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Les Huit Chapitres de Maïmonide | שמונה פרקים לרמב”ם  

Chapitre 8

Traduction du judéo-arabe par R. Jules Wolff (1912)


Du naturel1 de l’homme.

Il est impossible que, dès le début, l’homme vienne au monde en possession d’une vertu ou d’un vice, de même qu’il est impossible que l’homme vienne au monde capable d’une œuvre quelconque ; mais, ce qui est possible, c’est qu’il vienne au monde avec la prédisposition à une vertu ou à un vice, de sorte que, certaines actions, lui seront plus aisées que d’autres. Si, par exemple, le tempérament d’un homme est enclin à la sécheresse, la substance de son cerveau étant pure et contenant peu d’humeurs, cet homme retiendra plus facilement et saisira mieux les idées qu’un individu flegmatique dont le cerveau est plein d’humeurs. Cependant, qu’on laisse l’homme prédisposé par son tempérament à cette aptitude intellectuelle, sans [qu’il reçoive] aucune culture et sans qu’aucune de ses forces ne soit convenablement dirigée, il demeurera ignorant à coup sûr ; mais, inversement, qu’on instruise et exerce celui dont la complexion est épaisse et abondante en humeurs, il apprendra et saisira, [mais] avec difficulté, il est vrai. Et, en ce même ordre d’idées, quelqu’un dont le cœur a un tempérament un peu plus chaud qu’il ne convient, sera courageux, je veux dire porté au courage, et, si on lui enseigne le courage, il deviendra aisément courageux ; tandis qu’un autre dont le cœur a un tempérament un peu plus froid qu’il ne faut, est enclin à la couardise et à la peur et, si, en outre, on la lui inculque et qu’on l’y accoutume, il contractera aisément cette habitude ; mais, si on se propose de le rendre courageux, il y arrivera2 avec quelque peine et à la condition absolue qu’on l’y accoutume. Je ne t’ai donné cette explication que pour que tu ne prennes pas au sérieux les divagations qu’imaginent faussement les partisans de l’astrologie3, lorsqu’ils prétendent que, selon les moments où naissent les hommes, ils sont ou vertueux ou vicieux ; qu’un individu est irrésistiblement contraint d’accomplir ces sortes d’actions. — Quant à toi, [lecteur], sache que le point sur lequel s’accordent et notre doctrine religieuse et la philosophie grecque et que corroborent des preuves péremptoires4, c’est que toutes les actions de l’homme relèvent de lui-même, qu’aucune nécessité ne pèse sur lui à cet égard, et qu’aucune force étrangère ne l’oblige à tendre à une vertu ou à un vice, à moins d’une prédisposition de tempérament qui, comme nous l’avons expliqué, lui rend une chose aisée ou malaisée ; mais, quant à y être contraint ou empêché, en aucune manière. D’ailleurs, si l’homme était contraint dans ses actions, les commandements et les défenses de la loi divine deviendraient sans objet, et toute la législation mosaïque5 serait absolument vaine, l’homme ne possédant pas le libre choix de ses actions ; et, pareillement, il en résulterait l’inutilité de l’enseignement et de l’éducation, comme de l’apprentissage des professions6 ; tout cela serait vain, l’homme, d’après les partisans de cette opinion, ne pouvant absolument pas se dispenser, y étant contraint par une cause7 extérieure, d’accomplir telle action, d’acquérir telle science et de contracter telle ou telle manière d’être. En outre, la récompense et le châtiment seraient alors une pure injustice de la part des hommes, les uns à l’égard des autres, et de la part de Dieu à notre égard, car, si Siméon tuait Ruben, le premier devant nécessairement tuer et le second devant nécessairement être tué, pour quelle raison punirions-nous Siméon, et comment [Dieu], qui est juste et loyal, pourrait-il le punir pour un acte qu’il a dû nécessairement accomplir et dont il n’aurait pas pu se dispenser, même s’il l’eût voulu. Et seraient également sans objet toutes les dispositions, quelles qu’elles soient, comme la construction des maisons, l’acquisition des vivres, la fuite devant un danger et d’autres choses analogues ; les événements décrétés à l’avance devant immanquablement s’accomplir. Or, tout cela est faux et absurde, contraire aux notions de la raison et à l’expérience des sens ; c’est renverser les fondements de la religion8 et attribuer à Dieu l’injustice et loin de lui ! [pareille affirmation]. — Mais la vérité, à l’abri de tous les doutes, c’est que toutes les actions de l’homme ne relèvent que de lui, qu’à son gré il agit ou s’abstient d’agir, sans qu’aucune nécessité ou contrainte ne pèse sur lui à cet égard, et de là [aussi] résulte le bien fondé des dispositions législatives9 ; c’est pourquoi Dieu a pu dire : « Vois, j’ai placé devant toi aujourd’hui la vie et le bien, la mort et le mal, choisis le bien » (Deut. 30:15 et 19), nous laissant toute liberté à cet égard ; de là aussi résultent et la punition de celui qui a désobéi et la récompense de celui qui a obéi, conformément à cette parole : « Si vous écoutez… et si vous n’écoutez pas » (Deut. 29 : 1 sq. ; ibid. 15 sq.) ; de là résultent encore l’enseignement et l’étude, [comme il est dit] : « Vous enseignerez à vos enfants, etc… et vous leur apprendrez et vous aurez soin de les pratiquer » (Deut. 4 : 10; ibid. 5 : 1) ; et ainsi de tous les passages relatifs à l’enseignement et à la pratique des commandements. De là découle aussi l’utilité de toutes les dispositions10, telles qu’elles sont formulées dans le livre de la Vérité11 [la Tôra] : « Et tu feras une balustrade » (Deut. 20 : 5-7) ; … « Car quelqu’un pourrait tomber. — De peur qu’il ne meure à la guerre … Sur quoi se coucherait-il … Ne prends pas en gage la meule inférieure et la meule supérieure » (Deut. 24 : 6) et ainsi d’un très grand nombre de passages dans la Tôra et dans les livres de la prophétie qui se rapportent à ce sujet, je veux dire aux dispositions [à prendre]. — Quant à l’assertion qu’on trouve chez les sages et qui est ainsi conçue : « Tout est dans la main de Dieu, excepté la crainte de Dieu » (Berachoth 33b), elle est vraie et conforme à ce que nous avons dit ; pourtant bien des gens se trompent à son sujet en prétendant que certaines actions, qui sont libres, sont imposées à l’homme, comme le mariage avec telle femme ou la possession de tel ou tel bien ; or, cela n’est pas vrai, car, si cet homme a épousé telle femme, en vertu d’un contrat de mariage et de la cérémonie nuptiale, alors qu’il avait le droit de l’épouser, et s’il s’est uni à elle pour la