elle s’élève du Chroub du seuil de la maison, etc. (9, 4), et toutes ces visions ont lieu après l’exil de Iechonia, avant que le temple fut brûlé, lors de l’exil de Tsidkiahou ; la quatrième fois il a eu une vision après la ruine, pour annoncer le retour de la majesté divine à son lieu, et voici la gloire du Dieu d’Israël venait, etc. (43, 2), la gloire revient de l’orient où elle s’était retirée lors de la ruine du temple ; c’est pourquoi il ne vit pas alors d’obscurité, de nuages et des ténèbres, comme les précédentes fois : on ne peut donc appliquer cela aux quatre empires. Voici les raisons pour quoi, dans l’interprétation de cette vision, je n’adopte pas cette troisième explication : je n’adopte pas celle de Maïmonide, qui, selon moi, est fausse et mensongère (שקר וכזב), le prophète n’ayant pu penser à cette philosophie ; je ne puis pas non plus adopter la première explication, qui est celle des sages d’Israël, qui appliquent toute cette vision aux êtres spirituels dont les bandes entourent le trône, c’est trop profond, et il est défendu de s’occuper seul (ביחיד) de la Mercaba ; d’ailleurs je n’ai pas étudié la Kabbala, et je ne connais pas la pensée des saints ; c’est pourquoi j’ai adopté ici une autre voie, conforme au texte, au contenu du livre, à l’intention du prophète. J’adopterai une partie de l’explication de ces sages, et en partie je me guiderai d’après ce que le ciel m’inspirera ; je sais que ce genre de recherche de la Mercaba n’est pas défendu : nos sages n’ont interdit à cet égard que la manière spirituelle reçue chez eux ; ils ont surtout défendu ce qui concerne le ‘Haschmal, mais non pas la simple explication des versets ; car s’il était défendu d’expliquer les versets et les mots, qui l’aurait permis à Raschi et à Kim’hi : toute la défense porte donc uniquement sur le genre spirituel. J’ai vu aussi le peuple qui vit dans les ténèbres de la philosophie (ההולכים בחשך התפלספות) adopter l’opinion du Moré dans l’interprétation de cette vision. Ils ont attribué ainsi selon leur opinion au prophète des erreurs et des fautes et ont selon leur manière expliqué la Mercaba à tous, jeunes et vieux ; ils ont cru que la chose était bien ainsi, et le nom de Dieu s’est trouvé profané. C’est pourquoi j’ai dit : il est temps d’agir pour Dieu (Eccl.), de transgresser la défense, pour enlever de mon peuple la pierre d’achoppement (מכשול). Ainsi a agi notre maître le saint, en mettant par écrit ce qui ne se transmettait qu’oralement et qu’on avait défendu d’écrire ; par le même principe que moi il a écrit dans la Mishna l’interprétation des préceptes reçue par tradition. Nous dirons de même : pour éloigner de nous l’explication de Maïmonide dans la Mercaba, il faut prendre une autre voie simple, et montrer verset par verset que l’interprétation de Maïmonide ne convient pas ; et bien que ce que je dirai ne soit pas exactement l’intention réelle du prophète (כוונת הנביא באמת), chaque parole s’adaptera sans interruption ni doute, qu’on trouve naturellement dans l’interprétation de Maïmonide. Déjà nos sages ont dit : la Torah s’explique de soixante-dix manières (שבעים פנים לתורה) : aussi ne m’abstiendrai-je pas, et je ferai également connaître mon opinion.
