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Yoré Déa | יורה דעה

De l’immersion (miqvé) | הלכות מקואות

Traduction R. Abel Neviasky (1912)


Dans la section des notes de fin de traité, les notes en chiffres correspondent à des notes traduites du texte hébraïque. Les notes introduites par une lettre correspondent à des notes rédigées par les traducteurs de ce traité en français.

Siman 201. De la miqvah (réservoir spécial) et de ses eaux

(Ce paragraphe contient 75 articles.)

ARTICLE 1er. — Toutes les eaux du monde et tous les bains possibles ne peuvent remplacer la miqvah (a)[1], où le corps plonge tout entier et en une fois. La femme qui n’est pas allée à la miqvah est considérée comme impure, quels que soient les bains qu’elle ait pris, et les époux qui mènent la vie dans ces conditions méritent de voir leurs jours tranchés prématurément. On prend pour miqvah une source ; on peut aussi construire une miqvah artificielle, mais telle que l’eau de source y parvienne directement. Quand la miqvah a une capacité de 40 séah, elle a pour base un carré d’une coudée de côté et sa hauteur est de 3 coudées (a’)[2]. La coudée a la longueur de 6 tophah plus un demi-doigt (a’’)[3]. Si la miqvah mesure plus d’une coudée carrée et moins de trois coudées de hauteur, elle sera cependant bonne, si la femme peut s’y plonger entièrement en une fois. Si l’on comptait la capacité en doigts, la miqvah minima aurait une capacité de 41.472 doigts qui, augmentée des demi-doigts, donnerait 44.118 doigts. Il faut cependant que la miqvah ait plus qu’une coudée carrée de superficie à la base. Le corps de la baigneuse déplaçant un égal volume d’eau, il faut que la capacité totale soit de 44 118 doigts, plus un volume égal au volume d’eau déplacé (a’’’)[4].

ART. 2. — Pour qu’une miqvah soit permise, il faut que son eau provienne directement d’une source. Quand l’eau de source se trouve mêlée à de l’eau de pluie, la miqvah reste valable. Si l’eau de pluie est en plus grande quantité que l’eau de source, la miqvah est sans valeur. Il en est de même d’une miqvah remplie d’eau de pluie. Dans un étang peu profond, qui se remplit grâce à la pluie, on ne peut faire de miqvah qu’à la condition de creuser suffisamment pour que l’étang reçoive en même temps l’eau d’une nappe souterraine. De même, dans un étang un peu plat, il faut établir un barrage d’osier en une de ses parties, afin que le niveau s’élève dans cet espace. Glose : L’usage est de se montrer sévère. D’aucuns permettent de se purifier dans un étang rempli par les pluies ou la fonte des neiges, car en réalité l’étang est alimenté en même temps par une nappe souterraine. Il faut éviter de se purifier dans un étang qui réellement n’est alimenté que par la pluie et se trouve à sec dans la période de sécheresse : mais une pièce d’eau, qui baisse durant la saison sèche, sans se tarir complètement, et qui se remplit beaucoup durant la saison pluvieuse, peut être adoptée.

ART. 3. — Le volume de 40 séah, dont il a été parlé plus haut, ne doit pas provenir d’une eau apportée par la pluie ou de neige fondue, sous = peine d’interdiction de la miqvah. Glose : Toutes les miqvah, ainsi remplies d’eau de pluie ou de neige fondue, sont interdites par la loi biblique, et l’interdiction doit être observée dans toute sa rigueur. Celles où l’eau de source se trouve en quantité moindre que l’eau de pluie sont sous le coup d’une défense traditionnelle ; dans ce dernier cas, on peut se montrer indulgent s’il y a doute.

ART. 4. — Lorsqu’un païen possède une miqvah, qu’il met à la disposition des femmes israélites moyennant paiement, on ne doit pas avoir foi en sa sincérité, s’il affirme que sa miqvah remplit les conditions exigées, à moins que l’on ne soit certain qu’elle contient 21 séah d’eau de source. Glose : En effet, si elle contient 21 séah d’eau de source, la capacité exigible étant de 40 séah, il y a plus d’eau de source que d’eau d’une autre provenance et nous rentrons dans le cas de l’art. 2. Si une miqvah, qui d’abord ne contenait pas les 40 séah, se trouve ensuite avoir le volume d’eau exigé, deux cas se présentent : 1° nous savons qu’au moment où elle ne contenait pas les 40 séah, elle avait cependant 21 séah d’eau de source ; la miqvah est permise, car elle ne pourrait tomber que sous le coup d’une défense traditionnelle ; 2° nous ignorons si elle contenait 21 séah d’eau de source ; elle est interdite, parce qu’elle tombe sous le coup d’une défense biblique (voir art. 3). La miqvah appartenant à un païen, nous ne pouvons nous en rapporter au dire de ce païen dans un cas de doute ayant trait à une défense biblique, tel que le cas où nous ignorons si la miqvah contenait 21 séah d’eau de source. Sachant au contraire qu’elle contenait 21 séah d’eau de source, au moment où elle ne présentait pas encore le volume d’eau voulu, et la trouvant ensuite avec 40 séah, nous admettons que le reste de l’eau a été ajouté par un Israélite ; car les Israélites qui s’occupent des miqvah connaissent les lois qui s’y rapportent ; nous pouvons être d’autant plus rassurés, si nous avons devant nous l’Israélite qui s’en est occupé et si nous pouvons l’interroger, car dans le cas d’une défense religieuse un seul témoin suffit (V. § 127, à la fin, dans la 7e livraison du Rituel du Judaïsme : Du vin destiné aux idoles).

ART. 5. — Tous les étangs contiennent de l’eau de source et peuvent par conséquent servir. La mer également peut servir ; lorsqu’une femme, prête pour la purification, s’approche du bord de la mer, et est complètement recouverte par une vague, on considère que la vague contenait les 40 séah exigées, et la femme est purifiée, à moins qu’au moment où elle a vu venir la lame elle n’ait sauté ou ne soit montée sur quelque objet (V. § 198, art. 31). De même, une vaisselle, que l’on porte à purifier, et que l’on a posée au bord de la mer, est purifiée par une lame qui vient la recouvrir ; elle ne l’est pas si on l’a lancée en l’air vers la lame (b)[5].

ART. 6. — On ne doit pas se purifier dans un récipient, quel qu’il soit, même s’il a une capacité de 40 séah.

ART. 7. — Si l’on prend une barrique dont on a enlevé le fond, ou dans le fond de laquelle on a pratiqué une ouverture par où l’eau puisse entrer facilement, et qu’on la pose au-dessus d’une source, elle pourra servir de miqvah. Il en sera de même si, au lieu d’une barrique, on emploie un cylindre en tissu et sans fond, à condition toutefois qu’on ne mastique pas le fond une fois le cylindre ou la barrique remplis d’eau, sans quoi on se mettrait dans la situation de l’art. 6. Toute la partie extérieure de la barrique ou du cylindre peut sans inconvénient être mastiquée ou maçonnée ; seul le fond, par où entre l’eau de la source, doit rester librement ouvert. Glose : On peut installer une miqvah à l’étage d’une maison ; la construction maçonnée d’une maison n’a rien de commun avec un récipient (c)[6].

ART. 8. — Quand l’eau d’une source se déverse dans un récipient, il est interdit de se purifier dans ce récipient ou dans l’eau qui, débordant, coulerait à côté du vase. Si l’eau d’une source coule le long d’un récipient, on peut se purifier dans l’eau qui coule à côté du récipient, mais non dans le récipient lui-même, au cas où celui-ci aurait reçu une partie de l’eau écoulée, et cela même s’il y a plus d’eau dans le vase que sur ses côtés.

ART. 9. — Quand dans un vase impur on a placé d’autres vases purs, afin de purifier le tout, la purification est valable, si le contenant est posé à plat, fût-il même d’étroite ouverture ; si l’on a posé le contenant sur le côté, la purification n’est valable que s’il a une très large ouverture (d)[7]. Si, dans un grand vase pur, on place des vases plus petits impurs, afin de les purifier, il faut, pour que la purification soit valable, que le contenant ait toujours une large ouverture. Glose : Pour purifier de la vaisselle, on peut la mettre dans un panier ou dans un sac, à condition que panier et sac laissent librement passer l’eau.

ART. 10. — Lorsque l’eau d’une source passe dans un canal où elle reste stagnante, le canal de son côté fournissant aussi de l’eau, on peut se purifier dans le canal, car il est regardé comme étant une partie de la source. Si la source ne donne plus, le canal est alors considéré comme une miqvah ordinaire ; quand l’eau de la source recommence à couler, on considère le canal comme une source (d’)[8].

