Dissertation homilétique sur le Décalogue par Saadia Gaon

Traduction française

Trad. R. Isaac Morali (1913)


Premier commandement

אלכלמה אמאוולה[1] / Al-kalama al-awwāla

Le premier commandement, émanant du Maître de l’Univers, révélait une vérité incontestable, base fondamentale de la Thora, et de l’alliance perpétuelle que Dieu promit d’instituer avec toutes les générations de son peuple.

Ce dogme apparaissait en lettres flamboyantes qui, après avoir plané dans les hauteurs célestes et évolué dans les airs autour du Mont-Sinaï, allaient se fixer sur les Tables de la Loi, pendant que la voix divine, claire, harmonieuse et d’une incomparable sonorité, dominant le bruit du tonnerre et de la tempête, environnait le peuple et l’exhortait merveilleusement en ces termes : Ô enfants d’Israël ! Je suis l’Éternel, qui vous ai fait sortir d’Égypte, d’une maison d’esclavage.

Je suis l’Être Suprême qui ai créé la mer, et qui lui ai ordonné de se dessécher (pour vous y frayer un passage), j’y ai fait noyer Pharaon et son armée. Je suis Un, par excellence : par ma splendeur et ma sagesse, j’ai étendu et affermi les cieux, seul, sans être secondé par un ministre, ni par un conseiller quelconque. Je suis le Roi des rois, et je n’ai point de rival ; c’est Moi seul qui fait mourir et qui fait vivre. J’abaisse la demeure de l’orgueilleux, et je l’avilis ; j’élève ou j’humilie ceux que je veux. J’accorde le bonheur à mes fidèles serviteurs, et je leur procure une subsistance quotidiennement renouvelée. Je possède les trésors du froid, de la grêle, de la neige, de la gelée, du tonnerre, des éclairs et du vent violent et impétueux. J’ai fait tenir les cieux sans colonnes ; j’ai fermement établi les assises de la terre, comme si elles reposaient sur de solides piliers. Du néant, j’ai tiré l’existence par ma parole ; ma volonté n’a jamais été contrariée ; elle est immuable.

Je frappe de démence les savants, et j’annihile leurs projets ; j’éloigne ceux qui sont proches, et je rapproche ceux qui sont loin. Je fais jaillir l’eau des rochers les plus durs, et dans les lieux les plus arides. Je fais germer de la terre les graines qu’on y a déposées, et j’en fais surgir une abondante moisson. Si je jette un regard sur le monde, je le fais trembler. Il se trouve plongé dans de profondes ténèbres, dès que j’éclipse le soleil. C’est par la faute des hommes que parfois je prive la terre de la pluie ; néanmoins je m’empresse de la lui accorder de nouveau, dès que ceux-ci me la réclament par des prières et des louanges[2]. Sachez que j’en compte toutes les gouttes, et qu’un ange gardien préposé par moi a la charge de les distribuer ou de les retenir, selon ma volonté. Une fois descendue du ciel, la pluie n’y retourne pas avant d’avoir fertilisé les champs auxquels je l’ai destinée[3].

C’est à moi seul que conviennent la souveraineté, la grandeur, les hommages, la prière et la louange. Je suis Un, par excellence, Fort et Puissant ; je dévoile les mystères, et rien n’échappe à ma vue. Nul ne peut être comparé à moi. Ma gloire brille dans les sphères les plus hautes, et je sonde les profondeurs du cœur. Je suis l’Éternel qui recouvre la terre d’une fraîche verdure, qui la revêtit de céréales, d’herbes et d’une flore superbe. Je lui fais produire pour mes serviteurs de beaux et succulents fruits. J’ai assigné à la mer une infranchissable limite de sable. Je change les temps et les époques, et les astres accomplissent leurs révolutions avec une parfaite régularité. J’appauvris le riche et enrichis abondamment le pauvre. Je suis le Tout-Puissant, le Très-Haut, le Sublime ; ma splendeur n’a point d’égale, rien ne peut ressembler à ma divine Majesté.

La glorification, la magnificence ne siéent qu’à moi, ainsi qu’il est écrit dans le livre de la Révélation :[4] « Écoute, ô Israël ! l’Éternel est notre Dieu, l’Éternel est Un » et sans second ; il n’y a pas d’Unité semblable à la sienne.

Deuxième commandement

אלכלמה אלתאניה / Al-kalima ath-thāniya

Le deuxième commandement apparaissait en lettres flamboyantes, tournoyant dans les hauteurs célestes, et la voix divine environnait le peuple et l’exhortait en ces termes : Ô fils d’Israël ! N’ayez point d’autre Dieu que moi, ne vous faites point d’idole ! Ne me changez pas contre un autre, ne m’attribuez aucune figure. Ne me comparez à rien, ne me représentez pas d’après votre imagination. Adressez-moi vos louanges et rendez hommage à mon nom. Je suis le Tout-Puissant, le Majestueux ; mes merveilles sont impénétrables et ma puissance est illimitée. Je conserve ma bonté pour toutes les générations, car je suis le Miséricordieux, le Bienveillant. Gardez-vous bien de me substituer une idole, ou de me représenter sous une forme quelconque. Ne vous prosternez point follement et aveuglément devant le soleil, ni devant la lune, ni devant tout ce qui existe sous le ciel, ni devant les étoiles du firmament et ses diverses constellations ; car ils ont tous été comme vous créés par moi.