L’explication d’Abravanel
Cette explication revient à ce que dit le Cosri, dans son cinquième chapitre[15], où il dit une excellente parole, en traitant des visions prophétiques. Voici ses paroles : « Ils (les prophètes) le voient (Dieu) lorsqu’il dépose des rois et les relève, les juge ; ils voient les trônes renversés et l’ancien de jours assis dessus (Dan. 7, 9) ; lorsqu’il est irrité et qu’il médite la retraite, ou assis sur un trône haut et élevé et les Séraphins placés au-dessus de lui (Isaïe, 6, 1, 2) ; partant sur le char qu’a vu Ie’hezkel. » Le sens est, que les prophètes voient Dieu sous des figures diverses, appropriées à ses actions. C’est pourquoi il élève ou abaisse des rois ; ils le voient assis au jugement, comme dit Daniel (loco citato) ; ils le voient aussi quand Dieu est irrité contre une nation et lorsqu’il veut dérober sa présence aux hommes et leur retirer sa providence : c’est ce qu’Isaïe a vu (loco citato), comme si Dieu transportait sa providence de ceux d’en bas à ceux d’en haut. Les anges qui gardaient Israël, et qui, par ordre de Dieu, étaient campés près de lui dans le pays, se retirent aussi au ciel ; c’est ce qu’exprime le verset 2 du chap. 6 d’Isaïe. Ie’hezkel aussi a vu Dieu dans un moment où il se retirait lors de la destruction du temple, comme disent les Talmudistes : La Schechina (présence de Dieu) s’est retirée en dix retraites, comme s’il avait vu le char dans lequel Dieu Tsebaoth est près de partir, selon l’usage des rois, lorsqu’ils se transportent d’un lieu à l’autre, on leur prépare un char ; tout cela est une figure, selon le langage des hommes ; c’est pourquoi, pour compléter la figure, il a vu quatre ‘Haïoth (animaux) et Ophanime (roues) ; car de même que le char matériel qui sert au transport du roi est traîné par quatre animaux qui font rouler le char sur quatre roues, ainsi Ie’hezkel vit le char céleste dans lequel la glorieuse présence divine se retire du temple du milieu d’Israël. Mais que signifient les ‘Haïoth, les Ophanime, le firmament, le trône, l’homme et le ‘Haschmal ? Je pense que les Ophanime sont des sphères matérielles, se mouvant toujours par le moyen des ‘Haïoth. Ionathan Ben Ouziel rend Ophane par Galgal, ce qui montre que les Ophanime sont les substances célestes, et que rien dans cette vision ne désigne ni les éléments, ni les composés de ces éléments. Si la chose en est ainsi, il résulte que les ‘Haïoth conduisant les Ophanime, sont une image (משל) des intelligences abstraites faisant mouvoir les substances célestes. Si les ‘Haïoth sont des intelligences abstraites, le firmament qu’il a vu sur leur tête était aussi quelque chose d’abstrait, indiquant l’émanation qui, de Dieu, se répand sur ces intelligences ; le trône qui est sur le firmament est un attribut de la supériorité de Dieu, béni soit-il, monté sur le char ; l’homme et le ‘Haschmal, désignent la cause première. Voilà, selon moi, le sens sommaire de cette vision et son explication. Il est dit que les ‘Haïoth avaient la forme humaine, pour indiquer que c’étaient des êtres toujours intelligents, car parmi les êtres humbles, il n’y a d’intelligents que l’homme ; c’est pourquoi on les lui compare. Il les appelle ‘Haïoth, mot qui se dit de la force et de l’intelligence ; et, bien que les intelligences abstraites n’aient pas de mouvement, le prophète leur attribue l’action d’aller, de s’arrêter, de courir et de s’asseoir, car cette vision était adaptée aux perceptions des sens, comme la vision du chandelier (מנורה) et d’autres visions. Et comme nous ne pouvons concevoir l’existence des intelligences abstraites que par le mouvement céleste qu’elles occasionnent, il voit aux ‘Haïoth des ailes, pour indiquer le mouvement et pour d’autres indications que nous donnerons dans les versets ; des mains, pour indiquer leurs actions et leurs opérations. Comme les ‘Haïoth désignaient les intelligences abstraites, il les appelle dans la seconde vision Chroubime (chérubins), nom appliqué aux anges spirituels : il les a vus au nombre de quatre, parce que tout ce qui est dans les choses du monde (עניני העולם) est en quatre, soit les composés : צומח דומם le règne inorganique et le règne végétal, חי vivant, מדבר parlant ; soit dans les simples, les quatre éléments : le feu, l’air, l’eau et la terre ; dans le corps vivant il y a quatre espèces de fluides qui le font subsister : le sang, les humeurs, blanche, rouge et noire ; quatre conducteurs sont dans le corps de l’homme : le nutritif, le sentiment (המרגיש), la faculté de comparer et d’exciter : le nutritif a quatre forces : ce qui attire, ce qui fortifie, ce qui digère et ce qui repousse ; quatre tempéraments (אכיות) : le chaud, le froid, l’humide et le sec. Mais dans le monde intermédiaire, les sages ont déjà désigné dans le Galgal quatre parties. comprenant toutes ses parties, et dans les douze signes ils ont aussi indiqué quatre parties, trois signes pour chaque partie. C’est pour cela que le soleil dans son cours est divisé en quatre saisons (תקופות), et la lune en quatre variétés du mois ; le jour a quatre parties ; il y a quatre points cardinaux : le nord, le sud, l’est et l’ouest. Tous ces quarts dérivent des quatre bandes des intelligences abstraites qui entourent le trône divin, lesquelles viennent des attributs du premier, béni soit-il, qui ont aussi le même nombre האל הגדול הגבור והנורא le Dieu, grand, fort