תפסיר רס״ג
Tafsir Rasag / Traduction arabe du Tanakh de R. Saadia Gaon
Trad. J. Derenbourg dir. (1893-1899)
Proverbes de Salomon, fils de David, roi d’Israël :
Proverbes de Salomon, fils de David, roi du peuple d’Israël,
[Grâce à eux], on apprend à connaître la sagesse et la morale, à goûter le langage de la raison ;
pour faire connaître la sagesse et la morale, et pour rendre compréhensibles les paroles de l’intelligence,
à accueillir les leçons du bon sens, la vertu, la justice et la droiture.
et afin qu’on accepte l’instruction rationnelle, et (ce qui est) exact, nécessaire ou juste1* ;
1* Saadia applique, dans son commentaire, les quatre mots du texte à quatre conceptions différentes : 1° les vérités indiscutables, comme les vérités arithmétiques ; 2° les vérités démontrables comme les théorèmes de la géométrie ; 3° les devoirs rationnels ; 4° les préceptes révélés.
Ils donnent de la sagacité aux simples, au jeune homme de l’expérience et de la réflexion.
afin de donner aux insouciants de l’ardeur2*, et aux jeunes gens le savoir et la réflexion.
2* Les idées s’effacent vite, si l’attention ne les fixe pas.
En les entendant, le sage enrichira son savoir, et l’homme avisé acquerra de l’habileté.
Le sage écoutera et en sera d’autant plus instruit, et l’homme sensé acquerra les artifices3*,
3* C’est-à-dire les moyens artificiels de garder dans la mémoire ce qu’on apprend.
On saisira mieux paraboles et sentences, les paroles des sages et leurs piquants aphorismes.
pour faire comprendre la fable, l’interprétation, les discours des sages et leurs récits4*.
4* D’après Saadia, le texte a en vue quatre enseignements : 1° les fables (qu’il est impossible de prendre dans le sens littéral) ; 2° l’interprétation des songes ; 3° les paraboles des prophètes, d’où leurs interlocuteurs eux-mêmes tirent la moralité : 4° les paraboles que les prophètes accompagnent de la moralité.
La crainte de l’Éternel est le principe de la connaissance ; sagesse et morale excitent le dédain des sots.
La crainte de Dieu est ce qu’ordonne en premier la science ; la sagesse et la morale, les sots les méprisent toutes deux.
Écoute, mon fils, les remontrances de ton père, ne délaisse pas les instructions de ta mère ;
Écoute, mon fils, la morale que te fait ton père, et n’abandonne pas la direction donnée par la mère,
car elles forment un gracieux diadème pour ta tête et un collier pour ton cou.
car toutes deux sont un diadème de grâce sur ta tête et des colliers à ton cou.
Mon fils, si des criminels cherchent à t’entraîner, ne leur cède point ;
mon fils, si les pécheurs veulent te séduire, n’y consens pas,
s’ils disent : « Viens donc avec nous, nous allons combiner des meurtres, attenter sans motif à la vie de l’innocent ;
alors qu’ils te disent : « Viens avec nous, embusquons-nous pour (verser) du sang, guettons sans motif l’innocent ;
comme le Cheol nous les engloutirons vivants, tout entiers comme ceux qui descendent dans la tombe.
faisons-le périr, comme (s’il descendait dans) la tombe, encore plein de vie, et comme s’il descendait dans la fosse, encore plein de santé.
Nous ferons main basse sur tout objet de prix ; nous remplirons nos maisons de butin.
Nous trouverons tout trésor précieux, et nous remplirons nos maisons de butin.
Tu associeras ton sort au nôtre : nous ferons tous bourse commune, »
Mets ton lot avec le nôtre ; nous aurons tous la même bourse. »
mon fils, ne fraye pas avec eux, écarte tes pas de leur sentier ;
Ô mon fils, ne va pas en route avec eux, écarte ton pied de leurs sentiers,
car leurs pieds se précipitent vers le mal, ils ont hâte de répandre le sang.
car leurs pieds courent pour le mal ; et ils se hâtent pour verser le sang.
Certes les filets paraissent dressés sans aucun but aux yeux de la gent ailée :
C’est ainsi que le filet semble aux oiseaux être tendu sans but.
eux aussi en veulent à leur propre sang, et c’est à eux-mêmes qu’ils dressent un piège.
Mais eux ils dressent une embûche pour (répandre) leur (propre) sang, et ils guettent leur (propre) vie.
Tel est le sort auquel court quiconque poursuit le lucre : il coûte la vie à ceux qui l’ambitionnent.
Telle est la voie que suit celui qui est avide de gain ; cette (passion) enlève la vie à celui qui en est possédé5*.
5* Saadia rattache le verset 18 au verset 16, et le verset 19 au verset 17.
La sagesse prêche dans la rue ; sur les voies publiques elle élève la voix.
La Sagesse lance un appel sur la place ; dans la rue elle fait entendre sa voix ;
Elle appelle à elle au milieu des bruyants carrefours, à l’entrée des portes. En pleine ville, elle fait entendre ses discours :
à l’entrée des ruelles elle invite, et aux ouvertures des portes dans la ville, elle se met à parler :
« Jusqu’à quand, niais, aimerez-vous la sottise, et vous, persifleurs, aurez-vous du goût pour la moquerie ? [Jusqu’à quand], insensés, haïrez-vous le savoir ?
Jusqu’à quand, ô insouciants, aimerez-vous l’insouciance, tandis que les gens moqueurs6* ont désiré pour eux-mêmes la moquerie et que les sots haïssent la science ?
6* Nous rendons ainsi l’arabe dâhi, par lequel Saadia a traduit lêṣ, bien que le dictionnaire arabe donne à dâhi le sens de rusé, trompeur. V. Ousoul, s. v., n.63.
Cédez à mes remontrances ; voici, je veux vous ouvrir les sources de mon esprit, vous enseigner mes paroles.
Si vous vous rendez à mes remontrances, je vous exposerai mon avis, et je vous ferai connaître mon discours.
Puisque j’ai appelé et que vous avez refusé de m’entendre ; puisque j’ai tendu la main et que personne n’y a fait attention
Parce que je vous ai appelés, et vous avez refusé (de venir), et que j’ai tendu la main et aucun de vous ne m’écoutait,
puisque vous avez repoussé tous mes conseils et que vous n’avez pas voulu de mes remontrances,
que vous avez repoussé tous mes conseils, et n’avez pas voulu de mes remontrances,
en retour je rirai, moi, de votre malheur, je vous raillerai quand éclatera votre épouvante ;
moi aussi je rirai de votre ruine, je me moquerai quand viendra ce que vous redoutez,
oui, quand éclatera votre épouvante, pareille à une tempête, et votre malheur, tel qu’un ouragan, quand fondront sur vous détresse et angoisse.
quand votre terreur s’avancera comme la tempête, que votre ruine arrivera comme l’ouragan, et que fondront sur vous le malheur et la détresse.
Alors on m’appellera et je ne répondrai point, on me cherchera, mais on ne me trouvera pas.
Alors il m’appelleront et je ne leur répondrai pas ; ils me chercheront et ne me trouveront pas,
Aussi bien, ils ont détesté le savoir, ils n’ont eu aucun goût pour fa crainte de l’Éternel.
en raison de ce qu’ils ont haï la science, et qu’ils n’ont pas choisi la crainte de Dieu,
Ils n’ont pas voulu de mes conseils, n’ont eu que du dédain pour toutes mes réprimandes.
qu’ils n’ont pas voulu de mon conseil, et ont rejeté toutes mes remontrances,
Qu’ils se nourrissent donc du fruit de leur conduite, qu’ils se rassasient de leurs résolutions !
qu’ils goûtent donc du fruit de leurs opinions, et qu’ils se rassasient de leurs conseils ;
Assurément, la rébellion des niais les perdra, et la fausse quiétude des sots causera leur ruine.
car l’insolence des insouciants les tue, et l’égarement des sols les perd.
Mais quiconque m’écoute demeurera en sécurité, exempt de la crainte du malheur. »
Mais celui qui m’écoute demeurera en sûreté, et à l’abri des terreurs de l’adversité.
Mon fils, puisses-tu accueillir mes paroles, te pénétrer de mes recommandations,
Ô mon fils, si tu accueilles mon discours et que tu conserves auprès de toi mes préceptes,
en prêtant une oreille attentive à la sagesse et en ouvrant ton cœur à la raison !
si tu prêtes l’oreille à la sagesse et que tu inclines ton cœur vers la raison,
Puisses-tu invoquer le bon sens et adresser un appel pressant à la raison,
si tu invoques l’intelligence et que tu lances un appel à la raison,
la souhaiter comme de l’argent, la rechercher comme des trésors !
si tu les recherches toutes deux, comme on recherche l’argent, et fouilles après elles comme après des trésors,
Car alors tu auras le sens de la crainte de l’Éternel et tu atteindras la connaissance de Dieu.
alors tu comprendras la crainte de Dieu et tu trouveras la connaissance de Dieu.
C’est l’Éternel, en effet, qui octroie la sagesse ; de sa bouche émanent la science et la raison.
Car Dieu donne la sagesse, et de sa parole (émanent) la connaissance et la raison.
Il réserve le succès aux hommes droits ; il est un bouclier pour ceux qui marchent dans l’intégrité.
Il réserve aux hommes droits la doctrine7*, il est un bouclier pour ceux qui marchent dans l’intégrité,
7* Nous traduisons ainsi l’arabe fiqh par lequel Saadia rend touschhiyyâh. Saadia a en vue la science des pratiques religieuses, telle qu’elle a été développée par les docteurs.
Il protège les voies de la justice, et veille sur la route de ses pieux adorateurs.
protégeant les sentiers de la justice, et veillant sur les chemins de ses hommes pieux.
Alors aussi tu auras une juste idée de la vertu et du droit, de l’équité et de toute bonne direction.
Alors tu comprendras l’équité, la justice, la droiture, et toute bonne voie.
Puisse donc la sagesse pénétrer en ton cœur et la science faire les délices de ton âme !
Lorsque la sagesse entrera dans ton cœur et que la connaissance fera les délices de ton âme,
Puisse la réflexion être ta sauvegarde et la raison ta protection !
la réflexion veillera sur toi, et la raison te protégera.
Ainsi tu seras préservé du chemin du malfaiteur, des gens qui débitent des perversités,
(La réflexion et la raison) te préserveront du mauvais chemin et de l’homme qui parle avec versatilité,
qui abandonnent les chemins droits pour suivre des routes ténébreuses,
de ceux qui abandonnent les sentiers de la droiture et qui suivent les voies ténébreuses,
qui se réjouissent de faire du mal, sont transportés de joie par les attentats criminels,
de ceux qui sont heureux de faire le mal et se réjouissent de le varier8*,
8* C’est-à-dire, de passer d’une mauvaise action à une autre.
dont les voies sont tortueuses et les sentiers pleins de détours.
dont les voies sont difficiles et qui prennent des chemins détournés.
Par là aussi tu seras sauvé de la femme d’autrui, de l’étrangère aux paroles mielleuses,
Toutes deux te sauveront de la femme d’autrui, de l’étrangère aux paroles doucereuses,
qui a trahi l’ami de sa jeunesse, et oublié l’alliance de son Dieu.
qui abandonne l’ami de sa jeunesse, et a oublié l’alliance (consacrée) par Dieu.
Certes, sa maison penche vers la mort et ses sentiers conduisent vers les ombres des trépassés.
Elle a incliné sa maison vers la mort, et ses voies (conduisent) vers les trépassés.
Aucun de ceux qui vont chez elle ne revient, incapable de retrouver le chemin de la vie1.
1 L’inconduite, les atteintes portées aux lois du mariage sont souvent flétries dans les Proverbes.
Tous ceux qui entrent chez elle ne reviendront plus, et ils n’atteindront pas les chemins de la vie (future).
Puisses-tu donc suivre le chemin des hommes de bien, et t’attacher aux voies des justes !
(Je dis ceci) pour que tu marches dans la route des gens de bien, et que tu gardes les voies des justes9*.
9* D’après Saadia, le premier membre de phrase se rapporte aux femmes et le second aux hommes.
Car ce sont les hommes droits qui occuperont la terre, et les intègres qui s’y maintiendront ;
Certes, les hommes droits habiteront le monde et les gens intègres y resteront ;
tandis que les méchants en seront extirpés et les traîtres violemment arrachés.
les méchants en seront retranchés et les perfides en seront effacés.
Mon fils, n’oublie pas mon enseignement ; que ton cœur retienne mes recommandations.
Mon fils, n’oublie pas ma loi, et que ton cœur garde mes préceptes,
Car ils te vaudront de longs jours, des années de vie et de paix.
car ils augmenteront la durée de ton existence, les années de ta vie et ton bonheur.
Que la bonté et la vérité ne te quittent jamais : attache-les à ton cou, inscris-les sur les tablettes de ton cœur,
Que la bonté et la vérité ne te quittent point ; mais attache-les à ton cou et inscris-les sur les tablettes de ton cœur.
et tu trouveras faveur et bon vouloir aux yeux de Dieu et des hommes.
Alors, tu trouveras la grâce et le (renom) d’un esprit juste aux yeux de Dieu et des hommes.
Confie-toi en l’Éternel de tout cœur, mais ne te repose pas sur ton intelligence.
Confie-toi à Dieu sincèrement et ne t’en remets pas à ta raison.
Dans toutes tes voies, songe à lui, et il aplanira ta route.
Dans toute ta conduite, reconnais (ce que tu) lui (dois), alors il aplanira tes voies.
Ne te prends pas pour un sage : crains l’Éternel et fuis le mal
Ne sois pas sage à tes propres yeux, crains Dieu et évite le mal.
ce sera la santé pour ton corps ; une sève généreuse pour tes membres.
Ce sera une guérison pour tes articulations et un breuvage pour tes os.
Honore l’Éternel avec tes biens, avec les prémices de tous tes produits ;
Honore Dieu avec ta fortune et avec les prémices de toutes tes récoltes.
alors tes celliers regorgeront d’abondance et tes pressoirs déborderont de vin.
Alors tes granges se rempliront de produits abondants et tes cuves déborderont de moût.
Ne rejette pas l’admonestation de l’Éternel, ne t’insurge pas contre sa réprimande ;
Ne dédaigne pas, ô mon fils, les leçons de Dieu, et ne sois pas lassé de ses avertissements,
car celui qu’il aime, l’Éternel le châtie, tel un père le fils qui lui est cher.
car Dieu avertit celui qu’il aime, agissant à son égard comme il plaît au père d’agir envers son fils.
Heureux l’homme qui a atteint la sagesse, le mortel qui met en œuvre la raison !
Heureux l’homme qui a trouvé la sagesse, et à qui la raison a été accordée10* !
10* Dans le premier membre du verset, il est question de la sagesse acquise par les recherches, dans le second de celle que Dieu a implantée, dans la nature de l’homme.
Car le trafic en vaut plus que celui de l’argent, et les fruits qu’elle donne l’emportent sur l’or fin.
car en faire le commerce vaut mieux que faire le commerce de l’argent, et le produit qu’on en tire vaut mieux que l’or fin.
Elle est plus précieuse que les perles, tes plus chers trésors ne la valent point.
Elle est plus précieuse que les pierreries, et rien de ce que tu désires ne la vaut.
Elle porte la longévité en sa droite, et en sa gauche la richesse et l’honneur.
La longévité est à sa droite, et à sa gauche la richesse et l’honneur.
Ses voies sont des voies pleines de délices, et tous ses sentiers aboutissent au bonheur.
Ses chemins sont les chemins de la félicité et ses sentiers (conduisent au) bonheur.
Elle est un arbre de vie pour ceux qui s’en rendent maîtres : s’y attacher, c’est s’assurer la félicité.
Elle est l’arbre de vie pour ceux qui la saisis sent, et ceux qui la soutiennent sont dans la bonne voie.
L’Éternel, par la sagesse, a fondé la terre ; par l’intelligence, il a affermi les cieux.
Dieu a fondé la terre avec sagesse et a disposé les cieux avec raison.
Par sa science, les abîmes s’entrouvrent, et les nuées ruissellent de rosée2.
2 Voir plus loin, chap.8, 22-31.
Par sa science, les masses d’eau ont jailli, et par elle les hauteurs (célestes) distillent la rosée.
Mon fils, ne les laisse pas s’éclipser à tes yeux, reste fidèle à la vérité, et à la réflexion.
Donc, ô mon fils, que cela11* ne s’écarte pas de tes yeux, garde la doctrine et la réflexion.
11* Dans le commentaire, Saadia paraît surtout penser à la sagesse, qui produit l’équilibre du monde.
Elles seront un gage de vie pour ton âme, un ornement gracieux pour ton cou.
Elles seront la vie pour ton âme, la grâce (d’une parure) pour ton cou.
Dès lors, tu suivras en sécurité ta route, et ton pied ne bronchera pas.
Alors, tu suivras ton chemin avec assurance, et ton pied ne se heurtera à rien.
Lorsque tu te livreras au repos, tu n’éprouveras aucune crainte, tu te coucheras et goûteras un doux sommeil.
Lorsque tu te coucheras, tu seras sans crainte, et lorsque tu dormiras, ton sommeil te sera doux.
Tu ne seras pas exposé à des terreurs soudaines ni au malheur qui fond sur le méchant.
Ne redoute pas la terreur soudaine, ni le tumulte des méchants, quand il s’avance,
Car l’Éternel sera l’objet de ton espoir ; il préservera ton pied des embûches.
car en Dieu sera ta confiance, il empêchera ton pied d’être pris (au piège).
Ne refuse pas un bienfait à ceux qui y ont droit, alors qu’il est en ton pouvoir de l’accorder.
Ne refuse pas le bienfait aux gens (qui le demandent)12* lorsque tu as les moyens de le faire.
12* C’est-à-dire qu’il ne faut pas trop s’enquérir s’ils méritent ou non la charité.
Ne dis pas à ton prochain : « Va, tu reviendras ; demain je donnerai », quand tu as de quoi.
Ne dis pas à ton prochain : « Va-t’en et reviens ; demain je te donnerai », alors que tu as de quoi.
Ne médite pas de mal contre ton prochain, tandis qu’il demeure sans défiance auprès de toi.
Ne prépare pas le mal contre ton prochain, surtout quand il demeure en sécurité avec toi.
Ne cherche pas de vaine querelle à l’homme qui ne t’a fait aucun mal.
Ne cherche pas à quelqu’un une querelle gratuite, surtout lorsqu’il ne t’a pas fait de mal.
Ne porte envie à aucun homme injuste et n’adopte aucun de ses procédés.
Ne sois point jaloux d’un homme injuste, et ne choisis aucune de ses voies,
Car l’Éternel a en horreur les gens tortueux, mais les justes jouissent de son intimité.
car Dieu a en horreur les pervers et (réserve) son secret aux hommes droits.
La malédiction de l’Éternel repose sur la maison du méchant, mais la demeure du juste est bénie.
Sa malédiction (pèse) sur les maisons des méchants, mais il bénit la demeure des justes.
Se trouve-t-il en présence de railleurs, il leur oppose la raillerie, mais il accorde sa bienveillance aux humbles.
Certes, il dévoile la moquerie des moqueurs, et donne aux humbles la grâce13*.
13* De manière qu’on reconnaisse la nature des uns et des autres.
L’honneur sera le lot des sages, mais les sots seront mis en vedette par leur honte.
Les sages ont l’honneur en partage ; quant aux sots, leur ignominie est grande.
Écoutez, enfants, la morale d’un père ; soyez attentifs, pour faire connaissance avec la raison !
enfants, écoutez la leçon des pères, et prêtez l’oreille, pour connaître la raison,
Car je vous donne d’utiles leçons : n’abandonnez pas mon enseignement.
car je vous ai donné un bon enseignement, à savoir ma loi ; ne l’abandonnez pas.
Lorsque j’étais, moi aussi, un enfant au regard de mon père, un fils tendrement et uniquement aimé par ma mère,
Car moi aussi, j’étais, comme vous, un fils pour mon père, (un enfant) délicat et unique pour ma mère.
il m’instruisait en me disant : « Que ton cœur s’attache à mes paroles ; garde mes préceptes et tu vivras ! »
(Mon père) m’a instruit et m’a dit : « Que ton cœur retienne mon discours ; garde mes préceptes et tu vivras.
Acquiers de la sagesse, acquiers de la raison ; n’oublie pas, ne délaisse pas les paroles de ma bouche.
Acquiers la sagesse et la raison. N’oublie pas, et ne dévie pas des paroles de ma bouche.
Ne l’abandonne pas, [la sagesse], et elle te gardera ; aime-la et elle te protégera.
Ne les abandonne pas, elles te garderont ; aime-les, elles te protégeront.
Le principe de la sagesse, c’est d’acquérir la sagesse ; au prix de tous tes biens, rends-toi possesseur de la raison.
Le commencement de la sagesse consiste à l’acquérir et tu arriveras à l’acheter pour toute ta fortune.
Exalte-la, et elle t’élèvera ; elle te vaudra de l’honneur, si tu t’attaches à elle.
Donne-toi entièrement à elle, et elle t’élèvera ; elle t’honorera si tu l’attaches à elle.
Elle posera sur ta tête un diadème de grâce, elle te ceindra d’une couronne de gloire.
Elle mettra sur ta tête un diadème de grâce, et elle t’abritera sous une couronne de gloire. »
Écoute, mon fils, accueille mes paroles, et nombreuses seront les années de ta vie.
Toi aussi, mon fils, écoule, accepte mes paroles, et les années de ta vie se multiplieront.
Je t’enseigne le chemin de la sagesse, je te dirige dans les sentiers de la droiture.
Car je t’ai guidé dans le chemin de la sagesse, et je t’ai fait marcher dans les sentiers de la droiture.
Aussi quand tu marcheras, ne te sentiras-tu pas à l’étroit, et si tu cours, ne buteras-tu point.
Que tu marches, tes pas ne seront pas embarrassés ; où que tu coures, tu ne trébucheras pas.
Tiens-toi fermement à la morale sans jamais faiblir, sois-lui fidèle, car elle est ta vie.
Attache-toi à la morale, ne t’en écarte pas ; garde la sagesse, car elle est ta vie.
N’entre pas dans la voie des impies ; ne foule pas le chemin des méchants.
N’entre pas dans la voie des scélérats, et ne te laisse pas diriger dans leur route.
Évite-le, ne t’y aventure pas ; détourne-toi et passe outre.
Repousse-la (de ta pensée), ne la franchis pas, évite-la et passe ;
Car ceux-là ne peuvent dormir qu’ils n’aient fait du mal ; le sommeil les fuit, s’ils n’ont causé quelque chute.
car ils ne s’endorment pas à moins d’avoir fait du mal, et leur sommeil s’enfuit s’ils n’ont fait trébucher (personne),
Il faut qu’ils mangent le pain de l’iniquité, qu’ils boivent le vin de l’injustice.
ayant mangé la nourriture de l’injustice et buvant le vin des violences.
Tandis que la voie des justes est comme la lumière du matin, dont l’éclat va croissant jusqu’en plein jour,
La voie des justes est comme la lumière de l’aurore, dont la clarté va en croissant jusqu’au plein jour ;
le chemin des pervers est sombre comme les ténèbres ; ils ne savent pas ce qui les fait trébucher.
et la roule des méchants est comme couverte de ténèbres, ils ne savent pas ce qui les fait trébucher.
Mon fils, sois, attentif à mes paroles, incline l’oreille à mes discours.
Mon fils, sois attentif à mon discours et prête l’oreille à mes paroles.
Qu’ils ne s’écartent pas de tes yeux, conserve-les au fond de ton cœur.
Qu’elles ne s’écartent pas de tes yeux, garde-les au fond de ton cœur ;
Car ils sont un gage de vie pour qui les accueille, un gage de santé pour tout le corps.
car elles sont la vie pour ceux qui les trouvent et (apportent) la guérison à tous leurs corps.
Plus que tout trésor garde ton cœur, car de là jaillissent des flots de vie.
Garde ton cœur de tout ce qui est défendu, car de là sortira la vie.
Écarte de ta bouche toute parole tortueuse, éloigne de tes lèvres tout langage pervers.
Éloigne de toi la dureté de paroles, et repousse loin de toi les écarts du langage.
Que tes yeux regardent bien en face, que tes paupières s’ouvrent droit devant toi.
Que tes yeux regardent bien en face, et que tes prunelles soient fixées droit devant loi.
Aplanis avec soin le sentier que foule ton pied, pour pouvoir cheminer en sûreté.
Règle le sentier que suivra ton pied, et tous tes chemins seront assurés.
Ne dévie ni à droite ni à gauche ; éloigne tes pas du mal.
N’incline ni à droite ni à gauche, et détourne ton pied du mal.
Mon fils, sois attentif à la sagesse que je prêche, incline l’oreille aux conseils de ma raison,
Mon fils, sois attentif à ma sagesse, prête l’oreille à ma raison.
afin d’observer une sage circonspection et de soumettre tes lèvres aux lois de la prudence.
Conserve la réflexion, et que ton langage garde la raison ;
C’est que les lèvres de l’étrangère distillent du miel, et son palais est plus onctueux que l’huile.
car les lèvres de l’étrangère distillent du miel, et son palais est plus doux que l’huile,
Mais à la fin [ce miel] devient amer comme l’absinthe, et [ce palais], acéré comme un glaive à double tranchant.
Mais le résultat (qu’elle amène)est amer comme la coloquinte et acéré comme une épée à deux tranchants.
Ses pieds descendent à la mort, ses pas aboutissent au Cheol.
Ses pieds descendent vers la mort, ses pas aboutissent au tombeau.
Elle n’a garde de fouler le chemin de la vie ; ses sentiers sont mouvants, tu ne t’en douterais pas.
Le chemin de la vie, elle ne le règle pas, et quand les sentiers (qu’elle suit) se confondent, elle ne s’en aperçoit pas.
Et maintenant, mes fils, écoutez-moi : ne vous écartez point des paroles de ma bouche.
Et maintenant, vous, enfants réunis, écoulez-moi, et ne vous écartez pas des paroles de ma bouche.
Éloigne tes pas de cette étrangère ; ne t’approche pas de l’entrée de sa maison.
Éloigne d’elle ton chemin, et ne t’approche pas de la porte de sa maison,
Sans cela tu livrerais à d’autres ton honneur, et les années de ta vie à un cruel ennemi.
afin que tu ne livres pas ton honneur à d’autres, et tes années aux gens cruels,
Des étrangers se gorgeraient du fruit de tes efforts, ton labeur enrichirait la maison d’un inconnu.
que les étrangers ne se rassasient pas de tes forces, et que tes gains ne passent pas dans la maison d’autrui,
Tu te lamenterais sur ta destinée, en voyant se consumer ta chair et ta vigueur corporelle.
que tu n’aies pas à te repentir lors de ta fin, quand ta chair et ton corps seront consumés,
Tu dirais alors : « Ah ! pourquoi ai-je pris en haine la morale, et mon cœur a-t-il repoussé toute remontrance ?
et que tu ne dises pas : « Hélas ! comment ai-je pu haïr l’instruction, et comment mon cœur a-t-il pu rejeter l’avertissement ?