continuation de l’espèce, cela constitue l’accomplissement d’un devoir religieux (Miçva), or, Dieu ne décrète pas d’avance l’accomplissement d’un devoir religieux. Que si, au contraire, il y avait dans ce mariage une irrégularité, il constituerait une transgression, et Dieu ne décrète pas non plus d’avance une transgression. — Et, pareillement, à propos de quelqu’un qui aurait spolié le bien d’un autre ou le lui aurait dérobé ou s’en serait emparé par ruse, l’aurait renié et même aurait juré faussement [pour se l’approprier], si nous disions que Dieu avait décrété d’avance que cet argent revienne à celui-ci au détriment de celui-là, il aurait décrété une transgression, ce qui ne saurait être ; mais l’accomplissement, comme la violation de la loi, ne peut s’appliquer, à coup sûr, qu’aux actions libres de l’homme, parce que, comme nous l’avons expliqué dans le deuxième chapitre, les commandements et les défenses de la loi ne peuvent se rapporter qu’à des actions que l’homme est libre d’accomplir ou de négliger; et c’est sur cette partie de l’âme (= la volonté) que repose la crainte de Dieu, laquelle ne dépend pas de Dieu, mais relève de la liberté de l’homme, comme nous l’avons démontré. Par conséquent, les sages, par ce terme : « tout » (dépend de Dieu) etc., n’ont en vue que les choses naturelles, au sujet desquelles l’homme n’est pas libre, comme le fait d’être grand ou petit, l’abondance ou la pénurie de pluies, la pureté ou l’impureté12 de l’air ou d’autres faits analogues qui sont du13 domaine du monde physique, à l’exclusion de l’activité ou de l’inertie de l’homme14 ; — et lorsque les sages ont exprimé cette idée : que la soumission aux lois divines et leur transgression ne dépendent ni d’un décret de Dieu, ni de sa volonté, mais uniquement de la décision de l’individu, ils n’ont fait que s’inspirer de ce texte de Jérémie : « Le mal et le bien n’émanent pas du Très-haut » (Jérémie 3:38-41). Or, le mal, ce sont les mauvaises actions, et le bien, les bonnes actions. Le prophète Jérémie affirme donc que Dieu ne décrète pas d’avance que l’homme agira bien ou mal. Et, s’il en est ainsi, il est juste que l’homme, éprouve de la tristesse et gémisse à cause de ses fautes et de ses péchés, puisqu’il les a commis librement. C’est pourquoi, il (le prophète) dit : « Pourquoi donc se plaindrait l’homme sa vie durant, l’homme chargé de péchés ? » (Ibid. v. 39.)
Le prophète reprend ensuite et dit que le traitement de cette maladie (= le péché) dépend de nous, car, ayant péché librement, il dépend de nous également de nous amender et de renoncer à nos mauvaises actions. Aussi le texte continue-t-il par ces mots : « Examinons nos voies, scrutons-les et retournons à l’Éternel ! Élevons nos cœurs avec nos mains vers Dieu qui est au ciel » (v. 39). — Quant à cette proposition, bien connue et dont l’équivalent se trouve dans les paroles des docteurs (du Talmud) et dans les textes des Écritures, savoir : Que l’action de se lever et de s’asseoir, ainsi que tous les mouvements que l’homme accomplit, sont déterminés par la volonté et le dessein de Dieu, c’est là une affirmation juste, mais seulement en un sens, comme lorsque nous disons d’une pierre lancée en l’air et qui tombe à terre, que c’est par la volonté de Dieu qu’elle est descendue à terre ; cela est juste, puisque c’est Dieu qui a voulu que la terre tout entière fût au centre [de l’univers] ; par conséquent, chaque fois que l’on en lance une partie en l’air, celle-ci se meut vers le centre15. Pareillement chaque partie du feu se meut dans le sens de la hauteur d’après la volonté [de Dieu], qui a établi que le feu se meut vers la hauteur, mais non pas que Dieu ait voulu qu’actuellement, au moment où telle partie de la terre (pierre) est mise en mouvement, elle se dirige en bas. À cet égard, les Moutacallimoun sont d’un avis contraire, car je les ai entendus affirmer que la volonté [divine] se manifeste constamment et successivement à propos de chaque chose, mais nous [Israélites nous n’admettons pas cela, car nous croyons que la volonté de Dieu s’est manifestée une fois pour toutes à l’origine du monde, et que tout suit constamment son cours naturel, conformément aux paroles de l’Ecclésiaste : « Ce qui a été, c’est ce qui sera ; ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. » (Ecclés. 1:9.) C’est pourquoi nos sages ont été amenés à dire que tous les faits miraculeux qui s’écartent du cours naturel des choses, aussi bien ceux accomplis dans le passé, que ceux promis par l’Écriture pour les temps à venir, ont été prédéterminés par la volonté divine lors de la création, et que, dès ce moment-là, des dispositions ont été prises dans la nature de ces choses pour qu’elles s’accomplissent, comme elles se sont accomplies effectivement. Et lorsque ces faits s’accomplissent au moment convenable, on s’imagine que ce sont à ce moment-là des choses absolument nouvelles, alors qu’il n’en est rien. Les docteurs de la loi ont longuement et fréquemment développé ce sujet dans le Midrach Kohéleth et ailleurs ; et une de leurs assertions ayant trait à ce sujet est ainsi conçue : « Le monde suit son cours habituel » ; et, de toutes leurs paroles, il ressort constamment qu’ils évitent de faire intervenir la volonté divine à propos de chaque chose et à toute occasion. C’est en ce sens qu’on peut dire, quand quelqu’un se lève ou s’assied que c’est Dieu qui l’a voulu, c’est-à-dire que Dieu a établi dans la constitution physique de l’homme, à l’origine de son existence, qu’il se lèvera ou s’assoira en vertu de son libre arbitre, mais [il n’est pas vrai] que Dieu veuille actuellement, au moment où l’homme se lève, qu’il se lève ou non, pas plus qu’il ne veut actuellement, au moment où la pierre tombe, qu’elle tombe ou non. En résumé, voici ce que tu dois croire, c’est que, de même que Dieu a voulu que l’homme se tînt droit, eût une large poitrine et des doigts, ainsi il a voulu que l’homme pût spontanément se mouvoir ou se tenir en repos et qu’il agit librement, sans qu’on l’y contraignît ou qu’on l’en empêchât, comme cela ressort du Livre de la Vérité (la Bible), lorsqu’il dit pour élucider cette question16 : « Voici l’homme devenu comme l’un de nous, en ce qu’il connaît le bien et le mal », etc. (Genèse 3 : 32). Et17 [Onkelos], lui aussi, dans sa paraphrase, a montré qu’il faut prendre ensemble : « mimménnou ladâath taubh vara » ‫ממנו לדעת טיב ורע‬ c’est-à-dire qu’Adam est [un