Commentaire sur le Séfer Yeṣira ou Livre de la Création par Saadia Gaon
Chapitre 4
Trad. Mayer Lambert (1891)
Sommaire
TogglePremier paragraphe
Traduction
Ce qui correspond aussi aux dix nombres fermés, c’est d’abord la volonté du Dieu vivant, vie des mondes, dont le trône subsiste depuis le commencement jusqu’à la fin — que son nom soit béni jusqu’à l’éternité des éternités ! — et elle est appelée la volonté de la sainteté.
Commentaire
L’auteur de ce livre, après avoir placé, dans ces dix nombres, dix choses infinies pour nous, a placé ici, comme leur correspondant, dix principes[1], dont le premier est la volonté de Dieu qu’il y ait un monde, et qui est l’origine des choses : l’auteur de ce livre l’a appelé souffle, comme dit l’Écriture : Et par son souffle les cieux ont été faits[2], et par le souffle de sa bouche toute leur légion[3]. Et si les croyants disent qu’il a créé l’univers par une parole ou par un souffle, ou par un désir, ou par une volonté, tous veulent dire par là qu’il a produit toute chose sans contrainte et sans peine, et sans les autres (difficultés) que nous rencontrons, nous, dans le travail de l’action. En disant du Créateur ces trois paroles, vie des mondes, dont le trône est affermi de toute origine, dont le nom est béni, (l’auteur) a en vue un grave mystère, à savoir comment notre imagination conçoit l’existence du Créateur dans le monde, d’après une comparaison aussi approchante que possible, mais non d’une façon matérielle. Il dit donc que nous croyons que (Dieu) occupe dans le monde le rang de la vie dans l’être vivant : nous disons alors par comparaison qu’il est la vie du monde, et c’est pourquoi il l’a appelé d’abord : vie des mondes, comme Daniel a dit de l’ange : Il jura par la vie des mondes[4]. Or, comme nous voyons que la vie existe dans chaque partie et dans chaque tout de l’animal, de même Lui — qu’il soit exalté ! — se trouve dans chaque partie et dans chaque tout du monde. Puis nous nous élevons de là au degré de l’intelligence et nous le nommons intelligence du monde, voulant dire par là, au moyen d’une figure appropriée à notre entendement, que de même que l’être vivant, et surtout l’être raisonnable, a un corps de tempérament plus délicat que tous les autres corps, tout en étant le plus noble des corps, que ce (corps) est la demeure de la vie, et la vie la demeure de la raison, puisque la vie est plus délicate que le corps, et la raison plus délicate que la vie ; d’après ce symbole donc, nous croyons que dans l’air qui est simple et fin, se développe la volonté du Créateur, qui est sa puissance, elle y existe et le meut comme la vie meut le corps ; et le Créateur — qu’il soit loué et exalté ! — existe dans toute cette (puissance), en la dirigeant, comme la raison se trouve dans la vie en la dirigeant ; c’est pourquoi la comparaison la plus approchante que nous puissions faire consiste à dire : Il est l’intelligence du monde.
De même que la raison n’est pas divisée par la division du corps, de même le Créateur ne se divise pas par la division du monde. Et de même que l’intelligence ne meurt pas par la mort du corps, de même le Créateur ne périt point par la perte de la créature, et de même que la raison, bien qu’elle soit dans la personne, lui est supérieure, et c’est de (la raison) que (la personne) tire sa direction, de même le Créateur, bien qu’il existe dans l’univers, lui est supérieur, et l’univers a tiré de lui sa direction. De même qu’il ne reste dans le corps ni os, ni cartilage, ni rien de dur, qui ne suive la direction de la raison, puisque la vie, en toute chose, dépend de la raison, de même à l’égard du Créateur, il ne reste dans le monde ni montagne, ni mer, ni rien de dense, en quoi (Dieu) ne se trouve, puisque l’air se trouve en tout.
Mais, dira-t-on, que l’air existe dans l’eau, cela est clair, car sans l’air qui y est, elle ne serait pas ténue, mais comment l’air se trouve-t-il dans la pierre et la montagne ? Nous répondrons : Comme nous voyons que (ces corps) peuvent être brisés et coupés, nous en concluons que, s’il n’y avait pas l’air à l’intérieur, ils ne se briseraient pas et ne se couperaient pas, et c’est dans cet air que réside la puissance du Créateur et son existence ici-bas.
De même que la raison n’est pas endommagée par la souillure du corps ni par sa saleté, ni par ses autres (imperfections), de même le Créateur n’est pas endommagé par les souillures et les taches qui sont dans le monde[5]. Et j’ai laissé de côté la comparaison avec la lumière du soleil, bien qu’elle non plus ne soit pas endommagée par la souillure et la saleté, c’est parce qu’elle n’existe pas dans tout air, et que la lumière du soleil ne se trouve pas dans tout corps couvert, bien qu’il s’y trouve de l’air, et à plus forte raison dans la pierre et la montagne, car il est impossible qu’il s’y trouve aucune lumière.
Par des comparaisons ainsi faites, les cœurs des croyants se fortifieront dans leur croyance que le Créateur existe dans tout endroit, et ils se convaincront par la raison de ce qu’il a dit dans son Écriture : Si quelqu’un se cachait dans des retraites, est-ce que je ne le verrais pas ? a dit l’Éternel ; est-ce que je ne remplis pas les cieux et la terre ?[6]. (Ils croiront) qu’il surveille toutes les actions des hommes, comme il est dit : En tout endroit les yeux de l’Éternel surveillent les méchants et les bons[7] ; puisque aucun acte ne se produit que par l’air du monde[8], que ce qui est dans leurs cœurs et dans leurs âmes ne lui échappe pas, comme il est dit : Moi l’Éternel je sonde le cœur et scrute les reins[9] ; qu’il entend la prière de tout mortel, puisqu’elle est avec lui dans l’air ; comme il est dit : Toi qui entends la prière, auprès de toi vient toute chair[10] ; que les montagnes, les fleuves et les autres corps ne coupent pas (son essence), en sorte que l’on pourrait dire qu’une partie est séparée de l’autre[11], comme il est écrit : Et tu sauras alors, et tu reconnaîtras dans ton cœur que l’Éternel est le Dieu dans le ciel en haut et sur la terre en bas, il n’y en a pas d’autre[12] ; que son ordre est exécuté dans l’univers par des actions différentes, plus vite qu’en un clin d’œil, comme il est dit : Tout ce que l’Éternel veut, il le fait, dans le ciel, sur la terre, dans les mers et dans les océans[13]. Mais toutes nos affirmations que (Dieu) — qu’il soit exalté ! — se trouve dans tout par l’intermédiaire de l’air visible, puis par l’air qui est plus fin que celui-ci, se rapportent à des idées purement représentatives et approchantes, non à des conceptions matérielles et précises[14].