et redoutable. De ces quatre bandes viennent les quatre Ophanime, qui sont un emblème et une indication pour les substances célestes ; car, de même que dans le char matériel, les roues (אופנים) sont ces cercles qui servent à mouvoir le char et les animaux (חיות), font mouvoir les roues, de même les intelligences abstraites dirigent dans leurs mouvements les substances célestes ; c’est ce qu’il dit par l’esprit du ‘Haïa est dans les Ophanime, c’est-à-dire, l’âme de l’Ophane, qui est l’esprit du Galgal vient du ‘Haïa, savoir, du moteur abstrait. Il ne dit pas que le ‘Haïa est dans les Ophanime, car ces intelligences ne sont pas mêlées avec les corps, qui sont les Galgalime, mais il dit que l’esprit du ‘Haïa est dans les Ophanime. C’est pourquoi on dit dans la seconde vision : J’ai entendu qu’on appelait les Ophanime Galgal. De même Ionathan rend Ophane par Galgal, ce n’est pas parce que les éléments simples sont circulaires, comme dit Maïmonide, car les éléments n’ont pas par eux-mêmes une forme circulaire, ni aucune autre forme, si ce n’est par la matière qui les entoure, mais les cieux sont réellement par eux-mêmes sphériques. Il dit que les Ophanime sont quatre, puisqu’ils sont l’emblème des substances célestes, car dans leurs quatre directions, ils disposent les forces vers les quatre bandes d’intelligences absolues qui influent sur eux, comme il dit : vers leurs quatre côtés, etc. De ces quatre, qui sont dans les Galgalime, dérivent les quatre points cardinaux, les quatre éléments simples, les quatre dans leurs composés, les humeurs du corps et ses forces ; c’est pourquoi les jours de la formation de l’enfant dans le sein de sa mère, sont quarante ; le déluge fut sur la terre quarante jours et quarante nuits ; Noa’h, après que les sommets des montagnes furent découverts, attendit quarante jours avant d’envoyer le corbeau ; il savait que ce nombre était convenable, parce qu’il correspondait aux quarts d’en haut ; c’est pourquoi Mosché demeura chaque fois quarante jours et quarante nuits sur la montagne ; les explorateurs ont mis à explorer le pays quarante jours ; les Israélites sont restés quarante ans dans le désert ; tout cela par le nombre fondé sur le nombre quatre. Ces jours sont rappelés tous les ans comme jours de pénitence pour implorer la faveur de Dieu. Pour sanctifier ce nombre, il y avait dans le jardin d’Éden quatre fleuves ; Dieu a ordonné aux Israélites quand ils étaient dans le désert de camper en quatre camps ; de porter quatre bannières ; qu’il y eut quatre rangées de pierres sur le pectoral. Daniel a vu quatre animaux, Zecharia, quatre cornes, quatre forgerons, et quatre chars sortant d’entre deux montagnes ; Ie’hezkel aussi a vu toujours, dans les ‘Haïoth et les Ophanime dans ses visions ces nombres quatre. Le sommaire de cette première prophétie est, que Dieu conduit l’univers par le moyen de ses anges spirituels, serviteurs exécutant sa volonté ; ils font mouvoir le ciel selon la volonté de Dieu. C’est pourquoi quand vint la visitation d’Israël et la ruine à cause de ses péchés, Dieu montra au prophète que sa présence et sa gloire se retiraient du temple et que sa providence s’éloignait de son peuple. C’est pourquoi Dieu lui fit voir le char, qui montre quelqu’un monté dessus ; sur le firmament l’image d’un trône, au-dessus comme une forme humaine, et tout cela pour faire connaître qu’il fera tout par le moyen de ses anges, de ses sphères et de ses cieux ; tous contribueront à la ruine d’Israël, selon la décision divine, ainsi que tout cela sera expliqué dans les versets ; voici la seconde préface dont j’ai cru devoir faire précéder la vision pour la comprendre et en connaître la signification. Maintenant je vais mentionner la clef des prophéties de ce livre, tel que je les ai distribuées, ensuite vient mon explication.
Les vingt et une prophéties
Abarbanel, divise ce livre en vingt et une prophéties.
Première prophétie
Sommaire. — Trente ans après le Iobel (Jubilé), et après qu’on a trouvé le livre de la loi de Dieu dans la maison de Ioschiahou (Josias), roi de Juda, le cinquième jour du quatrième mois dans lequel la ville fut battue en brèche, cinq ans depuis l’exil de Iehoyachine, exilé par Nebouchadnetsar, qui le conduisit à Babel, où Ie’hezkel (Ézéchiel), l’avait accompagné, Dieu montra à ce prophète que sa gloire, sa majesté s’est retirée du temple ; sa providence, sa protection, les anges exécuteurs de sa volonté et de sa parole, tous ceux qui dans les temps heureux avaient protégé Israël et lui avait prédit la prospérité, ont cessé de s’intéresser à Israël ; de même que les agents des rois exécutent leur volonté et accomplissent leurs ordres. Dieu montre au prophète les ennemis venant du nord, et le feu qui consume le temple, le palais du roi et des princes à Jérusalem. Il lui montre que la prophétie arrive aux prophètes par son ordre et sa volonté. C’est pourquoi il a eu des visions prophétiques pendant son séjour en Palestine ; puis elles cessent et lui reviennent en Chaldée sur le Chaboras, parce que Dieu l’a ainsi voulu. Il y a dans cette prophétie une seule section : c’est le chapitre Ier, contenant la vision du prophète, la paix sur lui, près du fleuve Chaboras, dans la cinquième année de l’exil de Iehoyachine : (il voit) des Haïoth, des Ophanime, l’étendue du ciel (רקיע), le trône, la figure humaine et le ‘Haschmal.