être] unique au monde, formant une espèce à laquelle aucune autre ne ressemble pour partager cet avantage, qui lui appartient en propre. Et cet avantage, quel est-il ? C’est de connaître spontanément le bien et le mal et de faire ce qu’il veut, sans qu’on puisse l’en empêcher. Et, cela étant18 « il (Adam) pourrait étendre sa main et cueillir aussi du fruit de l’arbre de vie ; il en mangerait et vivrait à jamais ». — Puisque, de l’essence même] de l’homme, il résulte qu’il fait librement le bien et le mal, quand il le veut, il faut donc lui enseigner les moyens19 de faire le bien, lui donner des commandements, le soumettre à des défenses, le punir et le récompenser, ce qui est parfaitement juste. Il convient, en outre, que l’homme s’accoutume à pratiquer le bien pour acquérir les vertus et s’efforce d’éviter le mal pour se débarrasser des vices, s’il en a contracté. — Et qu’il ne prétende pas que, ces vices une fois contractés en vertu de sa condition, cette dernière ne saurait être modifiée, car toute condition peut être modifiée : bonne, elle peut devenir mauvaise, et mauvaise, elle peut devenir bonne, l’homme ayant pleine liberté à cet égard. — C’est pour appuyer cette proposition20 (la liberté) et à cause d’elle que nous avons reproduit ce que nous avons dit sur l’obéissance [à la volonté de Dieu] et sur la transgression. — Il nous reste encore un point à élucider, qui se rapporte à ce sujet, et le voici : Un certain nombre de passages de l’Écriture ont pu faire croire par erreur à certaines gens que Dieu décrète la rébellion [à ses propres lois] et y contraint [les hommes], mais cela est erroné ; il nous faut donc expliquer ces textes, puis qu’ils ont fréquemment jeté le trouble dans certains esprits. Un de ces passages est la parole [de Dieu] à Abraham : « Et ils les assujettiront et ils les tourmenteront » (Genèse 15 : 13). Vous voyez, dit-on, que Dieu a décrété que les Égyptiens opprimeraient la race d’Abraham ; pour quel motif donc Dieu les a-t-il châtiés (= les Égyptiens), contraints qu’ils étaient de les assujettir, conformément au décret de Dieu ? La réponse à cette objection, la voici : C’est que cette parole de l’Écriture doit s’entendre, comme si Dieu avait dit : que, parmi ceux qui naîtront dans la suite des temps, il y aura des transgresseurs et des observateurs [de la Loi], des hommes vertueux et des méchants, ce qui est vrai ; mais rien dans cette parole divine n’obligeait en aucune manière le méchant à devenir méchant et tel homme vertueux à devenir vertueux ; au contraire, quiconque, parmi eux, a été méchant, l’a été en toute liberté et, eût-il voulu être vertueux, il eût pu l’être sans entrave ; et, de même, tout homme vertueux, qui eût voulu être méchant, aurait pu l’être sans entrave ; car les paroles divines ne s’appliquent pas à telle ou telle personne en particulier au point qu’elle puisse prétendre avoir agi en vertu d’une prédétermination, non, elles ne s’appliquent qu’à la généralité, chaque personne gardant son libre arbitre, conformément à sa condition originelle. Ainsi, chaque Égyptien, qui opprima [les Israélites] et les traita avec injustice, avait été laissé libre de ne pas les opprimer, s’il l’eût voulu ; car il n’avait pas été arrêté à l’avance que telle personne aurait à les maltraiter.
— La même réponse s’applique à cette autre parole divine : « Lorsque tu reposeras près de tes ancêtres, ce peuple s’empressera de s’adonner aux divinités du pays étranger » (Deut. 31:16), cela signifie que si quelqu’un vient à se livrer à l’idolâtrie, nous lui appliquerons [telle ou telle pénalité] et agirons à son égard [de telle ou telle manière] ; car, si l’on supposait qu’il ne se rencontrerait plus tard personne qui transgressât (la Loi), il s’en suivrait que la menace d’un châtiment serait sans objet, que toutes les malédictions seraient sans effet et, que pareillement, les punitions mentionnées dans la Loi [n’auraient aucune portée]. — De même, à propos du supplice de la lapidation que nous rencontrons dans la Loi, nous ne devons pas dire que celui qui a profané le sabbat, y a été contraint, ni au sujet de malédictions encourues par ceux qui se sont livrés à l’idolâtrie, qu’il avait été décrété à l’avance qu’ils deviendraient idolâtres, mais nous disons que quiconque a adoré des faux dieux a agi librement et a encouru pour ce motif le châtiment, [selon cette parole] : « Ils se délectent dans leur serrements, etc. Eh bien ! moi aussi je prendrai plaisir à me jouer d’eux » etc. (Isaïe 66:3-84). —
Quant au passage [de l’Écriture] : « Et j’endurcirai le cœur de Pharaon » etc. (Exode 14 : 4), qu’il a ensuite puni et fait périr, il y a lieu de s’y arrêter, car il en découlera un principe important. Considère, donc, ce que je vais dire à ce sujet, appliques-y ton attention et compare mon explication à toutes celles qu’on y a données et choisis pour toi l’interprétation qui te semblera la meilleure. Si Pharaon et son parti n’avaient pas commis d’autre faute que celle de ne pas renvoyer Israël, tout ce récit serait à coup sûr difficile à comprendre, [car], après les avoir empêchés de renvoyer Israël, selon cette parole : « Car j’ai endurci son cœur et le cœur de ses serviteurs » etc. (Exode 10:1), comment [Dieu exige-t-il de Pharaon leur renvoi, alors qu’il était contraint de ne pas les renvoyer, [pourquoi] en suite Dieu le punit-il pour ne les avoir pas renvoyés et le fait-il périr, lui et tout son parti ? Tout cela serait injuste et contredirait tout ce que nous avons dit précédemment, mais il demeure établi que les choses ne se présentèrent pas ainsi. Au contraire, Pharaon et son parti ont péché librement, sans avoir subi aucune contrainte, aucune nécessité; ils ont molesté les étrangers qui se trouvaient parmi eux et se sont comportés à leur égard d’une manière absolument inique, comme le dit expressément l’Écriture : « Il dit à son peuple : Voyez la population des enfants d’Israël surpasse et domine la nôtre. Eh bien ! usons d’expédients contre elle » (Exode 1:10) etc., or, cet acte, ils l’ont accompli de leur plein gré, dans la perversité de leur esprit et sans y avoir été contraints. Aussi le châtiment que, pour cette conduite, Dieu leur infligea, c’est qu’il les empêcha de s’amender, afin qu’ils subissent précisément le genre de peine qu’exigeait la Justice [divine], et cet empêchement mis à leur amendement impliquait qu’ils ne les renverraient pas, ce que Dieu lui avait déjà