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Yoré Déa | יורה דעה

De la divination et de la magie | הלכות מעונן ומכשף

Traduction R. Abel Neviasky (1911)


Dans la section des notes de fin de traité, les notes en chiffres correspondent à des notes traduites du texte hébraïque. Les notes introduites par une lettre correspondent à des notes rédigées par les traducteurs de ce traité en français.

Siman 179. De la défense d’user de sortilèges, d’augures et de prédire l’avenir.

(Ce paragraphe contient 19 articles.)

ARTICLE 1er — Il est interdit de consulter les astrologues ou les sorts. Glose : Parce qu’il est écrit : תמים תהיה עם ה׳ אלהיך, « sois intègre devant l’Éternel, ton Dieu ». Il est surtout interdit de consulter les devins et sorciers.

ART. 2. — Il est d’usage de ne commencer aucun travail le lundi ni le mercredi, et de ne se marier que les jours de pleine lune (a)181Glose : De là aussi la coutume de commencer une étude nouvelle à la néoménie. Car bien qu’on ne doive pas s’adonner à l’astrologie ni au mysticisme, on n’est pas blâmable pour croire qu’un miracle est possible (b)182.

ART. 3. — Quand un homme dit qu’un morceau de pain lui est tombé de la bouche, ou que son bâton lui a échappé de la main, ou que son fils l’a appelé par derrière, ou qu’un cerf a passé devant lui sur la route, qu’un serpent a passé sur sa droite, ou un renard sur sa gauche, il lui est défendu d’en tirer un présage funeste pour ne pas se mettre en route ou ne pas commencer un travail. De même il est détendu de faire de la divination à l’aide d’un chat, de volailles ou des étoiles. Il est également interdit de demander qu’on ne vienne pas se faire payer une dette le matin ou à l’issue du sabbat ou à l’issue de la néoménie. Il est encore interdit de tuer un coq parce qu’il a chanté comme un corbeau, ou une poule parce qu’elle a chanté comme un coq (c)183. Glose : D’aucuns disent que si le propriétaire de la poule qui a chanté ne dit pas pourquoi il veut la faire tuer, il lui est permis de la faire tuer (d)184.

ART. 4. — Bien qu’il soit interdit de croire aux augures, il est cependant permis de tirer un présage des événements qui suivent immédiatement la construction d’une maison, la naissance d’un enfant ou la conclusion d’un mariage. Glose : Si, après ces événements, on a, ou non, réussi trois fois de suite dans ses entreprises. De même il est permis de dire à un petit enfant : « récite-moi ton verset spécial ». D’aucuns disent qu’il est permis de tirer d’une chose qui se présente, un présage pour l’avenir, comme le fit Eliézer, serviteur d’Abraham, ou Jonathan ; et d’autres défendent d’agir ainsi, et disent qu’il faut mettre toute sa confiance en Dieu (e)185.

ART. 5. — Il est interdit d’attirer par des paroles magiques des animaux immondes, tels que serpents, scorpions, mauvaises mouches ou puces (f)186.

ART. 6. — Quand un homme a été piqué par un scorpion, il est permis de faire usage de mots magiques pour le guérir, et cela même le sabbat, bien que ces mots n’y fassent absolument rien ; mais l’homme gravement atteint étant porté à croire aux choses surnaturelles, on agit ainsi pour le calmer, tandis qu’on opère en même temps d’une manière plus efficace.

ART. 7. — Si un serpent ou un scorpion poursuivent un homme, il est permis à celui-ci de recourir à un susurrement des lèvres pour éloigner ces bêtes et les empêcher de nuire.

ART. 8. — Il est rigoureusement interdit à un blessé ou à un malade de chercher à se faire guérir par des paroles magiques et ensuite de lire un verset du Pentateuque. Si ce malade, après s’être tait traiter par la magie, crache, puis lit un verset du Pentateuque, il perd sa part à la vie future. Mais il lui est permis de se taire soigner par ces moyens si sa vie est en danger. Glose : D’aucuns disent que si le malade lit le verset dans une langue étrangère, cela est beaucoup moins grave que s’il lisait ce verset en hébreu (g)187.

ART. 9. — Il est interdit, pour guérir un enfant, de lire un verset du Pentateuque ou de placer sur lui un Livre de la loi (h)188.

ART. 10. — Il est permis à un homme en bonne santé de lire des passages de l’Écriture sainte pour qu’ils le gardent contre les hantises (i)189.

ART. 11.— Sur une ceinture que l’on veut passer autour de sa taille, il est permis de dire des paroles magiques, même le sabbat. Glose : Voir בא”ח, §§ 306, 301, quelles paroles magiques et quelles amulettes sont défendues (j)190.

ART. 12. — On peut se servir d’une amulette, même si des noms sacrés y sont inscrits ; on peut aussi porter des amulettes renfermant des passages de la Bible, cela pour tenir éloignées les maladies, mais non pour se guérir d’une maladie ou pour guérir une blessure. Mais il est formellement interdit d’écrire des versets de la Bible sur une amulette (k)191.

ART. 13. — Celui qui va prier sur une tombe, pour demander une grâce à un mort, est comparable à celui qui irait la nuit au cimetière s’entourer des âmes impures (l)192.

ART. 14. — Il est permis d’adjurer un malade de revenir, après sa mort, répondre aux questions qu’on lui posera (m)193. Glose : D’aucuns permettent de le faire même après la mort d’une personne, si l’on n’adjure pas son corps, mais seulement son esprit.

ART. 15. — Il est interdit de se servir des yeux pour faire de la sorcellerie. D’après le Livre de la création (ספר יצירה) cela serait permis (n)194.

ART. 16. — Toute opération ayant rapport aux démons est interdite. Un auteur permet ces opérations, quand il s’agit de découvrir un voleur (o)195. Glose : d’aucuns permettent d’adjurer les démons sous différents noms. Mais ceux qui se livrent à de telles pratiques, finissent toujours mal ; aussi les hommes prudents doivent-ils s’en tenir éloignés.

ART. 17. — Il est interdit d’apprêter un festin sur une table la veille d’une circoncision, en disant que c’est en vue d’assurer le bonheur de l’enfant. (V. § 178.)

ART. 18. — Un auteur interdit d’embaumer une maison en y brûlant des herbes odoriférantes, à moins qu’il ne s’agisse de combattre de mauvaises odeurs (p)196.

ART. 19. — Un homme qui encense un démon pour le conjurer et pour s’en faire obéir, est coupable d’idolâtrie. Celui qui se laisse instruire par un magicien, fût-ce dans les sciences, est passible de la peine capitale (q)197.

Rituel du judaïsme. Traduit pour la première fois sur l’original chaldéo-rabbinique et accompagné de notes et remarques de tous les commentateurs, par M. A. Neviasky.  Neuvième traité : Des prêts à intérêt. Paris, 1911. [Version numérisée : archive.org].

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