ART.11. — On peut finir de remplir une miqvah, où l’eau de source n’arrive pas en assez grande quantité, et cette miqvah est valable, même si l’eau ajoutée s’y trouve en plus grande quantité que l’eau de source (e)[9]. Glose : Cette loi sera expliquée ultérieurement, il faut que la miqvah soit non artificielle ; il faut qu’elle soit creusée dans la terre et reçoive de l’eau d’une nappe souterraine.

ART. 12. — On peut conduire l’eau d’une source, par une pente convenable, dans un réservoir qui devient de ce fait une miqvah où l’on peut se purifier. Mais il est interdit de se purifier dans l’eau qui peut se déverser au-dessous de la pente conductrice.

ART. 13. — Le réservoir qui reçoit l’eau d’une source descendant d’une montagne peut servir de miqvah, si l’eau arrive d’une façon ininterrompue, mais non pas si elle tombe goutte à goutte dans le réservoir.

ART. 14. — On peut parfois rendre continu le débit d’une source, qui se déverse goutte à goutte dans un réservoir, en plaçant un conduit sur une pente allant de la source au réservoir ; mais ce conduit ne doit pas être capable d’absorber les impuretés ; or tout vase ou tuyau les absorbe ; il faut donc employer un conduit consistant en une planche ou en toute autre chose plate ; un lit de feuilles de noyer, par exemple, ferait un conduit excellent sous le rapport de la pureté.

ART. 15. — Dans une miqvah qui reçoit 40 séah d’eau d’une petite source, on peut verser de l’eau à volonté. Mais si elle ne contient pas ces 40 séah, quand même il lui manquerait peu de chose pour arriver à la quantité voulue, par exemple la simple addition de 3 log d’eau, elle n’est pas valable. Il n’est fait aucune différence entre les manières dont on aurait versé l’eau de complément, qu’on l’ait versée d’un vase ou qu’on ait tordu un vêtement renfermant les 3 log d’eau, ou qu’on ait fait passer l’eau goutte à goutte au travers d’un filet, ou qu’on ait versé l’eau avec les mains ou doucement de deux ou trois vases ; on considère dans tous ces cas qu’on a versé les 3 log en une fois. On admet que l’eau de deux vases a été versée en une seule fois, si l’on a laissé couler l’eau du deuxième vase avant que celle du premier ait fini de couler ; mais si l’eau du premier vase était déjà dans la miqvah, avant qu’on n’ait laissé couler celle du deuxième, on n’additionne pas les deux capacités ; il en est de même quand l’eau provient de trois vases. Mais si les 3 log ont été versés de quatre vases, on ne fait pas l’addition, dans le cas où la personne qui a versé l’eau ne l’aurait pas divisée ainsi dans le but de rendre la miqvah valable ; si elle l’a fait sciemment, la miqvah demeure interdite. Glose : Quand les 3 log d’eau viennent du sol dans la miqvah, par exemple ils ont été versés par terre et ont pénétré dans la miqvah, celle-ci est valable. Il en est de même si les 3 log d’eau tombent dans la miqvah, grâce à des animaux qui, passant dans l’eau, auprès d’elle, y ont fait jaillir la quantité voulue de liquide. D’autres sont d’avis qu’une eau ainsi ajoutée doit être assimilée à celle que l’homme verserait lui-même.

ART. 16. — Lorsqu’une branche, qui avait absorbé 3 log d’eau, tombe dans une miqvah, ou bien quand un vase à ouverture étroite, contenant également 3 log d’eau, tombe dans la miqvah et y laisse écouler une partie de son contenu, la miqvah est valable ; car on admet qu’une partie des 3 log, et non les 3 log entiers, s’est déversée dans la miqvah (f)[10].

ART. 17. — Une eau qui ne provient pas d’une source, et qui se trouve auprès d’une miqvah, ou même qui effleure l’eau de cette dernière, ne lui enlève rien de sa valeur (g)[11].

ART. 18. — Lorsque, de deux réservoirs superposés, l’inférieur contient de l’eau qui a été versée, et celui du dessus de l’eau de source et qu’il existe dans le plafond du réservoir inférieur, un trou par où l’eau de ce réservoir peut monter dans le réservoir supérieur, ce réservoir supérieur sera une miqvah valable, si le trou ne laisse pas monter 3 log d’eau à la fois, c’est-à-dire le centième de 320 log (h)[12].

ART. 19. — Deux miqvah contiguës, n’ayant ni l’une ni l’autre les 40 séah d’eau de source exigibles, recevant chacune un log et demi d’eau, ne sont pas interdites de ce fait ; car chacune d’elles ne devient interdite que lorsqu’on y verse trois log d’eau. Si elles ont ensuite mêlé leurs eaux, la miqvah ainsi obtenue est bonne, puisqu’elle provient de la réunion de deux miqvah non interdites. Si dans une miqvah qui ne contenait pas 40 séah d’eau de source on a versé 3 log d’eau, la miqvah est interdite de ce fait, même quand, après avoir versé ces 3 log, on la partage pour en faire deux ; si l’on fait ensuite arriver dans ces deux miqvah de l’eau de source, même en quantité considérable, elles ne peuvent redevenir valables, puisqu’elles proviennent d’une miqvah interdite auparavant (i)[13].

ART. 20. — Un fossé plein d’eau, dans lequel on fait arriver l’eau courante d’un étang, ne peut jamais servir de miqvah, sauf si l’on a calculé que l’eau, sortie du fossé à l’arrivée de l’eau de l’étang, a un volume égal à la capacité de ce fossé, ou tout au moins s’il ne reste pas dans le fossé, après l’entrée de l’eau de source, trois log de l’eau qu’il contenait auparavant.

ART. 21. — Quand dans une miqvah qui n’avait pas 40 séah on a versé 3 log d’eau, elle ne peut plus être valable, même si l’on y fait arriver ensuite quarante autres séah d’eau de source (V. art. 19). Cependant, si l’on y fait affluer de l’eau de source en telle quantité que l’eau qu’elle contenait précédemment s’écoule et qu’il n’en reste pas trois log, la miqvah redevient valable. Quand une miqvah de 40 séah d’eau de source mêle ses eaux avec celles d’une miqvah non valable, le résultat du mélange de ces eaux est valable ; car on rentre dans le cas d’une miqvah de 40 séah d’eau de source, dans laquelle il est permis de verser de l’eau en quantités variables.

ART. 22. — Une miqvah à laquelle il manquait. 3 log d’eau de source pour avoir ses 40 séah, et dans laquelle on a versé les 3 log, est interdite, à moins que l’eau d’une source n’y afflue en telle quantité que les 40 séah, qui se trouvaient précédemment dans la miqvah, soient repoussés par l’eau de la source et s’écoulent en ne laissant plus rien, ou moins de 3 log. Une miqvah, où il manquait très peu de chose pour avoir Les 40 séah et où il est tombé moins de 3 log d’eau, n’est ni permise, ni interdite ; mais s’il survient ensuite soit d’une source, soit par la pluie, la petite quantité d’eau qui manquait, la miqvah devient valable. Quand dans une miqvah, où il manquait très peu de chose, certainement moins de 3 log d’eau de source, il est tombé 3 log d’une autre eau, la miqvah est interdite jusqu’à ce que l’eau d’une source y afflue et en fasse sortir 3 log. Glose : Il s’agit, dans le dernier cas, d’une m1iqvah où toute l’eau provient d’une source, et où il manquait moins de 3 log ; les 3 log qui y sont tombés ne doivent pas l’interdire, si une source en fait sortir 3 log également. Tandis qu’une miqvah où il manquait 3 log d’eau de source pour qu’elle fût valable, et où 3 log d’une autre eau ont été versés, ne peut plus être valable que si l’eau d’une source fait sortir toute l’eau, ou n’en laisse pas 3 log, en remplaçant toute l’eau primitive.

ART. 23. — Une miqvah n’ayant pas ses 40 séah d’eau de source au complet n’est interdite que si on y ajoute 3 log d’eau ; mais s’il y est tombé 3 log d’un liquide, mélange d’eau et de lait, ou d’eau et de vin, ayant l’apparence du lait ou du vin, et dans lequel il n’y a pas 3 log d’eau, la miqvah n’est pas interdite de ce fait (j)[14].

