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Fondement de la Foi d’Abravanel

Chapitre 1. Opinion du grand maître Maïmonide touchant les principes fondamentaux de la Loi

Traduction R. Benjamin Mossé (1884)


Celui qui a, le premier, posé des principes fondamentaux dans la Loi divine, c’est le grand Maître, le rabbin Moïse fils de Maïmonide, dans son commentaire sur le traité Sanhédrin, au chapitre Héleq, à propos de cette Mischna : « Tout enfant d’Israël prendra part au monde futur ! »

Il est bon de savoir que ce maître a fait en langue arabe son commentaire sur la Mischna, que nous en avons deux traductions, différentes l’une de l’autre, bien que le sujet soit le même ; et que l’une de ces traductions étant due à la plume du rabbin Samuel Tibbon, d’heureuse mémoire, nous croyons devoir la prendre pour guide, à cause de l’immense savoir de Samuel Tibbon et du grand mérite de ses traductions. Nous suivrons donc Samuel Tibbon, dans l’exposition que nous allons faire des principes fondamentaux de notre Loi, fixés au nombre de Treize.

Premier principe : Existence du Créateur

Il existe un Être qui possède toutes les perfections, qui a donné l’existence à tous les êtres, qui la leur conserve, dont la non-existence impliquerait le non-existence de toutes choses, tandis que la non-existence des choses ne porterait nulle atteinte à son existence et ne la diminuerait d’aucune manière, car il n’a point besoin de l’existence d’autrui, tandis que tous les autres êtres, soit les intelligences séparées et les sphères, soit les êtres inférieurs, ont besoin de son existence.

L’Écriture nous enseigne ce premier principe, en ces termes : «Je suis l’Éternel ton Dieu. »

C’est un précepte positif.

Deuxième principe : Unité du Créateur

L’unité du Créateur n’est point comme l’unité collective, ni comme l’unité individuelle, ni comme l’unité composée, divisible en mille parties, ni comme celle d’un corps simple, unique en nombre mais susceptible de divisions à l’infini. Le Créateur est un, d’une unité incomparable.

L’Écriture nous enseigne ce second principe, en ces termes : « Écoute, Israël, l’Éternel notre Dieu est l’Éternel un ! »

C’est un précepte positif.

Troisième principe : Immatérialité du Créateur

L’unité absolue n’est ni un corps, ni une force dans un corps. Elle est inaccessible à ce qui atteint les corps, au mouvement, au repos, soit par essence, soit par accident ; la jonction et la disjonction sont impossibles en son être.

« À qui me comparerez-vous ? À qui ressemblerai-je ? » dit l’Éternel par la bouche du prophète. (Isaïe XL).

Or, si le Créateur était un corps, il ressemblerait aux objets corporels.

Quant aux attitudes corporelles que l’on attribue au Créateur dans les livres saints, elles ne doivent être prises toutes que comme une manière humaine de s’exprimer, selon que l’affirment nos sages, au traité Metsihoth, f°31, en ces termes : « La Thora s’exprime selon le langage des hommes. »

L’Écriture nous enseigne ce troisième principe, en ces termes : « Vous n’avez vu aucune figure, en entendant la voix divine ! » C’est-à-dire : vous n’avez aperçu le substratum d’aucune forme, car, Dieu n’est ni un corps, ni une force dans un corps.

Quatrième principe : Antériorité du Créateur

L’Être unique, c’est l’être réellement antérieur (éternel), et tout autre être que lui ne saurait être antérieur par rapport à lui. Mille textes le témoignent.

Ce quatrième principe est déduit de ces paroles de l’Écriture : « Les cieux sont la demeure du Dieu antérieur (éternel), et au-dessous se trouvent les bras du monde. » (Deut, XXXIII, 27).

Cinquième principe : Culte dû uniquement au Créateur

Le Créateur a seul droit à notre culte, à nos hommages. Nul autre être n’y a droit. Les messagers célestes, les étoiles, les sphères, tous les éléments et leurs composés, tous les êtres ont leurs fonctions dans le monde, mais ils n’ont point de puissance propre, point de volonté ; ils n’ont que leur amour pour le Créateur, ils ne sauraient être l’objet de notre adoration.