Et les Écritures saintes appellent le second air, qui est plus ténu, gloire, comme il est dit : Toute la terre est remplie de sa gloire[15], et comme (Dieu) dit lui-même : Mais aussi vrai que je vis, ma gloire remplira toute la terre[16]. Le peuple l’appelait résidence, comme il est dit : La gloire de l’Éternel résida[17], et ailleurs : Pour que la gloire réside dans notre pays[18] ; et l’auteur de ce livre l’a appelé : Souffle du Dieu vivant, comme il est dit : Et mon souffle se tiendra au milieu de vous, ne craignez point[19]. C’est par cet air ténu, qui est le second, qu’était apportée la parole de la prophétie, comme il est dit : Le souffle de l’Éternel Dieu est sur moi[20], et c’est par lui qu’apparaissent tous les miracles visibles aux prophètes, comme il est dit : Dans une vision, par le souffle de Dieu[21], et c’est une chose évidemment créée, car ce qui est en dehors du Créateur — que son nom soit béni ! — est une chose créée, comme il est dit : Il n’y a rien en dehors de lui[22]. C’est par ce second air ténu mais créé, qui est dans le monde comme la vie dans l’homme, que se produit la parole créée qu’a entendue Moïse dans l’air visible, et le décalogue qu’ont entendu nos pères dans l’air visible, et cela a été appelé : Voix du Dieu vivant[23], et c’est d’elle qu’ont été dites toutes les sept qualifications de la voix de l’Éternel[24]. Et c’est de cet air que vient la science de la sagesse que Dieu accorde aux hommes distingués, comme il est dit : Et sur lui repose un souffle de prudence[25] et de lui vient la faculté du courage et de la fierté que Dieu accorde à qui il veut, comme il est dit : Un souffle de l’Éternel fut sur Jephté[26]. Un souffle de l’Éternel enveloppa Gédéon, etc.[27]. C’est pourquoi l’auteur de ce livre a donné comme premier nom : Vie des mondes.
Quant au sens du mot : Dont le trône est affermi dès l’origine, (l’auteur) entend par là que l’air particulier, ténu, qui est le second, est pour Dieu — qu’il soit célébré et exalté ! — par comparaison, comme le trône pour le roi, ainsi qu’il est dit : L’Éternel a affermi son trône dans le ciel, et sa royauté domine tout[28]. C’est pourquoi le sanctuaire a été appelé son trône, selon le mot : On appellera Jérusalem trône de l’Éternel[29].
Quant au sens du mot : Béni et dont le nom est béni, c’est une appellation générale pour la lumière[30] qui entre dans l’air visible de tout ce bas monde, comme il est dit : Soit béni le nom de sa gloire à jamais, et que sa gloire remplisse toute la terre[31]. Cet objet aussi est ce que les sages appellent : Esprit saint ; en effet, après que la prophétie eut disparu, une lumière leur apparaissait comme si elle était réfléchie par un miroir, et ils entendaient une voix, comme si l’écho, c’est-à-dire le désert, la renvoyait, et c’est ce qu’on appelle bat qol (fille de la voix), c’est-à-dire qui est enfanté par la voix. Là-dessus l’Écriture dit : Et les oreilles entendront une parole (venant) de derrière toi, à savoir[32] ; elle n’a pas dit : De devant toi.
L’auteur de ce livre donc dit que ce concept est la première chose qui ait été créée, et c’est tout ce qu’il y a de plus ténu, et cependant tout ce qu’il y a de plus fort ; ensuite vient l’air visible où le Créateur a formé les dix nombres et les vingt-deux lettres. S’il n’a pas mis ce concept en premier, c’est qu’il y a un moteur à toutes ces choses qui les domine et qui est la puissance de Dieu ; c’est pourquoi après le mot : L’un, c’est le souffle du Dieu vivant, il a mis comme second l’air visible en disant dans le
Deuxième paragraphe
Traduction
Que au second degré est l’air visible d’où soufflent les quatre vents.
Commentaire
Ce qui souffle des quatre côtés est appelé rouaḥ (vent) et les quatre côtés eux-mêmes s’appellent ainsi, comme il est dit : Voici les quatre côtés du ciel[33], et ailleurs : Quatre vents des quatre coins des cieux[34]. Bien que l’auteur ait dit : Et il y a un vent de chaque (côté), il convient que nous sachions que, de chaque côté, il y a trois vents qui viennent des extrémités et du milieu : cela fait douze vents en tout. C’est dans cet air que s’est avancée la volonté et qu’elle a tracé les vingt-deux lettres et les dix nombres, images des personnes et de tout être ; c’est pourquoi (l’auteur) joint les (lettres) aux (nombres), en disant :
Troisième paragraphe
Traduction
Les vingt-deux lettres, dont trois principales, sept doubles, douze simples sont des lettres découpées dans l’air, tracées par la voix, qui ont leur demeure dans la bouche, en cinq endroits. Et elles se divisent pour cela en cinq sections :
1° alef, hé, ḥet, ‘ayin, qui se prononcent de l’extrémité de la langue avec la luette ;
2° bet, vav, mem, pé, qui se prononcent par la réunion des deux lèvres et avec l’extrémité de la langue ;
3° guimel, yod, kaf, qof, qui s’articulent avec un côté de la langue, outre le son ;
4° dalet, tet, lamed, noun, tav s’articulent du milieu de la langue, outre le son ;
5° zayin, samekh, tsadé, resh, shin se prononcent d’entre les dents avec la langue immobile.
J’ai traduit yashèn (dormant) immobile comme le sens l’exige. Pour dalet, tet, lamed, noun, tav il y a une particularité de plus, c’est que (la langue) touche les dents de l’intérieur et d’en haut.
Commentaire
L’auteur du livre veut dire par ces divisions que, selon que les lettres occupent dans la bouche des endroits différents pour leur articulation, il y a aussi une différence pour leur tracé dans l’air[35]. C’est pourquoi il a dit d’abord : Découpées dans l’air, tracées par la voix ; donc la voix les trace, les pousse dans l’air, les y découpe et les dispose. La section ’hḥʿ est la plus délicate et produit dans l’air des lignes droites. Ensuite (viennent) les lettres gykq, et d’après leur mouvement, elles produisent dans l’air des figures triangulaires, les unes avec des côtés égaux et d’autres (avec des côtés) inégaux. Puis (viennent) dṭlnt, et d’après leur mouvement elles produisent dans l’air des figures carrées, les unes étant des carrés simples, les autres comprenant d’autres combinaisons. Ensuite (viennent) zsṣrsch, et selon la forme de leur mouvement elles produisent dans l’air des figures obliques[36], les unes à angles droits, d’autres à angles aigus et d’autres à angles obtus[37]. Enfin les (lettres) bvmf, qui, d’après la force de leur prononciation, produisent dans l’air des formes rondes, les unes simples, les autres avec d’autres combinaisons. Si l’auteur du livre a avancé la section bvmf et l’a placée en second, c’est parce que la lettre bet vient après l’alef dans l’ordre des vingt-deux lettres. Et celui qui a établi cet ordre a avancé (le bet) pour séparer les différentes (lettres) de ces sections, afin de ne pas réunir (les lettres de) chaque section dans l’alphabet, car ce serait difficile à prononcer pour les élèves et surtout pour les enfants. En effet, la composition des mots à l’aide des vingt-deux lettres ne se fait, le plus souvent, qu’en réunissant une lettre à une lettre (d’un organe) différent. Deux lettres qui font partie d’une même section ne se réunissent que très rarement. C’est pourquoi on ne trouve dans la langue (hébraïque) ni zs, ni ssch, ni qg, ni dṭ, etc., accouplés dans un même mot. C’est ce que j’ai déjà expliqué dans le premier des livres grammaticaux[38].