Que n’ai-je écouté la voix de mes guides et prêté l’oreille à mes maîtres ?
Que n’ai-je écouté la voix de mes guides, et prêté l’oreille aux (paroles de) mes maîtres.
Peu s’en est fallu que je ne devinsse la proie de tous les maux, au milieu de l’assemblée, au sein de la société ! »
Pour peu j’aurais été dans le pire état, au milieu de la communauté et de l’assemblée14*. »
14* Dans son commentaire, Saadia explique le verset en disant que l’impie, dans sa passion, considère le déshonneur et la mauvaise réputation comme peu de chose.
Bois [donc] l’eau de ta citerne et l’onde qui coule de ta fontaine.
Bois l’eau à ton puits, et les ondées à ta citerne.
Tes sources doivent-elles se répandre au dehors, tes cours d’eau arroser les places publiques ?
Alors, tes fontaines se répandront au dehors, et il y aura dans la rue des ruisseaux,
Réserve-les à toi seul ; que les étrangers ne les partagent pas avec toi !
qui t’appartiendront à toi seul, et non pas en même temps à des étrangers.
Qu’ainsi soit bénie ta source, et puisses-tu trouver la joie dans la femme de ta jeunesse !
Ta source sera bénie, et réjouis-toi avec la femme de ta jeunesse.
Biche d’amour, gazelle pleine de grâce, que ses charmes t’enivrent en tout temps, et que son amour t’enthousiasme sans cesse !
Biche aimable, gracieuse gazelle, ses mamelles te désaltéreront en tout temps et tu te délecteras toujours de son amour.
Pourquoi, mon fils, t’éprendre d’une étrangère et prodiguer tes caresses à une autre compagne ?
Ne te délecte pas, mon fils, avec l’étrangère, et n’embrasse pas le sein de la femme d’autrui.
Car l’Éternel a les yeux fixés sur les voies de l’homme, il observe la trace de tous ses pas.
Certes les voies de l’homme sont sous les veux de Dieu, et il règle tous ses sentiers.
L’impie est pris dans ses péchés comme dans un lacet, il s’embarrasse dans les entraves de son crime.
Les fautes du criminel l’enlacent, et il est maintenu solidement dans les liens de son péché.
Il meurt faute de loi morale, égaré par l’excès de sa folie.
Il meurt sans être corrigé et tombe dans l’erreur par excès de sottise.
Mon fils, si tu t’es porté garant pour ton prochain, si tu as engagé ta parole pour un étranger,
Mon fils, que tu aies donné ta garantie pour ton prochain, ou que tu te sois engagé envers l’étranger en mettant ta main dans la sienne15*,
15* Saadia entend par prochain l’Israélite et par étranger le non-Israélite.
tu es pris au piège de tes promesses ; tu es devenu le prisonnier de ta parole.
tu es pris au piège par les paroles de ta bouche, et tu es enlacé par elles.
Fais donc ceci, mon fils, pour recouvrer ta liberté, puisque tu es tombé au pouvoir d’autrui : va, insiste avec énergie et livre un assaut à ton prochain3.
3 Exige du débiteur qu’il s’acquitte de sa dette.
Use donc d’un moyen, mou fils, pour échapper, puisque tu es tombé entre les mains de ton prochain. Va, humilie-toi et supplie-le.
N’accorde pas de sommeil à tes yeux ni de repos à tes paupières.
Ne donne pas de sommeil à tes yeux ni d’assoupissement à tes prunelles,
Dégage-toi, comme le cerf de la main [du chasseur], comme le passereau de la main de l’oiseleur.
sauve-toi, comme le cerf (échappe) à la main et le passereau au piège.
Va trouver la fourmi, paresseux, observe ses façons d’agir et deviens sage :
Va auprès de la fourmi, ô paresseux, regarde ses allures, et deviens sage,
elle n’a ni maître, ni surveillant, ni supérieur ;
elle qui n’a ni chef, ni préposé, ni gouverneur,
et elle prépare sa nourriture durant l’été, elle amasse ses provisions au temps de la moisson !
et elle prépare en été sa nourriture, et a déjà amassé, lors de la moisson, ses aliments.
Jusqu’à quand, paresseux, resteras-tu couché ? Quand sortiras-tu de ton sommeil ?
Jusqu’à quand, ô paresseux, resteras-tu couché ? Quand te réveilleras-tu de ton sommeil ?
« Ah ! dormir encore un peu, rester un peu assoupi, entrelacer un peu les mains pour reposer ! »
Encore un peu dormir, sommeiller, croiser les bras pour rester couché,
Cependant, la pauvreté s’introduit chez toi comme un rôdeur, et la misère comme un guerrier armé.
et ta pauvreté viendra comme un voyageur, et ton dénuement comme un homme armé d’un bouclier.
Un personnage ignoble, un homme inique, c’est celui qui a recours au langage tortueux,
L’homme pervers a de mauvais desseins, il va en se prononçant difficilement ;
qui cligne des yeux, frappe des pieds, fait des signes avec ses doigts,
il cligne des yeux, il remue les pieds, il fait signe des doigts ;
et, le cœur plein d’artifices, passe son temps à méditer le mal, à déchaîner la discorde.
il a l’intention de revenir (sur sa parole), il se propose de nuire en tout temps, et il fait naître les querelles.
Aussi le malheur fond-il soudain sur lui ; d’un coup, il est brisé et sans retour.
Aussi, le malheur l’atteindra à l’improviste, il sera brisé subitement, sans guérison possible.
Il est six choses que l’Éternel déteste et sept qu’il a en horreur :
Il y a six choses que Dieu hait, et une septième16* qu’il abhorre :
16* La septième, c’est la langue mensongère qui amène tous les autres vices.
les yeux hautains, la langue mensongère, les mains qui répandent le sang innocent ;
des yeux hautains, une langue mensongère, des mains qui versent le sang innocent,
le cœur qui ourdit des desseins pervers, les pieds impatients de courir au mal,
un cœur qui médite des projets iniques, des pieds qui se hâtent de courir au mal ;
le faux témoin qui exhale le mensonge, enfin l’homme qui déchaîne la discorde entre frères.
débiter des mensonges, ce qui est porter un faux témoignage et faire naître les querelles entre les amis.
Mon fils, sois fidèle aux recommandations de ton père, ne délaisse pas l’enseignement de ta mère.
Garde, mon fils, les préceptes de ton père et de ta mère, ainsi que leurs enseignements, et ne les abandonne pas.
Porte-les constamment attachés à ton cœur, noués à ton cou.
Attache-les toujours sur ton cœur, et qu’ils soient l’ornement de ton cou ;
Qu’ils te guident dans tes marches, veillent sur ton repos et te soient un sujet d’entretien à ton réveil.
car ils te guideront quand tu t’en iras, ils te protégeront dans ton sommeil, et à ton réveil ils s’entretiendront avec toi,
Car le devoir est un flambeau, la doctrine une lumière, les dictées de la morale un gage de vie.
parce que le précepte est un flambeau et la Loi une lumière ; et le chemin qui mène à la vie, ce sont les avertissements de la morale.
C’est ainsi que tu seras protégé contre la femme vicieuse, contre la langue mielleuse de l’étrangère.
Ils te garderont d’une femme mauvaise17* et de la langue doucereuse de l’étrangère.
17* Qui néglige les devoirs que la religion lui impose.
Ne convoite pas sa beauté en ton cœur, ne te laisse pas prendre à la séduction de ses paupières.
Ne convoite pas sa beauté dans ton cœur, et ne te laisse pas prendre à (l’éclat de) ses prunelles,
Car pour une courtisane on peut être réduit à une miche de pain ; une femme adultère prend dans ses filets un gibier de prix.
car l’homme débauché s’imagine qu’il obtient la femme adultère en lui fournissant une miche de pain, tandis qu’elle fait la chasse à l’âme précieuse.
Peut-on attiser du feu dans son sein, sans que les vêtements soient consumés ?
L’homme peut-il prendre du feu dans son giron, sans que ses vêtements se consument ?
Peut-on marcher sur des charbons ardents, sans se brûler les pieds jusqu’au vif ?
Ou marchera-t-il sur des charbons sans qu’il se brûle les pieds ?
Il en est ainsi de celui qui approche de la femme de son prochain ; il ne restera pas indemne, celui qui la touche.
De même celui qui a commerce avec la femme de son prochain ; quiconque s’approche d’elle ne reste pas impuni18*.
18* Le second ne fait que convoiter la femme ; le premier se brûle le corps, le second seulement ses vêtements.
On ne méprise pas le voleur qui commet un larcin pour assouvir sa faim.
Qu’on ne méprise pas le voleur quand il vole, car peut-être ne le fait-il que pour assouvir sa faim,
Mais s’il est pris, il devra payer au septuple, donner tous les biens de sa maison.
et s’il est pris, il paiera une forte amende, ou bien il donnera tout son avoir pour s’acquitter,
Commettre un adultère c’est être insensé qui veut se perdre agit ainsi.
(qu’on ne le méprise pas) au même point qu’on méprise celui qui commet un (adultère), étant dépourvu d’intelligence. Qui veut se perdre, agit ainsi ;
Il ne recueillera que souffrances et déshonneur ; sa honte sera ineffaçable.
il trouvera le malheur et l’ignominie, et son opprobre ne s’effacera pas.
Car la jalousie exaspère la fureur du mari : il sera sans pitié au jour de la vengeance.
Le châtiment (qui lui est infligé par Dieu) sera comme la colère du mari ; (Dieu) n’aura pas pitié au jour de la punition.
Il ne se laissera apaiser par aucune rançon ; il se montrera inexorable, dusses-tu prodiguer les présents.
Il n’acceptera comme réparation aucune rançon ; il ne voudra d’aucun cadeau, si grand qu’il soit.
Mon fils, retiens mes paroles et pénètre-toi de mes recommandations ;
Mon fils, garde mes paroles, et conserve précieusement chez toi mes préceptes.
garde mes préceptes pour que tu vives, et mon enseignement, comme la prunelle de tes yeux.
Retiens-les et tu vivras par eux, et (garde) ma loi comme la pupille de tes yeux.
Attache-les à tes doigts, inscris-les sur les tablettes de ton cœur.
Attache-les à tes doigts, et inscris-les sur les tablettes de ton cœur.
Dis à la sagesse : « Tu es ma sœur, » et appelle la raison « Mon amie ! »
Dis à la sagesse : Tu es ma sœur, et appelle la raison ma connaissance.
Ainsi tu seras mis en garde contre la femme d’autrui, contre l’étrangère au parler doucereux.
Elles te mettront en garde contre la femme étrangère, contre la femme d’autrui aux paroles doucereuses.
Aussi bien, il m’arriva de regarder par la fenêtre de ma chambre, à travers mon treillis.
Car, pendant que je regardais par une fenêtre de ma demeure et que j’observais à travers la lucarne,
J’observai les jeunes étourdis, je distinguai, parmi eux, un adolescent dépourvu d’intelligence.
je vis parmi les étourdis, et je distinguai parmi les jeunes gens un adolescent manquant d’intelligence.
Il passait dans la rue, près du logis de cette femme, et dirigeait ses pas vers sa maison.
Il passait sur la place près du coin (où se tenait une femme), et s’avançait dans la direction de sa maison,
C’était à l’heure du crépuscule, quand le soir tombait et que la nuit se faisait sombre et obscure.
dans le crépuscule, au déclin du jour, alors que la nuit et les ténèbres s’épaississaient.
Or, voici qu’une femme l’aborde, à la mise de courtisane et au cœur artificieux.
Voici que la femme (vient) à sa rencontre, mise comme une courtisane qui veut ravir les cœurs.
Bruyante et désordonnée, ses pieds ne tiennent pas en place à la maison ;
Elle est bruyante et turbulente ; ses pieds ne reposent point dans sa demeure.
tantôt dans la rue, tantôt sur les places, à chaque coin elle se met aux aguets.
Tantôt sur la place, tantôt dans les rues, elle s’embusque à chaque coin.
Cette femme s’empare de lui, le couvre de baisers et, prenant un air effronté, lui dit :
Elle le saisit et l’embrasse, avec un visage effronté elle lui dit :
« J’avais à faire un sacrifice de reconnaissance, et aujourd’hui même je me suis acquittée de mes vœux.
« Je dois à Dieu des sacrifices rémunératoires, aujourd’hui je vais accomplir mes vœux,
C’est pourquoi je suis sortie à ta rencontre, voulant me trouver face à face avec toi, et te voilà !
parce que, étant sortie à ta rencontre et ayant cherché ta face, je t’ai trouvé.
J’ai paré ma couche de riches broderies, de draps en lin d’Égypte.
J’ai garni mon lit de tapis et de coussins rembourrés à l’égyptienne.
J’ai parfumé mon lit de repos de myrrhe, d’aloès et de cinnamone.
J’ai embaumé ma couche de musc, d’ambre et de bois odoriférant.
Viens donc, enivrons-nous d’amour jusqu’au matin, épuisons les délices des caresses.
Allons, enivrons-nous de caresses toute la nuit jusqu’au matin, et jouissons de l’amour,
Mon mari n’est pas à la maison, il est parti pour un voyage lointain.
car mon mari n’est pas dans la maison, il est allé en voyage au loin ;
Il a emporté sa sacoche avec lui et ne rentrera qu’au jour convenu. »
il a pris sa bourse avec lui, et il ne reviendra pas jusqu’au jour des sacrifices. »
Elle l’ébranle par ce flux de paroles, et achève sa défaite par sa faconde insinuante.
Elle l’entraîne par sa causerie prolongée, elle le séduit par la douceur de sa parole.
Soudain il la suit, comme le bœuf va à l’abattoir, comme un fou qu’on entraîne pour le châtier4,
4 La fin de ce verset est obscur.
Je le vis partir derrière elle étourdiment, comme un bœuf qui se laisse conduire à l’abattoir, et comme un débauché (qui est entraîné) vers l’enseignement des sots19*,
19* C’est-à-dire le maniement des armes et le tir des flèches dans l’arène.
comme le passereau se lance dans le piège, jusqu’à ce qu’une flèche lui perce le foie : il ne se doute pas qu’il y va de sa vie.
jusqu’à ce qu’une flèche lui perce le foie, semblable à l’oiseau qui se précipite vers le filet ; il ne sait pas qu’il y va de sa vie.
Et maintenant, mes fils, écoutez-moi, soyez attentifs aux paroles de ma bouche.
Et maintenant, vous, enfants réunis, écoutez-moi et obéissez ; soyez attentifs aux paroles de ma bouche.
Que votre5 cœur ne se détourne pas vers les voies d’une telle femme, ne vous égarez pas dans ses sentiers ;
5 Texte : « ton cœur ».
Que votre cœur ne se détourne pas vers les chemins (de cette femme), et ne vous égarez pas dans ses sentiers,
car nombreuses sont les victimes dont elle a causé la chute, et ceux qu’elle a fait périr sont foule.
car c’est elle qui a fait tomber beaucoup de ceux qui sont terrassés, et ses victimes sont considérables.
Sa maison est comme les avenues du Cheol, qui aboutissent aux demeures souterraines de la mort.
(Aller dans) sa maison, c’est (prendre) les chemins du tombeau qui font descendre aux chambres de la mort.
Voici la sagesse qui appelle, la raison qui élève la voix.
La sagesse n’appelle-t-elle pas et la raison même n’élève-t-elle pas la voix ?
Sur la cime des hauteurs qui bordent la route, au croisement des chemins, elle s’est postée.
Elle est debout sur les cimes des hauteurs, sur les routes et dans les sentiers qui y conduisent ;
Dans le voisinage des portes qui conduisent dans la cité, à l’entrée des avenues, elle fait retentir ses apostrophes :
à l’emplacement des portes, sur les toits, et aux entrées des maisons, elle s’exclame.
« Mortels, c’est vous que j’appelle ; fils de l’homme, c’est à vous que s’adresse ma voix.
Elle dit : Je vous appelle, vous, hommes réunis, et j’élève ma voix vers tous les fils d’Adam.
Niais, sachez le prix de la réflexion ; sots, sachez le prix de l’intelligence.
insouciants, comprenez l’ardeur ; et vous, sots, faites entrer la raison dans vos cœurs.
Écoutez, car j’énonce de nobles vérités, et mes lèvres s’ouvrent pour des leçons de droiture.
Ecoutez, car je parle avec discernement, et mon discours débute par la droiture.
Oui, ma bouche ne profère que vérité, et mes lèvres ont horreur de l’impiété.
Ma langue professe la vérité, et mes lèvres répugnent à l’injustice.
Elles sont empreintes de droiture, toutes les paroles de ma bouche ; en elles, rien d’équivoque ni de louche.
Toutes les paroles de ma bouche sont sincères ; il ne s’y trouve rien de tortueux ni de pénible.
Toutes sont loyales au gré de l’homme intelligent, et probes pour qui possède le savoir.
Elles sont toutes justes pour l’homme intelligent, et faciles pour ceux qui ont trouvé la science.
Attachez à ma morale plus de prix qu’à l’argent, à la vraie connaissance plus qu’à l’or de choix.
Acceptez ma morale, et non l’argent ; la science est meilleure que l’or,
C’est que la sagesse est plus précieuse que les perles : tous les biens réunis ne la valent point.
la sagesse est préférable aux pierres précieuses, et toutes les choses désirables ne la valent pas.
Je suis la sagesse, en pleine possession de la réflexion ; j’atteins la science des habiles conceptions.
Moi, la sagesse, en demeurant avec la finesse et la science, je trouve les réflexions20*.
20* Saadia paraît avoir négligé les accents et avoir joint daʿat et mezimmâh. Il n’est pas impossible, cependant, qu’il faille traduire : Moi, la sagesse, je demeure avec la finesse, et (moi), la science, je trouve les réflexions.
Craindre l’Éternel, c’est haïr le mal ; l’orgueil et l’arrogance, le chemin du malfaiteur, la bouche perverse, voilà ce que je déteste.
Puisque la crainte de Dieu consiste à haïr le mal, moquerie, orgueil, mauvaise conduite et parole versatile, tout cela je le hais.
À moi les conseils, gage de succès ; je suis l’intelligence, et la force est mon attribut.
À moi appartiennent le conseil et la doctrine ; je suis la raison, j’ai la puissance.
Par moi règnent les rois, et les princes fondent des lois de justice.
Par moi règnent les rois, et les ministres décrètent la justice.
Par moi gouvernent les grands et les nobles, tous ceux qui rendent la justice sur terre6.
6 כל שפטי ארץ D’après une autre leçon : כל שפטי צדק « Tous ceux qui rendent une justice équitable. »
Par moi gouvernent les princes, les nobles et tous les juges de la terre.
J’aime qui m’aime, et qui me cherche me trouve.
Moi, j’aime ceux qui m’aiment, et ceux qui me cherchent, me trouvent.
Avec moi sont richesse et honneur, fortune durable et juste récompense.
La richesse et l’honneur sont avec moi, ainsi qu’une fortune solide (acquise) honnêtement.
Mon fruit est meilleur que l’or et les métaux précieux, et mon produit — que l’argent de choix.
Mon fruit est meilleur que l’or et le métal précieux, et mon produit est préférable à l’argent.
Je suis avec persévérance la voie de la justice, les sentiers de l’équité,
Je fais marcher dans des chemins de vertu, et au milieu des sentiers du droit,
en donnant à ceux qui m’aiment des biens en partage, en remplissant leurs trésors.
pour mettre ceux qui m’aiment en possession de tout ce qui existe21*, et remplir leurs trésors.
21* Littéralement : l’être, opposé au néant.
L’Éternel me créa au début de son action, antérieurement à ses œuvres, dès l’origine des choses.
Dieu m’a produite comme début de sa création et comme sa première œuvre au commencement du temps.
Dès les temps antiques, je fus formée, tout au commencement, bien avant la naissance de la terre.
Dès l’origine du monde, j’ai été élue, à l’époque la plus reculée de la terre.
Il n’y avait pas encore d’océan quand je naquis, ni de sources chargées d’eaux.
Il a commencé par moi, alors qu’il n’y avait ni océans, ni sources pas plus qu’abondance d’eau,
Avant les montagnes plongeant dans les profondeurs, avant les coteaux, je fus douée de vie,
avant que les montagnes ne fussent fixées, et avant les collines j’ai été créée,
avant que Dieu eût fait la terre et ses vastes espaces, la masse des glèbes du sol.
alors qu’il n’avait pas encore fait la terre avec ses grandes places ni la première moite du monde.
Quand il affermit les cieux, j’étais là, et quand il traça un cercle autour de la surface de l’abîme ;
À l’époque où il disposait les cieux, j’étais là. Et lorsqu’il dessina un voile sur la surface de l’océan,
quand il consolida les nuées dans les régions supérieures, quand jaillirent avec force les sources souterraines ;
lorsqu’il consolida le firmament, en haut, et qu’il fortifia les sources de l’océan,
quand il imposa à la mer ses limites, empêchant les eaux d’enfreindre son ordre, et qu’il fixa les fondements de la terre.
lorsqu’il traça à la mer sa limite, pour que les eaux ne pussent transgresser son ordre, lorsqu’il marqua les fondations de la terre,
Alors j’étais à ses côtés, habile ouvrière, dans un enchantement perpétuel, goûtant en sa présence des joies sans fin,
j’étais tout à ses yeux, j’étais les délices de chaque jour ; je me réjouissais devant lui à tout moment.
m’égayant sur son globe terrestre et faisant mes délices des fils de l’homme.
Cette joie était pour les habitants d’ici-bas, sur sa terre, et mes délices pour les fils d’Adam22*.
22* La sagesse ajoute que la joie n’est pas pour elle-même, mais pour ceux qui la possèdent.
Et maintenant, mes fils, écoutez-moi : heureux ceux qui suivent fidèlement mes voies !
Maintenant donc, vous, enfants réunis, écoutez-moi ; heureux ceux qui gardent mes voies.
Écoutez la loi morale pour devenir sages, et ne la traitez pas avec mépris.
Écoutez la morale pour devenir sages, et ne la repoussez pas.
Heureux l’homme qui m’obéit, en accourant à mes portes jour par jour et en observant les piliers sur lesquels s’ouvre ma demeure !
Heureux l’homme qui m’écoute, qui s’attache à mes battants de porte tous les jours, et qui garde les poteaux de mes entrées.
Car celui qui m’a trouvée a trouvé la vie et conquis la bienveillance de l’Éternel. »
Car celui qui me trouve trouve la vie et obtient la bienveillance de Dieu,
Mais qui me manque se perd lui-même : me haïr, c’est aimer la mort !
et celui qui pèche envers moi se fait du tort à lui-même, et ceux qui me haïssent aiment la mort.
La Sagesse s’est bâti une maison, elle en a sculpté les sept colonnes.
La sagesse a bâti sa maison, et elle a taillé ses colonnes en grand nombre.
Elle a tué des animaux pour son festin, mélangé son vin et dressé sa table.
Elle a préparé ses viandes et mélangé son vin ; elle a aussi dressé sa table.
Elle a mis en campagne ses servantes ; elle lance ses invitations du haut des éminences de la cité :
Puis elle envoie ses servantes, elle appelle sur le sommet des toits les plus élevés.
« Quiconque a l’esprit faible vienne de ce côté ! » À celui qui est dépourvu d’intelligence, elle adresse la parole :
Elle dit : Que celui qui est négligent se détourne (pour venir) ici ; et à celui qui manque d’intelligence je dirai :
« Venez, mangez de mon pain et buvez du vin que j’ai mélangé.
« Venez, mangez de ma nourriture et buvez du vin que j’ai mélangé.
Laissez-là la sottise et vous vivrez ; dirigez vos pas dans la voie de la raison ! »
Abandonnez l’insouciance et vivez, et laissez-vous guider dans le chemin de la raison. »
Morigéner le moqueur, c’est s’attirer des avanies, réprimander le méchant, c’est se marquer d’une tare.
Combien font la morale à un moqueur, qui s’attirent à eux-mêmes la honte, et combien réprimandent un méchant, qui en reçoivent une tache23*.
23* Par les insultes et les affronts qu’ils reçoivent du méchant.
Ne morigène pas le railleur, car il te haïrait ; fais des remontrances au sage, et il t’en aimera davantage.
Ne reprends pas le moqueur de façon qu’il te haïsse, mais reprends le sage, car il t’aimera,
Donne [une leçon] au sage, et il deviendra plus sage ; instruis l’homme de bien, et il enrichira son savoir.
Donne au sage ce qui le rendra encore plus sage, et enseigne à l’homme de bien ce qui le rendra encore plus instruit24*.
Le commencement de la sagesse, c’est la crainte du Seigneur, et la connaissance du Très-Saint, c’est là la saine raison.
[=13] La sottise est comme une femme turbulente et insouciante, qui ne sait quoi que ce soit.
Certes, c’est grâce à moi que se multiplieront tes jours et que te seront dispensées de longues années de vie.
[=14] Elle est assise près de la porte de sa maison, sur un siège, au plus haut du toit ;
Si tu deviens sage, c’est pour ton bien ; si tu deviens un persifleur, toi seul en porteras la peine.
[=15] elle appelle les passants, dont les voies étaient droites.
Commère, la folie est bruyante, légère, inconsciente.
[=16] Elle dit : Que celui qui est insouciant se détourne vers moi, et à celui qui manque d’intelligence je dirai :
Elle s’assied à l’entrée de sa maison, trône sur les hauteurs de la cité,
[=17] « Que l’eau dérobée est douce ! et que les mets pris en cachette sont agréables ! »
pour appeler les passants, qui vont droit leur chemin :
[=18] Et lui ne sait pas que là-bas sont les morts, et que ses invités sont dans les profondeurs de la géhenne.
« Quiconque a l’esprit faible vienne de ce côté ! » À celui qui est dépourvu d’Intelligence elle adresse la parole :
[=10] Ce que la sagesse ordonne en premier, c’est la crainte de Dieu, et le résultat immédiat qu’amène la raison, c’est la connaissance du Saint.
« Suave est l’eau volée, délicieux le pain dérobé ! »
[=11] Elle dit : Par moi se multiplieront tes jours, et s’augmenteront les années de la vie.
Il ne sait pas, lui, que là est le séjour des ombres, que les convives de cette femme sont déjà dans les profondeurs du Cheol7 !