Deuxième prophétie
Depuis le chapitre II, jusqu’au chapitre III, verset 22.
Sommaire. — Dieu ordonne au prophète de se tenir sur pied comme prêt à se mettre en route. Comme il hésite, l’esprit de Dieu vient le fortifier et lui faire connaître sa mission : il doit porter la parole aux Israélites rebelles. Ézéchiel pense que les Israélites ne l’écouteront pas ; mais Dieu le rassure, en lui disant que toujours ils sauront par là qu’il y a eu un prophète au milieu d’eux qui les a avertis ; qu’il ne doit rien craindre ; ils sont rebelles mais ne tuent pas. Sur ce qu’il dit, qu’il ne saurait s’acquitter de sa mission, Dieu lui dit de manger le rouleau, c’est-à-dire d’en bien apprendre le contenu ; mais dit, le prophète, je ne comprendrai pas leur réponse, Dieu lui répond, que malgré leur indocilité, leurs paroles seront claires ; qu’il aille donc vers les captifs de Juda, pour leur annoncer les paroles de Dieu. Pour le décider, Dieu lui montre que la gloire et la majesté divine se retirent du sanctuaire ; les anges quittent la demeure d’Israël ; puis il lui montre les Chaldéens détruisant Jérusalem. Alors vaincu par cette vision, le prophète, plein d’amertume, va vers les exilés et y reste sept jours, jusqu’à ce que Dieu lui fasse connaître ce qu’il doit dire. Dieu lui dit : qu’il est comme un inspecteur pour la maison d’Israël, et que son devoir est de l’avertir. Il y a huit sections.
| Section | Chapitre | Verset |
|---|---|---|
| 1re | 2 | 3 |
| 2 | 2 | 6 |
| 3 | 2 | 8 |
| 4 | 3 | 1 |
| 5 | 3 | 4 |
| 6 | 3 | 10 |
| 7 | 3 | 16 |
| 8 | 3 | 20 |
Troisième prophétie
Depuis le chapitre III, verset 22, jusqu’au chapitre VI, verset 2.
Sommaire. — Dieu dit au prophète de s’enfermer dans sa maison, de dessiner Jérusalem sur une tuile ; de se coucher sur le côté droit, puis sur le côté gauche. Ce sont des symboles annonçant la ruine de Jérusalem, et les maux qui accableront le peuple, tels que la famine, la peste, la guerre et l’exil. Il y a treize sections.
| Section | Chapitre | Verset |
|---|---|---|
| 1re | 3 | 22 |
| 2 | 3 | 26 |
| 3 | 4 | 1 |
| 4 | 4 | 4 |
| 5 | 4 | 13 |
| 6 | 4 | 15 |
| 7 | 4 | 16 |
| 8 | 5 | 1 |
| 9 | 5 | 5 |
| 10 | 5 | 7 |
| 11 | 5 | 8 |
| 12 | 5 | 10 |
| 13 | 5 | 11 |
Quatrième prophétie
Depuis le chapitre VIII, verset 1, jusqu’au chapitre XII, verset 1[16].
Sommaire. — Les anciens de Juda qui se trouvaient à Babel depuis l’exil de Iehoyachine viennent consulter Ie’hezkel sur ce que deviendra Jérusalem. La prophétie vient lui annoncer les horreurs qui s’y commettront ; l’idole placée dans le sanctuaire, le culte impie auquel chacun se livre dans sa maison ; les femmes qui pleurent le Tamouz (Adonis) ; les hommes qui tournent le dos au sanctuaire et adorent le soleil. Dieu lui dit : que ces mauvaises actions amèneront la ruine de Jérusalem. Il voit les destructeurs armés de leurs armes de destruction, et au milieu d’eux un homme vêtu de lin et pourvu de son écritoire auquel Dieu dit de marquer au front ceux qui sont justes, pour qu’ils échappent à la ruine ; il ne s’en trouve pas un seul à Jérusalem. Aussi le feu de Dieu éclate contre eux : ce châtiment n’est pas un effet phénoménal, mais bien celui de la Providence. Outre leurs péchés, ils niaient la prescience divine ; ils comparent Jérusalem à un pot dont eux-mêmes sont la viande. Dieu leur applique leur parabole : il les mènera en exil ; mais ceux qui dans l’exil sont restés fidèles à Dieu, Dieu les ramènera en Palestine et leur donnera un esprit nouveau pour le servir. Il y a onze sections.