Ils ne doivent point non plus servir d’intermédiaires entre les hommes et le Saint-béni-soit-il. Toutes nos pensées doivent se porter directement vers Dieu et s’éloigner de tout autre que lui.

Ce cinquième principe ressort pour nous de la défense de l’idolâtrie, faite à plusieurs reprises par l’Écriture.

Sixième principe : Prophétie

Il est des hommes qui possèdent de nombreuses qualités, une grande perfection, et dont l’âme est assez pure pour recevoir la forme de l’intellect. Cet intellect humain s’unit ensuite à l’intellect actif, duquel émane sur eux une noble inspiration. Ces hommes sont les prophètes ; car, c’est en cela que consiste la prophétie, et tel est son objet.

Développer ce principe d’une manière complète, ce serait trop long ; d’ailleurs, notre dessein n’est pas de faire la démonstration de chaque principe fondamental et de le justifier, ce qui embrasserait toutes les sciences ; nous n’avons pour but que de les mentionner, que de les énumérer.

De nombreux textes de la Loi témoignent en faveur de ce principe.

Septième principe : Supériorité prophétique de Moïse.

Il faut croire que Moïse est le plus grand de tous les prophètes passés et à venir ; que tous lui sont inférieurs ; qu’il est l’élu de Dieu parmi les hommes, et qu’il est arrivé à une connaissance de Dieu plus complète que celle où nul mortel n’a pu et ne pourra jamais atteindre. Ce qui place Moïse à une distance infinie au-dessus de tous les hommes, c’est que, dans son élévation vers Dieu, s’anéantissaient en lui la faculté imaginative, les sens et leurs perceptions, et qu’il ne restait en lui que l’intellect : c’est pourquoi il est dit que lorsqu’il parlait à Dieu, c’était sans l’intermédiaire d’aucun ange, mais bouche à bouche. J’expliquerais ici ce sujet profond, si je ne voyais qu’il touche à des questions très subtiles qui auraient besoin, pour être développées, d’une importante et complète démonstration, et s’il ne fallait tout d’abord expliquer l’existence des anges, la différence des rangs qu’ils reçoivent du Créateur, et ce que sont l’âme et ses facultés ; s’il ne fallait en même temps exposer avec étendue les attributs que les prophètes donnaient au Créateur : divers sujets d’une grande importance que cent pages ne suffiraient pas à épuiser, même sommairement.

Je me réserve donc d’en parler dans mon livre d’Homélies (Dérâschoth) que je me propose de faire, ou dans le livre de la Prophétie que j’ai commencé à composer, ou enfin, dans un livre spécialement consacré aux principes fondamentaux.

Je reviens au septième principe, et je dis que la prophétie de Moïse diffère de celle des autres Prophètes en ce que :

1° Moïse communiquait avec Dieu sans intermédiaire ; Dieu disait de lui : « Je lui parle bouche à bouche », tandis que les autres Prophètes n’étaient point en communication directe avec Dieu ;

2° Les autres Prophètes ne prophétisaient que dans le sommeil, dans des rêves, dans des visions nocturnes, ou en plein jour, mais dans l’assoupissement où ils n’avaient plus l’usage de leurs sens, ce que le texte appelle : apparition, vision ; tandis que Moïse recevait la parole divine en plein jour, debout, entre les deux Chérubins, selon le témoignage de Dieu lui-même : « C’est là que je t’apparaîtrai », et selon le reproche de Dieu à Aaron et à Miriam : « À vous je n’apparais qu’en vision, mais à mon serviteur Moïse je parle bouche à bouche ! »

3° Les autres Prophètes, au moment où ils recevaient l’inspiration prophétique, bien que ce fût en vision, avaient les membres ébranlés et éprouvaient de l’effroi, des secousses mortelles, selon l’aveu de Daniel, ch. X :

« Je n’avais plus de forces, j’étais anéanti ! » tandis que Moïse recevait la parole divine sans émoi, le texte affirmant que Dieu lui parlait face à face, c’est-à-dire que sa communication avec la Divinité, lui était aussi facile que celle que l’on a face à face avec son semblable, parce que l’union de Moïse avec l’intellect actif était complète ;