fait comprendre, et il lui avait même déjà signifié que, s’il s’était proposé uniquement de les affranchir, il y serait parvenu en le faisant périr lui21, Pharaon, et son parti, et, [de ce fait], Israël aurait été affranchi ; mais, tout en les affranchissant, Dieu voulait châtier Pharaon pour l’oppression qu’il leur avait fait subir antérieurement, comme l’Écriture l’a dit au commencement du discours [de Dieu à Abraham] : « Mais à son tour la nation qui les asservira sera jugée par moi, » etc., (Genèse 15:14); mais s’il s’étaient amendés, Dieu n’aurait pas pu les châtier, ils ont donc refusé de se convertir et ont retenu les Israélites, d’après ce passage : « Si à présent j’eusse étendu ma main, etc., mais voici pourquoi je t’ai laissé vivre », etc. (Exode 9 : 15,16). — Mais qu’on ne nous accuse pas de dire une absurdité22, parce que nous prétendons que Dieu punit parfois un homme en l’empêchant de s’amender, en le privant de la liberté de s’amender, car Dieu connaît [la nature des] péchés23, et c’est dans sa sagesse et sa justice qu’il détermine l’étendue du châtiment. Ainsi, tantôt il punit [le pécheur] seulement ici-bas, tantôt seulement dans l’autre vie, tantôt dans l’un et dans l’autre mondes ; et, d’autre part, les châtiments qu’il inflige ici-bas sont de nature diverse : tantôt le châtiment atteint le corps, tantôt les biens et tantôt les deux simultanément. Et, de même, à titre de châtiment, il paralyse parfois l’homme dans quelques-uns de ses mouvements libres. Il prive, par exemple, la main du pouvoir de la préhension, comme il l’a fait à l’égard de Jéroboam, l’œil du pouvoir de la vision, comme il l’a fait aux habitants de Sodome attroupés contre Loth ; pareillement, il peut supprimer chez un homme [jusqu’à] la liberté de s’amender, au point qu’il n’en éprouve aucun désir et qu’il périt par son propre péché. Mais nous ne sommes pas tenus de connaître la sagesse divine jusqu’à savoir pour quel motif il a infligé telle sorte de châtiment plutôt que telle autre, pas plus que nous ne savons la cause qui a déterminé telle sorte de choses à prendre telle forme plutôt qu’une autre. En résumé, retenons que : « Toutes les voies de Dieu sont la justice, etc. » (Deut. 32:4), qu’il châtie le coupable en raison de sa faute et récompense l’homme vertueux en raison de sa vertu. — Que si tu objectes : pourquoi Dieu a-t-il demandé à Pharaon, à différentes reprises, de renvoyer Israël, ce qui lui était devenu impossible, puisque, malgré les fléaux qui l’atteignaient, il persistait dans son opiniâtreté et que sa punition, comme nous l’avons déjà dit, consistait précisément dans le fait de persévérer en son opiniâtreté, pourquoi donc Dieu lui demandait-il quelque chose d’inutile et qu’il ne pouvait exécuter ? Eh bien ! sache que c’était là encore [un dessein] de la sagesse de Dieu (qu’il soit exalté !) ayant pour but de lui signifier à lui, Pharaon, qu’une fois que Dieu a décidé24 de supprimer le libre arbitre d’un homme, il exécute [son dessein]. Il a donc dit à Pharaon : « J’exige de toi que tu renvoies Israël, et, si tu le renvoies maintenant, tu seras sauvé, mais tu ne le renverras pas, afin que tu périsses. » — Pharaon aurait dû user de bienveillance à leur égard pour manifester le contraire de ce que prétendait le prophète [Moïse], qui soutenait qu’il était impossible [au roi] d’Égypte d’user de bienveillance, mais il n’en était plus capable. Or, c’était là un miracle puissant et éclatant aux yeux de tous les hommes, comme le déclare l’Écriture : « Et c’est pour qu’on proclame ma gloire sur toute la terre » (Exode 9:16), je veux dire [qu’on reconnaisse] que Dieu punit parfois un homme, en le privant de la liberté d’agir, l’homme le sachant, mais ne pouvant se vaincre et reprendre possession de son libre arbitre.
— Et c’est absolument de la même manière que fut amenée la punition infligée à Sichon, roi d’Hésébon. C’est, en effet, pour sa désobéissance antérieure, à laquelle rien ne l’avait contraint, que Dieu le punit en l’empêchant de faire droit à Israël, de sorte qu’on le tua ; c’est ce que déclare l’Écriture : « Et Sichon, roi d’Hésébon, ne consentit pas à nous laisser traverser son territoire, » etc. (Deut. 2:30). Si tous les commentateurs se sont heurtés à ce passage, c’est qu’ils supposaient que Sichon a été puni pour n’avoir pas permis à Israël de traverser son territoire et qu’ils se sont demandés, comment il pouvait être puni, alors qu’il était contraint d’agir, comme il l’a fait25 ; de même, ils supposaient que Pharaon, ainsi que tous ses partisans, furent punis pour n’avoir pas laissé partir Israël, tandis que tout ce récit26 ne doit être interprété que conformément à notre explication27, je veux dire que la punition que Dieu infligea à Pharaon et à ses partisans en raison des injustices commises par eux antérieurement consiste dans leur impénitence28, de sorte qu’ils furent atteints par tous ces fléaux (= les dix plaies), et pareillement la punition infligée à Sichon pour ses actes d’oppression et ses injustices accomplies antérieurement dans son royaume résida dans l’impossibilité pour lui de faire droit à Israël, de sorte qu’on le tua. Dieu lui-même (qu’il soit exalté !) a déjà déclaré par l’intermédiaire d’Isaïe qu’il punit parfois certains rebelles en entravant leur retour [au bien], et qu’il ne leur laisse pas la liberté de s’amender, conformément à cette parole : « Couvre de graisse le cœur de ce peuple, alourdis ses oreilles et mets un enduit sur ses yeux, afin qu’il ne s’amende pas et ne puisse guérir » (Isaïe 6 : 10). — Ce texte est si clair qu’il peut se passer de commentaire, bien plus, il est comme la clef d’un grand nombre de passages obscurs29. C’est également d’après ce principe qu’on doit entendre la parole d’Élie (que la paix repose sur lui !), relative aux impies de son temps : « et toi, tu as ramené leur cœur en arrière » (1 Rois 18:37) c’est-à-dire, puisqu’ils ont désobéi de leur plein gré, la punition que tu leur infligeras sera de détourner leur cœur de la voie de la conversion et de ne leur laisser ni la liberté, ni le désir d’abandonner cette rébellion et, pour ce motif, ils persistent dans leur incrédulité, selon cette parole d’Osée 4:17 : « Ephraïm est attaché aux idoles, » laisse-le, c’est-à-dire, il a voué, de son plein gré, un culte aux idoles et les a aimées, eh bien ! qu’on le laisse à cet amour, ce sera sa punition ; c’est là le sens [des mots] : laisse-le30.