Je suis l’Éternel ; à Moi seul appartiennent la force, la puissance et la vie : mes décrets sont irrévocables. N’adorez point d’autres dieux que moi, qu’ils soient sculptés en or, en argent, en bois ou en pierre ; car ils sont l’œuvre de la main d’hommes insensés. Ils ont une bouche, et ne parlent pas ; des yeux, et ne voient pas ; des oreilles, et n’entendent pas ; des narines, et ne sentent pas ; des mains, et ne touchent pas ; des pieds, et ne marchent pas. Puissent leur ressembler ceux qui les façonnent, de même que ceux qui se confient en eux.

Ô fils d’Israël ! Ô mes Élus ! Ô mes bien-aimés !

Je suis l’Éternel, l’auteur de l’Univers. J’ai créé les planètes et les brillants corps célestes : ne les craignez pas et ne leur rendez pas hommage, car je suis un Dieu jaloux, punissant sévèrement ceux qui s’écartent de mes commandements ; mais, je suis clément et bienveillant pour ceux de mes élus qui observent mes Lois, fidèlement et sincèrement.

Je serai leur témoin au jour du jugement dernier. Je punis les iniquités des pères dans les enfants, jusqu’à la troisième et la quatrième génération, si ceux-ci m’offensent ; mais aussi j’étends ma bienveillance à la millième, pour ceux qui m’aiment et observent mes préceptes.

Troisième commandement

אלכלמה אלתאלתה / Al-kalima ath-thālitha

Le troisième Commandement apparaissait en lettres flamboyantes, tournoyant dans les hauteurs célestes, et la voix divine environnait le peuple et l’exhortait en ces termes : Ô enfants d’Israël ! Gardez-vous bien de jurer en vain, par mon nom, ni de le proférer à l’appui du mensonge. Si vous prêtez serment, persévérez dans vos attestations, jusqu’à ce que la vérité éclate manifestement. Que votre serment soit exempt de défectuosité et de vice ; que votre témoignage soit sincère et irréfragable. Ne prononcez le nom de Dieu que dans un cas indubitable. Sachez que celui qui le profère irrévérencieusement sera perpétuellement puni par moi ; car le parjure cause la ruine des maisons et la destruction des monuments, dessèche les plantes, arrête les pluies bienfaisantes, procure de graves maladies et des souffrances à celui qui le commet, transforme une terre fertile en un désert inculte.

Écoutez ce que l’Éternel dit à ce sujet : « J’ai donné libre cours à la malédiction, pour qu’elle pénètre dans la maison du voleur, et dans la maison de celui qui jure faussement par mon nom ; elle élira domicile au milieu de sa demeure, et la ruinera avec sa charpente et ses pierres. »[5]

Gardez-vous bien du faux serment et du faux témoignage ; car je châtie le parjure. Par contre, je récompense celui qui s’abstient de prêter par mon nom un serment faux, vain et mensonger ; qui n’habitue pas sa langue à tenir des propos indécents, ni à mentir ; qui révère le nom de son Maître suprême et qui le craint ; qui ne prononce ce nom auguste et redoutable du Tout-Puissant, que sincèrement et sans arrière-pensée ; qui ne dit toujours que la vérité, et qui prouve que la crainte de Dieu lui est constamment présente. Ainsi Idris (Hénoch) prononça mon Nom, et je l’ai élevé au-dessus de la voûte éthérée ; Noé en fit de même, et les eaux du déluge l’épargnèrent ; Abraham le proféra aussi, et je l’ai sauvé du feu de la fournaise[6] ; Isaac l’invoqua à son tour, au moment de son sacrifice, et je l’ai racheté par un bélier ; Jacob l’exprima ensuite, pendant qu’il luttait avec l’ange. Par ce Nom j’ai préservé Joseph de la tentation de la femme de Putiphar. Par ce Nom, Moïse put tuer l’Égyptien, métamorphoser son bâton en serpent, et lui faire reprendre encore sa forme primitive. Par ce Nom, invoqué encore par ce prophète, j’ai divisé la Mer Rouge en douze sentiers, un sentier pour le passage de chaque tribu. Par ce Nom, j’ai arrêté le soleil, sur la prière de Josué,[7] afin de permettre à celui-ci d’exterminer ses ennemis. Par ce Nom, Jonas demanda mon secours, pendant qu’il était dans les entrailles du cétacé, et je l’en ai retiré. Par ce Nom enfin, les malades guérissent, les aveugles recouvrent la vue, les morts sont rappelés à la vie, et les affligés trouvent la consolation réconfortante.

Je suis le premier de tous les premiers, et l’éternité ne sied qu’à moi seul.