Outre le but que l’auteur du livre poursuit en distinguant ces cinq sections (et qui est) la description des formes triangulaires, quadrangulaires, sphériques, ainsi que celle des lignes droites et courbes, nous trouvons pour (ces sections) des particularités dans la lecture de la Bible et dans toute la langue (hébraïque). Les lettres ’hḥʿ ont quarante-deux particularités, dix-sept sur lesquelles les Palestiniens et les Babyloniens s’accordent dans la lecture, et vingt-cinq propres à la lecture palestinienne[39]. Nous avons déjà consacré aux quarante-deux particularités un des livres grammaticaux. Mais nous en donnerons ici la substance et nous dirons[40] :
Quand un mot est à la première personne du futur[41], (la première syllabe) est fermée[42], exemple : ’èr’è ; elle devient ouverte pour les lettres ’hḥʿ, exemple : ’èhèmè ; quand c’est le passif (nifal) ou la forme de la contrainte (hofal)[43], il y a un daguesch, par exemple : ibbânè, ’ekkâbêd[44] ; mais dans les ’hḥʿ (la voyelle) s’allonge[45], par exemple : ’éʿânè ; à la forme ’adabbêr ’asappêr, qui a un daguesch, les gutturales ont une voyelle longue, ’anaḥêm, ’araḥêm[46] ; pour (la forme) yuqqaḥ, yuṣṣag (les gutturales) ont la lettre rafè, exemple : yuḥaq, yuʿad[47] ; quand un bet est ajouté avec détermination, (la lettre qui le suit) prend un daguesch, par exemple : baṭṭôb hakkôl ; avec les lettres ’hḥʿ il y a un segôl, par exemple : bèhârîm, bèḥâlâl. Tout bet qui est ajouté, sans déterminer le mot, a un scheva mobile, par exemple : beré’schit, bemayim[48], et pour les (lettres) ’hḥʿ on prend la même vocalisation[49], exemple : beʿam[50], beʿéné[51]. L’alef parmi les (gutturales) prend un qemâṣ dans la détermination : bâ’ôrek[52]. Quant un hé est ajouté à un nom pour le déterminer, la règle est que (la lettre suivante) ait un daguesch, par exemple : hayyâd, hayyôm, et si (le hé) précède ces quatre lettres, il a devant l’alef et l’ʿayin un qemâṣ, exemple : hâʿâdâm, hâʿâm, et devant le hé un segôl, par exemple : hèhâmôn, hèhârim ; devant le ḥ un petâḥ, par exemple : haḥuṣâ, haḥôschek, excepté pour vehâḥallônim, vehâḥariṭim, vehâḥammânim[53]. Si le hé est interrogatif, il prend un ḥatâf, par exemple : haṭôb, hayad ; mais pour ces quatre, (devant) l’alef (la syllabe) s’allonge[54], exemple : hâ’èlôhim[55], hâ’êl[56] ; devant le hé avec qemâṣ, il y a un segôl, exemple : hèhâmêt[57] ; de même l’alef (avec qemâṣ) : hè’âkôl[58]. À la forme yedabbêr, yesappêr[59], il y a pour les (gutturales) yeraḥêm, yeraḥêq[60]. À la forme yikkâtêb puisque c’est le passif, cela devient yéʿâsè[61]. Le kaf ajouté sans détermination prend un scheva mobile[62], exemple : keṣê’ṭ, kebô’ ; et pour ces quatre on emploie la même vocalisation, par exemple : keḥétef[63], et s’il est ajouté avec détermination, il est suivi d’un daguesch : kallaylâ, kayyôm ; mais pour ces quatre, il y a un qemâṣ ou un segôl, exemple : kâʿâb[64], kèʿârim[65]. Le lamed ajouté avec détermination prend un scheva mobile[66], et pour ces quatre il y a la même vocalisation[67], leʿéné[68], leʿôsê[69] ; mais avec détermination il y a un petâḥ, par exemple : laʿénayim[70] ; parfois un qemâṣ, exemple : lâʿayin[71], et parfois il y a un segôl, par exemple : lèhârim[72], lèḥodâschim[73]. Et si on emploie le mem, on dit avec daguesch : miṭṭôb[74], miyyôm, et pour les quatre (gutturales) on dit : mé’èreṣ[75]. Au participe hifil[76] on dit : makbîd marbè, et quand (la première radicale) est une des quatre (gutturales), (la voyelle) s’allonge[77], exemple : maḥaziq, maʿarîk. Et à la première personne sing. du futur[78], on dit : nedabbêr, neqavvè, et pour les quatre (gutturales) on dit : naʿabôd, naʿasè, avec allongement de la (voyelle). Pour la première personne plur. du futur nifal[79], on dit : nikkalêm[80] et nikkaschèl[81], et quand c’est une des quatre (gutturales) : néḥâlêṣ[82], et de même pour le tav : téʿâsè[83], téʿâzêb[84], taʿasè[85], à l’actif et au passif. Pour le nom d’action (on trouve : taʿalâtêkâ[86], taḥanunim, excepté tiʿtuʿim. Et là où l’on dit : dibberâ[87], pitteḥâ[88], nous disons avec les quatre (gutturales) : lihaṭâ. Là où l’on met un daguesch comme yekabbêd, yesappêr, on allonge la voyelle pour les quatre et on dit : yebaʿêr, yeraḥêm. Au participe pual féminin, par exemple : hameʿuschschâqâ, il y a un daguesch, et pour (les lettres) ’hḥʿ (on trouve) meṭôḥârâ[89]. Si (les lettres) ’hḥʿ sont au milieu du mot, au passé, la première lettre a un qemâṣ, par exemple : râḥaqu[90], et si c’est au futur[91], il y a un petâḥ, par exemple : raḥaqû[92], scha’alu[93], schaḥaṭû[94]. On dit pour le passé : râʿamu[95], sâḥaru[96]. Et pour ce qui est à la première personne du futur avec suffixe de la deuxième personne sing., exemple : ’akabbedkâ, ’aschalléḥakâ, pour (les lettres) ’hḥʿ, c’est ’aniʿakâ[97], ’abiʿakâ[98]. Pour l’infinitif on dit : mikram[99], et avec (les lettres) ’hḥʿ on dit : mo’osâm[100], toutes (les lettres) ayant un qemâṣ. Pour le verbe à la forme de contrainte (hofal), avec un yod (on trouve) : yoʿomad[101], yoḥoram[102], et pour la forme active[103] : hir’u, hitʿu, et pour les quatre on dit : hèʿèlu[104]. Parmi les noms trilitères, lorsqu’il y a au milieu une des lettres ’hḥʿ, le mot entier prend un petâḥ, exemple : naḥal, naʿar, hayyaʿar. Si (cette lettre) est à la fin, la seconde moitié prend un petâḥ, par exemple : zèbaḥ, ṣèmaḥ, bèṣaʿ, et si elle est au commencement, il n’y a pas du tout de petâḥ. Il en est de même si la première radicale des noms a un ḥalâm, par exemple : bôḥan[105], gôbah[106]. Et si la gutturale est dans les noms féminins, avec les autres lettres on dit : meqabbèṣêt, mitqaddèschet et avec ces quatre schômaʿat[107], mitlaqqaḥat[108]. Si la voyelle à la fin des mots est un ḥalâm suivi d’une gutturale, le mot prend un petâḥ, exemple : lifqôaḥ, lischmôaʿ ; de même pour le ṣerây, par exemple : schôméa, zôréaḥ, de même pour le ḥarâq, par exemple : môschîaʿ, yaṣliaḥ, de même pour le scherâq, par exemple sâruaḥ, yehôschuaʿ. Tel est l’ensemble des quarante-deux propriétés pour ’hḥʿ.
Parfois le resch a les mêmes règles (que les gutturales) sous certains rapports et (parfois) les mêmes que les begad-kefat sous d’autres rapports, mais ce n’est pas ici le lieu de l’expliquer.