4° Enfin, les autres Prophètes ne recevaient pas l’inspiration à leur gré, mais seulement à celui de Dieu ; il arrivait à des Prophètes de rester des années nombreuses sans la recevoir ; souvent après avoir supplié Dieu de la leur accorder, ils la recevaient, mais sans qu’elle leur fît connaître l’objet de leurs désirs ; plusieurs même s’excitaient à la prophétie par des moyens matériels, par exemple, Élisée qui cherchait l’inspiration dans les accents de la lyre ; tandis que Moïse prophétisait à son gré : «  Attendez, disait-il, je vais recevoir les ordres de l’Éternel ! » — «  Dis à Aaron, ton frère, dit l’Éternel à Moïse, de ne pas entrer en tout temps dans le sanctuaire ! » Aaron ne pouvait pas l’entrer en tout temps, mais Moïse le pouvait sans cesse !

Huitième principe : Divinité de la Loi

Il faut croire que la Loi, telle que nous l’avons aujourd’hui en nos mains, a été donnée à Moïse toute entière par la bouche de la Divinité, c’est-à-dire, qu’il l’a reçue toute entière de la bouche de la Divinité, par la perception, appelée métaphoriquement parole, perception que nul autre n’a pu avoir, lui seul ayant pu écrire ce qui lui a été dit touchant l’histoire, la Loi et ses préceptes, raison pour laquelle il fut appelé législateur.

Il faut croire encore que tous les termes de la Loi, quelque secondaire que soit leur importance, tels que les noms de Cham, Cousch, Mitsraïm, sortent de la bouche de la Toute-Puissance, aussi bien que les plus grands principes de doctrine, tels que : « Je suis l’Éternel, ton Dieu ! — Écoute, Israël, l’Éternel est notre Dieu ! » ; constituant tous également la Loi de l’Éternel, qui est parfaite, pure, sainte et véridique.

Soutenir qu’il l’a dans la Loi du bon et du mauvais, le fruit et l’écorce, c’est soutenir que la Loi n’est pas divine, c’est être négateur, selon que nos sages l’ont enseigné en ces termes (Sanhédrin, XVIX) : « Croire que la Loi toute entière émane de la Toute-Puissance, à l’exception d’un seul verset, que le Saint-béni-soit-il n’aurait point dit, et que Moïse aurait enseigné de son chef, c’est être dans la catégorie des négateurs qui méprisent la parole de l’Éternel, car, chaque mot de l’Écriture est une source de sagesse pour celui que Dieu a favorisé d’intelligence et de réflexion ».

Cependant, la profondeur de la sagesse de l’Écriture ne saurait être pénétrée complètement, et tout mortel doit implorer, comme David, le Saint-béni-soit-il et lui dire : « Dieu de Jacob, désille mes yeux, afin que je puisse contempler les merveilles de ta loi ! » (Ps. CXIX). L’explication de la loi écrite, le Thalmud, émane également de la Toute-Puissance. C’est ainsi que la forme que nous donnons aujourd’hui à la cabane et au faisceau de la fête des Tentes, aux franges, aux phylactères et à tout autre objet du culte extérieur, est bien celle que le Saint-béni-soit-il nous a prescrite par l’intermédiaire de

Moïse, dont la mission est avérée à nos yeux.

Ce huitième principe se fonde sur ces paroles de Moïse : « C’est par ces preuves que je vous donne, que vous reconnaîtrez que l’Éternel m’envoie vers vous pour opérer toutes ces choses, et que je ne suis point poussé par une inspiration personnelle ! »

Neuvième principe : Immutabilité de la Loi

La loi que Dieu nous a donnée par l’organe de Moïse, est immuable ; elle ne saurait être changée ; le Créateur n’en donnera point d’autre.

Elle ne saurait subir non plus d’augmentation ni de diminution, soit dans son texte, soit dans son explication : l’Écriture le dit formellement : « Tu n’y ajouteras rien, tu n’en retrancheras rien. » (Deut. XII, 32).

Je me suis étendu suffisamment sur ce principe au commencement de ce livre (Commentaire sur la Mischna).

Dixième principe : Omniscience divine

Le Saint-béni-soit-il connaît toutes les actions des hommes : il ne leur est pas indifférent comme le prétendent ceux qui croient que l’Éternel délaisse la terre. (Ézéchiel VIII).