ART. 24. — Si 3 log d’eau, provenant de conserves ou de la purification de certains ustensiles ou d’une viande qui a été ébouillantée, ou encore 3 log d’une teinture ou d’un liquide non fermenté, tombent dans une miqvah qui n’a pas une contenance de 40 séah, cette miqvah est interdite. Toute boisson fermentée, de même que le jus de fruit, n’interdit pas la miqvah, mais ne peut pas servir à parfaire les 40 séah. Par exemple, si dans une miqvah de 39 séah d’eau de source tombe une séah de boisson : fermentée, la miqvah n’est pas interdite de ce fait ; mais elle n’est pas valable non plus avant qu’elle n’ait ses 40 séah d’eau de source. Quand dans une miqvah de 40 séah est tombé 1 séah de boisson fermentée, si on a ensuite enlevé 1 séah d’eau, en même temps que la miqvah recevait un autre séah d’eau de source, la miqvah reste valable, et cette opération peut être renouvelée 19 fois. Si dans une miqvah de 40 séah d’eau de source on verse une séah d’eau quelconque et si on lui enlève ensuite une séah d’eau en faisant arriver en même temps une séah d’eau de source, la miqvah reste valable et cette opération peut être renouvelée indéfiniment (k)[15].

ART. 25. — L’eau provenant de la teinture suit la règle de l’eau ordinaire. Quand 3 log d’eau de teinture tombent dans une miqvah à laquelle il manque 3 log d’eau de source, la miqvah est interdite, après que son eau a été colorée par cette eau de teinture. Mais si ces 3 log d’eau de teinture tombent dans une miqvah de 40 séah et changent la coloration de son eau, la miqvah reste valable. De même, si dans une miqvah de 40 séah on a purifié des ustensiles ou laissé tremper des herbes, opérations qui changent également la coloration de l’eau de source, la miqvah n’est pas interdite. Mais s’il y tombe du vin ou le premier suc exprimé des olives, qui changent totalement la nuance de l’eau, il faut considérer deux cas : 1° la miqvah n’a pas 40 séah ; il faut alors attendre que de l’eau de pluie ou de l’eau de source non seulement portent son volume à 40 séah, mais encore arrivent en assez grande quantité pour enlever à l’eau la coloration qu’elle a prise ; 2° Si la miqvah avait 40 séah d’eau de source, il suffit d’y verser de l’eau en quantité suffisante pour que l’eau de la miqvah reprenne l’aspect qu’elle avait avant l’introduction du vin ou du suc d’olives.

ART. 26. — Si dans une miqvah valable tombe du vin changeant l’apparence d’une moitié de l’eau, la miqvah est interdite, si la partie dont l’aspect n’a pas changé a un volume moindre que 40 séah.

ART. 27. — Une miqvah, dont l’eau change de coloration sans cause extérieure, reste valable.

ART. 28. — Une miqvah, où l’apparence de l’eau a été modifiée par un liquide qu’on y a versé, n’est interdite qu’au cas où elle a été formée par de l’eau de pluie. Mais une source prise comme miqvah reste toujours valable, même si un liquide qu’on y a versé change, pour un moment, l’apparence de son eau. Bien plus, une miqvah d’eau de pluie, qui s’est trouvée interdite parce que la coloration de son eau a varié après introduction de vin, par exemple, redevient permise, si on la fait communiquer avec une source qui y envoie ses eaux (m)[16].

ART. 29. — Une miqvah valable ne se trouve pas interdite, du fait qu’elle reçoit 3 log de vin qui ne changent pas l’apparence de ses eaux, Mais si le vin change la coloration de l’eau, la miqvah est interdite. Cependant on admet deux cas : 1° on fait passer de l’eau ordinaire à l’emplacement où est tombé le vin, ou dans toute autre partie de la miqvah dont l’eau a été troublée ; la miqvah reste interdite ; 2° on verse de l’eau dans une partie de la miqvah dont l’eau n’a pas varié d’aspect ; cette partie est alors valable. Glose : Une miqvah, qui ne contient pas la quantité d’eau voulue, et dans laquelle il est tombé un vin qui a changé la coloration de son eau, puis 3 log d’eau ordinaire, n’est cependant pas interdite, si on la fait communiquer avec une source, de telle sorte qu’elle ait ensuite la quantité d’eau de source exigée[17].

ART. 30. — Toute miqvah n’ayant pas 40 séah est interdite, si on veut lui donner la contenance exigée par l’addition d’eau ordinaire. Mais si l’on y jette de la neige, des grêlons, de la glace, ou une argile contenant de l’eau, ou du sel, et que ces corps, en fondant ou en se dissolvant, augmentent le contenu de la miqvah, cette dernière est permise. Glose : Il faut écraser la neige, lorsqu’elle est en bloc, si l’on veut savoir combien elle peut fournir de liquide. D’aucuns, plus sévères, veulent qu’avant de se purifier dans une miqvah où l’on a jeté de la neige, de la glace ou autre corps semblable, on attende que ce corps s’y soit totalement fondu ; et il faut suivre leur avis de préférence.

ART. 31. — Si une miqvah permise se trouve n’avoir plus la quantité d’eau nécessaire, parce qu’une partie en a été gelée, il est permis d’y jeter de la neige pour avoir la quantité d’eau exigée.

ART. 32. — Une miqvah de 40 séah à fond d’argile, mais dont l’eau est assez profonde pour qu’on n’aperçoive nulle part le fond et pour qu’un animal puisse, en se penchant, boire sans effleurer ce fond, est valable, et l’on peut même se purifier au-dessus de la partie argileuse. Si au contraire l’eau n’est pas assez profonde pour cacher l’argile, on ne doit pas se purifier à l’emplacement où l’argile affleure ; mais on peut le faire dans une autre partie ; et cette miqvah est valable, même si l’eau de la partie argileuse compte pour parfaire les 40 séah d’eau nécessaires.

ART. 33. — On peut se purifier dans une miqvah où se sont développés, puis perdus, certains insectes qui naissent dans les lieux humides. On peut également faire ses immersions dans une partie d’un cours d’eau, prise comme miqvah, où certain grand poisson aurait été blessé, par exemple, à l’œil, et aurait laissé s’écouler de sa blessure des mucosités en abondance.

ART. 34. — Un objet, baquet ou autre récipient, fût-il même très grand et capable de contenir 40 séah, rend interdite une miqvah dans laquelle il serait placé, et ne peut servir lui-même aux immersions, si, avant d’être placé là, il avait eu une autre destination. Il en est de même, bien entendu, s’il s’agit d’un récipient plus petit ou d’un récipient en pierre.

ART. 35. — Lorsque, près d’une source, se trouve une miqvah dans laquelle l’eau de la source peut s’infiltrer, et que l’on place, entre les deux, une sorte de conduite d’argile servant à mener l’eau de la source dans la miqvah, cette dernière sera interdite, si la conduite a quatre faces et peut servir à un autre usage ; mais si la conduite n’a que trois parois et ne peut servir à rien d’autre, la miqvah sera permise. De même si, pour laver, on place, là où l’eau de la source s’écoule, une conduite à quatre parois et si l’eau traversant cette conduite s’en va dans la miqvah, cette dernière est valable, lorsque l’eau de la source peut s’y infiltrer même sans l’aide de la conduite. Mais si l’eau n’y est entrée que grâce à la conduite, la miqvah n’est plus valable.

ART. 36. — Une conduite n’ayant pas quatre parois, et dans laquelle on aurait creusé un trou, ce trou fût-il très petit, est considérée, si elle est en bois, comme pouvant servir à un autre usage qu’à celui de conduire l’eau de la source dans la miqvah, et l’eau qu’elle amène rend la miqvah interdite. Si la conduite, ainsi creusée en un de ses points, est en argile, on n’admet pas qu’elle puisse être utilisée pour autre chose que pour conduire l’eau de la source, à moins que la partie creusée n’ait la capacité d’un verre ; dans ce dernier cas, la conduite n’est plus bonne, même si l’on remplit le trou de sable ou de sciure de bois : elle ne pourra servir que si le trou est bouché hermétiquement et de manière à ne pouvoir être que difficilement débouché. Si la conduite est très étroite à ses deux extrémités et large en son milieu, elle n’est pas considérée comme pouvant avoir un usage autre, et il est permis de s’en servir. Glose : C’est pourquoi on peut sans crainte se servir d’une gouttière, soit en bois, soit en fer, pour conduire dans la miqvah l’eau d’une source ou d’un étang ; si l’humidité vient à creuser le conduit sur une de ses parties, ce conduit reste permis, car il n’a pas été creusé par la main de l’homme pour quelque usage autre. Si l’on se sert d’une machine élévatoire pour amener l’eau d’une source dans la miqvah, et si cette machine comprend une roue munie de godets percés de trous, de telle sorte que l’eau sorte, des godets aussi facilement qu’elle y entre, la miqvah est permise ; il faut cependant pour cela qu’elle ait contenu primitivement 40 séah d’eau de source, en dehors de l’eau amenée par la machine, parce que, en se servant d’une machine pour faire monter l’eau, on ne crée pas un lien direct entre la source d’eau et la miqvah (n)[18].