Ce que nous trouvons comme marque des lettres bvmf, c’est que lorsque le vav est mis devant l’une d’elles, il prend le son ou et devient comme le scherâq : par exemple ubâʿêt[109], umèlek[110], ufètaḥ[111]. Il y aurait pu y avoir uvlâdô, uvaschti. Le même phénomène se reproduit pour le vav précédant un mot commençant par un scheva, par exemple uqsâtôt, usruḥim. Ce que nous trouvons comme marque des lettres gykq, c’est que lorsqu’une d’elles est au milieu (de deux voyelles) elle prend un daguesch, par exemple vayyakkè, vayyaggè[112], ubaqbaqqar[113], et parfois quelques (autres lettres) ont la même règle qu’elles pour ce cas.
(Passons à) la marque des lettres dṭlnt et zsṣrsch. Le resch et le schin étant mis à part, il reste les huit autres. Il en est six qui, lorsqu’elles précèdent le resch, et que le resch ou l’une des six a un scheva, je veux dire deux points verticaux, (font que) le resch prend un daguesch et ce sont dzṭsṣt ; exemples : darrkemonim, derror, va’ezrrêm, bammizrrê[114], limṭarr[115], sarr[116], hassirrpaḍ[117], ṣerrufa[118], terruma. S’il y a entre elles une voyelle quelconque, le resch est rafé ; par exemple dèrek[119], ṣori[120], taruṣ[121], etc. Quant aux autres lettres, à savoir : lamed, nun, lorsqu’elles suivent le resch sans voyelle intermédiaire, le resch a un daguesch, par exemple ‘orrlato[122], birrnana, etc. Ainsi nous avons accompli notre promesse de faire connaître (les cas où) le resch est daguesch ou rafé d’après les Tibéraniens, dans ce chapitre.
Quatrième paragraphe
Traduction
Et avec les vingt-deux lettres, lorsqu’il les a tracées, découpées, multipliées, pesées et interverties, il a créé tout ce qui a été créé (et créera) tout ce qui sera créé. Et comment les a-t-il multipliées ? L’alef avec chacune des lettres et chacune avec l’alef ; de même le bet et de même le guimel ; toutes tournent et s’intervertissent, et la totalité des mots ainsi formés est de 231 ; tu trouves donc que toute parole et toute créature ne peuvent se passer d’un (être) en plus au-dessus d’elles.
Commentaire
J’ai traduit ḥozerot ḥalila : elles tournent en cercle et s’intervertissent, car toute chose creusée[123] s’appelle ainsi dans la langue des Hébreux. Le Targoum de creux de planches[124] est ḥalil luḥin ; on dit des cavités du corps de l’homme : (Dieu) y a créé quantité de cavités et de trous[125] (ḥalalim), et de même le Targoum a dit du roi de Tyr en paraphrasant : Le travail de tes tambours et de tes flûtes (nekabèka) en toi [126] : Mais tu n’as pas considéré ton corps qui a été fait de cavités (ḥalalim) et de trous qui te sont indispensables ; et même la totalité de l’air qui est dans le monde est appelée creux du monde, parce qu’il tourne toujours.
Parfois on se trompe sur ce paragraphe en disant : Ils se trouvent sortant par 221 portes, et c’est une faute. Mais c’est 231 comme nous l’avons appris et comme l’exige le calcul ; et je n’ai vu dans aucune version écrite que 221. Pourtant je ne doute pas que ce ne soit une faute. Une faute semblable se trouve dans les quatre chapitres[127] : Tout tischri d’une année embolysmique qui commence avant 695 parties de la douzième heure. J’ai trouvé dans tous les textes onzième ; mais c’est une erreur, parce que si tu y ajoutes l’excédent de deux années, dont l’une est embolysmique, (la nouvelle lune) sera à cinq heures justes de la journée du samedi ; or il faut qu’elle soit à six heures justes de la journée ; et il n’en sera pas ainsi à moins que l’on ne place comme point de départ la douzième heure[128]. De même ici la raison que je vais exposer pourquoi il est juste de mettre 231, (est fondée) sur l’explication de : Comment les a-t-il multipliées ? Je l’expliquerai donc d’après (le principe) qu’il a posé. L’alef avec toutes (les lettres) et toutes avec l’alef, le bet avec toutes et toutes avec le bet, (etc.). Cette multiplication se trouve dans les villes de la Palestine et de l’Égypte ; les enfants l’écrivent dans le livre pour apprendre par là à épeler ; et ce sont 22 (séries) qu’on appelle rangées[129]. Et lorsque l’enfant les a apprises, il a appris par là même à tout épeler. La première rangée est : ’’, ’b, ’g, ’d, ’h, ’v, ’z jusqu’au tav ; la seconde rangée est : b’, bg, bd, bh, bv, bz, bḥ jusqu’au tav ; la troisième rangée est : g’, gb, gg, gd, gh, gv, gz jusqu’au tav ; il en est de même pour d’ et h’ jusqu’à t’, tb, tg jusqu’à la fin. En tout cela fait 22 multiplié par 22 ou 484 ; il faut en retrancher 22 mots qui ne sont pas des produits (d’une lettre avec une autre), à savoir : ’’ de la première rangée, bb de la deuxième rangée, gg de la troisième, dd de la quatrième, parce que d avec d ne produit qu’une même figure dans l’air et qu’un seul mot dans la parole, et ils n’ont pas d’interversion, car si on les intervertit ils restent dans leur premier état ; il reste donc 462. Mais de ces 462 on ne trouve que la moitié ; car ’b qui est dans la première rangée est comme b’ qui est dans la seconde, puis ’g est comme g’ qui est dans la troisième, ’d est comme d’ qui est dans la quatrième, et de même dans chaque série, et si tu fais le compte tu trouves que la moitié des lettres ne fait que reproduire l’autre moitié, c’est pourquoi il a dit : Et toutes tournent en cercle, parce qu’elles tournent en s’intervertissant. Or, lorsque tu prends la moitié de 462, cela fait 231, comme nous avons dit : (Les lettres) se trouvent sortant par deux cent trente et une portes. C’est un compte visible qu’on pourrait rendre sensible, si on voulait le faire avec des pièces de monnaie, ou en écrivant les rangées elles-mêmes et en les comptant. Il est donc expliqué comment l’unité apparaît au-dessus de toute multiplication, c’est un indice pour l’Un, le Saint — qu’il soit loué et exalté !
Et j’ai entendu dire qu’un commentateur laissait cette faute telle quelle : Deux cent vingt et un, et cherchait à l’expliquer en disant que le total de ’’, ’b, ’g, ’d n’est que 21, parce que ’’ n’entre pas dans la multiplication, puisqu’il tourne sur lui-même ; ensuite il multiplie ces 21 mots qu’il a obtenus par 10, c’est-à-dire par les 10 nombres, cela fait 210 ; puis il y ajoute les 10 nombres, puis l’unité première, je veux dire l’alef, cela fait 221. Mais — que Dieu ait pitié de toi ! — c’est un enchaînement et un tissu d’erreurs que (ce commentateur) a énoncées, parce qu’il ne connaissait pas la multiplication. L’erreur de son explication est manifeste pour cinq raisons :
1° Ce commentateur a multiplié l’alef avec toutes (les lettres), mais non toutes (les lettres) avec l’alef ; ensuite il n’a pas multiplié non plus bet avec toutes ni toutes avec bet, ni guimel avec toutes, ni toutes avec guimel, ni ce qui vient après, il a seulement multiplié alef avec toutes.