Jérémie le proclame (ch. XXXII) : « Celui qui est grand dans ses desseins et magnanime dans ses actes, a les yeux ouverts sur toutes les voies des fils d’Adam, pour donner à chacun selon le fruit de ses œuvres ! » La Genèse également avait affirmé ce principe, en ces termes : « L’Éternel vit combien était grande l’iniquité des hommes ! » — « La clameur qui s’élève de Sodom et d’Amora est immense ! »

De semblables textes abondent dans l’Écriture, à l’appui de ce principe.

Onzième principe : Rémunération

Le Saint-béni-soit-il donnera leur récompense à ceux qui observent ses préceptes, et leur châtiment à ceux qui les transgressent.

La plus grande récompense, c’est la jouissance du monde futur, et le plus grand châtiment, c’est le retranchement (Careth).

Ce principe se fonde sur ces paroles de Moïse : « Éternel, pardonne à leur crime, sinon, efface-moi de ton livre ! » paroles auxquelles Dieu répond : « Celui-là seul qui a péché contre moi, je l’effacerai de mon livre ! »

Preuve évidente que le juste reçoit sa récompense, et le méchant son châtiment.

Douzième principe : Le Messie

Il faut croire que le Messie viendra au jour marqué par Dieu.

Quelqu’éloigné que soit ce jour, l’on ne doit pas en désespérer, selon que nous l’exhorte le prophète Habacuc (ch. II).

On ne doit pas non plus préciser l’époque de sa venue, ni tourmenter les textes pour en déduire le jour.

« Malheur à ceux qui comptent les années messianiques ! », disent nos sages (Sanhédrin XCVII).

Il faut se complaire au souvenir de la délivrance et à l’amour de Dieu que nous devons implorer pour qu’il nous délivre de nos maux, selon que tous les prophètes nous en donnent l’exemple, depuis Moïse jusqu’à Malachie.

Douter de ce principe, ou l’éloigner de la pensée, c’est accuser de fausseté l’Écriture qui nous l’atteste, à propos de Bilham, ainsi que dans la section de Nitsabim. (Deut. XXX).

Un point essentiel de ce principe, c’est que le Roi-Messie ne peut surgir que dans la race de David et dans la postérité de Salomon.

Contester la distinction royale de cette race, c’est nier Dieu et les écrits de ses prophètes.

Treizième principe : La Résurrection1 et la Vie future

Ce principe, tel qu’il est répandu et connu chez les Juifs, adopté par la Synagogue qui le rappelle mille fois dans ses supplications, annoncé par les prophètes, par les docteurs, parle recueil traditionnel qui en est plein, c’est le retour de l’âme dans son corps, après en avoir été séparée à la mort, retour qui s’effectuera temporairement à l’époque de la venue du Messie.

Tel est le principe admis par toute la nation d’Israël, et qu’il n’est point permis de nier.

Il est enseigné par plusieurs textes bibliques, entr’autres par ces paroles de Daniel : « Un grand nombre de ceux qui dorment dans la poussière, se réveilleront, les uns pour aller jouir de la vie éternelle, les autres pour l’anéantissement. »

Ces hommes, qui seront appelés à revivre et dont les âmes reviendront dans leurs corps, reprendront l’usage de leurs organes, mais ils mourront de nouveau après avoir vécu une longue vie, celle dont les fidèles seront favorisés à l’époque de la venue du Messie.

La vie qui ne sera plus suivie de la mort, c’est celle du monde futur, car, là il n’y a rien de corporel, et par conséquent rien de périssable, selon la croyance que doit en avoir tout homme intelligent, à savoir qu’au monde futur ne pourront subsister que les âmes sans corps, semblables aux anges, car, en ce lieu, d’où la vie matérielle est bannie, les organes corporels seraient inutiles, et ce serait contraire à la sagesse divine que de les laisser à l’âme qui n’en a plus besoin, la sagesse suprême ne faisant rien de superflu.

Tels sont les Treize principes qui servent de fondement à la foi israélite.

N’est vraiment israélite que quiconque croit fermement à tous ces principes.

Un tel croyant, nous devons l’aimer, avoir compassion de lui, et nous conduire envers lui, selon les lois d’amour et de fraternité que le Créateur nous recommande vis-à-vis les uns des autres.