ART. 37. — Lorsqu’on forme le conduit d’adduction avec des tuiles, dont la partie concave reçoit l’eau à amener dans une miqvah, la miqvah est permise ; car une tuile isolée ne peut servir à puiser de l’eau.

ART. 38. — Afin d’obtenir une pente convenable, on a le droit de placer, sous la conduite qui amène l’eau de la source, soit des sacs, soit un lit d’osier, soit des toiles (o)[19].

ART. 39. — On peut former le conduit d’adduction à l’aide de matériaux qui ne peuvent servir à un autre usage, dans le cas seulement où ce conduit mène l’eau directement et sans interruption d’aucune sorte de la source à la miqvah. Mais si un homme doit soulever le conduit, afin de faire entrer l’eau qu’il contient dans la miqvah, cette dernière se trouve interdite de ce fait ; car l’eau serait alors comme versée par l’homme. On a en effet vu plus haut que si un homme verse de l’eau dans une miqvah, pour parfaire Les 40 séah, que ce soit avec ses mains, ou qu’il la fasse jaillir en marchant auprès de la miqvah dans l’eau d’un étang, la miqvah est interdite. Cependant si, chevauchant sur un animal, l’homme passe dans l’eau, et que sa monture fasse avec ses pieds jaillir de l’eau dans la miqvah, la miqvah n’est pas interdite. Glose : Beaucoup de commentateurs ne partagent pas l’avis de l’auteur de cet article et considèrent la miqvah comme interdite, lorsqu’elle a ainsi reçu de l’eau qu’une bête a fait jaillir ; car la bête était montée, et c’est en partie grâce à l’homme que la miqvah a reçu cette eau (V. art. 15).

ART. 40. — Un ustensile qui a été percé au bord est considéré comme hors d’usage, et il peut servir dans l’organisation d’un conduit amenant l’eau d’une source dans une miqvah ; cependant il ne faut pas pousser l’indulgence jusqu’à laisser prendre de ces ustensiles de propos délibéré pour en faire un conduit. Si le trou se trouve sur le côté de l’ustensile, on ne considère pas l’ustensile comme hors d’usage, et l’on ne peut s’en servir comme conduit, à moins que le trou ne soit aussi grand que l’ouverture d’une outre (c’est-à-dire que les deux premiers doigts de la main) et que ce trou soit assez loin du bord pour que l’on ne puisse verser un liquide dans le vase. La forme du trou n’a aucune importance. Si le vase, bien que percé, retenait dans le fond un liquide qu’on y aurait versé, il ne pourrait servir à conduire l’eau dans une miqvah sans faire interdire celle-ci. Quand un objet est percé de telle sorte qu’il ne puisse être d’aucun usage courant, il peut, sans inconvénient, servir à conduire l’eau dans une miqvah, même si on a bouché ses trous ; à moins que les trous n’aient été bouchés hermétiquement avec de la chaux et de l’argile, auquel cas il redeviendrait ustensile et ne pourrait servir comme conduit. Pour cette raison, lorsqu’on vide une miqvah artificielle pour la nettoyer, s’il y a une miqvah contiguë, également artificielle, qui n’ait pas ses 40 séah d’eau de source, il faut percer l’ustensile dont on se sert pour retirer l’eau, afin d’être sûr de ne pas interdire la miqvah contiguë, au cas où l’on y laisserait tomber une fraction de l’eau qu’on vide. Cette précaution est inutile si la miqvah contiguë est naturelle. Glose : Il est d’usage, même quand cette miqvah contiguë est naturelle, de percer l’ustensile qui sert à vider la miqvah à nettoyer ; car certains docteurs prétendent que de l’eau versée dans une source prise comme miqvah rend cette dernière interdite. Cependant, si de percer l’ustensile augmentait beaucoup la besogne, on pourrait s’en dispenser ; car l’opinion émise dans l’article a plus de valeur que celle donnée par les docteurs dont il s’agit. En effet, de l’eau que l’on verse dans une source ne peut interdire. De même, si la miqvah contiguë à celle que l’on nettoie est artificielle, on peut se dispenser de percer l’ustensile, si l’on est certain qu’il ne peut verser 3 log d’eau dans la miqvah d’à côté ; on peut craindre, il est vrai, que les trois log d’eau ne se réalisent dans la suite, à force de tirer de l’eau et d’en laisser jaillir ; mais il n’y a là qu’un doute, et ce doute ne résulte que d’une défense traditionnelle : la miqvah contiguë ne sera donc pas interdite (p)[20].

ART. 41. — Dans le cas d’une miqvah alimentée par l’eau de pluie, si on pose, sous la gouttière d’adduction, des ustensiles pouvant recevoir l’eau au moment même où les nuages se sont amassés, et si la pluie se met immédiatement à tomber, la miqvah se trouve interdite ; car on assimile le cas à celui où l’on aurait pris de l’eau pour la verser dans la miqvah. Mais si on a placé les vases de réception à un moment où le ciel était serein, et si une pluie, survenue ensuite, a rempli les vases et s’est déversée dans la miqvah, celle-ci est permise. Il ne faut pas cependant qu’on soulève ensuite les vases, pour permettre à l’eau de tomber dans la miqvah, car on reviendrait à la défense du début de l’article ; on doit au contraire briser les vases ou les renverser ; leur eau, en se répandant par terre, pourra s’infiltrer dans la miqvah.

ART. 42. — Lorsqu’on a posé sur un toit des cruches en vue de les sécher, si la pluie, se mettant à tomber, les remplit, on ne doit pas verser leur contenu dans une miqvah ; on a le droit seulement de les renverser ou de les briser, et si l’eau qui se répand se déverse dans la miqvah, celle-ci reste valable. Si l’on a soulevé les vases, afin que l’eau passe sûrement dans la miqvah, celle-ci devient de ce fait interdite.

ART. 43. — On a installé une miqvah dans un fossé, et l’ouvrier chargé d’aménager le fossé y a oublié un récipient qui avait contenu de l’argile : si le fossé, ainsi que le récipient, se trouvent par la suite remplis par la pluie, il ne faut pas, sous peine d’interdire la miqvah, verser l’eau du récipent dans cette miqvah ; on pourra laisser cette eau s’y répandre en brisant le récipient. On a placé dans une miqvah des vases qui servent à contenir du vin, afin de faire absorber à leurs parois assez d’eau pour qu’ensuite elles n’absorbent plus le vin : si l’eau de la miqvah se trouve très diminuée après cette opération, on ne devra pas y reverser l’eau que renferment les vases, sous peine d’interdire la miqvah ; mais on brisera les vases, afin que leur eau puisse se répandre dans la miqvah.

ART. 44. — 3 log d’eau interdisent une miqvah qui ne contient pas exactement 40 séah d’eau de source, si on les y verse directement ; mais si ces trois log, répandus par terre, s’infiltrent dans la miqvah, celle-ci n’est pas interdite, à condition qu’elle ait un peu plus de 20 séah s’infiltrant directement de la source. Dans une miqvah où s’infiltrent directement plus de 20 séah venant d’une source ou d’un étang, on peut laisser couler de l’eau qui a été répandue par terre, ou faire parvenir cette eau à l’aide d’un conduit, si ce dernier n’absorbe pas les impuretés ; de cette façon on aurait le droit d’amener même mille séah. Si l’on a installé un réservoir sur un toit pour recevoir l’eau de pluie destinée à une miqvah, et si cette dernière ayant reçu plus de 20 séah d’eau de pluie, on y verse près de 20 séah d’eau pour atteindre le volume réglementaire, la miqvah est interdite ; car on ne doit pas y verser de l’eau directement. (Voir plus haut, art. 41, 42, 43). Mais si ensuite on pratique une ouverture dans la miqvah, et si on fait écouler son eau dans une seconde miqvah qui a déjà plus de 20 séah d’eau de pluie, cette seconde miqvah est permise. Glose : La seconde miqvah n’est permise que si elle contenait plus de 20 séah de pluie, avant qu’on y ait conduit l’eau de la première ; au cas contraire, elle est interdite (q)[21].

ART. 45. — Il a été dit que l’eau répandue par terre et s’infiltrant dans une miqvah, qui n’a pas ses 40 séah d’eau de source, ne l’interdit pas ; mais il faut que cette eau ait été répandue à une distance de la miqvah au moins égale à trois tophah (q’)[22].