| Section | Chapitre | Verset |
|---|---|---|
| 1re | 8 | 1 |
| 2 | 8 | 14 |
| 3 | 8 | 15 |
| 4 | 9 | 4 |
| 5 | 10 | 1 |
| 6 | 11 | 2 |
| 7 | 11 | 4 |
| 8 | 11 | 7 |
| 9 | 11 | 14 |
| 10 | 11 | 16 |
| 11 | 11 | 17 |
Cinquième prophétie
Depuis le chapitre XII, verset 1, jusqu’au chapitre XVI, verset 1.
Sommaire. — Les Israélites n’ont pas voulu écouter le prophète ; Dieu lui dit de faire des actions symboliques pour prédire ce qui arrivera aux habitants de Jérusalem ; et comme les Israélites disaient que l’accomplissement de ces prophéties est éloigné, Dieu dit qu’il sera prochain. Les faux prophètes niaient les paroles du véritable prophète ; aussi deviennent-ils eux-mêmes l’objet de sa prophétie, ainsi que les fausses prophétesses. Dieu fait voir ce que pensent ces hypocrites, qui font semblant de venir consulter le prophète : ils seront anéantis. Malgré leur perversité, tous à Jérusalem ne périront pas ; il en restera pour faire connaître que le châtiment a été mérité. Il y a quinze sections.
| Section | Chapitre | Verset |
|---|---|---|
| 1re | 12 | 1 |
| 2 | 12 | 9 |
| 3 | 12 | 18 |
| 4 | 12 | 22 |
| 5 | 12 | 27 |
| 6 | 13 | 2 |
| 7 | 13 | 8 |
| 8 | 13 | 13 |
| 9 | 13 | 17 |
| 10 | 13 | 20 |
| 11 | 14 | 2 |
| 12 | 14 | 12 |
| 13 | 14 | 20 |
| 14 | 15 | 1 |
| 15 | 15 | 6 |
Sixième prophétie
Depuis le chapitre XVI, verset 1, jusqu’au chapitre XVIII, v. 1.
Sommaire. — Autre similitude pour Jérusalem : Une jeune fille est venue au monde dans les champs ; là, abandonnée, elle est trouvée par un passant qui a pitié d’elle : il la soigne, l’élève, et devenue nubile, il l’épouse et lui prodigue des ornements ; elle est renommée pour sa beauté et devient infidèle à son mari, et livre même au libertinage ses enfants ; certes, elle mérite les châtiments les plus sévères. Ainsi Israël : Dieu l’a trouvé en Égypte dans le plus grand dénuement ; Dieu l’a délivré, a fait éclater des miracles en sa faveur, lui a donné la loi et des préceptes, et l’a conduit dans un bon pays ; mais Israël est devenu idolâtre ; de là son châtiment : son crime surpasse celui de Sodome et de Schomrone ; aussi sera-t-il traité comme eux. L’aigle du Liban désigne Nabouchadnetsar qui détruit Jérusalem à cause de Tsidkiahou. Mais Dieu donne l’assurance que des descendants de Iehoyachine recouvreront le trône de Juda à Jérusalem. Il y a neuf sections.
| Section | Chapitre | Verset |
|---|---|---|
| 1re | 16 | 1 |
| 2 | 16 | 36 |
| 3 | 16 | 51 |
| 4 | 16 | 59 |
| 5 | 17 | 1 |
| 6 | 17 | 9 |
| 7 | 17 | 12 |
| 8 | 17 | 19 |
| 9 | 17 | 22 |
Septième prophétie
Depuis le chapitre XVIII, jusqu’au chapitre XX, verset 1.
Sommaire. — Les fils de Juda et les habitants de Jérusalem prétendent qu’ils supportent la peine pour les crimes commis par Menasché et les autres rois de Juda, qui pourtant sont morts en honneur ; mais Dieu leur répond qu’il n’en est pas ainsi ; que les peines et les récompenses sont pour l’âme (נפש) qui fait les actions ; le corps n’est que l’instrument (כלי). L’homme, comme être spirituel, n’a ni père ni enfants, parce que l’esprit n’engendre pas un autre esprit ; le fils ne sera donc pas puni pour le père. Celui-ci sera puni pour son péché, dans ce monde et dans le monde à venir ; même la douleur corporelle va à l’âme : or l’âme du fils étant différente de celle du père, il ne souffre donc pas les péchés de celui-ci : l’impie repentant vivra ; le juste devenu criminel sera puni. Il y a six sections.
| Section | Chapitre | Verset |
|---|---|---|
| 1re | 18 | 1 |
| 2 | 18 | 21 |
| 3 | 18 | 24 |
| 4 | 18 | 27 |
| 5 | 19 | 1 |
| 6 | 19 | 10 |
Huitième prophétie
Depuis le chapitre XX, v. 1, jusqu’au chapitre XXI, v. 1.