Je suis l’Être suprême dont l’existence n’aura pas de fin ; je suis le Tout-Puissant ; et je ne laisse pas impuni celui qui invoque mon nom pour le mensonge.

Quatrième commandement

אלכלמה אלראבעה / Al-kalima al-rābiʿa

Le quatrième Commandement apparaissait en lettres flamboyantes, tournoyant dans les hauteurs célestes, et la voix divine environnait le peuple et l’exhortait en ces termes : Ô fils d’Israël ! « Souviens-toi du jour du Sabbat pour le sanctifier. Durant six jours tu travailleras, et tu t’occuperas de toutes tes affaires ; mais le septième jour sera un jour de repos consacré à l’Éternel ton Dieu : tu n’y feras aucun ouvrage, ni toi,[8] ni ton fils, ni ta fille, ni ton esclave mâle ou femelle, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes murs, afin qu’ils se reposent comme toi. Car en six jours, l’Éternel a créé le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils renferment, et il s’est reposé le septième jour dans lequel il occupa son Trône ; c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du Sabbat et l’a sanctifié. »

Ô enfants d’Israël ! Observez le Sabbat, et honorez-le. Vénérez-le, révérez-le, choyez-le, craignez-le, glorifiez-le, embellissez-le, aimez-le, purifiez-le, bénissez-le (יברכו)[9], couronnez-le, parez-le, sacrez-le roi, portez-le en triomphe, ennoblissez-le, chérissez-le, préférez-le, affectionnez-le, sanctifiez-le, fixez-le, illustrez-le, conservez-le fermement.

Ô enfants d’Israël ! Ô mes Élus ! Ô mes Saints ! Souvenez-vous des vingt (=) merveilles que j’ai créées dans le monde, et dont je n’ai préféré que les septièmes, en l’honneur du Sabbat[10]. J’ai créé sept cieux, et je n’ai attribué la suprématie qu’au septième, qui se nomme « Araboth », où réside ma divine Majesté. J’ai créé sept mers, et je n’ai choisi que la septième, qui est la Mer Rouge, où j’y ai accompli des miracles aux yeux de mon peuple. J’ai créé sept planètes, et j’en ai accordé la supériorité à la septième, le soleil, qui par sa lumière puissante éclaire l’univers entier. J’ai appelé Abraham[11] mon bien-aimé, et Moïse, mon fidèle serviteur. J’ai créé le monde en six jours, et c’est le septième seulement que j’ai occupé mon Trône. J’ai aussi écrit dans mon Livre : « Vous compterez sept fois sept années, c’est-à-dire quarante-neuf années, et la cinquantième sera une année de Jubilé, une année où le maître renverra ses esclaves des deux sexes, une année où chacun rentrera dans ses possessions, où le serf sera entièrement libre. J’ai, d’autre part, écrit dans ce même Livre : « Vous compterez sept semaines, c’est-à-dire quarante-neuf jours, et vous sanctifierez le cinquantième qui est celui que j’ai consacré par la promulgation de ma Loi.[13] » J’ai élevé David à la dignité royale, lui qui était le septième des patriarches,[14] et je lui ai promis que de sa postérité surgiraient sept souverains qui règneront dans l’avenir, et dont le plus illustre sera le Messie surnommé « Innone », lequel sera aussi le septième monarque.[15]

Et bien que j’aie donné la préférence à tous ces septièmes énumérés, j’accorde néanmoins la priorité au Sabbat qui est le septième jour de la semaine. Je l’ai appelé le jour de la paix, de la foi, de la bénédiction, de la vénération, de la confiance, de la quiétude, de la gloire, de la splendeur, de la beauté, de la pureté, du bonheur,[16] de la grandeur, de l’ornement, de la sainteté, de la propreté, de la prospérité, de la magnificence, de la préférence, de la charité, de l’étude, de l’élévation, de l’illustration, de la conservation, le jour dans lequel j’ai achevé la création du monde, le jour où même les damnés de l’enfer jouissent du repos. Ô enfants d’Israël ! honorez le Sabbat, revêtez en ce jour vos plus beaux habits ; buvez et mangez bien ; soyez surtout charitables envers les malheureux et, généreusement, faites-leur partager vos repas, afin qu’ils se réjouissent avec vous. En retour, je vous épargnerai toute calamité, et je vous préserverai de tout malheur, vous, ainsi que tous ceux de vos descendants qui se distingueront par leurs bonnes œuvres.

Car le Sabbat est le symbole de l’alliance perpétuelle conclue sous la foi du serment entre vous et Moi ; c’est pourquoi l’Éternel a béni ce jour, et l’a sanctifié.

Cinquième commandement

אלכלמה אלכאמסה / Al-kalima al-khâméssa

Le cinquième Commandement, apparaissait en lettres flamboyantes, tournoyant dans les hauteurs célestes, et la voix divine environnait le peuple et l’exhortait en ces termes : Ô Enfants d’Israël ! Honorez vos parents, et gardez-vous bien de transgresser le précepte de la piété filiale que je vous ai imposée ; car l’honneur de vos parents doit être identique au mien ; leur vénération semblable à la mienne ; leur obéissance égale à celle qui m’est due. Sache, ô fils de l’homme ! que nous nous sommes associés à trois pour te former : Moi l’Éternel, ton père et ta mère.