[=12] Si tu deviens sage, c’est pour toi-même, et si tu deviens moqueur, tu en supporteras la peine.
Proverbes de Salomon. Un fils sage fait la joie de son père, et un fils sot le tourment de sa mère.
Proverbes de Salomon : Le fils sage réjouit son père, et le fils sot fait le chagrin de sa mère.
Les trésors de l’iniquité ne profitent pas, tandis que la vertu sauve de la mort.
Les trésors (acquis) par la violence ne profitent pas ; mais la justice sauve de la mort.
L’Éternel ne laisse pas l’âme du juste souffrir de la faim, mais il refoule l’avidité des méchants.
Dieu ne laisse pas le juste souffrir de la faim, et il écarte de lui le malheur qui atteint les méchants.
Travailler d’une main indolente, c’est s’appauvrir ; un bras laborieux enrichit.
La pauvreté est la suite de la main qui se lasse, et la main des hommes actifs enrichit.
Amasser des provisions en été est d’un homme intelligent ; somnoler pendant la moisson, c’est se couvrir de honte.
Le fils intelligent amasse pendant l’été, et le fils qui agit mal dort profondément au moment de la moisson.
Les bénédictions abondent sur la tête du juste ; la bouche des méchants recèle la violence.
Les bénédictions descendent sur la tête du juste, et l’injustice couvre la face des méchants25*.
25* C’est-à-dire que tout le monde les maudit.
La mémoire du juste est une bénédiction ; le nom des méchants tombe en pourriture.
De même, le souvenir du juste est une bénédiction et le nom des méchants s’efface.
Un esprit sage accueille des injonctions ; un sot bavard se crée des embarras.
L’homme à l’esprit sensé accueille les préceptes, et celui qui raisonne sottement s’embarrasse.
Qui marche dans la droiture marche avec sécurité ; qui suit des voies tortueuses sera démasqué.
Celui qui marche dans l’intégrité marche avec assurance, et celui qui prend les chemins ardus est reconnu pour tel26*.
26* Commentaire : L’homme déloyal n’est pas cru ; ou bien : Ses ruses finissent par être démasquées ; ou bien : Son attitude craintive le trahit.
Cligner de l’œil, c’est causer du déplaisir ; un sot bavard se crée des embarras.
Celui qui cligne de l’œil cause de la peine, et celui qui parle sottement s’embarrasse également27*.
27* Le sens paraît être : Celui qui fait des signes secrets cause de la peine aux hommes intelligents et met les sots dans l’embarras.
La bouche du juste est une source de vie ; la bouche des méchants recèle la violence.
Le parole du juste est une source de vie, et la parole des méchants est étouffée par leur injustice28*.
28* Ils ont peur de parler, ou bien on ne les écoute pas.
La haine suscite des querelles ; l’amour couvre toutes les fautes.
La haine excite les querelles, et l’amour couvre toutes les fautes.
Sur les lèvres de l’homme intelligent se trouve la sagesse ; le bâton est pour le dos des gens bornés.
Dans le langage de l’homme raisonnable on trouve la sagesse, et la verge est pour le dos de l’homme inintelligent.
Les sages ont la pudeur de leur science ; la bouche de l’insensé est un danger toujours menaçant.
Les sages thésaurisent la science, et la parole du sot est bientôt ruinée,
La fortune du riche est pour lui une place forte ; un sujet de crainte pour les pauvres, c’est leur misère.
de même que la fortune du riche est sa place forte, et les haillons des pauvres sont leur ruine.
La récompense du juste, c’est la vie ; le revenu du méchant c’est l’expiation.
Le salaire du juste est la vie, et ce que récolte le scélérat est une rétribution des péchés.
Tenir compte des réprimandes, c’est suivre le chemin de la vie ; fuir les remontrances, c’est s’égarer.
C’est le chemin de la vie que de garder la morale, et celui qui néglige l’avertissement égare29*.
29* Soi-même et les autres.
Dissimuler la haine est le fait de lèvres mensongères ; qui débite des calomnies est un sot.
Celui qui cache sa haine a un langage faux, et celui qui répand des médisances est un sot.
Qui parle beaucoup ne saurait éviter le péché ; mettre un frein à ses lèvres, c’est faire preuve d’intelligence.
Avec l’abondance de paroles la faute ne manque pas, et celui qui en retient ses lèvres est intelligent.
La langue du juste est de l’argent de bon aloi ; le cœur des méchants ne vaut pas cher.
La langue du juste est comme de l’argent pur, et le cœur des méchants est faible30*.
30* Litt. : petit. Le sens est que le méchant n’a pas de confiance en lui-même.
Le juste nourrit la foule de sa parole ; les insensés meurent par leur manque d’intelligence.
Le langage du juste dirige bien des gens, et les sots, par leur manque d’intelligence, les tuent.
C’est la bénédiction de l’Éternel qui enrichit, et nos efforts n’y ajoutent rien.
Seule la bénédiction de Dieu enrichit, et la peine qu’on se donne n’ajoute rien.
Commettre une infamie est un jeu pour le sot ; de même se comporter avec sagesse pour l’homme avisé.
Commettre une abomination est pour le sot comme un jeu ; la sagesse appartient à l’homme raisonnable.
Ce que redoute le méchant lui survient ; ce que souhaite le juste, on le lui accorde.
Ce que redoute le méchant lui arrive, et ce que les justes désirent, Dieu le leur accorde.
Une bourrasque a passé, et le méchant n’est plus ; mais le juste est fondé pour l’éternité.
Comme passe un ouragan le méchant disparaît, et le juste est le fondement du monde.
Ce que le vinaigre est pour les dents, la fumée pour les yeux, le paresseux l’est pour ceux qui l’envoient.
Comme est le vinaigre pour les dents, et la fumée pour les yeux, tel est le paresseux pour ceux qui lui donnent une mission.
La crainte de l’Éternel prolonge les jours, mais les années des méchants sont courtes.
La crainte de Dieu prolonge les jours, et les années des méchants sont abrégées.
L’attente des justes — cause de joie ; l’attente des méchants — cause de déception.
L’attente des justes (aboutit) à la joie, et l’espérance des méchants est anéantie.
La voie de l’Éternel est une sauvegarde pour l’innocence et une menace pour les artisans d’iniquité.
La voie de Dieu est une force pour les hommes intègres, et un écrasement pour les artisans d’iniquité31*.
31* Parce que les premiers obéissent aux ordres de Dieu, taudis que les seconds font juste le contraire.
Le juste ne chancelle jamais, tandis que les méchants sont instables sur la terre.
Le juste ne trébuchera jamais, et les méchants ne demeureront pas dans le monde32*.
32* Ni dans ce monde-ci, ni dans le monde futur.
La bouche du juste est féconde en sagesse ; la langue perverse sera extirpée.
La bouche du juste produit la sagesse, et la langue versatile sera retranchée.
Les lèvres des justes sont coutumières de bienveillance ; la bouche des méchants ne connaît que fausseté.
Les lèvres des justes sont habituées à la bienveillance et la bouche des méchants est habituée à la versatilité.
Des balances fausses sont en horreur à l’Éternel ; des poids justes, voilà ce qu’il aime.
Les balances de la fraude sont abhorrées par Dieu, et les poids justes lui plaisent.
Vienne l’orgueil, le déshonneur le suit ; la sagesse est avec les humbles.
Quand vient l’insolence, vient la honte, et la sagesse accompagne les humbles.
L’intégrité des justes est leur guide ; la perversion des gens sans foi est leur ruine.
L’intégrité des hommes droits les guide, et la fausseté des perfides les dépouille.
La fortune ne sert de rien au jour de la colère ; mais la vertu sauve de la mort.
La fortune ne profite pas au jour de la résurrection, et la charité sauve de la mort33*.
33* Commentaire : De la mort dans ce monde et de la punition dans le monde futur.
La vertu de l’homme intègre aplanit sa voie ; l’impie tombe par son impiété.
La vertu de l’homme intègre aplanit sa route, et le méchant tombe par sa méchanceté.
La vertu des gens de bien est leur sauvegarde, mais les gens sans foi sont pris au piège de leur malice.
La vertu des hommes droits les sauve, et les méchants sont pris dans les malheurs qu’ils causent.
La mort met fin à l’espoir du méchant et anéantit l’attente des violents.
Une fois que le scélérat meurt, il n’y a plus rien à espérer (de lui), de même que l’espoir des gens d’iniquité périt34*.
34* D’une part, la mort empêche le méchant de revenir au bien et de l’autre, elle détruit les espérances qu’il mettait dans les jouissances de ce monde.
Le juste échappe à la détresse, et le méchant prend sa place.
L’homme vertueux échappe à la détresse et le scélérat y prend sa place.
L’impie ruine son prochain avec sa bouche, mais les justes sont préservés par leur expérience.
L’homme vulgaire35* fait périr son prochain par sa parole, et par la science les justes sont sauvés.
35* Litt. : profane, impur. Le sens est : Les gens sans religion se pervertissent mutuellement, tandis que les justes enseignent la vérité les uns aux autres.
Que les justes soient heureux, la cité est en joie ; que les méchants périssent, ce sont des transports.
Lorsque les gens de bien sont heureux, les habitants du pays doivent se réjouir, et lorsque les méchants périssent, il convient qu’ils manifestent leur allégresse.
La bénédiction des bons fait la grandeur de la ville ; la bouche des méchants en cause la chute.
Par la bénédiction des hommes droits le toit s’élève, et par la parole des injustes il est démoli.
Rabaisser son prochain, c’est manquer de sens ; l’homme avisé se tait.
Celui qui insulte son prochain manque d’intelligence, et l’homme raisonnable ne lui répond pas.
Celui qui colporte des commérages divulgue les secrets ; l’homme loyal sait les tenir cachés.
Celui qui dévoile le secret est comme celui qui s’en va médire, et celui qui le cache a un caractère sur.
Faute de direction, un peuple tombe ; son salut réside dans la multitude de ses conseillers.
Faute d’habileté, le peuple tombe, et le salut provient de longues délibérations36*
36* Litt. : du grand nombre de conseils.
Qui garantit pour un étranger s’en trouvera fort mal ; qui hait les engagements ne court pas de risque.
Il arrive du mal à celui qui garantit pour un étranger37*, et celui qui déteste ceux qui s’engagent est en sûreté.
37* De la part de l’adversaire ; ou bien : Celui qui garantit est écrasé (par le juge).
La femme gracieuse conquiert les hommages, les gens à poigne conquièrent la richesse.
On trouve de la grâce à la (femme) qui est le pilier la fortune, et ceux qui sont le pilier de la richesse sont redoutés.
L’homme bon assure son propre bonheur, mais l’homme cruel se prépare des tourments.
Celui qui fait du bien à sa famille38* est doué de générosité, et celui qui outrage ses proches est impitoyable.
38* Commentaire : Ou : « celui qui se sèvre (de péchés). »
Le méchant fait une œuvre vaine ; mais qui sème la justice récolte une vraie récompense.
Le méchant a pour salaire de son action ce qui est faux, et celui qui sème la justice a pour salaire la vérité39*.
39* Commentaire : Une mauvaise action en amène une autre, et une bonne action engendre le bien.
La vertu est un gage de vie ; qui poursuit le mal [court] à la mort.
Ainsi la vertu conduit à la vie, et celui qui poursuit le mal (va) à sa mort.
L’Éternel a en horreur les cœurs tortueux, mais il aime les gens intègres.
Dieu abhorre ceux qui ont le cœur dur, et il agrée ceux qui marchent dans l’intégrité.
Haut la main8 ! Le méchant ne reste pas impuni, mais la race des justes échappe à tout danger.
8 On peut affirmer solennellement. Voir 16:5.
En un tour de main40*, l’(homme) mauvais cesse d’être impuni, et la postérité des gens vertueux est sauvée.
40* Le sens littéral paraît être : Comme un tour de main pour une main. Saadia (ch. XVI, 5) explique que cette expression désigne la rapidité.
Un anneau d’or au groin d’un porc, telle est une belle femme dépourvue de jugement.
Comme un anneau d’or au museau d’un porc, ainsi une femme belle qui manque de bon sens.
Le désir des justes ne vise qu’au bien ; l’espoir des méchants n’est que débordement.
La passion du juste est pour le bien, et l’espérance des méchants (aboutit à) la colère41*.
41* Soit des hommes, soit de Dieu.
Tel est prodigue [de son bien] et le voit s’augmenter ; tel est économe plus que de raison et s’appauvrit.
Combien dépensent et gagnent encore, et celui qui s’abstient de la générosité finit par le dénuement.
L’âme généreuse jouira de l’abondance ; qui fait pleuvoir des bienfaits est lui-même arrosé.
La personne qui répand les bénédictions est comblée42*, et celle qui abreuve est abreuvée à son tour.
42* Litt. : engraisse.
Accaparer le blé, c’est se faire maudire du peuple ; mais ses bénédictions vont à qui le met en vente.
Celui qui accapare le blé, le peuple le réprouve, mais la bénédiction vient sur la tête de celui qui le fournit.
Rechercher le bien, c’est rechercher l’affection ; poursuivre le mal, c’est en devenir la victime.
Celui qui cherche le bien cherche la faveur, et celui qui poursuit le mal en est atteint.
Qui se confie en sa richesse tombera, mais les justes sont florissants comme le feuillage.
Celui qui se fie à sa richesse tombe, et les justes poussent comme la feuille43*.
43* D’après le commentaire : Les justes n’ont qu’une confiance très faible en eux-mêmes, et ne se considèrent eux-mêmes que comme un rameau ou une simple feuille.
Celui qui jette le trouble dans sa maison ne possédera que du vent ; le sot devient l’esclave de l’homme sage.
Celui qui prend parti pour la sottise outrage sa famille. Il faut que le sot soit l’esclave du sage.
L’œuvre du juste est un arbre de vie ; gagner les cœurs est le fait du sage.
Le fruit du juste est un arbre de la vie44* et celui qui acquiert des personnes est un sage45*.
44* Le premier hémistiche signifie sans doute que le juste répand la vie autour de lui.
45* Le sage acquiert des personnes en se créant une famille, en formant des élèves, en exerçant la charité et la justice.
Voyez, le juste obtient le prix [de ses œuvres] sur terre : combien plus encore le méchant et le pécheur !
Plût à Dieu que l’homme vertueux restât sauf ici-bas ; et à plus forte raison le scélérat et le pécheur (doivent-ils imiter la conduite du sage)46*.
46* Le sens de la traduction de Saadia paraît être : Le juste même subit forcément des malheurs dans ce monde et s’y résigne ; à plus forte raison le méchant, qui les mérite, doit-il prendre exemple sur lui.
Qui aime la réprimande aime la science ; mais qui hait les remontrances est un sot.
Celui qui aime être corrigé aime la science, et celui qui hait l’avertissement est un sot.
L’homme bon s’attire la bienveillance de l’Éternel, l’homme artificieux sa réprobation :
L’homme de bien obtient de Dieu la faveur et l’homme de réflexion l’emporte (sur son adversaire).
On ne se maintient pas par l’iniquité ; mais les justes jettent des racines inébranlables.
Personne ne s’affermit par la méchanceté ; et les racines qu’ont jetées les justes ne branlent pas.
Une femme vertueuse est la couronne de son époux ; une dévergondée, c’est la carie dans ses os.
La femme forte est la couronne de son mari, et celle qui est mauvaise est comme la carie dans ses os.
Les justes ne rêvent que justice, les méchants ne combinent que tromperies.
Les pensées des justes sont (tournées) vers le droit, et les finesses des méchants (visent) à la fraude.
Les méchants ne parlent que de dresser des embûches meurtrières ; mais la bouche des justes ne s’applique qu’à sauver.
Les méchants parlent (de dresser aux hommes) une embûche meurtrière et la parole des justes les sauve.
Une secousse, et les méchants ne sont plus ! Mais la demeure des justes est stable.
Les méchants, à peine renversés, disparaissent, et les maisons des justes restent debout.
En proportion de son intelligence, l’homme mérite des éloges ; mais les cœurs obliques sont un objet de mépris.
C’est en raison de son intelligence qu’un homme est loué ; celui qui a l’esprit tortueux est exposé au mépris.
Mieux vaut être dédaigné et posséder un esclave, que de faire le grand et manquer de pain.
Être humble et avoir un serviteur vaut mieux que faire le noble et manquer de pain.
Le juste a le souci du bien-être de ses bêtes ; mais les entrailles des méchants ne connaissent pas la pitié.
L’homme de bien soigne jusqu’à sa bête, et la pitié du méchant est de la dureté.
Celui qui cultive sa terre a du pain à satiété ; celui qui poursuit des frivolités manque de sens.
Qui cultive sa terre se rassasie de nourriture, et celui qui poursuit les choses vaines manque d’intelligence.
L’impie9 convoite ce qui devient un piège pour les méchants ; mais la racine des justes est généreuse [en fruits].
9 Verset difficile, dont l’interprétation donne lieu à beaucoup de controverses.
Le scélérat recherche le repaire des méchants, et les justes se conforment à leurs origines47*.
47* Pour rechercher ceux qui leur ressemblent.
Les lèvres criminelles constituent un piège funeste ; mais le juste échappe à la peine.
Le péché du langage est un piège funeste, et l’homme de bien se préserve de ce malheur48*.
48* En ne disant rien qui puisse le compromettre.
L’homme doit à l’usage de la parole le bien dont il jouit ; on paie à chacun le prix de ses œuvres.
Grâce au fruit de sa parole, l’homme se rassasie de bien, et Dieu le récompense selon l’œuvre de ses mains.
La voie de l’insensé paraît droite à ses yeux ; mais écouter des conseils, c’est être sage.
Le chemin du sot est droit à ses yeux ; celui qui écoute le conseil est sage.
Le sot, sur l’heure, manifeste son dépit ; un habile homme sait dévorer un affront.
Le sot fait en un jour connaître sa sottise, et celui qui cache sa confusion est habile.
Celui qui est épris de loyauté expose fidèlement [les faits] ; le témoin mensonger les dénature.
Celui qui parle avec loyauté racontera la vérité, et le faux témoin (est celui qui parle) avec ruse49*.
49* Commentaire : Celui qui parle avec ruse arrive à être faux témoin.
Il en est dont la parole blesse comme des coups d’épée, mais, le langage des sages est un baume bienfaisant.
Combien il y en a dont les paroles sont comme des coups d’épée ! et la langue des sages est une guérison.
La vérité est éternelle ; le mensonge dure un clin d’œil.
Le langage vrai subsiste toujours et une langue menteuse (dure) un clin d’œil.
Dans le cœur de ceux qui méditent le mal s’il n’y a que perfidie ; chez ceux qui donnent des conseils salutaires, il n’y a que joie.
La ruse est dans le cœur de ceux qui ourdissent le mal, et la joie est pour ceux qui conseillent la paix.
Aucune calamité ne surprend le juste ; mais les méchants sont accablés de maux.
Aucune iniquité n’atteint le juste, et le mal enveloppe les méchants.
L’Éternel a horreur des lèvres mensongères ; mais il aime ceux qui agissent avec loyauté.
Dieu abhorre le langage de la fausseté, et ceux qui pratiquent la loyauté lui plaisent.
Un homme avisé ne fait pas montre de son savoir ; les esprits sots crient leur sottise.
L’homme avisé est celui qui a reçu sa part de la science, et le cœur du sot appelle la sottise.
La main diligente assure le pouvoir ; la main négligente paie tribut.
La main des gens actifs domine, et (la main) qui se rebute devient dépendante.
Le souci abat le cœur de l’homme ; mais une bonne parole y ramène la joie.
Le souci dans le cœur de l’homme l’abat, et une chose bonne le réjouit.
Supérieur à tous est le juste ; les méchants suivent un chemin qui les égare.
L’homme de bien est plus généreux que son prochain ; les voies des méchants les égarent.
La paresse évite de mettre son gibier sur le feu ; mais l’activité est un trésor précieux pour l’homme.
Celui qui se rebute ne rencontre jamais ses provisions, et le bien précieux de l’homme est l’activité.
Sur le chemin de la vertu se trouve la vie, et son sentier aboutit à l’immortalité10.
10 אַל־מָוֶת .Sens douteux, mais conforme à la tradition. On rapproche אל־מות « non-mort » de אלקום « non-résistance » ; voir plus loin, 30:31.
Sur le chemin de la justice (se trouve) la vie, et c’est un sentier où il n’y a point de mort.
L’enfant sage [suit] la morale de son père ; mais le libertin n’écoute aucun reproche.
Le fils sage est celui qui accueille la morale de son père, et le moqueur est celui qui n’accueille pas sa réprimande.
L’homme doit à l’usage de la parole le bien dont il jouit ; les gens violents ne rêvent que violence.
Du fruit de la parole de l’homme il convient de manger ce qui est bon ; mais on trouve dans l’âme des perfides l’injustice.
Mettre un frein à sa bouche, c’est sauvegarder sa personne ; ouvrir largement ses lèvres, c’est préparer sa ruine.
Celui qui retient sa bouche garde sa personne, et combien de gens écartent les lèvres pour (des paroles) qui seront leur ruine.
Le paresseux a l’âme remplie de désirs et n’arrive à rien ; l’âme des gens actifs nage dans l’abondance.
L’âme du paresseux convoite, et il n’a rien, et les personnes actives sont comblées50*.
50* Litt. : engraissent.
Le juste hait tout ce qui est mensonge ; le méchant prodigue avanies et affronts.
L’homme de bien hait le mensonge, et le méchant fait du mal et en rejette la honte (sur autrui).
La vertu protège celui qui marche intègre la méchanceté perd les malfaiteurs.
La pureté protège celui qui marche dans l’intégrité, et la méchanceté et le péché pervertissent.
Tel fait le riche et n’a rien, tel fait le pauvre et possède une grande fortune.
Combien font le riche, qui n’ont rien, ou font le pauvre, avec une grande fortune51*.
51* Autres sens : Combien sont pauvres avec beaucoup d’argent et combien savent être riches avec peu ; ou : Combien s’enrichissent qui n’avaient rien, et combien s’appauvrissent qui avaient une grande fortune.
La richesse peut servir à l’homme à racheter sa vie, mais le pauvre est inaccessible à la menace.
La richesse de l’homme est la rançon de sa personne ; celui-là est pauvre qui n’écoute pas la réprimande de Dieu52*.
52* On évite le malheur en consacrant ses richesses à l’accomplissement des bonnes œuvres ; le vrai pauvre est celui qui ne tient pas compte des avertissements divins.
La lumière des justes répand une joyeuse clarté ; la lampe des méchants est fumeuse.
La lumière des hommes vertueux augmente, et le flambeau des méchants s’éteint.
Rien de tel que l’arrogance pour engendrer des querelles ; la sagesse est avec ceux qui se laissent conseiller.
Ce n’est que par l’insolence que se produit la querelle, et la sagesse est avec ceux qui délibèrent.
La richesse [venue comme] par un souffle11 va en diminuant ; qui amasse poignée par poignée la voit s’augmenter.
11 מֵהֶבֶל .Suivant d’autres : מְבֹהָל « amassée à la hâte ».
La fortune diminue par suite de l’égarement ; et celui qui recueille dans sa main53* augmente sa fortune.
53* C’est-à-dire : qui amasse peu à peu.
Une espérance qui traîne en longueur est un crève-cœur ; un désir satisfait est un arbre de vie.
L’attente prolongée rend le cœur malade, le désir qui se réalise est un arbre de vie.
Qui dédaigne un ordre en éprouve du dommage ; qui respecte un commandement en est récompensé.
Celui qui dédaigne quelque chose en devient dépendant54*, et celui qui respecte le commandement est préservé.
54* D’après les exemples donnés dans le commentaire, le sens serait : On arrive à être l’obligé de ceux qu’on avait tout d’abord dédaignés. — Peut-être même faut-il traduire dans l’arabe : Celui qui méprise un homme.
L’enseignement du sage est une source de vie : il éloigne des pièges de la mort.
Le précepte du sage est une source de vie, pour échapper aux pièges de la mort.
Un esprit bienveillant procure la sympathie ; mais la voie des perfides est invariablement stérile.
Une saine intelligence fait obtenir la faveur, et le chemin des perfides est pénible55*.
55* Commentaire : On doit le regarder comme tel et ne pas y aller.
Tout homme avisé agit avec réflexion ; le sot donne libre cours à sa folie.
Tout homme habile agit à bon escient, et le sot étale sa sottise.
Un mandataire pervers tombe dans le malheur, le messager consciencieux est un bienfait.
Un messager déloyal tombera dans le malheur, et un envoyé fidèle est une guérison.
Qui abandonne la morale [ne rencontre que] misère et honte ; qui tient compte des remontrances est honoré.
La pauvreté et la honte sont pour celui qui repousse la morale, et celui qui tient compte de l’avertissement est honoré.
Un désir qui se réalise est une joie pour l’âme ; s’abstenir du mal fait horreur aux sots.
On voit le désir réalisé être agréable pour l’âme ; c’est pourquoi il répugne aux sots de s’écarter du mal56*.
56* Les sots aiment les plaisirs de ce monde, parce qu’ils donnent une jouissance immédiate, tandis que les jouissances que procure la sagesse sont éloignées de leur esprit.
Frayer avec les sages, c’est devenir sage ; fréquenter les sots, c’est devenir mauvais.
Celui qui fréquente les sages devient sage, celui qui fraie avec les sots devient mauvais.
Le mal poursuit les pécheurs ; le bien est la récompense des justes.
Le mal que font les pécheurs les poursuit, et Dieu donne une bonne récompense aux hommes vertueux.
L’homme de bien transmet son héritage aux enfants de ses enfants, mais la richesse du pécheur est réservée au juste.
L’homme vertueux transmet son héritage jusqu’à ses petits-enfants, et parfois les biens du pécheur sont réservés au juste.
Le champ bien cultivé du pauvre [donne] des vivres abondants ; il en est qui se perdent par l’absence de toute règle.
Combien de fois le manger est une marque de pauvreté57*, et combien de gens sont enlevés sans jugement58*.
57* Soit qu’on mange gloutonnement devant les rois, soit qu’on commette un péché.
58* C’est-à-dire sans qu’ils connaissent le jugement de Dieu. Saadia donne encore une seconde explication, en se fondant sur ce que le mot hébreu mispal peut signifier « règle ». Combien de gens ne meurent pas de leur mort naturelle.
Ménager les coups de verge, c’est haïr son enfant ; mais avoir soin de le corriger, c’est l’aimer.
Qui retient sa verge hait son enfant, et celui qui l’aime l’habitue de bonne heure à être corrigé.
Le juste mange pour apaiser sa faim ; mais le ventre des méchants n’en a jamais assez.
Le juste mange pour se rassasier, mais le ventre des méchants n’a jamais assez.
