מעדני־מלך צחוק שאן

Délices royales

ou

Le Jeu d’Échecs

Attribué à Yehuda (Léon) di Modena (1571-1648)

Trad. Léon Hollænderski (1864)


Présentation

Le traité hébreu intitulé מעדני־מלך (Ma’adanei Melekh, « Délices royales » ou « Délices du roi ») est un court traité en prose consacré au jeu d’échecs. Il a longtemps circulé sous couvert de l’anonymat, si bien que Thomas Hyde, le grand orientaliste anglais qui le publia pour la première fois en 1694 dans son De Ludis Orientalibus, n’en connaissait pas l’auteur. C’est Moritz Steinschneider qui, au XIXe siècle, émit l’hypothèse — aujourd’hui généralement admise — que l’auteur en serait le rabbin vénitien Yehuda (Léon) di Modena (1571–1648), érudit, prédicateur et moraliste bien connu dans la Venise de son temps. Plusieurs indices plaident en faveur de cette attribution : le style de l’introduction, les jeux de mots caractéristiques, et surtout le fait que Modena avait auparavant rédigé un traité contre les jeux (Eldad et Medad, 1595), ce dont l’auteur de Ma’adanei Melekh semble lui-même avoir conscience, s’en justifiant longuement dans son préambule. La mention du roque dans le texte situe la rédaction au plus tôt dans la première moitié du XVIe siècle, vraisemblablement à Venise [Voir : Abraham Victor KEATS, Chess in Jewish History and Hebrew Literature, thèse de doctorat, University of London (University College), 1993]

Le traité se compose d’un long préambule narrative — représentant plus d’un tiers de l’ouvrage — dans lequel l’auteur, qui se présente comme un homme de loi et d’enseignement, raconte comment il fut amené à réconcilier deux frères brouillés à cause du jeu, avant d’en venir aux règles, à l’histoire et à la valeur morale du jeu d’échecs proprement dit. Le texte est truffé de citations bibliques et talmudiques, enchâssées avec une virtuosité littéraire remarquable.

Dans son édition, Thomas Hyde ajouta au traité Délice royal, deux textes également en rapport avec les échecs : un poème de R. Abraham ibn Ezra (XIIe siècle), l’une des plus anciennes descriptions des règles du jeu d’échecs rédigées en Europe, et un exposé rhétorique de R. Bonsenior ibn Ye’hia (entre le XIIe et le XVe siècle), qui vient compléter le premier texte.

C’est cette trilogie de textes dédiés aux échecs que traduit en français Léon Hollænderski.

Source : Délices royales, ou le Jeu des échecs. Traduction par Léon Hollænderski. Paris, Chez B. Créhange, 1864 [Version numérisée : Alliance israélite universelle].

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