Sommaire. — Des anciens d’Israël, viennent prier le prophète d’intercéder pour eux, pour que Dieu ait pitié de son peuple et que Jérusalem ne soit pas détruite ; mais Dieu déclare qu’il ne les exaucera pas ; il ordonne au prophète de leur reprocher même les horreurs commis par leurs pères et pour lesquelles ils avaient mérité la destruction, si Dieu ne leur avait pas pardonné. Quand même les Israélites voudraient adorer le bois et la pierre, ils n’échapperaient pas à la providence divine : Dieu régnera sur eux de force, les fera sortir d’entre les nations et rentrer dans l’alliance, et malgré eux, les soumettre à sa foi. Les gens coupables d’entre eux, ne retourneront pas au pays d’Israël ; ils périront dans le désert comme la génération sortie de l’Égypte ; ils sauront toutefois que Dieu les a traités avec miséricorde et non selon leurs mauvaises actions. Il y a trois sections.
| Section | Chapitre | Verset |
|---|---|---|
| 1re | 20 | 1 |
| 2 | 20 | 2 |
| 3 | 20 | 27 |
Neuvième prophétie
Depuis le chapitre XXI, verset 1, jusqu’au chapitre XXIII, verset 1.
Sommaire. — Le prophète reçoit l’ordre d’annoncer par des actions symboliques la ruine de Jérusalem : le glaive de Nebouchadnetsar est poli et repassé ; il consulte le destin sur le chemin qu’il doit prendre ; s’il doit se diriger sur Jérusalem ou sur Rabbath, ville des Ammonites. Que ceux-ci ne triomphent pas de la chute de Jérusalem ; le tour de leur ville viendra aussi : Jérusalem doit périr d’abord à cause de l’énormité de ses crimes. Détail de ces crimes ; il n’y a aucun juste parmi les habitants de Jérusalem. Il y a douze sections.
| Section | Chapitre | Verset |
|---|---|---|
| 1re | 21 | 1 |
| 2 | 21 | 7 |
| 3 | 21 | 11 |
| 4 | 21 | 14 |
| 5 | 21 | 19 |
| 6 | 21 | 24 |
| 7 | 21 | 29 |
| 8 | 21 | 30 |
| 9 | 21 | 33 |
| 10 | 22 | 2 |
| 11 | 22 | 18 |
| 12 | 22 | 24 |
Dixième prophétie
Depuis le chapitre XXIII, v. 1, jusqu’au chapitre XXIV, v. 1.
Sommaire. — Le royaume d’Éphraïme et celui de Juda sont figurés par deux femmes de mauvaise vie, dont les noms sont également figurés pour rendre intelligibles les objets qui s’y rapportent. Il y a sept sections.
| Section | Chapitre | Verset |
|---|---|---|
| 1re | 23 | 1 |
| 2 | 23 | 22 |
| 3 | 23 | 28 |
| 4 | 23 | 32 |
| 5 | 23 | 38 |
| 6 | 23 | 39 |
| 7 | 23 | 46 |
Onzième prophétie
Depuis le chapitre XXIV, v. 1, jusqu’au chapitre XXVI, v. 1.
Sommaire. — Le même jour, quand le roi de Babel s’approche de Jérusalem, la prophétie vient au prophète Ézéchiel, qui était à Babel. Dieu lui ordonne de consigner ce jour par écrit ; d’en faire part à ses co-exilés, afin qu’en apprenant plus tard que ce jour Jérusalem a été assiégée, ils sachent que Dieu parle par sa bouche. Le siège durera autant de jours qu’il s’était écoulés d’années depuis leur sortie d’Égypte. Les Israélites pensaient qu’une ville populeuse comme Jérusalem ne pouvait être prise, et qu’en tout cas, la ville serait préservée en faveur du sanctuaire qui s’y trouvait ; pour les détromper, le prophète a recours à une action symbolique : il renverse un pot ; sa femme se meurt, et la piété du prophète ne la préserve pas. Il y a dix sections.
| Section | Chapitre | Verset |
|---|---|---|
| 1re | 24 | 1 |
| 2 | 24 | 6 |
| 3 | 24 | 9 |
| 4 | 24 | 16 |
| 5 | 24 | 25 |
| 6 | 25 | 2 |
| 7 | 25 | 6 |
| 8 | 25 | 8 |
| 9 | 25 | 12 |
| 10 | 25 | 15 |
Douzième prophétie
Depuis le chapitre XXVI, v. 1, jusqu’au chapitre XXIX, v. 1.