La sagesse des femmes édifie la maison ; leur folie la renverse de ses propres mains.
La femme sage bâtit sa maison, et la femme sotte la démolit de sa main.
Qui craint l’Éternel va droit son chemin ; qui le méprise suit des voies obliques.
Celui qui marche dans la droiture craint Dieu, et celui qui suit des chemins détournés le dédaigne.
Dans la bouche de l’insensé éclot l’orgueil ; mais les lèvres des sages les en préservent.
Dans la parole du sot se trouve le bâton de l’orgueil, et le langage des sages les préserve.
Faute de bétail, le râtelier reste vide ; c’est la vigueur du bœuf qui produit les riches moissons.
(Car pour le sot, c’est) comme le blé qui disparaît lorsque manquent les bœufs, et comme la récolte qui devient abondante grâce à leur vigueur59*.
59* Saadia rattache les deux versets ainsi qu’il suit : le sot parle avec dureté, croyant que tout se fait par la force, comme la culture de la terre.
Un témoin loyal ne ment pas ; un témoin mensonger n’exhale que faussetés.
Le témoin digne de foi, c’est l’homme qui ne ment pas, et celui qui prononce le mensonge est un faux témoin60*.
60* Le mensonge devient un faux témoignage, parce que ceux qui l’entendent le prennent pour la vérité. Celui qui ne ment jamais doit être seul regardé comme témoin loyal.
Le persifleur recherche la sagesse : elle lui échappe ; mais le savoir est facilement abordable à l’homme intelligent.
Le moqueur cherche la sagesse sans la trouver, et pour l’homme intelligent, la science est facile.
Quand tu te sépareras d’un homme sot, tu n’auras pas appris ce que c’est que des lèvres raisonnables.
Quitte la présence du sot ; autrement tu ne sais rien des paroles de la science.
C’est une sagesse chez l’homme prudent de bien discerner sa voie ; la sottise des fous est une cause de tromperie.
La sagesse de l’homme habile consiste à comprendre sa situation, et la sottise des sots, c’est leur ruse61*.
61* Par sottise, ils emploient la ruse.
Le péché se joue des insensés ; parmi les hommes droits règne le contentement12.
12 Ce verset est obscur.
La faute des sots est pour eux un interprète62* ; et au milieu des justes (règne) la bienveillance.
62* Leurs actions révèlent leurs pensées.
Le cœur seul sent l’amertume qui l’envahit ; de même ses joies, l’étranger n’y est pour rien.
Le cœur (seul) connaît son propre chagrin, et un étranger ne se mêle pas à sa joie.
La maison des méchants sera ruinée ; la tente des hommes droits est florissante.
La maison des méchants sera détruite, et la tente des justes s’étendra.
Tel chemin se présente tout uni devant l’homme et, finalement, il conduit à la mort.
Combien de fois une route (semble) droite devant l’homme, et elle aboutit au chemin de la mort.
Même dans le rire le cœur peut souffrir, et la joie elle-même finit en tristesse.
Le rire, lui aussi, fait souffrir le cœur, et la joie est suivie de la tristesse63*.
63* Il s’agit des plaisirs défendus.
Un cœur dévoyé recueille le fruit de sa conduite ; et l’homme de bien trouve sa satisfaction en lui-même13.
13 מעליו. Expression douteuse.
Celui qui a le cœur faux finit par être excédé de sa conduite, et l’homme de bien lui est supérieur64*.
64* Il ne doit jamais se lasser de faire le bien.
Le niais croit tout ; l’homme réfléchi considère chacun de ses pas.
L’insouciant ajoute foi à toute chose, et l’homme habile discerne la bonne direction.
Le sage est craintif et évite le mal ; le sot se laisse entraîner et se croit en sûreté.
Le sage craint et s’écarte du mal, et le sot se laisse aller avec confiance.
Un homme prompt à la colère fait des sottises ; l’homme fertile en roueries s’attire la haine.
L’impatience est produite par la sottise, mais que de fois l’homme de réflexion est haï65*.
65* Parce qu’on lui reproche sa lenteur.
Les niais ont en partage la sottise ; la raison est la couronne des gens avisés.
On voit que les insouciants se sont approprié la sottise, et les gens avisés prennent pour couronne la science.
Les méchants baissent la tête devant les bons ; et les impies se tiennent à la porte du juste.
Il convient que les mauvais s’inclinent devant les bons, et que les méchants soient aux portes des justes.
Même pour son intime le pauvre est un objet d’antipathie ; mais nombreux sont les amis du riche.
Le pauvre est odieux même à son compagnon ; les amis du riche sont nombreux.
Qui méprise son prochain est fautif ; mais heureux qui prend pitié des humbles !
Or, celui qui méprise ainsi son compagnon est un pécheur ; heureux celui qui est compatissant pour le pauvre.
Certes, ils font fausse route, ceux qui machinent le mal ; amour et bienveillance récompensent ceux qui méditent le bien.
Certes, ceux-là s’égarent qui méditent le mal ; ceux qui méditent le bien trouvent l’affection et l’équité.
Tout effort sérieux donne du profit ; les vaines paroles ne causent que des pertes.
Beaucoup d’efforts donnent un profit66*, et combien de paroles causent une perte.
66* Le sens serait : Il faut plutôt agir que parler. Peut-être aussi faut-il comprendre : Faire trop d’efforts est superflu et trop parler aboutit à une perte.
Pour les sages la richesse est une couronne ; la folie des sots reste toujours folie.
La couronne des sages, c’est là leur richesse. L’ignorance des ignorants est de s’ignorer167*.
Un témoin véridique sauve des existences ; un témoin déloyal débite des faussetés.
Le témoin véridique sauve bien des gens, et celui qui énonce le mensonge est un trompeur.
La crainte de l’Éternel vaut une place forte ; on en fait un abri pour ses enfants.
Celui qui marche dans la crainte de Dieu jouit pour lui d’une sécurité solide, et il sera un abri pour ses enfants.
La crainte de l’Éternel est une source de vie ; elle éloigne des pièges de la mort.
La crainte de Dieu est une source de vie pour éviter les pièges de la mort.
Quand la nation s’accroît, c’est une gloire pour le roi ; quand la population vient à manquer, c’est une ruine pour le prince.
Le nombre des sujets fait l’éclat du roi, et lorsque le peuple manque, le ministre est ruiné.
Être longanime, c’est faire preuve de grande intelligence ; se montrer irascible, c’est mettre en relief sa sottise.
Le longanime montre beaucoup de raison, et celui qui s’irrite vite, beaucoup de sottise.
Un cœur paisible est un gage de vie pour le corps mais la jalousie est la carie des os.
Le cœur sain est la vie du corps : la jalousie est la carie des os,
Qui opprime le pauvre outrage son Créateur ; qui a pitié de l’indigent l’honore.
Celui qui traite mal le pauvre blasphème son Créateur, et celui-là l’honore qui est compatissant pour l’indigent.
Le méchant est accablé par son malheur ; le juste a confiance jusque dans la mort.
Dans le malheur, le méchant est poussé (plus avant vers le mal), mais le juste, dans l’adversité, cherche un refuge (auprès de Dieu).
La sagesse réside dans un cœur intelligent ; elle se fait remarquer parmi les sots.
Dans le cœur de l’homme raisonnable demeure la sagesse ; chez le sot, on reconnaît quelle lui est étrangère68*.
68* Parce qu’il applique mal même le peu de sagesse qu’il peut avoir acquis.
La justice grandit une nation ; le crime est l’opprobre des peuples.
L’innocence relève la nation (qui la possède), et l’opprobre des peuples, c’est le péché.
La faveur du roi va au serviteur intelligent ; celui qui agit sans vergogne est l’objet de sa colère.
La faveur du roi est pour un serviteur intelligent, et sa colère atteint celui qui fait mal.
Une réplique pleine de douceur détourne le courroux ; une parole blessante surexcite la colère.
Une réplique douce apaise la colère, et une parole dure augmente l’irritation.
Le langage des sages rend la science aimable ; la bouche des sots n’épanche que folie.
La langue des sages expose bien la science, et la bouche des sots exprime la sottise.
Les regards de l’Éternel se portent partout, observant méchants et bons.
Partout les yeux de Dieu observent les bons et les méchants.
Une langue bienveillante est comme un arbre de vie ; mais perfide, elle brise le cœur.
La sincérité de la langue est un arbre de vie ; sa fausseté brise l’âme.
L’insensé méprise les leçons de son père ; qui tient compte des réprimandes, est bien avisé.
Le sot rejette la morale de son père ; celui qui tient compte de l’avertissement devient avisé.
La maison du juste est un grenier d’abondance ; la récolte du méchant est menacée de ruine.
Dans la maison du juste, la sécurité est grande, et le déshonneur est dans la récolte du méchant.
Les lèvres des sages propagent la science ; le cœur des sots n’est qu’insanité.
Les lèvres des savants répandent la science ; le cœur des sots n’agit pas ainsi.
Le sacrifice des impies est en horreur à l’Éternel ; mais il prend plaisir à la prière des gens de bien.
Le sacrifice des impies est abhorré de Dieu ; il agrée la prière des justes.
L’Éternel a horreur de la conduite du méchant ; mais il aime celui qui s’attache passionnément à la justice.
Dieu abhorre la conduite de l’impie, et il aime celui qui s’attache à l’innocence.
Un sévère châtiment menace celui qui abandonne la [bonne] voie ; qui hait les remontrances périt.
Une rude leçon (attend) celui qui quitte la (bonne) voie, et celui qui hait l’avertissement périt.
Le Cheol et l’empire du néant sont sous les regards de l’Éternel ; combien plus le cœur des humains !
La tombe et l’anéantissement69* sont à découvert devant Dieu, à plus forte raison les cœurs des enfants d’Adam.
69* D’après le commentaire, le premier mot désigne la terre (qui recouvre les morts) et le second le tombeau.
Le persifleur n’aime pas qu’on le réprimande ; il ne fréquente pas les sages.
On voit le moqueur ne pas vouloir être averti ; il ne va pas chez les hommes instruits.
Un cœur joyeux rend le visage serein ; le cœur souffre-t-il, l’esprit est abattu.
Le cœur joyeux rassérène le visage, et lorsque le cœur est affligé, l’âme souffre.
Le cœur de l’homme intelligent recherche le savoir ; la bouche des sots se repaît de folie.
Le cœur de l’homme raisonnable cherche la sagesse, et les sots ont pour but d’avoir soin de la sottise.
Les jours du pauvre sont tous mauvais ; mais qui a le cœur content est perpétuellement en fête.
Tous les jours de l’homme à l’intelligence faible sont mauvais ; l’excellence de l’esprit est un festin perpétuel.
Mieux vaut une fortune médiocre avec la crainte de l’Éternel qu’une grande richesse, accompagnée de trouble.
Peu avec la crainte de Dieu vaut mieux qu’un grand trésor avec le trouble70*.
70* Ce trouble est causé par le mécontentement de Dieu.
Mieux vaut un plat de choux, quand on s’aime, qu’un bœuf gras quand on se hait.
Mieux vaut une botte de légumes là (où règne) l’amitié, qu’un bœuf engraissé accompagné de haine.
L’homme irascible excite des disputes ; un tempérament paisible apaise les querelles.
Un homme emporté excite la querelle, et le longanime calme la dispute.
Le chemin du paresseux est comme un fouillis d’épines ; la voie des hommes de bien est toute frayée.
La route du paresseux est comme entourée d’une haie d’épines, et les voies des justes sont libres.
Un fils sage réjouit son père, mais un homme sot méprise sa mère.
Le fils sage réjouit son père, et l’homme sot dédaigne sa mère.
La sottise fait la joie de l’homme inintelligent ; l’homme raisonnable dirige bien sa marche.
La sottise fait la joie de l’homme qui manque d’intelligence, et l’homme raisonnable se facilite la marche.
Faute de délibération, les projets échouent ; ils réussissent, si les conseillers sont nombreux.
Les desseins échouent, lorsqu’on ne garde pas le secret ; ils se réalisent par le grand nombre de conseillers.
C’est une joie pour l’homme de trouver des répliques : combien précieuse une parole dite à propos !
C’est une joie pour l’homme que de savoir répondre, et combien est belle une parole qui arrive à temps !
Pour l’homme intelligent, le chemin de la vie se dirige vers les hauteurs ; ainsi il évite les bas-fonds du Cheol.
Le chemin de la vie va en montant pour l’homme intelligent, afin d’éviter la géhenne en bas.
L’Éternel démolit la maison orgueilleuse ; mais il consolide la borne de la veuve.
Dieu démolit la maison des orgueilleux, et il fixe les bornes des faibles71*.
71* Saadia prend le mot « veuve » du texte hébreu comme exemple des faibles.
L’Éternel a horreur des pensées mauvaises ; pures [à ses yeux] sont les paroles bienveillantes.
Dieu abhorre les mauvais desseins ; les paroles de la sagesse sont pures.
Qui poursuit le lucre ruine sa maison ; qui hait les présents vivra.
L’homme cupide déshonore sa famille, et qui hait les cadeaux vivra.
Le cœur du juste réfléchit avant de répondre ; la bouche des pervers répand à flots les mauvaises paroles.
Le cœur du juste médite ce qu’il doit répondre ; la bouche des méchants exprime les méchancetés.
L’Éternel est loin des méchants, mais il entend la prière des justes.
C’est pourquoi Dieu s’éloigne des méchants et écoute la prière des justes.
La lumière qui éclaire les yeux réjouit le cœur ; une bonne nouvelle est une sève bienfaisante au corps.
Comme la lumière des yeux réjouit le cœur, ainsi la bonne nouvelle fortifie les os.
Prêter une oreille attentive aux instructions salutaires, c’est mériter de vivre parmi les sages.
Une oreille écoutant l’avertissement salutaire72* se rencontre chez les hommes instruits ;
72* Litt. : de vie.
Qui délaisse la morale fait bon marché de sa personne ; qui écoute les réprimandes acquiert de l’intelligence.
certes celui qui repousse la leçon se méprise lui-même ; celui qui accueille l’avertissement acquiert du cœur73*.
73* Commentaire : C’est-à-dire de l’intelligence, dont le siège est le cœur.
La leçon de la sagesse, c’est la crainte de l’Éternel ; l’honneur a pour avant-garde la modestie.
La crainte de Dieu est un enseignement de la sagesse, et la suite de l’humilité est l’honneur.
L’homme est maître des résolutions de son cœur ; mais c’est l’Éternel qui prononce sur elles.
À l’homme appartiennent les dispositions de son cœur, et de Dieu viennent les paroles de sa langue.
Toutes les voies de l’homme sont pures à ses yeux, mais l’Éternel sonde les esprits.
Toute voie de l’homme paraît pure à ses yeux, mais Dieu prépare les âmes74*.
74* Étant le créateur des âmes, il connaît leurs pensées.
Remets le succès de tes œuvres à l’Éternel, et tes projets s’en trouveront affermis.
Expose à Dieu tes actions, et tes desseins seront affermis.
L’Éternel a tout fait pour un but prédestiné, même le méchant pour le jour du malheur.
Toute œuvre de Dieu a sa raison d’être, et le méchant aussi est (fait) pour le jour du malheur75*.
75* Le sens est que même le jour du malheur est fait pour corriger le méchant.
Tout cœur hautain est en horreur à l’Éternel : haut la main!14 il ne restera pas indemne.
14 Voir ci-dessus, 11:21.
Dieu abhorre tout cœur hautain ; en un tour de main76* le méchant cesse d’être impuni.
76* V. ci-dessus, p. 19, n. 5].
La bonté et la bienveillance effacent la faute ; la crainte de l’Éternel fait éviter le mal.
Par la charité et les bonnes œuvres le péché est pardonné, et par la crainte de Dieu on se détourne du mal.
Dieu agrée-t-il les voies d’un homme, il lui concilie même la faveur de ses ennemis.
Lorsque Dieu agrée la conduite de l’homme, il lui donne la paix avec ses ennemis.
Mieux vaut une honnête médiocrité qu’un grand revenu, acquis par l’improbité.
Peu avec l’équité vaut mieux que de fortes récoltes sans justice.
Le cœur de l’homme choisit sa voie ; mais l’Éternel dirige ses pas.
Le cœur de l’homme réfléchit sur ses affaires, et c’est Dieu qui dirige ses pas.
Ce sont des oracles qui émanent des lèvres du roi : quand il rend la justice, sa bouche ne faillit pas.
Il convient que le langage du roi soit décisif, et en justice on ne doit pas se révolter contre sa parole77*.
77* D’après Saadia, il faut sous-entendre : Et, à plus forte raison contre l’ordre de Dieu, qui est le roi des rois. De cette façon, Saadia relie le verset suivant avec le nôtre.
Les plateaux, les balances exactes sont choses de Dieu, il est l’auteur de tous les justes poids.
Car la règle et les balances justes appartiennent à Dieu ; son action est comme pesée avec des poids.
Faire le mal est chose odieuse aux rois ; car les trônes s’affermissent par la justice.
Il faut que les rois abhorrent l’action injuste parce que le trône ne s’affermit que par l’équité ;
Des lèvres loyales font plaisir aux rois ; ils aiment qui parle avec droiture.
et il faut qu’ils agréent la parole de vérité et qu’ils aiment le discours sincère.
Le courroux du roi est un messager de mort, un homme sage sait l’apaiser.
La colère du roi ressemble aux messagers de la mort, et l’homme sage la détourne.
Que le visage du roi s’éclaire, c’est un gage de vie ; sa faveur est comme une nuée chargée de pluie printanière.
L’éclat de la face du roi donne la vie, et sa faveur est comme le nuage d’automne.
Acquérir la sagesse, combien cela est plus précieux que l’or fin ! S’enrichir en sagacité vaut mieux que l’argent.
Acquérir la sagesse, combien est-ce préférable à l’or ! Acquérir la raison vaut mieux que l’argent.
La route des justes les éloigne du mal ; qui suit droit son chemin préserve sa vie.
La route des hommes droits, c’est d’éviter le mal ; l’homme qui veut préserver son âme doit donc prendre garde à son chemin.
L’orgueil précède la ruine, l’arrogance est le signe avant-coureur de la chute.
La suite de l’orgueil est l’humiliation, et la suite de l’humilité est l’honneur78*.
78* Saadia s’est trompé, ici, en confondant ce verset avec 18:12, et la confusion existe également dans le commentaire. Mais, dans deux manuscrits, on trouve la traduction suivante, conforme au texte hébreu : La suite de l’orgueil est la ruine, et la suite de la fierté est l’abaissement.
Prendre une attitude modeste avec les humbles vaut mieux que partager du butin avec les orgueilleux.
Mieux vaut s’abaisser avec les humbles que partager le butin avec les orgueilleux.
Qui réfléchit mûrement à une affaire s’assure des avantages ; mais heureux qui met sa confiance en l’Éternel !
Celui qui est intelligent pour ses affaires trouve le bien, et heureux celui qui a confiance en Dieu.
Qui a le cœur sage mérite d’être appelé intelligent ; la douceur des lèvres augmente la force de persuasion.
L’homme au cœur sage est appelé intelligent, et celui qui a la parole douce répand de plus en plus l’enseignement.
L’intelligence est une source de vie pour celui qui en est doué ; le châtiment des sots, c’est leur sottise.
L’intelligence est, pour celui qui la possède, la source de la vie ; et l’instruction que donnent les sots, c’est la sottise79*.
79* C’est-à-dire qu’ils empêchent même celui d’entre eux qui recherche la sagesse de devenir sage.
Le cœur du sage inspire sa bouche, et augmente la force de persuasion de ses lèvres.
Le cœur du sage rend sa parole sensée, et dans ses discours il répand de plus en plus l’enseignement80*.
80* La parole révèle les pensées du cœur.
Des paroles amènes sont un rayon de miel, doux à l’âme, bienfaisant au corps.
Les paroles de la sagesse sont comme le miel le plus pur ; elles sont une douceur pour l’âme et une guérison pour le corps.
Tel chemin paraît tout uni à l’homme, et il aboutit aux avenues de la mort.
Combien de voies semblent droites à l’homme, qui aboutissent aux chemins de la mort.
C’est pour lui-même que travaille le laborieux, car pressantes sont les exigences de sa bouche.
L’âme du malheureux souffre, quand sa situation est renversée.
L’homme sans valeur morale est un artisan de malheur ; sur ses lèvres il y a comme un feu dévorant.
L’homme pervers creuse les méchancetés81*, et on les aperçoit, dans son langage, comme un feu brûlant.
81* L’image est prise d’une fosse que l’on creuse pour y faire tomber son prochain.
L’homme artificieux déchaîne la discorde ; le boutefeu sème la division entre amis.
L’homme versatile fait naître les querelles, et celui qui excite divise les amis intimes.
L’homme violent circonvient son prochain et le mène dans une mauvaise voie.
L’homme injuste séduit son prochain et le conduit dans un chemin où il n’y a rien de bon.
Il ferme les yeux pour méditer de mauvais coups ; il se pince les lèvres : il a consommé le mal !
Combien de gens, en baissant les yeux, méditent un changement de conduite, et en faisant un signe des lèvres ont déjà accompli le mal.
La haute vieillesse est une couronne d’honneur ; c’est sur le chemin de la vertu qu’elle se rencontre.
C’est une couronne d’honneur que les cheveux blancs, (quand) ils se rencontrent avec la vertu82*.
82* Litt. : quand ils se trouvent sur le chemin de la vertu.
Qui résiste à la colère l’emporte sur le héros ; qui domine ses passions — sur un preneur de villes.
Un homme longanime vaut mieux qu’un héros, et celui qui est maître de sa pensée est supérieur au conquérant.
On agite le sort dans l’urne15 ; mais l’arrêt qu’il prononce vient de l’Éternel.
15 בחיק . Selon d’autres : « dans [les replis du vêtement qui couvre] le sein. »
On jette d’habitude le sort dans le giron, et ce qu’il décide vient de Dieu.
Mieux vaut du pain sec, mangé en paix, qu’une maison pleine de festins, [accompagnés] de disputes.
Mieux vaut un morceau de pain sec, avec la tranquillité, qu’une maison remplie de viandes, avec des querelles.
Un esclave intelligent prime un fils de famille incapable et reçoit une part d’héritage parmi les frères.
Un serviteur intelligent mérite de dominer un fils qui se conduit mal, et de prendre sa part d’héritage entre les frères83*.
83* Commentaire : C’est conforme au droit talmudique.
L’éprouvette pour l’argent, le creuset pour l’or ; quant aux cœurs, c’est l’Éternel qui les éprouve.
Le creuset est pour l’argent, le fourneau pour l’or, et c’est Dieu qui éprouve les cœurs.
Le méchant prête attention aux lèvres iniques ; l’homme de mensonge écoute la langue malfaisante.
Celui qui se conduit mal écoute un langage inique et prête l’oreille au mensonge (proféré) par une langue pernicieuse.
Railler le pauvre, c’est outrager celui qui l’a créé ; qui se réjouit d’un malheur ne demeure pas impuni.
Qui se moque du pauvre insulte celui qui l’a créé, et celui qui se réjouit du malheur (d’autrui) ne restera pas impuni.
La couronne des vieillards, ce sont leurs petits-enfants ; l’honneur des fils, ce sont leurs parents.
La couronne des vieillards sont leurs petits enfants, et l’honneur des fils, ce sont leurs parents84*.
84* Le commentaire explique cette seconde partie du verset comme s’il y avait : L’honneur des parents, ce sont leurs enfants.
Un fier langage ne sied pas à l’homme vil, moins encore une langue mensongère à l’homme généreux.
Il ne convient pas à l’insensé de parler trop, à plus forte raison, à l’homme noble, de dire des mensonges.
Les présents sont comme une pierre magique pour qui les reçoit : de quelque côté qu’on se tourne, ils assurent le succès.
Le cadeau corrupteur est, aux yeux de celui qui le donne85* une pierre (précieuse) qui séduit ;partout où on le dirige, il réussit.
85* Commentaire : Mais il n’en est pas de même aux yeux de Dieu.
Qui veut se faire des amis jette un voile sur les offenses ; les rappeler sans cesse, c’est diviser les amis.
Qui cherche l’amitié voile la faute, et celui qui répète ses paroles divise ses amis intimes86*.
86* C’est-à-dire : Celui qui réitère ses remontrances malgré les excuses.
Un reproche fait plus d’impression sur un homme intelligent que cent coups sur un fou.
Une réprimande adressée à un homme intelligent lui profite plus que beaucoup de coups donnés à un sot.
L’esprit de rébellion ne recherche que le mal, et c’est un ange cruel qui est déchaîné par lui.
L’homme rebelle ne veut que le mal, et un messager cruel sera envoyé contre lui.
Plutôt trouver sur sa route une ourse, à qui on a enlevé ses petits, qu’un fou en pleine folie !
Que l’homme rencontre une ourse qui a perdu ses petits, mais non le sot avec sa sottise.
Qui rend le mal pour le bien, le malheur ne bougera pas de sa demeure.
Celui qui rend le mal pour le bien, le malheur ne quittera pas sa demeure.
Le début d’une dispute, c’est comme une écluse qu’on ouvre : avant que la querelle éclate, cède la place.
Le commencement d’une querelle est comme la fissure (d’un réservoir) d’eau ; c’est pourquoi, abandonne la dispute avant qu’elle ne devienne acharnée.
Innocenter un coupable, condamner un juste, double abomination aux yeux de l’Éternel !
Celui qui innocente l’injuste et celui qui condamne l’innocent, Dieu les déteste tous deux87*.
87* Il y a là deux péchés résultant d’un seul acte.
À quoi sert au fou d’avoir de l’argent en main pour acquérir de la sagesse ? Il n’a pas d’intelligence.
À quoi sert au sot d’avoir un salaire en main, pour acheter la sagesse, lui qui n’a pas d’intelligence ?
En tout temps, l’ami est fidèle à son affection : il est naturellement un frère dans le malheur.
Il aime en tout temps (d’avoir) beaucoup d’amis ; or, que de fois un frère naît pour le malheur !
L’homme dépourvu de sens engage sa parole et se porte garant à l’égard de son prochain.
Un homme sans intelligence engage sa parole, et se porte garant pour son prochain.
C’est aimer le péché que d’aimer les querelles ; qui dresse haut sa porte cherche sa ruine.
Celui qui aime la dispute aime le péché, et celui qui veut s’élever au-dessus de sa situation88* cherche sa ruine.
88* Litt : Celui qui exhausse sa porte.
L’homme artificieux n’obtient pas le bonheur ; qui manie une langue perfide tombe dans l’adversité.
L’homme au cœur dur ne rencontrera pas le bonheur, et celui qui est changeant dans ses paroles tombera dans le mal.
Avoir pour fils un fou est une affliction ; nulle joie pour le père d’un insensé !