Voilà une de ces excellentes explications qui sera sûrement appréciée de ceux qui entendent les pensées fines.

Quant à ce passage d’Isaïe 63:17 : « Pourquoi nous égares-tu, Éternel, de tes voies, et rends-tu notre cœur insensible à ta crainte, » il est absolument étranger à ce sujet et ne s’y rattache en aucune manière, mais le sens de ce passage, eu égard au contexte31, est, à coup sûr, celui-ci : que [le prophète] déplorant [les maux de] l’exil, notre éloignement [de la patrie], la perte [de notre indépendance] et la domination que les adeptes d’autres religions font peser sur nous, s’écrie, en suppliant : Ô Seigneur ! en voyant la situation [qui résulte] de la suprématie des impies (= les païens), ils [les Israélites] s’écartent du chemin de la vérité, et leur cœur s’éloigne de ta crainte, et c’est alors, comme si toi-même tu poussais ces insensés à renoncer à la vérité, d’après cette parole de Moïse, notre Maître : « Et toutes les nations qui ont entendu parler de toi, diront : c’est par impuissance que l’Éternel » etc. (Nombres 14 : 15 et 16), et c’est pour cela qu’Isaïe dit ensuite : « Reviens pour l’amour de tes serviteurs, des tribus de ton héritage » (Isaïe 63 : 17), c’est-à-dire pour qu’il n’en résulte pas de profanation du nom divin32. Et de même dans [le livre] des Douze Petits prophètes, [Malachie] (2:17) exposant le discours de ceux [des Israélites] fidèles à la vérité qui, néanmoins, ont été assujettis aux peuples au temps de l’exil, les fait parler ainsi : « Quiconque fait le mal est bon aux yeux de l’Éternel, et il se complaît en ceux-là, ou bien : où est le Dieu de la Justice ? » (Malachie 2 : 17) ; le prophète [Malachie] nous fait aussi dire à cause des rigueurs33 de l’exil : « Vous dites, c’est en vain que nous servons Dieu, et quel avantage y a-t-il à garder ses préceptes et à marcher humblement devant l’Éternel Cebaoth ? eh bien ! nous félicitons les impies, oui, les artisans d’iniquité se relèvent, » etc. (Malachie 3 : 14-15; 18). Mais, ensuite, il déclare que Dieu (qu’il soit exalté !) révélera lui-même la Vérité : « Vous vous amenderez et vous verrez alors la différence entre [le sort] du juste et [celui] de l’impie » etc. (Malachie 18). — Tels sont les passages difficiles de la Loi et des Prophètes pouvant faire supposer par erreur que Dieu contraint l’homme aux transgressions, mais nous en avons donné sûrement le sens [véritable] et, après mûre réflexion, ce commentaire paraît conforme à la vérité. — Nous maintenons donc nos principes, à savoir que l’obéissance [à la Loi] et la transgression dépendent uniquement de l’homme, qu’il est libre de ses actions, qu’il peut faire ou non ce qu’il veut, mais que, toutefois, pour certains péchés commis, Dieu peut le punir en supprimant son libre arbitre, comme nous l’avons expliqué ; de plus, que l’acquisition des vertus est au pouvoir34 de l’homme et que, par conséquent, il doit spontanément faire des efforts et s’évertuer à atteindre ce but35, aucune influence extérieure ne pouvant s’exercer sur lui pour l’y porter36 ; et c’est là ce que disent nos docteurs] dans les maximes morales de ce traité : « Si je ne me préoccupe pas moi-même [de mon salut], qui le fera pour moi » (traité Aboth l : 14).