Sommaire. — Tsor (Tyr), voisine de Jérusalem, s’était réjouie de sa perte, en pensant que le commerce de cette ville allait lui revenir ; mais le prophète annonce à Tsor une double ruine : d’abord par Nebouchadnetsar, qui la détruira de fond en comble, ensuite par Alexandre ; alors Israël sera paisible. Dieu ordonne à Ézéchiel, d’entonner une complainte sur la chute du Tyr. Prophétie contre Tsidone (Sidon). Il y a onze sections.
| Section | Chapitre | Verset |
|---|---|---|
| 1re | 26 | 1 |
| 2 | 26 | 3 |
| 3 | 26 | 7 |
| 4 | 26 | 15 |
| 5 | 26 | 19 |
| 6 | 27 | 2 |
| 7 | 28 | 2 |
| 8 | 28 | 6 |
| 9 | 28 | 12 |
| 10 | 28 | 21 |
| 11 | 28 | 25 |
Treizième prophétie
Comprenant plusieurs prophéties sur Pharaon et l’Égypte. Depuis le chapitre XXIX, verset 1, jusqu’au chapitre XXXIII, verset 1.
Sommaire. — Pharaon avait promis son secours à Israël contre Nebouchadnetsar ; mais il n’a pas tenu sa promesse : aussi l’Égypte périra d’abord par ce même Nebouchadnetsar ; puis à la fin des temps, par les Notsrime (Nazaréens). Il y a seize sections.
| Section | Chapitre | Verset |
|---|---|---|
| 1re | 29 | 1 |
| 2 | 29 | 13 |
| 3 | 29 | 17 |
| 4 | 29 | 19 |
| 5 | 29 | 21 |
| 6 | 30 | 2 |
| 7 | 30 | 6 |
| 8 | 30 | 10 |
| 9 | 30 | 13 |
| 10 | 30 | 20 |
| 11 | 31 | 1 |
| 12 | 31 | 10 |
| 13 | 31 | 15 |
| 14 | 32 | 1 |
| 15 | 32 | 11 |
| 16 | 32 | 17 |
Quatorzième prophétie
Comprenant également plusieurs prophéties qui ont eu lieu à des époques diverses. Depuis le chapitre XXXIII, v. 1, jusqu’au chapitre XXXIV, verset 1.
Sommaire. — Un fugitif vient annoncer au prophète la ruine de Jérusalem. Dieu lui avait ordonné de prévenir les Israélites, pour qu’ils fissent pénitence, car Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais il désire qu’il revienne. Dieu prévient néanmoins le prophète qu’on ne l’écoutera pas ; ils ne sauront qu’il y a eu un prophète au milieu d’eux, que lorsque le malheur sera venu fondre sur eux. Il y a huit sections.
| Section | Chapitre | Verset |
|---|---|---|
| 1re | 33 | 1 |
| 2 | 33 | 7 |
| 3 | 33 | 10 |
| 4 | 33 | 12 |
| 5 | 33 | 21 |
| 6 | 33 | 23 |
| 7 | 33 | 25 |
| 8 | 33 | 30 |
Quinzième prophétie
Depuis le chapitre XXXIV, verset 1, jusqu’au chapitre XXXVII, verset 1.
Sommaire. — Ce sont les mauvais rois, les méchants pasteurs qui ont attiré le malheur sur Israël. Il arrivera un temps où Dieu lui-même, sera le pasteur d’Israël ; il le délivrera, le ramènera dans son pays et lui donnera pour pasteur un descendant de David. Prophétie contre Édome, adversaire principal d’Israël. Dieu ne s’était pas séparé à jamais d’Israël, mais s’en était seulement séparé momentanément. Dieu fera encore des miracles en faveur d’Israël et lui donnera un cœur nouveau et un esprit nouveau. Il y a onze sections.
| Section | Chapitre | Verset |
|---|---|---|
| 1re | 34 | 1 |
| 2 | 34 | 11 |
| 3 | 34 | 20 |
| 4 | 35 | 1 |
| 5 | 35 | 14 |
| 6 | 36 | 1 |
| 7 | 36 | 5 |
| 8 | 36 | 13 |
| 9 | 36 | 15 |
| 10 | 36 | 22 |
| 11 | 36 | 33 |
Seizième prophétie
Depuis le chapitre XXXVII, verset 1, jusqu’au verset 15.