Qui engendre un sot en a du chagrin, et le père de l’insensé n’a pas de joie.
Un cœur joyeux redresse le corps, un esprit abattu dessèche les membres.
Le cœur joyeux fait épanouir le visage, et l’esprit abattu dessèche les os.
Le pervers accepte des présents en secret pour faire dévier les règles de la justice.
Le méchant tire le don corrupteur de sa manche pour faire fléchir les voies de la justice.
La sagesse éclaire le visage de l’homme intelligent ; les yeux du sot furètent jusqu’aux extrémités de la terre.
La sagesse est en face de l’homme intelligent ; les yeux du sot sont aux extrémités de la terre89*.
89* C’est-à-dire : Il ne voit pas ce qui est devant lui.
Un enfant sot est un chagrin pour son père, une cause d’amertume pour sa mère.
Le fils sot excite l’irritation de son père et est une amertume pour celle qui l’a enfanté.
Certes, c’est une mauvaise action d’infliger une amende à l’innocent et des coups à des gens de bien en raison de leur droiture.
Imposer même une amende à un juste n’est pas bien, non plus que frapper les honnêtes gens malgré leur droiture.
Être ménager de paroles, c’est faire preuve de bon sens ; l’homme intelligent garde son sang-froid.
Celui-là ménage ses paroles qui connaît la science, et l’homme au maintien digne est doué de raison,
Même le sot, s’il sait se taire, passe pour sage ; pour intelligent, s’il sait tenir ses lèvres closes.
au point que le sot qui est réservé est parfois considéré comme sage, et celui qui ferme les lèvres comme intelligent.
L’homme qui s’isole ne fait que suivre ses caprices : il s’insurge contre tout ce qui est raisonnable.
Celui qui s’isole90* ne cherche qu’à (satisfaire) sa passion, à propos de toute doctrine il s’acharne après toi :
90* Celui qui se détache de la tradition.
Le fou ne veut pas de la raison : il ne demande qu’à mettre à nu son cœur.
et on trouve le sot repoussant la raison, il marche dans l’obstination de son cœur.
Le méchant entraîne le mépris à sa suite ; la honte accompagne le manque de dignité.
Lorsque le méchant vient, se présente aussi le mépris, et la honte accompagne celui qui est vil.
Ce sont des eaux profondes que les paroles d’une bouche humaine, un torrent jaillissant, une source de sagesse.
Il convient que la parole de l’homme soit comme l’eau profonde, parce que la source de la sagesse est comme la rivière courante.
Prendre parti pour le méchant, évincer le juste de ses droits, est bien mal agir.
Il n’est pas bon d’avoir des égards pour l’injuste, ni de faire fléchir la justice contre l’innocent.
Les lèvres du sot entraînent des disputes, et sa bouche appelle les coups.
La parole du sot s’engage dans la querelle, et sa bouche appelle les coups.
La bouche du sot cause sa ruine, et ses lèvres sont un piège pour sa personne.
La bouche du sot cause sa ruine, et ses lèvres sont un piège pour lui-même.
Les paroles d’un boutefeu sont comme des coups qui retentissent au plus profond des entrailles.
Les paroles de celui qui excite ressemblent à un badinage, alors qu’elles ont déjà pénétré au fond du cœur.
Apporter de la négligence dans son travail suffit pour être l’émule d’un artisan de ruines.
Celui-là aussi qui se relâche dans son travail est le frère de celui qui gâte (le sien).
Le nom du Seigneur est une tour fortifiée : le juste s’y réfugie et est hors d’atteinte.
Le nom de Dieu est comme une citadelle solide, vers laquelle le juste accourt et où il trouve assistance ;
La fortune est une place forte pour le riche, un rempart tutélaire, à ce qu’il s’imagine.
de même que la fortune du riche est sa ville forte et ressemble à une citadelle imprenable avec son ornementation.
Lorsque s’enfle le cœur de l’homme, sa ruine est proche ; l’honneur suit de près l’humilité.
Lorsque le cœur de l’homme s’enorgueillit, la ruine vient après et à l’humilité succède l’honneur.
Répondre avant d’avoir entendu, c’est une folie et une cause de confusion.
Si quelqu’un répond à une parole avant d’en avoir entendu la fin, c’est une sottise de sa part et une honte pour lui.
Un esprit viril sait supporter la maladie ; mais un esprit abattu, qui le soutiendra ?
L’esprit de l’homme lui fait supporter ses souffrances, mais l’esprit abattu, qui le supportera91* ?
91* Le commentaire donne deux explications : 1° L’âme peut apaiser les souffrances du corps, mais qui peut calmer les souffrances de l’âme ? 2° L’homme doit supporter ses souffrances, bien qu’on entende dire : Qui saurait endurer l’abattement de l’âme !
Le cœur bien inspiré acquiert la science ; l’oreille des sages est avide de savoir.
Le cœur de l’homme intelligent acquiert la science, et les oreilles des sages la recherchent.
Les cadeaux ouvrent un facile accès à l’homme et le font arriver jusqu’aux grands.
Un cadeau fait obtenir à l’homme bon accueil, et le conduit devant les grands.
Qui parle le premier dans un procès a raison ; vienne la partie adverse, on approfondit la cause.
La première des deux parties est sur le point de gagner sa cause, lorsque l’autre arrive et y met un terme.
Le sort met fin aux disputes et tranche le débat entre les puissants.
Le sort fait cesser la dispute et sépare ceux qui luttent ensemble,
Un frère infidèle est pire qu’une ville forte, les disputes, que les verrous d’un château-fort.
des frères isolés (l’un de l’autre) comme une forteresse92*, et dont la querelle est aussi puissante que le verrou d’un château-fort.
92* Ou peut-être : Plus qu’une forteresse dont l’accès est impossible.
De l’usage de la parole dépend la nourriture de l’homme ; il s’alimente du produit de ses lèvres.
(Tantôt) du fruit de sa parole, l’homme rassasie son corps, et (tantôt) du produit de son langage il a de trop ;
La mort et la vie sont au pouvoir de la langue ; ceux qui aiment l’exercer en goûtent les fruits.
c’est pourquoi, la mort et la vie sont au pouvoir de la langue ; (l’homme) en mange le fruit, selon qu’il aime l’une ou l’autre93*.
93* C’est-à-dire : L’homme tire de la parole la vie ou la mort selon l’usage qu’il en fait.
Qui a trouvé une femme distinguée a trouvé le bonheur et a obtenu une faveur de l’Éternel.
Celui qui a été gratifié d’une épouse a été gratifié d’un bien et a obtenu une faveur de Dieu94*.
94* Commentaire : Le verset fait allusion à Eve, qui est appelée un bien (Gen., II. 18).
Le pauvre parle en suppliant, le riche répond avec dureté.
On voit le pauvre parler d’une voix suppliante, et le riche avec force.
Avoir beaucoup d’amis nuit ; mais tel ami est plus attaché qu’un frère.
Combien de gens ont des compagnons par lesquels ils sont écrasés, et combien d’amis sont plus attachés qu’un frère !
Plus enviable est un pauvre, marchant dans son intégrité, qu’un homme aux lèvres perverses, et qui est un sot.
Le pauvre qui marche dans son intégrité est meilleur qu’un homme au langage dur et en qui on a confiance (à cause de sa fortune).
Être dépourvu d’un esprit réfléchi est un mal ; trop précipiter ses pas, c’est manquer le but.
Une âme sans la science n’est pas bonne non plus95* ; et celui qui est acharné après ses affaires ne l’atteint pas96*.
95* C’est-à-dire quand même on aurait la fortune et les honneurs.
96* Les occupations matérielles le détournent de la science.
L’homme, par sa folie, gâte sa destinée, et c’est contre le Seigneur qu’il s’emporte.
La sottise de l’homme lui fait prendre une fausse voie, et c’est contre Dieu que son cœur se révolte.
La richesse grossit la foule des amis ; le pauvre se voit délaissé de son [meilleur] ami.
La fortune augmente le nombre des amis, et l’indigent est séparé même de ses amis.
Un témoin mensonger ne l’est pas impunément ; qui débite des faussetés n’échappe pas au châtiment.
Comme le faux témoin ne reste pas impuni, de même celui qui prononce le mensonge n’échappera pas.
Beaucoup recherchent la faveur d’un homme généreux ; tout le monde est ami de celui qui donne des cadeaux.
On voit beaucoup de gens solliciter l’homme généreux, et la plupart des amis sont pour celui qui donne.
Le pauvre est antipathique à tous ses frères ; à plus forte raison voit-il s’éloigner de lui ses amis ! Il les poursuit de ses paroles : ce ne sont plus les mêmes16.
16 La fin de ce verset est très obscure.
On voit beaucoup parmi les frères du pauvre qui le haïssent, et à plus forte raison ses compagnons s’éloignent-ils de lui, et il leur demande des choses qui ne lui sont pas accordées.
Acquérir de l’intelligence, c’est s’aimer soi-même ; s’attacher au bon sens, c’est atteindre le bonheur.
Celui qui acquiert la sagesse se montre ami de lui-même, et celui qui conserve la raison trouve du bien.
Un témoin mensonger ne l’est pas impunément ; qui débite des faussetés se perd.
De même qu’un faux témoin ne reste pas impuni, de même celui qui prononce un mensonge périra.
Il n’est pas dans l’ordre qu’un sot mène une vie de plaisir, encore moins qu’un esclave prime les grands.
Le plaisir ne convient pas au sot, à plus forte raison ne convient-il pas à l’esclave de commander aux princes.
L’homme de sens maîtrise sa colère ; c’est son honneur de dédaigner l’offense.
L’homme (fait preuve) d’intelligence en étant longanime, et c’est une gloire pour lui de pardonner la faute.
Le courroux du roi, c’est comme le rugissement du lion ; sa faveur est comme la rosée sur l’herbe.
Une parole dure du roi est comme le rugissement du lion, et sa bienveillance est comme la rosée sur l’herbe.
Un fils sot est une calamité pour son père ; les récriminations d’une femme sont comme une gouttière qui ne cesse de couler.
De même qu’un fils sot est un malheur pour ses parents, de même la querelle de la femme est comme une gouttière continuelle.
Maison et fortune sont un héritage des parents, une femme sensée est un don de l’Éternel.
Les terres et l’argent (proviennent) de l’héritage des ancêtres, mais c’est Dieu qui accorde une femme heureuse dans ce qu’elle entreprend.
La paresse plonge dans la torpeur ; un caractère indolent souffre de la faim.
La paresse a pour effet de faire tomber dans un profond sommeil ; et celui qui se lasse facilement, on le voit souffrir de la faim.
Observer le devoir, c’est protéger son âme : qui est indifférent à sa direction périt.
Qui observe le commandement (de Dieu) se conserve lui-même, et qui dédaigne la voie de Dieu périra.
Donner au pauvre c’est prêter à Dieu, qui paie à chacun son dû.
Celui qui est charitable pour le pauvre prête à Dieu, et (Dieu) lui paiera son bienfait.
Reprends ton fils tant qu’il y a de l’espoir ; mais ne t’emporte pas jusqu’à le faire succomber sous tes coups.
Corrige ton fils, car il y a lieu d’espérer ; ne te laisse pas aller à le tuer97*.
97* D’après le commentaire, il pourrait y avoir trois sens : 1° Le père doit corriger son fils avec mesure ; 2° Il ne doit pas craindre que la correction le tue ; 3° Le père conserve la vie à son fils en le corrigeant (car le manque d’éducation causerait sa mort). V. plus loin, 23:13-14.
L’homme facilement irritable s’attire un châtiment ; si vous croyez éloigner un mal, vous l’augmentez17.
17 Version incertaine.
Celui qui se met souvent en colère se charge de péchés ; car, si tu es délivré d’un malheur, tu tomberas encore dans un autre plus grand98*.
98* Litt. : Si tu te délivres d’une chose, tu augmentes dans une autre. C’est-à-dire : La colère amène des péchés qui font tomber l’homme d’un malheur dans un autre. Mais si l’on met ce verset en rapport avec le précédent et le suivant, il signifierait : Car (en ne corrigeant pas ton fils) il deviendrait irascible et chargé de péchés. Tu dois donc le sauver et augmenter tes corrections.
Écoute les conseils, accueille les remontrances, pour que finalement tu deviennes sage.
Écoute les conseils, et accepte la leçon, pour que tu sois plus tard considéré comme un sage99*.
99* Commentaire : Parce que, dans ce monde, les résultats de l’éducation ne se connaissent pas tout de suite, ou bien parce qu’il est impossible de se réformer dans la vieillesse ; ou bien, l’éducation profite dans l’autre monde, pour obtenir la vie future.
Nombreuses sont les conceptions dans le cœur de l’homme ; mais c’est le dessein de l’Éternel qui l’emporte.
Sache que les pensées sont nombreuses dans le cœur de l’homme, et c’est la décision de Dieu qui s’accomplit.
C’est un désir chez l’homme d’être bon ; mieux vaut être pauvre que menteur.
C’est le désir de tout homme qu’on lui fasse du bien ; mais il vaut mieux montrer sa pauvreté que de mentir100*.
100* C’est-à-dire : Il vaut mieux montrer son impuissance à satisfaire les désirs de celui qui demande, que de lui faire de vaines promesses.
La crainte de l’Éternel est un gage de vie ; [grâce à elle] on vit dans l’abondance, sans être visité par le malheur.
La crainte de Dieu mène à la vie ; et celui qui s’y attache le plus possible ne sera pas éprouvé par le mal.
Le paresseux introduit la main dans le plat : il ne la retire point, même pour la porter à la bouche.
On voit le paresseux plonger sa main dans le plat ; il est impuissant à la ramener à sa bouche.
Donne des coups au persifleur, le sot en deviendra sage ; fais de la morale à l’homme intelligent, il n’en appréciera que mieux le savoir.
De même que si tu frappes le moqueur, il se réveille de son insouciance ; ainsi quand tu avertis l’homme intelligent, il comprend la science.
Un fils sans vergogne et sans pudeur désole son père, fait fuir sa mère.
On voit un fils d’une conduite indigne et honteuse dépouiller son père et faire fuir sa mère.
Laisse tout, mon fils, pour écouter la morale, [sous peine] de dévier des leçons de la sagesse.
Abstiens-toi, mon fils, d’écouter des leçons qui te feraient négliger les paroles de la science101*
101* C’est-à-dire : De mauvaises leçons.
Un témoin scélérat se joue de la justice ; la bouche des méchants est avide d’iniquité.
Celui qui intervient dans la justice102* est comme un faux témoin, et la parole des méchants cache la violence.
102* C’est-à-dire : Celui qui, sans être appelé, plaide pour ou contre l’une des deux parties.
Les châtiments sont tout prêts pour les railleurs, et les coups pour l’épaule du sot.
Les condamnations sont préparées pour les moqueurs, et les coups pour les dos des sots.
Moqueur est le vin, bruyante la boisson fermentée : qui s’en laisse troubler manque de sens.
Le vin est moqueur, la liqueur troublante ; quiconque s’y délecte ne deviendra pas sage103*.
103* Le vin excite l’esprit et rend moqueur : la liqueur trouble l’esprit.
La terreur qu’inspire le roi est comme le rugissement du lion ; qui l’irrite compromet sa vie.
La crainte même104* qu’inspire le roi est comme le rugissement du lion : qui passe outre pèche contre lui-même.
104* Non seulement la colère du roi (v. ci-dessus, xix, 12), mais même sa majesté.
C’est l’honneur de l’homme de se tenir loin des disputes ; mais tout sot s’y jette à corps perdu.
L’honneur de l’homme consiste à s’éloigner loin de la querelle, et tout sot s’y obstine.
Sous prétexte de froid le paresseux s’abstient de labourer ; la moisson venue, il cherche et ne trouve rien.
Le paresseux ne laboure pas en automne ; il cherche quelque chose au moment de la moisson et ne trouve rien.
Telles des eaux profondes, les idées abondent dans le cœur humain : l’homme avisé sait y puiser.
Le conseil dans le cœur de l’homme est comme l’eau profonde ; l’homme intelligent seul sait l’y puiser.
Nombre d’hommes sont vantés pour leur bonté ; mais qui trouvera un homme d’une entière loyauté ?
On trouve la plupart des hommes vantant chacun leurs qualités ; mais un homme vraiment sincère, qui le trouvera ?
Le juste marche dans son intégrité ; heureux, ses enfants après lui !
Le juste marche dans son intégrité ; heureux ses enfants après lui !
Le roi, assis sur le trône de justice, disperse par ses regards tous les malfaiteurs.
Il convient que le roi assis sur le siège de la justice écarte105* de sa présence tout méchant.
105* Litt. : Disperse.
Qui osera dire : « J’ai débarrassé mon cœur de toute tache, je suis purifié de mes péchés ? »
Qui donc dira : J’ai purifié mon cœur ; je suis exempt de tout péché,
Deux poids et deux mesures sont également en horreur à l’Éternel.
alors que (d’avoir) deux poids différents et deux mesures qui ne sont pas justes, Dieu abhorre tout cela106*.
106* Il est interdit d’avoir, chez soi, des poids et mesures non vérifiés, sinon on n’est pas pur de tout péché.
Déjà le jeune homme se révèle par ses actes, laissant deviner si son œuvre sera pure et droite.
On reconnaît déjà le jeune homme à sa manière d’être, que sa façon d’agir soit pure ou (simplement) droite107*,
107* L’homme est bon à son origine, il peut être perfectionné par l’éducation ou rester droit par nature. Il n’est perverti que par une mauvaise éducation.
L’oreille qui entend, l’œil qui voit, l’Éternel les a faits tous deux.
de même que l’oreille qui entend et l’œil qui voit, Dieu les a créés tous deux.
N’aime pas trop le sommeil, sous peine de t’appauvrir ; aie les yeux ouverts et tu auras du pain en abondance.
N’aime pas le sommeil, afin de ne pas devenir pauvre ; ouvre les yeux, et tu trouveras ta subsistance.
« Mauvais, mauvais ! » dit l’acheteur : il se retire et s’applaudit [du marché].
On entend l’acheteur dire : Mauvais ! mauvais ! Mais lorsque c’est à son tour de (vendre la marchandise), il la loue.
Il existe de l’or, une quantité de perles fines ; mais la parure précieuse [entre toutes], ce sont des lèvres intelligentes.
On trouve l’or, la quantité de perles et les vases précieux avec les paroles du savoir108*.
108* C’est-à-dire : Chez celui qui parle avec science.
Quelqu’un s’est-il porté garant pour un étranger, saisis son vêtement ; s’il cautionne une inconnue, nantis-toi de son gage.
Il est permis de saisir le vêtement de celui qui s’est porté garant pour un étranger et l’a mis en gage pour autrui109*.
109* Commentaire : L’Écriture défend de retenir, comme gage, le vêtement du débiteur, mais le permet pour le garant ; car l’un est dans le besoin, l’autre est riche.
Le pain dû au mensonge peut être agréable à l’homme ; finalement, sa bouche est pleine de gravier.
On voit le bien défendu être doux à l’homme ; et ensuite, sa bouche se remplit de gravier.
Que tes résolutions soient fondées sur la réflexion ; fais la guerre suivant un plan habile.
Puisque tous les calculs se réalisent au moyen de la délibération, à plus forte raison la guerre a-t-elle besoin d’artifices.
Qui colporte des commérages trahit des secrets ; n’aie aucun rapport avec le bavard imprudent.
Celui qui révèle les secrets colporte les médisances ; ne fréquente pas celui qui parle étourdiment.
Si quelqu’un maudit père et mère, que son flambeau soit comme un lumignon fumeux dans d’épaisses ténèbres !
Celui qui insulte son père et sa mère, son flambeau s’éteindra110* dans les ténèbres profondes,
110* Commentaire : Il ne saura plus se diriger au moment de la détresse, ou bien Dieu ne l’exaucera pas, ou bien il n’aura pas part au monde futur.
Un héritage souillé18 dans sa source ne saurait être béni dans la suite.
18 מבחלת ; d’après le Keri מבהלת « acquis avec précipitation ».
son héritage sera troublé dès le début, et ne sera pas béni à la fin.
Ne dis pas : « Je veux rendre le mal ! » Espère en Dieu, il te prêtera secours.
Ne dis pas : Je veux rendre le mal (pour le mal). Espère en Dieu, il viendra à ton aide.
Deux poids sont en horreur à l’Éternel ; des balances trompeuses, quelle détestable chose !
De même que Dieu abhorre deux poids différents, de même il n’est pas bon d’avoir une fausse balance111*.
111* C’est-à-dire : Non vérifiée.
Les pas de l’homme sont dirigés par Dieu ; mais combien l’homme doit considérer sa voie !
De Dieu vient la direction des pas de l’homme ; mais le mortel, que sait-il de son chemin ?
L’abus des choses saintes est un piège pour l’homme, comme de prodiguer les vœux.
C’est un piège pour l’homme que d’avaler les choses sacrées et de faire des recherches après les vœux112*.
112* Commentaire : Soit pour prendre les objets consacrés par d’autres, soit pour trouver un moyen de ne pas accomplir ses propres vœux.
Un roi sage disperse les méchants et fait passer la roue sur eux.
Le roi sage est celui qui disperse les méchants et qui fait tourner sur eux la roue113*.
113* Soit, au propre, que le roi broie les méchants sous la roue ; soit, au figuré, qu’il retourne contre eux le mal qu’ils voulaient faire aux justes.
L’âme de l’homme est un flambeau divin, qui promène ses lueurs dans les replis du cœur.
La science de Dieu est un flambeau éclairant les âmes des hommes ; elle scrute toutes les retraites des secrets.
La bonté et la vérité protègent le roi ; le soutien de son trône, c’est l’amour.
La vérité et la bonté doivent protéger le roi, car c’est par elles qu’il soutient son trône.
La vigueur est la gloire de la jeunesse, les cheveux blancs la parure de la vieillesse.
La force est un honneur pour les jeunes gens, et les cheveux blancs un ornement pour les vieillards.
De cuisantes blessures sont comme un onguent pour le méchant, ainsi que des coups qui retentissent jusqu’au fond de l’être19.
Faire montre de sa méchanceté, (c’est chercher) les blessures, les meurtrissures et les coups pénétrants114*.
114* Parce qu’on s’attire la haine des hommes, comparable aux blessures visibles, et la haine de Dieu, qui frappe intérieurement.
Le cœur du roi est comme un ruisseau dans la main de l’Éternel ; il le dirige partout où il veut.
Le cœur du roi, pour l’obéissance à Dieu, est comme les cours d’eau115* ; il convient qu’il le dirige partout où (Dieu) veut.
115* Que l’homme peut diriger en tous sens.
Aux yeux de l’homme, toutes ses voies paraissent droites, mais Dieu sonde les cœurs.
Toutes les voies de l’homme lui paraissent justes ; mais Dieu dirige les esprits,
Pratiquer la charité et la justice est plus agréable à Dieu que le sacrifice.
en (leur apprenant) que la justice et l’équité sont préférées par lui aux sacrifices.
Des yeux hautains, un cœur gonflé, tout l’éclat20 des méchants n’est que péché.
20 נִר = נֵר .
La marque des méchants, dans leur péché, est le regard hautain et le cœur insatiable116*.
116* 6:6) Litt. : la largesse du cœur.
Les projets de l’homme actif tournent à son avantage ; être impatient [de s’enrichir], c’est aboutir au dénuement.
Les calculs de l’homme actif sont toujours dépassés ; quant à l’homme craintif, il reste toujours en arrière117*.
117* Il a peur d’accomplir ce qu’il avait projeté.
Les trésors acquis par une langue menteuse sont un souffle qui se dissipe, un piège21 mortel.
21 מוקשי pour מבקשי , d’après Raschi.
Des trésors acquis par des paroles mensongères sont des atomes de poussière qui se dissipent pour des gens qui cherchent la mort118*.
118* Commentaire : L’argent mal acquis ne dure pas et entraîne pour ses possesseurs la perte de la vie future.
La violence des méchants les entraîne eux-mêmes, car ils se refusent à pratiquer la justice.
L’injustice des méchants les entraîne, s’ils refusent d’accepter le jugement119*.
119* Commentaire : C’est-à-dire que, s’ils refusent de se soumettre aux jugements portés contre eux, on refusera également de leur faire justice, le jugement leur fût-il favorable.
Perverse est la voie de l’homme immoral ; l’œuvre de celui qui est pur est droite.
On voit l’homme être versatile dans sa route et s’en écarter, et l’homme pur est celui qui est stable dans sa conduite.
Mieux vaut habiter l’angle d’un toit que de partager sa demeure avec une femme acariâtre.
Mieux vaut être assis à l’angle d’un toit que d’habiter avec une femme querelleuse et acariâtre.
L’âme du méchant aspire au mal ; même son ami ne trouve pas grâce à ses yeux.
Lorsque l’âme du méchant désire le mal, on voit son ami ne pas trouver grâce à ses yeux.
Punissez le railleur, le niais en sera assagi ; instruisez le sage, il fera accueil au savoir.
Par le châtiment du moqueur, l’homme insouciant devient raisonnable, et par l’instruction du sage, il acquiert la science.
Un [Dieu] juste observe la demeure du méchant et culbute les pervers pour leur malheur.
Lorsque le juste se montre intelligent dans la maison de l’impie, il égare les méchants (pour les conduire) au malheur.
Qui se bouche les oreilles devant les supplications du pauvre, criera à son tour et ne sera pas exaucé.
Celui qui ferme son oreille aux cris du pauvre appellera lui aussi et ne sera pas écouté.
Un présent glissé furtivement fait tomber la colère : un cadeau offert en secret, le plus violent courroux.
Le présent (fait) en secret fléchit la colère, et le cadeau (caché) dans la manche arrête une violente fureur120*.
120* Il s’agit de la colère d’un tyran, ou bien de la colère de Dieu, que la charité apaise.
Pratiquer la justice est une joie pour l’homme de bien et un supplice pour les artisans d’iniquité.
Comme le juste se réjouit d’exercer la justice, de même les fauteurs d’iniquité en sont bouleversés.
L’homme qui s’égare hors de la voie de la raison ira reposer dans la troupe des trépassés.
Tout homme qui s’écarte du chemin de l’intelligence reposera dans la société de ceux qui ont péri.
Qui aime les plaisirs deviendra besogneux ; qui a un faible pour le vin et l’huile ne fera pas fortune.
Celui qui aime les plaisirs tombe dans le besoin, et celui qui aime le vin et l’huile ne s’enrichit pas.
Le méchant sert de rançon pour le juste ; le perfide sera pris pour les hommes droits.
Parfois le méchant devient la rançon du juste, et l’imposteur remplace l’homme droit.
Mieux vaut demeurer dans un pays désert qu’avec une femme acariâtre et irascible.