2° Il a multiplié alef avec toutes par 10, or il n’y a aucune raison de les multiplier par 10 ; et l’auteur de ce livre ne l’a pas non plus commandé, il a seulement commandé de multiplier les (lettres) entre elles, comme il a dit : L’alef avec toutes, le bet avec toutes, et n’a pas mentionné les 10 nombres ; ce commentateur a donc négligé de faire ce qui lui était commandé et a fait ce qui ne lui était pas commandé.
3° Il a ajouté à son produit les 10 nombres à part sans être multipliés par rien ; or ici ce n’est pas le chapitre de l’abstraction mais de la multiplication ; et s’il en était ainsi, il conviendrait d’ajouter aussi les 22 lettres isolées, et cela ferait 243.
4° Il a laissé le double alef sans le multiplier par 10, mais puisqu’il n’a pas multiplié (les lettres) entre elles et qu’il les a seulement multipliées par les 10 nombres, il n’y a pas de raison pour laisser le double alef, puisqu’il est possible de le multiplier par 10, comme ont été multipliés ’b, ’g et ’d ; et cela ne lui a pas suffi, il a fallu qu’il ajoutât l’alef isolé.
5° Il y a dans le livre même : Et toutes tournent en cercle ; si on multiplie les lettres les unes par les autres, alors, par ma foi, elles tournent en cercle, mais si on les multiplie par les 10 nombres, on ne trouve pas du tout qu’elles tournent en cercle. Je voudrais bien savoir ce qui reste debout de cette explication.
Le but de l’auteur du livre, dans cette multiplication, est (de dire) que le Créateur — que sa mention soit exaltée ! — en mettant en composition ces vingt-deux lettres au moyen de cinq procédés : en traçant, découpant, multipliant, pesant, transposant, a créé tout ce qui a été et créera tout ce qui sera. En effet, lorsqu’il a tracé dans l’air des lignes droites dans des circonférences, des triangles et des carrés, et qu’il a tiré des lignes obliques dans des circonférences, des triangles et des carrés, il est résulté de ce que (ces lignes) se repliaient l’une sur l’autre des surfaces et des volumes, d’après des modes merveilleux, d’où se sont formées toutes les figures. Et cela par la pénétration du bet dans le guimel, du dalet dans le hé, etc. C’est pourquoi ”, bb, gg jusqu’à tt ne sont pas entrés dans cette multiplication, car si tu dis cent alef il n’en résulte dans l’air qu’une seule forme, à savoir une ligne droite ; et de même si tu disais cent bet il ne s’en tracerait qu’une forme unique ronde. Il est donc expliqué comment les formes se font par les lettres dans l’air. Mais nous n’arriverons par là à établir (cette formation) que dans notre esprit, et nous n’arriverons pas à la réaliser parce que cela appartient au Maître des mondes — qu’il soit loué et exalté ! — C’est aussi pour cette cause que les savants commencent avec leurs élèves par les mathématiques et la géométrie, puisque ce sont les origines de la science.
Cinquième paragraphe
Traduction
Il a créé quelque chose non de quelque chose et a fait exister ce qui n’était pas, il a taillé de puissantes colonnes dans un air insaisissable.
Commentaire
Nous disons : Il a créé quelque chose non de quelque chose, et nous ne disons pas : Il a créé quelque chose de rien, de même que nous traduisons : tolè ’èreṣ ‘al belima : Il attache la terre non à quelque chose, et nous ne le traduisons pas : Il attache la terre à rien. Nous avons là en vue que rien est une chose, alors qu’ici il s’agit de croire que le Créateur a produit l’air non de quelque chose, et c’est ce que dit l’auteur : Il a formé du vide une réalité.
Puis (Dieu) a produit dans l’(air) par sa volonté, un mouvement qui n’avait pas été et qui alors a été. C’est le mot : Il a fait exister ce qui n’était pas. Enfin il a tracé des lignes droites puissantes, comme les lettres et les nombres, et c’est le mot : il a taillé de grandes colonnes.
(L’auteur) a pris, par figure, pour terme de comparaison, celui qui se tient dans un emplacement lui appartenant, y trace un arpent sur un arpent pour telle habitation, un arpent sur deux arpents pour telle hôtellerie, deux arpents sur deux arpents pour telle forteresse. Puis il pose la construction et il bâtit comme il a tracé et comme il a fait le plan. De même, sans (prendre nos termes) au sens matériel et précis, nous dirons : le Créateur a tracé dans l’air la circonférence de la terre d’environ 20,000 milles[131], et il a tracé pour chacun des astres de moindre grandeur un 122e de la terre, et il a tracé pour la lune un 39e de la terre ; il a tracé pour Vénus un 36e ; il a tracé pour Mars une fois et demie comme la terre ; il a tracé pour les étoiles de sixième grandeur 18 fois comme la terre, pour celles qui sont de cinquième grandeur 54 fois comme la terre, pour celles qui sont de troisième grandeur 72 fois comme la terre, pour Saturne 91 fois comme la terre, pour Mercure 95 fois comme la terre, pour les astres de première grandeur 108 fois comme la terre et pour le soleil 166 fois comme la terre. Ces mesures ont été calculées par les savants anciens au moyen des instruments et des mathématiques, et ils nous les ont transmises. Louange donc au Créateur puissant et noble, (comme il est dit) : Les œuvres de l’Éternel sont grandes[132]. Que tes œuvres sont nombreuses, Éternel[133]. (Dieu) a donc tracé ces lignes, il les a bâties et les a recouvertes et ornées en un clin d’œil ; car, si nous détaillons ces actes, c’est pour nous en faciliter l’intelligence. Telle est l’explication de : colonnes puissantes, et d’une manière analogue il est dit : Les colonnes du ciel sont ébranlées et sont stupéfaites devant sa colère[134].
Sixième paragraphe
Traduction
En troisième lieu il a créé l’eau de l’air ; il a donc tracé et a séparé par là une sphère qui avait une périphérie et un centre ; en elle il y avait un mélange trouble d’eau et de boue, il en a fait comme un parterre[135], puis comme un mur, puis comme un toit de façon que l’eau s’est écoulée; (la sphère) a séché et est devenue de la terre. L’indice de cette (formation) est le mot : Car à la neige il a dit : Sois de la terre[136]. On entend par le mot tohu la ligne verte qui entoure et par bohu la pierre fendue qui est dans le sein de la terre et d’où sort l’eau. La preuve en est le mot (appliqué) au pays d’Édom : (Dieu) étendra sur lui le cordeau de la dévastation (qav tohu) et le niveau de la désolation (’abné bohu)[137].
Explication des termes
La traduction du mot ʿaruga est parterre dans la langue de la Palestine, et c’est meschara[138] dans la langue de la Babylonie ; c’est de cela qu’il est dit : (La vigne) se desséchera dans les parterres de sa végétation[139]. Mon amant est descendu vers le parterre aromatique[140]. Ma‘aziba c’est un toit, le sens primitif est soutien[141] ; (ce mot) se trouve dans la langue de la Mischna. On dit : L’habitant d’en bas donne la charpente et l’habitant d’en haut la toiture[142]. J’ai traduit qav ligne, comme : Et une ligne de trente coudées l’entourait[143]. J’ai traduit yaroq, vert, comme il est dit à propos d’un certain animal : Il cherche après toute verdure[144]. J’ai traduit mefullaḥot fendues, parce que c’est comme mefullahot. Ce (mot)-ci est dans la langue de la Bible et l’autre est dans la langue de la Mischna.