Tu dois à ton père ces dix organes : les os, les nerfs, la moelle épinière, le blanc des yeux, l’encéphale, les ongles, les dents canines, les molaires, les intestins et la graisse.

De ta mère tu tiens les dix suivantes : la chair, le sang, les poumons, le cœur, le foie, le fiel, la rate, le noir des yeux, le coloris rouge des lèvres, et les cheveux. Et de Moi, l’Être Suprême, tu as reçu la vie, l’âme, l’intelligence, la sagesse, la parole, la vue, la force, l’odorat, le contentement et les biens.[17] Puisque j’ai fait participer tes parents à la création, ô mon fils, ne les contredis pas, que leurs propos soient justes ou erronés ; ne t’assoies pas à leurs places, ni en leur présence, ni en leur absence ; car j’ai assimilé leur honneur, leur obéissance et leur vénération aux miens. Ne les regarde donc pas d’un œil défavorable ; accomplis leurs désirs ; ajoute foi à leurs paroles ; écoute docilement leurs remontrances, et garde-toi de les offenser.

Je t’ai ordonné de respecter tes parents, en raison des vingt organes de ton corps, à la formation desquels ils ont contribué. Demeure auprès d’eux, et lève-toi devant eux ; livre-toi, s’il le faut, à un travail servile, afin de pourvoir à leur entretien. Ne te permets pas de témoigner contre eux, et accepte volontiers leur témoignage contre toi.

Les dix Commandements que je t’ai prescrits, c’est-à-dire : la reconnaissance de ma Divinité, la défense d’adorer les idoles, de faire un parjure, de profaner le jour du Sabbat, de tuer, de commettre un adultère, de porter un faux témoignage, de convoiter le bien d’autrui, de ces dix Commandements, celui de la piété filiale est le plus important.

Le sage Salomon fils de David (que la paix soit sur lui !) a dit :[18] « Tout enfant qui ne respecte pas ses parents, et qui les méprise, puissent ses yeux être arrachés par les aigles, et dévorés par les oiseaux de proie. »

Ô mon fils,[19] dit encore ce sage, vénère tes parents de toutes tes forces, et empresse-toi d’accomplir leurs ordres ; par cela tu t’assureras une longue et heureuse vie. Et tel que tu t’es comporté envers ceux qui t’ont mis au monde, telle sera la conduite de tes enfants à ton égard.

En honorant tes parents, tes jours se prolongeront sur la terre que l’Éternel ton Dieu t’accordera.

Sixième commandement

אלכלמה אלסאדסה / al-kalima as-sādisah

Le sixième Commandement apparaissait en lettres flamboyantes, tournoyant dans les hauteurs célestes, et la voix divine environnait le peuple et l’exhortait en ces termes : Ô enfants d’Israël ! ne tuez personne injustement, sans raison ;[20] ne versez pas le sang d’un innocent. Ne soyez ni les instigateurs, ni les agents du meurtre ; n’ayez aucun rapport, aucune relation avec les assassins ; ne permettez à aucun d’eux d’élire domicile parmi vous.

Sachez que l’homicide détermine l’exil et la famine. Ô enfants d’Israël ! gardez-vous bien d’un tel forfait que l’Éternel, Grand et Puissant, a rigoureusement défendu. Je poursuivrai celui qui aura tué la personne à qui j’ai confié l’âme, et je vengerai le sang de l’innocent ; car j’ai créé l’homme à mon image, je l’ai fait au moule divin, et mes mains l’ont façonné. Comment donc, oses-tu détruire et exterminer sans pitié, celui que j’ai si merveilleusement formé dans le sein de sa mère ! Comment, ô mon fils, te permets-tu de faire périr un être que tu n’as pas créé, et que tu es incapable de ressusciter ! Pourquoi en hâtes-tu la fin, avant le terme que je lui ai assigné, et lui retranches-tu la vie prématurément ? Loin de toi l’homicide et l’effusion du sang humain ! L’Éternel a seul le droit de réclamer l’âme qu’il a créée ; quant à toi, tu ne peux supprimer l’existence d’un individu qui n’est pas ton œuvre ; le meurtre est un crime impardonnable.

Mais si tu te montres compatissant à l’égard d’un de tes semblables qui implore ton secours, tu prouveras que tu crains Dieu qui, en retour, t’exaucera lorsque tu l’invoqueras, car il est Miséricordieux. L’assassin, au contraire, renie l’Être suprême qui l’a créé, et pour cela son crime est ineffaçable. Partout où il ira, la terreur le saisira ; partout, il tremblera d’épouvante. Son forfait rejaillira sur tous ses descendants et sur tout ce qui lui appartiendra ; les cieux le maudiront, la terre le rejettera, les vallées témoigneront contre lui. Gardez-vous bien donc de tuer et de verser le sang humain.