ART. 46. — Il est permis de laisser s’infiltrer dans une miqvah de l’eau qui a été répandue par terre ; on peut également amener cette eau sur une conduite allant à la miqvah, à condition que la conduite elle-même soit sur le sol : mais on n’a pas le droit de recueillir l’eau dans un ustensile quelconque, fût-il en terre, pour ensuite lui permettre de se déverser dans la miqvah. Glose : Certains docteurs disent qu’il est seulement permis de laisser s’infiltrer dans une miqvah de l’eau répandue sur un terrain capable de la boire, mais qu’on n’a pas le droit de verser l’eau sur du pavé ou sur une planche ou sur tout autre objet, bien qu’une planche ou toute autre conduite puisse servir à amener de l’eau de source dans la miqvah ; car on doit faire une distinction absolue entre l’eau de source, qui arrive directement, et une eau puisée, puis versée dans la miqvah.

ART. 47. — Lorsque près d’une source, transformée en miqvah, et que l’été a tarie, se trouve un fossé plein d’une eau qui a été versée, on peut pratiquer, entre la source et le fossé, une communication souterraine et laisser la miqvah se remplir d’eau du fossé. Cette miqvah est alors considérée comme une source (r)[23].

ART. 48. — Lorsqu’on installe un conduit amenant l’eau de pluie dans une miqvah, il ne faut pas que ce conduit absorbe la moindre impureté ; pour cette raison on doit le placer par terre et ne plus le toucher dès que l’eau a commencé à couler (s)[24]. Il s’agit ici d’un conduit qui amène l’eau jusque dans la miqvah ; mais si le conduit, trop court, se termine sur le bord de la miqvah, on peut le prolonger à l’aide d’une planche ou d’une rigole en argile. Quand le conduit passe sous terre, on n’a plus à s’inquiéter de savoir s’il est capable d’absorber les impuretés ; car on le considère comme faisant un avec la terre. Glose : On ne fait pas, dans ce cas, de différence entre un conduit dont le dessus serait laissé à l’air libre et un conduit complètement recouvert par la terre.

ART. 49. — Il ne s’agit, dans l’art. 48, que d’un conduit amenant de l’eau de pluie ; si le conduit est destiné à amener de l’eau de source ou l’eau d’une autre miqvah, on ne s’inquiète plus de savoir s’il est de nature à pouvoir absorber les impuretés, parce qu’on admet que la miqvah est en communication directe avec la source ou avec la deuxième miqvah. Un docteur estime que le conduit, qui fait communiquer entre elles deux miqvah ou bien une source et une miqvah, ne doit pas plus pouvoir absorber les impuretés que celui amenant de l’eau de pluie.

ART. 50. — Lorsqu’une des parois d’une miqvah remplie par l’eau de pluie présente une fissure, d’où l’eau distille goutte à goutte, la miqvah est permise, si elle contient 40 séah d’eau du fond à la fissure ; mais si elle a 40 séah du fond jusqu’au-dessus de cette fente, elle est interdite ; on la considère alors comme formée par une eau qui s’égoutte, et on l’assimile à la miqvah formée par une eau qui arrive goutte à goutte. Si l’on veut boucher la fissure, afin que la miqvah reste permise dans le second cas, il ne faut pas le faire avec une matière capable d’absorber les impuretés, ou bien en bouchant la fente avec la main. Un docteur n’attache pas d’importance à la nature de l’objet qui sert à boucher la fente. Glose : D’aucuns se montrent plus sévères et interdisent la miqvah, même si elle a 40 séah du fond à la fissure. Il faut avoir égard à cette interdiction et il vaut mieux, de propos délibéré, réparer la paroi. Il n’est question ici que d’une miqvah remplie par de l’eau de pluie ; celle remplie par de l’eau de source reste toujours permise, puisqu’elle est sans cesse alimentée par de l’eau courante.

ART. 51. — Une miqvah dont le fond serait percé et laisserait s’échapper l’eau goutte à goutte, ou qui laisserait son eau s’infiltrer dans le sol, n’est pas assimilée à celle dont il est parlé au second cas de l’art. 50 et elle est permise.

ART. 52. — Deux miqvah contiguës, l’une permise, l’autre interdite, ou bien deux miqvah contiguës et interdites parce qu’elles n’ont pas 40 séah, ont été mises en communication l’une avec l’autre par un trou grand comme l’ouverture d’une outre, et tel que l’eau coule d’une miqvah vers l’autre les miqvah sont permises, et le restent, même si plus tard la communication vient à être interceptée ou si on n’a laissé qu’un très petit trou. Lorsqu’on ne sait pas si le trou a la largeur de l’ouverture d’une outre, de telle sorte que l’eau puisse s’écouler avec force, les miqvah ne peuvent être valables. Si, dans la paroi qui les sépare l’une de l’autre, on a percé un certain nombre de trous, dont la surface totale soit celle de l’ouverture d’une outre, et si l’eau passant par ces ouvertures est en même quantité que celle qui passerait dans le même temps par l’ouverture d’une outre, les miqvah sont permises ; mais il faut que l’une des deux ait, avant création de la communication, contenu au moins 40 séah ; sinon elles ne peuvent être valables. Glose : Lorsque, tout contre un étang, on creuse une fosse servant de miqvah, on peut s’en servir, même si elle n’a pas 40 séah ; en effet, la terre étant poreuse, on admet que la fosse est en communication avec l’étang.

ART. 53. — Deux miqvah contiguës sont l’une formée par de l’eau de pluie et n’ayant pas 40 séah, l’autre formée par une source et contenant au moins 40 séah, et on les met en communication, ne fût-ce que par un tout petit trou, sans même qu’on puisse voir l’eau couler d’une miqvah vers l’autre : les deux miqvah sont permises. Glose : On suppose ici la miqvah interdite par défense traditionnelle ; mais si elle est interdite par défense biblique, il faut, pour qu’elle devienne permise, que l’ouverture de communication avec la miqvah formée par la source soit grande comme l’ouverture d’une outre.

ART. 54. — Deux miqvah n’ayant pas 40 séah sont séparées par un mur qui présente, dans la longueur, une fente permettant à l’eau de passer de l’une dans l’autre : si l’on calcule que la surface d’ouverture de la fente est égale à celle d’une ouverture d’outre, les deux miqvah sont permises ; mais si la fente est dans l’épaisseur du mur, il faut qu’en un de ses points elle présente une section égale à celle d’une ouverture d’outre pour que les miqvah soient valables. Si le mur est écroulé un peu dans le haut, de façon à laisser l’eau passer par petites quantités, et s’il présente en même temps, dans l’épaisseur, une fente de surface égale à l’ouverture d’une outre, les miqvah sont encore valables. Glose : Quand deux miqvah contiguës sont séparées par un amas de terre, si l’on enlève un peu de terre dans le haut, et si la masse de terre présente aussi dans son épaisseur une fissure de surface égale à l’ouverture d’une outre, les deux miqvah sont permises.

ART. 55. — Quand, sur trois miqvah contiguës, deux ont au moins 20 séah d’eau de source et la troisième la même quantité d’eau ordinaire, on considère deux cas, suivant les emplacements de ces trois miqvah : 1° les deux miqvah à eau de source se touchent et la troisième est à la suite des deux premières : si trois personnes entrent en même temps, chacune dans l’une des trois miqvah, pour s’y immerger, l’eau, en se soulevant, mettra les trois miqvah en communication et les immersions seront valables (t)[25]. 2° Si la miqvah contenant de l’eau ordinaire est située entre les deux autres, les immersions faites simultanément dans les trois sont nulles, car une miqvah n’ayant que 20 séah d’eau de source ne peut rendre valable celle qui à 20 séah d’eau ordinaire (u)[26].

ART. 56. — Deux personnes font leurs immersions simultanément dans deux miqvah contiguës, dont l’une contient 20 séah d’eau de source et l’autre 20 séah d’eau ordinaire, et les eaux des deux miqvah se mêlent, soulevées par le corps des baigneuses : les immersions n’ont pas de valeur, même si la miqvah à eau de source, étant colorée, a perdu sa couleur par l’arrivée de l’eau ordinaire, ou si, étant incolore, elle se teinte grâce à l’eau ordinaire qui présente une certaine coloration (v)[27].