Explication des idées
(L’auteur) dit que le Créateur a créé de l’air l’eau, et de l’eau la périphérie de la terre qui est tohu, elle paraît à l’œil être une (ligne) verte entourant la terre ; puis le centre de la terre qui est bohu et c’est la pierre dure qui est au milieu. Quant à faire saisir à l’esprit comment il a créé de l’air l’eau, nous dirons que ce sont là les mystères auxquels l’auteur du livre a fait allusion dans le second chapitre[145] en disant : Un mystère, grand et caché, merveilleux et illustre, d’où sortent le feu, l’air, l’eau. Il semble se représenter dans son imagination, sans rien matérialiser, que le Créateur a voulu introduire la puissance des formes dans l’air, et (cette puissance) a pressé l’air ; elle a réuni l’humidité d’une partie (de l’air) d’un côté, et tout cela est devenu l’eau, et c’est ce qu’il dit : L’eau (tirée) de l’air ; puis il a donné un ordre pour cette eau, il a affiné une partie (de cette eau), il en a rassemblé l’écume dans un endroit et il en est résulté la terre; et pour qu’elle se séparât de la boue qu’elle contenait et de l’humidité, il a produit une forme et l’a dressée comme un mur et c’est le mot : Il les a taillés comme un mur, après que cela avait été un marais, comme il dit : Comme une sorte de parterre. Ensuite il a étendu (ce mur) comme un toit, comme il est dit : Il les a recouverts comme une sorte de toit, de sorte que, l’eau qui était restée s’est écoulée et s’est enfoncée, (le reste) a séché et il en est résulté la terre : et l’auteur a cité un verset comme allusion : Car il dit à la neige : Sois de la terre, bien que le sens du verset soit que (Dieu) ordonne à la neige d’aller vers la terre et d’y tomber. Et il racontera dans la suite l’histoire de l’air dont le liquide s’est exprimé et il (dira) comment il est devenu du feu, ainsi que cela se trouve dans le septième paragraphe. Tels sont les mystères de la création de ces éléments par les lettres et les nombres, à savoir qu’ils ont formé dans l’air une figure qui pressait (l’air) par la volonté du Créateur ; l’humidité a été rassemblée d’une partie de l’air, d’où est venue l’eau ; ils ont formé une figure et une ligne séparatives, la partie épaisse de l’eau s’est séparée et est devenue la terre. Et l’air dont la partie humide s’était détachée est devenu du feu, parce que ses parties chaudes étaient restées et que son humidité avait été enlevée. Quant au reste de l’air qui n’avait pas été pressé, il garde sa nature chaude et humide.
Quand nous disons que (Dieu) a pressé, qu’il a clarifié, qu’il a dressé, qu’il a étendu ainsi que les autres détails, nous n’entendons pas par là (que Dieu) ait fait les choses par morceaux, l’un avant, l’autre après; nous voulons seulement préparer notre intelligence et lui donner les moyens de nous représenter (cette formation); nous ramènerons le tout à la création instantanée, comme nous avons dit précédemment dans le neuvième système (exposé dans) l’introduction du livre et que nous avons dit être le bon.
Il est possible aussi que par le mot mystère couvert (l’auteur) fasse allusion à la terre ainsi qu’il est dit : Tu as recouvert (la terre) avec l’Océan comme d’un manteau[146] ; par mystère merveilleux, à l’eau, parce qu’il est dit : Ses merveilles sont dans la profondeur (de l’eau)[147] ; par mystère magnifique il ferait allusion au feu, parce qu’il est dit du ciel : Du parvis de ta sainteté et de ta magnificence[148].
Septième paragraphe
Traduction
En quatrième lieu, le feu (a été créé) de l’eau. (Dieu) a dessiné et tracé avec (le feu) le trône élevé et tous les anges du ciel, comme dit l’Écriture : Il fait ses anges d’air et ses serviteurs de feu flamboyant[149].
Commentaire
Par le mot feu (créé) de l’eau, il n’entend pas que le feu ait été produit par l’eau, il veut dire seulement que l’eau est la cause de la production de l’air, comme nous avons exposé que : lorsque l’eau s’est écoulée de l’air, l’humidité (de l’air) est partie et sa chaleur est restée sèche ; or c’est la nature du feu évidemment.
(L’auteur) a en vue en disant : Le trône de gloire et toute la légion des hauteurs, les sept couleurs du feu qu’Ézéchiel a vues. La première est une grande nuée et un feu qui se contient[150] : le feu qui se condense est faible, parce que l’air s’y trouve en grande quantité et cela à cause de la finesse (du feu) ; ensuite à l’intérieur un feu bleuâtre, comme il est dit : À l’intérieur, il y avait une apparence bleuâtre dans le feu[151]. Et le corps des quatre ḥayyot était de feu rouge, comme il est dit : Et la forme des ḥayyot avait l’apparence de charbons ardents[152]. Et il était entouré d’un rayonnement de lumière jaune, comme il est dit : Et il y avait un éclat pour le feu et il en sortait un éclair[153]. Et sur tout leur corps (était) un feu noir[154], comme si c’étaient des yeux, ainsi qu’il est dit : Et toute leur chair et leur dos et leurs mains, et leurs ailes, et les roues étaient remplis d’yeux[155]. Et sur leur tête était une voûte de feu blanc, comme il est dit : Et il y avait une forme sur la tête des ḥayyot ressemblant à un cristal éclatant[156]. Au-dessus d’elle était un trône de feu cristallin, moins blanc que la voûte, de façon à s’en distinguer, comme il est dit : Et au-dessus de la voûte qui était sur leur tête, il y avait l’apparence d’un saphir en forme de trône[157]. Et tout cela a été créé de l’air, dont l’humidité a été extraite, et a été formé par les nombres et les lettres, et il en est résulté le mélange de ces différentes sortes de feu.
Huitième paragraphe
(Résumé)
La traduction de ce paragraphe est facile. En résumé l’auteur du livre donne six côtés au monde : le haut, le bas, l’orient, l’occident, le sud et le nord liés par la puissance (divine) l’un avec l’autre. Or il se trouve que les trois lettres du nom yhv, quand on les transpose, produisent six mots : deux commençant par yod : yhv, yvh ; deux commençant par hé : hvy, hvy, et deux commençant par vav : vyh, vhy, que (l’auteur) a mis en rapport avec les six liaisons, à titre de comparaison et de figure, comme s’ils étaient scellés avec (ces mots). C’est de là, ainsi que de la marque des lettres dans l’air, que certaines gens ont pris l’usage des amulettes.
Commentaire
(L’auteur) a placé le sud à droite et le nord à gauche comme dit l’Écriture. Le nord et la droite (le sud), c’est toi qui les a créés[158], et non pas comme (font) certains philosophes, qui mettent l’orient à droite et l’occident à gauche ; ni comme d’autres, qui ont mis le sud à gauche et le nord à droite. Et l’auteur met l’orient devant et l’occident derrière, d’après le principe que la résidence (divine) est à l’occident[159]. En effet la porte du Temple était vers l’orient, comme il est dit : Et ceux qui campaient devant le tabernacle à l’est, devant la tente d’assignation à l’orient[160], et l’arche sainte était à l’occident. Et c’est pour cela que les astres se dirigent de l’orient à l’occident, ce qui s’appelle se prosterner devant Dieu, comme il est dit : La légion des cieux se prosterne devant toi[161]. Et il y a là aussi un rapport avec les 10 nombres, car les quatre éléments[162] et les six côtés font dix.