Ô mon fils ! crains Dieu et prends soin de ton âme, afin de pouvoir, après une belle vieillesse, te trouver réuni avec les saints et les justes[22] ; car je suis l’Éternel. Clément et Miséricordieux.

Septième commandement

אלכלמה אלסאבעה / Al-kalima as-sābiʿah

Le septième Commandement apparaissait en lettres flamboyantes tournoyant dans les hauteurs célestes, et la voix divine environnait le peuple et l’exhortait en ces termes : Ô enfants d’Israël ! Ne commettez point d’adultère, et ne vous adonnez pas à la débauche. N’ayez aucun rapport, aucune relation avec les gens de mœurs dépravées, afin que vos enfants après vous ne soient pas pervertis ; car le péché de la fornication détermine l’exil et la famine. Ô fils d’Israël ! Gardez-vous bien de l’incontinence ; loin de vous l’adultère qui occasionne la misère et les jours de détresse. Repoussez les sottes envies, les désirs d’un court instant, qui irritent l’Éternel, entraînent la ruine de celui qui les recherche, et la perte de celui qui s’y livre. Éloignez-vous en, observez toujours la Loi que je vous ai donnée, et contentez-vous de ce que je vous y ai permis. La volupté dégrade la personne qui y persévère, lui retire l’estime dont il jouit auprès de ses concitoyens, et dévoile ses secrets. Mais celui qui se préserve de ce vice, en retour, Dieu le préservera de tous les maux. Ô mon fils ! réfléchis bien à cela ; dompte tes passions, consacre tes pensées au Très-Haut. Que l’épouse que l’Éternel t’a accordée te suffise ; Il te bénira en augmentant ta famille ; des sources de bonheur jailliront dans ta demeure, et tes greniers regorgeront d’abondance. Crains Dieu, garde-toi bien de commettre un inceste, et la prospérité s’installera chez toi. Sache que le Tout-Puissant t’agréera si tu ne succombes pas aux tentations du maudit démon ; car les plus terribles fléaux fondent sur celui qui commet l’odieux péché de l’adultère.

Ô égaré ! évite les regards de la courtisane dont les sentiers conduisent à la mort, évite de la poursuivre ; qu’aucune relation n’existe entre elle et toi ; ne recherche point son amitié ; fuis-là de toutes tes forces. Tu seras vraiment habile et intelligent si tu parviens à lui échapper. Garde-toi bien de cette femme impudique et de ses artifices. Dès qu’elle désire quelqu’un, elle lui tend ses filets, jusqu’à ce que fatalement, il soit pris au piège. Écarte-toi de son habitation ; n’essaie pas de t’approcher de sa porte ; car elle te séduirait par ses paroles mielleuses, te tromperait par le charme de son langage, et t’abreuverait de ses eaux. C’est pourquoi je te recommande de t’en éloigner ; car ses chemins conduisent à la perdition, ses sentiers aboutissent à la mort. Aie donc soin de ne point suivre les traces de ses pas ; si tu deviens sa proie, tu es dès lors inévitablement perdu ; mais si tu ne tombes pas entre ses mains, tu peux te vanter d’avoir échappé au trépas. C’est au seuil de sa porte qu’elle se tient ; de là, elle lance son regard perçant sur le jeune homme qu’elle veut attirer, et l’entraîne dans la voie du mal.

Il existe dans le monde dix choses dont l’une est plus forte que l’autre :[24] la pierre dure est brisée par le fer ; le fer résistant fond dans le feu ; le feu ardent est éteint par l’eau ; l’eau est bien redoutable, mais le nuage la contient ; le lourd nuage est chassé par le vent ; le vent le plus impétueux est supporté par la terre ; la terre est puissante, mais l’homme l’est davantage ; l’homme est robuste mais il est vaincu par le chagrin ; le chagrin le plus amer est dissipé par le vin ; le vin quoique fort est inférieur au sommeil ; le sommeil le plus profond est bien moindre que la mort ; la mort est terrible, mais la femme voluptueuse les surpasse tous. C’est d’elle que le sage Salomon fils de David (que la paix soit sur lui !) a dit : « Ce que je trouve de plus amer que la mort, c’est la femme dont le cœur n’est que guet-apens et pièges ».[25]

La trame de ses filets est beaucoup plus ferme que celle des rets ordinaires. Elle mange, s’essuie la bouche et dit : « Je n’ai rien mangé » ! elle satisfait ses appétits et dit : « Je n’ai point fait de mal ! » Ses manières d’agir sont analogues à celles du navire dans la mer, de l’aigle dans les airs, du serpent sur le rocher ; car de même que ces derniers, cette maudite femme ne laisse point trace de son passage.[26]

« Peut-on attiser du feu dans son sein, a dit encore le sage de la Bible, sans que les vêtements soient consumés ? »[27]

« Un oiseau serait-il pris sans piège ?[28] Deux hommes marchent-ils ensemble, s’ils ne se sont pas entendus d’avance ? Le lion rugit-il [dans la forêt] s’il ne tient une proie ? Un peuple est-il frappé d’un malheur si ce n’est à cause de ses propres fautes ? »

Celui qui se livre aux plaisirs illicites, et qui s’adonne au vice, verra ses secrets découverts, sera réduit à l’indigence, et ses forces l’abandonneront. Attaché à l’iniquité, il finira par perdre complètement la foi.