ART. 57. — Les fosses contiguës à des miqvah sont assimilées à celles-c1, et l’on peut y faire ses immersions. Ainsi, une fosse est dans le voisinage d’une miqvah, communique avec cette dernière par un orifice grand comme l’ouverture d’une outre, et sa quantité de liquide est accrue par l’eau que des bêtes font jaillir sous leurs pieds, de façon que le contenu de cette fosse, ajouté au volume d’eau de la miqvah, présente le nombre de séah exigé : la fosse peut alors être regardée comme une miqvah permise. Glose : Une miqvah et une fosse contiguë sont mises en communication à l’aide d’un objet, d’une planchette par exemple, qui plonge à la fois dans les deux réservoirs d’eau : on peut exercer une pression sur l’eau de source de la miqvah qui se soulèvera, et, passant sur la planchette, s’en ira dans la fosse ; il est ensuite permis de faire son immersion dans la fosse ; maïs il ne faut pas que pour mettre les deux réservoirs, miqvah et fosse, en communication, on ait soulevé la planchette de communication.

ART. 58. — Autrefois on faisait parfois des miqvah souterraines ; les excavations contenant de l’eau, et communiquant avec des miqvah de ce genre, ne fût-ce que très peu, pouvaient être considérées elles-mêmes comme des miqvah.

ART. 59. — Lorsque la miqvah elle-même renferme une fosse, la question est de savoir si la masse de terre, qui sépare les eaux de la fosse de celles de la miqvah, est assez épaisse et assez résistante pour rester debout malgré l’action de l’eau ; s’il en est ainsi, on a comme deux réservoirs distincts, et l’on ne peut se purifier dans la fosse, si elle n’a pas la quantité d’eau de source nécessaire, à moins qu’on n’ait pratiqué, entre la fosse et la miqvah, une communication de section égale à l’ouverture d’une outre ; mais si la paroi de terre séparant la miqvah de la fosse est mince et fragile, on peut se purifier dans la fosse, car, la terre étant poreuse, la fosse communique forcément avec la miqvah à travers une couche mince de terre.

ART. 60. — De trois fosses contiguës et échelonnées sur la pente d’un versant, celle du milieu contient 40 séah d’eau de source, les deux autres n’en contiennent que 20 séah : si une pluie d’orage survient, qui donne à ces deux dernières la quantité d’eau nécessaire pour une miqvah, la fosse du milieu seule demeurera permise. En effet, grâce à la pente du terrain, l’eau provenant de la pluie s’écoulera. Il faudrait, pour que les deux miqvah, inférieure et supérieure, fussent permises, qu’il existât un courant continuel les alimentant, à mesure qu’elles perdraient leur eau par suite de l’écoulement dû à la pente.

ART. 61. — Quand une personne, désirant faire son immersion, se tient accroupie devant une lame d’eau qui, en passant, la couvre entièrement et déferle à l’endroit où se tenait cette personne, la purification est valable.

ART. 62. — Si une miqvah contient exactement 40 séah d’eau, il ne faut pas y entrer brusquement ou en sautant, afin de ne pas faire jaillir d’eau, sans quoi la miqvah n’aurait plus la quantité d’eau voulue : pour la même raison, il ne faut pas s’y immerger deux personnes à la suite, sans interruption. Lorsque, dans une telle miqvah, une personne s’est purifiée et qu’une autre personne y entre au moment où la première en sort, l’immersion de la seconde personne est nulle, quand bien même la première aurait encore eu les pieds dans l’eau à ce moment (w)[28].

ART. 63. — Quand, dans une miqvah de 40 séah exactement, on trempe un vêtement en étoffe épaisse capable d’absorber beaucoup d’eau, on additionne l’eau du vêtement et celle de la miqvah, tant que le tissu touche la miqvah par un côté ; l’eau qui dégoutte du vêtement et retombe dans la miqvah n’est pas considérée comme une eau ordinaire que l’on verserait, mais bien comme ne faisant qu’un avec l’eau de la miqvah, et une immersion, faite au moment où le vêtement était en partie dans l’eau, est valable. Si on descend des vases dans une miqvah de 40 séah, il faut : 1° avoir la précaution de les faire remonter doucement, afin de ne pas faire jaillir d’eau hors de la miqvah ; 2° les remonter dans la position de champ, de façon qu’il n’y reste pas une goutte d’eau. Glose : S’il est resté de l’eau dans les vases, et si on les a fait égoutter dans la miqvah une fois sortis, ou bien si on les y a fait retomber pour rendre à la miqvah ses 40 séah, la miqvah n’est plus valable.

ART. 64. — Lorsqu’on a laissé tremper une couverture dans une miqvah n’ayant que 40 séah, il ne faut pas la retirer d’un seul coup et laisser ensuite égoutter l’eau ; l’eau tombant ainsi, sans que le tissu trempe, ne fût-ce que légèrement, est considérée comme de l’eau ordinaire qu’on verserait dans la miqvah. On devra donc retirer la couverture doucement, et la laisser s’égoutter peu à peu, tandis que sa partie inférieure trempera encore. Ces précautions ne sont pas nécessaires quand on retire un sac ou un panier.

ART. 65. — Des immersions faites dans une miqvah de 40 séah, dont l’eau diminue assez souvent, sont nulles, à moins qu’on ne soit certain qu’elle avait ses 40 séah au moment de l’immersion. Si une miqvah de 40 séah diminue parfois, mais recouvre ses 40 séah presque aussitôt, les immersions dans cette miqvah sont valables ; cependant lorsqu’on se purifie dans une telle miqvah, il vaut mieux la jauger avant l’immersion.

ART. 66. — Si l’eau d’une miqvah de 40 séah vient à s’étaler, de telle sorte qu’elle ne soit plus assez profonde pour couvrir entièrement le corps de la baigneuse, il est permis de former un barrage avec des pierres ou des fagots, de manière à faire monter le niveau de l’eau en un point ; mais il est interdit d’établir une véritable séparation, qui partagerait la miqvah en deux compartiments distincts ; on ne doit pas non plus se servir, pour le barrage, d’ustensiles ou d’objets destinés à un usage quelconque de la vie journalière. Glose : Il ne faut pas, de propos délibéré, se purifier dans une miqvah qui peut recouvrir le corps dans la position penchée ou accroupie, mais dont l’eau n’est pas assez profonde pour monter d’une zéreth (w’)[29] au-dessus du nombril. Cependant cela est permis, si on n’a pas d’autre miqvah à sa disposition, dût-on même être obligé de s’étendre complètement pour s’immerger.

ART. 67. — Lorsqu’on ne sait pas exactement s’il est tombé de l’eau ordinaire dans une miqvah, cette miqvah reste valable ; il en est de même si, sachant qu’il y est tombé de l’eau ordinaire, on ignore si la quantité d’eau tombée atteint trois log ; enfin, s’il en est tombé trois log, la miqvah n’est pas interdite quand l’on pense qu’elle devait contenir les 40 séah exigibles (x)[30].

ART. 68. — Si, de deux miqvah contiguës, l’une contient les 40 séah et l’autre moins, si 3 log d’eau ordinaire sont tombés dans l’une des deux miqvah, sans qu’on sache dans laquelle, les deux miqvah restent valables (y)[31]. Si, deux miqvah contiguës ont chacune moins de 40 séah et s’il tombe 3 log d’eau ordinaire dans l’une d’elles, sans qu’on sache exactement laquelle a reçu ces 3 log d’eau, les deux miqvah sont interdites.

ART. 69. —. Quand on retrouve pleine une miqvah qu’on avait laissée tarie, cette miqvah est valable ; car on ne sait pas si l’eau qu’elle contient y a été versée, ou s’y est infiltrée naturellement (z)[32].

ART. 70. — Une miqvah est alimentée par un conduit, près du débouché de ce conduit se trouve une étendue de terrain couverte de mortier, et on ignore si l’eau qui arrive ainsi vient du conduit ou du mortier : la miqvah est alors interdite. Cependant si, avec la même disposition, la miqvah renferme, à part l’eau amenée par le conduit, plus de la moitié de la quantité exigible, en eau de source, elle est permise (α)[33].

ART. 71.— Une personne, qui avait besoin de se purifier, doute de la validité de son immersion ; par exemple, elle ignore si la miqvah avait les 40 séah, ou bien elle s’est immergée dans l’une de deux miqvah contiguës, sans savoir exactement dans laquelle, et l’une des deux miqvah n’a pas 40 seah ; la purification est alors nulle. En effet, il y a un doute au point de vue de la valeur de la miqvah, mais il n’y en a aucun sur le besoin de purification ; le certain l’emporte alors sur le possible, et la purification doit être recommencée. Ayant jaugé une miqvah, on trouve qu’elle n’a pas les 40 séah : qu’elle soit située en un lieu isolé, dans une propriété par exemple, ou qu’elle soit sur un emplacement où passent beaucoup de gens, la miqvah n’a plus de valeur, jusqu’à ce qu’elle contienne de nouveau 40 séah ; tout ce qui a été immergé dans cette miqvah, sans qu’elle ait le volume d’eau voulu, doit être purifié à nouveau.