Sommaire. — Résurrection des morts, peu de temps avant la rédemption. Résurrection figurée par les ossements qui s’animent. D’abord Juda et Benjamin viendront se joindre aux dix tribus. Un roi de la postérité de David les réunira tous. Prophétie contre Gog. Grande guerre avant la réunion des exilés. Une seule section.
Dix-septième prophétie
Depuis le chapitre XXXVII, verset 15, jusqu’au chapitre XXXVIII, verset 1.
Sommaire. — À l’époque de la réunion des Israélites, il n’y aura plus ni dispute, ni contestation entre eux et contre leurs rois : tout Israël sera uni. Sous le règne d’un descendant de David, ils habiteront le pays que Dieu a donné à leurs ancêtres ; ils ne se livreront plus à l’idolâtrie et n’iront plus dans l’exil. Dieu fera une alliance durable avec eux ; il les multipliera et placera son sanctuaire au milieu d’eux, afin que les nations sachent que Dieu sanctifie les Israélites. Une seule section.
Dix-huitième prophétie
Depuis le chapitre XXXVIII, verset 1, jusqu’au chapitre XL, verset 1.
Sommaire. — Gog, suivi des Perses, des Éthiopiens et d’autres peuples, viendront attaquer les Édomites en Palestine ; mais ils en seront battus. Dieu venge ainsi sur Gog le mal qu’il a fait aux dix tribus. Pendant sept ans on brûlera les armes qu’on trouvera sur le champ de bataille, par suite du carnage auquel se livreront mutuellement ces peuples. Pendant sept mois, le peuple sera occupé à enterrer les morts pour purifier le pays. Il y a huit sections.
| Section | Chapitre | Verset |
|---|---|---|
| 1re | 38 | 1 |
| 2 | 38 | 10 |
| 3 | 38 | 17 |
| 4 | 38 | 18 |
| 5 | 39 | 1 |
| 6 | 39 | 11 |
| 7 | 39 | 17 |
| 8 | 39 | 25 |
Dix-neuvième prophétie
Depuis le chapitre XL, verset 1, jusqu’au chapitre XLIII, verset 10.
Sommaire. — Dieu, après avoir montré au prophète le retour de la captivité, lui fait voir la reconstruction du temple : il ne lui fait voir ni les objets en or, ni ceux en argent qui s’y trouveront, mais l’édifice qui surpassera en étendue celui bâti par Salomon et le second temple. Une seule section ; contenant la construction du temple.
Vingtième prophétie
Depuis le chapitre XLIII, verset 10, jusqu’au chapitre XLV, verset 18.
Sommaire. — Dieu ordonne au prophète de faire connaître au peuple les dimensions du temple ; l’autel, les sacrifices qui auront lieu lors de l’inauguration, comme lors du temps de Moïse et de Salomon. Ceux qui sont restés fidèles à Dieu, serviront seuls dans ce nouveau temple. Prescriptions concernant leur vêtement ; autres prescriptions concernant les cohénime. Partage futur de la Palestine, différent du premier partage. Une part du terrain affecté au Nassi, qui est le Messie. Il y a six sections.
| Section | Chapitre | Verset |
|---|---|---|
| 1re | 43 | 10 |
| 2 | 44 | 1 |
| 3 | 44 | 15 |
| 4 | 45 | 1 |
| 5 | 45 | 9 |
| 6 | 45 | 16 |
Vingt et unième prophétie
Depuis le chapitre XLV, verset 18, jusqu’à la fin du livre.
Sommaire. — Sacrifices pour l’inauguration du temple. Le premier mois est Nissan ; dans ce mois commence l’inauguration et durera jusqu’à la fin de Souccoth (6 mois). La première délivrance a eu lieu en Nissance ; la délivrance finale arrivera de même dans ce mois. La guerre de Gog a eu lieu à l’époque de Souccoth ; de là cette époque fixée comme la fin des fêtes de l’inauguration. L’eau que le prophète voit jaillir de dessous la porte du temple, peut être prise naturellement ou comme le symbole de la sagesse et de la prophétie. Encore du partage du pays ; situation du temple au milieu. Il y a sept sections.
| Section | Chapitre | Verset |
|---|---|---|
| 1re | 45 | 18 |
| 2 | 46 | 1 |
| 3 | 46 | 12 |
| 4 | 46 | 16 |
| 5 | 47 | 13 |
| 6 | 48 | 1 |
| 7 | 48 | 30 |
Sources —Préface d’Abrabanel sur Ézéchiel. [Traduction d’Olry Terquem]. Dans : La Bible : traduction nouvelle avec l’hébreu en regard, par S. Cahen, tome XI, Iehezkel (Ézéchiel). Paris, chez l’auteur, 1841. [Version numérisée : Gallica].