En considérant les dix choses énumérées ci-dessus, nous avons remarqué que la femme aux mœurs dépravées en était la plus terrible.

C’est pourquoi, mon fils, confie-toi en Dieu, et il te préservera d’elle et de ses séductions.

Huitième chapitre

אלכלמה אלתאמניה / Al-kalima ath-thāminiya

Le huitième Commandement apparaissait en lettres flamboyantes, tournoyant dans les hauteurs célestes, et la voix divine environnait le peuple et l’exhortait en ces termes : Ô enfants d’Israël ! « Ne dérobez point ! » N’ayez aucun rapport, ni aucune relation avec les voleurs ; car le larcin est cause que les nuages se dissipent pour ne pas donner de pluie. Ô enfants d’Israël ! Gardez-vous bien du vol. Éloignez-vous du chemin de l’oisiveté, et ne convoitez point ce qui ne vous appartient pas.

Sache, ô homme ! qu’en te créant dans le sein de ta mère, je me suis déjà préoccupé de ta subsistance. Du haut de mon Trône, je te donnai l’ordre de quitter ce lieu, lorsque tu atteignis le terme des jours et des mois que je t’y avais fixé, et je te commandai d’être honnête et de reconnaître ma Toute-Puissance.

Je suis l’Éternel qui t’ai délivré de l’étroitesse des entrailles et de l’obscurité du sein maternel. Ô mon fils ! ne commets point de vol ; car j’ai assuré ton existence, et pourvu à tes besoins. Quand ton heure aura sonné, il ne te restera plus rien des biens que tu auras amassés, qu’ils aient été nombreux ou non, pas même la valeur d’un grain de sésame. Contente-toi donc de ce que l’Éternel t’a accordé.

« Tu ne peux récolter, a dit un sage, la moisson dont la semence ne t’appartenait pas. Sois satisfait de ce que tu as acquis loyalement, et il te sera profitable ».

« Comment, a dit aussi Salomon fils de David (que la paix soit sur lui !) comment veux-tu jouir de ce monde, alors que ta vie est de courte durée ! »

Donc, mon fils, considère-toi comme un mercenaire ; recouvre-toi de nattes ; nourris-toi de son, et empêche-toi de dérober peu ou beaucoup. Ne vole point le riche, sous prétexte que cela ne peut lui faire tort, et encore moins le pauvre, dont tu augmenterais la misère. Ne t’avilis pas, ne déshonore pas tes amis ; évite d’être l’opprobre de ta famille et de ton pays. Si l’on te dit : « comment tu n’as rien en mains ! »[29], endure cette souffrance plutôt que de t’exposer à la honte, toi et les tiens. Efforce-toi de ne pas te rendre vil et méprisable aux yeux de tes amis qui t’entourent comme une auréole, dont l’éclat s’obscurcirait si tu agis mal.

Akhan, descendant de Zérah, chef de la tribu de Judas, s’était rendu coupable de larcin ; pour cela il fut lapidé aussitôt et recouvert, lui, ainsi que les objets dérobés, d’un grand monceau de pierres[30].

Éloignez-vous donc du vol, et écartez-vous du vice.

Je comblerai de bonheur l’homme droit et intelligent, qui se contente du peu qu’il a acquis honnêtement.

Neuvième commandement

אלכלמה אלתאסעה / Al-kalima at-tāsiʿa

Le neuvième Commandement apparaissait en lettres flamboyantes, tournoyant dans les hauteurs célestes, et la voix divine environnait le peuple saint et l’exhortait en ces termes : « Ô enfants d’Israël ! Ne portez pas de faux témoignage ! ». Interdisez aux parjures de s’installer au milieu de vous ; car par leur faute, les bêtes féroces dévastent la terre[31]. Écartez-vous du chemin de la fausseté et de la turpitude. Ne causez pas la mort d’un innocent en disant : « mais nous ne lui avons fait aucun mal ! » alors que vous le tuez sans épée, que vous lui percez le cœur sans lance, et que vous lui faites rendre l’âme avant le terme de son existence. C’est un triple homicide [32] que vous commettez, et qui vous privera de votre part à la vie future. Garde-toi, insensé ! de faire un faux témoignage ; car l’Éternel t’en punira ici-bas et dans l’autre monde. Ce crime anéantit toute croyance religieuse, et au jugement dernier, c’est par là que commencera l’examen de tes actes. Ô mon fils ! n’affirme que ce dont tu es sûr ; crains Dieu, et sache que le parjure déshonore celui qui le perpètre et le rend méprisable.