ART. 72. — Dans l’une de deux miqvah contiguës, qui n’ont ni l’une ni l’autre 40 séah, il tombe 3 log d’eau, et l’on sait dans laquelle des deux cette eau est tombée ; puis il tombe encore 2 log d’eau, mais cette fois on ignore où : on admet alors que que ces 3 log d’eau sont tombés dans la même miqvah que précédemment, et cette miqvah seule est interdite. Lorsqu’il est tombé d’abord 3 log d’eau, sans qu’on sache dans quelle miqvah, puis 2 log dans une des deux miqvah connue de façon certaine, les deux miqvah sont interdites (β)[34]. Si 3 log d’eau sont tombés dans l’un des deux miqvah contiguës, sans qu’on sache dans laquelle, et si l’une des miqvah à 40 séah et l’autre moins, on admet que l’eau est tombée dans la miqvah de 40 séah : les deux miqvah sont permises (γ)[35]. Deux miqvah contiennent l’une de l’eau de source, l’autre de l’eau ordinaire, et 3 log d’eau sont tombés dans l’une d’elles, sans qu’on sache dans laquelle : on admet que c’est dans la miqvah à eau ordinaire et celle-là seule sera interdite.

ART. 73. — Deux miqvah contiguës n’ont ni l’une ni l’autre les 40 séah, et il est tombé 3 log d’eau dans l’une d’elles, on ne sait laquelle ; puis une pluie est survenue et a complété les deux miqvah à 40 séah : de propos délibéré, on ne devra se purifier ni dans l’une, ni dans l’autre.

ART. 74, — Tous les réservoirs, non construits spécialement pour être des miqvah, sont interdits, parce que leur eau est toujours une eau qu’on y a versée ou introduite en violation des règles susmentionnées.

ART. 75. — Un docteur défend de verser de Peau chaude dans une miqvah de 40 séah pour la réchauffer, ou bien de chauffer l’eau d’une miqvah qui communique avec un étang. Glose : D’autres, moins sévères, permettent de chauffer l’eau. Cependant, dans toutes les contrées où l’on a pour habitude de se conformer à l’opinion de l’article 75, il ne faut jamais chauffer l’eau. Bien entendu les sources thermales sont permises. Après l’immersion, il est permis à une femme d’entrer dans un établissement de bains pour se réchauffer, mais il lui est interdit de s’y laver à l’eau chaude.

Siman 202. Des corps qui font obstacle à l’eau, lorsqu’on purifie des vases ou d’autres ustensiles.

(Ce paragraphe contient 9 articles.)

ARTICLE 1er. — De la poix ou de la gomme, étendues à l’intérieur ou à l’extérieur d’un vase en verre qu’on veut purifier, font obstacle à l’eau.

ART. 2. — On ne considère pas comme formant un obstacle entre le vase et l’eau de purification une matière qui se trouverait attachée au vase et à laquelle on n’accorde généralement aucune attention, à moins que cette matière ne s’étende sur plus de la moitié du vase. Glose : Un dépôt de noir de fumée à l’extérieur d’un ustensile n’est pas un obstacle à l’eau, et est considéré comme ne faisant qu’un avec l’ustensile (a)[36].

ART. 3. — Lorsque le vase est muni d’un manche mobile, la purification est nulle, si le manche a été mal assujetti, a été mis de travers, ou n’a pas été enfoncé comme il devait l’être, ou s’est cassé pendant la purification.

ART. 4. — Quand, dans la purification, un outil a été abîmé (par exemple un couteau a perdu son manche ou une scie son cadre de bois), la purification n’a pas de valeur, l’objet étant maintenant hors d’usage.

ART. 5. — Quand une scie à main présente une fente intérieure, c’est-à-dire allant de l’acier au cadre et s’arrêtant au manche, cette fente n’est pas un obstacle à l’eau, si la scie est encore utilisable : il n’en est pas de même si la fente est extérieure, c’est-à-dire va du manche au cadre. Un enduit collant ou bien un brin d’osier, qui serviraient à retenir les parties disjointes par la fente, forment obstacle à l’eau. Mais si la fente a été raccommodée à l’aide du feu, l’outil peut être purifié sans inconvénient.

ART. 6. — La purification d’un vase est nulle si l’on a plongé ce vase dans l’eau l’ouverture en bas, et si on n’a pas eu soin de le retourner tandis qu’il était encore dans l’eau ; car on craint que le liquide ne soit pas entré parfaitement à l’intérieur du vase (b)[37]. Glose : On peut purifier un objet, en le plaçant dans un vase et en plongeant le tout dans l’eau ; mais il faut que le vase dont on se sert soit assez grand pour que l’objet soit mobile dans ce récipient ; il faut aussi que l’ouverture du vase soit aussi grande que celle d’une outre, afin que l’eau pénètre facilement. On ne peut donc pas purifier des couteaux, en les piquant dans un récipient que l’on plonge dans l’eau, car ces couteaux seraient immobiles. Enfin, il ne faut pas non plus que l’objet placé dans le vase soit lourd, sans quoi il resterait attaché au fond par l’une de ses faces, et cette face ne serait pas purifiée.

ART. 7. — Pour purifier un vase renflé dans le milieu, étroit d’ouverture et de fond (c)[38], il faut l’agiter dans l’eau, et le mettre sur le flanc, afin que l’eau mouille toute la surface de ses parois.

ART. 8 — Pour purifier un vase d’ouverture plus petite que celle d’une outre, il faut le laisser dans l’eau assez longtemps pour qu’il se remplisse complètement, ou bien le remplir d’eau avant de l’immerger.

ART. 9. — Quand on purifie des vases qui ont des manches très longs, destinés à être raccourcis, il suffit de les plonger dans l’eau de façon que les manches baignent seulement jusqu’au point où ils seront sciés.


Notes

[1] (a) Le mot miqvah vient du verbe **קוה//, qui signifie généralement attendre, puis s’attendre les uns les autres, s’assembler, et s’applique aux amas d’eau : **יקוו המים מתחת השמים// (Genèse 1,9). Miqvahest donc un réservoir, mais un réservoir spécial, qui ne peut être rempli que d’une manière réglementaire, ainsi qu’on le verra par les 75 articles de ce paragraphe.

[2] (a’) La séah vaut 13 litres ; 40 séah valent par conséquent 520 litres. La coudée vaut 52 centimètres environ. Il est entendu que 52 centimètres est une mesure donnée ici pour expliquer la capacité du réservoir par rapport à la superficie de sa base. Il est impossible qu’une femme puisse faire son immersion dans un réservoir de base : 52 centimètres sur 52 centimètres ; il faut compter pour une miqvah ordinaire 2 mètres sur 2 mètres, à la base ; étant donné que celle à base de 52 centimètres sur 52 centimètres doit contenir 520 litres d’eau, il est facile de calculer la capacité de celle ayant une base de 2 mètres sur 2 mètres : 520 ¸ 52 x 52 x 40 000 = 520 ¸ 2604 x 40 000 = 7 987 litres. La capacité de 40 séah, indiquée par le texte, exige une hauteur de 4 coudées, et non de 3 comme il le dit.

[3] (a’’) Le tophah vaut 4 doigts ; une coudée compte donc (6×4+0,5) doigts ou : 24,5 doigts. La coudée valant 52 centimètres, on voit qu’un doigt est un peu plus de 2 c/m

[4] (a’’’) Ce calcul suppose encore une hauteur d’eau de 4 coudées, et non de 3, si l’on veut obtenir 40 séah.

[5] (b) Quand on lance ainsi la vaisselle, l’eau peut ne pas la recouvrir partout.

[6] (c) Il s’agit dans cette Glose d’une miqvah artificielle. Celle-ci doit être construite de façon que l’eau d’une source “ou d’un fleuve y arrive directement, sans que le canal adducteur ait aucune solution de continuité ; ce canal doit monter jusqu’à la miqvah maçonnée, entrer par le côté et se déverser directement. Un orifice pratiqué dans le fond est destiné à l’écoulement, de façon que l’eau remplissant da miqvah soit toujours pure.

[7] (d) Il s’agit sans doute ‘ici de vases neufs, car tout vase neuf doit être purifié. Plus l’ouverture du contenant est large, et mieux se fait l’immersion du contenu.

[8] (d’) Et le canal peut, dès lors, alimenter une miqvah.

[9] (e) Il est entendu qu’il y a au moins 21 séah d’eau de source ; mais ces 21 séah sont loin d’être suffisantes, la miqvah s’étendant sur une surface assez grande.