Mieux vaut habiter un pays désert que de demeurer avec une femme querelleuse et rusée.
Dans la maison du sage se conservent trésors précieux et huile ; un homme sot engloutit tout.
Les provisions choisies et la graisse se trouvent dans la demeure du sage, l’homme sot les gaspille.
Mettez-vous en quête de la justice et de la bonté : vous trouverez vie, salut et honneur.
Celui qui recherche la justice et la générosité trouvera la vie, la pureté et l’honneur121*.
121* Commentaire : Dieu lui accordera la longévité dans ce monde, et, dans l’autre, il sera pur et glorieux.
Le sage escalade une ville pleine de guerriers et fait tomber la citadelle où elle mettait sa confiance.
Parfois le sage monte à la citadelle des guerriers et renverse la forteresse qui faisait leur sécurité.
Mettre un frein à sa bouche et à sa langue, c’est se préserver de bien des tourments.
Qui garde sa bouche et sa langue préserve sa personne des malheurs.
Un insolent qui se pavane, son nom est « moqueur » ; il agit avec une arrogance sans borne.
L’effronté vaniteux s’appelle moqueur ; il pratique son effronterie avec emportement122*.
122* Il simule l’emportement pour paraître sincère.
Les désirs du paresseux le tuent, car ses mains se refusent à agir.
Le désir du paresseux va presque jusqu’à le tuer, parce que ses mains se refusent à travailler.
Sans cesse on conçoit de nouveaux désirs ; mais le juste donne et ne compte pas.
Toute la journée il a des désirs, le juste satisfait les siens sans ménagement.
Le sacrifice des impies est une abomination, d’autant plus qu’ils l’offrent avec une arrière-pensée.
Le sacrifice offert par les méchants est une abomination, d’autant plus qu’ils ne l’apportent qu’en échange d’une mauvaise action123*.
123* Ils comptent d’avance sur le sacrifice pour effacer la mauvaise action qu’ils vont commettre.
Un témoin mensonger se perd ; l’homme qui sait écouter aura toujours le droit de parler.
De même que le faux témoin périt, l’homme qui écoute parlera toujours124*.
124* Le commentaire donne trois sens différents : 1° Le faux témoin périra, mais celui qui rapporte fidèlement ce qu’il a entendu subsistera ; 2° Le châtiment du faux témoin doit toujours être cité, pour servir d’avertissement ; 3° Le faux témoin périt, mais l’homme qui écoute Dieu, subsiste.
L’homme pervers paie d’audace ; l’homme de bien choisit avec soin sa direction.
Lorsque le méchant prend un air effronté, il convient que l’homme droit comprenne quelle voie suit (ce méchant)125*.
125* Pour ne pas imiter ce méchant, pour le ramener au bien, ou pour prendre une leçon du châtiment qui l’atteint.
Il n’y a ni sagesse, ni prudence, ni résolution qui vaillent contre l’Éternel.
Il n’y a ni sagesse, ni intelligence, ni conseil auprès de Dieu126*.
126* C’est-à-dire : Dieu n’a pas besoin d’acquérir tout cela, car il en est la source. D’après une autre leçon : Il n’y a ni sagesse, ni intelligence, etc.. en face de Dieu, c’est-à-dire qui tiennent contre lui.
On équipe le cheval pour le jour du combat, mais c’est l’Éternel qui est maître de la victoire.
Le cheval est préparé pour le jour du combat, mais le (vrai) secours (vient) de Dieu.
Un nom [estimé] est préférable à la grande richesse : la sympathie est plus précieuse que l’argent et que l’or.
La réputation est préférable à la grande richesse, et une bonne considération à l’or et à l’argent.
Riche et pauvre sont sur la même ligne : l’Éternel les a faits l’un et l’autre.
Lorsque le riche elle pauvre se rencontrent, il faut que tous deux sachent que Dieu les a créés127*.
127* Commentaire : Le riche doit faire du bien au pauvre et le pauvre ne doit pas être jaloux du riche.
L’homme avisé aperçoit le danger et se met à l’abri ; les niais passent outre et en pâtissent.
L’homme avisé voit le mal et s’en garantit, les insouciants passent outre et sont frappés.
Fruits de l’humilité, de la crainte de Dieu : richesse, honneur et vie !
La récompense de l’humilité et de la crainte de Dieu, ce sont la richesse, l’honneur et la vie.
Des lacets et des pièges sont semés sur la route du pervers ; qui tient à sa vie s’en éloigne.
Il y a des épines128* et des pièges dans le chemin raboteux129* ; celui qui a souci de lui-même s’en éloigne.
128* Litt. : De grosses aiguilles.
129* Au sens propre et au sens moral.
Donne au jeune homme de bonnes habitudes dès le début de sa carrière ; même avancé en âge, il ne s’en écartera point.
Dirige l’enfant d’après son âge, car, lorsqu’il sera vieux, il ne déviera pas de cette direction.
Le riche prime les pauvres ; le débiteur est prisonnier de son créancier.
Comme le riche domine le pauvre, il convient que l’emprunteur soit comme le serviteur du préteur.
Qui sème l’injustice, récolte l’adversité, l’instrument de sa passion sera anéanti22.
22 Douteux.
Qui sème l’injustice révolte l’iniquité, et la verge de son emportement disparaît.
Celui qui a bon cœur sera béni, car il partage son pain avec le pauvre.
C’est l’homme généreux qui est béni130*, quand il donne de sa nourriture au pauvre.
130* Par les hommes et par Dieu.
Expulse le persifleur, la discorde décampera avec lui, plus de disputes ni d’injures !
Chasse le moqueur, la querelle s’en ira, et le procès et l’ignominie chômeront.
Un ami au cœur pur, par l’agrément de ses lèvres, gagne l’affection du roi.
Si quelqu’un aime la pureté du cœur, ses paroles ont de l’agrément et les rois sont ses amis131*.
131* Les rois mêmes recherchent son amitié.
Les yeux de l’Éternel protègent le vrai savoir ; mais ils renversent les entreprises du perfide.
La sollicitude divine protège les hommes de la science et pervertit les paroles des perfides.
Le paresseux s’écrie : « Il y a un lion dehors ! Je vais être massacré en pleine rue ! »
On voit le paresseux dire : Il y a un lion sur la place, et au milieu des rues je crains d’être tué.
La bouche des femmes étrangères est comme un abîme profond ; celui que Dieu réprouve y tombe.
La fosse profonde, ce sont les écarts de langage132* ; Dieu réprouve celui qui y tombe.
132* Les paroles des choses à éviter, c’est-à-dire les injures et les insultes.
La sottise est attachée au cœur de l’adolescent ; la verge qui châtie doit l’en arracher.
La sottise attachée au cœur du jeune homme en sera écartée par la verge de l’éducation.
On pressure le pauvre, et cela tourne à son profit ; on donne au riche, et c’est un appauvrissement pour lui.
Lorsqu’on opprime un pauvre pour augmenter son propre avoir ou pour donner à un riche, tout cela aboutit à une perle.
Incline ton oreille et écoute les paroles des sages ; prête ton attention aux leçons de mon expérience.
Incline l’oreille et écoule les paroles des sages, et sois attentif à ma science.
Il sera beau pour toi de les retenir en ton cœur, de les fixer en permanence sur tes lèvres.
Certes, il est agréable que tu les gardes dans ton cœur, qu’elles se fixent toutes dans ton langage,
Mets ta confiance en l’Éternel ; voilà ce que je t’enseigne à toi-même en ce jour.
et que ta confiance soit en Dieu ; je te l’enseigne aujourd’hui à toi aussi.
N’est-ce pas à ton intention que j’ai consigné par écrit d’importantes maximes, en fait de bons conseils et d’expérience,
Ne t’ai-je pas écrit des chefs-d’œuvre133* en fait de conseils et de science,
133* Litt. : des rois, terme qui désigne en arabe des livres supérieurs.
pour t’apprendre ce qu’il y a de réel dans les dictons de la vérité et te permettre de présenter fidèlement les choses à ceux qui t’envoient ?
pour que tu connaisses les paroles de justice et de vérité et que tu répondes par des paroles de vérité à ceux qui te consultent134* ?
134* Saadia voit, dans ces versets, l’exposé des cinq sources de la connaissance : 1° les sens, comme l’ouïe et la vue (v. 18) ; 2° l’intelligence (v. 19) ; 3° l’Écriture (v. 20) ; 4° la tradition (v. 17) ; 5° le raisonnement (v.21).
Ne dépouille pas le faible parce qu’il est sans défense ; n’écrase pas le pauvre à la Porte23,
23 En justice.
Ne dépouille pas le pauvre parce qu’il est pauvre, et ne traite pas injustement l’indigent sur les places publiques,
car l’Éternel prend en mains leur cause et il traite avec rigueur ceux qui leur infligent des vexations.
car Dieu défendra leur cause et ôtera la vie à ceux qui leur font du tort.
Ne fraye pas avec un homme irascible, ne lie pas société avec quelqu’un qui s’emporte :
Ne te lie pas avec un homme irascible135*, et ne fréquente pas celui qui s’emporte,
135* Le sens caché est : Avec un homme qui s’est attiré la colère de Dieu.
tu pourrais copier leurs mœurs et t’engager toi-même dans un piège.
pour que tu n’apprennes pas ses manières de se conduire, ce qui serait un piège pour toi-même.
Ne sois pas de ceux qui disent : « Touchez-là ! » et qui se portent garants pour des emprunts.
Ne sois pas parmi ceux qui prennent des engagements et
Que tu n’aies pas de quoi payer, pourquoi t’exposer à ce que l’on saisisse la couche où tu reposes ?
car alors, si tu n’as pas de quoi payer, (le créancier) ne prendra pas ton lit de dessous toi.
Ne déplace pas les bornes antiques, que tes pères ont posées.
Ne déplace pas la borne perpétuelle qu’ont posée tes pères.
Vois cet homme diligent dans son travail : il pourra paraître devant les rois au lieu de se tenir auprès des gens obscurs.
Lorsque tu vois un homme habile dans son métier, il se mettra au service des rois et non au service du vulgaire136*.
136* C’est-à-dire : On ne doit pas changer les usages établis, non plus qu’enlever à quelqu’un les fonctions dont il a été chargé par les prédécesseurs.
Lorsque tu t’attables pour manger avec un supérieur, considère bien qui tu as devant toi.
Lorsque tu t’assois à la table du roi, considère ce qui est devant toi.
Tu t’enfonceras un couteau dans la gorge, si tu te comportes en glouton.
Mets un couteau dans ton gosier, si tu es un homme de grand appétit.
Ne convoite pas ses plats fins, car c’est une nourriture trompeuse.
Ne convoite pas ses mets, car c’est une nourriture qui peut (venir à te) manquer.
Ne te fatigue pas pour t’enrichir renonce à ton savoir-faire.
Ne te fatigue pas en cherchant à t’enrichir ; abstiens-toi d’y appliquer ta raison.
Tes regards se seront à peine posés sur la fortune, qu’elle ne sera plus ; car elle ne manquera pas de s’acquérir des ailes, tel un aigle qui s’envole dans les cieux.
Car, tandis que tes yeux fixent (la richesse), elle n’est déjà plus, mais elle se fait des ailes comme l’aigle qui vole dans le ciel.
Ne mange pas le pain d’un avare et ne convoite pas ses friandises.
Ne goûte pas la nourriture de l’avare et ne convoite pas ses mets.
Car c’est comme un coup de poignard pour lui : c’est sa façon d’être. « Mange et bois », te dira-t-il, mais son cœur n’y est pas.
En effet, comme il l’avait décidé en lui-même, il te dit : Mange et bois ; mais son cœur n’est pas avec toi.
Le morceau de pain mangé par toi, tu le vomiras et tu auras dépensé en pure perte tes paroles aimables.
Et lorsque tu auras mangé ton morceau, tu le vomiras, et tu auras gâté par là tes bonnes choses137*.
137* Peut-être : et tu auras gaspillé tes amabilités.
Ne parle pas aux oreilles du fou, car il méprisera tes discours pleins de bon sens.
En présence du sot, ne parle pas de manière à ce qu’il méprise ce qu’il y a de rationnel dans ton discours138*.
138* C’est-à-dire : Ce qu’on ne peut comprendre qu’au moyen de la raison. Il faut parler aux sots simplement et se mettre à leur portée.
Ne recule pas les bornes antiques, et n’empiète pas sur le champ des orphelins ;
Ne déplace pas les bornes anciennes et n’entre pas139* dans le champ des orphelins,
139* Commentaire : À plus forte raison n’entre pas, etc.
car puissant est leur défenseur, il prendra en mains leur cause contre toi.
car leur protecteur est puissant, et il prendra en main leur cause contre toi.
Ouvre ton cœur à la morale et tes oreilles aux paroles de raison.
Incline ton cœur à (accepter) la leçon, et ton oreille à (écouter) les paroles de la science.
N’épargne pas les corrections au jeune homme ; si tu le frappes avec la verge, il n’en mourra point.
N’épargne pas à l’enfant la correction ; si tu le frappes de la verge, il n’en mourra pas,
Au contraire, frappe-le avec la verge, et tu sauveras son âme du Cheol.
car tu le frapperas de la verge, et tu sauveras son âme de la perdition.
Mon fils si ton cœur acquiert la sagesse, mon cœur à moi en aura de la joie ;
Mon fils, si ton cœur devient sage, mon cœur à moi aussi se réjouit,
mes reins seront transportés d’aise, quand tes lèvres s’exprimeront avec rectitude.
et mes entrailles tressaillent de joie, lorsque les lèvres parlent avec droiture.
Que ton cœur n’envie pas le sort des pécheurs, mais [s’attache] constamment à la crainte du Seigneur ;
Que ton cœur ne porte pas envie aux pécheurs, mais toujours (à ceux qui persévèrent) dans la crainte de Dieu,
car assurément il y a un avenir, et ton espoir ne sera point anéanti.
car il y a pour toi un avenir, et ce que tu as espéré ne te sera pas enlevé.
Écoute-moi bien, mon fils, et deviens sage ; dirige ton cœur dans le droit chemin.
Écoute, ô toi, mon fils, et deviens sage ; parmi les voies à suivre, dirige bien ton cœur.
Ne sois point parmi les buveurs de vin, parmi les amis de la bonne chère ;
Ne sois pas de ceux qui boivent le vin avec excès, ou qui dépassent la mesure pour la chair.
car ivrogne et gourmand tombent dans la misère ; le goût du sommeil réduit à se couvrir de haillons.
Parce que celui qui fait des excès et celui qui dépasse la mesure s’appauvrissent ; et trop de sommeil fait revêtir les haillons.
Sois docile à ton père qui t’a donné le jour et ne dédaigne pas la vieillesse de ta mère.
Écoute ton père qui t’a engendré, et ne méprise pas ta mère, quand elle a vieilli.
Achète la vérité et ne la revends pas, non plus que la sagesse, la morale et la raison.
Achète la vérité et ne vends pas la sagesse, ni la morale, ni la raison.
Le père d’un juste est au comble de la joie ; qui a donné naissance à un sage est heureux.
Le père du juste éprouve de la joie, et celui qui a engendré le sage se réjouit de lui,
Que ton père et ta mère se réjouissent donc ; qu’elle jubile, celle qui t’a enfanté !
lorsqu’on dit à (cet enfant) : Ton père et ta mère peuvent se réjouir, et les grands-parents peuvent être heureux !
Mon fils, donne-moi ton cœur et aie les yeux ouverts sur ma voie24.
24 C’est la Sagesse qui parle. Cf. Chapitres 7 et 9.
Tourne, ô mon fils, ton cœur vers moi, et que tes yeux observent mes voies.
Car la courtisane est un abîme sans fond, l’étrangère, un puits étroit.
Car la femme adultère est une fosse profonde, et l’étrangère est comme un puits étroit.
Aussi bien, elle se met en embuscade comme un brigand ; elle multiplie les trahisons parmi les hommes.
Elle, de son côté, se met en embuscade comme (poussée par) une suggestion, et elle augmente, parmi les hommes, le nombre des infidèles140*.
140* Commentaire : L’homme se précipite comme dans un puits, profond et étroit, d’où il est bien difficile de se tirer, et la femme sera punie pour des pièges qu’elle tend.
Pour qui les ah ! pour qui les hélas ! pour qui les disputes et pour qui les plaintes ? pour qui les blessures gratuites et pour qui la vue trouble ?
Pour qui les hélas ! pour qui les lamentations, pour qui les disputes, pour qui les divagations, pour qui les blessures gratuites, et pour qui les yeux enflammés ?
Pour ceux qui s’attardent à boire, pour ceux qui vont déguster le vin parfumé.
Pour ceux qui s’attardent jusqu’au matin auprès du vin et qui s’avancent pour déguster la boisson mélangée.
Ne couve pas de tes regards le vin vermeil qui brille dans la coupe : il glisse doucement,
Ne regarde pas le vin, quand il devient rouge, qu’il te donne sa couleur dans la coupe, et se glisse tout droit.
et finit par mordre comme un serpent, par piquer comme un aspic.
Car, à la fin, il mord comme le serpent et lance son venin comme le serpent jaspé.
Alors tes yeux voient des choses étranges et ton cœur laisse échapper des propos incohérents.
Tes yeux verront des choses étranges, et ton cœur concevra des pensées incohérentes.
Tu te crois gisant au fond de la mer, couché au sommet d’un mât.
Et tu seras comme si tu dormais dans les profondeurs de la mer, ou comme si tu sommeillais au haut d’un mât.
« On m’a frappé [diras-tu], et je n’ai pas eu de mal ; on m’a roué de coups, et je ne l’ai pas senti. Quand donc me réveillerai-je ? Je recommencerai, j’en demanderai encore ! »
Tu diras : On m’a frappé et je n’en ai pas souffert ; on m’a battu sans que je m’en sois aperçu. Quand je me réveillerai, je recommencerai et rechercherai toujours (le vin)141*.
141* L’homme ne doit pas se laisser séduire par l’odeur du vin (fin du v. 30), ni par sa couleur, ni par son goût (v. 31), car la raison de l’ivrogne se trouble et son caractère change ; il devient insensible aux coups et ne redemande qu’à boire.
Ne jalouse pas les hommes d’iniquité ; ne souhaite pas de frayer avec eux
Ne sois pas jaloux des méchants et ne désire pas être avec eux,
car leur cœur machine des ruines, et leurs lèvres débitent l’injustice.
car leurs cœurs méditent la spoliation et leurs lèvres profèrent des paroles vicieuses.
C’est par la sagesse que s’édifie la maison c’est par la raison qu’elle se consolide.
Par la sagesse les maisons se bâtissent, par l’intelligence elles s’affermissent,
Grâce à l’intelligence, le logis se remplit de toute sorte de biens rares et précieux.
et par la science les chambres se remplissent de tous les biens précieux et agréables.
Le sage est armé d’énergie, et l’homme d’expérience voit doubler sa force.
toi, dont la sagesse fait la force, et pour qui la science est une aide puissante,
C’est en suivant un plan habile que tu dois entreprendre la guerre ; la victoire est assurée par la multitude des conseillers.
sache que tu feras la guerre à l’aide de la finesse, et que le secours vient de l’abondance des conseils.
Les données de la sagesse sont inaccessibles au sot ; à la Porte, il n’ouvre pas la bouche.
Le sot trouve la sagesse trop élevée pour lui ; dans les assemblées il n’ouvre pas la bouche.
Qui médite de faire le mal, on l’appelle l’homme aux [noirs] projets.
Combien y a-t-il qui méditent le mal et que les gens appellent hommes de réflexion !
Le péché est une conception de la folie, et les gens ont horreur du persifleur.
La sottise est une abomination et un péché142*, et la moquerie est détestée de l’homme.
142* Commentaire : Parce qu’elle produit l’abomination et le péché.
Il faiblit au jour de la détresse : c’est que ton courage a l’haleine courte.
Si tu te relâches an jour du malheur143*, tes forces déclineront144*.
143* Qui arrive à autrui.
144* Quand tu en auras besoin pour toi-même.
Sauve ceux qu’on traîne à la mort, ne manque pas de défendre ceux qui vont au supplice.
Délivre ceux qui sont conduits à la mort ; et ceux qui sont sur le point d’être tués il convient que tu les sauves.
Tu diras peut-être : « Cet homme-là, nous ne le connaissons pas ! » Mais celui qui pénètre au. fond des cœurs comprend ; celui qui veille sur ta vie sait, et il rétribue chacun selon ses œuvres.
Et si lu dis : Nous ne savons rien145* ; certes, celui qui dispose les cœurs comprend, et celui qui garde ton âme le sait ; il rétribue l’homme selon ses actions.
145* « Nous ne connaissons pas la personne qui est en danger » ou « nous ne connaissons pas le moyen de la sauver », ou « nous ne savons ce que nous gagnons à la sauver. »
Mange du miel, mon fils, car c’est bon ; les rayons en seront doux à ton palais.
mon fils, de même que tu manges le miel parce qu’il est bon, et le rayon parce qu’il est doux dans ton palais,
Telle est, sache-le bien, la sagesse pour ton âme ; si tu t’en rends maître, il y a de l’avenir pour toi, ton espoir ne sera pas anéanti.
de même connais la sagesse, car elle est utile à ta personne ; si tu la trouves, tu trouveras un avenir146*, et ton espoir ne sera pas tranché.
146* Tu seras assuré du monde futur.
Méchant, pas de machination secrète contre la demeure du juste ! Pas d’entreprises contre le lieu de sa résidence !
Ne dresse pas d’embûches contre la demeure de celui qui est dans son droit, car tu commets une injustice à son égard, et ne dépouille pas son gîte,
Car le juste tombe sept fois, et se relève ; mais les méchants sont culbutés par le malheur.
car le juste, même s’il tombe souvent, se relève, tandis que les injustes trébuchent dans le mal.
Lorsque ton ennemi tombe, ne te réjouis point ; s’il succombe, que ton cœur ne jubile pas !
Lorsque ton ennemi tombe, ne t’en réjouis pas ; lorsqu’il est frappé par le malheur, n’aie pas le cœur joyeux,
L’Éternel verrait cela de mauvais œil, et il détournerait de lui sa colère.
de peur que Dieu ne le voie, que cela ne lui déplaise et qu’il ne retire de lui sa colère (pour la tourner) contre toi.
Ne porte pas envie aux malfaiteurs, ne jalouse pas les méchants ;
Ne rivalise pas avec les méchants, et n’envie pas les injustes.
car le méchant n’a pas d’avenir : la lumière des impies est fumeuse.
Car au méchant il ne restera pas d’avenir, et le flambeau des injustes s’éteindra.
Crains l’Éternel, mon fils, ainsi que le roi : ne te mêle pas aux novateurs ;
Crains Dieu, mon fils, et son vicaire147*, et ne te mêle pas à ceux qui leur donnent des associés148* ;
147* C’est-à-dire le roi qui est le représentant de Dieu sur la terre.
148* Commentaire : C’est-à-dire ceux qui rejettent l’unité chez Dieu ou dans le gouvernement. Le mot hébreu schonim peut avoir aussi d’autres sens : 1° ceux qui sont changeants ; 2° ceux qui retombent dans leurs fautes ; 3° ceux qui racontent ce qu’ils ne font pas.
car soudain, le désastre fond sur eux : qui peut mesurer les coups que leur réservent l’un et l’autre ?
car le malheur (qui vient) d’eux, arrivera soudain ; et la ruine que tous deux amènent, qui en connaît le moment ?
Les sentences suivantes émanent également des sages : Faire acception de personnes en justice n’est pas une bonne chose.
Est-ce que de telles choses149* conviennent aux sages ? Il n’y a rien de bon à avoir égard aux personnes dans le jugement ;
149* Celles qui suivent.
Celui qui prononce sur le coupable en disant : « Tu es acquitté ! » les peuples le maudissent, les gens l’exècrent.
car celui qui dit au coupable : Tu es innocent, les peuples le railleront et les nations le réprouveront.
Mais on est bienveillant pour ceux qui [le] répriment, et il leur vient des souhaits de bonheur.
Pour ceux qui réprimandent il y a du bonheur, et la bénédiction de l’homme de bien descendra sur eux,
C’est comme un baiser des lèvres que de répliquer par des paroles équitables.
car celui qui donne une réponse juste est comme celui qui baise les lèvres150*.
150* Commentaire : Le juge qui donne tort à celui qui a tort : 1° sera favorisé par Dieu ; 2° il sera béni par celui à qui il a donné raison ; 3° celui à qui il a donné tort doit considérer sa décision comme un baiser, puisque le juge lui épargne une injustice.
Prépare-toi une occupation au-dehors, déploie ton activité dans ton champ, puis, tu édifieras ta maison.
Arrange ton travail dans la rue et prépare-le pour toi dans le champ, après cela construis ta maison151*.
151* C’est-à-dire : Ne te marie qu’avant d’avoir assuré les besoins de la famille que tu pourras avoir.
Ne témoigne pas sans motif contre ton prochain : prétendrais-tu exercer une séduction par tes lèvres ?
Ne rends pas un vain témoignage à ton prochain, en le trompant par ta parole.
Ne dis pas : « Comme il m’a traité, je le traiterai ; je rends à chacun selon ses œuvres. »
Ne dis pas (non plus) : « Comme il m’a fait, je lui ferai ; je lui rendrai selon sa façon d’agir152*. »
152* Il s’agit de celui qui fait de son prochain un éloge immérité, soit pour le flatter, soit pour le récompenser des éloges qu’il a lui-même reçus de celui-ci auparavant. »
J’ai passé près du champ d’un paresseux, près du vignoble d’un homme privé de sens.
Lorsque je passai près du champ d’un paresseux, et près de la vigne d’un homme sans intelligence,
Et voilà qu’il était tout envahi par l’ivraie ; les ronces en recouvraient la surface, l’enclos de pierres était en ruines.
voici que la plus grande partie avait produit des orties, et les ronces en couvraient la surface, et les pierres de la clôture étaient renversées.
Je contemplai ce spectacle, j’y donnai mon attention, et de cette vue je tirai une leçon :
Quand moi je le vis, je le pris à cœur, et quand je le regardai, j’en tirai une leçon.
« Ah ! dormir encore un peu, rester un peu assoupi, entrelacer un peu les mains pour reposer ! »
Un peu de sommeil et d’assoupissement, te croiser les bras encore un peu pour rester couché,
« Cependant, la pauvreté s’introduit chez toi comme un rôdeur, et la misère comme un guerrier armé25 ! »
25 Voir ci-dessus, 10:11.
et ta pauvreté viendra comme un voyageur, et ton dénuement comme un homme armé d’un bouclier.
Les proverbes qui suivent émanent également de Salomon et ont été colligés par les gens d’Ézéchias, roi de Juda.