Ce que nous venons d’exprimer au sujet des faux témoins qui seront privés de la béatitude de l’autre vie est confirmé par le verset suivant : « Maudit soit celui qui frappe son prochain en secret » [33]. Relativement à cela nous lisons encore dans l’Écriture Sainte : « Malheur à ceux qui qualifient le mal bien, et le bien mal, qui changent les ténèbres en lumière et la lumière en ténèbres, qui rendent l’amer doux, et le doux amer [34].

Donc, pareillement les faux témoins sont maudits par l’Éternel.

Ainsi, mon fils ! ne rends point contre ton prochain de faux témoignage.

Dixième commandement

אלכּלמה אלעשרה / Al-kalima al-ʿāshira

Le dixième Commandement apparaissait en lettres flamboyantes, tournoyant dans les hauteurs célestes, et la voix divine environnait le peuple et l’exhortait en ces termes : « Ô enfant d’Israël ! ne convoite pas la maison de ton prochain ; n’envie pas la femme de ton prochain, ni son esclave, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui est à ton prochain. »

Gardez-vous bien de la cupidité ; fuyez les désirs illicites ; abhorrez la concupiscence ; tous ces vices sont cause des calamités. Celui qui ne peut maîtriser ses passions, n’est pas clairvoyant, mais aveugle ; il ne se rend pas compte de ses actes. Il prend ce qui est amer pour doux et ce qui est doux pour amer. Il ne peut distinguer l’océan de la terre, ni la terre de l’océan ; pour lui la perfidie est droiture, la droiture perfidie. La convoitise qui s’est emparée de son cœur, qui a triomphé de ses yeux, est comparable aux nuages déversant une pluie torrentielle, ou au fleuve rapide emportant tout sur son passage, entraînant et englobant tout ce qu’il peut. Ainsi la volupté stupide, la passion, ruinent, perdent tous ceux qui s’y adonnent, aveuglent leurs favoris, les empêchent de discerner le bien du mal, insensibilisent leur cœur. Celui qui sait s’en écarter verra prospérer ses affaires, sa condition s’améliorer ; qui s’attache à la religion aura de la considération, accroîtra ses biens et ses richesses. Pour avoir su attendre dans la résignation, il aura trouvé sa satisfaction, puis la satiété, la prospérité, la fortune, la dignité, et alors il n’aura plus rien à souhaiter. La convoitise, au contraire, engendre le gaspillage, la perte, la ruine, le malheur, le déshonneur, la vissicitude, la pauvreté, l’avilissement de celui qui la poursuit et qui finira accablé de tous les maux.

Ainsi, mes enfants, gardez-vous bien de convoiter ce qui ne vous appartient pas. Contentez-vous de ce que je vous ai accordé. Si vous observez votre Loi, l’Éternel vous aimera et ses anges vous seront favorables. Ayez soin de ne point transgresser ses commandements. Ne désirez pas ce qui n’est pas votre propriété, ce que possède votre prochain ; car le Tout-Puissant, de même qu’il vous a donné des biens, vous en donnera d’autres, si vos pensées sont pures et sincères envers lui, et vous obtiendrez un bonheur perpétuel ainsi qu’il est dit dans la Thôra : « Afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps »[35].

Prière

Demandons à l’Éternel qu’il nous inspire sa crainte et l’obéissance à sa Loi, afin que nous lui restions soumis. Puissions-nous apprendre nos devoirs envers lui, étudier ses commandements. Qu’il nous construise son Temple, de nos jours[36] ; qu’il rassemble tous les dispersés de son peuple ; qu’il jette sur nous un regard de compassion et qu’il ne nous refuse aucun de nos souhaits !

Exauce-nous, ô Maître de l’Univers ! Amen.

FIN


[1] V. Targoum Jonathan sur le Décalogue, source à laquelle a sans doute puisé R. Saadia.

[2] Voir Job XXXVI, 26–32. Talmud Taanith f° 7. Béréchit Rabba ch. 84, 85.

[3] Isaïe IV, 10.

[4] Deutéronome VI, 4.

[5] Zacharie v, 4. — Voir Talmud Schébouoth f° 38.

[6] Voir Béréchit Rabba ch. 38 § 34.

[7] La Bible a parlé le langage des hommes qui à cette époque ne pouvaient concevoir les mouvements du globe. Si Josué s’était avisé de leur dire qu’il allait arrêter la terre, il n’eût pas manqué d’être pris pour un insensé. Copernic et Galilée n’existaient pas encore. Il est cependant juste de faire remarquer que, longtemps avant ce dernier, l’auteur du Zohar a affirmé la mobilité de notre planète (v. section Vayikra p.10) et d’ailleurs l’étymologie de ארץ.

[8] Ni ton épouse non plus : l’homme et la femme, d’après l’Écriture Sainte, ne forment qu’un seul être (V. Genèse II, 24). Le Judaïsme a, le premier, imposé le repos hebdomadaire. Jésus et ses apôtres ont tenu le Samedi pour sacré et les premiers chrétiens ont continué pendant cinq cents ans à observer le sabbat, cf. חזוק אמונה ch. 2-19-30.