Il ne me reste plus qu’à ajouter quelques mots sur un point de cette question [= le libre arbitre], et j’aurai épuisé la matière de ce chapitre, et, quoique je n’eusse pas absolument le dessein de l’aborder, la nécessité m’y a contraint : il s’agit de la science de Dieu se rapportant aux choses à venir37, car c’est l’argument que font valoir contre nous ceux qui prétendent que l’homme est contraint à l’obéissance et à la transgression, et qu’aucune de ses actions n’est libre, que le choix de l’homme dépend de la volonté divine. Mais la raison de cette croyance, c’est que nos adversaires posent ce dilemme38 : Dieu savait-il, oui ou non, que tel individu serait juste ou impie ? Que si tu prétends qu’il le savait, il en résulte que cet homme a été contraint à cette manière d’agir que Dieu connaissait d’avance, ou bien que la science de Dieu n’est pas réelle. Que si tu prétends, au contraire, que Dieu ne le savait pas d’avance, il s’en suit alors d’énormes monstruosités et les bases de la religion sont ébranlées39. Eh bien ! écoutez ce que je vais dire et réfléchissez-y bien ; c’est à coup sûr la vérité. Il est démontré dans la théodicée, c’est-à-dire en métaphysique, que Dieu, le Très-Haut, ne sait pas par la science40, et qu’il ne vit pas par la vie, de façon que lui et la science constituent deux choses distinctes, comme il en est de l’homme et de sa science, car l’homme est distinct de la science, comme la science est distincte de lui et constituent par conséquent deux choses différentes. Mais, si Dieu savait par la science, il s’en suivrait la multiplicité [dans la notion de Dieu], et les choses éternellement existantes seraient multiples : Dieu et la science par laquelle il sait, la vie par laquelle il vit, la puissance par laquelle il est puissant, et ainsi de tous les autres attributs (divins). Or, je ne vous ai produit là qu’un argument facile à saisir et que le vulgaire comprend aisément41, mais il est d’autres arguments et démonstrations qui réfutent cette opinion42, lesquels sont péremptoires et évidents. — Il est démontré43 que Dieu, le Très-Haut, est identique à ses attributs, et que ses attributs sont identiques à lui-même, au point qu’on peut dire qu’il est la science, celui qui sait et l’objet de la science ; qu’il est la vie, le Vivant, et celui qui fournit à lui-même la vie44, et ainsi de tous ses autres attributs. Ce sont là des notions ardues qu’on ne peut espérer45 saisir parfaitement d’après deux ou trois lignes de ma dissertation46, mais je n’ai voulu en parler qu’en passant. — En vertu de ce principe important, la langue hébraïque ne permet pas qu’on dise : « Hè (= à l’état construit) Adaunay Cebhaoth (= par la vie de l’Éternel Cebhaoth), comme l’on dit : Hè nafchékha (= par la vie de ton âme); Hè Phar’o (= par la vie de Pharaon), c’est-à-dire le substantif à l’état construit, car le substantif à l’état construit et celui auquel il est annexé47 sont deux choses distinctes ; or, l’on ne peut mettre une chose en annexion avec elle-même, et comme la vie de Dieu est identique à son essence, et que son essence est identique à sa vie et n’est pas quelque chose de distinct de lui, on ne l’a pas exprimée à l’état construit, mais l’on dit : Hay Adaunay48 (= aussi vrai que Dieu vit) dont le sens est que lui et sa vie ne sont qu’une seule et même chose. — Il est encore établi en métaphysique que notre esprit est impuissant à embrasser parfaitement la [notion de] l’essence divine et cela à cause de la perfection même de son essence et de l’infirmité de notre esprit, et que nous ne possédons pas de moyens par lesquels nous puissions la connaître ; de plus, que notre esprit ne peut pas plus saisir l’essence de Dieu, que notre organe visuel la lumière du soleil49, et cela non pas à cause de la faiblesse de la lumière du soleil, mais, au contraire, parce que cette lumière est plus forte que l’œil qui voudrait la saisir50. Bien des auteurs ont déjà traité ce sujet qui comporte des propositions justes et claires51.