Ceci fait également partie des proverbes de Salomon qu’ont transmis les gens de Hizqiya, roi de Juda.
La gloire de l’Éternel, c’est de s’entourer de mystère ; la gloire du roi est d’examiner les choses à fond.
La majesté de Dieu est une chose impénétrable, et la majesté du roi est à l’extrême limite des choses153*.
153* Le sens est, d’après le commentaire : Comme la majesté divine est infinie, parce que nous ne pouvons comprendre Dieu, de même, nous ne devons pas limiter la gloire royale. Saadia donne encore deux autres sens : 1° la majesté de Dieu consiste à cacher ses œuvres, tandis que le roi montre les siennes : 2° devant la majesté divine, l’homme n’est pas obligé de s’étendre sur ce qu’il désire, devant le roi il faut être explicite.
Tout comme les cieux en hauteur, la terre en profondeur, le cœur des rois est insondable.
Comme le ciel est ce qu’il y a de plus haut, et la terre ce qu’il y a de plus profond, de même la pensée des rois ne (doit) pas avoir de limite154*.
154* Commentaire : L’administration du roi doit être aussi bonne que possible, et si l’intelligence du roi est insuffisante, il faut que son entourage y supplée.
Qu’on sépare les scories de l’argent, et l’orfèvre le travaillera en objet d’art.
De même que si l’on ôte les scories de l’argent, il en sort pour le fondeur un beau vase,
Qu’on éloigne le méchant de la présence du roi, et son trône se trouvera affermi par la justice.
de même, si l’on écarte le méchant de devant le roi, son trône est affermi par la justice.
Ne te pavane pas devant le roi et n’occupe pas la place des grands.
Ne fais pas le glorieux devant le roi, et ne te mets pas à la place des grands,
Car mieux vaut pour toi qu’on te dise : « Monte là ! » que si on t’abaissait devant les nobles, chose que tes yeux ont déjà pu voir.
car il vaut mieux pour toi qu’on te dise : Monte ici, que d’être humilié en présence des nobles, comme tes yeux l’ont déjà vu.
Ne t’engage pas inconsidérément dans les luttes : tu t’exposerais à ne plus savoir que faire à la fin, si ton prochain te couvrait de confusion.
Ne l’avance pas précipitamment dans une dispute, de peur que (tu ne saches plus) à la fin quoi faire, lorsque ton prochain te confondra.
As-tu un procès avec ton prochain, défends-le, mais sans dévoiler des secrets qui ne t’appartiennent pas :
Poursuis contre ton prochain ta réclamation et ne révèle pas d’autre secret,
tu serais blâmé par ceux qui t’entendent et décrié sans retour.
de peur que(le juge)qui t’écoute ne te haïsse, et que lu ne sois perdu de réputation sans retour155*.
155* D’après Saadia, le verset 9 expliquerait le premier hémistiche du verset 8, et la précipitation consiste à sortir de l’affaire pour insulter l’adversaire et révéler ses secrets. Celui qui agirait ainsi risquerait : 1° d’assurer le triomphe de l’adversaire, qui ne parlerait que de l’affaire en question ; 2° d’être blâmé par le juge ; 3° de subir à sou tour les outrages de l’adversaire.
Des pommes d’or dans des vases d’argent ajourés, telle une parole prononcée à propos.
Des pommes d’or dans des objets ornés en argent, telle est une parole dite selon sa règle156*.
156* Le commentaire s’étend sur les règles que l’on doit suivre dans l’écriture, dans la parole et dans la pensée.
Un anneau d’or, un collier de perles, tel le sage qui fait la morale à une oreille attentive.
Comme un anneau d’or et un bijou de pierres fines, tel un sage donnant des avertissements à une oreille docile.
Comme une fraîcheur de neige au temps de la moisson, tel le messager, fidèle à son mandat : il restaure l’âme de son maître.
Comme la fraîcheur que produit la neige au jour de la moisson, tel est le messager fidèle pour celui qui l’envoie ; il remet l’âme de son maître.
Des nuages et du vent, mais de pluie point ! Tel est l’homme qui fait grand bruit de ses dons illusoires.
Comme des nuages et du vent, sans qu’il y ait de pluie, tel un homme qui se vante d’un don qu’il ne fait pas.
Par une patience inlassable, on capte la faveur d’un supérieur ; un doux parler brise la plus dure résistance26.
26 Mot à mot : « les os ».
Par la patience on séduit le gouvernant, et un langage doux brise pour ainsi dire les os157*.
157* C’est-à-dire : Apaise la colère.
As-tu trouvé du miel, manges-en à ta suffisance ; mais évite de t’en bourrer : tu le rejetterais.
De même que si tu trouves du miel, tu n’en manges que ce qu’il te faut, pour ne pas en prendre de trop et le vomir,
Espace tes visites dans la maison de ton ami : il en aurait bientôt assez de toi et te prendrait en grippe.
de même, mets rarement ton pied dans la maison de ton prochain, de peur qu’il ne se dégoûte de toi et ne finisse par te haïr.
Une massue, un glaive, une flèche acérée, tel l’homme qui porte un faux témoignage contre son prochain.
Comme une hache, un glaive, une flèche aiguë, tel est l’homme qui porte contre son prochain un faux témoignage.
Une dent branlante, un pied chancelant, voilà ce que vaut au jour du malheur la confiance qu’on a dans un traître.
Comme une dent qui branle et une jambe qui glisse, tel est l’appui de l’infidèle au jour du malheur.
Enlever son vêtement par un jour glacial, verser du vinaigre sur du nitre27, ainsi fait celui qui entonne des chants pour un cœur affligé.
27 Ce qui le détériore.
Comme celui qui enlève son vêtement un jour de froid ou qui met du vinaigre sur du nitre, tel est celui qui se met à chanter devant un cœur affligé.
Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s’il a soif, donne-lui à boire ;
Si ton ennemi a faim donne-lui à manger, et s’il a soif donne-lui à boire,
car ainsi tu attises des charbons sur sa tête28, et le Seigneur t’en récompensera.
28 En te vengeant noblement de lui, tu lui inspires du repentir.
car (si môme) lu répands ainsi des charbons sur sa tête158*, Dieu te récompensera.
158* C’est-à-dire : Bien qu’il puisse mal user de tes bienfaits ou les prendre en mauvaise part.
Le vent du Nord produit la pluie, et la langue [qui calomnie] en secret les visages aigris.
Comme le vent du nord chasse la pluie, tel est le langage doux pour le visage abattu ;
Mieux vaut habiter l’angle d’un toit que de partager un logis avec une femme acariâtre.
c’est pourquoi il vaut mieux être assis sur l’angle d’un toit que (d’avoir) une femme acariâtre et querelleuse.
De l’eau fraîche sur un corps fatigué, telle une bonne nouvelle venant d’un pays lointain.
Comme l’eau fraîche pour une personne altérée, telle est une bonne nouvelle (venue) d’un pays lointain.
Une source boueuse, une fontaine aux eaux troubles, tel est le juste qui fléchit devant le méchant.
Gomme une source bourbeuse et un cours d’eau corrompu, toi un juste qui fléchit devant le méchant.
Manger trop de miel ne vaut rien ; mais étudier à fond les choses difficiles29 est un honneur.
29 כְּבֵדִם pour כְּבֹדָם . Cet hémistiche est très obscur.
De même qu’il n’est pas bon de manger trop de miel, de même quand on a épuisé la générosité de (ses amis), il faut à son tour être généreux envers eux159*.
159* Saadia paraît rattacher ce verset aux versets 16 et 17, sans qu’on puisse, grammaticalement, expliquer le suffixe de kebôdam. Le sens est : Si l’on accepte toutes les marques de bienveillance des amis, ils finissent par réclamer la pareille, et, si on ne le fait pas, ils deviennent des ennemis.
Une ville démantelée, sans remparts, tel est l’homme dont le tempérament ne connaît pas de frein.
Une ville démantelée, sans murailles, tel est l’homme qui a l’esprit indécis.
La neige n’est pas de saison en été ni la pluie au temps de la moisson : tout aussi peu les honneurs sont faits pour le sot.
Comme la neige en été et la pluie pendant la moisson, tel est celui qui décerne des honneurs à un sot160*
160* D’après un ms. : De même, les honneurs ne conviennent pas au sot. Les deux autres mss. reproduisent l’hémistiche du verset 8.
Comme le passereau s’enfuit à tire-d’aile et comme s’envole l’hirondelle, ainsi la malédiction gratuite manque son but30.
30 Leçon du Kethib. Version du texte lu (Keri) : « Comme le passereau prend son essor et que l’hirondelle voltige, ainsi la malédiction gratuite retombe sur celui qui l’a lancée ».
Comme le moineau qui voltige, et l’hirondelle161* qui s’envole, ainsi la malédiction gratuite ne s’accomplit pas.
161* Il n’est pas sûr que le mot arabe par lequel Saadia traduit derôr דרור signifie l’hirondelle.
Le fouet pour le cheval, le licou pour l’âne, et le bâton pour l’épaule du sot.
Comme le fouet pour le cheval et l’aiguillon pour l’âne, tel est le bâton pour le dos des sots.
Ne réplique pas au sot dans le sens de son ineptie ; car toi aussi serais comme lui.
Ne réponds pas au sot selon son ineptie, là où tu craindrais de lui ressembler,
Réplique au sot selon son ineptie, sans cela il se prendrait pour un sage.
mais réponds-lui sur son ineptie, là où tu craindrais qu’il ne se considère comme sage162*.
162* Cf. Sabbat 30 b.
C’est se couper les jarrets et s’abreuver de dépit que de charger d’une mission le sot.
Comme celui qui coupe les pieds (d’autrui) et celui qui se fait tort à lui-même163* ainsi celui qui confie une mission à un sot.
163* Litt. : Qui boit la violence.
Comme le boiteux cloche sur ses jambes, ainsi fait une maxime sur les lèvres des sots.
Comme la (faculté de) marcher est enlevée au perclus, de même la sagesse est impossible sur les lèvres du sot.
Autant fixer une pierre dans la fronde que de décerner des honneurs au sot.
Comme (celui qui jette) une pierre fine dans un tas de pierres, tel est celui qui décerne des honneurs à un sot.
Une épine qui perce la main d’un homme ivre, telle une maxime dans la bouche des sots.
Comme une épine qui s’est attachée à la main d’un ivrogne, tel est un peu de sagesse dans les bouches des sots.
Le puissant fait tout trembler : il prend à sa solde sots et vagabonds31.
31 Verset très obscur et qui est diversement interprété.
On les voit repousser avec cela tout le monde, et refuser de le communiquer à celui qui l’ignore et aux passants164*.
164* Comme l’ivrogne enfonce l’épine au lieu de l’ôter, de même le sot ne profite pas du peu de science qu’il a acquis et n’en devient que plus insupportable ; en outre, il est tellement fier de sa science qu’il la considère comme un trésor et refuse d’en faire part à personne.
Comme le chien retourne à son vomissement, ainsi le sot rabâche ses inepties.
Comme le chien qui revient à son vomissement, de même un sot qui répète son ineptie.
Vois-tu un homme qui se prend pour un sage, — il y a plus à attendre d’un sot que de lui.
Lorsque tu vois un homme sage à ses propres yeux, sache qu’on peut plus espérer d’un sot que de lui165*.
165* Le sot se corrigera de son ignorance plus facilement que lui.
Le paresseux s’écrie : « Il y a un chacal qui barre la route, un lion parcourt les rues ! »
On voit le paresseux dire : « Il y a un lionceau sur la route, et un lion dans les rues. »
Telle la porte tourne sur ses gonds, tel le paresseux sur son lit.
Comme la porte tourne sur ses gonds, de même le paresseux se retourne sur son lit.
Le paresseux introduit sa main dans le plat : c’est trop de fatigue pour lui de la porter à sa bouche.
Si même le paresseux plongeait pour ainsi dire sa main dans le plat, il serait impuissant à la ramener à sa bouche ;
Le paresseux se targue de plus de sagesse que sept conseillers avisés :
et avec cela il se croit plus intelligent que beaucoup166* de ministres.
166* Commentaire : Le nombre sept du texte hébreu désigne une quantité indéterminée, ou bien il fait allusion aux sept conseillers des rois perses.
Saisir un chien par les oreilles, c’est le fait du passant qui se met en rage pour la querelle d’autrui.
C’est prendre aux oreilles un chien qui passe, que de s’emporter pour la querelle d’autrui.
Comme un dément qui lance des brandons, des flèches meurtrières,
Comme celui qui s’amuse à lancer des matières dangereuses et des flèches mortelles,
ainsi fait l’homme qui dupe son prochain et dit :. « Mais je plaisantais ! »
tel l’homme qui trompe son prochain, et dit : Je ne fais que jouer.
Faute de bois, le feu s’éteint, et en l’absence d’un boutefeu, les rixes s’apaisent.
De même que, faute de bois, le feu s’éteint, de même quand personne n’excite, la querelle tombe.
Le charbon ardent donne la braise, le bois alimente le feu, et l’homme hargneux attise des querelles.
Et comme le charbon est la matière de la braise, et le bois (celle) du feu, ainsi est le querelleur pour allumer le feu de la dispute.
Les paroles d’un boutefeu sont comme des coups qui retentissent au plus profond des entrailles.
Les paroles (de celui qui excite) ressemblent à un badinage, tandis qu’elles ont déjà pénétré au fond de son cœur.
De l’alliage d’argent recouvrant un vase d’argile, telles sont des lèvres brûlantes [d’amitié] et un cœur méchant.
Comme de l’argent de mauvais aloi ou plaqué sur de l’argile, telles des lèvres aux paroles ardentes, alors que le cœur est mauvais.
Un ennemi peut faire le sournois avec ses lèvres, et dans son intérieur il prépare de mauvais coups ;
À l’aide de ses lèvres l’ennemi se déguise, alors que dans son cœur il a mis la ruse.
s’il prend une voix caressante, ne te fie pas à lui, car son cœur est plein d’horreurs.
Quand il adoucit sa voix, n’aie pas confiance en lui, car il y a beaucoup d’abominations dans son cœur.
La haine a beau se couvrir d’un masque : sa méchanceté éclatera au grand jour.
Sa haine te sera cachée dans l’intimité167*, et sa méchanceté se dévoilera à toi en public.
167* C’est-à-dire : Quand il sera seul avec toi.
Celui qui creuse une fosse y tombera ; celui qui lance une pierre s’en trouvera atteint.
Qui creuse une fosse y tombera, et la pierre reviendra sur celui qui la roule.
La langue mensongère hait ses victimes et la bouche du flatteur opère des chutes.
Celui qui parle avec fausseté hait même les malheureux d’entre les siens, et la parole doucereuse prépare la chute (des gens)168*.
168* Litt. : Produit le moyen de pousser.
Ne te félicite pas du jour de demain, car tu ne sais ce que peut apporter chaque jour.
Ne te vante pas du lendemain, car tu ne sais pas ce qui peut y arriver.
Qu’un autre fasse ton éloge et non ta propre bouche ; un étranger, et non tes lèvres à toi.
Qu’un autre te loue, et non la propre bouche169*, l’étranger, et non tes lèvres.
169* D’après une seconde explication : et non ta bouche seule.
Lourde est la pierre, pesant le sable ; mais le dépit d’un sot pèse plus lourd que les deux.
Certes la pierre est lourde, et le sable est pesant, mais l’irritation du sot est plus lourde que tous deux,
Cruelle est la colère, violent le courroux ; mais qui peut tenir devant la jalousie ?
puisque le ressentiment (amène) la dureté, que la colère est un débordement170* ; et qui peut tenir devant la jalousie ?
170* Litt. : Est une noyade. Dans le commentaire : La colère fait qu’on se jette sur quelqu’un et qu’on le noie.
Mieux vaut une réprimande ouverte qu’une amitié qui se dérobe.
Une franche réprimande vaut mieux qu’une amitié cachée171*.
171* Commentaire : L’amitié cachée, c’est celle qui n’ose parler avec franchise, ou qui ne s’exerce pas dans l’intérêt de la religion et n’ose s’avouer.
Les blessures faites par un ami sont preuve d’affection, un ennemi est prodigue32 de caresses.
32 נעתרות , expression douteuse.
Les coups que portent les amis proviennent de sa sincérité ; les baisers de l’ennemi sont excessifs172*.
172* D’après d’autres manuscrits : « font horreur ».
La satiété fait fi du miel ; la faim trouve doux ce qui est amer.
On voit la personne rassasiée être dégoûtée du miel ; et pour une personne affamée toute chose amère paraît douce.
Comme l’oiseau qui erre loin de son nid, tel est l’homme qui erre loin de son pays.
Comme l’oiseau qui abandonne son nid, tel est l’homme qui abandonne sa demeure.
Huile et parfum réjouissent le cœur ; de même la bonté suave d’un ami qui donne de sincères conseils33.
33 Le deuxième hémistiche est obscur dans le texte.
De même que l’huile et les parfums sont plus aptes à réjouir ensemble le cœur que chacun à part, de même le conseil du prochain est plus doux que celui que l’on se donne tout seul.
N’abandonne ni ton ami ni l’ami de ton père, ne franchis pas le seuil de ton frère au jour de ton malheur ; mieux vaut un voisin qui est près de toi qu’un frère qui se tient à l’écart.
N’abandonne pas ton ami ni l’ami de ton père ; n’entre pas dans la maison de ton frère au jour de ton malheur173* ; ton voisin proche est plus utile que ton frère éloigné174*.
173* Commentaire : Il ne faut pas attrister sou frère par le spectacle de sa misère, ou bien il ne faut pas attrister même son frère.
174* Commentaire : Les mots proche et éloigné signifient présent et absent, ou bienveillant et malveillant, ou proche de Dieu et éloigné de lui.
Sois sage, mon fils, tu réjouiras mon cœur, et j’aurai de quoi répliquer à qui m’insulte.
Instruis-toi, ô mon fils, et réjouis mon cœur, en sorte que je puisse répondre à celui qui m’insulte175*.
175* Commentaire : En me faisant des reproches à ton sujet.
L’homme avisé aperçoit le danger et se met à l’abri ; les niais passent outre et en pâtissent.
On remarque que l’homme avisé, quand il voit le mal, s’en garantit ; les étourdis passent outre et tombent dans le malheur,
Il s’est porté garant pour un autre : saisis son vêtement ; il a cautionné une étrangère : nantis-toi de son gage !
au point qu’on porte un jugement ainsi conçu : Prends son vêtement, parce qu’il s’est porté garant pour un étranger, et qu’il l’a mis en gage pour autrui.
Assourdir de grand matin son prochain par de bruyants saluts, c’est comme si on lui disait des injures.
Combien de personnes saluent leur prochain à haute voix à son lever de bon matin, et (ce salut) compte pour lui comme une insulte176*.
176* Parce que ce salut, au lieu d’être agréable, lui rappelle les obligations qu’il a contractées.
Une gouttière qui se déverse par un jour d’orage et une femme acariâtre, c’est tout un.
La gouttière, qui coule sans cesse en un jour de froid intense, et la femme querelleuse se valent.
Vouloir la retenir, c’est retenir le vent ou recueillir de l’huile dans sa main34.
34 Sens douteux.
Celui qui voudrait la retenir retiendrait le vent, et sa droite éprouverait de la fatigue177*.
177* La fatigue atteindra sa droite.
Le fer devient poli au contact du fer et l’homme au contact de son prochain.
Le fer s’aiguise par le fer, de même (l’esprit de) l’homme s’aiguise en présence de son semblable.
Qui veille sur le figuier jouira de ses fruits qui veine sur son maître recueillera de l’honneur.
De même que celui qui soigne le figuier en mange le fruit, de même celui qui soigne son maître sera traité généreusement.
Comme dans l’eau le visage répond au visage, ainsi chez les hommes les cœurs se répondent.
Comme l’eau peut être dirigée en divers sens, ainsi le cœur des hommes pour les hommes178*.
178* C’est-à-dire que l’homme peut diriger comme il veut sou cœur, soit dans ses rapports avec le prochain, soit dans ses propres affaires morales ou matérielles.
Cheol et abîme sont insatiables ; les yeux de l’homme le sont également.
De même que la tombe et l’anéantissement ne sont pour ainsi dire jamais rassasiés, de même les yeux des hommes n’obtiennent jamais assez.
La fournaise, pour l’argent, le creuset pour l’or, et l’homme est prisé d’après sa réputation.
Comme le creuset sert pour l’argent, et le fourneau pour l’or, de même il convient que l’homme soit à la hauteur de l’éloge qu’on fait de lui179*.
179* De même que la valeur de l’or et de l’argent contenus dans un minerai se vérifie après qu’ils ont passé dans le creuset, de même l’homme doit tacher de justifier la réputation qu’il possède, en sorte qu’il puisse sortir à son honneur d’une épreuve à laquelle ou le soumettrait.
Tu broierais le sot dans un mortier avec le pilon, comme on fait des graines, que sa sottise ne se détacherait pas de lui.
Quand même tu pilerais, pour ainsi dire, le sot dans un mortier, ou dans un sac avec un bâton, sa sottise ne le quitterait pas.
Tâche de bien connaître l’état de tes brebis, porte ton attention sur tes troupeaux.
Il convient que tu connaisses l’état des (brebis) qui sont en tête du troupeau180* et que tu fasses attention au reste du bétail,
180* C’est-à-dire les meilleures.
Car les biens ne dureront pas toujours : les dignités se transmettent-elles de génération en génération ?
car ceux qui en font la force ne sont pas éternels, et ceux qui en sont la couronne ne durent pas de génération en génération.
Que la végétation se fasse jour, que la verdure apparaisse, que les herbes des hauteurs soient recueillies,
C’est seulement quand l’herbe apparaît, quand le fourrage se montre et quand on a recueilli les plantes des montagnes,
et tu auras des brebis pour te vêtir, des béliers pour payer le prix d’un champ,
que les moutons te fournissent ton vêtement, les chèvres contribuent à l’achat d’un champ,
du lait de chèvres en abondance, pour te nourrir toi et ta famille et faire vivre tes domestiques.
et que leur lait est suffisant pour ta nourriture, celle de ta maison, et pour l’entretien de tes domestiques181*.
181* Commentaire : Il faut faire attention à ceci, que les troupeaux sont sujets à toutes sortes d’accidents et que les avantages qu’on eu retire dépendent de la végétation qui elle-même dépend de la pluie, et celle-ci de la volonté divine ; c’est donc en Dieu qu’il faut avoir confiance.
Les méchants prennent la fuite, alors que personne ne les poursuit ; les justes, tel un lion, sont pleins de sécurité.
Les méchants fuient sans qu’on les poursuive ; les justes sont tranquilles comme les lions.
Quand le désordre sévit dans un pays, ses chefs sont nombreux. Un seul homme de sens et d’expérience suffit pour faire durer le bon ordre.
C’est une faute pour le pays que de se donner beaucoup de chefs ; de même, par un seul chef intelligent et instruit son existence se prolonge.
Un homme pauvre35 qui pressure les humbles est comme une pluie qui ravage tout et amène la famine.
35 רָש. D’autres lisent רֹאש « un chef ».
Un homme pauvre, qui opprime les malheureux, sera jeté à terre par la pluie, et il ne lui restera pas de nourriture182*.
182* C’est-à-dire il sera atteint par un malheur qui lui enlèvera le peu qu’il possède.
Ceux qui désertent la loi glorifient l’impie, ceux qui l’observent s’indignent contre lui.
Si ceux qui abandonnent la loi louent le méchant, il convient à ceux qui l’observent de les harceler.
Les hommes pervers ne comprennent rien au droit ; mais ceux qui recherchent l’Éternel comprennent tout.
Les partisans du mal ne comprennent pas (l’exercice de) la justice, ceux qui recherchent Dieu comprennent tout.
Mieux vaut le pauvre, marchant dans sa droiture, que le riche aux voies tortueuses.
Mieux vaut un pauvre qui marche dans l’intégrité qu’un homme à la conduite dure et qui est riche.
Qui respecte la loi est un fils intelligent ; mais qui fraye avec les jouisseurs fait la honte de son père.
Le fils raisonnable observe la loi, et celui qui fréquente les débauchés couvre de honte son père.
Augmenter sa fortune par l’intérêt et l’usure, c’est amasser pour l’ami des pauvres.
Celui qui a augmenté sa fortune en prêtant à intérêt et à usure183*, doit l’appliquer entièrement au soulagement des malheureux184*.
183* Nous avons traduit ainsi deux mots arabes, répondant à deux mots hébreux que Saadia explique sommairement, en se référant sans doute à Baba Mesia V, 1.
184* Il doit distribuer en bonnes œuvres le bien mal acquis, s’il ne peut pas le rendre à ses possesseurs.
Fermez l’oreille aux leçons de la loi votre prière même devient un acte abominable.
Celui qui détourne l’oreille pour ne pas écouter la loi, sa prière même est abominable185*.
185* Non seulement ses supplications personnelles, mais même la prière rituelle.
Qui entraîne des gens de bien dans une mauvaise voie tombe dans son propre piège ; le bonheur est le lot de la droiture.
Celui qui égare les justes dans une mauvaise voie tombera dans la fosse (qu’il a creusée), et les hommes sincères obtiendront du bien.
Le riche se prend pour un sage : un pauvre homme intelligent le perce à fond.
On voit le riche se croire sage, et un pauvre intelligent le met à l’épreuve186*.
186* Commentaire : Celui qui a une supériorité, par exemple, celle de l’argent, veut avoir toutes les supériorités. Le verset s’applique aussi à un homme instruit dans une branche de la science, et qui croit tout savoir. Il pourra être confondu par quelqu’un, qui, bien qu’étant inférieur en cette branche, lui sera supérieur dans les autres branches.
Quand les justes triomphent, c’est fête générale ; quand les méchants s’élèvent, les gens se cachent36.
36 יחפש ; il faut les chercher. Voir verset 28.
Lorsque les justes sont dans la joie, bien des gens osent se vanter (de leur fortune) ; lorsque les méchants ont le pouvoir, on cherche les hommes et on ne les trouve pas187*.
187* Dans le premier cas, on ne craint pas d’être dépouillé ; dans le second, on cache sa fortune.
Dissimuler ses péchés ne porte pas bonheur ; qui les confesse et y renonce obtient miséricorde.
Celui qui cache ses péchés ne prospère pas, celui qui les avoue et les abandonne obtient miséricorde.
Heureux l’homme constamment timoré ! Qui endurcit son cœur tombe dans le malheur.
Heureux l’homme qui craint toujours ; celui qui endurcit son cœur tombe dans le malheur.
Un lion rugissant, un ours affamé, tel est un méchant prince pour une nation pauvre,
Comme un lion rugissant et un ours brûlant de soif, tel est un prince méchant (qui règne) sur un peuple malheureux.
un despote dépourvu de sens et chargé de rapines. Celui qui hait le lucre prolonge ses jours.