[9] Les initiales de ces impératifs en arabe forment respectivement l’alphabet hébreu : la lettre yod seule ne s’y trouve pas. C’est sans doute à cause de la pénurie doublée d’irrégularité des verbes assimilés en ى : j’ai cru pouvoir à la rigueur combler cette lacune en insérant dans le texte le verbe يمن à la 2e forme.

[10] Si l’auteur n’a eu en vue que ce qu’il a énuméré ici, il y a forcément une erreur de plume, et il faudrait lire עשר au lieu de עשרין.

[11] Voir Yalkout sur Exode § 276 ; Vayikra Rabba ch. 29 § 11 : Midrasch Scholeh Tob ch. 72 ; Pirqé R. Eliezer ch. 18, où se trouvent des variantes de septièmes.

[12] Abraham occupe le 7e rang dans l’ordre généalogique depuis Éber, qui a donné son nom à la race hébraïque. Moïse également est le 7e par rapport à Abraham.

[13] Mon manuscrit contient ici l’addition suivante :
וכלקּת סבּאע גבּאל אוותדאן אל ארץ ופצלּת טור סיני עליהוֹם בתנזיל אתורה

[Transcription : wa-qallaqta sabāʿ jibāl awtādān al-arḍ, wa-faṣṣalta ṭūr Sīnāʾ ʿalayhum bi-tanzīl at-tora. Traduction : « Et tu as réparti sept montagnes comme des piquets de la terre, et tu as distingué le mont Sinaï au-dessus d’eux par la révélation de la Torah. »]

[14] Ce sont : Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Aaron, Pin‘has et David.

[15] V. Talmud, Pésaḥim f° 54 ; Agadah Béréchit ch. 44 et Raschi sur I Chroniques III, 24.

[16] V. note 1 de la page précédente. Ici également l’auteur a suivi l’ordre de l’alphabet hébreu : comme plus haut le mot commençant par yod n’y figure pas. Ce ne peut-être qu’un lapsus calami de copistes, à moins que notre Gaon ne l’ait omis à dessein. Je me suis toutefois permis d’intercaler יום ימין dans le texte.

[17] Voir Talmud, traité de Nidda, f° 31. R. Saadia a puisé ces renseignements à une autre source que celle-ci (aux שאלתות, sans doute). D’après la guémara, Dieu donne la vie, l’âme, l’expression et la forme du visage, la vue, l’ouïe, la parole, la marche, l’intelligence, la sagesse et le jugement.

[18] L’auteur a rendu en vers la parole de Salomon : c’est pour cela qu’elle diffère un peu du texte des Proverbes (XXX, 17).

[19] Proverbes IV, 1–10 (?).

[20] C’est-à-dire à l’exclusion du meurtre juridique, et de celui de légitime défense.

[21] Dans toutes les éditions le ג de גלא est, par erreur, surmonté d’un point qui, au contraire, doit être placé au-dessous de cette lettre. Il ne faut donc pas lire غلا cherté », mais خلا גלות conformément à la leçon de la Michna aboth V, 9. Voir aussi Targoum Jonathan sur ce commandement.

[22] תחשר peut désigner encore le jour de la résurrection.

[23] Voir Targoum Jonathan sur ce commandement, et la note 2 de la page précédente.

[24] Voir Talmud Baba-Bathra f° 10.

[25] Kohelet VII, 26.

[26] Proverbes XXX, 19 et 20.

[27] Il y a dans le texte arabe une erreur d’inadvertance. L’auteur a ainsi formulé d’après mémoire, la citation du sage : « qu’il qu’un peut-il tenir du feu dans ses mains, sans qu’elles ne se brûlent ? » J’ai donné la traduction du verset tel qu’il se trouve dans le livre des Proverbes (VI, 28), en le plaçant à la suite des précédentes paroles de Salomon.

[28] Amos, III, 4-6.

[29] V. Kohelet V, 13.

[30] Josué VII — 17, 26.

[31] Michna, traité Aboth V. 9 ; voir aussi Targoum Jonathan sur ce commandement.

[32] V. Talmud, traité Arakhin p. 15 : En Palestine on disait : la parole devant un tiers tue trois personnes ; c’est-à-dire celui qui l’a proférée expose sa vie au danger ainsi que celui qu’il a calomnié, et la personne qui l’a écoutée.

[33] Deutéronome, 27, 24.

[34] Isaïe, V. 20. Dans la traduction arabe de ce verset, les mots « bien et mal » sont rendus par « juste et méchant ».

[35] Deutéronome, 22, 7.

[36] Et là nous continuerons à invoquer le Très-Haut en faveur de la France bien aimée, pour qu’il lui accorde une paix inaltérable, et qu’il répande sur ce cher pays sa divine bénédiction ».

Source : Dissertation homilétique sur le Décalogue, récitée dans les synagogues d’Algérie le premier jour de Pentecôte. Œuvre de R. Saadia Gaôn. Traduite par Isaac Morali (rabbin). Alger, Imprimerie Franck et Solal. 1913. [Version numérisée : Bibliothèque numérique de l’AIU]

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