Il en résulte donc que nous ne connaissons pas non plus la science [de Dieu] et que nous ne pouvons absolument pas l’embrasser, puisqu’il est sa science, et que sa science, c’est lui-même [= sont tous deux identiques]. Voilà une proposition étrange et difficile52 qui a échappé à mes contradicteurs53 et les a portés à des extravagances54. Sachant que l’essence de Dieu, en raison de sa perfection, ne peut être atteinte, ils se sont évertués à saisir sa science de manière à ce qu’elle soit accessible à leur esprit ; or, cela n’est pas possible, car, si nous pouvions embrasser sa science, nous embrasserions [par là -même] son essence : ces deux choses n’en faisant qu’une. Car la connaissance parfaite de Dieu consiste à le connaître tel qu’il est dans son essence : sa science, sa puissance sa volonté, sa vie et tous ses attributs sublimes. — Ainsi, nous avons montré que la spéculation en vue de saisir la science de Dieu est pure folie. Tout ce que nous savons, c’est qu’il sait, comme nous savons aussi qu’il existe. Si donc l’on nous demande quelle est la nature de sa science, nous répondrons que nous ne pouvons la comprendre, pas plus que nous ne pouvons saisir parfaitement son essence. D’ailleurs, il a été aussi blâme celui qui prétend saisir la science de Dieu, car à lui s’adressent les paroles de Job : « Crois-tu toucher le fond de la sagesse de Dieu et prétends-tu arriver jusqu’à la perfection du Tout-Puissant ? » (Job 11 : 7). — De tout ce que nous avons dit, il résulte [en définitive] que l’homme est le maître de ses actes, et qu’il dépend de lui d’être vertueux ou vicieux, sans qu’il soit contraint par Dieu à l’une ou à l’autre de ces manières d’agir, comme, de là, résulte également l’opportunité55 des commandements, de l’enseignement, des mesures de précaution, de la récompense et de la punition. Et de tout cela ne souffre aucune difficulté. — Quant à définir la [nature de la] science de Dieu et la manière dont il connaît toute chose, notre intelligence bornée ne saurait y parvenir, comme nous l’avons démontré.