Nous avons donc expliqué les quatre premiers chapitres ; quant aux quatre derniers ils en sont le détail et le développement ; et nous n’avons pas besoin, après avoir expliqué ceux-là, d’expliquer ceux-ci, mais nous énoncerons leur texte après que nous aurons donné une introduction qui en éclaircira l’ensemble et un préambule qui épargnera toute peine pour les (comprendre). Puis nous nous attacherons aux mots rares et aux idées nouvelles qui s’y trouvent, et nous les expliquerons. — La force est dans le Miséricordieux !
Nous dirons donc au début que c’est l’habitude du langage des Écritures saintes et du langage des docteurs de citer deux ou plusieurs sujets et d’y appliquer des affirmations, de telle sorte que l’affirmation de l’un soit applicable au second et l’affirmation du second applicable au premier. Cela se fait ainsi au lieu de réunir les deux ou trois (sujets) et de leur appliquer les trois affirmations ensemble ; par exemple cette parole de Dieu — qu’il soit célébré et exalté : Vous exécuterez mes décisions et observerez mes lois[163], n’entend pas restreindre l’exécution aux décisions à l’exclusion des lois ni (restreindre) l’observance aux lois à l’exclusion des décisions, mais elle entend appliquer le tout au tout. De même cette parole du Sage : Écoute, mon fils, la réprimande de ton père et ne néglige pas la leçon de ta mère[164]. Et qu’un fait semblable s’est produit pour les travaux manuels, cela se voit clairement par ce que dit (l’Écriture) sur ce qu’a fait Salomon : Il fit les deux colonnes d’airain ; la hauteur de l’une était de dix-huit coudées et un fil de douze coudées entourait la seconde[165]. Or la seconde avait une hauteur de dix-huit coudées comme la première, et la première avait une circonférence de douze coudées comme la seconde.
Parfois cette (règle) s’applique à toute une collection (de sujets), comme il est dit : Galaad est à moi et Manassé m’appartient ; Éphraïm est la protection de ma tête et Juda est mon magistrat[166]. Ce qui s’applique à chacun s’applique à tous, c’est comme s’il y avait : À moi (appartiennent) Galaad, Manassé, Éphraïm et Juda ; et ce sont les protections de ma tête et mes magistrats (ce dernier mot meḥoqeqay) avec un petah (sous le qof). De même dans ce qui suit : Moab est le pot où je me lave. Sur Édom je jette mon soulier, je triompherai de la Philistée[167] ; ce qui s’applique à chacun (des pays) s’applique à tous ; cela devient : Moab, Édom et la Philistée sont les pots où je me lave, sur eux je jette mon soulier et je triomphe d’eux. De même dans le langage de la Mischna on dit à propos du sabbat : On n’enfouit (d’objet) ni dans le rebut d’olives, ni dans le fumier, ni dans le sel, ni dans la chaux, ni dans le sable[168], et on n’a pas dit : et les pierres. D’autre part on a dit à propos des choses nuisibles : On éloigne du mur le rebut d’olives, le fumier, le sel, la chaux et les pierres de trois coudées[169], et on n’a pas dit : et le sable. Mais tous deux, le sable et les pierres sont soumis à toutes (ces règles).
Ces prémisses montreront que l’auteur, en spécialisant chaque lettre ou nombre avec lequel ont été créées des parties du monde, de l’année et de la personne, n’a pas en vue une détermination spéciale, mais il expose que les ensembles des trois ont été créés avec les ensembles des vingt-deux lettres et par eux, d’après ce que nous avons dit précédemment[170]. Donc, bien que (l’auteur) ait pris chacune des lettres comme correspondant à une de leurs parties, là il ne l’a fait qu’à titre de mention et de rapprochement. Tout se ramène donc à ce principe, donné par nous plus haut, que l’ensemble des uns a été créé par l’ensemble des autres et en même temps que lui. D’autant plus que nous avons dit que le neuvième système est le bon système, à savoir que toutes les substances et tous les accidents ont été créés d’un coup. L’auteur du livre nous a seulement ouvert la voie, pour (qu’il nous soit) facile (de comprendre) cette (création), et pour nous élever d’une chose à l’autre, et finalement il réunit le tout en disant : Tous sont attachés[171].
Il est possible aussi que (l’auteur) ait sur tout cela des opinions profondes, comme ce que nous avons déterminé à propos de ce qui a été créé avec (les lettres) alef, mem, schin : le mem est affaissé, le schin s’élance [et l’alef met l’équilibre][172]. En effet chacune des sept planètes et chacun des douze signes du zodiaque a une forme déterminée connue des gens qui s’occupent de la nature de la sphère, et chacun des membres du corps de l’homme a une forme que connaît celui qui a lu les ouvrages sur l’anatomie et les fonctions des membres, bien que quelques-uns ne diffèrent pas, comme une main de (l’autre) main et un pied de (l’autre) pied ; mais la chose s’applique à la majorité et à la généralité. Et si quelque élève a le loisir de se mettre à étudier (ce sujet), il trouvera que la forme de la plupart des astres et des membres est semblable à la forme des lettres auxquelles l’auteur les a rapportés, ou s’en rapproche, ce qui est une preuve forte et convaincante, comme nous l’avons dit dans la première introduction[173].
Nous dirons donc : Énoncé du Chapitre 5.
[1] Ce sont plutôt dix actions, dix créations : 1° L’esprit saint ; 2° l’air ; 3° l’eau ; 4° le feu ; 5°–10° le sceau apposé aux six côtés.
[2] Job, xxvi, 13.
[3] Psaumes, xxxiii, 6.
[4] Daniel, xii, 7.
[5] Cf. Berakhot, 10a.
[6] Jérémie, xxiii, 24.
[7] Proverbes, xv, 3.
[8] Or la puissance de Dieu est présente dans l’air.
[9] Jérémie, xvii, 10.
[10] Psaumes, lxv, 3.
[11] La lecture de cette phrase n’est pas sûre, et le texte paraît très défectueux.
[12] Deutéronome, iv, 39.
[13] Psaumes, cxxxv, 6.
[14] Voyez notre Introduction, p. VII.
[15] Isaïe, vi, 3.
[16] Nombres, xiv, 21.
[17] Exode, xxiv, 16.
[18] Psaumes, lxxxv, 10.
[19] Haggai, ii, 5.
[20] Isaïe, lxi, 1.
[21] Ézéchiel, xl, 24.
[22] Deutéronome, iv, 35.
[23] Ibid., v, 23.
[24] Dans le psaume xxix.
[25] Isaïe, xi, 2.
[26] Juges, xi, 29. Ibid., vi, 34.
[27] Ibid., vi, 34.
[28] Psaumes, ciii, 19.
[29] Jérémie, iii, 17.
[30] Symbole de la gloire divine.
[31] Psaumes, lxxii, 19.
[32] Isaïe, xxx, 21.
[33] Zacharie, vi, 5.
[34] Jérémie, xlix, 36.
[35] Comparez l’introduction de S., p. 24 et premier chapitre, § 1er, p. 35.
[36] Ici Saadya entend, sans doute, par منعوجة « obliques » des lignes brisées.
[37] Ce sens de منفرج ne se trouve pas dans les dictionnaires.
[38] Ce livre paraît être l’ouvrage connu sous le nom de Agron.
[39] Le segôl n’existant pas dans la ponctuation babylonienne, les particularités des gutturales deviennent beaucoup moins nombreuses.
[40] Le passage qui suit a été publié et traduit par M. Neubauer, Notice sur la Lexicologie hébraïque, p. 215 sqq.