Un gouverneur qui commet beaucoup d’exactions manque de raison ; celui qui hait le lucre verra ses jours se prolonger.
Un homme accablé sous le poids d’un meurtre arrive, dans sa fuite, au bord de la fosse ; qu’on ne lui tende pas la main !
On voit quelqu’un, accusé faussement d’un crime capital, s’enfuir vers la prison188* sans que personne le soutienne ;
188* Sans doute pour ne pas être mis à mort par ceux qui l’accusent faussement.
Qui marche dans l’intégrité sera sauvé, mais qui suit des voies tortueuses tombera d’un coup.
il faut secourir l’homme qui marche dans son intégrité. Celui qui a devant lui deux chemins difficiles tombe nécessairement dans l’un d’eux189*.
189* D’après Saadia, les versets 16, 17 et le premier hémistiche de 18 se tiennent. Le dernier hémistiche ne paraît pas avoir, pour lui, de rapport avec ce qui précède et signifie, en général, que de deux maux il faut choisir le moindre.
Cultiver sa terre, c’est s’assurer du pain en abondance ; poursuivre des choses frivoles, c’est se rassasier de misère.
Celui qui cultive sa terre se rassasiera de nourriture ; et celui qui recherche les gens de rien sera excédé de pauvreté.
L’homme loyal est comblé de bénédictions ; qui a hâte de s’enrichir n’échappe pas au malheur.
L’homme qui a la foi est comblé de bénédictions, et celui qui s’acharne à s’enrichir ne reste pas impuni.
Faire acception de personnes est une mauvaise action ; mais il en est qui se rendent coupables pour une miche de pain.
Il n’est pas bon que l’on soit partial envers les grands, ni que l’on renie (sa foi) pour un morceau de pain.
L’homme envieux court après la fortune et il ne s’aperçoit pas que la misère viendra fondre sur lui.
L’homme avare court après la fortune et ne sait pas qu’il subira une perte.
Celui qui reprend les gens finit par gagner leur bienveillance bien mieux que le flatteur.
Celui qui avertit l’homme pour qu’il m’obéisse190* trouvera plus de faveur auprès de lui que celui qui lient un langage flatteur.
190* 4:4) Le verset est placé dans la bouche de Dieu.
Voler père et mère en disant que ce n’est pas un crime, c’est se faire le compagnon d’un artisan de ruines.
Qui vole son père et sa mère, et dit : Je ne pèche pas, est le compagnon de l’homme pervers.
L’homme aux appétits insatiables suscite des discordes ; qui met sa confiance en l’Éternel jouira de l’abondance.
L’homme insatiable191* engage la dispute (avec Dieu) et celui qui a confiance en Dieu sera comblé192*.
191* Litt. : Celui qui a le ventre large, c’est-à-dire qui n’est jamais satisfait.
192* Litt. : Sera engraissé.
Se fier à son intelligence, c’est être sot ; qui se dirige avec sagesse échappe au danger.
Celui qui se fie à son propre avis est un sot ; celui qui marche avec sagesse sera sauvé.
Donner au pauvre, ce n’est pas se priver : qui en détourne les regards est chargé de malédictions.
Qui donne au pauvre n’y perd rien, et celui qui détourne (de lui) les yeux est couvert de malédictions.
Lorsque les méchants s’élèvent, les gens se cachent ; quand ils succombent, les gens de bien se multiplient.
Quand les méchants ont le dessus, le monde se cache, et quand ils périssent, les justes se multiplient.
Un homme souvent réprimandé et persistant dans son entêtement est brisé soudain et sans retour.
Celui qui s’opiniâtre contre la réprimande sera brisé soudain sans remède.
Quand dominent les justes, le peuple est en joie ; quand les méchants gouvernent, le peuple gémit.
Quand les justes ont la prééminence, le peuple doit se réjouir, et quand les méchants dominent, il convient qu’il s’attriste.
L’homme qui aime la sagesse réjouit son père ; celui qui fréquente des courtisanes mange son bien.
Un homme qui aime la sagesse réjouit son père ; celui qui fréquente les courtisanes gaspille sa fortune.
Un roi grandit son pays par la justice : avide de dons, il le ruine.
Par la justice le roi maintient son pays ; en prélevant les impôts, il le ruine.
Qui flatte son prochain tend un filet sous ses pas.
Celui qui présente à son prochain comme doux ce qui est dur étend un filet sous ses pieds193*.
193* D’après Saadia, sous les pieds de celui qu’il trompe, et sous ses propres pieds, parce qu’il sera puni de sa tromperie.
Le péché devient un piège pour le méchant ; le juste jubile et savoure sa joie.
Le péché de l’homme devient pour lui un malheur et un piège, et le juste est allègre et se réjouit.
Le juste se pénètre du droit des humbles ; le méchant ne sait rien comprendre.
Le juste sait juger les malheureux ; le méchant ne connaît pas la science (juridique).
Les persifleurs mettent la ville en ébullition ; les sages apaisent les colères.
Les moqueurs trompent l’attente des gens du pays, et les sages en détournent la colère (divine),
Quand un sage est en discussion avec un sot, celui-ci s’emporte ou ricane, mais de calme, point !
On voit que l’homme sage, se disputant avec un sot, ne trouve jamais de repos, qu’il s’irrite ou qu’il rit.
Les assassins en veulent à l’innocent ; les honnêtes gens recherchent sa personne.
On trouve que les scélérats haïssent l’homme intègre, et que les justes le recherchent.
Le sot lâche toute sa mauvaise humeur ; le sage finit par la calmer.
On trouve que le sot sort toute sa colère, et que le sage apaise la sienne, à cause des conséquences194*.
194* Saadia fait observer que le mot beaḥôr, qu’il traduit par « avenir», peut s’appliquer aussi au fait passé, qui a motivé la colère.
Le souverain accueille-t-il le mensonge, tous ses serviteurs sont pervers.
Quand le souverain prête l’oreille au mensonge, tous ses serviteurs deviennent injustes.
Le pauvre et l’exploiteur se retrouvent ensemble : l’Éternel fait luire sa lumière aux yeux de tous deux.
Lorsque le pauvre et l’homme d’une fortune moyenne se rencontrent, ils doivent savoir que Dieu leur éclaire les yeux à tous deux195*
195* Comparez ci-dessus, 22:2.
Que le roi juge les humbles avec équité, son trône en sera affermi à jamais.
Si le roi juge les malheureux selon la vérité, son trône196* durera toujours.
196* C’est-à-dire sa dynastie.
Verge et reproches inculquent la sagesse, un enfant livré à lui-même fait le déshonneur de sa mère.
La verge et l’avertissement donnent la sagesse ; le garçon abandonné à lui-même se conduit mal envers ses parents.
Quand les méchants dominent, le mal augmente, mais les justes seront témoins de leur chute.
Lorsque les méchants sont au pouvoir, les troubles se multiplient ; mais les justes verront leur chute.
Corrige ton fils, tu en auras du plaisir ; il donnera de douces joies à ton âme.
Corrige ton fils, il te donnera le repos197*, et il procurera à ton âme des jouissances.
197* Tu n’auras pas à redouter les suites de sa mauvaise conduite.
Faute de révélation prophétique, le peuple s’abandonne au désordre ; mais heureux s’il observe la loi !
Faute de révélation, le peuple reste sans frein. Heureux celui qui observe la Loi.
Ce n’est pas avec des paroles qu’on corrige l’esclave : s’il les comprend, il n’en tient pas compte.
La parole (de la révélation) ne peut pas faire seule l’éducation de l’homme198* ; pourrait-il la comprendre sans le raisonnement199* ?
198* Litt : Un serviteur (de Dieu).
199* La révélation complète l’œuvre de la raison, mais ne saurait être comprise que par elle.
Vois-tu un homme précipité dans ses paroles, le sot a plus d’avenir que lui.
Quand on voit un homme s’opiniâtrer dans ses affaires200*, sache qu’on peut plus espérer d’un sot que de lui.
Qui gâte son esclave dès l’enfance aboutit à en faire un parasite.
Si quelqu’un gâte son serviteur quand il est jeune, celui-ci finira par le dominer.
Un homme irascible provoque des disputes ; qui se laisse emporter par la colère accumule les fautes.
L’homme colère excite la querelle et celui qui s’emporte commet bien des péchés.
L’orgueil de l’homme amène son abaissement ; la modestie est une source d’honneur.
L’orgueil de l’homme est une chose qui l’humilie, l’humble est de ceux qui soutiennent leur honneur.
Qui partage avec un voleur est son propre ennemi : il entend l’adjuration et ne peut rien dénoncer.
Celui qui partage avec le voleur se déteste lui-même ; de même celui qui entend l’adjuration201* et ne raconte rien.
201* Faite à un témoin ; cf. Lévit., 5:1.
La peur fait tomber l’homme dans un piège ; qui met sa confiance en l’Éternel est à l’abri.
Souvent la précipitation de l’homme est pour lui un piège, et celui qui se fie en Dieu est protégé.
Beaucoup recherchent la faveur du prince ; mais c’est Dieu qui attribue à chacun son dû.
Bien des gens recherchent la face du prince, mais c’est Dieu qui décide à l’égard de chacun d’eux.
Le malfaiteur est en horreur aux justes, et l’honnête homme est en horreur au méchant.
De même que les justes détestent les gens iniques, de même les méchants détestent ceux qui suivent le chemin droit.
Paroles d’Agour, fils de Yakéh. Déclaration solennelle. Ce personnage disait : « J’ai peiné, ô Dieu, j’ai peiné, ô Dieu37, et je m’y suis épuisé.
37 Pour découvrir le secret des choses. — Cette traduction a été proposée par nombre d’exégètes modernes, qui coupent לאיתיאל en deux mots et lisent לָאִיתי אֵל et וָאֵכֶל. Suivant les anciens, איתיאל et אכל seraient des noms propres ; en outre, Agour, fils de Yakéh, serait le nom symbolique de Salomon. Au reste, ce verset présente une énigme presque indéchiffrable, et chacun des mots qui le composent a donné lieu à mainte hypothèse.
Paroles d’Agour, fils de Yaqé, sous forme de proverbes. Cet homme a dit au sujet d’ltiel203* ; Itiel m’a appris ce qui suit.
203* D’après Saadia, Agour, fils de Yaqé, est un disciple autrefois connu d’un certain Itiel. Il cite aussi l’opinion des docteurs d’après laquelle Agour, Itiel, Lemouel (XXXI, 1), seraient des surnoms de Salomon, et Yaqé celui de David.
Car je suis le plus borné des mortels, l’intelligence humaine me fait défaut.
Il me l’a enseigné, dit-il, après que j’avais été ignorant en comparaison d’hommes (distingués), et que je n’avais même pas eu l’intelligence des gens (ordinaires) ;
Je n’ai pas étudié la sagesse, de façon à concevoir une notion exacte du Très-Saint.
et même une fois qu’il m’eut instruit, je ne possédais pas toute la sagesse, et je ne connaissais pas la science de Dieu :
Qui est monté au Ciel et en est redescendu ? Qui a recueilli le vent dans le creux de sa main ? Qui a enserré les eaux dans le pan de son manteau ? Qui a établi toutes les limites de la terre ? Quel est son nom, quel est le nom de son fils ? [Dis-le] si tu le sais. »
Qui est monté au ciel et en est descendu ? qui a recueilli le vent dans ses poings ? qui a serré l’eau dans un vêlement ? qui a fixé toutes les bornes de la terre204* ? Quel est son nom et le nom de sa postérité205*, le sais-tu ?
204* C’est-à-dire : Comment se fait-il que chaque élément n’ait pas la nature qui est propre aux autres éléments, et que, par exemple, l’on ne puisse monter et descendre sur le feu comme sur la terre ?
205* Commentaire : Si, dans les temps anciens, il y avait eu quelqu’un qui possédât cette science, il l’aurait transmise à ses descendants ou à ses disciples, et il en resterait une trace.
— Toute parole émanée de Dieu est parfaite : il est un bouclier pour ceux qui s’abritent en lui.
Toutes les paroles de Dieu sont pures, et il est un bouclier pour tous ceux qui s’abritent auprès de lui.
Ne te permets aucune addition à ses dires, il te réprouverait et tu serais convaincu de mensonge.
Donc, n’ajoute rien à ses paroles, de peur qu’il ne te reprenne et que tu ne sois retranché.
Je te demande deux choses ; ne me les refuse pas avant que je meure !
Je te demande deux choses, ne me les refuse pas, jusqu’à ce que je meure.
Éloigne de moi la fausseté et la parole mensongère, ne me donne ni pauvreté ni richesse ; accorde-moi la part de nourriture qui m’est indispensable ;
Éloigne de moi la parole fausse et le mensonge206*, en ne me donnant ni grande pauvreté ni richesse, mais accorde-moi ma part de nourriture,
206* La parole fausse, c’est l’infidélité à Dieu, et le mensonge, c’est le parjure.
car, vivant dans l’abondance, je pourrais te renier en disant : « Qui est l’Éternel ? » ou bien, poussé par la misère, je pourrais voler et offenser le nom de mon Dieu.
de peur que, étant enrichi, je ne devienne infidèle, et que je ne dise : Qui est Dieu ? ou que, devenant pauvre, je ne vole et ne déshonore le nom de mon Dieu.
Ne dénigre pas l’esclave auprès de son maître : il te maudirait, et ta faute serait punie.
Ne calomnie pas le serviteur auprès de son maître207* de peur qu’il ne te maudisse, et que tu ne sois coupable,
207* C’est-à-dire : Ne prétends pas que ceux qui ont transmis les traditions des prophètes les ont faussées.
Ah ! la génération où l’on maudit son père, où l’on n’a pas de bénédiction pour sa mère !
Ô génération, qui maudit son père, et ne bénit pas sa mère,
La génération qui se prétend pure et qui ne s’est pas lavée de ses souillures !
génération pure à ses propres yeux, et qui ne s’est pas lavée de son ordure,
La génération aux yeux démesurément hautains et au regard altier !
génération qui porte si haut les yeux, et qui élève si fièrement les prunelles,
La génération dont les dents sont comme des glaives et les mâchoires comme des couteaux, servant à dévorer les pauvres de la terre et les indigents parmi les hommes !
génération dont les dents ressemblent à des épées et les canines à des couteaux, pour dévorer les pauvres dans le pays, et les malheureux au milieu des hommes ;
Alouka38 a deux filles : « Hab, Hab!39 » — Il est trois choses qui sont insatiables, quatre qui ne disent pas : « Assez ! »
38 La sangsue.
39 « Donne, donne ! »
car dans le néant208* il y a deux espèces qui disent en quelque sorte : Donne ! donne ! Il y a encore une troisième qui est insatiable, et une quatrième qui ne dit jamais : Assez !
208* Saadia choisit cette signification comme cadrant le mieux avec le contexte.
c’est le Cheol, le sein qui n’a point conçu, la terre qui n’est jamais rassasiée d’eau et le feu qui ne dit pas : « Assez ! »
Ce sont la tombe et le sein stérile, le sol qui n’est jamais assez arrosé, et le feu qui ne dit jamais : Cela suffit.
L’œil qui se rit d’un père et n’a que dédain pour les rides40 d’une mère, puisse-t-il être arraché par les corbeaux de la vallée, dévoré par les aigles !
40 Rassemblement, froncement. Selon d’autres : « obéissance » ; cf. Genèse, XLIX, 10. <
De même l’œil qui dédaigne père et mère et se rit de leur accord209*, les corbeaux de la vallée le crèveront et les aiglons le mangeront.
209* C’est-à-dire celui qui rejette les traditions sur lesquelles les ancêtres sont unanimes.
Il est trois choses qui me sont inaccessibles et quatre que je ne connais point :
Il y a trois choses qui sont un mystère pour moi, et, avec une quatrième, elles me sont inconnues :
la trace de l’aigle dans les cieux, la trace du serpent sur le rocher, la trace du navire au sein des mers et la trace de l’homme chez la jeune femme.
Le chemin de l’aigle dans l’air, le chemin du serpent sur le rocher, le chemin du vaisseau en pleine mer, et le procédé de l’homme à l’égard de la femme.
Tel est le secret de la conduite d’une femme adultère : elle satisfait ses appétits, s’essuie la bouche et dit : « Je n’ai rien fait de mal ! »
Tel est le procédé de la femme adultère ; elle mange, s’essuie la bouche, et dit : Je n’ai pas fait de mal.
Il est trois spectacles qui font frémir la terre et quatre qu’elle ne peut tolérer :
On voit la terre frémir sous trois choses, outre une quatrième qu’elle ne peut supporter :
le spectacle de l’esclave qui devient roi, le spectacle du scélérat qui vit dans l’abondance :
Sous un esclave, quand il devient roi ; sous un homme vil, quand il est repu de nourriture ;
le spectacle d’une femme digne d’aversion qui trouve un épouseur, et le spectacle de la servante qui supplante sa maîtresse.
sous une femme haïssable qui devient souveraine, et sous une servante qui est l’héritière de sa maîtresse.
Il existe sur terre quatre êtres tout petits, et qui sont sages par excellence :
Il y a quatre êtres parmi les plus petits qui sont sur la terre, et qui sont savants, instruits (par leur instinct) :
les fourmis, peuple sans force, font en été leurs provisions ;
Les fourmis sont une communauté sans puissance, et cependant elles disposent pendant l’été leur nourriture.
les gerboises, peuple sans puissance, établissent leur demeure dans les rochers ;
Les gerboises forment une communauté sans force et néanmoins elles placent dans les rochers leurs maisons.
les sauterelles n’ont pas de roi et elles se mettent toutes en campagne par bandes
Les sauterelles n’ont pas de roi, et pourtant elles sortent toutes en rangs serrés.
l’araignée41, tu peux l’attraper avec la main, et elle se tient dans le palais des rois !
41 D’après d’autres : « lézard ».
L’hirondelle attache à ses pattes de quoi s’établir dans les palais des rois.
Il y a trois êtres qui s’avancent d’un pas imposant et quatre qui ont une noble démarche :
Trois vont d’un bon pas, et il y a un quatrième avec eux qui a une bonne démarche :
le lion, le plus fort des animaux, qui ne recule devant rien ;
Le lion, le héros des animaux, qui ne recule devant rien ;
le lévrier42 aux reins cambrés, ou le bouc, et le roi à la tête de son armée43.
42 זרזיר , expression douteuse ; les uns y voient le cheval, d’autres le coq, etc.
43 אלקום, par analogie avec l’arabe. D’après Raschi, Kimhi, etc. « le roi qui ne rencontre aucune résistance ».
(l’aigle) aux flancs serrés, le bouc, et de même le roi, il ne faut pas lui résister,
Que tu aies agi follement en cherchant à t’élever ou après de sages réflexions, mets-toi la main sur la bouche :
soit que tu te soumettes à lui, quand il mérite d’être honoré, soit que tu mettes la main sur la bouche210* ;
210* C’est-à-dire que tu te taises et t’éloignes de lui, quand sa conduite ou ses manières te déplaisent.
Car la compression du lait produit le beurre, la compression du nez fait jaillir le sang, et la pression de la colère fait éclater les disputes !
car de même que, en pressant le lait, on produit de la crème, et, en pressant le nez, on fait sortir le sang, de même en pressant la colère, on fait naître la querelle.
Paroles du roi Lemouel. Leçon solennelle que lui inculqua sa mère.
Paroles de Lemouel, le roi, sous forme de proverbe, morale que lui a donnée sa mère :
« Ah ! mon fils ! Ah ! enfant de mes entrailles ! Ah ! fils que j’ai appelé de mes vœux !
Hé quoi ! ô mon fils, ô fils de mes entrailles, ô fils de mes vœux,
Ne prodigue pas ta vigueur aux femmes, ne livre pas tes destinées à celles qui perdent les rois44.
44 למחות = לַמְמַחות ; sens douteux.
ne donne pas tes facultés aux femmes, et tes efforts aux diverses passions.
Ce n’est pas aux rois, ô Lemouel, ce n’est pas aux rois qu’il sied de boire du vin, ni45 aux princes de s’adonner aux liqueurs fortes ;
Ce n’est pas aux rois, ô Lemouel, ce n’est pas à eux de boire le vin, ni aux ministres de s’adonner aux liqueurs enivrantes ;
de peur qu’en buvant, ils n’oublient les lois et ne méconnaissent le droit de toutes les victimes de la misère.
de peur qu’un d’entre eux ne boive, n’oublie ce qui est prescrit et ne méconnaisse le droit de tout homme malheureux.
Donnez des liqueurs fortes aux malheureux, du vin à ceux qui ont l’amertume au cœur.
Laissez la liqueur enivrante à celui qui se consume de tristesse, et le vin à ceux dont l’âme est pleine d’amertume.
Qu’ils boivent, et qu’ils oublient leur misère ; qu’ils perdent le souvenir de leur chagrin !
Quand l’un d’eux boira, il oubliera sa pauvreté et ne se rappellera plus sa peine.
Ouvre la bouche en faveur du muet, pour la défense de tous les vaincus du sort.
Ouvre ta bouche en faveur du muet211*, et pour le droit de tous ceux qui passent212*.
211* C’est-à-dire celui qui ne sait pas plaider sa cause.
212* D’après le commentaire, ce mot signifie que le juge doit considérer les plaideurs comme des gens de passage qu’il ne connaît pas, ou bien qu’il doit savoir qu’on ne peut plus revenir sur l’arrêt, une fois passé, ou bien qu’il doit passer en revue les lois du code pour savoir dans quelle catégorie il peut faire rentrer le cas présent.
Ouvre la bouche pour juger avec équité et faire droit au pauvre et à l’indigent.
Ouvre ta bouche, décide selon l’équité, et le droit du faible et du pauvre.
Heureux qui a rencontré une femme vaillante ! Elle est infiniment plus précieuse que les perles.
Une femme vertueuse213*, qui donc saura la trouver ? on l’acquiert plus difficilement que des perles.
213* La femme vertueuse est, pour Saadia, l’image de celui qui est préoccupé de gagner sa vie, du savant qui veut étendre ses connaissances, et de l’homme pieux qui cherche à multiplier ses bonnes œuvres.
En elle le cœur de son époux a toute confiance ; aussi les ressources ne lui font-elles pas défaut.
Le cœur de son mari a mis sa confiance en elle, et pour lui le profit ne manque pas,
Tous les jours de sa vie, elle travaille à son bonheur : jamais elle ne lui cause de peine.
car elle lui fait du bien et non du mal, durant le cours de sa vie.
Elle se procure de la laine et du lin et accomplit sa besogne d’une main diligente.
Elle lui demande la laine et le lin, et elle les travaille comme ses mains savent le faire.
Pareille aux vaisseaux marchands, elle amène de loin ses provisions.
Elle est semblable au vaisseau du marchand, de loin elle fait venir sa subsistance.
Il fait encore nuit qu’elle est déjà debout, distribuant des vivres à sa maison, des rations à ses servantes.
Elle se lève quand il fait encore nuit, elle fournit des ressources aux gens de sa maison, et des tâches aux servantes.
Elle jette son dévolu sur un champ et l’acquiert ; avec le produit de son travail elle plante un vignoble.
Songe-t-elle à un champ, elle l’achète, et du produit de ses mains elle a planté des vignes.
Elle ceint de force ses reins et arme ses bras de vigueur.
Elle ceint ses reins de force, et donne de la vigueur à ses bras.
Elle s’assure que ses affaires sont prospères ; sa lampe ne s’éteint pas la nuit.
Lorsqu’elle s’aperçoit que son commerce est bon, sa lumière ne s’éteint pas pendant la nuit.
Ses mains saisissent le rouet, ses doigts manient le fuseau.
Elle dirige ses mains avec adresse, et ses doigts maintiennent le fuseau.
Elle ouvre sa main au pauvre et tend le bras au nécessiteux.
Elle tend la main au malheureux, et dirige son bras vers le pauvre.
Elle ne redoute point la neige pour sa maison, car tous ses gens sont couverts de riches étoffes.
Elle ne craint pas la neige pour les gens de sa maison, car tous sont revêtus d’écarlate.
Elle se brode des tapis. Lin fin et pourpre forment ses vêtements.
Elle se fait des tapis de byssus, et son vêtement est de pourpre.
Son époux est considéré aux Portes, quand il siège avec les anciens du pays.
Son mari est considéré dans les conseils lorsqu’il siège avec les anciens du pays.
Elle confectionne des tissus, qu’elle vend, et des ceintures, qu’elle cède au marchand.
Elle fait des izâr214* qu’elle vendra, et des ceintures qu’elle donne aux négociants.
214* Ce mot désigne différents vêtements, couvrant une partie ou la totalité du corps. Voyez Dozy, Vêtements, s. v.
Parée de force et de dignité, elle pense en souriant à l’avenir.
Puisque la force et la splendeur sont son vêtement, elle se réjouit des jours à venir.
Elle ouvre la bouche avec sagesse, et des leçons empreintes de bonté sont sur ses lèvres.
Elle ouvre la bouche avec sagesse, et sa langue (donne) des préceptes de charité.
Elle dirige avec vigilance la marche de sa maison, et jamais ne mange le pain de l’oisiveté.
Elle surveille les allures de sa maison et ne mange pas le pain de la paresse.
Ses fils se lèvent pour la proclamer heureuse, son époux — pour faire son éloge :
Ses enfants se lèvent et font sou éloge, et son mari
« Bien des femmes se sont montrées vaillantes — tu leur es supérieure à toutes ! »
Ils disent : « Beaucoup de femmes ont acquis les vertus, mais toi, tu les surpasses toutes.
Mensonge que la grâce ! Vanité que la beauté ! La femme qui craint l’Éternel est seule digne de louanges.
La grâce est vaine, et la beauté est trompeuse. Une femme qui craint Dieu, c’est elle qui doit être louée.
Rendez-lui hommage pour le fruit de ses mains, et qu’aux Portes ses œuvres disent son éloge !
Accordez-lui maintenant le fruit (du travail) de ses mains, et ses œuvres feront son éloge dans les réunions »215*.
215* Litt. : Dans les places (où se tiennent les marchés et les tribunaux).
Sources — Traduction arabe : R. Saadia Gaon. Édition et traduction française sous la direction de J. Derenbourg, in : Œuvres complètes de R. Saadia ben Iosef al-Fayyoûmî. Paris : E. Leroux. — Vol. VI : Version arabe des Proverbes, 1894 [Google Books]. La Bible – traduite du texte original par les membres du Rabbinat français sous la direction de M. Zadoc Kahn Grand Rabbin. Tome II : Derniers Prophètes – Hagiographes. Paris (Durlacher), 1906 [National Library of Israel].