[10] (f) Il s’agit toujours d’une miqvah à laquelle il manque peu d’eau pour arriver au volume d’eau de source nécessaire. Le log, douzième partie du hin, est une mesure de capacité, de Ia contenance de six œufs (1/2 litre environ).

[11] (g) Voir art. 55 du même paragraphe.

[12] (h) II s’agit ici d’une miqvah qui n’a pas la contenance réglementaire d’eau de source, car dans toute autre, il serait indifférent de laisser pénétrer plus ou moins d’eau ordinaire. Quant à la grandeur du trou existant dans le plafond du réservoir inférieur, voici les explications que donne un commentateur : « Une seah contient 6 qab, un qab vaut 4 log; 40 seah, volume d’eau de source nécessaire pour la miqvah, font donc 960 log, dont le tiers est 330 ; s’il ne passe que 320 log, l’eau de source représente encore les deux tiers des 40 seah, c’est-à-dire la majeure partie de l’eau dans le réservoir supérieur. On a admis que ce résultat ‘serait obtenu si le trou ne livrait pas passage à 8 log à la fois, c’est-à-dire au centième des 320 log dont il a été question. » Cette quantité de 3 log reviendra plusieurs fois, art, 19, 20, etc., comme minimum du volume d’eau non courante qui rend la miqvah inutilisable.

[13] (i) Bien entendu le réservoir qui n’a pas les 40 seah, ne pouvait, tel que, servir de miqvah; mais son eau était valable et il pouvait devenir une miqvah permise dans la suite, si son volume d’eau était venu à augmenter, V. note f.

[14] (j) Elle n’est pas interdite, mais elle ne peut cependant pas servir aux immersions tant qu’elle n’a pas exactement ses 40 séah d’eau de source. (v. art. 24).

[15] (k) Puisqu’on enlève 1 séah du mélange (40s eau de source + 1s eau quelconque), en même temps qu’on fait arriver 1 séah d’eau de source, la miqvah a toujours 40 séah d’eau de source et même davantage, et on est ramené au cas où l’on verse de l’eau dans une miqvah de 40 séah. V. plus haut art. 15.

[16] (m) L’eau de la source remplace alors l’eau de la miqvah comme à l’article 22 du même paragraphe.

[17] Car on considère les trois log d’eau qui tombent dans la miqvah comme s’ils avaient été mêlés au vin qui y est tombé précédemment. V. Chakh, 68.

[18] (n) Cette Glose est obscure ; car dans une miqvah contenant 40 séah d’eau de source il est permis de verser de l’eau en quantité variable, par un mode quelconque. Pour comprendre la Glose, il faudrait peut-être se reporter à l’article 1er où il est dit qu’une miqvah, pour être valable, doit contenir 40 séah d’eau lorsqu’elle a une coudée de côté à la base et 3 coudées de hauteur ; on voit que, pour qu’une miqvah artificielle soit permise, il faut que la baigneuse ait de l’eau jusqu’au-dessus des hanches ; ceci n’est pas exigé pour une miqvah naturelle, formée par une source ou un étang, dans laquelle on peut se baisser assez pour que l’eau baigne le corps tout entier. Si donc la miqvah artificielle n’a pas une hauteur d’eau convenable, il importe que l’eau qu’on y fait arriver, passe par un conduit qui n’enlève pas à la miqvah sa valeur. (V. les articles 35, 36). Il s’agit, pensons nous, dans cette Glose, d’une miqvah dont l’eau n’a pas la hauteur nécessaire ; l’eau ne doit pas y être amenée par une machine élévatoire quelconque, mais bien par une communication directe de la miqvah avec la prise d’eau.

[19] (o) Tous objets se laissant traverser par l’eau, comme tout-à-l’heure les godets de la machine élévatoire.

[20] (p) Il s’agit bien rat d’une miqvah contigüepas ses 40 seah d’eau de source.

[21] (q) Glose inutile, l’article étant parfaitement clair.

[22] (q’) Tophah, mesure de longueur égale à 4 doigts. Le tophah valait le tiers du zéreth ; par conséquent la distance dont il s’agit ici est de 0 m. 26 (V. la note (7) du § 198, distance suffisante pour qu’on soit sûr qu’il y a eu infiltration à travers la terre, et non arrivée directe.

[23] (r) Voici comment cette règle peut s’expliquer : la chaleur a fait évaporer l’eau de la miqvah, mais n’a pas eu d’influence sur la source souterraine ; si l’on creuse sous le fossé et sous la miqvah, ces travaux, unis à l’action de l’eau souterraine, font de nouveau sourdre la source, de sorte que la miqvah se remplit non seulement d’eau du fossé, mais encore d’eau de la source. D’autre part l’eau du fossé qui a passé dans la miqvah, a été en quelque sorte filtrée en traversant la communication souterraine.

[24] (s) Un corps n’absorbe les impuretés que s’il est humide.

[25] (t) En effet les deux miqvahs à eau de source, étant l’une à côté de l’autre, mêlent leurs eaux, et forment une miqvah d’au moins 40 séah, la capacité exigée ; la troisième se trouvant mise en communication avec la miqvah valable ainsi réalisée, devient également permise (V. plus haut, ART. 52).

[26] (u) Il ne faudrait pas conclure de cet article qu’il suffit pour se donner plusieurs miqvah, de les installer ainsi Pune à côté de l’autre. Les immersions faites dans ces conditions ne sont valables que par mesure de tolérance, parce qu’il s’agit d’un fait accompli. Pour la même raison, la troisième miqvah, placée ainsi qu’il est dit au premier cas de l’art. 55, et qui a communiqué avec celles contenant de l’eau de source, reste valable, si elle se remplit ensuite d’eau de pluie de manière à avoir ses 40 séah.

[27] (v) Ces changements de couleur sont une preuve que les deux miqvah ont mêlé leurs eaux ; mais une miqvah de 20 séah d’eau de source ne peut rendre valable une miqvah d’eau ordinaire. Il est bien entendu cependant que, si l’on fait arriver de l’eau de pluie dans la miqvah contenant 20 séah d’eau de source, de façon à avoir la quantité d’eau exigée, cette miqvah est valable, bien qu’elle ait été mêlée auparavant avec la miqvah d’eau ordinaire (V. Chak, 72).

[28] (w) Le contenu de la miqvah se trouve légèrement diminué, parce qu’elle a laissé un peu de son liquide sur la personne qui vient de se purifier ; il faut donc attendre un peu entre deux immersions, afin que la miqvah ait le temps de récupérer ses 40 séah par infiltration ou de toute autre manière. En disant que l’immersion de la seconde personne est nulle, même si la première a encore les pieds dans l’eau, cet article exprime que, quoiqu’il y ait contact entre l’eau de la miqvah et celle qui reste sur la personne, on n’additionne pas les deux quantités d’eau comme on le fait si de l’eau s’imbibe dans un tissu (article suivant).

[29] (w’) Voir § 198, art. 36.

[30] (x) Cette tolérance provient de ce qu’il s’agit ici d’un cas douteux et d’une défense traditionnelle.

[31] (y) Il est bien entendu que la miqvah qui n’a pas les 40 séah ne pourra servir que lorsqu’elle aura la quantité d’eau voulue.

[32] (z) Il s’agit sans aucun doute d’une source qui, après avoir été tarie, laisse sourdre l’eau à nouveau.

[33] (α) Tolérance provenant ici encore de ce qu’il existe un doute sur une défense traditionnelle.

[34] (β) 2 log d’eau ordinaire n’interdisent pas une miqvah de moins de 40 séah d’eau de source, tandis que 3 log l’interdisent.

[35] (γ) La miqvah qui n’a pas 40 séah n’est pas interdite, mais elle ne pourra servir que lorsqu’elle aura la quantité d’eau exigible.

[36] (a) Un tel dépôt à l’intérieur du vase est au contraire un obstacle à l’eau.

[37] (b) L’art. 6 a été copié dans la Michenah par Karo ; mais celui-ci proteste contre cette règle et déclare la purification valable, dans le cas où l’ouverture est large, si le vase a été plongé, l’ouverture en bas, sans qu’on ait eu le soin de retourner le vase dans l’eau. Mais quand l’ouverture est étroite, la résistance de l’air contenu dans le vase empêche l’eau de pénétrer parfaitement, et la purification est en effet sans valeur.

[38] (c) Telle était la forme des amphores dans l’antiquité.

Rituel du judaïsme. Traduit pour la première fois sur l’original chaldéo-rabbinique et accompagné de notes et remarques de tous les commentateurs, par M. A. Neviasky. Publiés à Orléans. Onzième traité : Lois concernant l’immersion. Paris, 1912. [Version numérisée : archive.org].

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