[41] Texte : A la forme افعل.
[42] Litt. : Jointe.
[43] Voyez un peu plus loin.
[44] Job, xix, 7.
[45]
S., en employant le mot مهدود, paraît assimiler à des voyelles longues toutes celles situées en syllabe ouverte. Référence : Revue des Études juives, tome XVIII, page 125.
[46] Job, xix, 7.
[47] À moins de supposer une faute du copiste, l’exemple de יועד est tout à fait mal choisi, puisque ce mot vient de ועד. Saadya ne savait pas reconnaître les racines à lettres faibles.
[48] Nombres, xxiv, 7.
[49] نحو signifie « inflexion, déclinaison » ; ici il a le sens de « vocalisation ».
[50] Nombres, xx, 20.
[51] Genèse, vi, 8.
[52] Ézéchiel, xlviii, 18.
[53] Nos textes portent partout un petâḥ.
[54] C’est-à-dire que le ḥatâf se change en véritable voyelle.
[55] II Rois, v, 7.
[56] Job, viii, 3.
[57] Jérémie, xxvi, 19.
[58] II Samuel, xiv, 43.
[59] [Note absente]
[60] Voyez la note sur le texte arabe.
[61] Genèse, xxix, 26.
[62] Il faut ajouter : بשוא ; (cf. plus loin). مفتوحة a ici le sens de « mobile ».
[63] Proverbes, xxxiii, 28.
[64] Isaïe, lx, 8.
[65] Jérémie, xx, 10.
[66] Litt. : Est léger ouvert.
[67] اعراب a le même sens que نحو ci-dessus.
[68] Deutéronome, xxxiv, 12.
[69] Psaumes, cxxxvi, 7.
[70] I Samuel, xvi. 7. Nos textes ont לעינים.
[71] Nombres, xxxiv, 11.
[72] Ezéchiel, vi, 3.
[73] Isaïe, xlvii, 13.
[74] Genèse, xxxi, 24.
[75] Ibid., xxi, 21.
[76] Nous lisons plutôt مَفْعِلَ que مَفَعَِلَ, puisque les exemples sont tirés du hifil.
[77] C’est-à-dire est ouverte ; cf. p. 98, note 7.
[78] On ne sait s’il faut lire نَفْعَل ou نَفَعَِل et il est étrange que S. oppose נדבר à נעשה ; il y a peut-être une faute.
[79] Texte : نتفعل, qui semblerait devoir désigner plutôt le hitpael.
[80] Cet exemple ne se trouve pas dans la Bible.
[81] Idem.
[82] Nombres, xxxii, 17.
[83] Exode, xxv, 31.
[84] Job, xviii, 4.
[85] לא תעשה לך se trouve Exode, xx, 9, à l’actif, à la deuxième personne du futur, mais non pas au passif,
[86] Lamentations, iii, 65.
[87] Genèse, xxxix, 19.
[88] Isaïe, xlviii, 8.
[89] Ézéchiel, xxii, 24.
[90] Jérémie, ii, 5.
[91] Par futur Saadya entend ici l’impératif.
[92] Jérémie, ii, 5.
[93] Psaumes, cxxii, 6.
[94] Exode, xii, 21.
[95] Ézéchiel, xxviii, 35.
[96] Jérémie, xiv, 18.
[97] II Samuel, xv, 20.
[98]
Il doit y avoir dans cette phrase une lacune ; il faut lire après אכבדך : mais pour les gutturales אשלתך. Et on dit אשיבך (ou un autre verbe analogue), mais pour les gutturales, etc.
[99] Amos, ii, 6.
[100] Ibid. 4.
[101] Lévitique, xvi, 10.
[102] Esdras, x, 8.
[102] Dans l’arabe : فعلوا qui équivaut ici à افعلوا.
[104] I Samuel, vi, 14.
[105] Ezéchiel, xxi, 18.
[106] Ibid. xli, 8.
[107] Genèse, xviii, 10.
[108] Exode, ix, 24.
[109] Juges, xiv, 4.
[110] I Rois, xx, 10.
[111] Lévitique, viii, 35.
[112] Lamentations, iii, 33.
[113] I Chroniques, ix, 15.
[114] Jérémie, xv, 7.
[115] Deutéronome, xi, 11.
[116] I Samuel, xviii, 13.
[117] Isaïe, xlv, 13.
[118] Psaumes, xcix, 140.
[119] I Rois, xix, 4.
[120] Genèse, xliii, 11.
[121] Proverbes, iv, 12.
[122] Genèse, xvii, 14.
[123] Saadya met en rapport le creux et le cercle peut-être en considérant le creux, le vide que circonscrit le cercle.
[124] Exode, xxvii, 8.
[125] Berakhot, 60 b.
[126] Ezéchiel, xxviii, 13.
[127] Nous ne savons de quel ouvrage sur le calendrier Saadya parle ici.
[128] La question est de savoir si תרצה חלקים משעת יא signifie « 695 parties de la onzième heure », ou « après onze heures » ; dans ce dernier cas il n’y aurait rien à corriger.
[129] قبالة ne se trouve pas avec ce sens dans les dictionnaires.
[130] Saadya fait de même puisqu’il supprime בא, נא = אב, אנ, etc.
[131] Cette mesure est relativement exacte, car le mille équivaut presque à deux kilomètres.
[132] Psaumes, cxi, 2.
[133] Ibid., civ, 24.
[134] Job, xxvi, 11.
[135] Saadya traduit de la même façon ערגות
, Cant., v, 13 et vi, 2. مسکبة désigne un endroit humide, traversé par des rigoles où l’eau coule. (V. Doxy. Supplément.)
[136] Job, xxxvii, 6.
[137] Isaïe, xxxiv, 11.
[138] Voir Arukh, au mot משר.
[139] Ézéchiel, xvii, 11.
[140] Cantique, vi, 2.
[141] Nous supposons que אלפאיכסת est une corruption de אלפואכית.
[142] Baba Metsia, x, 2.
[143] I Rois, vii, 23.
[144] Job, xxxix, 8.
[145] § 2.
[146] Psaumes, civ, 6.
[147] Ibid., cvii, 24.
[148] Isaïe, lxii, 15.
[149] Psaumes, civ, 4.
[150] Ézéchiel, i, 4.
[151] Ibid. Cf. Amanat, p. 205.
[152] Ibid., v, 13.
[153] Ibid.
[154] Dans Amanat, les yeux sont bleus.
[155] Ézéchiel, x, 12.
[156] Ézéchiel, i, 22.
[157] Ibid., 26.
[158] Psaumes, lxxxix, 13.
[159] Baba Batra, 25a.
[160] Nombres, iii, 8.
[161] Néhémie, ix, 6.
[162] Plus exactement, il s’agit de l’Esprit saint, des trois éléments et des six côtés.
[163] Lévitique, xviii, 4.
[164] Proverbes, i, 8.
[165] I Rois, vii, 15.
[166] Psaumes, lx, 9.
[167] Psaumes, lx, 10.
[168] Sabbat, iv, 1.
[169] Baba Batra, ii, 1.
[170] Que l’on peut séparer les différentes qualifications et les différents objets qualifiés, bien que toutes s’appliquent à tous.
[171] Chapitre viii.
[172] Chapitre iii, 2.
[173] V. p.26.
Commentaire sur le Séfer Yeṣira ou Livre de la Création par le Gaon Saadya de Fayyoum. Publié et traduit par Mayer Lambert. Paris, 1891. [Version numérisée : Google].