De plus, un tel croyant se livrerait-il à toutes les transgressions auxquelles poussent la volupté, la mauvaise pensée et l’entraînement d’une nature incomplète,

— transgressions qui le mettraient au nombre des pécheurs d’Israël et dont il aurait à subir le juste châtiment,

— qu’il n’en aurait pas moins sa part au monde futur ; tandis que l’Israélite qui ne croit pas à tous ces principes, manquant ainsi à son devoir d’Israélite, s’exclut, par son incrédulité, de la généralité des fidèles, nie les fondements essentiels de la foi, reçoit le nom d’hérétique, d’épicurien, de destructeur des plantes sacrées, et mérite d’être haï, méprisé, anéanti, car c’est à son intention que le psalmiste s’écrie : « Éternel ! je déteste ceux qui te haïssent » (Ps. CXXXIV).

Mais je me suis trop étendu sur ce sujet et me suis trop écarté du but de mon commentaire.

Je n’ai fait cette longue digression sur nos principes, qu’à cause de leur grande utilité et de la force qu’ils donnent à la foi.

J’ai réuni dans cette exposition des enseignements salutaires, dispersés dans un grand nombre de livres importants.

Qu’on les médite donc profondément ; qu’on les lise et qu’on les relise sans cesse ; surtout, qu’on ne se hâte pas de les juger légèrement.

Je les donne au public, non pas au hasard, mais après avoir étudié sérieusement les livres qui les contiennent, dont j’ai comparé les idées vraies ou fausses.

Enfin, je les ai étayés sur des arguments irréfutables.

Maïmonide a également rapporté ces principes dans son Livre de la Connaissance ou Traité des règles fondamentales de la Loi, au chapitre premier :

« Le premier des fondements, dit-il, la base de toute sagesse, consiste à reconnaître qu’il existe un Être, cause première de tous les autres êtres.

Ce principe fait l’objet d’un précepte positif de la Loi, à savoir ; Je suis l’Éternel, ton Dieu! »

Admettre un autre Dieu, c’est transgresser un précepte négatif de la Loi, car il est dit : “Tu n’auras point de Dieu étranger devant ma face !” »

Dans ce même chapitre, Maïmonide expose également le principe de l’Unité de Dieu, qu’il appelle précepte positif ; celui de l’immatérialité de Dieu, et quelques autres encore, sans toutefois leur donner le nom de préceptes.

Enfin, dans son Livre du Nombre des préceptes, il cite comme premier précepte: l’Existence de Dieu ; et comme second : son Unité.

Et pour preuve que ces paroles: « Je suis l’Éternel, ton Dieu ! » constituent un précepte, il rapporte l’assertion suivante de nos sages, que nous lisons, au traité Maccoth, f° XXIII :

«  Six-cent-treize préceptes ont été donnés à Moïse sur le Mont-Sinaï, selon ce texte : “La Loi (Thora) que Moïse nous a ordonnée est l’héritage de la communauté de Jacob !”

On objecte à cela, que les lettres hébraïques dont est formé le mot Thora, qui sert ici d’indication, ne s’élèvent numériquement qu’au chiffre de 611 et non à celui de 613.

Et l’on répond que les deux premiers préceptes, à savoir : 1° “Je suis l’Éternel, ton Dieu !” et, 2° “Tu n’auras point d’autre Dieu devant ma face !” émanent même de la bouche de la Toute-Puissance» : ce qui correspond parfaitement à ce que notre grand Maître a écrit dans son Livre de la Connaissance.

Tels sont les enseignements de Maïmonide touchant les principes de notre croyance, tels qu’il les a exposés dans son Commentaire sur la Mischna, dans son Livre de la Connaissance, et dans son Livre des Préceptes.


1Dans l’énumération des Treize principes de la Foi, Maïmonide se bornait à dire à propos de ce dernier principe : « Nous l’avons déjà expliqué. » Nous avons cru devoir reproduire ici son explication que nous avons trouvée dans sa lettre sur la Résurrection. — Benjamin Mossé.

Le principe de la foi ou la discussion des croyances fondamentales du Judaïsme par Don Isaac Abarbanel. Traduit par M. le Grand Rabbin Benjamin Mossé. Impr. Amédée Gros (Avignon), 1884. [Version numérisée : Google].

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