Voilà tout ce que nous avions dessein de développer dans ce chapitre, et c’est le moment pour nous de nous arrêter et de commencer le commentaire de ce traité (d’Aboth) en tête duquel nous avons mis ces chapitres56.


1 C’est-à-dire des dispositions innées de l’homme. Voir Guide des égarés, trad. Munk, II, p. 131, n.1. 

2 Le texte arabe n’est pas très clair. Litt. « et même avec de la peine, il ne le deviendra pas, mais il le deviendra pourtant, si on l’y a habitué ».‬ Ibn Tibbon et après lui W. ont traduit : « Il ne le deviendra qu’avec peine et grâce à une longue habitude » et n’ont pas rendu la première négation מא יצירו et le לכן du second membre de phrase.

3= Les fatalistes. Maïmonide réfute le fatalisme.

4 En arabe : « des démonstrations de la vérité, » = des preuves sans réplique. 

5 L’arabe dit : « tout cela ».

6 Arts pratiques ou métiers.

7 L’arabe dit litt. « à l’appelant qui l’appelle du dehors ». Ibn Tibbon a rendu ces mots par : « à l’agent qui le contraint du dehors, indépendamment de lui. Ibn Tibbon a du traduire d’après un texte défectueux : les négations‬ מכלתי לא devant‬ שידע doivent être biffées.

8 En arabe : « de la loi ». 

9 Litt. « c’est pourquoi l’action de donner des commandements s’imposait ».

10 Mesures de précaution pour éviter des dommages. Voir Deut. 22:8.

11 Wolff traduit à tort : « in der « wahren » Schrift », au lieu de « in der Schrift der Wahrheit ».

12 Litt. « la corruption de l’air ou sa pureté, cause des maladies ».

13 En arabe : « dans tout ce qui arrive ».

14 Litt. « les mouvements de l’homme et son repos ». 

15 En vertu de la loi de la gravitation.

16= De la nature de la volonté divine.

17 Wolff insère le mot « aber » qui fausse le sens de cette phrase, citée par Maïmonide pour corroborer sa thèse du libre arbitre de l’homme.

18 « Puisqu’il possède cet avantage. Ibid. »

19 Litt. « les voies du bien. » De là l’utilité d’une Révélation.

20 En arabe : « c’est le sens de cette proposition ».

21Ibn Tibbon ajoute : « bientôt et sans délai ».

22 En arabe : « une horreur ».

23 Ibn Tibbon et Wolff dans leur traduction mettent : « les pécheurs » au lieu de les « péchés ». 

24 Pour compléter la pensée de Maïmonide, il faut ajouter : « à titre de châtiment ».

25Ibn Tibbon ajoute : « car l’Éternel endurcit son esprit et son cœur » ; cette citation n’est pas dans le texte de Pococke.

26 En arabe : « cette chose = cette affaire ».

27 Tout le morceau qui suit jusqu’à : « et le tua » a été omis par Ibn Tibbon.

28Maïmonide dit : « qu’ils ne se convertirent pas ».

29Maïmonide dit : « d’un grand nombre de serrures ». 

30= Qu’il est livré à lui-même.

31 Litt. « à ce qui précède et à ce qui suit ».

32= Le mépris de la religion.

33 Ou d’après Ibn Tibbon : « de la prolongation de l’exil ».

34 En arabe : « dans la main de … »

35 L’arabe répète : « à l’acquisition des vertus, » mots que nous avons remplacés par ce dernier membre de phrase.

36 L’arabe dit : « puisqu’il n’a à sa portée aucun mobile qui l’y puisse porter du dehors. » 

37 C’est-à-dire le problème de la prescience divine.

38 L’arabe dit tout simplement : « c’est qu’ils disent ».

39 L’arabe dit tout simplement : « et des murs s’écroulent ».

40 Voir Guide des égarés, trad. Munk, I, p.232, 233, n o te 2.

41 C’est la théorie des Motazales. Voir Guide I, p.337, n.1 ; p.180, n.1.

42 Ibn Tibbon : « qui résolvent ce doute ». 

43 Voir Guide I, chap. LXVIII, p.301 et suiv. ; p.302, n.3.

44 Wolff traduit inexactement.

45Maïmonide dit : « que tu ne peux espérer », etc.

46 Litt. « il ne t’en parviendra que les énoncés ».

47 C’est ce qu’on appelle en grammaire le nom régissant et le nom régi.

48Ibn Tibbon a ici deux citations bibliques.

49 L’arabe dit littéralement : l’impuissance de notre esprit… ressemble à l’impuissance de la lumière de l’œil… 

50Voir Guide I, p.252.

51Ibn Tibbon traduit simplement : « vraies ».

52Ibn Tibbon ajoute un membre de phrase qui manque dans le texte Pococke.

53 L’arabe : « qui « leur » a échappé, » c’est-à-dire à mes contradicteurs.

54 En arabe : « et les a perdus ».

55 En arabe : « la nécessité ».

56 Le texte de Wolff n’a pas cette fin.

« La préface de Samuel Ibn Tibbon aux “Huit chapitres” de Maïmonide », traduction de Jules Wolff, dans : Revue de Théologie Et de Philosophie 32 (2), 1899, p.183-189. [Version numérisée : e-periodica.ch].

Les Huit Chapitres de Maïmonide ou Introduction à la Mishna d’Aboth. Maximes des Pères (de la Synagogue). Traduits de l’arabe par Jules Wolff. Rabbin de la Communauté israélite de Chaux-de-Fonds. Lausanne-Paris, 1912. [Version numérisée : Alliance israélite universelle].

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